Inquiétudes à l’approche d’une rentrée « fragilisée par les incertitudes (L’Indep)

À la veille de la rentrée scolaire, qui se déroulera ce mardi 1er septembre 2026, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) fait le point sur les conditions dans lesquelles se profile le retour des élèves en classe dans les Pyrénées-Orientales. L’organisation évoque « une rentrée portée par les personnels et encore fragilisée par les incertitudes ».

« L’engagement des personnels ne peut pas systématiquement compenser les insuffisances de l’institution. » Ce mercredi 26 août, lors du point de rentrée du syndicat d’enseignants de l’Unsa, la secrétaire départementale de l’organisation, Héloïse Hiroux, a donné le ton d’emblée.

Premier grief évoqué : la suppression de treize postes de professeurs des écoles que le rectorat a actée pour cette rentrée en pays catalan sur fond de baisse démographique (850 élèves de moins annoncés en primaire). « On estime que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte aux fermetures mécaniques et comptables, mais l’occasion de faire diminuer les effectifs par classe », martèle la référente carte scolaire du syndicat, Éloïse Chenus. « Cela permettrait d’améliorer à la fois les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. »

Point positif, comme lors des années précédentes, l’Inspection s’est engagée à ne pas effectuer de fermetures de classes de dernière minute au lendemain de la rentrée. Mais, selon l’Unsa, aucune ouverture de classe n’est non plus prévue. En tout cas pas avec des moyens pérennes. Or, des besoins se font sentir dans certaines écoles. Comme la maternelle de Claira qui présente « un effectif prévisionnel moyen de près de 28 élèves par classe ».

Quid des établissements en situation « aberrante » ?

Pour l’heure, l’incertitude demeure par ailleurs quant au déblocage effectif des moyens supplémentaires promis en février dernier aux établissements perpignanais dont le ministre de l’Éducation considère la situation comme « aberrante ». « En clair, il s’agit d’établissements qui accueillent des publics défavorisés, mais qui ne sont pas classés en réseaux d’éducation prioritaire. Et qui ne bénéficient donc pas des moyens qui accompagnent ce classement », résume Éloïse Chenus. À Perpignan, le collège Saint-Exupéry, ainsi que les écoles Hyacinthe-Rigaud, Anatole-France et Vertefeuille sont concernées. « Mais pour l’instant, les collègues de ces établissements ne voient rien venir », déplore la syndicaliste.

L’Unsa évoque également des outils numériques « détaillants » qui compliquent la tâche des directeurs d’école. « Les personnels restent quotidiennement confrontés à des applications lentes, instables et inadaptées », explique Héloïse Hiroux. Le syndicat pointe notamment du doigt des « dysfonctionnements » de l’outil numérique pour la direction d’école (Onde), qui sert notamment pour l’enregistrement des nouvelles inscriptions et la gestion des effectifs.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

Élèves en situation de handicap : y aura-t-il assez d’accompagnants?

Concernant l’inclusion des élèves en situation de handicap aussi, l’inquiétude est de rigueur. Y aura-t-il assez d’accompagnants (AESH) pour suivre comme il se doit l’ensemble des enfants à besoins particuliers? Telle est la question que pose le syndicat d’enseignants de l’Unsa alors que les « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » (Pial), qui répartissent les AESH entre les établissements d’un secteur donné, sont en train de se changer en « pôles d’appui à la scolarité » (Pas) aux territoires « plus vastes » Une réforme qui fait craindre « une perte de proximité » et une multiplication des trajets des AESH entre plusieurs écoles. « Les AESH ne doivent pas être une variable d’ajustement. D’autant que changer d’accompagnant souvent peut perturber les élèves », plaide Héloïse Hiroux. « Par ailleurs, nous savons déjà que sur un Pial de Perpignan, il manque 125 heures pour couvrir les besoins. »

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