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L’édito du webzine. L’urgence sociale, une bataille à gagner
La Fête de l’Humanité sert, une fois de plus, de caisse de résonance aux combats des communistes. Samedi après-midi, devant des millier de personnes, Fabien Roussel a martelé un message clair : « l’urgence sociale doit devenir le cœur du débat public ».
Alors que les Français suffoquent sous le poids des prix de l’essence et des inégalités criantes, le secrétaire national du PCF ne se contente pas de dénoncer, il propose. Et ses propositions claquent comme des coups de poing : nationalisation-sanction de Total, baisse immédiate de 40 centimes par litre, le tout accompagnée d’une mobilisation populaire pour forcer le gouvernement à agir.
Face à un Patrick Pouyanné dont le groupe Total engrange des bénéfices records entre 17 et 20 milliards d’euros tandis que les automobilistes peinent à faire le plein, la colère du candidat communiste est palpable. « Pourquoi le litre est-il moins cher en Outre-Mer ? Parce que les préfets y fixent les prix », lance-t-il, interpellant directement Sébastien Lecornu. Sa solution ? Passer à l’action : mobiliser les citoyens les 15 septembre, 29 septembre et 17 octobre pour exiger des résultats concrets, pas des promesses creuses.
Un candidat à l’offensive
Le candidat communiste à l’élection présidentielle ne s’arrête pas là. Il fustige la TVA « sociale », qu’il qualifie d’« arnaque », un projet de société qui, selon lui, cherche à remplacer la Carte Vitale par l’American Express. « Supprimer des cotisations pour augmenter la TVA, c’est donner d’une main pour reprendre de l’autre », tonne-t-il. Son plan climat, lui, s’attaque aux inégalités environnementales : « La canicule, c’est une violence de classe ». Les 8 000 morts de 2026 ne sont pas des riches, protégés dans leurs palaces climatisés. La transition écologique doit rimer avec justice sociale.
Sur la scène internationale, Fabien Roussel assume ses divergences avec ceux qui s’alignent sur l’OTAN et les États-Unis. Lui, prône la paix et le respect du droit international, refusant de voir la France s’enfermer dans une logique de conflits coûteux.
Enfin, Fabien Roussel trace sa route pour 2027 : élargir le socle de la gauche, convaincre les abstentionnistes et les déçus, et surtout, battre l’extrême droite. « Chaque fois que la gauche a frôlé les 50 % au premier tour, elle s’est qualifiée. », lance-t-il, déterminé à faire de cette campagne une fenêtre d’espoir. Mais beaucoup de travail reste à faire, l’ensemble de la gauche aujourd’hui mesure à peine 35 %. Cette campagne doit être un véritable soulèvement populaire.
Dominique Gerbault
L’édito du webzine. Rentrée scolaire 2026 : l’austérité comme ligne directrice
La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.
Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.
Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique
Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.
Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.
Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.
Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »
Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.
Dominique Gerbault
L’édito du webzine. « Une France verte, libre et indépendante »
Ce week-end, lors de l’université d’été du PCF à Toulouse, Fabien Roussel a sonné la mobilisation communiste. Devant plus d’un millier de militants réunis, le secrétaire national du PCF a martelé le projet des communistes.
Il s’agit de constreuire une révolution sociale et écologique pour 2027, tout en lançant un défi à la gauche française : « Choisissez votre chemin. » Derrière les discours, c’est une question qui obsède : comment éviter le piège du Rassemblement National (RN), déjà aux manettes dans plusieurs villes ?
Là où le RN gère les affaires, le RN frappe les pauvres, les syndicats, les opposants. La gauche doit se réveiller. À huit mois de la présidentielle, l’urgence est de taille. Si on veut contrer le RN, il faut savoir parler au monde du travail, savoir parler à la jeunesse.
Être à l’offensive
Dans son discours de clôture de l’université d’été, Fabien Roussel a balayé les doutes. « Nous ne sommes pas là pour nous excuser d’être communistes, mais pour prendre le pouvoir », a-t-il tonné, visant les « ruines sociales » laissées par Macron. Le programme des communistes ? Une France « verte, respirable, indépendante », avec des salaires plutôt que des allocations, une France rompant avec l’Europe fédérale.
Sur la forme, le secrétaire national du PCF assume : « Chez nous, c’est carré… avec la démocratie en plus ». Le 6 septembre, le résultat du vote des communistes pourra officialiser la candidature de Fabien Roussel. « Aux autres de choisir leur chemin ». La gauche doit « parler programme ».
Dominique Gerbault
Guillaume Roubaud-Quashie : « L’Université d’été du PCF, pour aborder cette année avec ambition » (La Marseillaise)
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de l’Université d’été du PCF et membre du Conseil national présente l’événement qui débute ce vendredi à Toulouse.
La Marseillaise : Quels seront les temps forts de cette université d’été du PCF à Toulouse ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une université un peu particulière parce qu’elle arrive juste après le 40e Congrès du Parti Communiste. C’est, pour nous, le premier événement public majeur, important, national, depuis. Il s’inscrit dans un contexte bien connu, qui est celui, du macronisme finissant mais qui n’est pas encore parti puisqu’ils sont dans la préparation d’un prochain budget et envoient des signaux assez inquiétants. Parmi les temps forts de cette année, on a voulu donner une place importante aux enjeux climatiques et environnementaux. Cela se traduira notamment par la présence dès l’ouverture d’un responsable syndical des Sdis. On a aussi voulu apporter un éclairage particulier sur la question des enjeux de l’intelligence artificielle. On aura toute une série de rendez-vous autour des questions internationales, avec le retour de la délégation du PCF qui s’est rendue au Proche-Orient, un temps fort aussi autour de Cuba face au danger trumpiste qui ne cesse de grandir, et une séquence consacrée à l’évolution de la domination états-unienne dans la période. Dans les temps forts politiques, Fabien Roussel donnera son allocution de rentrée ce samedi soir, un débat est organisé dimanche entre Léon Deffontaines et le Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan Clément Beaune sur la question de la planification démocratique. Nous avons également organisé une rencontre entre les différentes formations politiques de gauche, avec socialistes, écologistes, insoumis et communistes bien sûr, ainsi qu’une rencontre avec le monde du travail, en présence de Caroline Chevé secrétaire générale de la FSU et Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale de la CGT.
La Marseillaise : Vous prendrez part à une conférence intitulée « Antifascisme et politique de masse », pouvez-vous la présenter ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une thématique qui est importante pour nous parce qu’il y a la question de la nature de la menace d’extrême droite qui est devant nous et beaucoup d’ateliers seront consacrés à cette question, avec, notamment, Bernard Pudal qui a sorti un livre très important sur le sujet. On a voulu construire avec la jeunesse communiste un projet d’échange qui marie leurs réflexions en cours d’un côté, et de l’autre, un ancrage historique. C’est à ce titre-là que je vais intervenir dans cet atelier, parce que cette question de l’extrême droite, il faut évidemment la regarder à la lumière précise du présent, mais elle n’est pas neuve. On a déjà été confrontés à cette question et à des moments d’affirmation de l’extrême droite, et il y a eu des réponses des communistes dont on peut juger qu’elles sont adaptées pour le présent, qu’elles ne le sont plus, qu’elles l’ont été, qu’elles n’ont pas été, peu importe. En tout cas l’idée est de proposer aux communistes de ne pas réfléchir comme si rien n’avait jamais été pensé et tenté par le passé, si je puis dire. Le propos qui sera le mien sera surtout centré sur les réflexions et les expériences des communistes dans les années 1930, au moment où justement l’extrême droite en France était aux portes du pouvoir. Et, finalement, il faudra la victoire de Hitler pour que l’extrême droite, qui a cessé de progresser et n’avait pas réussi à obtenir le pouvoir, l’obtienne dans le bagage de l’armée nazie par ce rapport de force là. Donc l’idée c’est de voir un petit peu des éléments de réflexion et de parallèles avec aujourd’hui.
La Marseillaise : Pourquoi ce moment est-il important pour le parti, les militants, les cadres et les élus ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est-à-dire qu’on sait tous qu’on va aborder une année importante et qu’on l’aborde avec esprit d’ambition absolument, mais tout en sachant qu’elle n’est pas facile d’avance. C’est-à-dire que le pire n’est pas du tout certain mais le meilleur n’arrivera pas par hasard. Donc, si on veut que le meilleur advienne et que le pire n’advienne pas, alors, il est impératif de prendre le temps de la réflexion au-delà des postures et des pensées courtes. Il faut creuser un certain nombre de sujets sur lesquels l’université va justement travailler à la veille de cette rentrée 2026-2027.
La Marseillaise : L’allocution de Fabien Roussel est prévue ce samedi soir. Est-ce un lancement de campagne présidentielle, tout en sachant que le vote des militants pour déterminer si oui ou non il sera candidat, est attendu le 6 septembre prochain ?
G.R.-Q. : Évidemment, au Parti communiste, ce sont les adhérents qui décident de leur orientation. En même temps il est certain que le 40e Congrès, au terme d’un processus démocratique, a déjà donné une certaine orientation. Le discours de Fabien Roussel ne pourra pas être celui du candidat, puisque ça, c’est aux communistes de le décider souverainement début septembre. Néanmoins, il s’inscrira dans la perspective qui a été tracée démocratiquement par le 40e congrès. Il aura une tonalité offensive pour attaquer l’année dans le contexte présent.
Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 21 août 2026)
Palestine. Chistine Hernandez : « Chaque olivier planté est un acte de résistance » (La Marseillaise)
Une délégation du Parti communiste français (PCF), rassemblant plusieurs fédérations, s’est rendue en Cisjordanie, du 10 au 22 juillet, dans le cadre d’une campagne intitulée « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine »(*). L’initiative, lancée en 2025 par les communistes du Val-de-Marne, avant d’être reprise au niveau national, est menée en collaboration avec l’Association des agronomes arabes (AAA), basée à Ramallah. Son objectif : apporter un soutien concret au peuple palestinien face à l’occupation et la colonisation israélienne. Pour l’heure, 54 000 euros ont été récoltés et plus de 11 000 oliviers, symboles de l’identité palestinienne, ont été plantés.
Christine Hernandez, coordinatrice de la campagne nationale du Parti communiste « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », revient sur l’intérêt d’une résistance par la terre en Cisjordanie occupée, après une visite de 12 jours sur place.

La Marseillaise : Comment est née la campagne du PCF « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine », dont vous êtes la coordinatrice ?
Christine Hernandez : La campagne est née au mois d’avril 2025, à l’initiative du Parti communiste français (PCF) du Val-de-Marne, à l’occasion de la Journée internationale de la Terre. La fédération souhaitait s’engager pour la Palestine, mais dans le cadre d’un projet concret de solidarité politique et financière, tout en menant une bataille politique pour l’existence d’un État libre et souverain en Palestine. Le PCF du Val-de-Marne avait déjà fait une campagne de solidarité, appelée « Urgence Gaza, Urgence Palestine », qui avait récolté plus de 25 000 euros.
Cette fois, l’idée était de créer une nouvelle campagne pour la Cisjordanie occupée, où existe une grave problématique de spoliation de la terre, de colonisation et d’annexion. Est donc venue l’idée d’une campagne de plantation, pour défendre une réappropriation des terres, devenue nationale en mai 2025.
La Marseillaise : Le choix des oliviers est très symbolique…
Christine Hernandez : L’olivier, en plus d’être un symbole culturel de l’identité palestinienne [pour son lien avec la terre, son ancienneté et sa longévité, Ndlr], représente aussi la paix, comme l’a défendu Yasser Arafat [leader de l’Organisation de libération de la Palestine entre 1969 et 2004 et président de l’Autorité nationale palestinienne de 1996 à 2004], dans son discours devant l’ONU en 1974.
L’olivier est par ailleurs la cible de la colonisation israélienne depuis toujours. Depuis 1948 [année de création de l’État d’Israël, qui débouche sur la première guerre Israélo-Arabe, Ndlr], avec les expulsions et les accaparations de terres, mais surtout depuis la guerre des Six jours de 1967 [depuis laquelle une grande partie de la Cisjordanie est occupée par Israël, illégalement au regard du droit international, Ndlr]. Au total, un million d’oliviers ont été arrachés depuis le début de l’occupation militaire israélienne en 1967, dont 50 000 après le 7 octobre 2023.
La Marseillaise : Les colons les brûlent, les détruisent ou les arrachent pour que les Palestiniens ne puissent plus vivre de leur production agricole.
Christine Hernandez : La campagne permet donc à la fois de soutenir les agriculteurs, de contribuer au maintien d’une souveraineté alimentaire, puisqu’on fait tout avec l’huile d’olive, mais participe aussi du maintien de l’existence d’un État de Palestine. En effet, planter permet de protéger les terres de la spoliation et de l’occupation militaire. Chaque olivier planté est donc un acte de résistance.
La Marseillaise : Quel est pour l’instant le bilan de la campagne, lancée il y a plus d’un an ?
Christine Hernandez : Depuis le début de l’opération, des communiqués de presse ont été diffusés partout en France, les fédérations se sont investies, des ventes militantes se sont également organisées dans les marchés ou lors d’événements politiques du parti. Cette mobilisation nous a permis d’obtenir, à ce jour, 54 000 euros et de planter plus de 11 000 oliviers en Palestine. 366 familles ont pu en bénéficier. Nous avons désormais un nouvel objectif de 100 000 euros pour poursuivre notre action.
La Marseillaise : Une délégation du parti, rassemblant de nombreuses fédérations, s’est rendue en Cisjordanie du 10 au 22 juillet, dans le cadre de la campagne. Avez-vous pu constater ses impacts sur le terrain ?
Christine Hernandez : Nous avons visité plusieurs villages de Cisjordanie occupée, notamment Sebastia, un village agricole situé au nord de Naplouse et qui a vu ses terres complètement confisquées. Grâce à cette campagne, des oliviers ont pu être réimplantés là où d’autres avaient été arrachés. Nous sommes donc directement allés voir les plantations. Certains oliviers ont été plantés dans des endroits très protégés, en dehors de la colonisation, d’autres plus près des zones occupées. Nous tentons en fait de répondre à deux problématiques. D’abord, celle des attaques faites aux agriculteurs, qui voient leurs arbres arrachés et qu’il faut donc remplacer. Ensuite, celle induite par la loi israélienne sur la propriété des absents, qui permet aux colons de s’approprier les terres non-exploitées, d’où l’importance de replanter partout.
La Marseillaise : L’idée était aussi de contribuer à l’émergence de jumelages entre communes françaises et palestiniennes…
Christine Hernandez : Développer les coopérations entre villes françaises et palestiniennes était en effet un axe important que devait porter la délégation. L’objectif est de pérenniser ces coopérations sur la base, par exemple, de l’agriculture, de la jeunesse ou d’autres formes d’échanges. L’idée est de légitimer notre solidarité internationale et de l’inscrire dans la durabilité. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron n’a été suivie d’aucun acte politique fort. Pourtant, elle est insuffisante. Les jumelages permettent de légitimer institutionnellement toutes les relations avec les villes palestiniennes et c’est en ce sens qu’ils sont importants. Un jumelage pourrait d’ailleurs se concrétiser avec Sebastia.
La Marseillaise : Vous avez aussi rencontré des acteurs locaux de la résistance…
Christine Hernandez : Nous avons rencontré l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), au sein de laquelle figure le Parti du peuple palestinien, qui correspond au Parti communiste palestinien. La campagne a été saluée comme étant un espoir pour le peuple palestinien. Les Palestiniens sont unanimes. Aujourd’hui, le constat est très aggravé. Mais cette campagne suscite un espoir. Elle permet de protéger la terre. Une chose est sûre, les Palestiniens cultivent l’espoir de rester sur leur terre. Et ils ont besoin, pour ça, d’une réelle solidarité internationale. La campagne permet d’y contribuer. L’olivier, c’est la paix, c’est l’espoir.
Entretien réalisé par Margot Milhaud (La Marseillaise, le 31 juillet 2026)
(*) Lien pour la cagnotte sur Hello asso ou sur le site du PCF.
40eme Congrès du PCF. Intervention de Nicolas Marchand, président de l’amicale des vétérans et de la mémoire militante
Mes cher.es camarades, le salut que je vous adresse, au nom de l’Amicale des vétérans, se veut empreint de lucidité, de conviction et de confiance.
Lucidité sur les dangers et les obstacles que l’humanité, notre peuple, notre parti ont à affronter, mais aussi sur les contradictions. Car voir les contradictions, c’est voir nos points d’appui pour agir et pour une perspective.
Bien des éléments de la situation attisent des peurs, qui poussent à baisser la tête et se résigner, ou rendent l’obscurantisme des extrême-droites attractif ; mais ils ouvrent aussi des portes à des prises de conscience des méfaits du capital et de son système, des intérêts communs d’une vaste classe et des peuples à s’unir pour le combattre, résister et agir pour le dépasser.
La lucidité, c’est de saisir le besoin des idées communistes, l’enjeu de la bataille des idées pour nourrir les luttes et construire une nouvelle conscience de classe. Avoir attaché à cette question, aux questions de classe une importance essentielle est une avancée importante. Notre parti a besoin de tels repères.
Ce n’est pas inné, la conscience de classe. Cela demande des expériences de lutte et un travail politique. C’est toute l’actualité et l’enjeu du besoin d’un parti communiste, positionné sur des bases de classe, concepteur et porteur des idées révolutionnaires d’aujourd’hui.
Lucidité aussi sur nous-mêmes, sur nos forces et nos faiblesses, sur le chemin accompli, depuis le tournant du 38eme congrès, et tout ce qui reste à faire, avec la conscience qu’il nous faut absolument construire –je ne dis pas reconstruire, je trouve que les mots en « re » ont le défaut de renvoyer vers le passé, alors qu’il s’agit de faire du neuf dans une situation très nouvelle- construire, donc, un parti beaucoup plus fort.
Je crois comprendre que c’est un point majeur de la feuille de route décidée par ce Congrès. Et de fait, si ce n’est pas un préalable dont il faudrait attendre la réalisation, c’est une clé décisive pour l’avenir.
J’ai dit aussi conviction. Pas croyance, conviction, fondée sur la raison, la connaissance, la volonté de comprendre derrière les apparences, avec les idées marxistes vivantes, pour agir et transformer le monde, la société.
Conviction que le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire et que la suite de l’histoire, celle du dépassement de ce système inhumain, en crise, celle du socialisme et du communisme, s’écrit au présent, sans frontières, en France, en Europe et dans le monde, dans nos luttes sociales et politiques.
Conviction, fondatrice de notre parti, qui en fait l’utilité et en définit l’originalité, que c’est un combat révolutionnaire. N’ayons pas peur du mot ! Faisons-le vivre avec un contenu attractif, de façon rassembleuse, pour avancer vers des jours heureux, vers une société et un monde heureux.
Cela a à voir avec la bataille dans laquelle nous allons nous engager pour la présidentielle et les idées qu’elle doit nous permettre de porter.
Une bataille difficile, car l’élection présidentielle est depuis l’origine, l’élection la plus difficile pour le parti communiste.
Mais la situation impose de ne pas nous absenter une fois encore, on en a assez cher payé les conséquences, et surtout, il y a besoin de nos idées pour travailler à faire bouger les choses. De les porter avec tout leur réalisme et toute leur radicalité. D’y faire vivre l’originalité de l’apport communiste, indispensable à une perspective de gauche nouvelle, unitaire et transformatrice. Car face à l’extrême-droite, à qui nous allons tout faire pour barrer la route, pour une mobilisation majoritaire et de gauche, il y a besoin bien sur d’une bataille culturelle, mais surtout d’une perspective solide, qui ne mène pas à nouveau à des déceptions qui ont couté cher et frayé la voie à la montée de l’extrême-droite.
J’insiste sur les idées, la bataille pour nos idées. L’action c’est nécessaire, mais pour qu’elle agisse sur les consciences, elle doit être porteuse d’idées. Nos affiches, nos tracts, nos messages sur les réseaux sociaux, nos paroles doivent avoir l’ambition d’imprimer nos idées.
Elle est toujours valable l’idée de Marx selon laquelle une idée dont les masses s’emparent peut devenir une force matérielle. Pensons-y, toujours.
C’est dire le défi de la formation. J’ai envie de vous dire, de dire aux jeunes camarades de ce congrès du parti, à celles et ceux dont l’adhésion est récente, mais ça vaut pour nous toutes et tous : oui il y a à apprendre, oui il y a besoin de se former, bien au-delà des formations scolaires et universitaires, oui il faut être exigeant là-dessus vis-à – vis de soi même et du parti. Apprenez, lisez, apprenons, lisons, et puisque dans le parti il y a aussi, notamment avec les vétérantes et les vétérans, de l’expérience et des connaissances accumulées, profitez-en, utilisez-les, exploitez-les, prenons, avec le parti, avec la JC, des initiatives qui fassent vivre la transmission et l’échange.
Et comme l’amicale des vétérans, qui est très active et utile dans un certain nombre de fédérations, n’est pas structurée partout, je propose, pour terminer, aux dirigeantes et dirigeants des fédérations concernées d’en faire un objectif sur la réalisation duquel avec les camarades de la direction de l’amicale nous sommes disponibles pour vous aider.
Merci de votre attention.
Bonne fin de Congrès.
Vive notre parti.
Fabien Roussel. « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle » (La Marseillaise)
Fabien Roussel, reconduit pour un troisième mandat à la tête du Parti communiste français, doit obtenir l’aval des militants, en septembre, pour être candidat à la présidentielle. Un combat dans lequel il veut faire reculer l’extrême droite.
La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?
Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.
La Marseillaise : C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?
Fabien Roussel : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.
La Marseillaise : Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?
Fabien Roussel : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.
La Marseillaise : Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?
Fabien Roussel : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.
La Marseillaise : À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?
Fabien Roussel : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.
La Marseillaise : Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?
Fabien Roussel : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.
La Marseillaise : Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…
Fabien Roussel : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.
La Marseillaise : Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?
Fabien Roussel : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.
La Marseillaise : Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?
Fabien Roussel : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.
Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 6 juillet 2026)








