Claira. Maternelle : une ouverture de classe sans Atsem (L’Indep)

L’ouverture d’une septième classe à l’école Les Cariolettes permet de faire baisser les effectifs. Une avancée saluée par les parents, qui regrettent toutefois qu’aucun Atsem supplémentaire ne soit prévu pour accompagner cette nouvelle organisation.

C’est une rentrée particulière qui débute à l’école maternelle Les Clarioulettes de Claira Une septième classe a finalement ouvert pour l’année scolaire 2026-2027. Une décision qui doit permettre d’alléger les effectifs passant de 28 à 24 élèves par classe. Mais cette réorganisation soulève une autre question l’école compte six Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) pour sept classes, et aucun recrutement supplémentaire n’est prévu pour cette année scolaire.

Rester vigilants

Une réunion s’est tenue, hier. jeudi 3 septembre au sein de l’école, en présence des représentants des parents d’élèves, du maire Marc Petit et de l’inspecteur de l’Éducation nationale, Eric Saque. Selon les éléments communiqués, « les six Atsem en poste devront intervenir dans les différentes classes en fonction des besoins ». Si les représentants des parents d’élèves se félicitent de la baisse des effectifs dans les classes, ils regrettent. « néanmoins » l’absence d’un personnel supplémentaire qu’ils jugent « importante auprès des jeunes enfants étant donné que la classe ajoutée mélangera petits et grands ». D’où cette mobilisation.

Du côté de la mairie, l’édile rappelle que « le budget communal 2026 avait été voté en mars, avant que l’ouverture de la classe ne soit décidée en juin ». Marc Petit souligne que « selon le code général des collectivités territoriales, chaque classe maternelle doit bénéficier des services d’un Atsem, sans que la loi n’impose toutefois la présence d’un agent à temps plein dans chaque classe ». Ce dernier faisait savoir que la situation pourra « être réexaminée à l’avenir », notamment si la septième classe, ouverte à titre provisoire pour un an, est « maintenue ». Mais à ce jour, l’organisation devra donc se faire avec les moyens actuellement disponibles. « Nos enfants sont notre priorité », pellent les parents d’élèves, qui entendent rester vigilants. « Notre mobilisation continuera», assurent-ils En conclusion, l’inspecteur Éric Saque a souligné l’apport de celle septième classe, qui constitue selon lui « un moyen supplémentaire consacré à l’éducation et c’est ce qui est essentiel ».

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Cabestany. Continuité et sérénité pour les 780 écoliers (L’Indep)

Alors que des travaux ont été réalisés dans les établissements, la rentrée s’est bien passée. Mardi 1er septembre, comme de coutume à l’occasion de la rentrée scolaire, Édith Pugnet, maire de Cabestany, accompagnée d’adjoints et de directeurs de services, est allée à la rencontre des enseignants et des parents d’élèves dans les trois écoles maternelles et les trois écoles élémentaires de la commune.

Une ambiance sereine régnait dans les établissements. De l’avis des parents d’élèves comme des enseignants, « aucun problème particulier n’a été relevé » pour cette rentrée. Au total, 780 élèves ont retrouvé le chemin de l’école: 266 en maternelle et 514 en élémentaire.

Côté maternelle, l’école La Fontaine, dirigée par Christine Surjus, accueille 125 enfants, dont 80 en classe bilingue et 45 en classe monolingue. À Charlie-Chaplin, sous la direction de Béatrice Ardigo-Auguet, ils sont 92, tandis que l’école Ludovic-Massé, dirigée par Olivia Cartapatti, compte 49 élèves. Dans les écoles élémentaires: Jacques-Prévert, dirigée par Géraldine Lefebvre-Dupont, accueille 219 élèves, dont 117 en bilingue et 102 en monolingue. Georges-Button, sous la direction de Caroline Léone, compte 180 élèves.

Des travaux

Enfin, l’école Ludovic-Massé, dirigée par Camille Got, accueille 115 élèves, auxquels s’ajoutent 12 élèves en classe IME. Cette rentrée s’effectue également dans des établissements largement rénovés. Les écoles Prévert, Buffon et Chaplin affichent notamment un visage entièrement renouvelé et à La Fontaine, les élèves ont découvert une nouvelle pergola dans la cour.

Cette plus ancienne école de la ville fera prochainement l’objet d’une réflexion sur sa réfection. Celle-ci s’appuiera sur des préconisations techniques, mais aussi sur une étude plus globale de l’aménagement du cœur de ville. Une rentrée placée sous le signe de la sérénité et de la continuité, dans des écoles qui poursuivent leur transformation pour offrir aux enfants un cadre toujours plus adapté à leurs apprentissages.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Rentrée sur fond de grève à Saint-Exupéry (L’Indep)

En cette rentrée, les professeurs du collège Saint-Exupéry de Perpignan ont repris leur combat. Pour mémoire, en février 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait annoncé qu’il comptait octroyer des moyens supplémentaires à une vingtaine de collèges de France, dont Saint-Exupéry.

Et pour cause : les établissements en question ne sont pas classés en Réseau d’éducation prioritaire (REP) alors qu’ils présentent tous les indicateurs sociaux pour l’être. Une situation que le ministre avait d’ailleurs jugée « aberrante ».

Forts de cette reconnaissance, les professeurs de Saint-Exupéry avaient déjà stoppé le travail pendant deux jours en juin dernier pour réclamer, entre autres, l’octroi d’un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE). Ils se sont remis en grève ce jeudi 3 septembre dans la continuité de ce mouvement.

« Nous n’avons toujours pas de 3e poste de CPE, la limitation des effectifs par classe que nous avions obtenue en juin est menacée et il nous manque plus de 80 heures d’accompagnement d’élèves en situation de handicap », liste la déléguée syndicale Snes-FSU de Saint-Exupéry, Muriel Sabatier.

Ce jeudi, en fin de journée, les professeurs ont décidé de reconduire leur mouvement. Dans l’attente d’une audience à l’Inspection académique. Sollicitée, cette dernière précise qu’une CPE a été implantée à Saint-Exupéry « pour effectuer un audit de la situation en matière de vie scolaire ». Une démarche qui devrait selon elle permettre d’aborder la question des moyens, mais aussi de l’organisation.

A. A. (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Collèges : « Au moins 50 classes où il manque un enseignant » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs en collège et lycée Snes-FSU a présenté ce jeudi 3 septembre un premier bilan de la rentrée dans les établissements secondaires des P.-O. Il fait notamment état d’effectifs plus élevés que prévu dans certains collèges et déplore un manque structurel d’enseignants.

Les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop au goût du syndicat de professeurs du secondaire Snes-FSU. Pour ce qui est des effectifs tout d’abord, le Snes note que, dans plusieurs collèges, le nombre d’élèves accueillis est supérieur à ce qui était annoncé. « Le meilleur exemple, c’est Toulouges, où ils ont des classes de sixième à plus de 31 élèves », détaille l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Guillaume Palanchon, qui cite également les collèges de Saint-Estève, Cabestany et Canet-en-Roussillon.

« Par ailleurs, il n’y a pas un professeur devant chaque classe », ajoutent les deux autres porte-parole du syndicat en pays catalan, Marc Moliner et Ignacio Valenzuela. « Dans les collèges du département, il ya au moins une cinquantaine de classes auxquelles il manque un enseignant ». Les deux syndicalistes précisent que la grande majorité de ces situations ne sont pas liées à des absences de professeurs imprévues, mais à des situations qui auraient pu être anticipées (postes vacants, congés maternité…). Le secrétaire départemental du syndicat FSU de l’éducation physique, Pierre Leveil, acquiesce : « Pour ma part, je recense 36 classes sans professeur d’éducation physique et sportive de la 6e à la terminale ».

Déséquilibre entre lycées

Du côté des lycées, les représentants des enseignants pointent du doigt un déséquilibre flagrant entre certains établissements du point de vue des effectifs. « Il y a un gros problème sur Perpignan », juge Marc Moliner. « Le lycée Arago a 19 classes de seconde en cette rentrée, soit une de plus que l’an dernier, et elles sont toutes pleines à craquer (35 ou 36 élèves). Tandis qu’à Jean-Lurçat, il n’y a que dix secondes et seulement 30 élèves par classe. On réclame un rééquilibrage ».

Un phénomène peu ou prou similaire est à l’ouvre dans les collèges. « C’est quand même curieux qu’il y ait des bahuts qui se retrouvent avec des effectifs qui explosent dans la périphérie de Perpignan et d’autres établissements en ville où il n’y a pas ce problème », fait mine des étonner Ignacio Valenzuela. « Ce n’est pas qu’une question de choix d’orientation Il ya un problème de carte scolaire, mais aussi certainement de dérogations ».

Cependant, pour le Snes, la question des moyens reste la mère des batailles. « Nous sommes le département le plus pauvre de l’académie, mais aussi le moins bien doté. Pour atteindre la moyenne académique en termes d’heures par élève, il faudrait une trentaine de postes d’enseignants supplémentaires dans les collèges et une vingtaine dans les lycées. Nous réclamons un plan d’urgence », martèle Marc Moliner. Or, selon l’organisation, l’an dernier, les Pyrénées-Orientales ont au contraire perdu quatorze postes d’enseignants dans le secondaire.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Concernant les classes auxquelles il manque un enseignant l’inspection académique indique que « des effectifs ont été déployés sur la plupart des situations recensées par le Snes » et que « les services de l’Éducation nationale sont en phase de résolution des derniers cas découverts à la rentrée ». L’administration attribue les variations d’effectifs à des flux d’élèves pendant l’été.

Vernet-les-Bains. Une rentrée sans problème (L’Indep)

Mardi 1er septembre, ce sont 93 élèves qui ont été répartis dans les 4 classes de Mmes Pimentel, la directrice, Poirier, Azzopardi et Gesta. Pierre Serra, le maire, accompagné de Françoise Gendre, 2° adjointe, a rappelé aux plus jeunes comme aux parents la chance de pouvoir accéder à la culture et à l’éducation alors que tant dans le monde en sont privés. Mais ce n’est pas l’affaire que des seuls enseignants. Les parents, les équipes encadrantes et aidantes, les bénévoles, les élus et politiques ont le devoir de travailler ensemble pour construire l’avenir des enfants. Il s’engage à être présent, à l’écoute et actif. « Si seul on
va plus vite, ensemble on va plus loin »
rappelle-t-il. Patrick Marcel, 2° vice-président de la communauté de communes en charge de l’enfance-jeunesse a assuré que les travaux qui restent à faire le seront dans un bref délai, (portail, mur de soutènement, cantine). C’est donc sans gros problème et sans pleurs cette année dans la cour que tout ce petit monde, plus impatient qu’inquiet, a pris la direction du secret et de l’intimité des classes sous l’œil toujours un peu nostalgique des grands qui se souvenaient.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

L’édito du webzine. Rentrée scolaire 2026 : l’austérité comme ligne directrice

La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.

Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.

Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.

Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique

Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.

Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.

Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.

Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »

Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.

Dominique Gerbault

11 suppressions de postes confirmées dans les collèges du département (L’Indep)

Hier, l’Inspection a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs a la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats d’enseignants fustigent une « gestion comptable » et estiment que les suppressions prévues dans certains établissements ne se justifient pas.

Pour le syndicat Snes-FSU, la perte d’au moins onze postes d’enseignants à la rentrée prochaine dans les collèges du département constitue « un véritable scandale ». À la sortie du comité social d’administration (CSA) hier, lors duquel l’Inspection les a concertés sur la répartition des moyens entre les établissements publics du pays catalan, les responsables départementaux du syndicat faisaient grise mine. « On est à l’os et on perd encore onze postes », fustige par exemple Ignacio Valenzuela.

La directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, confirme cette suppression de onze postes de professeurs, qu’elle attribue à la baisse de la démographie scolaire. « Nous rendons des postes car nous perdons des élèves », résume t-elle.

Une analyse qui peine à convaincre les délégués du Snes. « Dans les collèges du département, les services de l’Éducation nationale prévoient pour la rentrée prochaine deux cents élèves en moins, mais sur un total de 19 500 », souligne Marc Moliner.

Des prévisions d’effectifs contestées

Le syndicaliste est d’autant plus remonté qu’il conteste les prévisions de l’administration et table sur des effectifs d’élèves « quasiment stables » à la rentrée prochaine. « De plus, vu la situation économique et sociale du département, il devrait bénéficier de moyens pour compenser et favoriser la réussite des élèves », ajoute-t-il.

L’organisation syndicale évoque en prime des baisses de dotation qui ne lui paraissent pas justifiées pour certains établissements. « Le collège d’Argelès perd par exemple 29 heures d’enseignement, soit l’équivalent d’une classe, alors qu’il ne perdrait que neuf élèves. Tandis qu’à Perpignan, Camus, qui est classé en réseau d’éducation prioritaire (Rep) gagne trois élèves mais perd 28 heures », détaille Guillaume Palanchon. Toujours selon le Snes, le collège Sévigné de Perpignan, qui dépend du réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep +) est lui aussi sur le point de perdre une section de 6e, pour six élèves de moins prévus sur ce niveau. Le Snes conteste également la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes. Entre autres.

Sur la même longueur d’onde, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) se déclare pour sa part « profondément alerté par les éléments obtenus lors du CSA-SD de ce mercredi » : « Dans un département où la mixité sociale et scolaire est un enjeu connu du ministère, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens alloués aux colliges. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)

La Bressola : de faibles résultats en français aux évaluations nationales pointés du doigt

Le syndicat d’enseignants de l’Unsa a profité de la réunion de ce mercredi pour soulever le lièvre. « Compte tenu de la pénurie de moyens dans le public, nous nous intéressons aux financements alloués aux structures privées, qui ne manquent pas de faire de la publicité sur leurs résultats », resitue la militante du SE Laurie Lemettre. « C’est pourquoi nous avons demandé des indicateurs concernant les écoles catalanistes de La Bressola et appris que leurs résultats globaux en matière de lecture en français sont inférieurs à ceux des établissements publics relevant de l’Éducation prioritaire (Rep et Rep +). » C’est en tout cas ce que laissent apparaitre les résultats des évaluations nationales réalisées en CM2 en 2025 (item « lire un texte seul »). Par ailleurs, selon l’Unsa, qui se base toujours sur les résultats des évaluations nationales de 2025, les résultats globaux des élèves des écoles immersives de La Bressola en élémentaire sont inférieurs à ceux de l’enseignement public hors éducation prioritaire. Ils restent cependant supérieurs à ceux enregistrés en Rep et Rep +, « Nous avons posé cette question car nous voulons déconstruire des idées préconçues, mais nous ne remettons pas en cause l’enseignement du catalan », prend soin de préciser Laurie Lemettre. « Les filières bilingues et immersives dans le public fonctionnent et présentent un réel apport pédagogique. »

Sollicitée ce mercredi après-midi, la direction de La Bressola a demandé un délai afin d’analyser les résultats des évaluations nationales avant de réagir.

L’édito du webzine. Un nouveau tour de vis pour une Éducation toujours à la ramasse

Une aubaine pour ce gouvernement, le « hara-kiri » de François Bayrou, prévu le 8 septembre, va sûrement faire passer au second plan les lourdes conséquences imposées par la pauvreté du budget de l’Éducation nationale pour cette rentrée scolaire.

La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer malheureusement au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale. Cet écran de fumée, ne peut pas faire passer par pertes et profits les enjeux concrets de cette rentrée 2025.

La secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a prévenu que « le contexte d’instabilité politique ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de la dégradation du service public d’Éducation et, en particulier, du second degré, traversé par une crise profonde ». « Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », déclare la responsable syndicale.

Pour le Snes-FSU, « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». En 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8.029 élèves dans le second degré, 8.865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2017.

L’effort budgétaire a été dérisoire contrairement à ce qu’à déclarer le gouvernement. En 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à + 0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. Avec la valse des ministres (6 depuis le début du second quinquennat), la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée. Les résultats sont catastrophiques.

Vers une rentrée scolaire coûteuse et agitée

Il manque encore une fois des professeurs à la rentrée, ce qui va générer des classes surchargées. Certains n’auront même pas d’enseignant dans leur classe. De nombreux postes aux concours n’ont pas été pourvus par manque de candidats du à une baisse d’attractivité du métier. Les gels de salaires et la chute du pouvoir d’achat y ont grandement contribué.

Des difficultés chroniques continuent à perdurer dans la scolarisation des élèves en situation de handicap intellectuel. Des milliers d’enfants ne feront pas leur rentrée comme les autres, faute de solutions de scolarisation adaptées et par manque d’AESH, une autre profession si peu rémunérée et si peu reconnue. Pourtant le premier article du Code de l’Éducation stipule bien que « le droit à l’éducation est garanti à chacun ».

À tout cela s’ajoute la hausse des fournitures scolaires. Si l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) a bien été versée, -non pas acheter des TV 8K ou des consoles de jeux comme le prétend l’extrême droite, mais pour soulager 3 millions de familles précaires dans l’achat des fournitures scolaire- la rentrée se fait toujours plus chère.

Entre les vêtements (370€/an), la cantine (335€/an), les fournitures (146€/an) et les activités extrascolaires (125€/an), la scolarité d’un enfant coûte en moyenne 1.315 euros annuels à une famille, soit trois fois plus que la prestation octroyée par l’ARS.

Enfin l’image de la santé des élèves va être attaquée via les déremboursements et toujours ce manque criant de personnel médical dans les établissements scolaires. L’éducation n’est pas un secteur épargné par le plan d’austérité à 44 milliards d’euros d’un François Bayrou plus que jamais sur la sellette.

La colère sociale pourrait devenir explosive dès le 10 septembre. Une journée de mobilisation pour « bloquer le pays » à laquelle des syndicats ont déjà décidé de se joindre. Elle se poursuivra par une journée intersyndicale de grèves et de manifestations le 18 septembre. À cella s’ajoute la quasi certaine démission de François Bayrou qui a décidé d’engager la responsabilité de son gouvernement, le 8 septembre. La rentrée risque d’être bouillante.

Dominique Gerbault