L’édito du webzine. La colère monte, l’espoir avance – tous dans la rue le 5 novembre !

Ils croyaient le pays résigné. Ils croyaient la jeunesse amorphe, les salariés agenouillés, le syndicalisme mourant. Ils se trompaient – et le 5 novembre va le leur rappeler.

Depuis des semaines, un mouvement populaire inédit gagne la France. Parti du privé et du public le 29 septembre, il a été rejoint par les énergéticiens, les pompiers, les marins pêcheurs, puis par les lycées et les universités, par une jeunesse qui refuse de supplier pour le droit d’étudier dans des conditions dignes. Aujourd’hui, toutes les générations, toutes les professions convergent. Et ce cri dépasse nos frontières : de la Serbie à l’Espagne, de la Belgique à l’Italie, l’Europe entière se lève contre l’austérité sans fin.

Surtout, la lutte paie. Les énergéticiens ont arraché des avancées. Les lycéens ont fait plier le gouvernement : Parcoursup a du plomb dans l’aile, effectifs plafonnés en seconde, places supplémentaires dans le supérieur, suppressions de postes annulées. Non, le compte n’y est pas et de très loin. Mais ces victoires prouvent ce que le pouvoir voudrait nous faire oublier que la rue fait reculer le gouvernement. Pas les sondages, pas les plateaux télés. La rue.

Des luttes prometeuses

Face à cela, que fait l’Élysée ? Elle mise sur le pourrissement et le chaos, attendant que la colère s’épuise. Pendant que le projet de loi de finances s’écrit pour les riches, on voudrait que nous comptions les centimes. Nous répondrons en comptant les manifestants.

L’extrême droite, elle, ne propose rien aux salariés en colère. Elle détourne leur rage vers les immigrés et laisse ses discours de haine fertiliser le terrain. L’attentat raciste de Trappes vient de nous rappeler tragiquement que le racisme tue, et qu’il est cousu main avec la haine de classe. À la division, nous opposons le rassemblement. À la peur, l’espoir. À la stigmatisation, des réponses concrètes : baisse de la TVA sur l’énergie, hausse des salaires et des pensions, aides publiques conditionnées à des critères sociaux et climatiques, fonds pour le climat et la réindustrialisation.

Le 5 novembre, toutes les organisations syndicales appellent à la grève et à la manifestation. Salariés, retraités, lycéens, étudiants : une seule foule, une seule exigence. Une convergence qui, comme le dit Fabien Roussel, candidat du PCF à l’élection présidentielle, « déjoue les pronostics fatalistes et ouvre une brèche » pour remettre à l’agenda la justice sociale, la réindustrialisation, les services publics, la paix et le climat.

Car la candidature de Fabien Roussel est au service du mouvement, pas l’inverse. « Un chemin d’espoir est en train de s’ouvrir », écrit le secrétaire national du PCF. Le 5 novembre, saisissons-le tous ensemble. Et faisons-le nôtre.

Dominique Gerbault

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