Communiqué de presse de la CGT. Franchises médicales : nouveau coup bas du gouvernement contre les malades en plein été

Une nouvelle fois, le gouvernement a fait connaitre en plein été et par voie de presse, son nouveau plan d’économie pour le budget 2027. Après avoir annoncé début juillet vouloir sabrer 3 milliards d’euros d’économie dans les dépenses publiques (2 milliards dans l’État et 1 milliard dans la Sécurité sociale) Sébastien Lecornu a détaillé dans Paris Match plusieurs pistes d’économies sur l’Assurance Maladie.

Lecornu reprend les vieilles recettes du budget Bayrou

Après la tentative de passage en force à l’automne 2025 sur le doublement des franchises et participations forfaitaires, le gouvernement retente le coup avec un nouveau train de mesures équivalente : doublement des plafonds des franchises médicales et des participations forfaitaires, baisse des parts remboursées sur certains médicaments…

Conséquence ? Moins de remboursements, plus de reste à charge pour les patient·es, et un renoncement aux soins accru pour les plus précaires.

La CGT le rappelle : ces mesures, présentées comme des outils de « responsabilisation », n’ont jamais eu pour effet de réduire la consommation médicale. Elles n’ont qu’une seule conséquence : faire payer davantage les malades, en particulier celles et ceux atteint•es de pathologies chroniques ou déjà les plus fragiles économiquement.

Un nouveau transfert vers les complémentaires, une fausse solution

Faire glisser une partie du financement de la Sécurité sociale vers les mutuelles n’est pas une économie : c’est un transfert, qui se traduira mécaniquement par une hausse des cotisations pour les salarié·es et les entreprises. C’est déjà ce qui s’est produit avec une augmentation en moyenne de 6% des cotisations des complémentaires santé en 2025, et de 8.2 % en 2024.

Un passage en force par décret durant l’été

La CGT dénonce, une nouvelle fois, la volonté du gouvernement de vouloir passer en force et en catiminie en ayant recours aux décrets.

La CGT dénonce avec force cette nouvelle attaque contre le principe fondamental de solidarité qui fonde notre Sécurité sociale depuis 1945. Elle appelle l’ensemble des salarié·es, assuré·es et citoyen·nes à refuser la logique comptable qui détruit l’accès aux soins pour toutes et tous.

A Montreuil le 23 juillet 2026

L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodiles

Les ministres se réunissent en cellules de crise quotidiennement pour brasser du vent et « communiquer », une hyper action pour cacher une inaction depuis des décennies. Et chacun y va de « c’est la faute à qui ? ». Nos sociétés sont vulnérables. La vie sur terre a mis des milliards d’années à éclore dans un équilibre fragile. En quelques siècles, le capitalisme est en train de détruire cet équilibre pour satisfaire la voracité d’une poignée de possédants. Les capitalistes vivent dans un autre monde, ils se fichent éperdument de ceux qui suffoquent parfois jusqu’à la mort dans des logements à plus de 35 degrés, des hôpitaux débordés, des champs et des forêts brûlés.

Les conséquences meurtrières de ces chaleurs extrêmes sont le résultat prévisible du rejet dans l’atmosphère de 40 milliards de tonnes de CO2 chaque année. Le chaos climatique était annoncé, la désinvolture des gouvernements successifs par rapport aux alertes des scientifiques est criminelle. Alors que les fonds manquent, nous dit-on, pour financer des politiques d’atténuation et d’adaptation, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards d’euros entre 1996 et 2025.

Cherchez l’erreur !

Sans révolution climatique, c’est l’humanité tout entière qui est menacée de sombrer. L’urgence est donc au renversement de choix politiques qui condamnent tant de vies pour entretenir les privilèges de quelques-uns. L’alternative est claire : la sortie de ce système barbare. Nous en discuterons ce week-end des 3 et 4 juillet à la fête du TC, soyez les bienvenus.

Communiqué de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. De la canicule au budget de la Sécurité Sociale : l’urgence de répondre aux besoins

L’hôpital public est débordé par la canicule. Pire, il ne sait en protéger ni personnel ni patients hospitalisés. Comme à chaque crise grave, toujours les mêmes réponses : cellules de crises, déclenchement de plans blancs ou autres, déprogrammation…

La réalité, ce sont des hôpitaux à la limite de l’implosion où tout événement surajouté devient un drame : personnel épuisé car trop peu nombreux, manque de lits d’hospitalisation. Ce sont des hôpitaux où l’on impose des plans de redressement : Aubagne (50 suppressions d’emplois), Marmande… Sans parler de la psychiatrie publique en train de s’effondrer avec des services fermés, des hôpitaux sans psychiatres, comme à Laval, chef-lieu de la Mayenne, ou à Sarlat… La canicule de 2003 avait attiré l’attention sur les personnes âgées mais la loi grand âge n’est toujours qu’une promesse non tenue !

La canicule révèle la nécessité d’investissements pour faire face au changement climatique. Alors que les hôpitaux sont majoritairement en déficit et incapables donc d’investir sur fonds propres, ce que la ministre de la santé a annoncé récemment, c’est un saupoudrage sur 10 ans de financement de projets renforçant l’efficience des établissements, en langage décrypté de projets accompagnant des fermetures de lits et de services !

La population considère largement que ce n’est ni sur la santé ni sur l’autonomie, que des économies doivent être faites. Des pistes existent, entre-autre la baisse voire la suppression des exonérations de cotisations sociales.

Le prochain budget de l’État doit prévoir la formation de professionnels de santé en nombre et le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2027 donner aux hôpitaux, aux EHPAD les moyens de répondre aux besoins de la population.

Les comités de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité, réunis en assemblée générale, ont décidé de sonner l’alerte dès maintenant et de préparer des mobilisations multiples en octobre à partir des réalités de terrain avec toutes les organisations qui souhaitent y participer localement : des moyens pour les hôpitaux et EHPAD publics ! Mais il faut aussi arrêter de reporter sur les complémentaires le remboursement des soins (vigilance : des mesures pourraient passer par décret pendant l’été).

C’est vers le remboursement à 100 % des soins par la Sécurité Sociale qu’il faut aller. La lutte contre les dépassements d’honoraires sera un élément fort de cette campagne, commencée dès maintenant par certains comités, comme à Montluçon et Montargis. Les rapports se multiplient, encore récemment celui du HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie), mais ce sont des décisions dont on a besoin !

Faisons respecter l’accès aux soins pour toutes et tous de qualité et de proximité sans barrière financière !