La fronde lycéenne se durcit, le mouvement gagne les universités (L’Indep)

Plus de 400 établissements scolaires fermes ce vendredi. Des élèves et parents reçus par le ministre.

Le mouvement de contestation des lycéens se durcit en France, où blocus, violences et dégradations se multiplient dans des centaines d’établissements, une fronde tous azimuts qui a gagné, jeudi, les universités, avec une trentaine de blocages revendiqués par l’Union étudiante.

Face à la dégradation de la situation, les services de renseignement français ont imputé « l’origine du mouvement » à « LFl et ses proxys de l’ultragauche », pointant un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », a fait savoir l’entourage de Sébastien Lecomu après la cellule interministérielle de crise convoquée par le Premier ministre.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu sur le plateau du JT de 20 Heures de France 2 que le « mouvement a changé de nature ». « Vous avez souvent des groupuscules d’ultragauche qui aujourd’hui ont des comportements violents et mettent en péril la santé de nos élèves et de nos personnels », a-t-il déclaré, faisant état de 65 membres du personnel et 170 élèves blessés et indiquant qu’un peu plus de 400 établissements scolaires resteront fermés ce vendredi. Le ministère de l’Intérieur a annoncé 1 949 arrestations, ce jeudi en France, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, violences et attroupements. En Île-de-France, la facture des dégradations s’établit à ce stade « à plus d’un million d’euros », indique la Région.

« Interdiction de LFI »

Dans les Bouches-du-Rhône, la Régie des transports métropolitains (RTM) de Marseille a décidé d’interrompre l’intégralité des transports en commun compte tenu, précise-t-elle dans un communiqué, « des déprédations et des agressions de conducteurs avec blessés intervenus ce matin sur le réseau bus ».

Un incendie s’est déclaré dans le lycée Nelson-Mandela de Nantes, dans le lycée Blaise-Pascal de Rouen et des faits similaires sont rapportés à Rennes, Toulouse où des heurts ont été signalés entre manifestants et forces de l’ordre. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni en visioconférence, jeudi après-midi, les procureurs généraux pour organiser la réponse pénale consécutivement aux interpellations.

Édouard Geffray a annoncé, lui, sur le réseau social X, qu’il recevrait ce vendredi « les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne ».

Les élèves qui manifestent, avec l’appui de l’Union syndicale lycéenne (USL), dénoncent une dégradation des conditions d’apprentissage, avec notamment des classes surchargées et un manque de professeurs.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement gagne chaque jour en importance, prenant de cout le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle. L’Union syndicale lycéenne, par la voix de son président Ryad Rani, déclare se mobiliser contre la « violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans ». Prenant pour cible Emmanuel Macron, au pouvoir depuis mai 2017. Le chef de l’État a dit mercredi comprendre et entendre les « angoisses » et les « colères » de la jeunesse tout en condamnant le recours à la violence.

Dans ce qu’elle présente comme l’acte Il de sa mobilisation, l’USL a reçu le soutien de l’Union étudiante, qui entre à son tour dans la contestation pour réclamer notamment un « financement massif » des lycées et des universités. L’Unef appelle également les étudiants à manifester contre la suppression de places dans les facultés et le gel des aides personnelles au logement (APL), mesure inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027.

L’Union étudiante recensait « près d’une trentaine de blocages » jeudi matin sur les campus, à Paris (Paris Cité, Sorbonne-Université entre autres) mais aussi à Strasbourg, Montpellier, Lyon, Rennes, notamment. Une contestation dont s’empare la classe politique à l’approche de l’élection présidentielle. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, pointe « l’irresponsabilité du gouvernement ».

Marine Le Pen (RN) accuse Jean-Luc Mélenhon (LFI), de porter une « lourde responsabilité », en soufflant sur les braises de la contestation des lycéens. Bruno Retailleau (LR) estime, lui, que la question se pose d’une « interdiction de LFI ». « Ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait, ils organiseraient une insurrection dans le pays », assure-t-il.

Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, pointé du doigt par l’exécutif et la droite pour avoir déclaré mardi, que la violence « peut être légitime », a maintenu jeudi ses propos sur France Info, tout en appelant à « l’apaisement ».

L’Indépendant, le 2 octobre 2026

Le billet d’Yvon Huet. Dans la passion du vivant, il y a aussi le PCF…

Je partage cette exigence de cette lettre(*) de camarades de Haute Garonne avec ce souci que le PCF ne finisse pas, à sa manière, comme le PCI d’hier en Italie qui, ne l’oublions pas, est gouverné aujourd’hui, et ce n’est pas un hasard, par une fan de Mussolini.
Trouver la solution pour redonner des couleurs au PCF ne passe pas par son effacement dans une nébuleuse qui le fera oublier définitivement pour finir en musée, pour reprendre une expression souvent reprise d’Anne Saint-Clair qui s’adressait autrefois à Georges Marchais.

Que le PCF reste marginalisé dans les institutions politique ou qu’il disparaisse au nom de l’« union » dans une démarche qui ressemble à celle des communistes qui ont rejoint LFI aujourd’hui comme le PS hier, on sera, de toutes façons, dépassé par une perspective brune qui nous mettra à pied d’égalité avec nos camarades italiens, allemands ou espagnols. Il faut donc le reconstruire, ce parti, et c’est plus dur que de remettre à neuf Notre Dame de Paris…
Mais cela peut être beaucoup plus utile et nécessaire pour les générations à venir.
Je ne sais pas si on y arrivera. Je serai parti d’ici là mais, au moins, j’aurai la conscience d’avoir été jusqu’au bout du chemin que je me suis fixé depuis ma tendre jeunesse.

Pour préparer l’avenir, le PCF a besoin de se redéployer sur trois principes :

  • 1. – le courage politique en n’hésitant à prendre des risques, tant sur le plan électoral que dans l’expression de terrain ;
  • 2. – la fraternité de combat dans le respect des différences et des nuances d’analyse de ses membres ;
  • 3. – le travail collectif intellectuel intergénérationnel fondé sur une démarche de formation permanente allant de l’intégration des nouveaux, ayant tout à apprendre certes mais beaucoup à faire découvrir, à la mise à jour des anciens qui doivent transmettre sans pour autant étouffer tout ce qui émerge de l’évolution du réel.

Sur ces trois points l’état des lieux semble très contrasté, faute souvent de renouvellement, voire de déchirements qui ont lassé, mais la maison respire encore, quoi qu’en disent ses détracteurs haineux de tous bords. Raison de plus pour s’y atteler patiemment, quelles que soient les impatiences qui, souvent, aboutissent à l’implosion des désespérances.
Alors oui, n’hésitons pas à apporter la contradiction et l’espoir avec la candidature de Fabien Roussel, qu’on « l’aime » ou pas, dans cette foutue période où nous n’avons pas fini d’entendre les sirènes de la démagogie et du fascisme nouvelle formule siffler.

Yvon Huet

(*) ADRESSE À FABIEN GAY ET SOFIA BOUTRIH
À Toulouse le 24 Septembre 2026
Conseil départemental du Parti communiste français de la Haute-Garonne
Fédération de Haute Garonne
1 allée Marc Saint-Saëns
31 100 TOULOUSE
contact@pcf31.fr
05 61 31 61 31
À l’attention de :
Fabien Gay, directeur de l’Humanité
Sofia Boutrih, directrice de la Fête de l’Humanité
Copie à Stéphane Bonnéry, coordinateur du CEN
Cher Fabien, chère Sofia,
Nous tenons tout d’abord à saluer la réussite de la Fête de l’Humanité et le travail accompli par les équipes qui en assurent l’organisation. La richesse de sa programmation et son rayonnement en font un rendez-vous majeur du débat politique, social et culturel.
La fédération de Haute-Garonne contribue depuis de nombreuses années à cette réussite à travers l’animation de plusieurs espaces, la mobilisation de nombreux bénévoles, l’engagement dans le Village du livre, la participation au dispositif de sécurité ainsi que le soutien apporté au développement des ressources de la Fête. Cet investissement traduit l’attachement profond des communistes haut-garonnais à la Fête et à l’Humanité.
Néanmoins nous souhaitons attirer votre attention sur la place accordée au Parti communiste français dans l’image et le récit de la Fête.
Nous sommes profondément attachés à l’ouverture de la Fête aux forces progressistes, au mouvement social et à l’ensemble de la gauche. Cette ouverture constitue l’une de ses richesses. Pour autant, elle ne saurait conduire à minorer la contribution déterminante des milliers de militantes et militants communistes qui la rendent possible chaque année.
La force de cet engagement, tant dans la communication de la Fête que dans sa couverture médiatique, mérite selon nous d’être davantage affirmée. Reconnaître pleinement cette réalité est non seulement légitime, mais également nécessaire pour valoriser celles et ceux qui font vivre cet événement.
Comment le journal et les communistes peuvent-ils vivre ensemble quand ces derniers décident d’une candidature à la présidentielle lors d’un congrès en juillet, et que quelques semaines après, ils apprennent dans l’Humanité que le thème de la Fête sera l’union de la gauche, et non un temps fort de la campagne de Fabien Roussel ?
Des comportements qui n’ont pas leur place à la Fête
Nous avons été heurtés et avons mal vécu plusieurs situations observées durant cette édition de la Fête. Au-delà des divergences politiques légitimes, nous avons constaté des comportements qui ne nous paraissent pas conformes à l’esprit de respect mutuel qui devrait prévaloir entre organisations de gauche.
Ainsi, des militants de La France insoumise ont publiquement pris à partie Fabien Roussel lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon. Nous avons également observé des agressions verbales à l’encontre de militants socialistes devant leur stand, et d’autres partenaires de gauche écologistes ou autres. Tout cela diffusé abondement sur les réseaux sociaux. Mais également des attitudes méprisantes et parfois insultantes envers des militants communistes mobilisés pour promouvoir le grand meeting de Fabien Roussel.
Ces comportements n’ont, à notre connaissance, fait l’objet d’aucune condamnation claire des responsables de la France Insoumise mais non plus de la part de la direction de la fête et du journal, ce que nous regrettons.
Nous nous interrogeons également sur certains choix d’organisation et de programmation. La carte blanche accordée à Jean-Luc Mélenchon à l’Agora a donné le sentiment d’un traitement particulièrement privilégié et déplacé au moment du lancement de la campagne du candidat communiste.
Enfin, les conditions matérielles du meeting de Jean-Luc Mélenchon dans son stand et son impact sur d’autres initiatives programmées simultanément n’ont pas garanti un accueil respectueux de toutes les organisations.
● Qui a autorisé le survol du site par un drone ?
● Qui a validé une sonorisation dont la puissance a couvert l’ensemble des espaces voisins, y compris le débat animé par Sophie Binet à l’Espace social ?
Ces différents éléments ont nourri chez nos militants et militantes un sentiment de déséquilibre dans le traitement des sensibilités politiques, d’autant plus que c’est le Parti communiste français qui, fidèle à l’esprit d’ouverture de la Fête, invite ses partenaires politiques, syndicaux et associatifs à y participer.
Nous rappelons aussi que la diffusion régulière de l’Humanité sur les marchés ou dans les quartiers, les campagnes de souscription qui permettent au journal de surmonter ses difficultés et la vente des bons de soutien de la Fête reposent quasi exclusivement sur l’engagement des militants communistes.
Cette réalité mérite un minimum de respect pour les choix politiques des communistes.
Au-delà de ces constats, nous souhaitons formuler plusieurs propositions pour les prochaines éditions. Il nous paraît nécessaire d’affirmer plus clairement que les insultes, intimidations et comportements agressifs n’ont pas leur place à la Fête, quelle que soit l’organisation visée.
Nous proposons à cette fin l’adoption d’une charte de respect et de convivialité, signée par l’ensemble des responsables des organisations politiques, syndicales ou associatives invitées, y compris dans leurs stands et espaces. Cette charte rappellerait les droits mais également les devoirs que les organisations invitées à la Fête s’engagent à respecter. Cette charte rappellerait que le débat politique, aussi exigeant soit-il, ne saurait justifier l’invective ou les comportements intimidants.
Elle pourrait également fixer des règles communes d’organisation, notamment en matière de puissance sonore, de circulation dans les allées et de gestion des rassemblements, afin de garantir à la fois la qualité des débats, le bon fonctionnement des espaces militants et la sécurité des visiteurs.
Enfin, cette charte devrait reconnaître explicitement le rôle essentiel des militants communistes qui, par leur engagement bénévole, assurent la préparation, l’organisation et la réussite de la Fête. Le respect de cet investissement est une condition du maintien de son caractère populaire, fraternel et militant.
Revenir à l’esprit et à la lettre sur l’engagement des communistes à la fête de l’Humanité
Nous souhaitons rappeler ce qui constitue, à nos yeux, la raison d’être de la Fête de l’Humanité. Depuis son origine, elle poursuit une double ambition : assurer le financement du journal L’Humanité et constituer le grand rendez-vous politique de rentrée des communistes et de leur parti.
C’est dans cet esprit que des centaines de militants et militantes haut-garonnais consacrent depuis des mois une part considérable de leur temps, de leur énergie et de leurs moyens à la préparation puis à la tenue de la Fête. Leur engagement ne peut être réduit à une simple contribution logistique ou commerciale. Il trouve sa justification dans un projet politique collectif, dans la promotion des idées communistes et dans le rayonnement de notre organisation.
Dès lors, lorsque certains choix donnent le sentiment que la Fête sert davantage de tribune à la France Insoumise qu’au projet communiste lui-même, la question du sens de notre engagement est nécessairement posée. Les militants et militantes ne se mobilisent pas uniquement pour assurer l’intendance de l’événement. Ils le font pour faire vivre et grandir les idées communistes.
Si cette finalité venait à disparaître, alors c’est la nature même de notre participation qui devrait être réinterrogée.
Dans l’attente de votre réponse et en souhaitant que ces remarques puissent nourrir un échange constructif pour les prochaines éditions, nous vous adressons nos salutations fraternelles.
Pour le conseil départemental de Haute Garonne
Corinne Marquerie, secrétaire.

Les Conquêtes sociales

Les Conquêtes sociales est un jeu pour découvrir l’histoire des luttes sociales. Le jeu aborde les questions des conquêtes sociales (droit du travail, mouvements d’émancipation, changements sociétaux) de 1789 à nos jours en France, avec la volonté de transmettre l’idée que les droits sont toujours le fruit de luttes.

Les règles sont simples : soyez la première personne à ne plus avoir de cartes pour remporter la partie ! À votre tour, tentez de placer chronologiquement une de vos cartes relativement à celles déjà posées. Mais attention, si vous vous trompez, vous en piochez une nouvelle !

Le jeu a été réalisé par Coco Cherry en partenariat avec la Fondation Gabriel Péri, l’Institut CGT d’histoire sociale, Mathilde Larrère, historienne, et la LDH (Ligue des droits de l’Homme). 18 euros

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L’éditorial du Travailleur Catalan par Évelyne Bordet. Le RN entre au Sénat par la grande porte… Cherchez l’erreur !

Les élections sénatoriales du 27 septembre ont renouvelé 178 sièges au Palais du Luxembourg.

Pour le groupe Communiste Républicain Citoyen Écologiste – Kanaky (CRCE-K), le scrutin permet de conserver les quatre sièges remis en jeu. Marie-Claude Varaillas, Céline Brulin, Gérard Lahellec et Jérémy Bacchi sont réélus. Le groupe maintient ainsi ses dix-huit élus, et c’est heureux…

Mais derrière cette stabilité se dessine une réalité politique qui interroge : l’irruption du Rassemblement national au Sénat.

Pour la première fois de son histoire, le RN y constitue son propre groupe. De quoi lui donner les moyens d’avancer ses pions au Sénat, en multipliant les passerelles avec la droite et en tentant de rebattre les cartes du paysage politique à son avantage. Vive préoccupation au sein du groupe CRCE-K. « Tout le monde sous-estime ce que représente l’arrivée de l’extrême droite au Sénat », s’inquiète Cécile Cukierman présidente du groupe. « Nous les combattrons, pied à pied, sur le fond, comme nous le faisons dans l’ensemble des collectivités où nous sommes élus. »

Cet événement ne saurait être considéré comme un simple épisode électoral. À sept mois de l’élection présidentielle, il traduit de manière inquiétante une progression de l’implantation territoriale du RN. Dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et le Vaucluse, ses résultats en témoignent.

Cette intrusion du RN au Sénat questionne notre société et salit notre Histoire. Le parti d’extrême droite ne se contente pas de progresser dans les urnes : il s’installe durablement dans les institutions de la République. À quel moment la légitimité devient-elle immorale ?

Une autre question se pose désormais avec acuité : jusqu’où ira la porosité entre l’extrême droite et une partie de la droite sénatoriale ? Chaque rapprochement, chaque convergence, chaque compromis sera scruté avec la plus grande vigilance. Pas de complaisance. Pas de d’arrangement. La bataille parlementaire qui s’annonce devra être celle du refus de la banalisation. Le refus de nous laisser anesthésier par cette imposture…

Les écrits exhumé par Médiapart percute la stratégie du RN (L’Indep)

Le site d’investigation a publie, lundi, des messages antisémites attribués à Jordan Bardella, qui dément.

Plongé dans une nouvelle tempête médiatique, après les déboires judiciaires de Marine Le Pen, le Rassemblent national (RN) essaie de faire bloc pour contester les écrits antisémites attribués à son président, Jordan Bardella. Mardi matin, au lendemain des révélations de Mediapart, la candidate à l’Élysée et son futur Premier ministre en cas de victoire, ont tenté de renvoyer l’image d’un duo uni et combatif face à l’onde de choc provoquée par cette affaire qui soulève de nombreuses questions.

1 Que sait-on de ces écrits ?

Dans son article en ligne, Mediapart dit avoir examiné des dizaines de messages privés qui auraient été écrits à l’été 2013, par Jordan Bardella quand il était un militant actif du Front national (ancêtre du RN), âgé de 17 ou 18 ans. Des textes aux accents antisémites et conspirationnistes, dont le média d’investigation ne révèle pas les destinataires. « Toutes les banques appartiennent à des juifs. Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit Jordan Bardella, prenant aussi pour cible des personnalités comme Pierre Moscocivi, tout en affichant son soutien au sulfureux Dieudonné.

Des « faux grossiers », assure le président du RN, là où le site d’investigation affirme avoir authentifié ces messages privés.

Jordan Bardella, à qui on prête de longue date des connexions avec l’extrême droite radicale, cultivait également à l’époque une fascination pour Alain Soral, selon Mediapart. Or « ce n’est pas un idéologue comme un autre », souligne Valérie Igounet, historienne et politologue spécialiste de l’extrême droite en France. « C’est un négationniste, antisémite notoire qui a été condamné à de multiples re prises pour incitation à la haine raciale. » En 2024, Complément d’enquête affirmait déjà que Jordan Bardella aurait alimenté, entre 2015 et 2017, le compte Twitter@RepNatDuGaito, glorifiant un certain Alain Soral.

2 Le RN a-t-il rompu avec son passé ?

Ces révélations sont embarrassantes pour le RN, qui a officiellement rompu avec le passé sulfureux du FN (cofondé par des figures de la collaboration et d’anciens Wallen-SS) et de son ancien président, Jean-Marie Le Pen, exclu par sa fille en 2015 après de multiples dérapages.

Depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti, en 2011, sa stratégie de dédiabolisation « a porté ses fruits auprès de la société civile », souligne Valérie Igounet, « on la vu lors de la marche contre l’antisémitisme après le 7-Octobre, le RN a été accepté dans le cortège, mais elle n’a pas fonctionné en interne, lors des campagnes électorales (municipales, législatives…), des médias s intéressent aux profils sulfureux de certains candidats, négationnistes ou antisémites. La génération de Marine Le Pen n’est pas du tout celle de Jean-Marie Le Pen, mais il y a toujours des brebis galeuses. »

Un terme souvent utilisé par Jordan Bardella et qui lui revient aujourd’hui comme un boomerang. Mais le mal est peut-être plus profond au sein du parti. « Je travaille à Conspiracy Watch, l’observatoire du complotisme », explique Valérie Igounet, « à la question « est-ce qu’il existe un complot juif sioniste mondial », ce sont les électeurs et militants du RN qui sont les plus perméables. »

3 Que sera l’impact le ces révélations ?

La classe politique s’est immédiatement emparée de l’affaire, condamnant largement ces propos. « Ces écrits, s’ils sont avérés, sont d’une immense gravité, Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l’oublier, la nature profonde de l’extrême droite », a réagi la ministre chargée de la lutte contre les Discriminations, Aurore Bergé. Le chef d’un parti qui se présente comme un bouclier pour la communauté juive, face à Jean-Luc Mélenchon (LFI), régulièrement accusé de flirter avec les codes de l’antisémitisme. « L’homme qui se présente aujourd’hui comme le plus grand défenseur des juifs et juives de France est en réalité un antisémite obsessionnel », affirme la cheffe de file des Écologistes, Marine Tondelier, qui réclame la démission de Jordan Bardella. « Si ces faits sont avérés -il les conteste- à quelques mois de la présidentielle, c’est un peu compliqué pour lui, il sera dans une situation délicate », rappelle Valérie Igounet.

Jordan Bardella, arc-bouté sur sa rhétorique antisystème, assure, lui qu’on veut l’« assassiner politiquement » et porte plainte pour diffamation, pointant une « manipulation ». Marine Le Pen lui a redit, mardi sa « confiance absolue », choisissant de prendre pour cible Mediapart, qu’elle menace de représailles, en puisant dans la dialectique guerrière. Des propos d’une « violence sidérante », dénonce le site d’information.

L’affaire peut-elle gêner la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui a le vent en poupe dans les sondages ? Les prochaines enquêtes d’opinion le diront. Valérie Igounet ne croit pas, en tout cas, à un impact important sur le noyau dur des soutiens du RN.

Reste à savoir si cette controverse aura un effet sur l’électorat plus large et modéré que Marine Le Pen espère agréger au second tour de l’élection présidentielle. Et si Mediapart a prévu, comme souvent, une autre salve de révélations.

M. C. (L’Indépendant, le 30 septembre 2026)

Soutien de la presse aux journalistes de L’Indépendant (L’Indep)

Les deux journalistes de L’Indépendant pris à partie par le maire Rassemblement National de Carcassonne, Christophe Barthes, lors du conseil municipal du 24 septembre dernier, reçoivent le soutien d’un large collectif de journalistes et de rédacteurs.

Dans un communiqué publié ce mardi 29 septembre, la Société des journalistes de Mediapart, ainsi qu’un large collectif de SDJ de plusieurs dizaines d’autres médias locaux et nationaux dénoncent les propos tenus par le maire à l’encontre de deux de nos collègues de ‘Indépendant. Ils estiment que ces déclarations constituent des tentatives d’intimidation visant à dissuader les journalistes de faire leur travail.

Lors du conseil municipal, Christophe Barthès avait notamment accusé nommément nos collègues de vouloir « nuire au maire », les qualifiant de « journaleux ». Il a également visé les titres du groupe La Dépêche, les qualifiant de « torchons » et de « presse nauséabonde ».

Il a également affirmé que si des agents municipaux « devaient subir à l’avenir des actes graves », il en tiendrait les journalistes cités, entre autres, pour responsables. Pour rappel, L’Indépendant n’a jamais cité de noms complets ou publié de photos des policiers mis en cause.

Face aux déclarations du maire, les sociétés de journalistes signataires disent leur solidarité envers les journalistes de L’Indépendant et leur « vive inquiétude » face à ce qu’elles considèrent comme des attaques répétées contre la presse, rappelant également un précédent récent. Le 9 septembre dernier, lors d’une conférence de presse de la mairie donnée à la suite de la révélation de la vidéo contenant les propos racistes d’un policier municipal, un journaliste de La Dépêche du Midi s’est vu refuser l’accès par un adjoint au maire.

Pour ces organisations, les journalistes du groupe La Dépêche du Midi doivent pouvoir exercer leur métier « sereinement ». Elles demandent que cessent les attaques et les intimidations visant la presse. Des demandes auxquelles ne peut que souscrire la rédaction de L’Indépendant.

Océane Laparade (L’Indépendant, le 30 septembre 2026)

L’actu de la CGT (n° du 28 septembre)

Pour l’augmentation des salaires et plus de services publics
Mardi 29 septembre, on fait grève et on manifeste
—> Trouver un point de rassemblement près de chez vous
—> Télécharger les pancartes

Point d’indice des fonctionnaires : et vous, combien avez-vous perdu ?
Mesurer les effets de la non-indexation du point d’indice sur l’inflation avec le simulateur développé par la CGT.
—> Faire le test

Notre travail créé les richesses : nos salaires doivent augmenter !
Se loger, se nourrir, se déplacer, profiter de ses congés, faire face aux imprévus… Notre salaire doit nous permettre de vivre dignement.
—> Télécharger le tract

—> Accéder au dossier