Le billet de Jean-Michel Galano. Le sain, le malsain et le reste

À propos du livre de Georges Vigarello « Histoire des pratiques de santé » (Seuil 1993)

Diplômé en éducation physique, agrégé de philosophie, Georges Vigarello s’est depuis plusieurs décennies orienté vers l’histoire des représentations, des catégories mentales et des institutions qui commandent et organisent les pratiques sociales ayant pour objet le corps. Son premier ouvrage, « Le Corps redressé », était consacré à l’étude des stratégies de restauration et de rééducation des corps meurtris ou fragilisés. Des pratiques qui ne s’inscrivent pas dans un progrès linéaire, mais mettent en jeu, dans cet espace singulier à la charnière de la médecine et de l’éducation, des conceptions de la normalité, des modères thérapeutiques et exigences éthiques susceptibles de variations considérables selon les contextes historiques, technologiques et sociaux. L’usage de soi par soi, pour reprendre une expression de Yves Schwartz(1), est en matière notamment de réadaptation une donnée essentielle qui s’affirme de plus en plus fortement dans la période contemporaine et modifie en profondeur les exigences thérapeutiques.

Par la suite, la réflexion de Vigarello s’est orientée sur d’autres catégories, fonctionnant souvent par paires d’opposés : le propre et le sale, le gras et le maigre, mais aussi la virilité. Son « Histoire des pratiques de santé », d’abord publiée sous le titre « Le Sain et le malsain », marque un temps nouveau dans sa réflexion, et constitue un précieux ensemble de repères historiques On se contentera ici d’en marquer les étapes parmi les plus importantes.

Il faut d’abord se mettre d’accord sur ce qu’il y a lieu d’entendre par « pratiques de santé » : comme l’auteur le souligne dans sa préface, ces pratiques débordent largement les thérapeutiques strictement médicales, souvent même les contredisent et parfois, comme dans la célèbre « querelle de l’inoculation », les anticipent. Si l’idéal de santé est une constate, il est pendant des siècles confondu avec une certaine conception de la nature, on exclusive toutefois d’un appel éventuel à une surnature : « natura sola meicatrix »(2), avec son corollaire pour le médecin « primo non nocere »(3), tels seront pendant longtemps les préceptes de base. D’où une méfiance forte des malades à l’égard de toute approche outillée et artificieuse de la maladie. D’où aussi les pratiques préventives, toutes négatives : isolement, lazarets, quarantaines.

Cependant, et c’est en cela qu’il faut parler de surnature, le prestige de l’élixir, du « philtre », de la composition salvatrice mystérieuse, perdurera très longtemps, et en fait jusqu’à nos jours, sous des formes à peine renouvelées. Ce n’est pas le moindre mérite du livre de Vigarello que de montrer la permanence jusqu’à aujourd’hui d’un certain nombre de mythes, par exemple celui du « vin réparateur ». L’engouement pour le quinquina, pour le café, pour la noix de cola, pour le vin de malaga, pour le tabac, pour l’opium, ainsi que pour les « pratiques d’évacuation » pour les « cures d’air » ou les différentes façons de combattre les « vapeurs », sont autant de moments singuliers, dans lesquels il ne suffit pas de voir des modes éphémères, mais aussi la réalité d’une recherche de nouvelles normes de santé, axées sur le renforcement du corps, désormais conçu non plus comme « l’abominable vêtement de l’âme », mais comme un puissant réservoir d’énergie et de créativité, digne de bonheur et sujet de droits. L‘hygiène et son versant théorique, l’hygiénisme, différencié de la médecine proprement dite, prend son essor à ce moment-là, et inscrit le corps dans un milieu social de plus en plus mobile et urbanisé. La rupture du métabolisme entre l’être humain et la nature est consommée, et c’est là une chose dont les élites intellectuelles et les décideurs politiques sont de plus en plus conscients.

Il n’est pas étonnant dans ce contexte de voir décliner la pratique ancestrale de la saignée et plus généralement la théorie des humeurs Le corps est désormais vu comme une dynamique à favoriser et non plus comme un équilibre statique à préserver ou à restaurer. Et cela d’autant plus que les progrès de l’hygiène, notamment alimentaire, entraînent un spectaculaire allongement de l’espérance de vie.

Non moins spectaculaire, la baisse de la tolérance à la malpropreté, à la souffrance, à la violence d’une façon générale, et bientôt à ce qu’on appellera la barbarie. Ce que Rousseau, avant Nietzsche, stigmatise sous le vocable d’« effémination », il est bien exact que la toute jeune opinion publique le revendique fortement la santé devient dès lors une affaire d’État, avec des lois en matière sanitaire, des constructions de réseaux d’égouts, des programmes scolaires, des chaires d’hygiène à l’université, l’émergence de la question de la santé mentale, etc.

Toutefois, les nouvelles façons de concevoir le corps ne sont jamais, contrairement aux idéaux positivistes, indépendantes des idéologies dominantes et doivent aussi composer avec les idéologies persistantes. C’est ainsi que dans une société où la bourgeoisie en expansion condamne toute dépense inutile et tout gaspillage, les professions de santé verront dans la « dépense » sexuelle improductive une pathologie, prolongeant jusqu’à l’orée du XX° siècle les idées délirantes de Tissot (pourtant l’un des plus grands médecins des Lumières), avec des conséquences humaines dramatiques.

Ce livre est bourré d’informations et donne des repères historiques précis. Il permet de comprendre que l’évolution des pratiques de santé n’est en aucune façon un processus linéaire, mais qu’elle est travaillée en profondeur par des débats qui ne sont pas seulement des débats d’idées. On peut regretter de ce point de vue que l’auteur n’ait pas assez traité du choc être une certaine rationalité médicale instituée et l’empirisme confus mais parfois fécond des pratiques populaires, rarement écrites et jamais théorisées. Peut-être aurait-il pu mieux souligner, à propos de la querelle de l’inoculation, à quel point la résistance obstinée de nombreux médecins était liée à l‘horreur éprouvée par la rationalité traditionnelle devant un processus dialectique (injecter le mal pour vaincre la mal). Une rationalité classique qui ne voulait voir dans ce qui n’était pas produit par elle que sottise et superstition. Une histoire il est vrai sombre et peu documentée.

Comme toutes les activités humaines, les pratiques de santé sont partie prenante de la réalité sociale : elles en procèdent et agissent sur elle en retour. Le livre de Vigarello nous permet de penser une évolution historique. Il ne manque pas de souligner dans le dernier chapitre l’apparition de nouveaux défis et, conjointement, de nouvelles terreurs appelant des décisions inédites. Au geste salvateur toujours auréolé de mysticisme, une certaine exigence qu’il faut bien qualifier de démocratique tend à substituer la décision politique et l’acte d’Etat. Une évolution lente et semble-t-il impeccable, même si la baisse des budgets, la persistance des inégalités et une certaine individualisation des conduites sont de nature à susciter des préoccupations.

Jean-Michel Gamano

(1) Philosophe et ergologue français, auteur notamment de « Expérience et connaissance du travail », Éditions sociales 1988
(2) La nature est le seul médecin »,adage traditionnel repriiis entre autres par Ambroise Paré
(3) « D’abord, ne pas nuire », idem

Communiqué de presse de la CGT. Rentrée sociale : face à l’inflation, augmenter les salaires, le point d’indice et les pensions

Après un été particulièrement éprouvant — marqué par des conditions de travail dégradées et un droit aux congés payés souvent gâché ou empêché — l’inflation continue d’exploser, avec 2,4 % d’augmentation en août (chiffres INSEE publiés le 28 août 2026) et 2,7 % pour l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). La hausse des prix des produits frais atteint 5,8 % et celle de l’énergie 16,7 %. Les difficultés économiques s’aggravent, frappent toujours plus durement les salarié·es et le gouvernement maintient son entêtement.

Branches professionnelles et minima : arrêter le tassement des salaires

Dans ce contexte, la situation dans les branches professionnelles est inacceptable. L’augmentation automatique du Smic au 1er juin dernier a immédiatement fait basculer, pour près de 80 % de branches, au moins un minima sous le salaire minimum. Le tassement des salaires enferme les salarié·es dans la précarité et les prive de perspective d’évolution. Il est accentué par le système pervers des exonérations de cotisations sociales qui crée une « trappe à bas salaire » et dont le financement, principalement par nos impôts, prive nos services publics des financements dont ils ont besoin. Il faut y mettre fin.

Dans les entreprises comme dans les branches, la réouverture immédiate de négociations salariales est une exigence absolue. Tout refus du patronat de respecter ses obligations de négociation salariale dans les branches doit être sanctionné, comme cela est prévu par la loi depuis plus de huit mois. Dans la Fonction publique, l’État doit cesser d’imposer l’austérité aux agent·es des trois versants, qui ont une nouvelle fois tenu le pays à bout de bras cet été, et annoncer le dégel du point d’indice.

Indexer les salaires sur l’inflation

En juillet déjà, les prix explosaient : +6.6 % pour le gaz, 10.9 % sur les transports, 1.6 % pour les prix des services. L’été caniculaire, et la sécheresse généralisée risquent d’aggraver par ailleurs les prix de l’alimentation pour les mois à venir.

Face aux difficultés quotidiennes du monde du travail, et à ces hausses cumulées des prix depuis des mois, le gouvernement refuse d’actionner le levier principal : les salaires. Plutôt que d’obliger les salarié·es à courir après l’inflation, une mesure d’urgence doit être appliquée: la réindexation automatique des salaires sur les prix (l’échelle mobile des salaires), comme c’est le cas actuellement en Belgique. C’est la seule garantie pour empêcher le risque récessionniste.

Le gouvernement doit abandonner son projet de désindexation des pensions, et le patronat doit revenir sur le gel des retraites complémentaires qu’il impose à 14 millions de retraité·es depuis deux ans.

Les travailleur·ses refusent toute perte de pouvoir d’achat !

La CGT appelle ses syndicats à exiger partout l’ouverture de négociations salariales et à multiplier les mobilisations pour gagner des augmentations de salaire, à l’image de celles annoncées dans plusieurs secteurs le 15 septembre et de la grève unitaire du 29 septembre dans la fonction publique pour des mesures salariales générales et immédiates.

L’urgence c’est de permettre aux travailleurs et travailleuses de vivre de leur travail enaugmentant les salaires, le point d’indice et les pensions.

Montreuil, le 28 août 2026

André Chassaigne. « Croyants et communistes ont à cœur la fraternité et l’égalité » (La Marseillaise)

André Chassaigne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine (530 habitants dans le Livradois) pendant 27 ans, député du Puy-de-Dôme pendant 23 ans, a raccroché en 2025. Il publie, en cette rentrée politique, « Cheminement en terre chrétienne ». L’ouvrage(*) se conclut par une somme de réflexions sur les rôles respectifs du religieux et du politique.

La Marseillaise : On assimile souvent la doctrine marxiste au message évangélique. La première a été pervertie comme l’on sait, tandis que le second a permis la domination de la classe bourgeoise. Comment expliquez-vous cette dérive ?

André Chassaigne : Cela s’explique par le fait que dans l’ancien régime, l’Église catholique était étroitement liée au pouvoir politique. Au fil des siècles, l’absolutisme était devenu inséparable du catholicisme. L’absolutisme royal n’a tenu que parce qu’il avait le soutien de l’Église catholique. C’est la Révolution de 1789 qui a renversé le pouvoir d’une Église qui a tenté ensuite de revenir en première ligne. Mais le principe de la laïcité était posé. Ce grand acquis est un pur produit de la Révolution.

La Marseillaise : Laquelle laïcité a connu heurs et malheurs au cours du XIXe siècle jusqu’à la loi de 1905…

André Chassaigne : Mais depuis le Siècle des Lumières, les tentatives de la hiérarchie de l’Église catholique de revenir politiquement au premier plan ont échoué. Paradoxalement et à terme, la laïcité, telle qu’elle a émergé avec la Révolution, a été un bienfait pour l’Église elle-même. Elle aboutira en 1905 à une loi de la séparation des Églises et de l’État qui assure à chacun la liberté de conscience.

La Marseillaise : Actuellement, la laïcité, telle qu’elle a été conçue en 1905, a été accaparée par l’extrême droite pour en faire un cheval de bataille contre les musulmans.

André Chassaigne : Ce sujet réel est abordé dans mon livre. Il faut lutter contre l’idée qu’une religion serait incompatible avec la laïcité. Cette conquête qu’est la laïcité doit permettre à chaque religion de se développer sans intervenir dans la sphère publique. Il y a une dérive de l’islam extrémiste qui voudrait qu’il n’y ait pas de séparation entre religion et pouvoir politique, en imposant que les principes religieux commandent aussi l’ordre politique. J’essaie de montrer qu’il y a une grande majorité de musulmans qui vivent et pratiquent dans un cadre laïc. La grande erreur consisterait à stigmatiser les musulmans en les amalgamant à l’islamisme radical. Cette attitude ne peut produire que des frustrations, pousser même certains à rejoindre ce courant religieux réactionnaire et profondément antidémocratique. Il est donc important de démontrer qu’il n’y a pas d’exclusion dans les principes de la laïcité, comme dans les luttes sociales, et inviter tout un chacun à faire société au-delà de ses croyances. Déjà, en 1936, quand le fascisme menaçait la France, cette démarche a inspiré Maurice Thorez, qui a lancé son appel aux catholiques [« La main tendue », Ndlr]. Ensuite, en 1976, Georges Marchais a élargi cet appel à l’ensemble des chrétiens. Désormais, compte tenu de l’évolution de la société, il faut étendre cette démarche. Je pense qu’il serait bon de lancer un appel à l’ensemble des croyants, et notamment les musulmans qui risquent d’être instrumentalisés par les extrémistes radicaux. Il serait dangereux de prendre prétexte de l’islamisme radical pour changer la loi de séparation des Églises et de l’État avec, in fine, l’objectif d’exclure une partie des citoyens.

La Marseillaise : Lorsque vous parlez d’un « appel aux croyants », n’est-ce pas une cause perdue dès lors que les sondages montrent qu’en France, 40 % de la population se dit d’origine catholique et que moins de 5 % sont pratiquants ?

André Chassaigne : Il est bon de réaffirmer des principes. Mais en adressant cet appel à tous les croyants, notamment aux chrétiens, musulmans, juifs, il doit rappeler que tous sont égaux et considérés comme tels par notre République laïque, qu’ils doivent eux-mêmes protéger.

La Marseillaise : Un milliardaire présenté comme « fervent catholique » tente actuellement de rallier par des médias populistes les classes populaires à un vote d’extrême droite. Comment le Parti communiste peut-il réagir ?

André Chassaigne : C’est encore l’un des objets du livre. Je fais « appel » à l’image de Jésus pour que l’on puisse se retrouver dans une société qui ne brime pas les individus au titre de leur religion, de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique, voire sociale. Que l’on puisse se retrouver, s’unir contre ce fléau commun, l’argent-roi, qui aboutit à asservir les êtres, piller les ressources naturelles et mépriser les peuples. Il est le terreau des fondamentalistes en tous genres. Je rappelle que l’essence même du christianisme est incompatible avec les adeptes de la haine et de cet argent-roi. Il n’échappe à personne que certains essaient d’instrumentaliser l’Église pour servir des causes réactionnaires de rejet de l’autre, visant à préserver la domination financière d’une « caste ».

La Marseillaise : N’est-il pas paradoxal que le même Jésus auquel vous vous référez soit commun en Amérique latine à la fois aux théologiens de la Libération, qu’on rapproche à la gauche, et aux évangéliques, soutiens acharnés de l’extrême droite ?

André Chassaigne : C’est une dérive. Je ne me suis pas particulièrement penché sur ce que pensent les différents courants évangéliques, c’est un paradoxe qui mérite d’être débattu avec les chrétiens eux-mêmes. Pour ma part, j’ai aussi voulu montrer qu’on peut se retrouver pour constituer une société protectrice, libératrice et respectueuse de tout le monde et de chacun. L’Église a évolué sur les questions sociétales et morales. J’ai voulu valoriser cette mutation en soulignant ce qui va, à mes yeux, dans le bon sens. C’est pour cela que je rappelle la théologie de la Libération et le rôle de certains papes. Les propos du pape François sont puissants et justes, il faut les valoriser davantage, d’autant qu’ils sont rejetés parfois par des intégristes, au sein même de l’Église.

La Marseillaise : Cette mutation sociétale de l’Église catholique que vous évoquez est-elle bien réelle lorsque ses évêques enjoignent aux sénateurs de s’opposer à la loi sur la fin de vie ?

André Chassaigne : À titre personnel, je n’étais pas favorable à cette loi sur la fin de vie. Mais j’estime que les évêques n’auraient pas dû intervenir. Il n’est pas dans leur rôle de s’adresser aux parlementaires. C’est même contre-productif : cela signifiait une opposition au titre d’une vision chrétienne et morale, alors que l’on pouvait invoquer une approche sociétale du problème. Je vis dans un milieu rural où j’assiste à un phénomène terrible. Des personnes âgées vivant en Ehpad culpabilisent de continuer à vivre parce qu’elles sont en train de liquider le peu de biens qu’elles peuvent laisser à leurs enfants. C’est une vraie question posée à notre société et son système.

La Marseillaise : Puisque vous venez d’y faire allusion, un communisme rural est-il encore imaginable à l’heure où, après avoir conquis les territoires industriels en déshérence, l’extrême droite gagne des points dans la France profonde ?

André Chassaigne : C’est un terreau fertile parce qu’il y a une grande souffrance, due notamment à l’abandon des services publics, une perte de valeurs républicaines et démocratiques qui incite à voter pour le Rassemblement national. C’est une expression politique au premier degré. Au lieu de stigmatiser ceux qui utilisent ce vote pour exprimer leur mécontentement, il nous faut démontrer que le vote d’extrême droite n’est pas une solution et aggraverait même la situation. Le communisme rural s’est construit sur ce que l’on appelle « la famille large », par les contacts de proximité et de solidarité. Voilà pourquoi, nous organisons deux fois par an à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, une vente solidaire de fruits et légumes, qui attire un monde considérable et qui nous permet de discuter avec les gens. Le Parti communiste est vécu comme une grande famille et cette fraternité vécue fait tache d’huile.

La Marseillaise : Quel rôle communistes et catholiques de France peuvent-ils jouer actuellement ?

André Chassaigne : Les communistes et les catholiques – dont certains sont d’ailleurs membres du PCF – partagent deux valeurs essentielles : la fraternité, que je viens d’évoquer, et l’égalité. Or, ce principe d’égalité est aujourd’hui durement mis à mal, aussi bien par ceux qui défendent le système actuel que par les radicaux religieux de tous bords. Si nous voulons vivre dans une société apaisée, soucieuse du bien-être individuel comme du bien commun – aspiration profonde de la majorité de nos concitoyens –, il est temps de réagir et de rassembler nos forces. « Vous êtes tous frères », affirme Jésus dans l’Évangile selon Saint Matthieu. « Nous sommes tous égaux », confirment les communistes français. Ces deux convictions forment une cause commune. Face aux menaces qui se dessinent et à ceux qui prospèrent sur les divisions, l’urgence est de nous unir. Unir nos forces pour faire barrage aux faiseurs de haine et de division, et faire triompher une société fondée concrètement sur la Fraternité et l’Égalité.

Entretien réalisé par Alain Bradfer (La Marseillaise, le 2 septembre 2026)

(*) « Cheminement d’un communiste en terre chrétienne », aux Éditions Deborée, 184 pages, 22 euros.

Conseil national du PCF du 21 août 2026

Le Conseil national du 21 août a élu le nouveau Comité exécutif national(*). Il l’a fait à l’orée d’une rentrée politique et sociale décisive. Face à l’austérité, à la vie chère, aux services publics affaiblis et aux conséquences du dérèglement climatique, les communistes seront pleinement engagé·es dans les mobilisations de septembre.

Du 3 au 6 septembre, chaque adhérente et chaque adhérent est appelé·e à voter pour le choix de la candidature communiste à l’élection présidentielle. Puis la Fête de l’Humanité permettra de donner une première grande impulsion populaire à notre campagne.

La nouvelle direction nationale a désormais une responsabilité claire : mettre en œuvre les décisions du 40ᵉ Congrès. Chaque membre du CEN disposera d’une responsabilité identifiée, d’une feuille de route et d’échéances précises ; chaque membre du Conseil national sera associé à un collectif de travail.

Campagnes sénatoriales, présidentielle et législatives, luttes et renforcement du parti : nous voulons une direction utile, réactive et ancrée dans les réalités de notre pays.

(*) 108 Pour | 13 Contre | 10 Abstention.

L’édito du webzine. Rentrée scolaire 2026 : l’austérité comme ligne directrice

La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.

Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.

Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.

Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique

Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.

Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.

Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.

Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »

Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.

Dominique Gerbault

CGT Éduc’Action 66 : « L’interdiction du portable à l’école est irréalisable » (L’Indep)

Ce vendredi 28 août, la CGT des Pyrénées-Orientales a développé ses positions et ses revendications sur « le sujet majeur de l’Éducation nationale ». Avant de se rallier a la grande manifestation nationale de la fonction publique le 29 septembre.

Parmi les nombreux sujets concernant l’Éducation nationale et la rentrée scolaire pointés par la CGT Éduc’action 66 ce vendredi 28 août, figuraient l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs, l’impact de la baisse de la natalité sur les effectifs, l’interdiction des portables dans les salles de classe… Une rentrée qui, assène-t-elle, « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ».

« Nous nous opposons à la suppression programmée de 13 postes d’enseignants dans le premier degré public des Pyrénées Orientales, actée par le rectorat à la suite des baisses démographiques constatées », a martelé Nicolas Ribot, membre du bureau de l’Union départementale CGT. « Nous demandons que la baisse du nombre d’élèves en cette rentrée serve au contraire à alléger les effectifs par classe ».

Se basant sur les dernières épreuves d’examen et notamment du Bac, la CGT 66 évoque « des salles de classe en surchauffe, sans fenêtres ouvertes, sans ventilateurs, évidemment sans climatisation ». Et dans certains établissements perpignanais, l’obligation pour les élèves « d’amener leur propre bouteille d’eau ou leur gourde pour se désaltérer ». Pour le syndicat, « il y a urgence à établir un plan global de rénovation thermique à l’échelle du pays ». Une enveloppe qui, selon lui, se situe « entre 4 et 5 milliards d’euros ». « Il faudra trouver des moyens adaptés à notre département », fait savoir Christophe Moya, secrétaire départemental au sein de la CGT Educ’action 66.

Sont ensuite abordés le « réel » remplacement, dans le second degré, des professeurs titulaires absents, « Il y aura des ajustements à faire ». Comme la santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, tout comme ceux en situation de handicap : « Le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant ».

Puis, revenant sur l’interdiction de l’usage du portable au sein des lycées, Nicolas Ribot interroge : « C’est irréalisable pour trois raisons majeures: le manque flagrant de moyens, une surcharge pour les personnels et un contre sens pédagogique, le lycée étant censé être le lieu de l’apprentissage de l’autonomie et d’un numérique raisonné ».

En conclusion de sa conférence, la CGT 66 a annoncé participer à « la grande journée de mobilisation de la fonction publique » le 29 septembre prochain.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 29 août 2026)

L’actu de la CGT (n° du 28 août 2026)

Urgences sociales et environnementales : revendiquer et se mobiliser pour gagner
Le 29 septembre : pour nos services publics et l’augmentation des salaires, grande journée de grève et de manifestations intersyndicales des pompiers, hospitaliers, enseignant·es et de toutes celles et ceux qui assurent des missions de services publics.
—> Télécharger le tract

Point d’indice des fonctionnaires : et vous, combien avez-vous perdu ?
Faites le test pour mesurer les effets de la non-indexation du point d’indice sur l’inflation avec le simulateur développé par la CGT.
—> Accéder au simulateur

Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
—> Répondre à l’enquête

Actualités

Canicule et changement climatique : il faut transformer l’organisation du travail
Face aux canicules et aux effets du changement climatique, protéger les salarié·es ne peut plus se limiter à des mesures d’urgence. Dans une tribune, Caroline Blanchot, secrétaire générale de l’Ugict-CGT et élue à la Commission Exécutive confédérale, appelle à repenser l’organisation et la gouvernance du travail et à donner davantage de pouvoir à celles et ceux qui connaissent le travail réel.
—> Lire la suite

Cyberattaque des impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens
La cyberattaque qui a frappé la Direction générale des finances publiques (DGFiP) cet été n’est pas un incident anodin. Pour la CGT, elle met en lumière les conséquences de politiques qui, depuis des années, suppriment des emplois, réduisent les moyens et fragilisent la maîtrise publique de compétences pourtant stratégiques. Ce piratage souligne aussi que la sécurité informatique est aujourd’hui plus que jamais une mission à part entière du service public.
—> Lire la suite

Budget 2027 : les risques climatiques augmentent, les moyens des services publics aussi ?
Canicules, mégafeux : l’été 2026 confirme l’accélération du dérèglement climatique. Pour y faire face, les pouvoirs publics s’appuient sur des services publics déjà fragilisés par des décennies de restrictions budgétaires. Alors que se prépare le budget 2027, la CGT alerte sur les conséquences de ces choix, porte ses propositions pour renforcer les services publics et appelle à construire la mobilisation pour imposer un autre budget.
—> Lire la suite

Communiqués de presse

Rentrée sociale : face à l’inflation, augmenter les salaires, le point d’indice et les pensions
Après un été particulièrement éprouvant — marqué par des conditions de travail dégradées et un droit aux congés payés souvent gâché ou empêché — l’inflation continue d’exploser. Les difficultés économiques s’aggravent, frappent toujours plus durement les salarié·es et le gouvernement maintient son entêtement.
—> Lire le communiqué

Augmentation des franchises : c’est toujours non !
Après avoir renoncé au doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires, qui aurait porté leur montant annuel à 200 euros, le gouvernement prévoit désormais, par décret, de relever le plafond annuel de 100 à 140 euros, ainsi que d’indexer le montant sur l’inflation.
—> Lire le communiqué

PLFSS 2027 – Politique familiale : des économies au détriment des familles et des étudiants malgré un excédent de la branche
À l’approche de l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les pistes d’économies envisagées par le gouvernement en matière de politique familiale se précisent. Alors que la branche Famille affiche un excédent de près de 1,2 milliards d’euros en 2025, il n’est nullement question d’en faire bénéficier les familles : le gouvernement entend au contraire mettre en œuvre de nouvelles mesures d’économies ou procéder à une réorientation des fonds existants.
—> Lire le communiqué