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Communiqué de presse de la CGT. Limiter l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation : c’est non !
L’approche des discussions budgétaires pour 2027 est l’occasion pour le gouvernement d’agiter un nouveau chiffon rouge : il menace de limiter l’indexation des pensions des retraité·es aisé·es sur l’inflation. En clair, c’est une baisse des pensions de retraite, en commençant par « les plus hautes », en réalité celles situées au-dessus de la moyenne, déjà basse. Le ministre de l’Economie Roland Lescure veut ainsi ouvrir une brèche et éviter à tout prix d’aller chercher l’argent dans les caisses du patronat et des grandes fortunes.
Au lieu de faire les poches des salarié·es et des retraité·es, le gouvernement doit répondre aux besoins sociaux et environnementaux. L’urgence, c’est de rétablir la retraite à 60 ans et d’abroger la réforme des retraites 2023, toujours rejetée par deux tiers des Français·es. L’urgence, c’est d’augmenter les pensions de retraites dont la moyenne s’élève à 1 705 euros bruts, hors paiement de la CSG. C’est aussi de lutter contre les inégalités systémiques de salaires et donc de pensions entre les femmes et les hommes : elles touchent en moyenne des pensions inférieures de 36% à celles des hommes.
Plutôt que d’agiter la menace de la dette, le gouvernement doit arrêter la distribution d’aides aux grandes entreprises, attribuées sans aucune contrepartie. Ce ne sont pas les coupes budgétaires dans les services publics ou le gel du point d’indice et des pensions qui rempliront les caisses publiques. La CGT exige par exemple la fin des exonérations et exemptions de cotisations dites « patronales » qui font perdre des recettes considérables au système solidaire de Sécurité sociale.
Alors que le gouvernement veut poursuivre une politique de casse des solidarités, la CGT revendique au contraire une autre répartition des richesses : par l’investissement massif dans les services publics, dans les moyens humains et matériels pour faire face à la hausse des besoins, au changement climatique, aux crises qui se multiplient, par la hausse des salaires, du point d’indice et des pensions de retraite.
La CGT travaillera à construire les mobilisations nécessaires, notamment contre les attaques portant sur le niveau des pensions, et à gagner sur toutes ses revendications.
Montreuil, le 17 août 2026
Guillaume Roubaud-Quashie : « L’Université d’été du PCF, pour aborder cette année avec ambition » (La Marseillaise)
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de l’Université d’été du PCF et membre du Conseil national présente l’événement qui débute ce vendredi à Toulouse.
La Marseillaise : Quels seront les temps forts de cette université d’été du PCF à Toulouse ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une université un peu particulière parce qu’elle arrive juste après le 40e Congrès du Parti Communiste. C’est, pour nous, le premier événement public majeur, important, national, depuis. Il s’inscrit dans un contexte bien connu, qui est celui, du macronisme finissant mais qui n’est pas encore parti puisqu’ils sont dans la préparation d’un prochain budget et envoient des signaux assez inquiétants. Parmi les temps forts de cette année, on a voulu donner une place importante aux enjeux climatiques et environnementaux. Cela se traduira notamment par la présence dès l’ouverture d’un responsable syndical des Sdis. On a aussi voulu apporter un éclairage particulier sur la question des enjeux de l’intelligence artificielle. On aura toute une série de rendez-vous autour des questions internationales, avec le retour de la délégation du PCF qui s’est rendue au Proche-Orient, un temps fort aussi autour de Cuba face au danger trumpiste qui ne cesse de grandir, et une séquence consacrée à l’évolution de la domination états-unienne dans la période. Dans les temps forts politiques, Fabien Roussel donnera son allocution de rentrée ce samedi soir, un débat est organisé dimanche entre Léon Deffontaines et le Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan Clément Beaune sur la question de la planification démocratique. Nous avons également organisé une rencontre entre les différentes formations politiques de gauche, avec socialistes, écologistes, insoumis et communistes bien sûr, ainsi qu’une rencontre avec le monde du travail, en présence de Caroline Chevé secrétaire générale de la FSU et Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale de la CGT.
La Marseillaise : Vous prendrez part à une conférence intitulée « Antifascisme et politique de masse », pouvez-vous la présenter ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une thématique qui est importante pour nous parce qu’il y a la question de la nature de la menace d’extrême droite qui est devant nous et beaucoup d’ateliers seront consacrés à cette question, avec, notamment, Bernard Pudal qui a sorti un livre très important sur le sujet. On a voulu construire avec la jeunesse communiste un projet d’échange qui marie leurs réflexions en cours d’un côté, et de l’autre, un ancrage historique. C’est à ce titre-là que je vais intervenir dans cet atelier, parce que cette question de l’extrême droite, il faut évidemment la regarder à la lumière précise du présent, mais elle n’est pas neuve. On a déjà été confrontés à cette question et à des moments d’affirmation de l’extrême droite, et il y a eu des réponses des communistes dont on peut juger qu’elles sont adaptées pour le présent, qu’elles ne le sont plus, qu’elles l’ont été, qu’elles n’ont pas été, peu importe. En tout cas l’idée est de proposer aux communistes de ne pas réfléchir comme si rien n’avait jamais été pensé et tenté par le passé, si je puis dire. Le propos qui sera le mien sera surtout centré sur les réflexions et les expériences des communistes dans les années 1930, au moment où justement l’extrême droite en France était aux portes du pouvoir. Et, finalement, il faudra la victoire de Hitler pour que l’extrême droite, qui a cessé de progresser et n’avait pas réussi à obtenir le pouvoir, l’obtienne dans le bagage de l’armée nazie par ce rapport de force là. Donc l’idée c’est de voir un petit peu des éléments de réflexion et de parallèles avec aujourd’hui.
La Marseillaise : Pourquoi ce moment est-il important pour le parti, les militants, les cadres et les élus ?
Guillaume Roubaud-Quashie : C’est-à-dire qu’on sait tous qu’on va aborder une année importante et qu’on l’aborde avec esprit d’ambition absolument, mais tout en sachant qu’elle n’est pas facile d’avance. C’est-à-dire que le pire n’est pas du tout certain mais le meilleur n’arrivera pas par hasard. Donc, si on veut que le meilleur advienne et que le pire n’advienne pas, alors, il est impératif de prendre le temps de la réflexion au-delà des postures et des pensées courtes. Il faut creuser un certain nombre de sujets sur lesquels l’université va justement travailler à la veille de cette rentrée 2026-2027.
La Marseillaise : L’allocution de Fabien Roussel est prévue ce samedi soir. Est-ce un lancement de campagne présidentielle, tout en sachant que le vote des militants pour déterminer si oui ou non il sera candidat, est attendu le 6 septembre prochain ?
G.R.-Q. : Évidemment, au Parti communiste, ce sont les adhérents qui décident de leur orientation. En même temps il est certain que le 40e Congrès, au terme d’un processus démocratique, a déjà donné une certaine orientation. Le discours de Fabien Roussel ne pourra pas être celui du candidat, puisque ça, c’est aux communistes de le décider souverainement début septembre. Néanmoins, il s’inscrira dans la perspective qui a été tracée démocratiquement par le 40e congrès. Il aura une tonalité offensive pour attaquer l’année dans le contexte présent.
Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 21 août 2026)
L’édito du webzine. Les pompiers secouent l’État : « Assez de paroles, des actes ! »
Les pompiers de France, professionnels et volontaires sont unanime. Ils se mobilisent pour dénoncer le manque criant de moyens alloués à la Sécurité civile. Grèves dans les casernes, rassemblements devant le ministère de l’Intérieur : les syndicats des Sdis interpellent le gouvernement à l’aube du budget 2027.
Applaudis, célébrés pour leur courage, les pompiers en ont assez des discours. Ils réclament des actes concrets. Comment expliquer que des lauréats du concours de 2023 ne soient toujours pas recrutés faute de budget ? Comment justifier que les volontaires, pilier du système, n’aient toujours pas de statut décent, alors qu’ils s’épuisent à lutter contre des feux extrêmes, symptômes d’un réchauffement climatique galopant ?
Pour les neuf syndicats représentatifs, « on a loupé le coche » après les incendies dévastateurs de 2022. En cause la réduction des budgets des services publics au nom d’une fiscalité allégée pour les plus aisés. La préparation du budget 2027 ne semble pas devoir infléchir cette tendance.
Avec 120 000 hectares déjà réduits en cendres et une douzaine d’incendies toujours actifs, l’été 2026 confirme les pires craintes. Les vagues de canicule s’enchaînent, les pompiers s’épuisent, et les rapports s’empilent. Pourtant, depuis les années 2000, le Giec et les scientifiques alertent : les températures montent, les sécheresses s’aggravent. Pendant ce temps, l’inertie de l’État perdure.
Budget en berne, Départements en première ligne
Emmanuel Macron vante une hausse du budget de la Sécurité civile, passé de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions aujourd’hui. L’opposition de gauche (PCF, LFI, PS, EELV) rappelle que la loi promise après le Beauvau de la sécurité civile (2024-2025) n’a toujours pas vu le jour. Pire : en février 2024, le gouvernement de Gabriel Attal a acté une coupe de 52,8 millions d’euros dans les crédits de la Sécurité civile, mettant en péril l’acquisition de deux Canadairs supplémentaires. Des avions souvent cloués au sol pour maintenance, comme lors du mégafeu de Gironde, où ils ont mis plus de quatre heures à intervenir.
Les Départements, premiers financeurs des Sdis (60 % des 5,6 milliards de budget), voient leur contribution doubler en 20 ans, dans un contexte d’austérité accrue. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé une nouvelle mission sur la « reconstruction et adaptation des territoires ». « Un coup de communication », tonnent les pompiers. Insupportable, quand la France brûle.
Alors que l’Europe et la France tergiversent, l’Australie a agi. Là-bas, la prévention est anticipée bien avant la saison des feux. On a remis au goût du jour les brûlages maîtrisés, inspirés des pratiques aborigènes, pour éliminer les combustibles végétaux. Des plans de survie précis ont été élaborés pour les habitants, avec trois niveaux d’alerte. Preuve que face aux feux extrêmes, l’action est possible.
Les incendies de 2026 seront-ils le déclic ? Les pompiers l’espèrent. Car sans moyens, sans anticipation, et sans volonté politique, la France continuera de brûler. « On tire les leçons de la catastrophe », disent les rapports. « On passe à l’action », réclament les pompiers. Le temps presse.
Dominique Gerbault
Laurent Guilloteau. « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers » (La Marseillaise)
Laurent Guilloteau, membre du collectif CGT des SDIS, participe ce jeudi au rassemblement de l’intersyndicale des Sapeurs-Pompiers devant le ministère de l’Intérieur à Paris.
La Marseillaise : Le rassemblement prévu ce jour devant le ministère de l’Intérieur est organisé par les neuf organisations syndicales représentatives des Sdis précisez-vous dans un communiqué unitaire. C’est inédit ?
Laurent Guilloteau : Dans ce sens, oui. Cela fait un an que les neuf organisations syndicales sont unanimes sur le constat qui a été dressé dans ce communiqué et que nous sommes entièrement d’accord sur l’ensemble des revendications. La Sécurité civile a, aujourd’hui, le pantalon sur les chevilles. La politique d’austérité du gouvernement et les coupes budgétaires qu’ont subies les conseils départementaux et les communes ont impacté les Sdis. Nos principales revendications ont toutes un lien avec le financement. L’un des principaux axes, c’est le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels. Sur l’année 2025, on a plus de 2 200 lauréats du concours. Mais certains de l’édition précédente, donc 2023, n’ont toujours pas été recrutés, faute de budget.
La Marseillaise : Cette politique austéritaire explique-t-elle pourquoi les sapeurs pompiers volontaires – non limités en heures – sont davantage sollicités au détriment des sapeurs pompiers professionnels ?
Laurent Guilloteau : Totalement. Aujourd’hui, la faute est à un plafond horaire annuel qui est de 2 256 heures et qu’on ne peut pas dépasser. Pourtant, il y a un texte de loi de 2023 qui permet de libérer des sapeurs-pompiers professionnels sur leur temps de travail. Sauf que les directeurs sont ultra-réticents à détacher du temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels au profit des autres départements, dont ils disent pourtant être solidaires. Ils préfèrent les envoyer sur leurs repos ou leurs congés, et sur le statut de sapeurs-pompiers volontaires, parce que du coup, ils ne perdent pas de temps de travail. Il est impensable de se dire qu’on se prive d’une ressource quantitative et qualitative sous l’effet d’un statut alors que, concrètement, on est agent de la fonction publique territoriale.
La Marseillaise : Vous entendez peser sur le prochain Projet de loi de finances pour 2027 ?
Laurent Guilloteau : Il est vrai, comme le dit Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur], que la Sécurité civile a vu une augmentation de son budget alloué au titre des derniers projets de loi de finances. Mais ce que le ministre oublie de dire, c’est que si on fait un ratio de ce que pèse aujourd’hui la Sécurité civile – un des derniers services publics qui arrive encore à fonctionner, malgré les difficultés et les contraintes que l’on peut rencontrer – par rapport à l’investissement qui a été mis sur les projets de loi de finances, notamment pour les JO 2024, pour les Armées et pour la Sécurité intérieure, on est très loin du compte. Alors oui, on va interagir sur le projet de loi de finances. C’est vital à l’échelle nationale. On a loupé le coche après la saison des feux de 2022 où il aurait fallu déjà revoir les budgets des services départementaux d’incendie et de secours. Cela va être difficile à rattraper aujourd’hui avec toutes les coupes budgétaires que présente M. Macron…
La Marseillaise : Que peut-on retirer du Beauvau de la Sécurité civile ?
Laurent Guilloteau : Le ministère de l’Intérieur et le gouvernement ont fait des groupes de travail pour occuper le temps et le terrain. Pendant ce temps-là, ils ont oublié d’agir et de sortir le projet de loi prévu à l’issue de ces travaux. Depuis, on a vu défiler plusieurs ministres que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et aujourd’hui Laurent Nuñez.
La Sécurité civile est-elle dans les priorités du gouvernement ? C’est notre interrogation. Je vous le dis, la réponse c’est non. Si on était vraiment dans les préoccupations du gouvernement, il aurait mis en place dans les projets de loi de finances et dans le Beauvau des mesures pour faire avancer la Sécurité civile.
La Marseillaise : Cette saison des feux est particulièrement dévastatrice. Si des investissements ne sont pas rapidement faits dans la Sécurité civile, au vu du réchauffement climatique, les prochaines seront pires ?
Laurent Guilloteau : La synthèse est la bonne. Les saisons comme 2026 vont devenir la norme. Le feu de forêt devrait être enseigné dans le risque courant. Depuis combien d’années on parle du réchauffement climatique et de son impact ? Les canicules, on en a déjà eu. On se rappelle de 2003 et des premières, dévastatrices, qui ont causé énormément de morts. Le ministre de l’Éducation nationale, a dit [le 26 juin 2026 ndlr], que le gouvernement avait anticipé la canicule. Si on avait anticipé, on n’aurait pas provoqué la fermeture de classes parce qu’il y faisait 35 degrés. S’il y a une chose que le gouvernement n’a pas faite, c’est d’anticiper.
Si on était vraiment prêts et si on avait été en capacité de répondre au moment voulu sur des feux majeurs en même temps sur l’ensemble de territoire, on n’aurait pas eu à épuiser la ressource au 31 juillet, que ce soit de sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et de personnels administratif, technique et spécialisé. Ce sont des gens dont on parle très peu et qui font aujourd’hui fonctionner les Sdis dans la partie administrative, la réparation des véhicules et le maintien de nos unités opérationnelles. Sans tous ces gens-là qu’on a sollicités durant un mois, corvéables à merci, durant des heures, en s’asseyant sur leurs périodes de repos et aussi leur période de congé, ça n’aurait pas existé.
La Marseillaise : La polémique autour de la commande de Canadairs est-elle justifiée ? Qu’est-ce que cela aurait pu changer sur le terrain ?
Laurent Guilloteau : Les Canadairs, c’est comme un camion-citerne feux de forêts, quand il tourne toute la journée, le lendemain, il a besoin d’une maintenance. Il y a des matins où il n’y en avait que 5 disponibles. Puis, l’après-midi, il y en avait peut-être 7 ou 8. Et le lendemain matin, on redescendait à 5. On parle souvent des machines mais il faut aussi prendre en compte les horaires de vol du pilote à l’intérieur, qui doit avoir une certaine lucidité durant toutes les missions qu’on lui demande. Souvent, ça aussi, ça nous fait défaut.
Le travail de précision des Canadairs ne pourra jamais être remplacé par les hélicos supplémentaires qui ont été loués. Les Canadairs ont une capacité et une force de frappe qui est quand même différente. Gabriel Attal, lorsqu’il était Premier ministre, a sérieusement amputé le budget de la Sécurité civile, et notamment dans l’achat de cette flotte aérienne. Si deux Canadairs de plus avaient été présents sur les chantiers de Gironde, ils auraient peut-être compensé la maintenance qui était obligatoire pour l’aspect sécuritaire du personnel en vol et au sol.
Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 13 août 2026)







