L’actu de la CGT (n° du 15 mai 2026)

Guide de la formation professionnelle
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Les dessous de la fiche de paie
On la reçoit tous les mois et bien souvent on regarde seulement le net, alors que chaque ligne a une signification.
Quelle différence entre classification et qualification ? Est-ce que les primes comptent dans le calcul de la retraite ? Votre fiche de paie n’aura plus de secrets pour vous !
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Actualités

[ Film ] On est la CGT ! 130 ans après
À l’occasion des 130 ans de la CGT, ce film s’intéresse à celles et ceux qui font le syndicat aujourd’hui et à la façon dont ils conjuguent ses combats historiques au présent.
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Mois des fiertés 2026 : le kit de communication
Retrouvez l’ensemble des visuels utilisables à l’occasion du Mois des Fiertés 2026.
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Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler
La pétition est à l’initiative de Manuela CABOT SALAR, syndiquée à la CGT et aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
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Justice prud’homale : le timbre fiscal de 50 euros pour saisir les prud’hommes, une atteinte au droit d’accès à la justice
L’IHS CGT vous invite à une rencontre-débat exceptionnelle avec Alain Supiot, figure majeure de la pensée juridique contemporaine, qui proposera une réflexion stimulante sur la justice sociale, le droit et la société.
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Communiqués de presse

Inflation, énergie… Le gouvernement doit augmenter le SMIC et indexer les salaires sur les prix
L’INSEE a publié ce matin le taux d’inflation qui est de 2.2%, le SMIC va augmenter mécaniquement d’autant. Ce n’est pas du plus, c’est juste le maintien du niveau de vie pour les salarié·es au SMIC. Cela ne répond en rien à l’ampleur de la crise sociale.
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[Communiqué intersyndical] Travail le 1er mai : une brèche toujours inacceptable
Communiqué de presse de la CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU
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Bourse du travail de Carcassonne : courrier intersyndical adressé au ministre de l’Intérieur et au ministre du Travail
Courrier intersyndical adressé au ministre de l’Intérieur et au ministre du Travail, après la procédure engagée par le nouveau maire RN de Carcassonne visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux.
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[Guide] Salaires : négocier pour gagner dans l’entreprise
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Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 13 mai 2026)

« Le droit à l’aide à mourir est un droit d’exception »
Égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs et à l’aide à mourir
L’examen de ces deux textes est très loin d’être un long fleuve tranquille. Dernier psychodrame : le report, décidé la veille de la réunion de la commission. Et je ne reviens pas sur le triste spectacle donné par le Sénat qui a totalement réécrit le texte, avant de le rejeter…
Nous appelons (…)
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Une rentrée scolaire sous le signe de la déstabilisation
Question d’actualité au Gouvernement
Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, chaque année, la carte scolaire et les suppressions de postes annoncées provoquent une véritable irruption dans nos départements.
Chez nous, nous avons célébré le 50e anniversaire de la naissance du premier RPI (Regroupement Pédagogique (…)
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« Ce texte criminalise la précarité »
Lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Nous refusons que la lutte contre la fraude serve à surveiller les pauvres et à traquer les allocataires pendant que les puissants organisent tranquillement leur impunité.
Ce texte criminalise la précarité. Il considère les bénéficiaires de droits comme des individus non à protéger, mais à (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

Les autres interventions

Les questions écrites :
Un mécanisme de compensation digne de ce nom doit être mis en place
Budget et fiscalité – Chute forte et brutale de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle – par Marianne Margaté – 12 mai 2026

Les leaders syndicaux répondent au maire RN de Carcassonne (L’Indep)

Dans une tribune, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’homme- demandent au maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, « de renoncer au projet visant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionement de la Ligue des droits de l’homme ».

Lors du dernier conseil municipal, le 30 mars 2026, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé mettre fin de la mise à disposition de locaux pour les organisations syndicales en représailles à la participation la veille à une manifestation contre l’extrême droite organisée par un collectif de jeunes, Nous Carcassonne.

Dans une tribune adressée à l’édile du chef-lieu audois, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’Homme- affirment que « cette décision, qui consiste à vouloir effacer le rôle du syndicalisme dans l’histoire du département et qui intervient après le retrait des subventions de la Ligue des droits de l’Homme et après avoir dénoncé un contrat dont bénéficiait la presse indépendante, est une attaque contre les organisations de la société civile et contre les travailleurs et les travailleuses ».

Et de confier : « En s’attaquant ainsi aux organisations syndicales, aux associations de défense des droits et des libertés, la mairie RN affiche clairement son ambition: exiger l’allégeance à ses idées au détriment de l’intérêt général, s’en prendre aux droits de toutes et tous et annihiler toute opposition. Le message, à un an des élections présidentielles, est tout aussi limpide : la mairie de Carcassonne sera le laboratoire de la politique antisociale de l’extrême droite, avec une doctrine claire : fort avec les faibles et faible avec les puissants. »

Les signataires de cette tribune, en l’occurrence Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon secrétaire générale de la CFDT, Caroline Chevé secrétaire nationale de la FSU, Murielle Guilbert et Julie Ferrua co-déléguées de Solidaires, Laurent Escure secrétaire général de l’Unsa et Nathalie Tehio présidente de la LDH, affirment « qu’affaiblir nos organisations, mettre en œuvre des stratégies pour les faire disparaitre ou tenter de museler leur expression, c’est une attaque directe contre les droits et les libertés, l’État de droit et les fondements de notre démocratie, que nous ne pouvons accepter ».

Avant de conclure : « Nos organisations, au niveau national, réaffirment leur total soutien aux organisations locales visées par la politique autoritaire du maire de Carcassonne. Nous demandons solennellement à Monsieur le maire, de renoncer au projet concernant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionnement de la Ligue des Droits de l Homme. »

Pour rappel, un premier rassemblement est organisé ce mercredi 13 mai 2026 devant la Bourse du travail à Carcassonne, a partir de 11 heures, en présence de l’ensemble des syndicats même ceux qui ne sont pas concernés par l’annonce du premier magistrat d’extrême droite.

À noter également qu’une pétition a été mise en ligne par la CGT rassemblant plus de 9 700 signataires.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 13 mai 2026)

Travaux du Conseil national du PCF du 9 et 10 mai 2026

Le Conseil national des 9 et 10 mai avait quatre points à l’ordre du jour : la situation politique nationale et internationale ; le déroulé du Congrès national et les modalités statutaires de nos choix pour 2027 ; le cahier thématique national sur la paix et le budget 2026 du Conseil national.

Dans la résolution adoptée, le parti sonne l’alerte sur la crise économique dévastatrice qui grandit, affirme le besoin de se mobiliser pour changer de politique et met en débat dans le pays des propositions fortes en ce sens : blocage des prix des carburants et taxation des bénéfices de l’industrie pétrolière, nationalisation de TotalEnergies, moratoire sur les licenciements et fonds de 500 milliards d’euros… Emparons-nous de ces propositions et allons au débat par l’organisation d’initiatives dans les semaines et mois à venir !

Alors que les textes mis en débat à nau Congrès traitent tous de l’échéance présidentielle 2027, à l’issue de ce débat, le Conseil national a prévu un temps à la fin du Congrès national pour l’adoption par la conférence nationale du bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents et adhérentes du parti afin d’être en conformité avec nos dispositions statutaires.

Le cahier thématique national adopté précise la conception générale du combat pour la paix, développe une analyse des recompositions de l’impérialisme, définit les grands axes d’une politique de paix et propose une approche refondée de la défense nationale.

Enfin, le budget 2026 du CN a été adopté lors d’un débat qui a permis d’approfondir la conception de la bataille financière dans tous ses aspects et son animation par tout le parti, de la bataille de la cotisation à celle de la souscription nationale !

—> Intervention de Fabien Roussel sur le 40e congrès

Point d’étape du congrès et décisions du CN
—> Le journal du Congrès pour le vote des adhérents et adhérentes
—> Le point d’étape au CN – Igor Zamichiei
—> Le projet de déroulé du 40e Congrès
—> Les décisions sur les modalités de notre choix pour la présidentielle 2027

La situation politique internationale
—> Le rapport de Guillaume Roubaud-Quashie
—> Résolution : Pour la paix et la vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir
Résultat du vote : 90 Pour | 2 Contre | 6 Abs.

Le cahier thématique national sur la paix
—> Le rapport de Vincent Boulet

Budget 2026 du CN
—> Le rapport de Christophe Grassullo, trésorier national
Le budget 2026 a été adopté à 68 Pour | 0 Contre | 2 Abs.

Relevé des interventions transmises
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Communiqué du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples. Le RN se découvre

Les premiers jours du mois de mai ont laissé apparaître combien de nombreux cadres du rassemblement national s’inscrivent effectivement dans l’histoire de l’extrême droite française, collaborationniste et antidémocratique.

Le 1er mai, à Liévin (Pas de Calais) les organisations syndicales sont écartées de la cérémonie d’hommage aux mineurs ; selon le maire, il s’agit de les priver d’une occasion de propagande. A Saint-Avold (Moselle), le maire interdit la tenue de la fête de la CGT dans un jardin public de la ville.

Lors de la commémoration du 8 mai, le chant « Maréchal nous voilà » a été diffusé sur les hauts parleurs de la ville de Carpentras (Vaucluse) ! Il s’agirait d’une erreur que la municipalité attribue au prestataire. Dans une autre commune dirigée par le RN, Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), la même « erreur » a été commise.

A Vierzon (Cher), c’est la cérémonie de commémoration de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions qui se tenait chaque 10 mai place Aimé Césaire qui a été annulée par le maire RN au prétexte de faire des économies ! Le MRAP est au côté des citoyens et citoyennes qui dans la ville ont maintenu cette célébration affirmant que l’esclavage est un crime contre l’humanité et fait partie de l’histoire de France.

Ces décisions quels que soient les prétextes avancés, les tentatives de normalisation butent toujours sur les mêmes références d’extrême droite, racistes et déniant toute autonomie aux travailleurs.

Plus que jamais, le combat contre les idées d’extrême droite s’impose aux citoyens et citoyennes, à leurs organisations pour empêcher l’arrivée au pouvoir du RN et de ses alliés. Le MRAP appelle à la plus grande vigilance et à l’unité pour faire vivre la démocratie, reconnaître les crimes commis au cours de l’histoire.

MRAP

L’édito du webzine. Le pari risqué de Jean-Luc Mélenchon pour 2027

En avril 2022, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2027 après trois échecs successifs. Pourtant, le 3 mai 2026, il déclare sa candidature malgré des sondages défavorables. Même qualifié au second tour, il plafonnerait à moins de 35 % face à un candidat RN.

En 2022, Mélenchon avait dépassé les pronostics profitant d’un vote contestataire contre Macron et d’un report des voix de gauche pour faire barrage au RN. Il s’imagine incontournable dans une gauche divisée qu’il contribue à fragmenter. Il espère un ralliement anti-RN au second tour, incluant une partie des macronistes.

Mais 2027 n’est plus 2022, le contexte a changé, l’enjeu n’est plus seulement de battre Macron ou de faire barrage au RN, mais de répondre à une anxiété économique et sociale croissante, qui profite au RN.

2027 n’est plus 2022

Le RN est en position de force, il a le soutien des élites économiques. Il est perçu comme un rempart pour la « paix civile ». Le RN bénéficie d’un traitement médiatique favorable et les sempiternelles dérapages de Mélenchon sont amplifiés. Résultat : 54 % des Français veulent empêcher Mélenchon d’accéder au second tour contre 37 % pour Bardella.

Mélenchon refuse toute union de la gauche préférant miser sur un ralliement forcé des autres partis. Si son électorat, notamment urbain, se renforce, c’est au détriment des autres composantes de gauche. L’assise totale de la gauche stagne à 30 % des intentions de vote.

L’ancien trotskiste semble oublier les avertissements de son mentor, Léon Trotski. Dans une lettre aux communistes allemands avant les élections générales de 1933, il mettait en garde contre le refus d’alliance avec les sociaux-démocrates : « C’est vrai, vous progressez… mais le parti national-socialiste (celui de Hitler) progresse plus vite que vous. » On connaît la suite…

Dominique Gerbault

Guillaume Roubaud-Quashie. « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste » (La Marseillaise)

Guillaume Roubaud-Quashie est historien et porte-parole du PCF. Le parti fête les 90 ans du Front populaire avec une série d’initiatives qui se déroulent ce samedi, place Colonel Fabien, à Paris. Il revient sur l’importance de cette journée.

La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

La Marseillaise : C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

Guillaume Roubaud-Quashie : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13 %. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

La Marseillaise : Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

Guillaume Roubaud-Quashie : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

La Marseillaise : Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

Guillaume Roubaud-Quashie : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

Entretien réalisé par Amaury Baqué (La Marseillaise, le 9 mai 2026)