Les P.-O. largement en dessous de la moyenne nationale des salaires (L’Indep)

Selon une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Pyrénées-Orientales affichent l’un des salaires moyens les plus bas de France dans le secteur privé, avec 2 200 euros net mensuels contre 2 733 au niveau national.

Pas de miracle. Selon la récente étude de l’Insee, qui se base sur des chiffres datant de 2024, non contentes d’être le deuxième département le plus pauvre de l’Hexagone derrière la Seine-Saint-Denis, les Pyrénées-Orientales présentent également l’un des salaires mensuels moyens les plus faibles de France dans le secteur privé.

En pays catalan, la rémunération mensuelle nette moyenne des salariés du privé (en équivalent temps plein) s’élève ainsi à seulement 2.200 euros, contre 2 733 euros au niveau national. Les Pyrénées Orientales font partie des dix départements de France où cet indicateur est le plus bas.

Cependant, le territoire n’est pas le moins bien loti de la région Occitanie. Selon l’Insee, le salaire mensuel net moyen dans le privé y est en effet supérieur à ceux de l’Aude (2 168 euros) et de la Lozère (2 155 euros). Il reste en revanche bien inférieur à celui de la Haute-Garonne, qui culmine à 2 787 euros par mois.

L’étude de l’Insee illustre également les inégalités salariales qui persistent entre hommes et femmes. Dans le secteur privé des Pyrénées-Orientales, celles-ci gagnent en moyenne 185 euros de moins par mois que leurs homologues masculins (un écart d’environ 8 %), avec un salaire moyen de 2 099 euros, contre 2 284 pour ces derniers.

Plus globalement, l’Insee indique qu’en 2024, à l’échelle nationale : « Les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. » L’institut précise que cet écart se réduit « de 0,3 point par rapport à l’année précédente » et « de 5,1 points par rapport à 2014. » Il reste cependant encore du chemin pour parvenir à l’égalité salariale.

La publication dissèque aussi les différences de rémunérations entre cadres, employés, ouvriers et professions intermédiaires (infirmières libérales ou assistantes sociales, par exemple). On y apprend ainsi qu’un employé gagne en moyenne 1 859 euros par mois en pays catalan. Contre 1 912 euros pour un ouvrier, 2 414 pour les professions intermédiaires et 3 651 pour les cadres.

Autre élément intéressant : dans une autre étude publiée en octobre dernier, l’Insee note qu’après avoir baissé de 1 % en 2023, le revenu moyen des salariés du secteur privé français en euros constants (corrigé en prenant en compte l’évolution des prix) était remonté de 0,8 % en 2024. Principalement grâce au ralentissement de l’inflation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 janvier 2026)

Frédéric Dabi. « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle » (La Marseillaise)

Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, compare le scrutin de 2026 à celui de 2001 en termes de portée nationale. Il sera profondément inédit, à la fois fortement nationalisé et toujours structuré par des logiques locales.

La Marseillaise : Est-ce que ces élections municipales de 2026 vont, selon vous, présenter des caractéristiques, une tonalité spécifique, qui les rendraient assez différentes des précédentes ?

Frédéric Dabi : Oui, très clairement. D’abord parce que, sauf dissolution, ce sera le dernier scrutin avant la présidentielle de 2027. Comme en 2001, ces municipales pourront être lues comme une répétition générale, moins par leurs résultats que par la lecture politique qui en sera faite. En 2001, on avait mis en avant les victoires de la gauche à Paris, Lyon et Dijon, en occultant le nombre de villes perdues ailleurs. En 2026, il y aura une vraie bataille d’interprétation, et toutes les forces politiques peuvent se retrouver fragilisées : un PS perdant de grandes villes, une droite LR en recul, un RN qui ne perce pas, ou une France insoumise cantonnée à gêner les socialistes sans gagner de municipalités, y compris à Roubaix.
Ces élections seront donc plus politiques que les précédentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte inédit, que j’appelle l’éclipse du politique à l’échelle nationale. Les Français ont le sentiment que le politique ne les écoute plus et ne parvient plus à améliorer leur situation, ce qui pourrait avoir des effets importants sur la participation. À mes yeux, ce seront des municipales très particulières.

La Marseillaise : Vous évoquez ce contexte. Est-ce que l’on sait déjà quelles sont les préoccupations des Français à la veille de ces élections ? Et est-ce qu’elles ont, elles aussi, évolué depuis 2020 ?

Frédéric Dabi : Les enquêtes récentes montrent une hiérarchie des préoccupations totalement inédite pour des municipales. La première, c’est la sécurité des personnes et des biens, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis les régionales de 2015 ou la présidentielle de 2002. À cela s’ajoute le narcotrafic, désormais clairement identifié par les Français. Viennent ensuite l’accès aux soins et la santé, puis la dette. Ce sont des enjeux nationaux, presque régaliens, qui, faute de réponses au niveau national, redescendent vers le local et s’invitent dans les campagnes municipales. La question de l’accès aux soins ne connaît pas d’opposition simple entre métropoles et petites communes. Ces trois enjeux inédits peuvent fragiliser les maires sortants, notamment dans les petites communes, et montre que ce qui se joue au niveau national pèse directement sur le vote municipal. Les sortants peuvent néanmoins valoriser leur bilan, leur présence sur le terrain et leur capacité d’écoute, et mettre en avant d’autres sujets très appréciés localement, comme le logement, les mobilités ou le cadre de vie. Les campagnes mêleront ainsi une forte dimension nationale – sécurité, santé, dette – et des enjeux locaux, avec une homogénéisation des préoccupations sur tout le territoire.

La Marseillaise : Vous avez souligné la proximité de l’élection présidentielle, en faisant le parallèle avec 2001. Quelles conséquences cela peut-il avoir, notamment sur la stratégie du Rassemblement national et de la France insoumise ?

Frédéric Dabi : Les deux forces dites radicales s’engagent fortement dans ces municipales, ce qui n’était pas le cas en 2020. Cela confirme que ce scrutin est perçu comme important, presque comme une répétition générale avant la présidentielle.
Mais le RN et LFI n’y vont pas avec les mêmes atouts. Pour LFI, c’est une véritable première : elle a très peu de sortants, à l’exception du maire de Faches-Thumesnil, ce qui limite ses gains potentiels, même s’il existe des possibilités à en Seine-Saint-Denis ou à Roubaix avec David Guiraud. Cela tient au fait que LFI reste une force très nationale, encore en décalage avec l’imaginaire municipal. Elle dispose néanmoins de points d’appui, notamment les scores élevés de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et d’un possible rôle d’arbitre au second tour dans plusieurs grandes villes. Mais un mauvais scrutin municipal aurait des conséquences, y compris sur la dynamique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui, est dans une autre logique : il dispose déjà de nombreux sortants et cherche à prolonger son implantation locale, dans la continuité de législatives réussies, y compris dans des départements où il était jusque-là faible.

La Marseillaise : Ce que certains appellent « l’ancien monde », soit le PS et LR se partageant l’essentiel des collectivités locales, pourrait-il être chamboulé en 2026 pour se rapprocher du rapport de force national ? Peut-on aller vers une forme de tripartition territoriale ?

Frédéric Dabi : L’hypothèse est séduisante, mais je n’y crois pas. Il existe une étanchéité jamais vue entre le national et le local, encore renforcée par la fin du cumul des mandats. Les forces dominantes au niveau national restent faibles à l’échelle locale. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, entre 80% et 90% des villes sont toujours tenues par le PS, le PCF, les Écologistes, LR ou l’UDI. Je ne vois pas pourquoi cela changerait fondamentalement. Il peut y avoir des ajustements à la marge. LR est en difficulté et ne dominait plus guère que Nîmes parmi les grandes villes. Le PS peut perdre une grande ville. Mais il est très difficile d’imaginer que LFI, le RN ou Renaissance émergent au point de reproduire localement la tripartition nationale. Aux municipales, le dégagisme reste limité.

La Marseillaise : Est-ce que, justement, les maires sortants bénéficient toujours de cette prime au sortant ?

Frédéric Dabi : Oui, elle existe toujours, même si elle se fragilise. On observe une forme de défiance qui touche le local, notamment parce que des enjeux nationaux irriguent les campagnes municipales. Les maires font face à des exigences citoyennes inédites, et à des polémiques symboliques qui s’invitent dans la fin de mandat. Pour autant, dans les villes de plus de 10 000 habitants, les municipales restent un scrutin de stabilité. Même en 2014, année de forte alternance, environ 70% des maires sortants ont été reconduits. Mais c’est aussi un scrutin de récit : si des villes majeures comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice ou Bordeaux changeaient d’étiquette, l’impact symbolique serait considérable.

La Marseillaise : En Occitanie, est-ce que le scrutin va obéir aux mêmes logiques que dans le reste du pays ? Peut-on déjà identifier des configurations ou des villes emblématiques ?

Frédéric Dabi : Oui, globalement. Les enjeux de sécurité, de trafic de drogue et de santé y sont très concrets, et je ne vois pas pourquoi la région ferait exception. Comme ailleurs, il y aura des villes symboles. À Montpellier, Michaël Delafosse apparaît bien placé. À Nîmes, une division possible de la droite pourrait profiter à d’autres forces notamment à l’association de gauche et des écologistes autour de Vincent Bouget. À Castelnau-le-Lez, un jeune élu proche de la majorité présidentielle pourrait l’emporter. Reste le cas de Toulouse : Jean-Luc Moudenc parviendra-t-il une nouvelle fois à s’en sortir, ou la force de la gauche aux élections nationales, combinée à une possible division à gauche, peut-elle rebattre les cartes ? Comme ailleurs, il y aura des configurations locales fortes, mais sur les grandes thématiques, l’Occitanie s’inscrit dans une logique d’homogénéité avec le reste du pays.

Propos recueillis par Diego Chauvet (La Marseillaise, le 2 janvier 2026)

L’édito du webzine. Michelin, le philanthrope !

Les résultats de la commission d’enquête sénatoriale menée par Fabien Gay, sénateur communistes, sur les aides données par l’État aux entreprises du CAC 40 commence à porter leurs fruits.

Par leur détermination les salarié.es, leurs représentant.es, le travail des parlementaires communistes et celui mené avec détermination par la commission d’enquête sénatoriale ont fait craquer le groupe Michelin. Il va rembourser l’État de 4,3 millions d’euros

Les travaux de cette commission ont porté sur les aides qui ont coûté à l’État « 211 milliards d’euros » quasiment sans contreparties. Et de pointer notamment du doigt les grands groupes français et internationaux qui profitaient des crédits d’impôt pour augmenter leurs bénéfices et les dividendes versés à leurs actionnaires, plutôt que de réellement moderniser leurs moyens de production et créer de l’emploi.

La commission remettait sur la table la question de ces aides d’État perçues par les entreprises. La conclusion de son rapport condamnait les largesses accordées aux entreprises et exigeait des contrôles effectifs sur l’utilisation des fonds.

Une victoire du travail sur le capital

Pour éviter de parler de remboursement, le fabricant de pneumatique, philanthrope, donnera à l’État 4,3 millions d’euros, un montant équivalent aux crédits d’impôts perçus par le groupe pour moderniser son usine sur le site de La Roche-sur-Yon, usine qui a fermé ses portes en 2020.

« Une victoire communiste pour la justice et la responsabilité » déclare Fabien Roussel, secrétaire national du PCF dans un communiqué. Il poursuit en déclarant que « Le PCF avait permis aux citoyennes et citoyens, dans la foulée de cette commission, d’interpeller le Ministre de l’Économie pour que l’engagement de Michelin soit tenu. »

Et il conclut : « Ce remboursement démontre une chose essentielle : la conditionnalité des aides publiques n’est ni une utopie ni un slogan, mais une exigence démocratique, sociale et économique. L’argent public ne peut plus servir à financer les délocalisations, les fermetures de sites, les licenciements, les dividendes et les rachats d’actions. L’argent public doit servir l’emploi, l’industrie, les territoires et la transition écologique — pas les actionnaires. »

Sébastien Lecornu, le Premier ministre aurait mieux fait de s’inspirer des conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les aides données par l’État aux entreprises pour équilibrer son budget au lieu de puiser toujours dans les poches des plus fragiles.

Dominique Gerbault

Karl Marx, Notes sur James Mill

Pendant son exil parisien (1843-1845), Karl Marx rédige les fameux Cahiers de Paris, dont sont issus les Manuscrits de 1844 et ainsi que les Notes sur James Mill. Ces notes sont les plus développées et les plus complètes de tous les cahiers parisiens. Elles sont pour la première fois traduites et publiées intégralement en français.

Elles nous font pénétrer dans le laboratoire du jeune Marx, dans sa critique de l’économie politique et son travail de lecteur et de traducteur.

Le texte a été traduit par Herbert Holl, Alain Patrick Olivier et Maïwenn Roudaut dans le cadre du séminaire MARXMILL (université de Nantes, 2019-2020).

Ce livre des éditions sociales a bénéficié du soutien de la Fondation Gabriel Péri et du Centre de Recherche en Éducation de Nantes.

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Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 23 décembre 2025)

« La loi spéciale ne doit pas servir de prétexte à une austérité par défaut »
Vote de la loi spéciale
Monsieur le Président, Madame la Ministre, Chers collègues, L’urgence ne saurait tenir lieu d’amnésie démocratique.
Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce qu’un choix clair a été fait depuis 2024 : celui de gouverner contre le verdict des urnes. Celui d’imposer des projets (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

Monsieur le Premier ministre, combien de crises sanitaires faudra-t-il encore subir avant un changement de cap ?
Question d’actualité au Premier ministre
Depuis des mois, le monde agricole exprime une colère profonde et légitime. C’est désormais une urgence sanitaire majeure qui frappe nos campagnes et menace directement la sécurité alimentaire du pays.
Partout sur le territoire, des agriculteurs voient leurs revenus s’effondrer tandis que (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Refuser la guerre, refuser l’alignement
Débat, suivi d’un vote, portant sur la stratégie de défense nationale
Puisque d’aucuns se sont risqués à des comparaisons historiques, je rappellerai que les guerres du Péloponnèse sont aussi le berceau d’un impérialisme, la thalassocratie, par laquelle Athènes assura sa domination sur l’ensemble du monde méditerranéen.
On a aussi parlé de Jean Jaurès. Il (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

« Partout où l’État recule, les mafias progressent »
Débat avec vote sur la lutte contre le narcotrafic
Notre groupe a fait le choix de la responsabilité en votant la proposition de loi Narcotrafic, parce que les trafics s’étendent, que les réseaux criminels se structurent, se professionnalisent, se financiarisent, et que l’emprise mafieuse gagne de nombreux territoires – Marseille, mais aussi (…)
—> Lire l’intervention de Jérémie Bacchi

« Derrière les réseaux sociaux et l’IA générative ne se trouve qu’une poignée de milliardaires »
PPL exposition excessive et précoce aux écrans et des méfaits des réseaux sociaux
Depuis un an, onze familles françaises ont assigné TikTok en justice, l’accusant d’exposer leurs enfants à des vidéos promouvant suicide, automutilation, troubles alimentaires. Marie, Emma, Charline, Pénélope, Lilou en sont mortes. Je ne les connaissais pas, mais je leur rends hommage. C’est (…)
—> Lire l’intervention d’Alexandre Basquin

La précarité n’est pas un statut artistique
PPL sur la continuité des revenus des artistes-auteurs
Cette proposition de loi a une histoire : je rends hommage à Pierre Dharréville, ancien député communiste des Bouches-du-Rhône, qui avait construit une proposition de loi avec les artistes-auteurs.
Une nouvelle proposition de loi a été déposée en 2024 par Soumya Bourouaha, cosignée par 121 (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

« Le bœuf aux hormones et le poulet aux antibiotiques vont pouvoir inonder l’Europe »
Proposition de résolution européenne pour empêcher la ratification de l’accord avec le Mercosur
Nous voterons bien entendu cette proposition de résolution, car la perspective de cet accord de libre-échange assombrit l’avenir des filières volaille et viande bovine, y compris en Bretagne où le cheptel diminue déjà de 3 % par an.
Mais il ne faudrait pas que cette résolution soit un alibi (…)
—> Lire l’intervention de Gérard Lahellec

Ne laissons pas la santé mentale au CAC 40
Proposition de loi visant à intégrer les centres experts en santé mentale dans le code de la santé publique
La santé mentale des jeunes se dégrade depuis plusieurs années de façon préoccupante. Le Cese l’a montré dans un récent avis. Pas moins de 75 % des troubles psychiques se développent avant vingt-cinq ans.
Un collégien ou lycéen sur deux exprime un malaise, et un lycéen sur quatre déclare (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

Les autres interventions

Les questions orales :

Culture et médias. Quelle protection pour les librairies indépendantes ?
—> Question au Gouvernement – par Ian Brossat – 23 déc. 2025

Les communiqués de presse :

Budget et fiscalité. Échec de la CMP : un gouvernement battu qui piège le Parlement pour se maintenir
—> Convocation de la CMP sur le PLF 2026 – 19 déc. 2025

Lois :

Justice et police. « Les données personnelles sont devenues le pétrole de l’industrie numérique »
—> Sécurisation des marchés publics numériques – par Alexandre Basquin – 18 déc. 2025

Budget 2026, le gouvernement doit revoir en profondeur sa copie

La commission mixte partiaire (CMP) réunie ce matin n’a pas fait long feu : après un temps de réunion exceptionnellement court elle a été déclarée non conclusive. Les parlementaires désignés de l’Assemblée et du Sénat n’ont en effet pas pu y trouver de compromis. La plupart des mesures introduites par l’Assemblée nationale sous la pression des mobilisations successives du monde du travail pour la justice sociale, ayant été balayées ou profondément modifiées par la droite sénatoriale.

Ainsi, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises ou le recalibrage de la taxe sur les holdings ont été rejetés, alors que l’impôt sur la fortune immobilière, par exemple, a été largement minoré. Ce Projet de loi de Finances a donc été radicalisé dans la défense des plus aisés et des grandes entreprises, réduisant drastiquement certaines dépenses de l’État.

Aucune réelle mesure de justice fiscale n’a été adoptée. Avec le soutien de l’extrême droite, l’Assemblée nationale avait déjà rejeté la taxation du patrimoine des milliardaires (taxe Zucman) et les mesures visant à remettre en cause une partie des 211 milliards d’aides publiques dont bénéficient les entreprises chaque année sans condition ni contrepartie.

De nombreuses mesures dangereuses doivent être supprimées comme par exemple :

  • Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la Fonction publique d’État et la suppression de 4000 postes d’enseignant·es
  • Le gel du salaire des fonctionnaires alors qu’ils et elles ont déjà perdu 25% de pouvoir d’achat depuis 10 ans
  • L’allongement à trois jours, au lieu d’un actuellement, du délai de carence pour l’indemnisation des arrêts maladie dans la fonction publique de l’État
  • La baisse du budget de la culture, de l’enseignement supérieur et de la recherche, des collectivités locales et des associations
  • La diminution des budgets de la transition écologique
  • Le gel des APL, des bourses étudiantes, du RSA et la suppression de la prime de
  • Noël 2026

Par ailleurs, la CGT alerte sur la mesure antidémocratique prise à l’encontre la 3ème Chambre constitutionnelle, le Conseil économique social et environnemental (CESE), avec la suppression de 78 % de ses crédits de fonctionnement, déjà réduits de 30 % l’an dernier, dont les prérogatives d’évaluation des politiques publiques dérangent les moins démocrates des parlementaires, en particulier ceux du Rassemblement national !

Les groupes du CESE ont d’ailleurs communiqué une déclaration quasi unanime (hors groupe de l’agriculture préoccupé par d’autres enjeux) aux élus, dénonçant les attaques contre une institution complémentaire du Parlement, qui donne la parole à la société civile organisée et fait vivre la démocratie dans ce qu’elle a de pluriel. La déclaration se conclue en ces termes « les groupes rappellent que dans un contexte de tensions et d’invectives, le CESE est une institution démocratique incontournable et de fabrique de consensus exigeant dont notre société a cruellement besoin ». Puissent-ils être entendus lors du futur débat parlementaire, qui devrait s’ouvrir en janvier si une loi spéciale est déposée d’ici là par le Gouvernement comme il l’a annoncé.

La CGT appelle le gouvernement à modifier le budget en profondeur pour supprimer les nombreuses mesures d’austérité, augmenter les moyens des services publics, des associations et des collectivités et le salaire des fonctionnaires. Alors que les inégalités explosent, il y a urgence à mettre enfin à l’ordre du jour la justice fiscale !

Alors que le patronat veut imposer l’austérité salariale lors des NAO, la CGT appelle ses syndicats à multiplier les mobilisations pour gagner des augmentations et empêcher que 2026 ne devienne une année noire pour les salaires !

L’édito du TC par Nicole Gaspon. Quelle année 2026 ?

Ces périodes de fêtes, pause salutaire de retrouvailles familiales et d’agapes, devraient générer joie de vivre et optimisme. C’est loin d’être le cas.

Cette année 2025 a connu une rare instabilité politique et une,succession de mauvais coups de la part d’un gouvernement qui ne dévie pas de sa ligne libérale. En ce mois de décembre, pour beaucoup de Françaises et de Français, le pouvoir d’achat est en berne et le budget cadeaux et gastronomie souvent réduit à la baisse. C’est dans l’incertitude et surtout l’inquiétude que les Françaises et les Français envisagent l’année qui va s’ouvrir. Difficile d’oublier l’austérité, les coupes budgétaires, les services publics amoindris, les menaces sur la protection sociale, sur les retraites.

Comment également faire l’impasse sur ce que subissent aujourd’hui les éleveurs ? Chez ceux-ci, c’est l’amertume et la douleur qui dominent face à l’abattage systématique, au refus du gouvernement d’entendre leurs propositions. Dans ces conditions très difficiles, ils restent cependant mobilisés.

Et ce n’est pas de l’Assemblée nationale que viendra l’embellie. Le blocage perdure, ce qui n’est pas étonnant, depuis les dernières élections législatives et l’obstination du président de la République à ignorer le verdict des urnes. Quant au Premier ministre en sursis, il tente de donner le change mais sur le fond refuse de revenir sur la politique de l’offre. Le budget de l’État en préparation ne prendra sûrement pas en compte les besoins et aspirations populaires. Et voilà qu’aujourd’hui des voix s’élèvent pour réclamer le 49.3 ! On croît rêver.

Première échéance électorale de 2026, les élections municipales devraient être l’occasion de s’exprimer sur les choix désastreux de la macronie avec l’aval de la droite et l’extrême droite. Souhaitons que l’électorat se saisisse de cette occasion, dans le rassemblement le plus large.