Le festival d’Avignon 2026 se termine, c’était la 80è édition de l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. Le public était au rendez-vous mais aussi, hélas, l’expression de l’inquiétude qui traverse le milieu, artistes, techniciens, public face au massacre que subit la culture sous le règne finissant du macronisme.
Des coupes budgétaires d’une brutalité inouïe, déjà réalisées et à venir, des subventions gelées pour 28 établissements culturels, des licenciements redoutés, la précarisation des compagnies, des acteurs… Une saignée ! Le but semble bien de démanteler le service public de la culture. L’argument des économies nécessaires est parfaitement dérisoire, le budget de la culture c’est 0,7 % du budget de l’État soit 14€ par an par habitant. Et il faudrait encore en retrancher ?
On a plutôt l’impression qu’il s’agit d’une guerre idéologique contre la culture et la création, le peuple n’a nul besoin de culture, nul besoin d’imaginaires, nul besoin d’émancipation… Sous la domination de l’argent roi, de l’ultra-libéralisme, il faut une culture et une pensée formatées à la sauce Cnews. L’extrême droite se sent des ailes, ses idées rétrogrades se diffusent. Depuis quand dans notre pays n’avait-on pas interdit une pièce de théâtre ? Le maire de Castres l’a fait pour Passeport d’Alexis Michalik, et il y en d’autres.
La gravité de la situation a amené les artistes du festival d’Avignon à s’adresser publiquement au président de la République depuis la cour d’honneur du Palais des Papes, c’était le 13 juillet dernier. Ils ont solennellement demandé l’annulation de nouvelles coupes budgétaires, l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du service public de la culture et un budget qui devrait au moins atteindre le 1 % du budget général.
Une initiative qui n’était que le début de la mobilisation.









