Classes menacées. « On réduit les moyens là où il faudrait investir » (L’Indep)

Ce mardi, dans le cadre de la grève des enseignants, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées à Perpignan, devant l’Inspection académique, afin de protester contre les suppressions de postes dans l’éducation et les 27 fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département.

Des conditions de travail et d’apprentissage qui se dégradent aux salaires qui stagnent, les motifs de colère des enseignants sont légion. Cependant, ce mardi matin, lors du rassemblement qui a réuni entre 150 et 200 personnes devant les locaux perpignanais de l’Inspection académique, ce sont bien les 27 fermetures de classes prévues dans les écoles du département à la rentrée prochaine qui focalisaient le mécontentement.

En plus des profs, en grève à l’appel de la FSU, de l’Unsa, de la CGT et de Solidaires, les parents d’élèves de la maternelle Claude-Simon de Perpignan étaient également sur le pont.

« L’administration veut fermer une de nos quatre classes », dénonce une maman mobilisée. « On passerait à 28 élèves par section. C’est triste d’en arriver à réduire les moyens là où il faudrait investir. Les enfants, c’est l’avenir… »

La maternelle Claude-Simon est loin d’être un cas isolé. « Il y a des projets de fermetures partout, y compris dans le rural », déplore l’un des co-secrétaires départementaux du FSU-SNUipp, Jean-François Nogués. « En plus de Perpignan et des villages voisins (Toulouges, Canohès, Saint-Estève), la vallée de l’Agly (Estagel, Latour-de-France, Mauy) et la Cerdagne (Bourg-Madame) sont également concernées. »

Toutefois, pour l’heure, rien n’est acté concernant les écoles. Pour être validé, le projet de l’administration, qui prévoit neuf ouvertures en parallèle des 27 fermetures, doit encore être débattu avec les organisations syndicales, qui comptent bien tenter de faire bouger les lignes. La réunion doit se tenir ce mardi 7 avril.

Des professeurs du secondaire étaient également présents dans le cortège de manifestants qui a traversé le quartier du Moulin à-Vent ce mardi matin. Ce sont d’ailleurs les enseignants du collège du secteur, Saint-Exupéry, qui ouvraient la marche. « On accueille des élèves très défavorisés. Compte tenu des indicateurs sociaux, on devrait au moins être classés en réseau d’éducation prioritaire (Rep) mais on ne l’est pas », résume l’un des profs de maths de l’établissement. « Le ministère a récemment reconnu la situation », poursuit la déléguée syndicale Snes-FSU du collège, Muriel Sabatier. « Cette année, notre dotation a augmenté de 31,5 heures, mais on reste très loin des moyens alloués aux établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. On est face à une hémorragie et on nous donne des petits pansements. »

Pour le secrétaire académique de la CGT Educ’action, Nicolas Ribo : « Le fait que la carte de l’éducation prioritaire n’ait plus été revue depuis 2015 pose d’énormes problèmes. L’école Coubertin de Perpignan, située dans le troisième quartier le plus pauvre de France, devrait par exemple elle aussi être classée Rep +. Ce n’est plus possible. On est dans le deuxième département le plus pauvre de France. Le dispositif n’est pas adapté à la situation.»

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

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