La grève reconduite à Médipôle et Saint-Pierre (L’Indep)

Le mouvement de grève des cliniques Médipôle Saint-Roch et Saint-Pierre se poursuit et fusionne. Hier, après plus de quatre jours d’actions, les syndicats de chaque établissement se sont retrouvés à la clinique Saint-Pierre pour unir leurs forces. « Après notre assemblée générale et un deuxième rendez-vous avec la direction, sans accord trouve, nous sommes allés soutenir nos collègues de Saint-Pierre. On essaye de créer une action commune puisque nous avons les mêmes dirigeants. Demain matin (ce mercredi), c’est eux qui viendront à Cabestany », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle, au cœur du mouvement avec le syndicat CFDT, représenté par Hélène Masse.

Les urgences restent ouvertes

Les personnels soignants, qui revendiquent de meilleures conditions de travail mais surtout une reconnaissance financière, se dirigeront en cortège vers l’ARS ce mercredi, puis jusqu’à la polyclinique Méditerranée de Perpignan, aussi groupe Elsan, en fin de matinée. « Il faut créer une dynamique pour marquer le coup », poursuit la déléguée syndicale. Elle précise par ailleurs que le PDG du groupe Elsan, Sébastien Proto, devait venir les rencontrer ce mercredi, « mais sa venue a été annulée ». Dans les services de la clinique, seul le premier étage reste ouvert. Les services de chirurgie et de médecine ont été regroupés et accueillent 36 patients au total. Les urgences restent ouvertes.

À la clinique Saint-Pierre, les revendications écrites ont été déposées au directeur Julien Coulomb ce mardi a 11 h. Les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT), Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), ont ensuite été reçues à 17 h 30.

« Aprés nos propositions, le directeur n’est pas contre une prime pérenne, mais pas de 1 500 € comme demandé, il n’est pas contre non plus une prime ‘one shot’ de 800 €. Il refuse cependant la prise en charge des jours de grève », confient-elles. L’augmentation salariale de 10 % progressive sur quatre ans a été refusée. Le directeur se serait engagé à étudier la qualité de vie au travail, tout comme un avenant sur l’accord d’intéressement avec un seuil déclencheur plus bas. « Mais pour lui, la seule condition est que le service de chimiothérapie arrête la grève et reprenne. Ce que refusent les salariés car ils considèrent cela comme du chantage », ajoutent les déléguées syndicales. La grève est donc reconduite. Et un nouveau rendez-vous calé aujourd’hui à 14 h.

L. Morales (L’Indépendant, le 29 avril 2026)

Manque d’effectif, surpopulation… les surveillants bloquent la prison (L’Indep)

Ce lundi, les surveillants pénitentiaires de la prison de Perpignan ont débrayé pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ».

La tension monte. Une nouvelle fois. les surveillants du centre pénitentiaire de Perpignan tirent la sonnette d’alarme. Ce lundi 27 avril, à l’appel de l’Ufap-Unsa Justice, ils étaient une centaine à débrayer pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ». Pour réclamer des mesures urgentes face à la surpopulation carcérale et au manque de personnel, les fonctionnaires ont bloqué l’accès à l’établissement.

Au cœur de la mobilisation, une pression carcérale record. Un taux d’occupation qui frôle les 300 % avec des détenus contraints de dormir au sol, jusqu’à 7 par cellule. « Un stop écroue continuelle » déplore Pierre Grousset, le représentant local du syndicat, jugeant la situation « explosive et tendue ». Le syndicaliste pointe aussi et surtout un déficit d’effectifs et une multiplication des agressions contre les surveillants « On est quasiment à 300 % de taux d’occupation. Il ne reste plus une place. Aujourd’hui, la seule place disponible, c’est un matelas au sol. Les tensions entre détenus se multiplient. Tout comme les agressions envers le personnel », martèle-t-il.

Mais au-delà de la surpopulation, c’est également le manque criant d’effectifs qui cristallise la colère. A Perpignan, 39 postes sont actuellement vacants. Résultat : « Les agents enchaînent les heures supplémentaires, parfois jusqu’à 40 heures par mois, avec des compteurs qui explosent. On a des postes découverts en permanence. A certains endroits, on devrait être trois, on est deux : Ca nous met en danger ».

Pour Sabrina et Julien, surveillants depuis respectivement 16 et 18 ans, le constat est sans appel. « Les conditions se dégradent d’année en année. Rythmes de travail intenses, rappels sur les jours de repos, sentiment d’insécurité… On en vient même à douter de notre avenir dans le métier. »

Face à cette situation, les revendications sont claires. Davantage de personnel et un désengorgement rapide des établissements. « On veut un plan massif. Peu importe comment, mais il faut des agents. » Le mouvement pourrait se poursuivre. Aucune date de reprise n’est encore fixée.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Les bergers et vachers catalans ont désormais leur syndicat (L’Indep)

Un syndicat des pâtres des Pyrénées catalanes CGT est en cours de création en cette fin de mois d’avril. Face à la précarité et à l’isolement, ces bergers veulent faire entendre leur voix et obtenir une reconnaissance de leurs conditions de travail.

Le métier de pâtre, ou berger, rime souvent avec un sentiment de liberté, au milieu de la nature, entouré d’animaux… Mais cette activité comporte aussi des difficultés souvent oubliées. En cette fin de mois d’avril, un nouveau syndicat des pâtres est en cours de création dans les Pyrénées Orientales. Une initiative pour que les cinquante à soixante-dix bergers et vachers saisonniers du département puissent être entendus et soutenus par la force du collectif.

Pour Samy, porteur du projet et pâtre depuis six ans dans le massif du Canigó, le point de départ de ce regroupement est « l’amour du métier ». Mais un contexte particulier est venu renforcer cette idée, celui de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a frappé le département les mois derniers. « Je fais partie des rares salariés qui ont perdu leur troupeau. Pendant la DNC, on a vu tout l’emballement médiatique, tous les protagonistes du monde agricole opérer, prendre la parole, mais la conclusion qu’on en a tirée, c’est que le salariat est totalement invisibilisé », insiste-t-il. Ainsi, à l’image du syndicat de l’Ariège, il a décidé de « suivre l’exemple », pour avoir une reconnaissance de leurs conditions.

Sophie, ouvnère agricole en élevage de vaches à Puyvalador, témoigne de son activité : « Il faut être très à l’écoute. Il faut qu’on partage la montagne, alors on a parfois des difficultés avec les gens qui se promènent, qui vont laisser les portes ouvertes… On s’inquiète, pourvu que les bêtes ne sortent pas sur la route, qu’il n’y ait pas d’accident, que les gens ne donnent pas pas des choses à manger qu’il ne faudrait pas, etc… »

Mais aussi sur le plan physique : « On est seuls face aux éléments, parfois il n’y a pas de couverture réseau, il y a des risques avec l’orage. Et nos cabanes ne sont pas en super bon état, il y a à peine de l’électricité et de l’eau », précise un autre berger qui exerce en Cerdagne. Mais Samy tient à rappeler que ces situations sont « très diversifiées » et dépendent des estives dans lesquelles ils travaillent.

Ainsi, ils souhaiteraient « une convention collective spécifique à leur activités », qui leur permettrait notamment de revaloriser leur temps de travail. Mais aussi pouvoir discuter des logistiques de ravitaillement de la nourriture, ou de la gestion et de la formation de leur chien, en dehors de la saison. « Si nos conditions sont améliorées, on fera mieux notre travail », concluent-ils.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Ille-sur-Têt. Qui a volé la plaque rendant hommage à ces sœurs déportées ? (L’Indep)

La disparition de la plaque de rue des sœurs Juliette et Marcelle Molins, à l’angle de la rue Maurice Iché (route de Saint-Michel), le jour de la cérémonie nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui a eu lieu ce dimanche 26 avril au cimetière las Castillounes, en présence des élus, a semé un émoi au sein de la population illoise. Jérôme Panilla, président de l’association des Pavés catalans de la mémoire a tenu réagir. « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. C’est en ce jour hautement symbolique qu’une main haineuse a choisi de dérober la plaque de rue au nom des sœurs Molins, résistantes, déportées à Ravensbrück ».

Rappelons que Juliette et Marcelle Molins, résistantes, ont été arrêtées par les Allemands le 25 avril 1944 dans la Maison de la presse qu’elles tenaient sur l’avenue Pasteur, a Ille, avant d’être déportées vers le terrible camps de Ravensbrück où, dans des conditions de détention très dures, partageant notamment le sort de Geneviève De Gaulle Anthonioz, elles ont survécu à ce voyage en enfer.

Des années plus tard, Juliette Lafont-Molins témoignera souvent de son expérience auprès des élèves du collège et rédigera d’excellents articles dans les Cahiers des amis du vieil Ille.

O. A. (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Sans accord trouvé, la grève continue à Saint-Pierre et Médipôle (L’Indep)

Hier, le mouvement de grève a été reconduit dans les cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan. Le personnel dénonce ses conditions de travail et une absence de primes. Les délégués syndicaux ont été reçus par les directeurs des établissements.

Depuis ce vendredi 24 avril, les personnels soignants des cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan sont en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail, mais surtout l’absence de prime (intéressement et participation) du groupe Elsan, dont toutes les deux font partie.

Pour rappel, les salariés de la clinique Médipôle Saint-Roch pointent l’absence de prime de participation pour cette année 2026, malgré une activité qui progresse (+ 2,3 M € entre 2023 et 2024). Et des moyens humains qui ne suivent pas. « Nous avions aussi une prime d’intéressement de 1 500 € nets pour un temps plein, soit l’équivalent d’un 13e mois. Et la, ils veulent réduire », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle. Ainsi, les personnels revendiquent une transformation de l’intéressement en 13e mois ou en prime, une subrogation des salaires en cas d’arrêt maladie, une amélioration des conditions de travail et une compensation de la perte de participation 2026.

Infirmiers, aides-soignants, secrétaires, ASH, pharmaciens, cuisiniers, brancardiers. La mobilisation est grande face à la situation. « On est là pour maintenir nos droits, nos acquis, qu’on soit reconnues », témoignent Marie-Jo, Nathalie, Marie-Carmen et Dominique du service de dialyse. « On veut bien soigner les patients, mais il y a beaucoup de contraintes et de moins en moins de personnels. On aimerait être plus entendus. Nous sommes une chaîne et nous travaillons tous ensemble », confient-elles. Les déléguées syndicales, Anne-Laure Affani (CGT) et Hélène Massé (CFDT), rappellent « qu’après trois réunions de NAO (négociation annuelle obligatoire), il n’y a pas eu de réponse ». Ce qu’elles attendaient ce lundi à 12 h après avoir été reçues par le directeur Valéry Folcher. « Une proposition a été faite de sa part, celle de remettre la prime d’intéressement, mais les salariés ont voté contre à l’unanimité. Le but, c’est d’obtenir quelque chose de pérenne, pas d’être dans l’incertitude tous les trois ans, à chaque échéance de négociation, avec la possibilité de se retrouver sans. C’est trop aléatoire », rapportent les déléguées syndicales. Le mouvement est donc reconduit pour la journée de ce mardi 28 avril. « On a besoin de moyens et de reconnaissance. On le fait aussi pour la prise en charge des patients. Sì la direction n’est pas là demain, on sait continuer à faire tourner la boutique, mais sans nous, tout s’arrête », concluent-elles.

Les syndicats à nouveau reçus par la direction aujourd’hui a 11 h

À la clinique Saint-Pierre aussi, ce lundi matin, les personnels soignants étaient vent debout pour exprimer leurs revendications. « Ce n’est pas un abandon de poste. Si nous sommes mobilises, c’est pour nos conditions de travail et une absence de prime d’intéressement et de participation. C’est la première année que nous n’avons rien. L’année dernière, on avait réussi à négocier environ 300 € pour l’intéressement », expliquent les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT),

Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), « C’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Les personnels demandent une enveloppe pour remédier à l’absence de primes et un engagement sur une augmentation salariale et les conditions de travail. Reçus par le directeur Julien Coulomb en début de soirée, il a été décidé de reconduire la grève aussi à Saint-Pierre. « Il nous a propose de n’ouvrir les négociations que si on arrête la grève. Mais le personnel refuse de reprendre le travail. Il nous recevra à nouveau demain à 11 h et souhaite qu’on lui apporte nos revendications par écrit », expliquent les déléguées syndicales.

Laura Morales (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

Deux cliniques encore en grève (L’Indep)

Hier, les salariés en grève des cliniques Saint-Pierre à Perpignan et Médipôle à Cabestany ont décidé de reconduire le mouvement social initié la veille. « Une grève reconduite jusqu’à lundi midi », indiquaient les syndicats. Si une assemblée générale des salariés grévistes était programmée ce lundi à 11 h, la grève est maintenue jusqu’à la mi-journée, ce même jour, heure à laquelle la direction de la clinique a prévu de rencontrer les représentants du personnel.

« On a lu les déclarations du directeur de la clinique qui se dit ouvert au dialogue », indiquait à L’Indépendant Anne-Laure Affani, de la CGT Médipôle. « Maintenant, après les paroles, on attend les actes et que tout ça ne soit pas de la com’ ».

Depuis ce vendredi, les salariés de la clinique Médipôle Saint-Roch, rejoints par ceux de la clinique Saint-Pierre dans la soirée, ont déclenché un mouvement de grève à l’initiative de la CGT et de la CFDT, pour dénoncer « des conditions de travail qui se dégradent depuis des années ». Les salariés grévistes dénoncent aussi une remise en cause d’une éventuelle « prime de participation pour 2026 ».

La direction de la clinique, par la voix du directeur de Médi-pôle, Valéry Folcher, se disait surprise du mouvement mais aussi ouverte au dialogue.

« Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont en cours, je devais revoir les syndicats le 6 mai pour faire le point et avancer. Nous prenons le temps d’étudier le sujet. J’ai donc été quelque peu étonné de ce débrayage ce (vendredi) matin. »

St. S. (L’Indépendant, le 26 avril 2026)

Elne. Fin du savoureux Mercat de la Terra, privé de subventions par le maire (L’Indep)

L’association Slow Food Pays Catalan a annoncé renoncer à l’organisation de ses
Mercats de la Terra à Elne. Le nouveau maire d’extrême droite a supprimé la subvention accordée jusqu’ici et a indiqué « ne plus vouloir travailler » avec cette association.

Depuis 2020, les locavores du département ne manquaient pas un rendez-vous du Mercat de la Terra, ce marché des produits du terroir qui faisait d’Elne, une fois par trimestre, l’épicentre du bien manger avec des produits raisonnés, de saison et surtout locaux.

Mais ce vendredi 24 avril, l’association organisatrice, Slow Food Pays Catalan, a annoncé mettre un terme à ces marchés qui se distinguaient par un état d’esprit à part où les producteurs locaux étaient choisis pour « leur implication notamment dans la conservation des sols » mais aussi soucieux « d’une agriculture plus sociale avec un client plus proche du producteur », selon un reportage de L’Indépendant réalisé en 2022.

« C’est avec regret que nous vous annonçons que nous ne serons pas en mesure de renouveler le Mercat de la Terra sur la place publique d’Elne en 2026 », annonçait ainsi sur ses réseaux sociaux Slow Food Pays Catalan qui intervenait aussi dans les écoles de la ville pour des actions pédagogiques.

« 500 repas populaires catalans »

La raison ? L’arrêt de la subvention par la nouvelle mairie d’extrême droite d’Elne dirigée par Steve Fortel. « La nouvelle mairie d’Elne a écarté notre dossier de subvention et met donc fin, pour le moment, a une dynamique que nous avions construite depuis 2020 ».

L’association rappelle qu’elle avait sollicité, cette année, « 12 000 € annuels » de subvention « car il nous paraissait important de présenter en toute transparence à la mairie le vrai coût du Mercat de la Terra ». « La mairie donne ensuite ce qu’elle peut / veut, les années précédentes nous obtenions 4 000 € pour l’organisation de 4 Mercat, et 2 000 € du département », assurait encore l’association qui revendiquait, en « 4 éditions par an et 500 repas populaires catalans distribués, composés à partir de produits locaux et agroécologiques ».

Elle défendait aussi « un soutien direct aux producteurs locaux, dans un contexte où ces derniers rencontrent de plus en plus de difficultés à écouler leurs produits » et « des moments festifs, de transmission et de convivialité ».

Ce mardi 21 avril, lors du conseil municipal, interrogé par son opposant André Trives, ancien dirigeant de l’association, Steve Fortel, le nouveau maire d’extrême droite d’Elne, avait justifié ce retrait de la subvention. « L’an dernier, 4 000 euros avaient été attribués à l’association mais de mémoire, elle demandait 12 000 euros cette année. Peut-être que vous l’auriez accordée », disait-il à son opposition. « Nous avons décidé de ne pas travailler avec Slow Food cette année », tranchait-il.

« On préfère se rapprocher des parents d’élèves »

« Nous préférons nous rapprocher de parents d’élèves pour que ceux-ci nous accompagnent avec peut-être une nouvelle association dans des démarches pédagogiques » dans les écoles ou l’association de locavores intervenait également. « Nous préférons ramener sur Elne ces dépenses-là et ne pas les donner à une association qui n’est pas forcément d’Elne ».

« Nous sommes navrés de ne pas pouvoir poursuivre la belle dynamique à Elne, mais ce n’est pas la fin du Mercat de la Terra », expliquait toutefois l’association privée de subvention. « Nous travaillons déjà à imaginer de nouveaux formats, avec des communes et des partenaires qui souhaitent continuer à faire vivre ces projets », annonçait encore l’association sur ses réseaux sociaux.

Stéphane Sicard (L’Indépendant, le 26 avril 2026)

Hommage à Francine Sabaté morte en déportation en 1945 (L’Indep)

Discours marquants. Recueillement. Dépôt de gerbes. Au-delà du traditionnel cérémonial une vive émotion régnait ce vendredi au sein de la préfecture des Pyrénées-Orientales où, il y a plus de 80 ans, une certaine Francine Sabaté, jolie comme un cœur avec ses boucles châtains et son regard clair, était l’une des employées. « Elle a servi l’État avec dévouement et un sens aigu de sa tâche », rappelait dans son discours d’hommage à la jeune résistante l’actuel préfet Pierre Regnault de la Mothe.

Elle n’avait pas 25 ans quand la jeune fille, déportée avec sa maman, Joséphine, et sa sœur cadette, Odette, au camp de Ravensbrück est morte « de faim, de chagrin, sa mère l’avait précédée d’un mois au sein du tristement célèbre « convoi des sacrifiés », et de désespoir ». Odette fut la seule rescapée de la famille. Mais jusqu’au bout ces trois femmes, liées autant par un amour familial que par un engagement sans concession contre la barbarie à visage humain, se sont battues pour leurs idées et leurs convictions.

« C’est une histoire de femmes catalanes, et françaises, dont nous devons toujours nous souvenir, et qui nous oblige à jamais » a conclu sobrement le préfet.

Valerie Pons – Photo Nicolas Parent (L’Indépendant, le 25 avril 2026)