Le syndicat CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons (l’Acal, notamment connue pour son rôle dans l’accueil des réfugiés ukrainiens) craint « un plan social avec au moins dix licenciements » à l’automne prochain.
« Nous refusons que les salariés soient les variables d’ajustement de la politique sociale. » En ce début d’été 2026, le délégué syndical CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons, Jean-François Marty, ne cache pas ses inquiétudes. Car la structure, chargée d’accompagner et d’héberger des publics fragiles (réfugiés, sans domicile fixe, femmes victimes de violences…), connaîtrait actuellement une dégradation de ses indicateurs.
Ainsi, selon le syndicaliste, en trois ans, l’activité et les financements de l’association auraient chuté de 20 % et ses effectifs de 10 %. « L’arrêt, à compter de ce 30 juin, du dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens, c’est 2,2 millions d’euros en moins », ajoute-t-il. « Le problème de fond qui se pose, c’est que l’Acal, qui emploie aujourd’hui environ 180 salariés, s’est développée en répondant à des appels à projets financés par des subventions temporaires. Lorsque l’État serre la ceinture, les conséquences sont immédiates. »
Selon le syndicat CGT de l’Acal, l’hypothèse d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avec au moins dix suppressions de postes à la clé aurait notamment été évoquée lors de l’assemblée générale de l’association, qui s’est tenue il y a quelques jours. « La direction lie cette hypothèse au possible non-renouvellement du service Agir (un dispositif d’insertion professionnelle des réfugiés, NDLR) qui emploie six salariés », précise Jean-François Marty.
Un appel à l’État
Autre paramètre à prendre en compte : à partir du 8 août, l’Acal va basculer sur une nouvelle convention collective, sur un nouvel ensemble de règles régissant le travail dans son secteur d’activité. Ce changement va entre autres avoir pour effet une légère augmentation des salaires et l’octroi de jours de congé supplémentaires pour certains employés. « Cependant, si l’État ne finance pas cette évolution, ce qu’il ne s’est pas engagé à faire pour l’instant, elle représentera un surcoût de 350 000 euros par an pour l’association », indique Jean-François Marty. « Si ces avancées pour les travailleurs ont pour conséquence des suppressions d’emplois, cela pose problème », juge le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « De notre point de vue, l’État doit faire le complément. »
Et cette problématique ne concerne pas que l’Acal. Les élus CGT de l’Association d’aide aux femmes et familles en difficulté (Affed) craignent par exemple que le surcoût lié au changement de convention collective n’entraîne la suppression d’un poste de remplaçant. Ce qui, compte tenu de la taille de la structure (12 salariés), engendrerait selon eux une dégradation des conditions de travail.
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)
Sollicitée, la direction de l’Acal n’a pas donné suite.
