Jean de Gliniasty. « Les Russes misent sur l’exténuation des Ukrainiens » (La Marseillaise)

Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, une visite jugée « absolument inacceptable » par le Japon qui revendique une partie de cet archipel. Cette polémique n’a rien d’anodine, Tokyo étant l’un des soutiens de Kiev dans la guerre déclenchée par la Russie en 2022. Désormais, tous les alliés des Ukrainiens sont ciblés d’une façon ou d’une autre par le pouvoir russe. Sur le front, les deux pays s’épuisent ; si Kiev peut compter sur ses drones, elle peine à intercepter les missiles russes, et demande, aux États-Unis de lui vendre au moins 5 % de ses missiles Patriot.
Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, est directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste des questions russes.

La Marseillaise : La visite de Vladimir Poutine sur les îles Kouriles a provoqué l’ire du Japon. Cet acte est considéré comme une « escalade », Tokyo soutenant Kiev. Qu’en dîtes-vous ?

Jean de Gliniasty : Le sort des îles Kouriles devait être négocié entre le Japon et la Russie à l’occasion du traité de paix en 1945. Il n’y en a pas eu, justement parce qu’ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les Kouriles du Nord [considérées par le Japon comme occupées depuis 1945 par l’Union soviétique à l’époque et désormais la Russie, ndlr]. C’est la première fois à ma connaissance qu’un chef d’État russe vient solennellement dans les îles Kouriles. Dmitri Medvedev n’y est pas allé en tant que chef d’État. Poutine y a visité une usine de poissons et pas d’installation militaire. Pourquoi il l’a fait ? Le Japon a, depuis longtemps déjà basculé dans le camp des pays occidentaux qui appliquent des sanctions contre la Russie, pratiquement les mêmes que les Européennes ou les Américaines. Le deuxième élément, c’est qu’il y a une discussion en cours au Japon sur le resserrement d’alliances avec les États-Unis et l’éventuel stationnement d’armes nucléaires.

La Marseillaise : Drone transportant des explosifs retrouvés en Allemagne, ingérences dans la campagne présidentielle en France, tous les alliés de Kiev sont ciblés ?

Jean de Gliniasty : Dans la guerre hybride, tous les soutiens à l’Ukraine sont frappés. Tout dépend du niveau d’attaque : utilisation de l’intelligence artificielle, de fermes à trolls etc, cela fait longtemps que les Russes les emploient et cela s’intensifie en période électorale. Les Russes, comme tous les États dans les démocraties, soutiennent les partis qui leur sont favorables : l’AfD en Allemagne et d’autres formations politiques que je ne citerais pas en France, et s’attaquent à ceux qui soutiennent l’Ukraine. On est dans un moment d’intensification de la guerre hybride.

La Marseillaise : Cela s’explique-t-il par les difficultés de la Russie sur le front ?

Jean de Gliniasty : La situation est compliquée dans la mesure où les Ukrainiens ont fait des percées en matière de technologie et de fabrication de drones : ils peuvent frapper n’importe quelle partie du territoire russe. Mais c’est une phase qui se termine parce que les Russes ont mis au point des contre-mesures, attaquent l’Ukraine, bloquent les ports qui lui permettent d’exporter des céréales, ce dont elle est très dépendante. Nous sommes plutôt dans une phase d’escalade, où chacun a des atouts qu’il utilise. Les Russes ont les missiles et les Ukrainiens, les drones. Mais ils n’ont pas assez de Patriots et d’intercepteurs de missiles. On est dans une phase extrêmement dangereuse, d’escalade un peu sauvage. Les Russes misent sur l’exténuation des Ukrainiens et ils pensent pouvoir y arriver.

La Marseillaise : N’est-ce pas l’opinion russe qui se lasse de ce conflit ?

Jean de Gliniasty : Les bombardements sur les populations, en général, ça a l’effet totalement inverse. Si vous prenez le Blitz à Londres, l’effet des bombardements américains en Iran ou ceux contre les infrastructures avec des dégâts collatéraux des Russes en Ukraine, à chaque fois, ça a comme première conséquence d’accroître la cohésion de la population autour des dirigeants. Pour les Russes, c’est un petit peu différent car Poutine avait dit « c’est une opération militaire spéciale, ce n’est pas une guerre, on n’en subira pas les conséquences ». Il y a eu une première réaction de la population qui a été assez négative en disant « que fait le gouvernement ? C’est pas normal qu’on soit obligé de faire la queue aux stations d’essence ». L’Ukraine essaye de s’appuyer sur les mécontentements de la population russe pour déstabiliser le pouvoir, mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette méthode. Car l’autre réaction aux attaques, en général, c’est d’accroître la crédibilité du gouvernement qui ici dit « on est en guerre » avec l’Occident collectif, qui veut nous tuer, nous démanteler, nous dépecer. Je pense que la population russe et notamment la partie qui soutient Poutine, entre 50 et 60 % de la population, seront galvanisés. On a déjà des articles, des tribunes, des chroniques. La pression de ceux qui veulent accroître la dimension de la guerre devient plus forte.

La Marseillaise : Quid de la situation en Crimée ?

Jean de Gliniasty : Le moment de l’annexion de la Crimée a été celui de la popularité maximale de Poutine. Et même s’il descend en ce moment, il n’est pas en dessous du niveau d’approbation de son action qu’il avait avant la Crimée, il en a gardé le bénéfice. Il est totalement exclu que les Russes rendent le territoire parce que c’est l’objectif principal de la guerre qui est soutenu par l’opinion. Le seul moment où il y a vraiment eu un risque nucléaire c’est quand les troupes ukrainiennes se sont approchées de la Crimée.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 17 août 2026)

L’édito du webzine. Les pompiers secouent l’État : « Assez de paroles, des actes ! »

Les pompiers de France, professionnels et volontaires sont unanime. Ils se mobilisent pour dénoncer le manque criant de moyens alloués à la Sécurité civile. Grèves dans les casernes, rassemblements devant le ministère de l’Intérieur : les syndicats des Sdis interpellent le gouvernement à l’aube du budget 2027.

Applaudis, célébrés pour leur courage, les pompiers en ont assez des discours. Ils réclament des actes concrets. Comment expliquer que des lauréats du concours de 2023 ne soient toujours pas recrutés faute de budget ? Comment justifier que les volontaires, pilier du système, n’aient toujours pas de statut décent, alors qu’ils s’épuisent à lutter contre des feux extrêmes, symptômes d’un réchauffement climatique galopant ?

Pour les neuf syndicats représentatifs, « on a loupé le coche » après les incendies dévastateurs de 2022. En cause la réduction des budgets des services publics au nom d’une fiscalité allégée pour les plus aisés. La préparation du budget 2027 ne semble pas devoir infléchir cette tendance.

Avec 120 000 hectares déjà réduits en cendres et une douzaine d’incendies toujours actifs, l’été 2026 confirme les pires craintes. Les vagues de canicule s’enchaînent, les pompiers s’épuisent, et les rapports s’empilent. Pourtant, depuis les années 2000, le Giec et les scientifiques alertent : les températures montent, les sécheresses s’aggravent. Pendant ce temps, l’inertie de l’État perdure.

Budget en berne, Départements en première ligne

Emmanuel Macron vante une hausse du budget de la Sécurité civile, passé de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions aujourd’hui. L’opposition de gauche (PCF, LFI, PS, EELV) rappelle que la loi promise après le Beauvau de la sécurité civile (2024-2025) n’a toujours pas vu le jour. Pire : en février 2024, le gouvernement de Gabriel Attal a acté une coupe de 52,8 millions d’euros dans les crédits de la Sécurité civile, mettant en péril l’acquisition de deux Canadairs supplémentaires. Des avions souvent cloués au sol pour maintenance, comme lors du mégafeu de Gironde, où ils ont mis plus de quatre heures à intervenir.

Les Départements, premiers financeurs des Sdis (60 % des 5,6 milliards de budget), voient leur contribution doubler en 20 ans, dans un contexte d’austérité accrue. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé une nouvelle mission sur la « reconstruction et adaptation des territoires ». « Un coup de communication », tonnent les pompiers. Insupportable, quand la France brûle.

Alors que l’Europe et la France tergiversent, l’Australie a agi. Là-bas, la prévention est anticipée bien avant la saison des feux. On a remis au goût du jour les brûlages maîtrisés, inspirés des pratiques aborigènes, pour éliminer les combustibles végétaux. Des plans de survie précis ont été élaborés pour les habitants, avec trois niveaux d’alerte. Preuve que face aux feux extrêmes, l’action est possible.

Les incendies de 2026 seront-ils le déclic ? Les pompiers l’espèrent. Car sans moyens, sans anticipation, et sans volonté politique, la France continuera de brûler. « On tire les leçons de la catastrophe », disent les rapports. « On passe à l’action », réclament les pompiers. Le temps presse.

Dominique Gerbault

Cabestany. Antenne : SFR défend une procédure « faite dans les règles » (L’Indep)

L’opérateur estime que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé.

Le différend entre SFR et les opposants à la nouvelle antenne relais se poursuit. L’opérateur conteste les accusations de la mairie et du collectif concernant l’affichage préalable à l’installation du pylône.

« Tout a été absolument fait dans les règles, affirme Isabelle Simon, déléguée régionale SFR, et nous l’avons réitéré lors de notre réunion avec la mairie lundi 11 août ».

Selon l’opérateur, le projet a été engagé en 2025 après le constat d’un défaut de couverture. La possibilité d’utiliser un pylône existant aurait d’abord été étudiée, mais écartée pour des raisons techniques.

SFR indique avoir déposé une déclaration préalable en décembre 2025, puis assuré l’affichage réglementaire. Des constats réalisés par un commissaire de justice en janvier, février et mars, avec géolocalisation et photographies, attesteraient de la conformité de cet affichage. L’opérateur estime ainsi que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé. « D’ailleurs, jusqu’à juillet, nous n’avons rien entendu ».

Le pylône ayant désormais été construit, SFR exclut son déplacement, qui représenterait selon lui « des coûts énormes qui ne nous reviennent pas ».

Les antennes ne sont toutefois pas encore installées : l’opérateur dit attendre que les échanges avec la maire permettent d’apaiser et de clarifier la situation.

Sur les inquiétudes sanitaires, SFR rappelle « qu’il applique les normes réglementaires européennes et françaises » et souligne « que des mesures indépendantes du champ électromagnétique pourront être réalisées une fois le relais mis en service ».

SFR assure enfin que son objectif reste d’améliorer la couverture du secteur et d’apporter un service, tout en affirmant vouloir poursuivre le dialogue avec la mairie et les habitants.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 15 août 2026)

Laurent Guilloteau. « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers » (La Marseillaise)

Laurent Guilloteau, membre du collectif CGT des SDIS, participe ce jeudi au rassemblement de l’intersyndicale des Sapeurs-Pompiers devant le ministère de l’Intérieur à Paris.

La Marseillaise : Le rassemblement prévu ce jour devant le ministère de l’Intérieur est organisé par les neuf organisations syndicales représentatives des Sdis précisez-vous dans un communiqué unitaire. C’est inédit ?

Laurent Guilloteau : Dans ce sens, oui. Cela fait un an que les neuf organisations syndicales sont unanimes sur le constat qui a été dressé dans ce communiqué et que nous sommes entièrement d’accord sur l’ensemble des revendications. La Sécurité civile a, aujourd’hui, le pantalon sur les chevilles. La politique d’austérité du gouvernement et les coupes budgétaires qu’ont subies les conseils départementaux et les communes ont impacté les Sdis. Nos principales revendications ont toutes un lien avec le financement. L’un des principaux axes, c’est le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels. Sur l’année 2025, on a plus de 2 200 lauréats du concours. Mais certains de l’édition précédente, donc 2023, n’ont toujours pas été recrutés, faute de budget.

La Marseillaise : Cette politique austéritaire explique-t-elle pourquoi les sapeurs pompiers volontaires – non limités en heures – sont davantage sollicités au détriment des sapeurs pompiers professionnels ?

Laurent Guilloteau : Totalement. Aujourd’hui, la faute est à un plafond horaire annuel qui est de 2 256 heures et qu’on ne peut pas dépasser. Pourtant, il y a un texte de loi de 2023 qui permet de libérer des sapeurs-pompiers professionnels sur leur temps de travail. Sauf que les directeurs sont ultra-réticents à détacher du temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels au profit des autres départements, dont ils disent pourtant être solidaires. Ils préfèrent les envoyer sur leurs repos ou leurs congés, et sur le statut de sapeurs-pompiers volontaires, parce que du coup, ils ne perdent pas de temps de travail. Il est impensable de se dire qu’on se prive d’une ressource quantitative et qualitative sous l’effet d’un statut alors que, concrètement, on est agent de la fonction publique territoriale.

La Marseillaise : Vous entendez peser sur le prochain Projet de loi de finances pour 2027 ?

Laurent Guilloteau : Il est vrai, comme le dit Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur], que la Sécurité civile a vu une augmentation de son budget alloué au titre des derniers projets de loi de finances. Mais ce que le ministre oublie de dire, c’est que si on fait un ratio de ce que pèse aujourd’hui la Sécurité civile – un des derniers services publics qui arrive encore à fonctionner, malgré les difficultés et les contraintes que l’on peut rencontrer – par rapport à l’investissement qui a été mis sur les projets de loi de finances, notamment pour les JO 2024, pour les Armées et pour la Sécurité intérieure, on est très loin du compte. Alors oui, on va interagir sur le projet de loi de finances. C’est vital à l’échelle nationale. On a loupé le coche après la saison des feux de 2022 où il aurait fallu déjà revoir les budgets des services départementaux d’incendie et de secours. Cela va être difficile à rattraper aujourd’hui avec toutes les coupes budgétaires que présente M. Macron…

La Marseillaise : Que peut-on retirer du Beauvau de la Sécurité civile ?

Laurent Guilloteau : Le ministère de l’Intérieur et le gouvernement ont fait des groupes de travail pour occuper le temps et le terrain. Pendant ce temps-là, ils ont oublié d’agir et de sortir le projet de loi prévu à l’issue de ces travaux. Depuis, on a vu défiler plusieurs ministres que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et aujourd’hui Laurent Nuñez.
La Sécurité civile est-elle dans les priorités du gouvernement ? C’est notre interrogation. Je vous le dis, la réponse c’est non. Si on était vraiment dans les préoccupations du gouvernement, il aurait mis en place dans les projets de loi de finances et dans le Beauvau des mesures pour faire avancer la Sécurité civile.

La Marseillaise : Cette saison des feux est particulièrement dévastatrice. Si des investissements ne sont pas rapidement faits dans la Sécurité civile, au vu du réchauffement climatique, les prochaines seront pires ?

Laurent Guilloteau : La synthèse est la bonne. Les saisons comme 2026 vont devenir la norme. Le feu de forêt devrait être enseigné dans le risque courant. Depuis combien d’années on parle du réchauffement climatique et de son impact ? Les canicules, on en a déjà eu. On se rappelle de 2003 et des premières, dévastatrices, qui ont causé énormément de morts. Le ministre de l’Éducation nationale, a dit [le 26 juin 2026 ndlr], que le gouvernement avait anticipé la canicule. Si on avait anticipé, on n’aurait pas provoqué la fermeture de classes parce qu’il y faisait 35 degrés. S’il y a une chose que le gouvernement n’a pas faite, c’est d’anticiper.
Si on était vraiment prêts et si on avait été en capacité de répondre au moment voulu sur des feux majeurs en même temps sur l’ensemble de territoire, on n’aurait pas eu à épuiser la ressource au 31 juillet, que ce soit de sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et de personnels administratif, technique et spécialisé. Ce sont des gens dont on parle très peu et qui font aujourd’hui fonctionner les Sdis dans la partie administrative, la réparation des véhicules et le maintien de nos unités opérationnelles. Sans tous ces gens-là qu’on a sollicités durant un mois, corvéables à merci, durant des heures, en s’asseyant sur leurs périodes de repos et aussi leur période de congé, ça n’aurait pas existé.

La Marseillaise : La polémique autour de la commande de Canadairs est-elle justifiée ? Qu’est-ce que cela aurait pu changer sur le terrain ?

Laurent Guilloteau : Les Canadairs, c’est comme un camion-citerne feux de forêts, quand il tourne toute la journée, le lendemain, il a besoin d’une maintenance. Il y a des matins où il n’y en avait que 5 disponibles. Puis, l’après-midi, il y en avait peut-être 7 ou 8. Et le lendemain matin, on redescendait à 5. On parle souvent des machines mais il faut aussi prendre en compte les horaires de vol du pilote à l’intérieur, qui doit avoir une certaine lucidité durant toutes les missions qu’on lui demande. Souvent, ça aussi, ça nous fait défaut.

Le travail de précision des Canadairs ne pourra jamais être remplacé par les hélicos supplémentaires qui ont été loués. Les Canadairs ont une capacité et une force de frappe qui est quand même différente. Gabriel Attal, lorsqu’il était Premier ministre, a sérieusement amputé le budget de la Sécurité civile, et notamment dans l’achat de cette flotte aérienne. Si deux Canadairs de plus avaient été présents sur les chantiers de Gironde, ils auraient peut-être compensé la maintenance qui était obligatoire pour l’aspect sécuritaire du personnel en vol et au sol.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 13 août 2026)

Des militants communistes aux péages (L’Indep)

Dernièrement, aux trois postes de péage de l’autoroute (Perpignan Nord et Sud, Le Boulou) des Pyrénées-Orientales, des militants communistes ont distribué 6 000 tracts aux usagers sortants ou entrants sur l’A9. L’objectif était de « souhaiter la bienvenue aux vacanciers tout en dénonçant le racket pétrolier et autoroutier. » Les militants souhaitaient aussi « présenter la situation économique et sociale peu enviable du département et dénoncer les profiteurs de guerre qui amassent des fortunes quand l’argent public manque pour lutter contre les incendies, protéger les femmes et les enfants des violences, donner les moyens à la justice, aux hôpitaux aux écoles les moyens de travailler au service des populations ».

L’Indépendant, le 13 août 2026

Ille-sur-Têt. Les jardins familiaux menacés d’être rasés interdits d’accès (L’indep)

Menacés d’être rasés par la mairie car situés dans un couloir de feu, les jardins familiaux d’Ille-sur-Tet sont interdits d’accès aux usagers selon un arrêté municipal publié le mardi 11 août. Une décision prise dans un contexte tendu entre les habitants concernés et la municipalité depuis l’immense incendie de Trévillach, d’Ille-sur-Têt et des environs.

« Tristes. Dégoûtés. » Celles et ceux qui entretenaient depuis des décennies les jardins familiaux d’Ille-sur-Tet, au lieu-dit le Tuire, ne cachaient pas leur amertume, hier, en découvrant à l’entrée un arrêté municipal intitulé « Interdiction d’accès à un espace publie pour raisons de sécurité publique ».

Une plainte déposée

Signé du mardi 11 août 2026, ce document faisait savoir que les lieux étaient interdits « à toute personne non autorisée, jusqu’à nouvel ordre ». Considérant qu’il y a « un risque pour la sécurité des personnes en raison de son état de dégradation » et que « des personnes étrangères à la propriété concernée pénètrent sur les lieux, s’exposant ainsi à des risques graves portant atteinte à la sécurité publique ». Selon les informations de L’Indépendant, il intervient deux jours après une altercation qui se serait produite entre des personnes entretenant les jardins familiaux et un élu.

Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, après qu’une personne se serait vue infliger un coup ayant entraîné, à la suite de plusieurs examens médicaux, une ITT (Incapacité Temporaire Totale) de deux jours. En fonction de l’évolution des investigations, la municipalité se réserve le droit d’agir en justice.

Pour rappel, cette décision s’inscrit dans un contexte où il y a quelques semaines après le feu immense qui a parcouru Trévillach, Ille-sur-Tet et les environs, les occupants des jardins familiaux apprenaient que la municipalité allait raser les parcelles, cultivées et peuplées d’animaux de basse cour, car situées « dans un couloir de feu qui longe de Casenoves jusqu’au chemin de Regieille », d’après le maire Alain Fabresse. Il expliquait alors à L’Indépendant vouloir « repenser tout l’aménagement du territoire » tout en réfléchissant à des solutions de repli pour satisfaire les familles qui n’avaient pas encore de nouveau lopin de terre à entretenir.

Un bras-de-fer s’enclenchait alors entre les parties. Au point, pour les usagers des jardins familiaux, d’organiser une manifestation sous les fenêtres de l’hôtel de ville au début du mois d’août. En cause, selon eux, non seulement la privation de leur coin de verdure mais aussi « le manque de communication du maire » disaient-ils alors à L’Indépendant. Ils envisageaient même, « si le maire ne nous répond pas », à se « mobiliser » lors d’une « réunion publique avec la mairie », ou encore en organisant « une grande manifestation paysanne ». À ce jour, « nous attendons toujours un rendez-vous. Et nous n’avons toujours rien », déploraient auprès de L’Indépendant les principaux concernés.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 13 août 2026)

« Il est de ma responsabilité de protéger ces gens-là »

« Ce n’était plus possible d’avoir des parcelles en l’état, la réalité est là. Il est de ma responsabilité de protéger ces gens-là. »

Contacté par L’Indépendant, le maire Alain Fabresse justifiait la publication de son arrêté municipal vu « les parcelles des jardins familiaux du lieu-dit le Tuire pas toujours entretenues, et la présence de ferraille, de bonbonnes de gaz, de bâti, de barbecues… Là ou le feu du mois de juillet est passe. Vous vous rendez compte, pour les habitations de la rue Mouillard à proximité, la situation aurait pu être catastrophique.

Il certifiait, qu’avant parution dudit document, « le 21 juillet et le 11 août, des courriers ont été envoyés aux intéressés pour leur signifier la situation et des élus sont allés à leur rencontre pour les prévenir de nos attentes et notre demande à quitter les lieux dans les meilleurs délais comme le stipule le contrat qui lie la municipalité aux occupants des jardins familiaux. Après, chacun dit qu’il reçoit ou pas… » Et précisait, « que si l’on veut me voir, il n’y a aucun problème, mais il faut être résident d’Ille-sur-Têt ». Il rappelait enfin « que des parcelles sont disponibles aux jardins familiaux Henry Demay (situés à proximité du camping municipal Le Colomer, NDLR) » et « qu’une véritable réflexion va être enclenchée sur notre territoire face au danger des feux ». En effet, sur au moins 3 kilomètres, depuis Casenoves jusqu’au lieudit de Régleille, « tout un axe le long de la rive gauche de la Têt pourrait voir une requalification de ces espaces pour du pastoralisme, de l’agriculture, de la viticulture, des jardins botaniques pour faire tampon ».

La. Ca (L’Indépendant, le 13 août 2026)

Fin du double impôt pour certains salariés de l’hôpital de Cerdagne (L’Indep)

Au terme de plusieurs années de démarches techniques, institutionnelles et diplomatiques menées entre les autorités compétentes espagnoles et françaises, le GECT – Hôpital de Cerdagne a obtenu la suppression de la double imposition qui concernait une partie de ses professionnels transfrontaliers.

Depuis l’ouverture de l’hôpital transfrontalier de Puigcerdà (situé en territoire espagnol) en 2014, les travailleurs espagnols habitant en France à moins de 20 km de la frontière étaient considérés comme résidents fiscaux en France, conformément à la Convention du 27 juin 1973 sur les travailleurs transfrontaliers. Mais en novembre 2023, l’Hisenda, Agence fiscale espagnole, a envoyé des notifications réclamant à 33 travailleurs espagnols vivant en France, cinq ans d’arriérés fiscaux. Or, payer deux fois des impôts dans des pays membres de l’Union européenne est contraire au droit européen. « Ces notifications se fondaient sur le fait que le GECT-Hôpital de Cerdagne était une entité publique dépendante de la Generalitat de Catalunya et par conséquent, intégrée dans l’Administration de l’État », expliquait le Dr Xavier Conill, directeur général de l’établissement. « Le point de vue de l’Agence fiscale espagnole a été contesté avec nos avocats puisque l’hôpital est cogéré, cofinancé à la fois par la France et par la Catalogne. Nous catégoriser comme un établissement public espagnol nous semblait erroné », ajoute Grégory Guibert, directeur général adjoint. Certains travailleurs transfrontaliers de l’hôpital avaient dû contracter un emprunt pour faire face à la double imposition, l’Espagne réclamant jusqu’à 100 000 €. D’autres ont traversé une dépression devant cette injustice.

L’équipe de l’hôpital a travaillé à la défense de son personnel avec l’Agence Régionale de la Santé, Cat Salut, le Département économique et financier de la Generalitat de Catalunya, la Direction Générale des Finances Publiques, des élus locaux, les sénateurs Lauriane Josende et Jean Sol, des parlementaires européens, l’ambassade, le comité d’entreprise et les syndicats. « Nous avons constaté que tout le monde se ralliait à notre point de vue, c’est-à-dire que nous ne pouvions pas être considérés comme une administration publique espagnole. Le point de vue de la DGFIP à Bercy, totalement aligné sur la position de l’hôpital a été fondamental. Nous y avons rencontré des interlocuteurs exceptionnels qui ont joué un rôle majeur pour faire aboutir ce dossier » dit encore Grégory Guibert.

Une fois le désaccord établi entre les deux administrations fiscales, ces dernières ont débattu pour trouver une solution dans le cadre de la procédure amiable prévue par la Convention fiscale franco-espagnole du 10 octobre 1995, article 26. « Les autorités fiscales des deux pays ont convenu que compte tenu de la singularité et binationalité du groupement européen de coopération territoriale bénéficiant d’un financement d’une gouvernance partagée, les rémunérations des professionnels transfrontaliers étaient imposables exclusivement en France », a résumé le Dr Xavier Conill. Lors de la dernière réunion de conciliation en octobre 2025, l’État espagnol s’est aligné sur la France et a supprimé la double imposition.

En application de cet accord, les 33 travailleurs ont tous été remboursés, avec des intérêts moratoires, des sommes indûment versées à l’Espagne. Le chapitre douloureux de la double imposition est désormais clos.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 12 août 2026)

Communiqué de la coordination européenne pour les droits humains au Maroc. La tragédie de Ceuta et Melilla : une tragédie et de lourdes responsabilités

Lorsque des dizaines de milliers de citoyens marocains, majoritairement des jeunes, se jettent à la mer et risquent leur vie dans l’espoir d’atteindre les côtes européennes en quête d’une vie meilleure, cela constitue une tragédie humaine sans précédent.

Selon les chiffres publiés par les autorités espagnoles, cette tragédie a fait plus de 120 morts, ainsi que des centaines de blessés et de personnes souffrant de lésions corporelles ; un bilan qui risque de s’alourdir.

Quelles que soient les circonstances de cette migration massive, quels que soient les acteurs ou groupes à l’origine de cette migration et leurs motivations, l’ampleur de la tragédie exige un examen critique des responsabilités politiques et humanitaires, tant au niveau européen que marocain.

Premièrement : La responsabilité des politiques européennes

La tragédie de Ceuta et Melilla est indissociable du caractère inégal et injuste des relations entre les pays du Nord et du Sud, et des profonds déséquilibres économiques et sociaux que ces relations ont engendrés. Cette situation résulte également de politiques européennes inhumaines en matière d’immigration, qui ont instrumentalisé les immigrés à des fins politiques par la droite européenne pour accroître son influence et masquer les véritables causes de la crise sociale qui frappe les classes populaires en Europe. La montée des mouvements racistes et d’extrême droite a exacerbé les difficultés matérielles et psychologiques rencontrées par les immigrés, au moment même où les économies européennes ont un besoin croissant de main-d’œuvre qualifiée et d’immigrés dans divers secteurs. Pour tenter de résoudre ce paradoxe, les États membres de l’UE délèguent la surveillance de leurs frontières extérieures à leurs voisins, les transformant de facto en forces de sécurité chargées de faire appliquer la loi et de réprimer par procuration, en échange d’aide et de compensations financières. La gestion de l’immigration ne saurait se fonder uniquement sur une approche sécuritaire, ni sur la transformation des pays du Sud en gardiens des frontières de l’Europe. Elle doit impérativement reposer sur le respect des droits humains, s’attaquer aux causes économiques et sociales profondes des migrations et établir des voies de circulation et de migration légales et sûres.

Deuxièmement : La responsabilité des autorités marocaines

Dans la tragédie de Ceuta et Melilla, les autorités marocaines portent une responsabilité, principalement à trois niveaux :

  1. C’est une tragédie qui révèle l’échec du modèle économique et social. Le fait que des dizaines de milliers de citoyens marocains aient risqué leur vie pour quitter leur patrie n’est pas un simple phénomène migratoire qui se réduise à un désir individuel de voyager. C’est avant tout un indicateur très inquiétant de la profondeur de la crise sociale et de l’incapacité des politiques publiques à offrir les conditions d’une vie digne à de larges pans de la population, notamment les jeunes. Lorsque la mer, malgré ses dangers, devient un horizon plus attrayant que l’avenir du pays, cela s’impose un examen approfondi des politiques économiques et sociales qui n’ont pas su garantir les droits fondamentaux des citoyens à l’éducation, à la santé, au travail, au logement et à un niveau de vie décent, et qui, au contraire, ont conduit à une concentration croissante des richesses et du pouvoir économique entre les mains d’une minorité.
  2. La migration instrumentalisée. Les autorités marocaines abordent la question migratoire sous un angle étroit, mercantile et sécuritaire, considérant la migration non seulement comme une source de devises étrangères, mais aussi en faisant de la situation géographique du Maroc un atout dans les négociations avec les pays européens. Il est nécessaire d’établir une politique indépendante et équitable dans les relations avec l’Union européenne, fondée sur le respect des droits humains et des droits des citoyens marocains, plutôt que sur une approche purement sécuritaire ou sur l’acceptation du rôle de « garde-frontière » européen en échange d’une compensation financière. Par ailleurs, la protection des citoyens marocains à l’étranger et la défense de leurs droits contre le racisme et la discrimination devraient constituer un pilier fondamental de la politique étrangère marocaine.
  3. La responsabilité de l’État en matière de protection des citoyens. La récente tragédie soulève de sérieuses questions quant à la manière dont des dizaines de milliers de personnes – le ministère marocain de l’Intérieur a évoqué environ 40 000 personnes, tandis que d’autres sources font état de chiffres allant jusqu’à 60 000 – ont pu se déplacer de différentes régions du Maroc, notamment par bus et camion, vers la région de Ceuta, sans que ces mouvements de masse n’attirent l’attention des services de sécurité. Ceci soulève, en particulier, la question de savoir dans quelle mesure les institutions étatiques, disposant de ressources humaines considérables et d’équipements technologiques modernes, ont assumé leur devoir de protéger la vie des citoyens et de prévenir une telle catastrophe. Quels que soient les responsables de cette tragédie et quelles que soient leurs motivations politiques ou matérielles, l’État marocain a la responsabilité de protéger la vie de ses citoyens et d’assurer leur sécurité. Il a manqué à cette responsabilité, ce qui exige une enquête, la mise en cause des responsabilités et des poursuites judiciaires. Ce qui rend cette tragédie encore plus amère, et qui envoie un message douloureux quant à la valeur accordée à la vie des citoyens dans les politiques officielles, c’est le refus de l’État de décréter, ne serait-ce que par solidarité et par simple décence humaine, une journée nationale de deuil pour les victimes de cette catastrophe.

Nos revendications

Nous, la Coordination européenne pour les droits humains au Maroc, exprimons notre profonde tristesse et notre entière solidarité avec les citoyens marocains qui ont risqué leur vie en mer dans l’espoir d’une vie meilleure.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et exigeons de l’État marocain ce qui suit :

  • Premièrement : Une enquête indépendante, transparente et exhaustive doit être menée afin d’identifier les responsables de l’organisation ou de l’orchestration de cette migration massive, de faire éclater la vérité sur les événements et de déterminer les responsabilités des différentes agences et institutions concernées, notamment les raisons de leur inaction face à cette tragédie. Les résultats de cette enquête doivent être rendus publics.
  • Deuxièmement : Les politiques économiques, sociales et politiques qui n’ont pas permis de garantir des conditions de vie décentes aux citoyens dans leur propre pays doivent être réexaminées. Un véritable débat public sur les alternatives de développement doit être engagé et la responsabilité politique des politiques ayant conduit à cette situation doit être établie.
  • Troisièmement : Établir une politique d’immigration fondée sur le respect des droits humains, refuser de réduire le Maroc à un simple instrument de sécurité pour la protection des frontières européennes et nouer une relation d’égal à égal avec l’Union européenne, plaçant le respect des droits humains et des droits des migrants et des citoyens marocains au cœur de toute coopération en matière de migration.
  • Quatrièmement : Défendre efficacement les membres de la communauté marocaine en Europe contre le racisme, la discrimination et les discours de haine, et s’opposer aux politiques européennes qui instrumentalisent les migrants à des fins de compétition politique interne et de montée de l’extrême droite. La mort de Abderrahim Fakir à BOLOGNE en Italie vient nous rappeler la nécessité de nous mobiliser pour défendre les droits des immigrés.
  • Cinquièmement : Instaurer une véritable démocratie permettant aux citoyens et à leurs organisations civiles, syndicales et politiques de participer pleinement à l’élaboration des politiques publiques et à la réévaluation des choix économiques et sociaux qui se sont révélés inefficaces. Dans ce contexte, nous réitérons notre demande d’une amnistie générale et complète pour tous les prisonniers politiques et d’opinion, de la fin des poursuites liées à la liberté d’expression et de la fin de l’exil et de la persécution des dissidents en raison de leurs positions et opinions.

La tragédie de Ceuta n’est pas un simple incident tragique lié à la migration ; c’est un avertissement social, politique et humanitaire d’une gravité extrême. Lorsque la mer devient un choix plus abordable que sa propre patrie, c’est le signe évident d’une crise au sein d’un État, d’une société et de politiques qui ont perdu tout repère moral et humanitaire. Ce n’est pas le moment de se justifier ni de se taire, mais celui d’une prise de responsabilité radicale qui place toutes les obligations avant la vérité : la vie des citoyens n’est pas un simple chiffre dans les calculs politiques, mais une priorité absolue qui ne souffre ni report ni compromis.

Les rendez-vous de l’été au Mémorial du camp de Rivesaltes (L’indep)

Entre scénographie modernisée centrée sur le destin des internes et deux expositions temporaires sur l’exil et le maquis, l’institution des Pyrénées-Orientales réinvente sa transmission de l’Histoire.

Au Mémorial du camp de Rivesaltes, l’espace permanent vient d’être modernisé. Entre parcours scénographique et expositions inédites, la mémoire se transmet ici au présent. « La refonte de l’espace met en lumière les trajectoires individuelles, les visages et les destins des personnes qui ont été internées dans ce camp des Pyrénées-Orientales », est-il écrit. « Le nouveau parcours permanent intègre des documents d’archives, des témoignages poignants et des œuvres d’art pour retracer au plus près le quotidien et la mémoire des internés ».

Deux expositions en cours

Deux expositions temporaires explorent les déchirures du XX siècle et les chemins de la liberté. L’exposition temporaire « Routes du maquis » est proposée jusqu’au samedi 22 août. Cette exposition temporaire retrace les itinéraires clandestins empruntés par les guérilleros anti-franquistes entre la France et l’Espagne, de 1945 jusqu’aux années 1950.

À travers des photographies, des témoignages poignants et des archives locales, l’exposition rend hommage au courage de celles et ceux qui ont poursuivi la lutte contre la dictature au péril de leur vie.

Avec l’exposition « Les jours clairs sont rares », il s’agit du second volet de la programmation liée à la sensibilité et à la création artistique.

Jusqu’au 3 février 2027, on peut admirer cette exposition temporaire. S’inscrivant dans le cadre du projet transfrontalier L’art en exil, mené conjointement avec les musées d’art moderne de Collioure et de Céret, cette installation rassemble des peintures, des sculptures, ainsi que des mosaïques. Toutes ces œuvres ont été réalisées par des artistes ayant personnellement vécu l’exil entre 1920 et 1945.

R. J. (L’Indépendant, le 10 août 2026)

La visite se déroule en autonomie complète sur le site (parcours extérieur et expositions). Durée approximative: deux heures. Tarif plein: 9,50 €; réduit (demandeurs d’emploi, étudiants, groupes à partir de 10 personnes, pass patrimoine), 6,50 €. Le visio guide « Les voix du Mémorial » est inclus dans le prix du billet d’entrée.