Médipôle et Saint-Pierre reconduisent la grève, Le Floride suspend ses débrayages (L’Indep)

Ce lundi, au 18e jour de grève des cliniques privées du groupe Elsan, la mobilisation se poursuivait dans les établissements Saint-Pierre, Médipôle Saint-Roch et le Floride au Barcarès. La journée a démarré par un barrage filtrant au rond-point des Arcades à Perpignan pour le personnel de la clinique Médipôle Saint-Roch à Cabestany, dès 7 h 30. Les soignants ont distribué des tracts aux automobilistes et échangé avec la population sur les raisons du mouvement de grève. Après leur assemblée générale, les déléguées syndicales, Anne-Laure Attani (CGT) et Hélène Masse (CFDT), étaient reçues à 11 par le directeur Valéry Folcher. Avec des revendications qui restent inchangées : maintien du 13e mois, meilleures conditions de travail et reconnaissance des salariés.

Mais face à la situation, les personnels déclaraient en amont « quelle que soit l’issue de cette réunion, la grève est reconduite pour demain ». Les soignants de la clinique Médipôle Saint-Roch communiquaient aussi sur les finances de l’établissement après un point avec un expert-comptable : « La clinique avait largement les moyens de payer le 13e mois, cette année encore, des bénéfices ont été réalisés puis reversés au siège. Il n’y a donc aucune excuse économique valable ».

Mais, à l’issue du rendez-vous, « aucune avancée concernant notre demande du 13e mois » n’a été faite. Les représentants ont transmis à la direction les revendications des salariés concernant les conditions de travail: changements de services abusifs, manque de remplacement, pression quotidienne, organisation des équipes… « Le dialogue social reste bloqué. La direction refuse toujours de communiquer le chiffrage réel de nos demandes malgré nos sollicitations », communiquaient les syndicats, « La grève est reconduite ».

Saint-Pierre poursuit, Le Floride suspend ses débrayages

Du côté de la clinique Saint-Pierre, le mouvement courait toujours aussi hier. Tout comme les négociations avec le directeur, Julien Coulomb. « Nous lui avons dit que si nous avions 500 € de prime pérenne et 200 € de prime de partage de la valeur (PPV), nous reprendrions le travail. Mais sa contre-proposition était de 400 € et 110 €. Les salariés sont très en colère. La grève va continuer », confiaient les déléguées syndicales.

À la clinique Le Floride au Barcarès, les personnels étaient reçus par la direction, Marc Flury, hier matin à 10h. « Il nous propose l’ouverture immédiate des négociations annuelles avec à l’ordre du jour nos revendications. Nous avons fait une assemblée et voté à l’unanimité la suspension des débrayages dans l’attente d’action concrète », expliquait Théo Bassi, délégué syndical Cfdt. Pour rappel, les personnels de ce centre de rééducation du groupe Elsan contestaient l’absence de 13e mois, de prime de participation, de prime d’intéressement ou encore de prime de présence.

Laura Morales (L’Indépendant, le 12 mai 2026)

« Un tiers des aidants décèdent avant leur proche aidé » (L’Indep)

Les aidants familiaux sont au cœur d’un enjeu social majeur. Dans les Pyrénées-Orientales, près de 80 000 personnes soutiennent un proche dépendant. Une nouvelle plateforme leur offre des ressources et un accompagnement adapté.

C’est parfois un enfant, un conjoint, un parent ou un grand-parent… En France, une personne sur cinq accompagne un proche en perte d’autonomie, en situation de handicap ou de maladie chronique. Ces personnes, de tous âges, deviennent ainsi des « aidants », même sans le savoir.

Dans les Pyrénées-Orientales, ils sont « environ 80 000, avec une part de mineurs et une surreprésentation des femmes », selon les données du Département. Ainsi, Françoise Fiter, vice-présidente en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, a insisté sur la nécessité de « mener une politique départementale prioritaire à destination de ces aidants ». « Ils ne prennent pas la mesure du rôle qu’ils occupent. Ils peuvent être impactés sur le plan familial, santé ou professionnel », ajoute-t-elle. En effet, un aidant sur deux est en activité professionnelle à côté de l’accompagnement de son proche.

Ce lundi 11 mai, la plateforme nationale « Ma boussole aidants » a été introduite, un projet visant à mieux les soutenir, en partenariat avec l’institution de retraite complémentaire Klesia Agirc-Arrco.

« Elle permet de faire passer l’information, de mieux prendre en compte les besoins des aidants et de centraliser les aides ». Disponible via le site du Département, il est possible d’accéder aux aides et services adaptés à sa situation : accompagnement, soutien à domicile, démarches administratives ou conseils pratiques. Mais aussi de retrouver des rendez-vous dédiés aux aidants : ateliers, conférences, groupes d’échange ou temps d’information. Chaque donnée est adaptable selon le lieu, le profil et la situation de son proche.

Parmi les services recensés, on retrouve notamment la rubrique « vacances/séjours de répit » ou « S’absenter », qui permet aux aidants de confier leur proche à un organisme adapté. Une assistance importante pour qu’ils puissent se reposer, quand on sait qu’un tiers des aidants décèdent avant leur proche aidé.

Cette plateforme est utile également pour les structures professionnelles. Agly côté aidants par exemple, intervient sur le territoire des Fenouillèdes et propose des actions individuelles et collectives avec des permanences d’informations, de soutien ou de bien-être.

Pour la directrice, cette idée va être utile en termes de communication. « Sur un territoire comme le nôtre, c’est très compliqué, on va souvent démarcher mais ça prend beaucoup de temps. C’est intéressant aussi de savoir ce que font les différents professionnels ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 12 mai 2026)

La plateforme « Ma boussole aidants » est disponible sur le site Ledépartement66.fr, rubrique « A mon service », section « Seniors ».

Communiqué du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples. Le RN se découvre

Les premiers jours du mois de mai ont laissé apparaître combien de nombreux cadres du rassemblement national s’inscrivent effectivement dans l’histoire de l’extrême droite française, collaborationniste et antidémocratique.

Le 1er mai, à Liévin (Pas de Calais) les organisations syndicales sont écartées de la cérémonie d’hommage aux mineurs ; selon le maire, il s’agit de les priver d’une occasion de propagande. A Saint-Avold (Moselle), le maire interdit la tenue de la fête de la CGT dans un jardin public de la ville.

Lors de la commémoration du 8 mai, le chant « Maréchal nous voilà » a été diffusé sur les hauts parleurs de la ville de Carpentras (Vaucluse) ! Il s’agirait d’une erreur que la municipalité attribue au prestataire. Dans une autre commune dirigée par le RN, Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), la même « erreur » a été commise.

A Vierzon (Cher), c’est la cérémonie de commémoration de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions qui se tenait chaque 10 mai place Aimé Césaire qui a été annulée par le maire RN au prétexte de faire des économies ! Le MRAP est au côté des citoyens et citoyennes qui dans la ville ont maintenu cette célébration affirmant que l’esclavage est un crime contre l’humanité et fait partie de l’histoire de France.

Ces décisions quels que soient les prétextes avancés, les tentatives de normalisation butent toujours sur les mêmes références d’extrême droite, racistes et déniant toute autonomie aux travailleurs.

Plus que jamais, le combat contre les idées d’extrême droite s’impose aux citoyens et citoyennes, à leurs organisations pour empêcher l’arrivée au pouvoir du RN et de ses alliés. Le MRAP appelle à la plus grande vigilance et à l’unité pour faire vivre la démocratie, reconnaître les crimes commis au cours de l’histoire.

MRAP

L’édito du webzine. Le pari risqué de Jean-Luc Mélenchon pour 2027

En avril 2022, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2027 après trois échecs successifs. Pourtant, le 3 mai 2026, il déclare sa candidature malgré des sondages défavorables. Même qualifié au second tour, il plafonnerait à moins de 35 % face à un candidat RN.

En 2022, Mélenchon avait dépassé les pronostics profitant d’un vote contestataire contre Macron et d’un report des voix de gauche pour faire barrage au RN. Il s’imagine incontournable dans une gauche divisée qu’il contribue à fragmenter. Il espère un ralliement anti-RN au second tour, incluant une partie des macronistes.

Mais 2027 n’est plus 2022, le contexte a changé, l’enjeu n’est plus seulement de battre Macron ou de faire barrage au RN, mais de répondre à une anxiété économique et sociale croissante, qui profite au RN.

2027 n’est plus 2022

Le RN est en position de force, il a le soutien des élites économiques. Il est perçu comme un rempart pour la « paix civile ». Le RN bénéficie d’un traitement médiatique favorable et les sempiternelles dérapages de Mélenchon sont amplifiés. Résultat : 54 % des Français veulent empêcher Mélenchon d’accéder au second tour contre 37 % pour Bardella.

Mélenchon refuse toute union de la gauche préférant miser sur un ralliement forcé des autres partis. Si son électorat, notamment urbain, se renforce, c’est au détriment des autres composantes de gauche. L’assise totale de la gauche stagne à 30 % des intentions de vote.

L’ancien trotskiste semble oublier les avertissements de son mentor, Léon Trotski. Dans une lettre aux communistes allemands avant les élections générales de 1933, il mettait en garde contre le refus d’alliance avec les sociaux-démocrates : « C’est vrai, vous progressez… mais le parti national-socialiste (celui de Hitler) progresse plus vite que vous. » On connaît la suite…

Dominique Gerbault

Grève dans les cliniques : le combat continue (L’Indep)

Statu quo ce week-end dans les deux cliniques perpignanaises du groupe Elsan dont une partie des salariés sont en grève depuis le 24 avril.

Selon le syndicat CGT de la clinique Saint-Pierre, lors des négociations qui se sont tenues ce vendredi avec la direction, cette dernière a un peu fait évoluer ses propositions. Mais pas suffisamment pour convaincre les salariés de mettre fin au mouvement. Ce samedi matin, ces derniers ont décidé de reconduire la grève jusqu’à lundi matin. Tandis que du côté de la polyclinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, une nouvelle assemblée générale est programmée le même jour à 10 heures pour décider des suites de la mobilisation.

Pour mémoire, les salariés des deux cliniques réclament une amélioration de leurs conditions de travail, ainsi que des mesures destinées à maintenir leur pouvoir d’achat.

A. A. (L’Indépendant, le 10 mai 2026)

Guillaume Roubaud-Quashie. « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste » (La Marseillaise)

Guillaume Roubaud-Quashie est historien et porte-parole du PCF. Le parti fête les 90 ans du Front populaire avec une série d’initiatives qui se déroulent ce samedi, place Colonel Fabien, à Paris. Il revient sur l’importance de cette journée.

La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

La Marseillaise : C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

Guillaume Roubaud-Quashie : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13 %. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

La Marseillaise : Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

Guillaume Roubaud-Quashie : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

La Marseillaise : Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

Guillaume Roubaud-Quashie : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

Entretien réalisé par Amaury Baqué (La Marseillaise, le 9 mai 2026)

Le billet de Jean-Michel Galano. Derrière la défaite de Keir Stammer, la réalité de l’extrême-droite

Quand un voyageur britannique débarque du ferry à Calais, au Havre ou à Dunkerque, il ne découvre pas des drapeaux tricolores flottant aux façades des immeubles ou fixés sur les balcons. A Folkestone à Newhaven ou à Plymouth, il est par contre habituel de voir des drapeaux britanniques (union jacks) et plus encore des dapeaux anglais (croix rouge sur fond blanc) déployés un peu partout, et notamment à où des « étrangers » ne manqueront pas de les voir. Cette manifestation décomplexée d’un nationalisme agressif et chauvin s’était déjà traduite dans les rues il y a deux ans, avec des scènes d’hystérie collective consécutives à un meurtre dont l’auteur était un jeune débrouille issu de l’immigration, consécutives aussi à une sordide histoire de réseaux de prostitution gérés par des familles pakistanaises dans le centre du pays. Il trouve cette fois sa traduction dans les urnes.

Certes, les élections locales en Grande-Bretagne n’ont pas la même portée politique qu’en France ; l’échelon communal n’a pas autant de valeur, et les pouvoirs d’un maire sont davantage symboliques que véritablement décisionnels. Il n’empêche : passé un certain seuil, les reculs et les avancées prennent un sens politique clair. Et c’est ici le cas : en perdant plus de 1.200 élus, le Parti Travailliste subit un véritable camouflet. Son recul est particulièrement sensible dans les traditionnels « bastions » du Nord et du Yorkshire, régions de tradition ouvrière paupérisées depuis plusieurs décennies où le vote pour le Labour, jards vote habituel et identitaire, état devenu au fil des années une survivance.

Ce qui est nouveau, c’est que le recul du Labour ne se fait pas au profit du Parti Conservateur, selon le mouvement de balancier qui depuis deux siècles réglait la vie politique britannique, mais au profit d’un parti d’extrême-droite relativement jeune, organisé « à l’américaine » selon les méthodes trumpistes, et dirigé par un leader, Nigel Faratge, qui joue résolument la carte du racisme, du populisme et du dégagisme.

Il importe de voir que le système électoral (scrutin uninominal à un seul tour), conçu pour institutionnaliser le bipartisme, suppose pour se perpétuer deux partis relativement unis. Or la dislocation du parti conservateur, scindé entre libéraux pro-européens et protectionnistes isolationnistes (sans compter quelques variantes pittoresques) a permis l’irruption de ce nouveau venu qu’est le « Reform party », jugé dans les sphères patronales comme plus fiable et plus maniable que les deux « vieux » partis, désormais ringardisés.

Car l’échec est double : d’un côté l Parti conservateur, malgré l’arrivée aux commandes d’une jeune dirigeante, Kemi Badenroch, particulièrement combative, mais peu rassembleuse, a déchiré son image traditionnellement rassurante et modérée, tandis que d’un autre coté le Labour, recentré sur sa droite depuis l’éviction de Jeremy Corbyn, a perdu le soutien de sa base ouvrière sans pour autant s’ouvrir aux couches nouvelles de salariés, ingénieurs, cadres, salaires des secteurs publics, techniciens, jeunes en formation. Et ce n’est pas la dénonciation morale de l’extrême-droite ni quelques promesses de réformes fiscales, et moins encore la mise au premier plan des sujets sociétaux qui permettront à Stammer d’inverser la tendance.

L’histoire risque d’être bien crolle pour celui qui n’avait cessé d’accuser Corbyn et la gauche du Labour d’être voués à l’échec électoral.

Jean-Michel Galano

8 mai 2026 : Se souvenir et agir pour la paix et pour un monde meilleur

Le 8 mai 2026 marquera le 81e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe et la défaite du nazisme.

Ce conflit, l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’humanité, a coûté la vie à plus de 60 millions de personnes. À la souffrance directe des combats se sont ajoutées celles, des irradiations générées par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, des famines, des déportations, et de l’effondrement des systèmes de santé.

Nous n’oublions pas non plus que le 8 mai 1945 fut, en Algérie, le jour des massacres coloniaux de Sétif, Guelma et Kherrata. Ce souvenir nous rappelle que la paix véritable ne peut exister sans vérité, sans justice et sans reconnaissance des violences passées.

C’est dans ce contexte tragique que l’appel « Plus jamais la guerre » a trouvé sa pleine signification. Cet appel demeure d’une brûlante actualité car aujourd’hui encore, la paix est loin d’être acquise. Des conflits sanglants déchirent le monde : en Ukraine, en Palestine, en Iran, au Liban, au Soudan, en République Démocratique du Congo, et dans bien d’autres endroits. En même temps, certaines grandes puissances mettent tout en œuvre pour le retour de la loi du plus fort avec la remise en cause de l’Organisation des Nations Unies et le piétinement du droit international.

Mais le combat pour la paix ne se limite pas aux zones de guerre. En Europe, en Amérique et ailleurs, nous assistons à une résurgence inquiétante des idéologies fascistes, racistes, xénophobes. Ces idéologies menacent la démocratie, les droits fondamentaux, le vivre-ensemble.

Face à cette situation, le Mouvement de la Paix en appelle au devoir de mémoire qui implique également un devoir de vigilance et de résistance, car se souvenir, c’est aussi refuser le retour de ces idéologies mortifères et rappeler que la paix tout comme les droits sociaux n’est pas un acquis mais bel et bien un conquis de « Nous les peuples ».

Dans le même temps le droit international (et en particulier la Charte des Nations Unies) est bafoué. Les massacres, les crimes contre l’humanité, les crimes génocidaires se succèdent.

À tout moment le monde peut basculer dans une extension mondiale de la guerre incluant la possible utilisation des armes nucléaires.

Cependant l’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense. Des luttes et des résistances se font entendre un peu partout dans le monde.

Le Mouvement de la Paix appelle aujourd’hui à une « insurrection des consciences » pour créer en France et partout dans le monde une dynamique unitaire pour la paix, la justice, le respect du droit international et de tous les droits humains.

Face aux défis immenses auxquels l’humanité entière est confrontée, il n’y a pas d’autre voie que celle de la paix et de la justice.

En ce 8 mai 2026, le Mouvement de la paix réitère son appel à toutes les forces sociales, humanistes, féministes, écologistes, syndicales, pacifistes, ainsi qu’aux défenseurs des droits humains, à s’unir dans la diversité pour agir ensemble.

L’espoir existe, il réside dans la capacité des sociétés civiles à s’unir pour défendre la paix, la justice sociale et la protection de la planète. En construisant cette union à tous les niveaux, local, national, européen et mondial nous pouvons isoler ceux qui veulent la guerre et rappeler aux gouvernements leur devoir fondamental : protéger la vie et la paix, fonder une économie de paix et construire une culture de la paix et de la non-violence.

Un monde meilleur est possible ! Construisons-le, ensemble, en faisant vivre et revivre l’esprit de résistance et les énergies, en particulier des jeunesses du monde qui peuvent une fois encore conduire « Nous les peuples » à avancer dans la construction d’un monde meilleur où il fera bon vivre ensemble.

Le Mouvement de la Paix le 8 mai 2026

Discours de Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains, lors de la cérémonie du 8 mai

Mesdames et messieurs les représentants des associations d’anciens combattants et du souvenir,
Mesdames et messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs les agents du SDIS, de la gendarmerie et de la PR,
Mesdames et messiers les agents des services municipaux,
Mesdames et messieurs les enseignants, les représentants de nos associations locales,
Mesdames et messieurs les élus du conseil municipal,
Mesdames, messieurs,
Chers amis, Chers enfants,

Nous commémorons aujourd’hui le 81ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 contre le nazisme, qui marque la fin de la seconde guerre mondiale. C’est une date gravée dans notre mémoire collective. C’est la victoire de celles et ceux qui depuis des années ont combattu pied à pied le nazisme mais aussi le fascisme en Italie, le franquisme en Espagne, et les régimes de collaboration et de soumission comme celui de Vichy.

Ce jour est un jour de souvenir. Mais il est aussi celui de l’engagement, de la transmission, et de l’espoir que nous portons ensemble pour les générations futures.

Transmettre aux jeunes générations est, pour nous, un devoir. Un devoir qui prend corps tout au long de l’année dans notre commune. À ce titre, je tiens à saluer les enseignants et les associations engagées qui s’efforcent à faire vivre la mémoire de l’histoire de notre Pays et de ceux qui la font, comme ceux qui s’engagèrent, tout près d’ici dans le maquis Henri Barbusse, pour défendre notre liberté.

Il y a 81 ans, l’Europe sortait de l’enfer. 60 millions de morts, des familles déchirées, des villes réduites en cendres. Derrière ces chiffres, il y a des noms, des visages, des destins. Des soldats tombés au combat, des civils massacrés, des déportés disparus dans la nuit des camps.

Face à la barbarie, des femmes et des hommes ont choisi de refuser la résignation et se sont soulevés. Ils étaient instituteurs, ouvriers, paysans, intellectuels. Parmi eux, Marc Bloch historien juif qui doit faire son entrée au Panthéon le mois prochain, mais aussi Lucie Aubrac femme engagée, ou Julien Panchot résistant communiste exécuté par les allemands nazis au site dit de la1 Pinouse à Valmanya, et tant d’autres, connus ou anonymes. Tous ont formé la Résistance, unis par un même idéal : celui d’une France libre, solidaire et fidèle à ses principes.

Le Conseil National de la Résistance, sous l’impulsion de Jean Moulin, a incarné cette espérance.

Leur programme, Les Jours heureux, était bien plus qu’un manifeste. C’était la promesse d’une société où la dignité humaine primerait sur les égoïsmes et les haines. Une société où la Sécurité sociale, l’école pour tous et le droit au travail ne seraient pas des privilèges, mais des droits.

Aujourd’hui, alors que les derniers témoins de cette époque nous quittent, notre responsabilité est immense. La mémoire est une flamme fragile que nous devons entretenir. Oui ! nous devons l’entretenir, puisque cette flamme est menacée : menacée par ceux qui, délibérément ou par ignorance, propagent la haine, la division et les fausses nouvelles.

Car souvenons nous : la guerre de 1939-1945 n’a pas surgi par hasard.

Elle a été rendue possible par l’effritement des démocraties, la montée des replis nationalistes, mais aussi par des complicités plus discrètes. Dans les années 30, alors que la République vacillait sous la pression des groupes factieux, certains cercles de la finance et de l’industrie ont regardé avec indulgence l’essor des régimes autoritaires en Europe. À leurs yeux, les conquêtes sociales portées par les mouvements populaires représentaient une menace plus importante et immédiate que ces régimes eux-mêmes. En se rendant complices de ceux qui se réclamaient de l’ordre, ils ont permis la mise en place d’un modèle de société excluant et injuste, en pensant servir prioritairement leur propre intérêt, et qui a conduit à une des catastrophes humaines majeure du XXème siècle.

De ces accointances et de ces calculs cyniques, nous devons nous souvenir ; car ce sont les signes d’une histoire qui bégaye.

À l’heure où les discours de haine, les replis identitaires et les positionnements simplistes prospèrent sur les réseaux sociaux comme sur certaines chaînes d’information en continu, il est essentiel de rappeler que l’ouverture aux autres et au monde n’est pas un renoncement à ce que nous sommes. Elle constitue au contraire une force, une richesse et l’une des conditions du vivre-ensemble.

Alors soyons vigilants et critiques. Ne laissons ni les algorithmes ni les puissances d’influence décider à notre place de notre destin. Ne laissons pas la peur dicter nos choix.

En ce 8 mai 2026, rendons hommage à celles et ceux qui ont défendu les valeurs affichées au frontons de nos mairies : liberté égalité et fraternité :

  • Aux soldats de le France et des nations alliées, venus de loin pour libérer les territoires occupés.
  • Aux résistants dont beaucoup ont payé de leur vie leur amour de la liberté.
  • Aux déportés, dont le martyre demeure un avertissement.
  • Aux civils, victimes innocentes d’une folie collective.

Leur sacrifice nous oblige à être dignes de leur héritage.

Clamons haut et fort notre ambition de paix pour tous les peuples. Et rappelons-nous que la paix n’est jamais un cadeau du ciel. Elle est un héritage à défendre, une promesse à tenir et un combat à mener contre l’ignorance et l’obscurantisme sous toutes leurs formes.

Œuvrons ensemble pour que notre commune, notre pays, notre continent demeurent des phares de paix, de tolérance et de fraternité.

Ne détournons jamais les yeux devant l’injustice ou la désinformation. Ne laissons jamais la haine l’emporter sur la raison.

Continuons, ensemble, à transmettre aux jeunes générations les valeurs qui font de nous une nation unie et solidaire, une nation dont nous sommes fiers.

Le 8 mai 1945 marquait la fin d’une guerre. Mais ce n’était pas la fin de l’Histoire.

L’Histoire, aujourd’hui encore, c’est nous qui l’écrivons par nos actes et par nos engagements.

Je vous remercie.