Communiqué du collectif Visa 66 sur l’incident du 21 mars

Ce samedi 21 mars 2026, à Perpignan la Marche des Solidarités a été organisée à l’initiative du collectif VISA66 (CNT66, CGT66, Confédération Paysanne 66, FSU66, Solidaires66) et élargie à l’ensemble des associations (ASTI, MRAP, RESF, La Cimade, LDH, le MDLP, SOS Racisme…) qui combattent les discriminations raciales et le fascisme à partir de l’appel du collectif national « Né.es ici, venu.es d’ailleurs ».

Lors des 2 réunions (5 février et 12 mars) qui ont réuni le collectif VISA66 et l’ensemble des associations, il a été décidé de l’organisation de la journée : parcours de la manifestation, concert, conférence et prises de parole, une pour VISA et une pour les associations précitées (sur la base du communiqué « Né.es ici, venu.es d’ailleurs »).

Le 14 mars nous avons été destinataires, VISA66 ainsi que toutes les associations participantes, d’une demande de l’AFPS et d’Urgence Palestine à participer à cette journée. Il a été reproché à VISA66 de ne pas avoir invité ces associations lors des réunions de préparation à la Marche des Solidarités.

Après de longs échanges « tendus » par mail et à la demande de certaines associations, il a été proposé à l’AFPS et l’UP de s’intégrer à la prise de parole des associations. Proposition rejetée, car elles réfutent le communiqué « Né.es ici, venu.es d’ailleurs » qui ne leur convient pas considérant que les musulman.es sont les mieux placé.es pour parler de racisme, que nous sommes « hors sol » et souhaitent prendre la parole, sans cadre, indépendamment des autres associations et sans aucune concertation préalable.

Depuis 2 ans nous rencontrons des difficultés de communication et des désaccords politiques profonds avec ces deux collectifs. Désaccords qui se sont principalement enkystés lors des journées internationales contre les violences faites aux femmes le 25 novembre 2025 et les journées du 8 mars 2025 et 2026 entre le Collectif Droits des Femmes (dont nos organisations syndicales font partie depuis plus de 20 ans) et l’AFPS, Urgence Palestine et les étudiantes musulmanes de France.

En effet, ces associations refusent de faire partie du collectif, refusent de signer la charte dont toutes les associations, organisations syndicales et partis politiques sont signataires mais souhaitent malgré ce prendre la parole toujours sans concertation lors des manifestations.

Devant notre refus, nous avons été insultés, traités d’islamophobes, de racistes envers des femmes voilées. Des pancartes lors de la manifestation du 25 novembre 2025 portant les slogans « les femmes blanches maintiennent la domination raciale » ont été brandies, cette année lors du 8 mars, des posts sur les réseaux sociaux ont été publiés traitant nos camarades à la banderole de « grands-mères de Némésis », insultant le collectif Droits des Femmes de « suprémaciste », « islamophobe », « d’être plus Némésis que Féministe ». Le collectif Droits des Femmes a tenté une réunion de remédiation pour initier des actions ensemble, proposant à ces associations d’intégrer le collectif. Fin de non-recevoir des responsables de l’AFPS, Urgence Palestine et les étudiantes musulmanes de France qui refusent d’être signataires de la charte mais souhaitent malgré tout intervenir lors des actions organisées par le CDDF.

C’est dans ce contexte pesant, que le samedi 21 mars lors de la marche et au moment de la prise de parole des associations devant la mairie RN de Perpignan, dans une rue bondée de passant.es, les représentantes de l’AFPS et UP qui n’avaient rien préparé, ont invectivé au micro les organisations syndicales et associations, les accusant de refuser de donner la parole aux femmes voilées alors que pourtant la parole leur était donnée.

Suite à cette prise de parole individuelle, totalement hors sol les organisations syndicales ont décidé de couper le son de la sono pour mettre fin à ce spectacle lamentable qui contrevenait à tous les objectifs de cette action. La porte-parole de l’AFPS et d’UP hurlant qu’on l’empêchait de s’exprimer a refusé de rendre le micro au secrétaire général de l’Union Départementale de la CGT66 qui a été violemment pris à partie.

Depuis samedi un déferlement de haine à l’encontre des organisations syndicales et plus particulièrement du secrétaire général de l’UD CGT a envahi les réseaux sociaux. Des montages vidéos, sous différents angles, des ralentis avec ou sans son ne laissent aucun doute à une opération de communication réfléchie et préparée dans le seul but d’incriminer nos organisations syndicales et de manipuler l’opinion publique. Les commentaires de haine et diffamatoires qui accompagnent ces vidéos sont une véritable campagne antisyndicale dont notre camarade de l’UD CGT en est la première victime collatérale.

Accuser les organisations syndicales de racisme envers les femmes voilées, instrumentaliser le voile et les religions, détruire les collectifs qui rassemblent et nous unissent ici à Perpignan depuis plus de 20 ans, est abject !

Dans notre département, toutes les journées de mobilisations ont toujours été le fruit d’un travail collectif, concerté et respectueux des différences de chacune des organisations, associations et de toutes les sensibilités.

Cette cabale ne peut être tolérée, elle dégrade et abîme notre combat contre les idées d’extrême droite et fait le lit des idées nauséabondes du rassemblement national qui gangrènent notre département.

Nos organisations dénoncent toutes formes de violences, la cascade d’invectives et les injures incessantes orchestrées depuis des mois envers l’ensemble des collectifs, associations desquels nous sommes membres ou que nous soutenons (Cultures de Paix, Collectif Droits des Femmes, VISA66).

Nous appelons à l’apaisement et au rassemblement. Notre histoire antifasciste et antiraciste n’est plus à prouver.

Suite aux incidents qui se sont produits lors de la manifestation contre le racisme. Motion de la commission exécutive de l’UD CGT 66

Ce samedi 21 mars, la Marche des Solidarités contre le racisme et le fascisme s’est déroulée à Perpignan. Cette initiative a été impulsée et organisée par le collectif VISA66, dont la CGT 66 est membre. VISA66 a souhaité associer à cette initiative les associations concernées en leur proposant un temps de parole collectif devant la Mairie de Perpignan.

Avant même le jour du rassemblement, des échanges inadmissibles par mail ont visé la CGT, accusée de racisme et de fascisme.

Le jour de la mobilisation, la prise de parole consistait en la lecture d’un texte inspiré de celui du collectif national « Nés ici venus d’ailleurs ». Le Mrap, la Cimade ont commencé l’allocution puis ont invité l’association Urgence Palestine à prendre la parole accédant ainsi à leur demande insistante de pouvoir s’exprimer sur l’islamophobie.

Or l’intervention de la représentante de l’UP 66 a immédiatement dévié vers les insultes, les invectives à l’attention des organisations de Visa, ciblant spécifiquement la CGT traitées de racistes, d’islamophobes, de colonialistes. Aucune critique, ni même un mot contre l’extrême droite qui venait pourtant de remporter la ville de Perpignan, ne fut prononcé.

Notre secrétaire général, Julien, après consultation des autres membres de Visa, a coupé le son du micro pour stopper ces propos intolérables, diffusés qui plus est avec la sono de la CGT, devant la mairie de Perpignan, et qui allaient à l’encontre de l’action collective et de l’unité des organisateurs. Il s’est ensuite dirigé vers l’intervenante pour récupérer notre micro.

Il n’a exercé aucun geste ou comportement agressif à l’encontre de la militante de l’UP66 : son unique objectif était de récupérer le micro, sans aucune intention malveillante.

À l’inverse, se sentant humiliée, elle s’est retournée contre lui et tenté, en vain, de le
frapper.

Deux autres militantes CGT ont violemment été prises à parties et insultées.

Depuis, un extrait vidéo et une capture d’écran accompagnés de propos profondément fallacieux, haineux et violents circulent sur les réseaux sociaux et sont largement relayés par les membres de cette association et leurs sympathisant·es.

Nous ne pouvons tolérer que notre camarade soit accusé d’islamophobie, de racisme ou encore d’agression raciste ou sexiste. La CGT66 ne laissera personne remettre en question les valeurs ni l’engagement militant de son secrétaire général.

Insulter un militant CGT et, pire, son secrétaire général, c’est attaquer la CGT toute entière.

Nos valeurs, nos combats, nos luttes sont le reflet de notre engagement auprès de tous les opprimés, discriminés, quels que soient leur origine, religion, genre, orientation sexuelle. Nous rappelons que notre organisation est internationaliste et engagée auprès des peuples opprimés dans de nombreux pays.

Fière de son histoire et de ses valeurs, la CGT 66 continuera à défendre les travailleurs et travailleuses, les précaires, les privé·es d’emplois, les retraité·es de toutes les origines et confessions et à lutter contre l’extrême droite et le capitalisme qui les oppriment.

La commission exécutive de l’UD 66 apporte son total soutien à son secrétaire général Julien et aux camarades insultées.

Nous affirmons ici toute notre détermination à protéger notre CGT, ses dirigeant·es et ses syndiqué·es contre toute forme d’attaques.

Perpignan, le 24 mars 2026

Nyer. André Argilès reconduit au poste de maire (L’Indep)

Sans surprise, André Argilès a été reconduit dans ses fonctions de maire à l’issue de la séance d’installation du nouveau conseil municipal. Réunis en mairie, les élus ont procédé a l’élection du maire. Seule liste en présence lors du scrutin du 15 mars, « Naturellement Nyer » a été élue, traduisant une volonté de continuité pour la commune. Plébiscité par ses pairs, le maire sortant entame ainsi un nouveau mandat à la tête du village, entouré d’un conseil municipal en grande partie renouvelé.

Dans la foulée, les adjoints ont été élus : Myriam Nègre, Didier Broch et Jonathan Galindo, constituant une équipe municipale prête à s’investir pleinement au service des habitants.

Dans une brève allocution, André Argilès a remercié les électeurs pour leur confiance : « C’est avec beaucoup d’engagement et de responsabilité que nous poursuivrons le travail engagé pour Nyer », a-t-il déclaré. Attachée à la qualité de vie et au dynamisme du village, la nouvelle équipe municipale entend poursuivre les projets en cours tout en restant à l’écoute des habitants. Cette nouvelle mandature s’ouvre ainsi sous le signe de la continuité et de l’engagement pour l’avenir de Nyer.

L’Indépendant, le 27 mars 2026

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 26 mars 2026)

Au nom du droit international
Débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient
Trois semaines d’escalade continue, durant lesquelles la situation n’a cessé de se dégrader, déstabilisant la région et l’équilibre du monde.
Si l’exécutif a exprimé la position de la France, le Parlement doit jouer son rôle : débattre, éclairer, contribuer aux choix qui nous engagent.
Nous (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Bloquons les prix du gaz et des carburants !
Proposition de loi visant à bloquer les prix du gaz et des carburants et à encadrer les marges en période de crise
Depuis 2022, les ménages français subissent une hausse continue du coût des carburants, du gaz et de l’électricité, qui pèse lourdement sur leur pouvoir d’achat et fragilise l’activité économique.
Depuis 2022, les ménages français subissent une hausse continue du coût des carburants, du gaz (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

ARC France : l’État mis face à ses responsabilités industrielles
Question d’actualité au Gouvernement
La mise en redressement d’ARC en janvier a jeté dans la stupeur familles et élus dans le Pas-de-Calais.
En 25 ans, cette usine est passée de 12 000 salariés à 3 000. On ne peut afficher une politique de réindustrialisation en acceptant des milliers de suppressions d’emplois. Notre territoire (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Ce n’est pas aux data centers de faire la loi
Proposition de loi visant à encadrer l’implantation des centres de données sur le territoire français
Le Gouvernement rêve d’une France eldorado des data centers. De fait, ces mastodontes, gourmands en électricité, en eau et en foncier mais peu pourvoyeurs d’emplois, se multiplient à la faveur d’un cadre assoupli.
Alors que ces transformations rapides engagent notre modèle énergétique, (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

« La sécurité, droit fondamental, ne se décrète pas »
Débat : « Comment mettre fin à l’explosion de la violence au quotidien ? »
Les violences du quotidien, qui ne sont pas l’addition de faits divers ou de statistiques, traduisent un malaise profond. Dans nos quartiers, nos villages, beaucoup ont un sentiment d’abandon, d’insécurité et de relégation. En laissant le marché fracturer notre société, en abandonnant les plus (…)
—> Lire l’intervention de Michelle Gréaume

Levez les rideaux du petit commerce
Proposition de loi visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité
Nous partageons tous le diagnostic, mais quand il s’agit de passer à l’action, tout se bloque. Vous reconnaissez la hausse des loyers commerciaux, mais refusez l’idée même d’une régulation. Vous déplorez la vacance, mais refusez aux maires les moyens d’agir.
Atteinte au droit de propriété, à (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

« Derrière la dénonciation de la surtransposition se cache une logique de dérégulation ciblée »
Débat : « La fin des surtranspositions des règles européennes : où en est-on ? »
La colère agricole s’enracine dans une crise profonde : revenu agricole, pression des marchés, volatilité des prix, concurrence internationale, effets du changement climatique…
Paperasserie, bureaucratie : l’empilement des règles peut entraîner une charge administrative réelle et un (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Les autres interventions

Les questions écrites :
Une image désastreuse de l’action de la France
International – Téléphérique d’Antananarivo à Madagascar – par Marianne Margaté – 25 mars 2026

Le billet d’Yvon Huet. Le bilan des municipales et le reste…

Après cette campagne électorale qui a vérifié la complexité de la situation de notre démocratie territoriale, en crise comme la nationale, l’heure est désormais aux réflexions utiles et non aux anathèmes. Je ne connais pas de « meute » en politique mais la nécessité de réinstaller la civilité dans les rapports entre partis de gauche. Quand je critique le PS ou la FI, c’est une critique politique, ce n’est pas la haine de l’autre. J’aimerais que certains de mes camarades prennent conscience de la gravité du sujet.

Reste le plus important qui avait motivé aux anciens de 1936 qui se sont battus pour la Sociale et pour la Paix. Ils ont courageusement arraché les bases de la Sociale dont nous bénéficions encore un peu mais ils n’ont pas eu la paix.

Sachons que si un jour nous arrivons, la gauche rassemblée avec toutes ses composantes à égalité de droits et de devoirs, nous aurons en face de nous des prédateurs qui préféreront comme hier, selon l’expression « plutôt Hitler que le Front Populaire », n’en doutons pas. Il faut savoir anticiper cette possibilité et ne pas tomber dans la naïveté d’un grand soir permanent. Nous avons une histoire ou ce sont quelques milliers de jours seulement qui ont permis la Sociale d’avancer au-delà des espérances, notamment pour la Sécurité Sociale et le principe du Service Public. C’est cela que nous devrons reconstruire ensemble. Ce n’est pas le pré carré d’un parti plus malin que les autres. C’est un bien commun, chers camarades du PS et de la FI.

Jouer du muscle à la télévision tout simplement pour avoir un Président de la République en oubliant la diversité du peuple de gauche aujourd’hui déboussolé, c’est, même s’il y avait une victoire passagère, l’assurance d’avoir l’extrême droite à la sortie de la séquence.

Les communistes, de leur côté, vont réfléchir à leur stratégie dans ce paysage dispersé et parfois désespérant comme à Perpignan. J’en suis et je souhaite qu’ils apportent raison et clarté dans un contexte de débat à gauche qu’il faut reconstituer. Je conseille aux fans des têtes de gondole de rejoindre les sectes religieuses. Au moins là, ils seront dans leur élément… Si les communistes décident de présenter, si la situation l’oblige, un candidat à l’élection présidentielle, ce sera mon camarade, mais surtout pas un dieu ou je ne sais quel sauveur, pâle photocopie d’une icône religieuse…

Yvon Huet