Leur salaire est gelé depuis 12 ans, les mandataires judiciaires alertent (L’Indép)

« Qui protégera les plus vulnérables demain ? » Hier, les mandataires judiciaires indépendants se sont mobilises partout en France pour un salaire plus juste. Ils étaient une vingtaine devant la préfecture de Perpignan, de nombreuses pancartes a la main.

Ils sont indispensables et accompagnent chaque jour les personnes les plus vulnérables. Les mandataires judiciaires indépendants sont les personnes désignées par les magistrats dans le cadre de mesures de protection juridique, telles que des sauvegardes de justice, des curatelles ou des tutelles. Partout en France, ils se sont mobilisés ce mardi 30 juin. À Perpignan, une vingtaine d’entre elles était devant la préfecture des Pyrénées-Orientales.

Leur demande : une revalorisation de leur salaire, gelé depuis douze ans. « Nous allons être reçus par la directrice de cabinet du préfet, Stella Chene. Le but est de faire remonter la demande au gouvernement », a précisé Amandine Lacour, elle-même mandataire judiciaire à Perpignan. Aujourd’hui, leur salaire dépend du coût de référence, fixé à 142,95 euros par mesure et par mois, «mais avec l’inflation et la hausse des charges, il devrait être à 180 euros », ont martelé les membres de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs.

Quelques minutes avant d’être reçues par la préfecture, les manifestantes rassemblées devant l’établissement brandissaient différentes pancartes, « Mandatés, épuisés, oubliés », et criaient toutes en chœur : « En colère, et on est là ! » Ce métier, parfois méconnu, est destiné à s’occuper de beaucoup de « dossiers ».

« Mais ces dossiers, ce sont des personnes », a souligné Amandine Lacour. Elle et ses confrères travaillent « entre 40 et 50 heures par semaine », « gèrent des urgences, même en vacances », et font face à « une charge mentale très importante ». « On ne se plaint pas, c’est un choix de vie, mais il faut qu’on soit reconnus ».

Parmi les dizaines de dossiers traités, ils sont amenés à gérer des factures d’électricité, des placements à la banque ou même des actions en justice pour faire valoir des droits. Un mandataire judiciaire peut gérer un dossier aussi longtemps que la mesure de protection existe, parfois pour dix ans.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Un postier syndicaliste menace de révocation pour la deuxième fois (L’Indép)

Hier, une trentaine de postiers et d’usagers se sont mobilisés devant la plateforme de La Poste implantée non loin de l’aéroport de Perpignan. Ils entendaient protester contre la convocation en conseil de discipline du secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, qui risque la révocation.

Les procédures disciplinaires à l’encontre de responsables syndicaux de La Poste se succèdent en pays catalan. Et les mobilisations de postiers aussi. Hier, en milieu de matinée, ils étaient une trentaine réunis devant la plateforme « multiflux » de la zone de Torremila, au nord de Perpignan.

Pour témoigner leur soutien au secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, convoqué ce mardi à 13 heures au siège parisien de l’entreprise pour un conseil de discipline pouvant déboucher sur une « révocation ». En clair: un licenciement.

« Ils avaient déjà demandé la révocation d’Alex après la mo-bilisation contre la réforme des retraites. C’est un acharnement », estime la secrétaire départementale de la CGT Activités postales en charge de la communication, Ruth Ceballos. « On dérange. La direction de La Poste veut écraser toute velléité de contre-pouvoir », analyse le secrétaire régional de la CGT Activités postales pour le Languedoc-Roussillon, Fabrice Roussel, qui avait effectué le déplacement à Perpignan ce mardi.

Selon les syndicats, la convocation d’Alexandre Pignon serait en lien avec l’organisation le 20 février dernier, à Thuir d’un carnaval revendicatif devant le bureau de poste de la commune. « La Poste considère qu’il y a eu une atteinte i son image, alors que c’était de la parodie, de l’humour », explique Amapola Gracia, du collectif citoyen de défense de la poste, également mobilise hier.

Cinq autres militants syndicaux sont menacés de sanctions à la suite du carnaval thuirinois. Trois d’entre eux sont d’ores et déjà convoqués les 10 et 17 juillet. Ils en courent des mises à pied allant de trois semaines à deux mois.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de La Poste n’a pas souhaité faire de commentaires sur les procédures en cours.

Autriche : les communistes confirment leur implantation à Graz, seconde ville du pays (Médiapart)

Le Parti communiste a une nouvelle fois remporté les élections municipales à Graz, en Autriche, dimanche 28 juin, après sa victoire surprise il y a cinq ans. Le résultat d’un travail de proximité conduit par la maire Elke Kahr.

Une fois encore, la surprise était au rendez-vous. Si la réélection d’Elke Kahr, première maire communiste de Graz, deuxième ville d’Autriche avec plus de 300 000 habitant·es, était annoncée, le score réalisé par son parti, le KPÖ, l’était beaucoup moins. Les communistes ont recueilli près de 36 % des suffrages lors des élections municipales dimanche 28 juin. Une progression de sept points par rapport au précédent scrutin, il y a cinq ans, dont ils étaient déjà sortis en tête, provoquant la stupeur parmi les commentateurs politiques.

Cette large victoire vient conforter la stratégie du parti et de sa cheffe, Elke Kahr, qui mise sur la proximité et cultive son image d’élue accessible. Elle a ainsi renoncé à utiliser la voiture de fonction de la mairie et lorsque la ville a été endeuillée, il y a un an, par une fusillade meurtrière dans un lycée, elle a foncé sur place au volant de sa vieille Citroën, rapporte le quotidien Der Standard.

Selon le journal, il y a deux mois, lors d’un incendie, elle s’est une nouvelle fois rendue sur place et a conduit elle-même un habitant qui venait de perdre son appartement dans un logement de substitution. L’élue reçoit régulièrement les habitant·es pour évoquer leurs problèmes : logement, difficultés financières, emploi.

Mediapart avait assisté il y a cinq ans à l’un de ces rendez-vous où Elke Kahr avait aidé une vieille dame à trouver un nouveau logement ou une jeune fille à financer l’opération de son chien. Car, à Graz, le KPÖ ne se contente pas de prodiguer des conseils, il peut parfois fournir une aide financière aux habitant·es, en partie prélevée sur le salaire de ses élu·es.

Elke Kahr reverse ainsi plus des deux tiers de son salaire de maire et conserve 2 300 euros par mois. Les autres élu·es du KPÖ font de même et, chaque année, le parti organise une conférence de presse pour présenter le montant total de ces dons : plus de 300 000 euros en 2025, qui ont bénéficié à plus de 2 500 foyers.

De quoi faire grincer des dents certain·es opposant·es qui dénoncent une démarche populiste, voire un achat de voix. Cette pratique existe toutefois depuis 1988 et fait désormais partie intégrante de l’ADN du KPÖ à Graz. Depuis 2005, Elke Kahr aurait ainsi reversée 1,3 million d’euros.

Cette image d’élue de proximité, consciente des difficultés de ses administré·es, explique en partie les succès électoraux des communistes : « La dimension personnelle est importante. Elke Kahr peut toucher un public allant au-delà de la base électorale habituelle du KPÖ », analyse Matthias Kaltenegger, politiste à l’université de Vienne, dans un entretien à Mediapart.

La faiblesse du parti au niveau national – 2,4 % des suffrages lors des dernières élections législatives en 2024 – peut par ailleurs jouer en sa faveur à l’échelon local, en mobilisant les votes contestataires, selon le chercheur : « Le Parti communiste n’est plus représenté au Parlement depuis les années 1950. Il critique le système politique dans son programme, il peut donc aussi attirer des personnes qui voient les institutions politiques d’un mauvais œil. »

Autre pilier de l’identité politique du parti : le logement. En 1992, Ernest Kaltenegger, architecte des premières victoires du KPÖ, met en place le Mieternotruf, « le numéro d’appel d’urgence pour les locataires », qui existe toujours. En le composant, les habitant·es de Graz peuvent recevoir des conseils du KPÖ dans le cas d’une mésentente avec un propriétaire, pour des problèmes de retour de caution ou encore pour faire vérifier leur contrat de location pour voir si les divers coûts annexes ne sont pas trop élevés.

Depuis, le parti n’a cessé de s’investir dans ce domaine. Pendant ses cinq années à la tête de la ville, 420 nouveaux logements communaux, des logements sociaux détenus par la ville, ont été livrés. La municipalité a acquis des terrains pour construire d’autres habitations et pour développer les transports en commun. L’exécutif municipal a par ailleurs décidé de faire passer de cinq à un an le délai de résidence dans la ville pour pouvoir bénéficier d’un logement communal.

Cette politique sociale a valu à Elke Kahr d’être désignée en 2024 « meilleure maire au monde » par la City Mayors Foundation, une fondation londonienne qui a souligné « son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens ».

Des mesures qui doivent toutefois être financées. Or la municipalité est aujourd’hui endettée à hauteur de 2 milliards d’euros. Interrogée par la télévision publique ORF à ce sujet, Elke Kahr a rappelé que son équipe avait hérité d’une dette de 1,6 milliard, tout en assumant ses dépenses dans le logement et les infrastructures publiques. Elle a toutefois admis devoir procéder à des « réajustements structurels », en précisant : « Mais sans que cela porte préjudice à la population. »

Autre point de tension : la politique de développement des transports publics, perçue par une partie de la population comme hostile aux automobilistes. 1 500 places de stationnement ont notamment été supprimées. De quoi limiter l’attractivité du centre-ville et l’activité des commerces, selon les critiques. « Il faut se demander qui tient ce genre de propos et pourquoi. En réalité, grâce au développement des transports en commun, des espaces verts, le centre-ville devient plus attractif », a répondu la maire dans son entretien à l’ORF.

Autre enseignement notable de ce scrutin : le faible score du FPÖ, parti d’extrême droite autrichien, arrivé en quatrième position avec 12 % des suffrages. Il gouverne pourtant la région et représente la première force politique du pays.

Un résultat qui s’explique par le traditionnel clivage électoral entre grandes villes et zones rurales, mais aussi par une affaire de corruption qui continue de plomber le FPÖ à Graz, estime Matthias Kaltenegger.

Grâce à ce résultat, le KPÖ, qui gouvernait jusqu’à présent avec deux autres partis, les sociaux-démocrates du SPÖ et les Verts (Die Grünen), pourrait se limiter à un partenaire de coalition, a priori les écologistes. Elke Kahr a toutefois promis de mener des négociations avec tous les partis avant de prendre sa décision. Une chose est sûre, la première maire communiste de l’histoire de Graz le restera.

Vianey Lorin (Médiapart, le 29 juin 2026)

Communiqué de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. De la canicule au budget de la Sécurité Sociale : l’urgence de répondre aux besoins

L’hôpital public est débordé par la canicule. Pire, il ne sait en protéger ni personnel ni patients hospitalisés. Comme à chaque crise grave, toujours les mêmes réponses : cellules de crises, déclenchement de plans blancs ou autres, déprogrammation…

La réalité, ce sont des hôpitaux à la limite de l’implosion où tout événement surajouté devient un drame : personnel épuisé car trop peu nombreux, manque de lits d’hospitalisation. Ce sont des hôpitaux où l’on impose des plans de redressement : Aubagne (50 suppressions d’emplois), Marmande… Sans parler de la psychiatrie publique en train de s’effondrer avec des services fermés, des hôpitaux sans psychiatres, comme à Laval, chef-lieu de la Mayenne, ou à Sarlat… La canicule de 2003 avait attiré l’attention sur les personnes âgées mais la loi grand âge n’est toujours qu’une promesse non tenue !

La canicule révèle la nécessité d’investissements pour faire face au changement climatique. Alors que les hôpitaux sont majoritairement en déficit et incapables donc d’investir sur fonds propres, ce que la ministre de la santé a annoncé récemment, c’est un saupoudrage sur 10 ans de financement de projets renforçant l’efficience des établissements, en langage décrypté de projets accompagnant des fermetures de lits et de services !

La population considère largement que ce n’est ni sur la santé ni sur l’autonomie, que des économies doivent être faites. Des pistes existent, entre-autre la baisse voire la suppression des exonérations de cotisations sociales.

Le prochain budget de l’État doit prévoir la formation de professionnels de santé en nombre et le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2027 donner aux hôpitaux, aux EHPAD les moyens de répondre aux besoins de la population.

Les comités de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité, réunis en assemblée générale, ont décidé de sonner l’alerte dès maintenant et de préparer des mobilisations multiples en octobre à partir des réalités de terrain avec toutes les organisations qui souhaitent y participer localement : des moyens pour les hôpitaux et EHPAD publics ! Mais il faut aussi arrêter de reporter sur les complémentaires le remboursement des soins (vigilance : des mesures pourraient passer par décret pendant l’été).

C’est vers le remboursement à 100 % des soins par la Sécurité Sociale qu’il faut aller. La lutte contre les dépassements d’honoraires sera un élément fort de cette campagne, commencée dès maintenant par certains comités, comme à Montluçon et Montargis. Les rapports se multiplient, encore récemment celui du HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie), mais ce sont des décisions dont on a besoin !

Faisons respecter l’accès aux soins pour toutes et tous de qualité et de proximité sans barrière financière !

Courrier du mouvement de la paix aux député•es. Le 1er juillet, ne votez pas l’actualisation de la loi de programmation militaire

Madame la Députée,
Monsieur le Député,

Le 1er juillet 2026, vous serez appelé·e à vous prononcer sur le projet de loi actualisant la loi de programmation militaire.

Le Mouvement de la Paix vous appelle solennellement à ne pas voter ce texte. Une loi de programmation militaire engage la Nation pour plusieurs années, pour des montants considérables et pour des choix stratégiques majeurs. Elle ne peut être adoptée dans la précipitation, à l’issue d’une commission mixte paritaire restreinte, sans véritable débat public et démocratique.

Nous vous demandons donc de refuser toute adoption qui empêcherait une rediscussion complète du texte. Le Parlement doit pouvoir examiner sérieusement les conséquences budgétaires, sociales, diplomatiques, démocratiques et internationales d’une telle loi.

Les chiffres montrent l’ampleur du basculement engagé. La loi de programmation militaire 2014-2019 représentait 190 milliards d’euros. La loi 2019-2025 atteignait 295 milliards d’euros. Le projet actuel, initialement annoncé à 400 milliards d’euros, serait porté à 436 milliards d’euros après les 36 milliards supplémentaires demandés par le ministère des Armées. Le Sénat a par ailleurs évoqué une rallonge supplémentaire de 14 milliards d’euros, qui porterait l’effort total à 450 milliards d’euros si elle était retenue.

Cette augmentation colossale traduit un choix politique majeur : celui d’une économie de guerre, qui prépare d’abord la guerre, les guerres à venir,sans évoquer les moyens nécessaires pour construire la paix, la diplomatie, la coopération internationale et une sécurité humaine commune.

À cela s’ajoutent les propositions du président de la République visant à accroître le rôle des armes nucléaires françaises et à ouvrir la voie à une européanisation de la dissuasion nucléaire. De telles orientations posent de graves questions au regard des engagements internationaux de la France, notamment la Charte des Nations unies et le Traité de non-prolifération nucléaire et ne particulier de son article 6.

Cette actualisation comporte aussi d’autres mesures préoccupantes. Après l’échec du SNU, elle prévoit la mise en place d’un service national pour les jeunes et dégage des moyens pour cela. Dans le même temps, alors que l’Éducation nationale, la santé, la jeunesse, la recherche, la transition écologique et les services publics manquent cruellement de moyens, la majorité présidentielle propose à la jeunesse l’horizon d’une économie de guerre et d’une militarisation croissante des esprits.

Cette orientation se retrouve également dans le projet de loi Blanchet, qui vise à imposer dans l’enseignement secondaire, de la sixième à la terminale, des cours hebdomadaires de défense nationale, à raison de 35 heures par an et par classe, assurés par des militaires. Le Mouvement de la Paix est conscient que le monde actuel comporte des dangers majeurs et des défis existentiels pour la paix, voire pour la survie de l’humanité. Mais la réponse à ces dangers ne peut pas être la fuite en avant militaire, la préparation permanente à la guerre, ni l’idée que la jeunesse devrait être préparée au sacrifice.

Ce que nous réclamons, c’est une autre orientation : une loi de programmation pour la paix, pour la sécurité humaine, pour la diplomatie, pour la coopération internationale, pour la culture de la paix et pour le respect du droit international.

La Charte des Nations unies prévoit, dans son article 26, que les États doivent favoriser le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. Elle affirme également que les différends doivent être réglés par des moyens pacifiques. Or, ces dernières années, les moyens diplomatiques de la France ont été affaiblis, tandis que les dépenses militaires connaissent une hausse massive.

Nous demandons que des moyens soient engagés pour la diplomatie, la prévention des conflits, la coopération internationale, l’éducation à la paix, les échanges entre universités, la santé, la jeunesse, les personnes âgées, la lutte contre le dérèglement climatique et la réalisation des objectifs de développement durable adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies.

Nous ne nions pas la nécessité de moyens de défense pour assurer la sécurité de la France et de l’Europe, notamment dans le cadre d’une sécurité commune fondée sur le droit international et pouvant s’inscrire dans le cadre de l’OSCE. Mais nous refusons que la sécurité soit réduite à l’accumulation d’armements, à la dissuasion nucléaire, à l’économie de guerre et à la militarisation de la société.

C’est pourquoi le Mouvement de la Paix vous demande :
de voter contre le projet de loi actualisant la loi de programmation militaire ;d’exiger une nouvelle lecture permettant un véritable débat démocratique à l’assemblée et dans le pays avec les citoyennes et citoyens ;de demander la réorientation d’une partie des crédits militaires supplémentaires vers les besoins sociaux, éducatifs, sanitaires, écologiques et diplomatiques ; d’ouvrir le débat sur une loi de programmation pour la paix, la sécurité humaine, la coopération internationale et la culture de la paix.

Le Mouvement de la Paix appelle notamment à débloquer immédiatement 3 milliards d’euros pour la santé, l’éducation et le climat, prélevés sur les crédits supplémentaires prévus pour la loi de programmation militaire.

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Au moment où les tensions internationales sont graves, la responsabilité du Parlement n’est pas de valider dans l’urgence une fuite en avant militarisée. Elle est d’ouvrir un débat national sur les choix de sécurité, de paix, de justice sociale et d’avenir que notre pays doit porter.

Pour son avenir, l’humanité n’a d’autre chemin que la paix.

Nous vous demandons donc de ne pas voter ce projet de loi le 1er juillet.

Veuillez recevoir, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de notre considération républicaine.

Pour Le Mouvement de la Paix
Roland Nivet porte parole National

Les Angles. Mobilisation et bras de fer autour de la retenue d’eau du Roc d’Aude (L’Indep)

Environ 250 personnes ont répondu à l’appel lancé par un collectif de 20 associations environnementales opposées au projet de retenue collinaire porté par la commune des Angles au Roc d’Aude, ce dimanche. La commune défend une retenue nécessaire à l’enneigement artificiel de la station et donc à l’économie du territoire. Mais aussi à disposition des éleveurs et des secours en cas d’incendie.

Présenté par la municipalité comme une retenue collinaire, qualifié de méga bassine par ses opposants, le projet cristallise les tensions. Destiné à garantir l’enneigement artificiel de la station pour les 30 prochaines années, il prévoit la création d’une réserve de 113 000 m3 d’eau à 2 300 mètres d’altitude, impliquant le décapage de 10 hectares de milieu naturel sur le secteur du Roc d’Aude aux Angles. Pour les associations, « c’est une atteinte supplémentaire à l’environnement, d’autant que les travaux ont commencé sans étude d’impact ni enquête publique. »

Réunis sur le parking de la télécabine ce dimanche matin, les manifestants à 95 % venus de la plaine, ont brandi des pancartes aux slogans sans équivoque pour dénoncer, « en plein réchauffement climatique », un projet « aux impacts délétères sur un paysage exceptionnel, sur l’habitat d’espèces menacées, mettant en péril, en aval, tourbières et zones humides essentielles à la biodiversité montagnarde. »

Le ton a été donné par l’Écologiste David Berrué, coordinateur de la mobilisation : « Nous avons fait le choix d’exposer, de façon très humble et pacifique, nos arguments contre ce que nous sommes nombreux à considérer comme une mal adaptation aux dérèglements climatiques ». Ancien maire des Angles, Christian Blanc s’est montré particulièrement critique : « Ce projet, nous l’avons appris trop tard, tout était déjà ficelé. Jamais je n’aurai imaginé que ce projet aurait vu le jour alors que nous sommes en forêt domaniale, en plein cœur du PNR Pyrénées catalanes et en zone Natura 2000, c’est du jamais vu ! »

Les associations mobilisées assurent « entendre les habitants favorables à cette bassine car, leur préoccupation c’est leur salaire à la fin du mois. Nous ne sommes pas anti-ski, beaucoup en font. Pourquoi ne pas investir plutôt dans des emplois comme l’agriculture, l’entretien des forêts ou la rénovation thermique des bâtiments, afin de mieux nous adapter au changement climatique ».

Elles rappellent que la Charte du PNR des Pyrénées catalanes interdit l’extension des domaines skiables « sauf si c’est pour un usage quatre saisons, ici les besoins fantasmés du pastoralisme et de la sécurité incendie ! »

Un jeune habitant des Angles, Johan Palmier, insiste : « Détruire 10 hectares dans un lieu comme le Roc d’Aude est très choquant. Le volume d’eau sera l’équivalent de 45 piscines olympiques ». Sur le plan juridique, plusieurs recours ont été déposés. Marc Maillet, président de la PRENE66, a indiqué que le tribunal administratif de Montpellier les avait déboutés. L’affaire est désormais portée devant le Conseil d’État.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

« Une ressource vitale pour que nos brebis et nos vaches
puissent continuer à pâturer »

Les éleveurs au soutien de la retenue d’eau du Roc d’Aude. « Pas d’eau, pas d’estives », alerte le groupe des Jeunes agriculteurs des Pyrénées-Orientales sur leur page Facebook. En effet, si le projet de retenue d’eau est principalement prévu pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles, l’eau disponible pourrait aussi devenir « une ressource vitale pour que nos brebis et vaches puissent continuer à pâturer sereinement », poursuivent-ils.

« Aujourd’hui, la réalité du terrain et du changement climatique nous frappe de plein fouet. Sur nos montagnes, le manque d’eau devient critique. Sans solution, c’est l’avenir même de l’élevage en estive qui est menacé ». Selon le groupe, l’élevage en montagne permet aussi « d’entretenir nos paysages, prévenir les incendies et permettre à de jeunes éleveurs de s’installer et de vivre de leur métier ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

Michel Poudade, maire des Angles :
« C’est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique »

« Je pense qu’il faut continuer ce projet pour pérenniser notre activité », réplique Michel Poudade. Le maire des Angles ajoute : « Le travail que l’on a mené pour cette retenue collinaire a été très constructif avec tous les acteurs du territoire. Nous avons calé un projet de STEP, station par pompage, pour produire aussi de l’électricité. C’est un projet vertueux, réfléchi depuis deux ans. Au-delà de la neige de culture, même si ça reste sa priorité puisque c’est l’activité du ski, sans aides publiques, qui finance la totalité de ce projet global, cette retenue servira aussi d’abreuvoir pour les bêtes, notamment celles de nos éleveurs du Capcir. Elle pourra aussi être utilisée pour la défense contre les incendies ».

À l’accusation de construction d’une « méga-bassine », l’élu précise : « Ce terme désigne un gigantesque ouvrage de stockage d’eau pour l’usage intensif de l’agro-industrie, associe à un pompage dans les nappes phréatiques. Cette définition ne correspond pas a notre projet qui représente 113 000 m’ d’eau, soit 0,33 % du volume du lac de Matemale. Il est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique ».

« Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire »

« Les détracteurs reprochent qu’il n’y ait pas eu d’étude d’impact avec enquête publique », enchaine Michel Poudade. « La loi nous exempte de cette étude d’impact. Des études environnementales ont été menées et je peux vous affirmer que les services de la DDTM ont été très regardants sur tous les dossiers ! Ces études ont permis d’identifier et de protéger des zones humides existantes ainsi que des espèces végétales rares. Avec quelques détracteurs rencontrés, je peux dire qu’avec eux, il n’y aurait jamais eu le lac de Matemale qui est notre joyau l’été. J’ai été élu avec Christian Blanc qui actuellement mène l’opposition au projet. Je peux vous dire qu’on a beaucoup parle ensemble sur cette retenue à construire le plus haut possible pour être en gravitaire. On n’utilise pas plus d’eau, juste différemment. Oui, la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement a toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière ». Le maire des Angles de conclure : « En 1964, quand la station est née, c’était un projet économique pour lutter contre l’appauvrissement de notre commune. Depuis, le village a retrouve environ 600 habitants et 1 500 emplois, dont environ 800 à l’année. Ce projet s’inscrit dans la même logique. Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire. »

F.B. (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

Les premiers militants du PC/SFICommuniste en Vallespir

Thubert Michel employé à la Compagnie des chemins de fer des Pyrénées-Orientales à la gare de Saint-Laurent-de-Cerdans, participa en octobre 1920 à la fondation d’un groupe de Jeunesses socialistes. Ce groupe, dont il fut élu secrétaire, comptait 61 adhérents, issus de « La Clairvoyante », société récréative qui dépendait de la coopérative « Les Travailleurs syndiqués » de Saint-Laurent-de-Cerdans . Ce fut, pour l’essentiel, à partir de ce noyau que se formèrent dès le lendemain du congrès de Tours (décembre 1920) les organisations communistes locales.
En 1921, Michel Thubert dirigeait à la fois le rayon du PC/SFICommuniste, fort de 30 adhérents, et le groupe des Jeunesses communistes comptant 65 adhérents . De par ses activités clandestines (il avait organisé le passage d’un militant communiste étranger en Espagne) fut muté d’office.

Ce fut Joseph Farines, instituteur en poste à Saint-Laurent-de-Cerdans qui le remplaça.
C’est sous l’impulsion du jeune instituteur âgé de 21 ans que furent réorganisés la section communiste et le groupe des Jeunesses communistes de cette petite ville industrielle et agricole du Haut-Vallespir. Au printemps de 1922, Joseph Farines fut de ceux qui œuvrèrent le plus pour impulser la candidature d’André Marty dans le canton de Prats-de-Mollo à l’occasion du renouvellement des conseils d’arrondissement (scrutin des 14 et 21 mai 1922) Le commissaire spécial de Saint-Laurent-de-Cerdans, préoccupé par l’activité politique de Joseph Farines, envoya le 26 mai 1922 un rapport au préfet des Pyrénées-Orientales : il l’accusait d’être « un mauvais exemple » pour « les fils des nombreux socialistes reconstructeurs de Saint-Laurent-de-Cerdans ».

Costesèque Julien, Paul, Pallade. Né à Serralongue (14 mai 1885 ; il y mourut le 7 septembre 1948.)
– Dès avant 1914, Julien Costesèque milita dans les rangs du Parti socialiste unifié.
– Mutilé pendant la guerre 14-18, il avait repris, dans les années 1920, ses activités politiques.
Dans un rapport du commissaire de police spéciale de Perpignan (26 octobre 1922), il était qualifié de « maire » de Serralongue. Il ne l’a jamais été ; par contre il a été conseiller municipal de 1921 à 1925.
Lors de la séance du conseil municipal de Serralongue du 13 juillet 1922, il brigua le poste d’adjoint au maire ; il obtint 3 voix contre 6 à Pierre Nivet qui fut élu.
Ce fut sur sa proposition que le conseil municipal de Serralongue a formulé un vœu en faveur de la libération d’André Marty et un vœu pour le maintien de la loi des huit heures.
À cette époque il militait activement dans les rangs du Parti communiste-SFIC, et était le gérant de la coopérative ouvrière de Serralongue.
– Il fut le colistier d’André Marty pour l’élection au conseil d’arrondissement du 14 mai 1922 dans le canton de Prats-de-Mollo. André Marty fut élu dès le premier tour avec 518 voix.

Cardonne Gaston Né le 3 mai 1905 à Céret Décédé le 9 décembre 1971 à Céret
Gaston Cardonne ayant bénéficié d’une instruction primaire supérieure fut employé des Contributions indirectes et devint contrôleur puis inspecteur.
– Lecteur de l’Humanité depuis 1927, il milita dès le début des années 1930 dans les rangs du Parti communiste.
Il fut un des principaux artisans de la création des coopératives cérétanes : il prit en effet l’initiative de constituer une coopérative de consommation (pain) et une coopérative de production – « La Bouchonnière » et d’espadrilles.

Matheu Ferréol Né à Céret  : 18 septembre 1897 – décédé à Céret 15 novembre 1983 ; agriculteur ; militant communiste et syndicaliste ; résistant.
Ferréol Matheu naquit dans une famille de petits agriculteurs cérétans domiciliés dans la sous-préfecture du deuxième arrondissement des Pyrénées-Orientales.
– Il fréquenta l’école primaire puis, après le Certificat d’études, le cours complémentaire.
– Dans les jours qui suivirent le congrès de Tours, Il intégrera le Parti communiste-section française de l’Internationale communiste (PC-SFIC) fédération des Pyrénées Orientales fondée le 21 janvier 1921 , rayon de Céret. – Aux élections municipales de mai 1925, il forma une liste du « Bloc ouvrier et paysan » qui obtint deux sièges… il siégera au conseil municipal jusqu’en 1929 date à laquelle il s’installera définitivement à Céret.
– Pendant la guerre d’Espagne, il franchit clandestinement la frontière franco-espagnole afin de transporter des armes destinées au comité des milices antifascistes de Figueres (province de Gérone).
– Il milita également au Secours rouge international, puis au Secours populaire de France – Céret.
La clandestinité : Dès septembre 1939, il prit en mains l’organisation du PC avec Jean Paloma ; assurant la liaison entre la direction départementale et les militants de Céret et des communes voisines, diffusant la presse clandestine et organisant des distributions de tracts.
Arrêté peu après la dissolution du PCF, il fut relâché aussitôt.
– La résistance  : Ferréol Matheu et Pierre Bardagué créèrent une section du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, mouvement de la Résistance intérieure françaisecréé par le Parti communiste français (PCF) vers mai 1941 pour réaliser un vaste rassemblement autour de valeurs patriotiques et de rallier les différentes composantes de la société française dans un esprit d’ouverture vis-à-vis des non-communistes…

Jacques Majester

L’édito du webzine. La fraîcheur volée

L’été s’installe comme une menace. On nous dit que c’est le destin, que le climat se dérègle, que c’est la fatalité. Mais la fatalité, c’est une invention de ceux qui ne veulent rien changer.

Depuis cinquante ans, les scientifiques hurlent dans le désert : chaque gramme de CO₂ rejeté est une braise de plus sur le brasier. L’Arctique fond, l’Europe étouffe, et demain sera pire. Pourtant, dans les salons feutrés, on discute encore de croissance, de profits, de forages à relancer. On nous propose des brumisateurs comme on jette des miettes aux pigeons.

Les chiffres, eux, ne mentent pas. Cinq cents mille morts par an dans le monde, cinq mille en France en 2022. Des vies fauchées par la canicule, et toujours les mêmes qui trinquent : les vieux, les pauvres, celles et ceux que le système a déjà écrasés une première fois. Les corps souffrent, les esprits se brisent, les logements deviennent des étuves. Les hôpitaux craquent, les forêts brûlent, les rivières ne sont plus que des cicatrices dans la terre. Les abeilles tombent, les vaches suffoquent, les trains déraillent, les centrales s’arrêtent. Tout se dérègle, tout se fissure. Et dans leurs bureaux climatisés, les bien-pensants nous parlent d’adaptation, comme si l’on pouvait négocier avec la fin du monde.

Pourtant, il y a ceux qui refusent de baisser les bras. À New York, à Londres, à Delhi, à Montréal, une même exigence monte, têtue, nécessaire : le droit à la fraîcheur. Pas comme une aumône, pas comme un privilège, mais comme un dû, au même titre que l’eau, le pain ou la dignité. Car de quoi parle-t-on, au fond ? De notre capacité à vivre sur cette Terre sans y laisser notre peau. Et ce droit, il ne viendra pas tout seul. Il faudra le conquérir.

Le Plan climat Empreinte 2050 du PCF : une nécessité

C’est là que le Plan climat Empreinte 2050 du PCF prend tout son sens. Parce que ce plan, ce n’est pas seulement une liste de mesures, c’est une vision. Une vision où la transition écologique n’est pas une punition, mais une libération. Où l’on ne se contente pas de réduire les émissions chez nous, mais où l’on s’attaque à notre empreinte carbone globale, y compris celle, invisible, de nos importations. Où l’on comprend enfin que le climat et la justice sociale sont les deux faces d’une même pièce.

Imaginez : des villes où l’on respire, où les transports en commun sont gratuits, où les logements sont isolés, où les rues sont des forêts et non des fournaises. Imaginez une économie qui ne tourne plus pour une poignée de milliardaires, mais pour le bien-être de toutes et tous. Où l’on travaille moins, où l’on travaille mieux, où l’on mange sain sans se ruiner. Où les usines ne crachent plus leur venin, où les champs ne sont plus des déserts chimiques, où l’eau n’est pas une marchandise mais un bien commun. Imaginez une France qui, au lieu de donner des leçons au monde, tend la main aux pays du Sud pour construire ensemble une sortie de crise. Ce n’est pas un rêve. C’est Empreinte 2050.

Ce plan, c’est la preuve que l’on peut faire autre chose que subir. Qu’on peut bâtir plutôt que de gérer. Qu’on peut exiger une sécurité sociale écologique, comme on a exigé la Sécu après la guerre. Qu’on peut mettre fin à l’austérité qui étouffe les budgets verts, qu’on peut taxer les superprofits des pollueurs pour financer la transition, qu’on peut arrêter de bétonner les terres agricoles et de détruire les jardins partagés. Qu’on peut, enfin, prendre le pouvoir sur notre destin.

Parce que le droit à la fraîcheur, c’est bien plus qu’un thermomètre qui baisse. C’est le droit de ne plus être les otages d’un système qui nous étouffe. C’est le droit de vivre, tout simplement. Et ce droit, on ne nous le donnera pas. Il faudra le prendre. Avec Empreinte 2050, le PCF nous montre le chemin. À nous de le parcourir.

Dominique Gerbault