Agression horrible dans la bande de Gaza. Destruction totale et pertes économiques importantes dans le secteur agricole

Un rapport du ministère de l’Agriculture palestinien publié fin juillet 2026, a documenté la destruction totale subie par le secteur agricole dans la bande de Gaza, pendant cette agression continue contre la population civile.

Le rapport a confirmé que le secteur agricole de Gaza a subi pendant l’offensive militaire des destructions à grande échelle, entraînant l’effondrement quasi complet des infrastructures de production agricole, avec des dommages dépassant 87 % dans la plupart des secteurs, selon l’analyse des images aériennes haute résolution, les systèmes d’information géographique (SIG) et les bases de données agricoles officielles.

Selon le rapport approuvé par plusieurs organisations agricoles internationales, les pertes totales du secteur agricole dans l’enclave palestinienne ont atteint environ 3,49 milliards de dollars américains, dont 1,90 milliard de dommages directs et 1,59 milliard de dommages indirects.

Il a été indiqué que le secteur de la production végétale a connu une forte baisse de la production des cultures, ce qui a entraîné une réduction de la capacité à fournir de la nourriture localement, en raison de dommages touchant environ 158, 909 kilomètres carrés sur un total de 182, 247 kilomètres carrés, avec un taux global de dommages de 87,1 %.

L’agression horrible a directement provoqué un effondrement presque complet du système d’irrigation agricole, avec la mise hors service d’environ 8700 puits agricoles, en plus de la détérioration de 3 828 bassins d’eau agricole, ainsi que la destruction de 1371 kilomètres de conduites d’eau agricole.

Dans le secteur de la production animale, le taux de pertes a atteint environ 90,3%, avec des dommages affectant plus de 5450 fermes de ruminants et environ 2 300 fermes de volailles, en plus de la mort d’environ 69000 animaux ruminants et 2,79 millions d’oiseaux, ainsi que la détérioration de 28400 ruches, reflétant de grandes pertes dans le système de production animale.

Et selon le rapport, les ressources du secteur de la pêche n’ont pas été épargnées par la guerre d’extermination totale, avec environ 1674 moyens de pêche affectés, 7 fermes aquacoles endommagées et environ 450 bassins à double usage touchés, en plus de la destruction de l’unique écloserie de poissons, ce qui a entraîné un arrêt quasi total des activités de pêche et de production piscicole.

Concernant les infrastructures agricoles, environ 93 pépinières ont été gravement endommagées, 18 incubateurs et 134 chambres froides agricoles également presque complètement détruits, sans parler des destructions massives dans les centres gouvernementaux, les laboratoires vétérinaires, les stations expérimentales et de traitement de l’eau, ainsi que les graves dommages subis par les installations et les ports des pêcheurs et les infrastructures de services qui leur sont associées.

Le ministère palestinien de l’Agriculture a confirmé que cette destruction sans précédent a entraîné une paralysie quasi totale du système de production agricole, ainsi qu’une forte baisse de la sécurité alimentaire pour les habitants du secteur, en plus de la perte de sources de revenu pour des milliers de familles, ce qui a augmenté la dépendance à l’aide humanitaire et aux secours.

Avec leur volonté, quelques paysans palestiniens de Gaza ont essayé de reprendre leurs actions. Ils ont réussi malgré les conditions très difficiles de la remise en état d’environ 24 hectares de serres endommagées, principalement dans le sud de la bande de Gaza, une reprise timide et entravée, mais encourageante.

Ces prémices de reprise restent fragiles, et largement entravées. Les agriculteurs de Gaza souhaitent relancer la production sur chaque parcelle disponible, mais ils doivent pour cela avoir accès à des intrants et à leurs terres.

Dans l’ensemble de l’enclave illégalement assiégée et occupée, les coûts de production ont augmenté de manière spectaculaire, certaines semences ayant vu leur prix multiplié par dix, alors que des milliers d’hectares sont devenus inaccessibles ou impropres à la culture en raison des opérations militaires et des débris de guerre.

La pénurie de semences, d’engrais, de pesticides et de carburant continue de paralyser le secteur. En outre, l’occupation actuelle par l’armée israélienne de près de 65% de l’enclave rend dangereux voire impossible pour nombre d’agriculteurs d’accéder à leurs terres situées aux alentours de la ligne jaune.

Dans ce contexte sombre, le ministère de l’Agriculture a appelé toutes les institutions de la communauté internationale, les organisations onusiennes et les donateurs à agir rapidement et immédiatement pour soutenir la relance, la réhabilitation et la récupération du secteur agricole, reconstruire ses infrastructures, et permettre aux agriculteurs, aux pêcheurs et aux éleveurs de reprendre la production, afin de renforcer la sécurité alimentaire et soutenir la reprise économique dans la bande de Gaza.

Et malgré le soi-disant accord de cessez-le-feu le 10 octobre 2025, la situation humanitaire dans le secteur ne s’est pas améliorée en raison du refus de l’occupation de respecter ses engagements, y compris l’ouverture des points de passage et l’introduction des quantités convenues d’aide alimentaire, humanitaire et médicale, ainsi que de matériaux de construction.

40 emplois menacés au terminal ferroviaire de Cerbère (L’Indep)

Le groupe DB Cargo Iberia, dont dépend le site ferroviaire de Cerbère dédié au changement d’essieux nécessaire pour permettre aux trains de fret français de circuler côté espagnol, a annoncé la fermeture de l’atelier au 31 décembre 2026. Un plan social avec 40 suppressions de postes à la clé est en cours de négociation.

Ce n’est pas à proprement parler une surprise. Avec le report d’une partie du transport de marchandises vers la ligne TGV entre Perpignan et Barcelone, le terminal de Cerbère connait depuis un certain nombre d’années une inquiétante baisse de trafic. Cette diminution impacte directement l’activité des 40 salariés qui changent les essieux des trains de fret traversant la frontière en raison de la différence d’espacement des rails sur le réseau espagnol.

Selon les représentants des salariés, le groupe dont dépend l’entreprise gestionnaire de cet atelier, DB Cargo Iberia, a annoncé ses intentions depuis plusieurs mois. « La direction du groupe a décidé des décembre 2025 de fermer le site », assure Antoine Calero, le secrétaire du syndicat FO de la société DB Cargo Iberia Axie Change, qui regroupe les chantiers de Cerbère et d’Hendaye.

En cet été 2026, le processus a franchi une étape décisive. « Nous sommes en train de négocier un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). S’il n’y a pas de repreneurs, le site fermera au 31 décembre », résume Sébastien Auzou, du syndicat CFTC.

Une « grève du zèle » stratégique

La quarantaine d’emplois que recense l’atelier est menacée. « Il n’y a rien dans le PSE de la direction », dénonce Antoine Calero. « En l’état, on partirait avec une main devant et une main derrière. »

Du coup, les salariés ont décidé de faire monter la pression. En entamant une « grève du zèle » destinée à ralentir le trafic alors que le site de Cerbère doit actuellement absorber les rames de marchandises qui passent généralement par l’atelier d’Hendaye, en travaux ce mois-ci.

Petite lueur d’espoir : selon le maire de Cerbère, Christian Grau, « il y aurait deux entreprises intéressées par une reprise du site, mais on ne connait ni leurs noms, ni leurs projets ». S’il confirme que deux entreprises auraient manifesté leur intérêt, Antoine Calero précise qu’à ce jour, aucun repreneur ne s’est concrètement positionné : « Et s’il y en avait un, il ne ferait pas forcément le même métier que nous et ne serait pas obligé de reprendre le personnel. »

Les négociations autour du PSE devraient se poursuivre jusqu’au 15 septembre prochain.

Arnaud (L’Indépendant, le 20 août 2026)

Christian Grau : « Nous essayons d’alerter les pouvoirs publics depuis 2020 »

Pour le maire de Cerbère, Christian Grau, à l’heure où la décarbonation de l’économie est présentée comme une priorité, la fermeture du site tiendrait du paradoxe. « Si les rames qui passaient jusqu’ici par Cerbère ne peuvent passer ni par la ligne TGV (Perpignan-Barcelone, NDLR) qui arrive à saturation, ni par Hendaye, les marchandises devront être transportées par des camions, prédit-il. On ne peut pas faire passer le fret uniquement par la ligne TGV, qui doit aussi être entretenue la nuit. On va vers une solution routière alors qu’on a un site et un savoir-faire. »

Christian Grau rappelle également que le combat pour le maintien de l’atelier ne date pas d’hier : « Cela fait depuis début 2020 que nous essayons d’alerter les pouvoirs publics. Le directeur du site a fait toute une série de propositions pour qu’on lui adresse de l’activité, mais aucune n’a été retenue. L’outil de travail risque d’être démantelé, alors que ces infrastructures pourraient être également utilisées pour certaines opérations de maintenance ferroviaire. »

De son côté, le secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Cerbère, David Cerdan, pointe également du doigt « des choix politiques qui favorisent depuis des années le routier ». Tout en mettant également en cause les conséquences de l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire.

L’Indépendant, le 20 août 2026

Perpignan. Divisée et battue dans les urnes, la gauche règle encore ses comptes (L’Indep)

La réélection de Louis Aliot des le premier tour de l’élection municipale à Perpignan, doit beaucoup à la division de la gauche et du centre. Les cicatrices restent ouvertes alors que les recours en annulation du scrutin, déposés par la liste d’Agnès Langevine et la liste de Mickaël Idrac, seront auditionnés le 17 septembre par le tribunal administratif.

Sur les cendres de sa défaite, la gauche perpignanaise brûle sa rupture par les deux bouts. Il a suffi d’une date pour raviver la flamme : l’annonce par le tribunal administratif de Montpellier du jour de l’audience des recours déposés en annulation de l’élection municipale à Perpignan, le 17 septembre prochain.

Après une campagne fratricide à gauche et un large succès du maire sortant Louis Aliot (RN), réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix, deux listes avaient déposé des recours en annulation. Celle menée par Agnès Langevine, investie par le PS et Place Publique, seconde avec 15,94 %, et celle portée par Mickaël Idrac (LFI, les Écolos, Génération. s), quatrième avec 9,60 %. Ces recours seront donc audiencés mi-septembre.

Mais, celui d’Agnès Langevine n’est visiblement toujours pas digéré par Mathias Blanc (8,94 % des voix) et sa liste « Perpignan Autrement » qui réunissait plusieurs partis (dont le PC) et associations de gauche, dont des cadres locaux de Place Publique.

Mathias Blanc étant lui-même membre du PS local. Ce recours de la vice-présidente de la Région, fort d’une vingtaine de pages, demande l’annulation totale du scrutin, et donc l’élection de Louis Aliot. Il pointe par exemple des procurations non prises en compte.

Mais il vise aussi l’annulation des bulletins de Mathias Blanc qui faisaient référence au PS et à Place Publique, alors que nationalement les deux partis avaient investi Langevine, à contre-courant des militants locaux pour le mouvement de Raphaël Glucksmann. De quoi avoir « trompé et influencé » les électeurs soutient-elle.

« Les arguments choisis sont directement dirigés contre la liste « Perpignan Autrement » », réplique Mathias Blanc. « Non seulement, ils sont faibles juridiquement, mais moralement cela me semble condamnable. C’est le signe d’une obstination, d’une rancœur. Ce recours, tant son dépôt que son maintien, est un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche. En ce qui nous concerne, nous continuerons, dans un esprit d’ouverture, à rassembler sur le terrain et de nous battre contre les manœuvres mortifères qui font le jeu du RN et de l’union des droites ».

La seconde salve est tirée par LFI et Mickaël Idrac. Pourtant, il avait dégainé d’abord, déposant un premier recours en annulation. La cible : la décision de la préfecture « d’imposer que le bulletin de vote « Perpignan, Changez d’air! » soit présenté aux électeurs côté verso, sans la photo du candidat tête de liste et sans les logos des formations politiques qui nous soutenaient. Suite aux manigances de la liste « Plus forts pour Perpignan » menée par Agnès Langevine », accusent-ils. Avant de qualifier le recours d’Agnès Langevine de « contre-feu » et d’apporter leur soutien à Mathias Blanc. Doublement ciblée, Agnès Langevine sort aussi l’artillerie lourde.

« L’objectif de notre recours est bel et bien l’annulation de l’élection et donc celle de Louis Aliot et de l’extrême droite. Notre avocat réserve ses arguments pour le tribunal administratif, nous avons fait cela dans l’intérêt de la démocratie et de l’état de droit. Nous pointons des procurations pas prises en compte. Et oui, les bulletins de « Perpignan Autrement » ont trompé et influencé les électeurs alors que Mathias Blanc n’avait pas les investitures du PS et de Place Publique. Qui est le candidat dissident à gauche, Mathias Blanc ou Agnès Langevine ? »

Dernier, mais certainement pas ultime épisode de la déchirure de la gauche perpignanaise : si le tribunal administratif rejette l’annulation de l’élection, et donc confirme Louis Aliot dans son fauteuil, il pourrait tout de même défaire l’élection des quatre conseillers municipaux élus sur les listes Blanc et Idrac…

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 19 août 2026)

Au Venezuela, le rejet de « toute forme de domination » (La Marseillaise)

Depuis l’enlèvement illégal par les États-Unis du président du Venezuela Nicolás Maduro, le pays est dirigé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Celle-ci semble s’être accommodée de la tutelle imposée par Washington à Caracas, accédant à chacune des exigences de l’administration de Donald Trump ; entre exploitation de la reprise de l’activité pétrolière au profit des multinationales américaines -mais pas des habitants- et rétablissement des relations consulaires avec Israël. Pendant ce temps, la population vénézuélienne peine à se relever des conséquences des séismes, plongeant davantage dans la pauvreté.
Le Parti communiste du Venezuela dénonce l’impérialisme américain qui a la mainmise sur le pays depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro.
Entretien avec Neirlay Andrade membre du bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV).

La Marseillaise : Quelle est la situation politique dans le pays depuis le début de la « tutelle » américaine ?

Neirlay Andrade : Le triumvirat dirigé par Delcy Rodríguez, son frère et président du Parlement, Jorge Rodríguez, et le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, exerce illégalement le contrôle interne. Le gouvernement aurait dû organiser des élections après l’enlèvement de Nicolás Maduro, comme le prévoit la Constitution. Or, ce groupe s’est emparé du pouvoir et agit sous la direction de la Maison Blanche. Pour Washington, la priorité immédiate n’est pas le rétablissement de la souveraineté populaire ou des libertés démocratiques, comme on le faisait croire à l’opinion publique. Son véritable objectif est de garantir des conditions favorables au pillage du pays, et le PSUV [le Parti socialiste unifié du Venezuela, au pouvoir, Ndlr.] en est devenu le garant. Pendant des années, le gouvernement de Maduro a construit un faux discours de confrontation avec les États-Unis. Aujourd’hui, cette relation est présentée comme une nécessité. Le peuple vénézuélien doit résoudre sa crise politique et sociale sans que Washington ne décide de la date des élections, des personnes autorisées à y participer ou de la manière dont le pétrole sera géré. Cela ne signifie pas pour autant défendre l’ancien gouvernement de Maduro ni ignorer la profonde crise politique qui l’a précédé. C’est précisément parce que nous dénonçons l’autoritarisme, la corruption et la destruction des droits démocratiques sous le PSUV que nous refusons la solution consistant à remplacer une forme de subordination par une autre. L’alternative pour le Venezuela ne peut pas être de choisir entre l’autoritarisme du PSUV et la tutelle impérialiste.

La Marseillaise : Les manifestations contre l’impérialisme américain sont-elles fréquentes ?

Neirlay Andrade : Il n’y a pas eu de mobilisations anti-impérialistes massives depuis le 3 janvier. La direction du parti au pouvoir a neutralisé toute initiative susceptible de compromettre ses relations avec la Maison Blanche. La campagne exigeant la libération de Maduro et son retour au Venezuela a été brusquement abandonnée et remplacée par une campagne visant à promouvoir la « renaissance » du pays dans le cadre d’un nouveau dispositif de « coopération » avec Washington. Cependant, des manifestations antisionistes importantes ont récemment eu lieu dans plusieurs villes du pays, en signe de rejet de la présence des forces militaires israéliennes, intégrées à l’équipe chargée de diriger le processus de reconstruction des zones sinistrées à la suite des tremblements de terre. Ces rassemblements, bien que de faible ampleur, ont été menés par des militants de base du PSUV qui rejettent le revirement opéré par la direction du parti [qui a rétabli les liens consulaires avec Israël, Ndlr.]. Le PCV œuvre aux côtés d’organisations politiques et sociales à la construction d’une alternative démocratique, populaire et souveraine, visant à rétablir la Constitution et à lutter contre le pillage, l’autoritarisme et toute forme de domination étrangère.

La Marseillaise : Marco Rubio a été qualifié par le New York Times comme le « vice-roi du Venezuela ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Neirlay Andrade : Marco Rubio joue un rôle clé dans la domination des États-Unis sur le Venezuela. Il a été l’artisan du « plan » mis en œuvre après les bombardements du 3 janvier et proposé une feuille de route en trois phases : « Stabilisation, relance et transition. » La première vise soi-disant à éviter le chaos ; la deuxième phase est directement liée à la garantie de l’accès des entreprises américaines au pétrole vénézuélien ; et la troisième serait une éventuelle transition politique. En d’autres termes, la soi-disant transition démocratique semble subordonnée à une phase préalable de stabilisation et de relance économique selon des conditions définies par les États-Unis.

La Marseillaise : La production pétrolière semble avoir repris mais qui profite des bénéfices économiques ?

Neirlay Andrade : Il est fondamental de savoir qui contrôle cette production, gère les recettes et empoche les revenus pétroliers. Et c’est là qu’un changement très important est en train de s’opérer. La nouvelle réforme de la loi organique sur les hydrocarbures renforce l’ouverture du secteur aux multinationales et réduit la capacité de l’État à s’approprier les revenus. Donc, même si l’État peut conserver formellement une participation au capital, il perd la capacité effective de décider de la gestion de l’activité et de la part de ces revenus qui reste au Venezuela. Les fonds provenant de la commercialisation du pétrole sont gérés par le biais de mécanismes placés sous contrôle américain. Selon Donald Trump, les États-Unis ont déjà tiré plus de 13 milliards de dollars de la vente du pétrole vénézuélien. À cela s’ajoute la renégociation de la dette extérieure. Le Venezuela est accablé par des obligations dont le montant réel n’est même pas établi de manière transparente. La reprise du secteur pétrolier sert essentiellement à satisfaire les créanciers et à garantir les bénéfices des multinationales, alors que les salaires et les retraites restent pratiquement gelés, le peuple vénézuélien n’en profite pas. Cela se répercute directement sur les conditions de vie ; environ 68 % des ménages vivent dans la pauvreté et 32 % dans l’extrême pauvreté.

La Marseillaise : Comment jugez-vous la gestion du séisme par le gouvernement actuel ?

Neirlay Andrade : Les séismes du 24 juin dernier constituent sans aucun doute la catastrophe naturelle la plus dévastatrice qu’ait connue le Venezuela dans son histoire moderne. Cette tragédie a frappé un pays plongé dans une profonde crise politique, économique et sociale qui a privé l’État de moyens suffisants pour faire face à une urgence de cette ampleur. Pour se rendre compte de l’ampleur de la détérioration des institutions, il suffit d’observer la situation de la Fondation vénézuélienne de recherches sismologiques (Funvisis). Son réseau de surveillance est passé de 250 à 300 stations opérationnelles au cours des années 1990 à seulement quatre actives en 2026. Des enquêtes indépendantes ont révélé qu’au cours des premières 24h, l’État avait déployé 4 000 fonctionnaires civils et militaires, soit 12,6 % de l’effectif total mobilisé pendant toute la durée de la situation d’urgence. Au cours des premières heures, la majeure partie des opérations de sauvetage a été menée par des voisins et des bénévoles. Aujourd’hui encore, près de deux mois après les séismes, il y a toujours des milliers de disparus et aucune donnée officielle à ce sujet.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 19 août 2026)

Lettre publique de Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains, au préfet des Pyrénées-Orientales

Monsieur le Préfet,

Le 12 août 2026 en pleine après-midi, un hélicoptère du SAMU a atterri sur une voie de circulation de notre commune (boulevard du Cady), alors que celle-ci était particulièrement fréquentée, comme cela est le cas pendant la période estivale.

Cet atterrissage a eu lieu sans aucune information auprès des services du sécurité que ce soit la gendarmerie (à notre connaissance) ou les services de la commune, dans un endroit inédit, et sans aucune sécurisation que ce soit pour les usagers de la voie publique ou les pilotes et passagers de l’hélicoptère eux même, pour intervenir dans le cadre d’un appel suite à un AVC.

Nous souhaitons vous faire part de notre profond mécontentement et forte inquiétude sur la façon dont l’intervention a été menée.

Comme vous le savez, les appareils intervenants du SAMU sont opérés pour une période donnée par des opérateurs privés. Ceux-ci ne semblent pas évoluer dans le même cadre que celui défini par l’État pour ses propres services. Effectivement, lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, service du SDIS), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernées normalisée).

Sans remettre en cause, bien sûr, ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible, il semble logique et nécessaire que les modalités d’intervention de ce type d’appareils soient toutes soumises au même cadre clair et rigoureux, notamment lorsqu’elles ont des conséquences directes sur la sécurité et la vie quotidienne des habitants et des intervenants. De l’aveu d’un des membres de l’équipage, le lieu d’atterrissage, choisi d’autorité par le pilote, par la proximité des panneaux de signalisation notamment, a mis en danger l’ensemble des personnes concernées, et cela sans réelle « plus-value » en terme de rapidité d’action.

À défaut d’une gestion totale par les services publics des interventions de secours dont le caractère fondamental en terme de sécurité publique justifierait pourtant à lui seul la mise en place, nous souhaitons donc attirer votre attention sur la nécessité de mieux encadrer les conditions dans lesquelles l’ensemble des hélicoptères peuvent être amenés à se poser sur notre commune. Il nous semblerait notamment souhaitable que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants.

Nous demandons également qu’une attention particulière soit portée à la communication et la coordination avec les responsables des collectivités locales et l’ensemble des services concernés, afin que tous puissent, autant que possible, être informés et associés aux dispositifs prévus.

Vous le comprenez notre démarche ne vise nullement à remettre en cause l’action proprement dite indispensable des personnels du SAMU et des services de secours. Elle vise au contraire à ce que leurs interventions puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population, et donc dans le respect des règles de circulation et de sécurité publique.

Nous vous demandons par conséquent de bien vouloir examiner cette situation et de nous indiquer quelles mesures pourraient être prises afin d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise, particulièrement durant les périodes de forte fréquentation touristique.

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à notre démarche et vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération distinguée.

Pierre Serra
Maire de Vernet-les-Bains

Communiqué de Mathias Blanc et Françoise Fiter, élus de gauche « Perpignan Autrement » au conseil municipal

Nous venons de recevoir du greffe du Tribunal administratif de Montpellier l’avis d’audience dans le cadre du recours déposé par Agnès Langevine et l’ensemble de ses colistiers contre les opérations électorales du 15 mars dernier à Perpignan.

Il sera rappelé qu’aux termes de cette protestation, il est notamment demandé l’annulation de l’intégralité des bulletins de la liste « Perpignan Autrement ».

Évidemment, nous avons d’ores et déjà très largement répondu aux attaques formulées contre notre liste par un mémoire en défense.

Mais au-delà de la réponse juridique, en ce qu’il vise « Perpignan Autrement », nous considérons ce recours, tant dans son dépôt que dans son maintien, comme un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche, des progressistes et des citoyens à Perpignan. Nous le déplorons.

En ce qui nous concerne, fidèles à la démarche de « Perpignan Autrement », dans un esprit d’ouverture, en transparence et loyauté, nous continuerons, dans le respect de la démocratie militante, à rassembler la gauche sur le terrain et à nous battre contre les manœuvres mortifères de division qui font le jeu du RN et de l’union des droites.

L’audience publique du Tribunal administratif se tiendra le 17 septembre prochain à 9h, 6, rue Pitot à Montpellier (Salle Languedoc).

Le renouveau de la gauche, comme celui de certaines pratiques politiques, est possible.