Le billet d’Yvon Huet. Si tu lis Bert, t’as rien !

Qui n’a pas eu dans sa famille ou ses relations un anarchiste « de droite » heureux de surfer au-dessus des convenances tout en ayant un portrait du Maréchal Pétain dans son couloir ? Moi, j’ai connu. C’était hier, mais ça recommence de plus belle. C’est bien cette tendance qui, actuellement, fait un carton dans de nombreuses chaumières, à droite comme à l’extrême droite certes, mais bien au-delà.

Au nom de la liberté, les fans d’un capitalisme « populaire » où toutes les barrières sont franchies pour remettre en cause l’État de droit au profit d’un état de profitabilité maximale ouvert à toutes les opportunités pour s’enrichir sur le dos des autres, avec le mot qui tue, « que le meilleur gagne », sont en ordre de marche sur notre planète. Ils ont marqué des points partout, en Amérique latine, aux USA, en Europe et en Asie. Ils sont soutenus par les plus puissants de la classe dominante mondiale, Elon Musk en tête. Ils soutiennent toutes les formes de pouvoir autocratique, les chasseurs de pauvres, de migrants et de partisans de la démocratie sociale, collés au mur pour « intelligence avec l’ennemi ». Qui, le communisme évidemment. Cette incitation à la peur du communisme qui avait fait des ravages dès 1945 aux débuts de la guerre froide est revenue sur le plateau des mises en scènes, Donald Trump en étant un chef d’orchestre parmi d’autres.

Contre cette tendance qui s’est imprégnée des pertes de repère que nous vivons actuellement, il va sans dire que ce n’est pas avec des pâquerettes qu’il faudra lutter mais dans l’action sociale et dans le combat politique le plus claire et offensif possible pour donner à la démarche alternative à gauche un nouvel élan. C’est dans ce sens que j’ai compris le discours de Fabien Roussel qui, si les communistes le permettent par leur vote, devra investir cette maudite élection présidentielle que nous n’aimons pas certes, mais qu’il faut bien affronter pour ne pas tomber dans le piège des « bonnes intention » de discussions de comptoir désespérées…

En ce début septembre, il faudra faire un choix. On en connaît le risque. Mais qui ne prend pas de risque sera certainement cloqué par les libertariens qui, comme les méduses, sont capables de brûler n’importe qui… Le mythe de l’unité pour l’unité ne sert à rien. C’est l’addition des forces qui devra recréer l’espoir à gauche, pas le repli sur une injonction d’urgence, d’où qu’elle vienne qui, loin de faire peur aux libertariens, ne peut que lui donner du grain à moudre.

Yvon Huet

L’édito du webzine. « Une France verte, libre et indépendante »

Ce week-end, lors de l’université d’été du PCF à Toulouse, Fabien Roussel a sonné la mobilisation communiste. Devant plus d’un millier de militants réunis, le secrétaire national du PCF a martelé le projet des communistes.

Il s’agit de constreuire une révolution sociale et écologique pour 2027, tout en lançant un défi à la gauche française : « Choisissez votre chemin. » Derrière les discours, c’est une question qui obsède : comment éviter le piège du Rassemblement National (RN), déjà aux manettes dans plusieurs villes ?

Là où le RN gère les affaires, le RN frappe les pauvres, les syndicats, les opposants. La gauche doit se réveiller. À huit mois de la présidentielle, l’urgence est de taille. Si on veut contrer le RN, il faut savoir parler au monde du travail, savoir parler à la jeunesse.

Être à l’offensive

Dans son discours de clôture de l’université d’été, Fabien Roussel a balayé les doutes. « Nous ne sommes pas là pour nous excuser d’être communistes, mais pour prendre le pouvoir », a-t-il tonné, visant les « ruines sociales » laissées par Macron. Le programme des communistes ? Une France « verte, respirable, indépendante », avec des salaires plutôt que des allocations, une France rompant avec l’Europe fédérale.

Sur la forme, le secrétaire national du PCF assume : « Chez nous, c’est carré… avec la démocratie en plus ». Le 6 septembre, le résultat du vote des communistes pourra officialiser la candidature de Fabien Roussel. « Aux autres de choisir leur chemin ». La gauche doit « parler programme ».

Dominique Gerbault

Communiqué de presse de la CGT. Limiter l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation : c’est non !

L’approche des discussions budgétaires pour 2027 est l’occasion pour le gouvernement d’agiter un nouveau chiffon rouge : il menace de limiter l’indexation des pensions des retraité·es aisé·es sur l’inflation. En clair, c’est une baisse des pensions de retraite, en commençant par « les plus hautes », en réalité celles situées au-dessus de la moyenne, déjà basse. Le ministre de l’Economie Roland Lescure veut ainsi ouvrir une brèche et éviter à tout prix d’aller chercher l’argent dans les caisses du patronat et des grandes fortunes.

Au lieu de faire les poches des salarié·es et des retraité·es, le gouvernement doit répondre aux besoins sociaux et environnementaux. L’urgence, c’est de rétablir la retraite à 60 ans et d’abroger la réforme des retraites 2023, toujours rejetée par deux tiers des Français·es. L’urgence, c’est d’augmenter les pensions de retraites dont la moyenne s’élève à 1 705 euros bruts, hors paiement de la CSG. C’est aussi de lutter contre les inégalités systémiques de salaires et donc de pensions entre les femmes et les hommes : elles touchent en moyenne des pensions inférieures de 36% à celles des hommes.

Plutôt que d’agiter la menace de la dette, le gouvernement doit arrêter la distribution d’aides aux grandes entreprises, attribuées sans aucune contrepartie. Ce ne sont pas les coupes budgétaires dans les services publics ou le gel du point d’indice et des pensions qui rempliront les caisses publiques. La CGT exige par exemple la fin des exonérations et exemptions de cotisations dites « patronales » qui font perdre des recettes considérables au système solidaire de Sécurité sociale.

Alors que le gouvernement veut poursuivre une politique de casse des solidarités, la CGT revendique au contraire une autre répartition des richesses : par l’investissement massif dans les services publics, dans les moyens humains et matériels pour faire face à la hausse des besoins, au changement climatique, aux crises qui se multiplient, par la hausse des salaires, du point d’indice et des pensions de retraite.

La CGT travaillera à construire les mobilisations nécessaires, notamment contre les attaques portant sur le niveau des pensions, et à gagner sur toutes ses revendications.

Montreuil, le 17 août 2026

Banyuls-sur-Mer. Les vendangeurs réclament des conditions d’accueil dignes (L’Indep)

Près de 80 saisonniers ont manifesté ce samedi 22 août. Vivant sous des tentes ou dans leurs véhicules, ces saisonniers revendiquent des besoins élémentaires.

Environ 80 vendangeurs et sympathisants se sont rassemblés ce samedi 22 août pour faire entendre leurs revendications concernant leurs conditions d’accueil durant la saison. Partis de l’aire de pique-nique de la route des Mas, ils ont ensuite rejoint en cortège le centre-ville et la mairie. À leur demande, des représentants de la CGT des P.-O. étaient présents pour les accompagner dans leur démarche.

Des conditions de vie précaires

Le problème ne date pas d’hier. Une grande partie de ces saisonniers, venus notamment d’Espagne, d’Italie, de Pologne ou d’Allemagne, vivent durant les vendanges dans des véhicules ou sous des tentes, parfois installées dans les vignes.

« Il y a quatre ans, nous étions déjà venus pour la même problématique », rappelle Julien Berthelemy, secrétaire général de la CGT des P.-O. Les revendications portent avant tout sur des besoins élémentaires : disposer d’un lieu ou stationner et dormir, avoir accès à l’eau et à des sanitaires.

Maria, l’une des porte-parole des vendangeurs, évoque une situation devenue plus difficile cette année. « Notre principale revendication, c’est l’accès à l’eau », explique-t-elle. Elle souligne également les difficultés de stationnement, les déplacements imposés à certains campements et un sentiment d’insécurité lié, selon les saisonniers, à plusieurs vols.

L’espoir d’une solution pérenne

Devant la mairie, les manifestants ont rappelé qu’ils ne réclamaient pas un hébergement classique, mais des conditions minimales leur permettant de vivre correctement pendant la saison. Ils souhaitent désormais qu’une solution soit recherchée conjointement entre pouvoirs publics, professionnels de la viticulture et saisonniers.

Des démarches ont été engagées auprès de la mairie et de la préfecture et une rencontre est annoncée la semaine prochaine, avec l’espoir de voir enfin émerger une proposition pérenne et concertée, afin que la question de l’accueil des vendangeurs ne se repose plus chaque année dans les mêmes termes.

Yves Andrieu (L’Indépendant, le 23 août 2026)

L’hélicoptère du Samu aurait atterri sur un boulevard de Vernet-les-Bains « sans service de sécurité » au sol : le maire interpelle le préfet (L’Indep)

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 aout 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère H66 affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de dispositif de sécurité. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 21 août 2026)

Sollicitée, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

« Un pompier avait sécurisé la zone et si nous avions atterri plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient »

Du côté du Samu, on livre une version des faits différente de celle du maire sur plusieurs points. « Lors de cette intervention, un pompier présent au sol avait sécurisé la zone en amont, assure une source au sein du service hospitalier. De plus, si nous nous étions posés plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient, qui était dans le coma et qu’il fallait intuber, mettre sous respiration artificielle, puis en réanimation. Cette intervention a permis de sauver une vie. » L’enquête que les services de l’État ont lancée après réception du courrier du maire de Vernet devrait permettre de trancher entre les deux versions.

Autre précision : si le transport des équipes médicales par l’hélicoptère H66, disponible 24 heures sur 24, est effectivement délégué à une société privée dans le cadre d’une convention, « comme dans les autres Samu de France », le service hospitalier reste bel et bien le donneur d’ordre.

L’Indépendant, le 21 août 2026

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 août 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu s’est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de personnels au sol chargés de sécuriser l’atterrissage. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». L’intervention du 12 août visait à prendre en charge une personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Son bien-fondé était donc indiscutable et le premier magistrat en convient. Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Sollicitée, la direction de l’hôpital de Perpignan n’a pas donné suite. De son côté, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

L’Indépendant, le 21 août 2026

Guillaume Roubaud-Quashie : « L’Université d’été du PCF, pour aborder cette année avec ambition » (La Marseillaise)

Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de l’Université d’été du PCF et membre du Conseil national présente l’événement qui débute ce vendredi à Toulouse.

La Marseillaise : Quels seront les temps forts de cette université d’été du PCF à Toulouse ?

Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une université un peu particulière parce qu’elle arrive juste après le 40e Congrès du Parti Communiste. C’est, pour nous, le premier événement public majeur, important, national, depuis. Il s’inscrit dans un contexte bien connu, qui est celui, du macronisme finissant mais qui n’est pas encore parti puisqu’ils sont dans la préparation d’un prochain budget et envoient des signaux assez inquiétants. Parmi les temps forts de cette année, on a voulu donner une place importante aux enjeux climatiques et environnementaux. Cela se traduira notamment par la présence dès l’ouverture d’un responsable syndical des Sdis. On a aussi voulu apporter un éclairage particulier sur la question des enjeux de l’intelligence artificielle. On aura toute une série de rendez-vous autour des questions internationales, avec le retour de la délégation du PCF qui s’est rendue au Proche-Orient, un temps fort aussi autour de Cuba face au danger trumpiste qui ne cesse de grandir, et une séquence consacrée à l’évolution de la domination états-unienne dans la période. Dans les temps forts politiques, Fabien Roussel donnera son allocution de rentrée ce samedi soir, un débat est organisé dimanche entre Léon Deffontaines et le Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan Clément Beaune sur la question de la planification démocratique. Nous avons également organisé une rencontre entre les différentes formations politiques de gauche, avec socialistes, écologistes, insoumis et communistes bien sûr, ainsi qu’une rencontre avec le monde du travail, en présence de Caroline Chevé secrétaire générale de la FSU et Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale de la CGT.

La Marseillaise : Vous prendrez part à une conférence intitulée « Antifascisme et politique de masse », pouvez-vous la présenter ?

Guillaume Roubaud-Quashie : C’est une thématique qui est importante pour nous parce qu’il y a la question de la nature de la menace d’extrême droite qui est devant nous et beaucoup d’ateliers seront consacrés à cette question, avec, notamment, Bernard Pudal qui a sorti un livre très important sur le sujet. On a voulu construire avec la jeunesse communiste un projet d’échange qui marie leurs réflexions en cours d’un côté, et de l’autre, un ancrage historique. C’est à ce titre-là que je vais intervenir dans cet atelier, parce que cette question de l’extrême droite, il faut évidemment la regarder à la lumière précise du présent, mais elle n’est pas neuve. On a déjà été confrontés à cette question et à des moments d’affirmation de l’extrême droite, et il y a eu des réponses des communistes dont on peut juger qu’elles sont adaptées pour le présent, qu’elles ne le sont plus, qu’elles l’ont été, qu’elles n’ont pas été, peu importe. En tout cas l’idée est de proposer aux communistes de ne pas réfléchir comme si rien n’avait jamais été pensé et tenté par le passé, si je puis dire. Le propos qui sera le mien sera surtout centré sur les réflexions et les expériences des communistes dans les années 1930, au moment où justement l’extrême droite en France était aux portes du pouvoir. Et, finalement, il faudra la victoire de Hitler pour que l’extrême droite, qui a cessé de progresser et n’avait pas réussi à obtenir le pouvoir, l’obtienne dans le bagage de l’armée nazie par ce rapport de force là. Donc l’idée c’est de voir un petit peu des éléments de réflexion et de parallèles avec aujourd’hui.

La Marseillaise : Pourquoi ce moment est-il important pour le parti, les militants, les cadres et les élus ?

Guillaume Roubaud-Quashie : C’est-à-dire qu’on sait tous qu’on va aborder une année importante et qu’on l’aborde avec esprit d’ambition absolument, mais tout en sachant qu’elle n’est pas facile d’avance. C’est-à-dire que le pire n’est pas du tout certain mais le meilleur n’arrivera pas par hasard. Donc, si on veut que le meilleur advienne et que le pire n’advienne pas, alors, il est impératif de prendre le temps de la réflexion au-delà des postures et des pensées courtes. Il faut creuser un certain nombre de sujets sur lesquels l’université va justement travailler à la veille de cette rentrée 2026-2027.

La Marseillaise : L’allocution de Fabien Roussel est prévue ce samedi soir. Est-ce un lancement de campagne présidentielle, tout en sachant que le vote des militants pour déterminer si oui ou non il sera candidat, est attendu le 6 septembre prochain ?

G.R.-Q. : Évidemment, au Parti communiste, ce sont les adhérents qui décident de leur orientation. En même temps il est certain que le 40e Congrès, au terme d’un processus démocratique, a déjà donné une certaine orientation. Le discours de Fabien Roussel ne pourra pas être celui du candidat, puisque ça, c’est aux communistes de le décider souverainement début septembre. Néanmoins, il s’inscrira dans la perspective qui a été tracée démocratiquement par le 40e congrès. Il aura une tonalité offensive pour attaquer l’année dans le contexte présent.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 21 août 2026)

Jean-Marc Touzard : « La viticulture doit s’adapter au climat » (La Marseillaise)

Jean-Marc Touzard, économiste et directeur de recherche à l’INRAE, est spécialiste des stratégies d’innovation dans le secteur de la viticulture. L’accélération du changement climatique nécessite, selon lui, de la coopération entre les acteurs du secteur et la construction de stratégies d’adaptation à plusieurs niveaux.

La Marseillaise : Cette année encore, les vignerons du Languedoc-Roussillon sont contraints d’avancer le début des vendanges. Cela va-t-il devenir la norme ?

Jean-Marc Touzard : Oui, la période des vendanges ne cesse d’avancer depuis des années. On observe une tendance de quatre à cinq jours d’avance supplémentaires par décennie. Dans les années 1980, la récolte démarrait autour du 15 septembre dans le Languedoc-Roussillon. Nous sommes cependant dans une année particulièrement précoce. Et encore, le Languedoc n’est pas la région viticole la plus touchée. Cela est évidemment une conséquence du changement climatique, qui agit sur la « phénologie » de la vigne, c’est-à-dire ses différents stades de développement, et entraîne donc une maturation plus précoce des raisins.

La Marseillaise : Quels sont les autres impacts du changement climatique sur la viticulture ?

Jean-Marc Touzard : Les impacts sont nombreux et ils interagissent entre eux. Par exemple, le stress hydrique induit par le changement climatique a pour effet de produire des baies plus petites et donc, de diminuer les rendements. La qualité du vin est elle aussi impactée directement avec, entre autres, une plus grande concentration de sucre. Or, si cela ne signifie pas forcément une perte de qualité à proprement parler, cette évolution ne suit pas la demande : aujourd’hui, les consommateurs ont tendance à rechercher des vins moins alcoolisés et plus frais. Le changement climatique entraîne aussi davantage d’événements extrêmes et donc l’augmentation des risques de destruction des cultures. Une autre conséquence indirecte que l’on peut citer est la salinisation des sols, en raison de la montée du niveau de la mer. Tous ces effets entraînent ensuite des conséquences sociales et économiques, avec notamment des difficultés commerciales ou encore la baisse de la valeur du patrimoine. En résumé, les impacts sont de plus en plus importants à mesure que le changement climatique s’accélère. Nous vivons aujourd’hui une année qui sera considérée comme normale dans une dizaine d’années, c’est la raison pour laquelle il faut s’adapter dès maintenant.

La Marseillaise : Par où commencer cette adaptation ?

Jean-Marc Touzard : Avant de parler de solutions concrètes, il faut rappeler un préalable indispensable, qui est la limitation urgente de nos émissions de gaz à effet de serre dans le but de stabiliser le climat à l’échelle mondiale. Plus tôt le climat sera stabilisé, plus nos possibilités d’adaptation seront nombreuses. Ensuite, il faut aussi rappeler qu’il n’y a pas de solution miracle, puisque tout l’enjeu est de combiner différents types de solutions. La première d’entre elles concerne probablement le choix des cépages. Il va ainsi falloir changer les cépages cultivés dans le Languedoc-Roussillon, ou du moins ne garder que les cépages résilients et adaptés au climat, tels que le Cinsault ou le Grenache, et diminuer d’autres cépages précoces, tels que le Merlot. Il pourrait aussi s’agir d’aller chercher d’anciennes variétés, des variétés qui sont cultivées dans d’autres pays de la Méditerranée ou encore, de puiser dans des créations variétales, comme celles sur lesquelles travaille l’INRAE.

La Marseillaise : Après avoir repensé le choix des cépages, quelles solutions se trouvent dans les pratiques viticoles ?

Jean-Marc Touzard : Le deuxième type d’adaptation se situe au niveau de la gestion du sol. Il faut renforcer la capacité des sols à retenir l’eau, ce qui peut passer par plein de techniques différentes, qui présentent toutes des avantages et des limites. On peut citer notamment la vitiforesterie, l’irrigation, la taille en gobelet ou encore, le jeu sur les feuilles. Ensuite, le troisième type d’adaptation se situe après la récolte, au niveau de l’œnologie, qui permet de corriger un peu les effets du changement climatique sur le vin. Cela peut se traduire notamment par le recours au froid ou à des techniques pour désalcooliser le vin.

La Marseillaise : Et sur le long terme, faut-il adapter notre paysage et la société dans son ensemble à ces changements ?

Jean-Marc Touzard : Des solutions d’adaptation existent à travers la relocalisation de certaines parcelles de vigne. C’est ce que font notamment les vignerons du Larzac, en allant chercher de l’altitude. Cela risque cependant de poser des questions concernant les appellations qui, jusque dans les années 1980, mettaient volontairement en avant des sols peu profonds, tandis qu’aujourd’hui, d’autres types de sols plus profonds pourraient devenir plus intéressants. On peut aussi s’intéresser à tous les changements institutionnels qui doivent accompagner les évolutions que nous avons citées : modifier les cahiers des charges, réinventer les mécanismes pour faire face aux risques tels que les assurances, la prévention etc. Enfin, il faut reconstruire des liens avec le consommateur et réinventer les récits autour de la viticulture. La valeur du vin est intrinsèquement liée à la valeur de son terroir, ces récits sont donc indispensables et leur transmission peut passer par l’œnotourisme.

La Marseillaise : Êtes-vous optimiste ?

Jean-Marc Touzard : Dans le scénario où l’on arrive à ralentir et à stabiliser le changement climatique, je ne désespère pas. La viticulture est une filière très sensible, qui est impactée durement par ce changement, mais c’est aussi une filière avec une grande diversité et une grande créativité. Il y a des solutions, à condition que tous les acteurs collaborent entre eux. De mon côté, je pense qu’il faut privilégier en priorité les solutions fondées sur la nature, telles que la sélection des cépages et la diversification.

Propos recueillis par Nina Bailly (La Marseillaise, le 21 août 2026)