Elke Kahr. « La gauche doit réapprendre à s’adresser aux gens » (La Marseillaise)

Elke Kahr vient d’être réélue maire communiste de Graz, deuxième ville d’Autriche et capitale de la Styrie qui compte plus de 300 000 habitants. Pour « La Marseillaise », elle livre sa réaction et partage ses réflexions pour reconstruire en Europe une gauche populaire et victorieuse.

La Marseillaise : Quelle est votre réaction après votre réélection à la tête de la ville de Graz ?

Elke Kahr : Je suis à la fois soulagée et heureuse de constater un soutien aussi net à la ligne que nous avons adoptée en 2021. Je n’agis pas seule, je fais partie d’un collectif qui œuvre avec constance et dynamisme pour les habitants de Graz depuis des décennies, s’attirant ainsi une grande confiance.

La Marseillaise : À quoi attribuez-vous ce succès ?

Elke Kahr : Mon parti, le Parti communiste autrichien (KPÖ), ne cherche pas à séduire les gens avec des promesses d’un monde meilleur pour un avenir lointain ; nous visons plutôt à obtenir des améliorations concrètes pour les travailleurs. Nous avons remporté de nombreux succès à cet égard, qu’ils soient grands ou petits. Il est réjouissant de voir qu’autant d’habitants de notre ville le reconnaissent.

La Marseillaise : Sur quels thèmes avez-vous mené campagne ?

Elke Kahr : Notre programme se résume facilement. Nous défendons ce dont chacun a besoin au quotidien : des logements abordables, des écoles, des services de soins et de santé, l’accès à l’eau, à l’énergie et au chauffage, les transports en commun, les espaces verts et les parcs, ainsi que des lieux dédiés au sport, aux loisirs et à la détente. Nous voulons maintenir tous ces services dans le domaine public et garantir qu’ils soient accessibles à tous, sans barrières financières. L’intérêt général doit primer : c’est ce que nous avons clairement affirmé, alors que les partis conservateurs et libéraux ne cessaient de prôner la hausse des loyers et la privatisation du logement.

La Marseillaise : Comment vous êtes-vous adressée au monde du travail ?

Elke Kahr : Je suis une militante active de la vie politique locale depuis 1993 : d’abord comme conseillère municipale, puis comme présidente du groupe communiste au sein du conseil municipal et depuis 2021, en tant que maire. Au fil de ces décennies, je ne me suis jamais retranchée dans des bureaux ou au siège de mon parti. Les habitants de ma ville savent comment me joindre. Il est essentiel que nous, en tant que parti comme à titre individuel, gardions toujours nos portes ouvertes à quiconque a besoin de soutien ou souhaite proposer des solutions. Aucun problème n’est insignifiant : le monde du travail regorge de difficultés, et pourtant, peu de gens interviennent réellement pour aider lorsque la situation se corse. Il est crucial d’avoir un bon réseau et de savoir où trouver des solutions à des problèmes précis, plutôt que de simplement faire tourner les gens en rond. Les citoyens apprécient vraiment cette approche. Cela n’est possible que si l’on s’intéresse sincèrement aux autres.

La Marseillaise : Quelle sera votre première mesure de ce nouveau mandat ?

Elke Kahr : La situation économique à laquelle sont confrontées les villes et les collectivités de toute l’Autriche est loin d’être idéale. Les crises multiples de notre époque et les conséquences des politiques néolibérales se font sentir. C’est pourquoi, durant la campagne électorale, nous avons évité de faire des annonces grandiloquentes ou de présenter des « visions » -comme les médias dominants ne cessaient de l’exiger- pour privilégier une approche axée entièrement sur la sécurisation et l’amélioration des infrastructures de la ville. Graz est une ville qui fonctionne bien, et pourtant, beaucoup d’habitants y rencontrent des difficultés. Notre engagement consiste donc à tout mettre en œuvre pour que la ville continue de bien servir ses résidents et pour préserver au mieux la cohésion sociale. Nous avons mis en place de nombreux dispositifs à cette fin et nous comptons encore les améliorer. L’abonnement annuel aux transports en commun de Graz, proposé à 60 euros aux personnes sans revenus ou à faibles revenus, en est un exemple.

La Marseillaise : Quel message adressez-vous aux forces progressistes confrontées dans toute l’Europe à la montée de l’extrême droite ?

Elke Kahr : L’extrême droite prétend défendre les gens ordinaires -les travailleurs, qu’ils soient cols-bleus ou cols blancs- et représenter leurs intérêts. En réalité, ces partis méprisent la classe ouvrière et le monde du travail dans son ensemble. Ils misent sur l’exclusion et la division, sur le racisme et une rhétorique incendiaire. Pourtant, ils répondent aux peurs et aux préoccupations qui touchent véritablement la majorité de la majorité. La gauche a tendance à se focaliser sur des détails abstraits et utilise souvent un langage que la plupart des gens ne comprennent pas. Les forces progressistes doivent réapprendre à s’adresser aux gens et à prendre leurs préoccupations au sérieux, même lorsque celles-ci ne cadrent pas avec leur propre vision du monde. C’est la seule façon de convaincre la population. Nous devons nous battre pour chaque individu et nous attaquer à chaque petit problème du quotidien si nous voulons parvenir à nouveau à rassembler pour obtenir des changements majeurs.

Propos recueillis par Léo Purguette (La Marseillaise, le 2 juillet 2026)

Bio express
1961 naissance à Graz deuxième ville d’Autriche et capitale de la Styrie
1964 adoptée à l’âge de trois ans par les époux Kahr, un serrurier et une vendeuse
1979 employée de banque
1983 adhésion au Parti communiste autrichien (KPÖ)
1993 élue conseillère municipale de Graz
2003 élue vice-présidente fédérale du KPÖ.
2021 élue maire de Graz
2023 élue meilleure maire du monde par la City Mayors Foundation, « pour son dévouement et son altruisme au service de sa ville et de ses citoyens »
2026 réélue maire de Graz

Cabestany. Le chantier de 21 logements sociaux officiellement lancé (L’Indep)

La résidence Côté sud illustre l’engagement des collectivités et du bailleur Trois moulins habitat dans un contexte de crise durable du logement social et une demande toujours plus forte.

La résidence Côté sud, située aux 13 et 16 rue Blanche-Lefevre à Cabestany, a fait l’objet de la pose de sa première pierre en présence des élus et des partenaires institutionnels ayant contribué à la réalisation de ce programme de 21 logements sociaux. Une opération qui répond à une demande toujours plus forte dans les Pyrénées-Orientales.

Présent sur la commune depuis dix-huit ans, Trois moulins habitat poursuit un partenariat de longue date avec Cabestany. Son directeur général, Gilles Sambussy, a salué « un projet bien intégré », assurant la transition entre habitat collectif et pavillonnaire. Mais il a surtout alerté sur les difficultés rencontrées par les bailleurs sociaux. « Le cout de la construction a progressé de 39 % en Occitanie alors que nos ressources diminuent. Notre modèle est aujourd’hui en équilibre précaire », a-t-il averti, tout en remerciant les collectivités qui continuent de soutenir financièrement ces opérations.

Pour la maire, Edith Pugnet, cette inauguration constitue une réponse concrète à une situation devenue préoccupante. En 2025, les Pyrénées-Orientales comptaient 22 500 demandeurs de logements sociaux, dont plus de 800 à Cabestany. « Construire, mais pas seulement au détriment du beau, ni sans tenir compte de l’environnement et des habitants : c’est tout l’enjeu », a-t-elle rappelé, réaffirmant son attachement à une mixité associant logements sociaux, intermédiaires et accession à la propriété.

Le conseiller départemental Rémi Lacapère a rappelé le rôle majeur du Département, premier financeur de cette résidence avec une aide de 141 000 euros.

Olivier Mas, représentant la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée métropole, a souligné pour sa part la garantie d’emprunt de 2,2 millions d’euros apportée conjointement par l’agglomération et la commune, preuve d’un engagement partage en faveur du logement.

Représentant la Région, Julien Baraillé a insisté sur la dimension sociale de ces programmes. « Le logement est le premier facteur d’insertion. Comment trouver un emploi, suivre une formation ou construire un projet de vie sans stabilité résidentielle ? », a-t-il interrogé. Rappelant que près de 70 % des habitants des P.-O. sont éligibles au logement social, il a également défendu une approche privilégiant la qualité de vie : « Oui au logement de qualité, mais il faut aussi penser à la manière dont les habitants vivront ensemble. Les problèmes de voisinage et l’insécurité peuvent souvent être évités lorsqu’ils sont anticipés des la conception des quartiers ».

Avec ses 21 logements, la résidence Côté sud symbolise une ambition partagée: offrir des logements accessibles, durables et intégrés, malgré un contexte économique qui rend chaque nouvelle opération plus difficile à réaliser.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 2 juillet 2026)

Signez l’Appel pour la paix à Cuba et dans les Caraïbes, contre le blocus et pour le respect du droit international

La situation à Cuba est alarmante, malgré la résilience remarquable du peuple cubain.
À l’initiative du Mouvement de la Paix, plus de 200 citoyennes et citoyens, rassemblés dans une grande diversité d’engagements et de sensibilités, vous appellent à soutenir cet appel.

Parlementaires (députées, députés, sénatrices et sénateurs), membres du Parlement européen, maires, élues et élus locaux, responsables et militantes ou militants associatifs, syndicalistes, responsables politiques, personnalités culturelles, artistes, universitaires, chercheuses et chercheurs : toutes et tous sont unis par une même exigence.

Cette exigence est simple et essentielle : la paix dans les Caraïbes, la levée du blocus contre Cuba par les États-Unis, et le respect du droit international.

Le Mouvement de la Paix – Paris le 1er juillet 2026

Le texte de l’appel

Nous, soussignés, exprimons notre grave préoccupation face à l’intensification des menaces du gouvernement des États-Unis contre Cuba, laissant entendre que l’île pourrait être la prochaine cible d’une agression militaire. Une telle situation fait peser de graves risques sur la paix à Cuba et dans la région.

Sous le prétexte que Cuba représenterait une « menace extraordinaire » pour sa sécurité nationale, le gouvernement des États-Unis a par ailleurs renforcé le blocus économique, commercial et financier à des niveaux sans précédent. Cette politique se traduit notamment par l’imposition d’un blocus pétrolier et par le durcissement des mesures extraterritoriales visant à empêcher toute possibilité de commerce ou même de réception d’aide, en particulier à travers les décrets exécutifs du 29 janvier et du 1er mai 2026.

Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : Cuba, petit pays de 9 millions d’habitants, ne constitue aucune menace pour la plus grande puissance économique et militaire du monde. Il n’existe donc aucune justification à une telle punition collective imposée au peuple cubain, qui subit chaque jour une détérioration marquée de ses conditions de vie.

Au-delà des sensibilités politiques de chacun, il s’agit aujourd’hui de défendre les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ainsi que du droit international et humanitaire : le respect de la souveraineté nationale des États, la résolution pacifique et politique des différends, le refus du recours ou de la menace du recours à la force dans les relations internationales, l’interdiction de la coercition collective, la prise en compte des conséquences humanitaires des mesures coercitives et la liberté des échanges commerciaux.

Cette escalade agressive touche non seulement Cuba, mais aussi l’ensemble des peuples des Caraïbes et de l’Amérique latine, qui ont le droit de vivre en paix, de coopérer librement et de construire leur avenir dans le respect mutuel et la solidarité, à travers le développement d’une culture de paix telle que définie par l’ONU et l’UNESCO.

Les acteurs gouvernementaux, institutionnels et de la société civile, aux niveaux européen et international, doivent agir, faire entendre leurs voix et appeler à :

  • La fin du blocus économique, commercial et financier contre Cuba
  • L’arrêt des menaces d’intervention militaire des États-Unis contre Cuba
  • Le respect de la souveraineté de Cuba et de tous les États des Caraïbes
  • Le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.

—> Signez et faites l’appel en ligne

Premiers signataires (classement alphabétique par nom) :
Guy Abgrall, Comédien, Théâtre Réseau Art for Peace
Nadège Abomangoli, Députée, vice-présidente de l´Assemblée nationale
Michel Adam, Sociologue, Réseau Convivialiste
Niels Anderson, Éditeur et auteur anticolonialiste
Jean-Noël Aqua, Conseiller de Paris
Rodrigo Arenas, Député à l’Assemblée nationale
Kali Argyriadis, Anthropologue, Chargé de recherche hors classe, Institut de recherche pour le développement
Ricardo Arias, Agence de presse internationale Pressenza
Alain Aurégan, Artiste plasticien, Réseau art for Peace
Gwenaëlle Austin, Conseillère de Paris
Sergio Avalos, Union pour la Reconstruction Communiste
Jérémy Bacchi, Sénateur
Bertrand Badie, Professeur émérite des universités à Sciences Po Paris.
Charlotte Balavoine, Coordinatrice de la campagne de solidarité avec Cuba PCF
Jacques Baudrier, Adjoint au maire de Paris
Jean-Pierre Bel, Ancien président du Sénat
Pierre Bell-Lloch, Maire de Vitry-sur-Seine
Linda Benadjaoud, Projet “Jeunes, citoyens et solidaires” du Mouvement de la paix.
Édouard Bénard, Député à l’Assemblée nationale
Augustin Berque, Géographe et orientaliste
Sophie Binet, Secrétaire générale de la Confédération Générale du Travail (CGT)
Geoffrey Bodenhausen, Professeur émérite, École Normale Supérieure
François Bonnarel, Informaticien de l’astronomie, ingénieur de recherche CNRS
Bastien Bonnargent, Secrétaire général du Mouvement de Jeunes Communistes de France (MJCF)
Pascal Bonneau, Co-secrétaire national du Mouvement de la Paix
Saïd Bouamama, Sociologue
Charly Bouhana, Président de l’association Cuba Sí France
Vincent Boulet, Responsable du secteur international du PCF
Myriam Bouregba, Militante pour l’interculturalité
Catherine Bourgine, Conseillère municipale de Bouër (Sarthe)
Soumya Bourouaha, Députée à l’Assemblée nationale
Ian Brossat, Sénateur
Julien Brugerolles, Député à l’Assemblée nationale
Pierre-Yves Cadalen, Député à l’Assemblée nationale
Alain Caillé, Sociologue, professeur d’université, directeur de la revue du MAUSS
Hernando Calvo Ospina, Journaliste et écrivain
Marie Carlens, Assemblée des Citoyens du Monde
Jacques Casamarta, Animateur du mouvement Per a pace-Pour la paix (Corse)
Jean-Victor Castor, Député, président du groupe d’Amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale
Berenger Cernon, Député à l’Assemblée nationale
Leila Chaibi, Députée au Parlement européen
André Chassaigne, Membre honoraire du Parlement
Christian Chasseau, Secrétaire national du Mouvement National de Lutte pour l’Environnement
Bruno Chaudret, Directeur de recherche émérite CNRS
Sofia Cherigui, Conseillère municipale au Havre
Caroline Chevé, Secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU)
Sophia Chikirou, Députée à l’Assemblée nationale
Yves Chilliard, Militant, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)
Daniel Claeysen, Membre du Conseil national du Mouvement de la Paix
Denis Clerc, Créateur de la revue Alternatives Économiques
Fabien Cohen, Secrétaire général de France Amérique Latine (FAL)
Fabrice Coudour, Secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT)
Daniel Cueff, Vice-président du Conseil régional de Bretagne (Bretagne Écologie)
Fatima Cuny, Co-responsable de la commission Paix et Désarmement Europe Écologie Les Verts
Sébastien Dandurand, Secrétaire général de l’UD CGT Val-de-Marne
Vincent De Gaulejac, Professeur émérite de sociologie, Réseau Convivialiste
Michelle Decaster, Présidente de l’Association française de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA)
Jean-Claude Devèze, Membre du Pacte Civique, de Démocratie & Spiritualité, de l’Internationale convivialiste et de l’Archipel des confluences
Haydeline Díaz, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Rémi Didier, Président de l’association La Havane-Le Havre (LH2)
Paule Djiane-Lecaille, Union pour la Reconstruction Communiste
Jean-Pierre Djukic, Directeur de recherche CNRS, président de l´Association pour la Coopération Académique France-Cuba
François Doliguez, Chargé de programme à l’Institut de Recherche et d’Application des Méthodes de Développement
Janine Doussot, Conseil national du Mouvement de la Paix, co-présidente du comité de Paix de Montmélian (Savoie)
Sylvie Dreyfus-Alphandery, Co-présidente de l’association Les Cahiers pour Décider et Agir
Dea Drndarska, Co-secrétaire nationale du Mouvement de la Paix
Peio Dufau, Député à l´Assemblée nationale
Shura Dumanic, Autrice, éditrice, militante féministe et pacifiste
Jean-Marc Dunet, Agence de presse internationale Pressenza
Daniel Durand, Chercheur en relations internationales, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix
Daniel Durand, Solidarité Mondiale contre la Faim et Association pour la Promotion de la Solidarité (ASPROS)
Paul Estrade, Professeur émérite Université Paris 8, fondateur et ancien président de France-Cuba
André Fadda, Responsable pour les relations avec l’Amérique Latine, Union pour la Reconstruction Communiste
Olivier Favereau, Professeur émérite de Sciences Économiques, Université Paris-Nanterre
Anne Feray, Co-présidente du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples
Anne-Marie Fixot, Professeure émérite, Université de Caen
Pierre Flament, Membre de l’Action Catholique Ouvrière (ACO)
Vincent Flament, Secrétaire national à l’International du PRCF
Fabrice Flipo, Philosophe, professeur à l’Institut Mines-Télécom, spécialiste de l’écologie politique
Emma Fourreau, Députée au Parlement européen
Marc Garcet, Congrès des Peuples et Institut des Études Mondialistes
Gérard Garnier, Prêtre catholique à Rennes
Fabien Gay, Directeur du journal L’Humanité et Sénateur
Robert Gelli, Magistrat, ancien procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, ancien directeur des services judiciaires de la principauté de Monaco
Joseph Gerson, Responsable de Campaign for Peace, Disarmament, and Common Security (CPDCS)
Jacques T. Godbout, Sociologue, professeur émérite à l’Institut National de Recherche Scientifique du Québec, membre du conseil de direction de la Revue du MAUSS
Roland Gori, Psychanalyste et universitaire
Jean-Michel Grammond, Président de l’association Montpellier Cuba Solidarité
Alex Granville, Parti Communiste martiniquais pour l’Indépendance et le Socialisme
Michelle Gréaume, Sénatrice
Claudine Gueguen, Mouvement Espérantiste
Denis Guenneau, Animateur de l’Archipel de l’Écologie et des Solidarités
Gérard Halie, Bureau national du Mouvement de la Paix
Khaled Hamida, Médecin radiologue
Jane Havard, Médecin, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire
Dick Howard, Sociologue et journaliste, professeur émérite à la Stony Brook University de New York, membre de la rédaction de la revue Esprit
Pol Huellou, Artiste musicien, Réseau Art for Peace
Marc Humbert, Professeur émérite en économie, Université de Rennes 1, président de l’Association des Convivialistes
Ahmet İnsel, Économiste, ancien enseignant à l´université Paris 1
Emeline K/Bidi, Députée à l’Assemblée nationale
Marietta Karamanli, Députée à l’Assemblée nationale
Fadi Kassem, Secrétaire général du Pôle de Renaissance Communiste en France
Habib Kazdaghli, Universitaire et historien
Stéphanie Kerbarh, Ancienne députée, secrétaire du Cercle Severiano de Heredia
Lorena Klein, Chimiste, Ingénieur de Recherche CNRS
Karina Knight Spencer, Stop Fuelling War (Cessez d’alimenter la guerre)
Gerard Lahellec, Sénateur
Didier Lalande, Président de l’association Cuba Linda
Nadine Lalande, Association Cuba Linda
François-Michel Lambert, Ancien député, président du Cercle Severiano de Heredia
Salim Lamrani, Maître de conférences en civilisation hispano-américaine, Université de La Réunion
Gilda Landini-Guibert, Co-présidente du PRCF
Arnaud Le Gall, Député à l´Assemblée nationale
Gilliane Le Gallic, Journaliste/réalisatrice, présidente d’Alofa Tuvalu, Réseau Action Climat
Patrick Le Hyaric député européen de 2009 à 2019
Renéé Le Mignot, Présidente honoraire du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples
Olivier le Roy, président de l´association Résistance et Solidarité
Fabrice Leclerc, Président de l’association France Cuba
Michèle Leclerc-Olive, Chargée de recherche honoraire CNRS en Sociologie
Jacques Lecomte, Président d’honneur de l’Association Française de Psychologie Positive, universitaire en Sciences de l’Éducation
Jean-Paul Lecoq, Député à l’Assemblée nationale, secrétaire de la commission des Affaires étrangères
Murielle Lepvraud, Députée à l’Assemblée nationale
Jean-Bernard Leullier, Retraité ERDF
Max Louis-Thérèse, Président de l’association d’Amitié Martinique-Cuba
Denis Louviot, Animateur de l’Archipel de l’Écologie et des Solidarités
Hélène Luc, Ancienne sénatrice
Frédéric Maillot, Député à l’Assemblée nationale
Gilles Maréchal, Directeur d’Agridemain
Marianne Margaté, Sénatrice
Véronique Martin, Syndicaliste, membre du bureau de l´UCR CGT
Anakaterina Martínez, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Gustave Massiah, Économiste, co-créateur du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, vice-président d’ATTAC France, membre du Conseil international du Forum social mondial
David Mauret Muguercia, Président de l’association France Amérique Latine Solidarité (FALS)
Carmen Mayans, productrice et promotrice artistique et culturelle, lauréate de la Médaille du Sénat français
Smina Mebtouche, Secrétaire Générale du Syndicat CGT FTDNEEA
Jean-Luc Mélenchon, dirigeant de La France Insoumise
Akli Mellouli, Sénateur
Marie Mesmeur, Députée à l’Assemblée nationale
Odile Meynadier, militante associative et culturelle-musiques du monde (34)
Loïc Michel, Militant syndical agricole Pacé35
François Michiels, Allié aux objecteurs de conscience
Paul Molac, Député à l’Assemblée nationale
Camille Mongin, Secrétaire nationale de l’Union des Étudiants Communistes (UEC)
Pierre-Olivier Monteil, Docteur en philosophie, chercheur associé au Fonds Ricoeur
Babette Montier, Responsable des relations internationales MJCF
Luigi Mosca, Docteur en physique des particules, comité d’Orsay du Mouvement de la Paix, militant pour l’abolition des armes nucléaires
Marcellin Nadeau, Député à l’Assemblée nationale
Nathalie Nail, Députée suppléante, Conseillère Municipale au Havre
Roland Nivet, Co-Secrétaire national et porte-parole national du Mouvement de la Paix, membre à titre consultatif de la commission ECOSOC des Nations Unies
Julien Nombo-Poaty, Coordinateur national de Pionniers de France
Katia Odartchenko, Artiste plasticienne
Bruno Odent, Journaliste au journal L’Humanité
Younous Omarjee, Vice-président du Parlement européen
Juste Ouamba, Président d’OZANO Clubs des Amis de Cuba
Nathalie Oziol, Députée à l’Assemblée nationale
Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne, Vice-président de Grand Paris Sud Est Avenir, Vice-président de l’Association des Maires de France
Christine Pagnoulle, Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne Liège, Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes
Laure Pascarel, Directrice des Éditions UTOPIA
Manuel Pascual, Président de l’association Cuba Coopération France
Martial Passi, Secrétariat national du Mouvement de la Paix
Gérard Perreau-Bezouille, Administrateur et ancien président de la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO)
Bernard Perret, Ingénieur, socio-économiste, membre du comité de rédaction de la revue Esprit
Jacques Perrin, Économiste, directeur de recherche honoraire au CNRS, Mouvement Convivialiste
Yves Perrin-Toinin, Vice-président de AMFPN-France, Membre de IPPNW, organisation Prix Nobel de la Paix 1985
Pascal Petit, Économiste, Directeur de recherche émérite au CNRS
Stéphane Peu, Député, président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée nationale
Roland Pfefferkorn, Professeur émérite de sociologie, Université de Strasbourg
Dorothée Piermont, Ancienne députée au Parlement européen
Philippe Pierre-Charles, Porte-parole du Collectif d’organisations Lyannaj pour Cuba de Martinique
Christian Pierrel, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF)
Marie-Pierre Pineau, Association Cuba Linda
Laeticia Planche, Co-secrétaire nationale du Mouvement de la Paix
Martine Plisson, Formatrice à l’Association UNIPAZ France
Raphael Porteilla, Professeur de sciences politiques, Université de Bourgogne
Reina Portuondo, musicienne, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Raphaëlle Primet, Co-présidente du groupe Communiste du Conseil de Paris
Roxane Prudhomme, Secrétaire générale de l’Association France Cuba
Jean-Pierre Renaudat, Membre du secrétariat l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC)
Rahim Rezigat, Association de Promotion des cultures et du Voyage
Davy Rimane, Député à l’Assemblée nationale
Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti Communiste Français
David Rousselle, Secrétaire général du Syndicat des imprimeries de presse et de communication (SIPC-CGT)
Alain Rouy, Co-président d’Enseignants pour la Paix et vice-président de l’International Peace Bureau
Richard Sadok, Président de l’association Un Jour La Paix
Nathalie Sage Pranchère, Chargée de recherche CNRS
Nicolas Sansu, Député à l’Assemblée nationale
François Sauterey, Co-président du MRAP
Anthony Smith, Député au Parlement européen
Robert Spizzichino, Urbaniste
Patrick Staat, Secrétaire général de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC)
Annick Suzor-Weiner, Professeure d’université émérite, Pugwash France (Pugwash ONG, Prix Nobel de la Paix 1995)
Aurélien Taché, Député à l’Assemblée nationale
Charling Tao, Directrice de recherches émérite au CPPM/IN2P3/CNRS
Nathalie Tehio, Présidente de la Ligue des droits de l’Homme
Benoît Teste, Représentant de la FSU à la Fédération européenne des services publics (EPSU)
Jean Thanassekos, Sociologue politique
Bruno Théret, Directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur associé à l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales IRISSO (Paris-Dauphine)
Reine Thore, Présidente du comité de Saint-Malo du Mouvement de la Paix
Michel Thouzeau, Enseignants pour la paix et co-animateur du Collectif national des marches pour la paix
Adrien Tiberi, Secrétaire fédéral du Parti Communiste Français, Paris
Emmanuel Tjibaou, Député à l’Assemblée nationale
Olivier Turquet, Agence de presse internationale Pressenza
Henri Vacher, Président du Centre d’Analyse des Mouvements Populaires
Frédéric Vandenberghe, Professeur de Sociologie, Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ)
Frédéric Vanpoulle, Artisan de Paix et d’écologie
Marie-Claude Varaillas, Sénatrice
Antoine Vigot, Secteur international de la FSU
Jean-Louis Virat, Grands Parents pour le Climat
Stéphane Viry, Député à l’Assemblée nationale
Roger Winterhalter, Maison de la Citoyenneté Mondiale (Mulhouse)
Francis Wurtz, Député honoraire du Parlement européen, ancien président du groupe GUE/NGL au Parlement européen
Fatima Zedira, Ingénieure agronome, féministe et pacifiste, militante associative pour les droits des personnes migrantes et/ou réfugiées
Dr. Zoé, Médecin, présidente de La Brèche

L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodiles

Les ministres se réunissent en cellules de crise quotidiennement pour brasser du vent et « communiquer », une hyper action pour cacher une inaction depuis des décennies. Et chacun y va de « c’est la faute à qui ? ». Nos sociétés sont vulnérables. La vie sur terre a mis des milliards d’années à éclore dans un équilibre fragile. En quelques siècles, le capitalisme est en train de détruire cet équilibre pour satisfaire la voracité d’une poignée de possédants. Les capitalistes vivent dans un autre monde, ils se fichent éperdument de ceux qui suffoquent parfois jusqu’à la mort dans des logements à plus de 35 degrés, des hôpitaux débordés, des champs et des forêts brûlés.

Les conséquences meurtrières de ces chaleurs extrêmes sont le résultat prévisible du rejet dans l’atmosphère de 40 milliards de tonnes de CO2 chaque année. Le chaos climatique était annoncé, la désinvolture des gouvernements successifs par rapport aux alertes des scientifiques est criminelle. Alors que les fonds manquent, nous dit-on, pour financer des politiques d’atténuation et d’adaptation, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises a bondi de 80 à 1 128 milliards d’euros entre 1996 et 2025.

Cherchez l’erreur !

Sans révolution climatique, c’est l’humanité tout entière qui est menacée de sombrer. L’urgence est donc au renversement de choix politiques qui condamnent tant de vies pour entretenir les privilèges de quelques-uns. L’alternative est claire : la sortie de ce système barbare. Nous en discuterons ce week-end des 3 et 4 juillet à la fête du TC, soyez les bienvenus.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4123 – vendredi 3 juillet 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodile
Annonces
Libérez Christophe Gleizes

Focus

Pour faire vivre le T.C. !
Parfois même l’Indep !

Événement. La fête du Travailleur Catalan

Les concerts
Les débats et initiatives
Où se restaurer sur la fête

Département

Un projet qui divise
Le festival du film de montagne
La Sécurité Sociale de l’Alimentation. Des objectifs, des valeurs
Conseil départemental. Grogne chez les agents de la Direction Insertion Logement D.I.L.
Le point de vue de la directrice générale de la Solidarité

Dossier – Front populaire 1936 (la question coloniale)

Une vision divisée sur l’Empire colonial
La commission d’enquête coloniale
Bien que pluraliste, la commission est dominée par les socialistes, c qui influence son fonctionnement et ses orientations
Faute de crédits, et surtout en raison du refus du Sénat de financer les missions d’enquête, les travaux restent donc limités
Le parti colonial français : la force de blocage
Projet Blum-Violette : l’échec d’une timide réforme de l’Algérie française

Département

Transports ferrés. Les élus communistes des P.-O. s’insurgent et écrivent à Jean Castex
Mieux vaut tard que jamais
La cave Arnaud de Villeneuve reprise
Le projet de tuyau de l’Agly adopté
Louis Aliot appelé à plus de transparence
UPTC. Les derniers jours de Jean-Jacques Rousseau
Assurance santé. Complémentaires santé, quel organisme choisir ?

Sport

Dragons Catalans. À deux points de l’exploit
Les cinc arques Epileg

Culture

Où sortir ?
Perpignan. Concerts pour nuits d’été

France

Climat. L’urgenc est là. Contrer le changement climatique

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Fadwa Barghouti. « Marwan Barghouti est une figure fédératrice » (La Marseillaise)

Avocate et militante palestinienne, Fadwa Barghouti est à l’initiative de la campagne pour la libération de son époux, Marwan Barghouti, détenu depuis 2002 dans les geôles israéliennes. Elle vient en France à la rencontre de la population, de personnalités politiques et syndicales.

La Marseillaise : Quel est l’objet de votre déplacement en France ?

Fadwa Barghouti : Depuis plus de vingt ans, la France est l’un des pays les plus actifs dans la campagne internationale pour la libération de mon époux, où elle recueille un large soutien. Plusieurs dizaines de communes lui ont décerné la citoyenneté d’honneur. Depuis le 7 octobre et l’attention croissante autour de la cause palestinienne, il est très important de veiller à poursuivre cette campagne, car Marwan incarne l’espoir pour le peuple palestinien.

La Marseillaise : Vous avez prévu de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de gauche. Sont-elles les seules à soutenir votre combat ?

Fadwa Barghouti : À chaque fois que je me rends en France ou dans n’importe quel autre pays, je veille à rencontrer différents partis, qu’ils soient de centre-droit ou de gauche. C’est très important de parler à tout le monde car nous ne voulons pas que ce soit un sujet de division, au contraire. Il y a quelques mois, le gouvernement français annonçait la reconnaissance de l’État de Palestine. Pour qu’elle ne soit pas purement symbolique, il faut prendre des mesures concrètes sur le terrain en faveur de la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, conformément au droit international. La seule façon d’y parvenir est de soutenir les acteurs et les initiatives qui y contribueront. La libération de mon époux est en tête de liste, car c’est une figure fédératrice. C’est le dirigeant palestinien le plus populaire, qui a clairement affirmé partager les convictions du gouvernement français, à savoir la solution à deux États et le respect du droit international.

La Marseillaise : Que savez-vous des conditions de détention de votre époux ?

Fadwa Barghouti : Depuis le 7 octobre, une politique de punition collective est menée contre l’ensemble du peuple palestinien. Personne n’est à l’abri des attaques israéliennes. À Gaza, c’est la dévastation et le génocide. En Cisjordanie, on assiste au pillage des terres et au terrorisme des colons. Au sein d’Israël, les Palestiniens sont confrontés à une discrimination et à un racisme extrêmes. Dans ce contexte, ce que subissent les prisonniers politiques palestiniens est ce que j’appelle « l’arrière-cour du génocide ». Plus de 100 Palestiniens ont été tués en prison. Ce ne sont pas des combattants ni des personnes représentant une quelconque menace mais des détenus, tués à l’intérieur même de la prison. Nous disposons des rapports de l’ONU et du New York Times concernant les viols de prisonniers palestiniens et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques palestiniens. Mon époux fait partie de ces victimes. Ils l’ont pris pour cible dès le 7 octobre, date à laquelle ils l’ont transféré en isolement cellulaire. Il s’y trouve depuis lors, et il est transféré de prison en prison. D’après les documents dont nous disposons, il a été agressé au moins dix fois. On lui refuse toute visite familiale. Je suis la dernière de ses proches à l’avoir vu et c’était il y a trois ans et demi. Il est donc très important que les gens comprennent que cette situation dure depuis longtemps, bien avant le 7 octobre. Son état de santé nous inquiète, il a perdu beaucoup de poids et a été blessé à plusieurs reprises. On craint réellement pour sa sécurité au sein d’un système pénitentiaire en pleine dérive dirigé par nul autre que Ben-Gvir [ministre israélien d’extrême droite, en charge de la Sécurité nationale, Ndlr], connu pour être un partisan du génocide et du nettoyage ethnique du peuple palestinien.

La Marseillaise : Justement, en août 2025, Itamar Ben-Gvir a diffusé, sur les réseaux sociaux, une vidéo dans laquelle il menace votre époux dans sa cellule. Le gouvernement israélien craint-il votre époux ?

Fadwa Barghouti : C’est une honte pour Israël de violer ouvertement le droit international. Mais la communauté internationale a aussi sa part de responsabilité pour ne pas avoir clairement dénoncé le fait qu’un député élu au Parlement palestinien, quelqu’un qui est, comme je l’ai dit, une figure qui rassemble, un militant pacifiste, soit humilié aux yeux du monde entier. C’est tout simplement révoltant. Cette scène entre Itamar Ben-Gvir et mon époux illustre parfaitement la lutte. Car on voit ici un dirigeant palestinien qui a été agressé et humilié, comme l’est son peuple. Il incarne en cela la lutte palestinienne. Et vous avez, en la personne d’Itamar Ben-Gvir, le visage du gouvernement israélien actuel et de sa politique. Connaissant mon époux, je pense qu’il a croisé des dizaines de Ben-Gvir au cours de sa vie et il reste résilient. Nous n’avons aucune crainte quant à son état mental, ses capacités intellectuelles et sa force d’esprit. Nous sommes en revanche vraiment inquiets pour sa santé.

La Marseillaise : Marwan Barghouti est souvent comparé à Nelson Mandela. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

Fadwa Barghouti : Nelson Mandela et mon époux ont tous deux lutté contre le régime d’apartheid. En Palestine, malheureusement, cela s’ajoute au nettoyage ethnique, au génocide, à l’occupation et à de nombreux crimes de guerre. Marwan Barghouti se bat contre cela depuis plus de 50 ans. Ce qui les rapproche, c’est qu’ils sont tous deux des figures fédératrices pour leur peuple. Tous deux ont incarné l’espoir dans une période de désespoir. Si vous aviez dit à un Sud-Africain au début des années 1980 que dans dix ans, l’apartheid prendrait fin dans son pays, je ne pense pas qu’il vous aurait cru. C’est cet espoir que Nelson Mandela a insufflé au peuple. Ces figures historiques sont essentielles pour que les mouvements de libération gardent espoir. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement israélien actuel tente de réduire mon époux au silence car il ne veut pas de quelqu’un qui incarne cet espoir. Le fait que Nelson Mandela ait été qualifié de terroriste par l’Occident et par le régime d’apartheid en Afrique du Sud constitue une autre similitude car le terrorisme est un terme colonial qui a toujours été utilisé pour désigner les opprimés qui tentent de lutter contre leur oppresseur.

La Marseillaise : Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives en novembre prochain et une présidentielle en début d’année 2027. Marwan Barghouti sera-t-il candidat ?

Fadwa Barghouti : Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. C’est à lui de prendre cette décision, pas à nous. Néanmoins, nous saluons la décision d’organiser des élections car nous n’en avions pas eu depuis plus de vingt ans. Nous n’avons pas de conseil législatif opérationnel ce qui pose de nombreux obstacles à tout système politique. Nous saluons donc cette initiative et nous regardons vers l’avenir, pas seulement pour l’élection présidentielle mais pour l’ensemble du système politique qui a besoin d’un renouveau et qui va se renouveler. La vision politique de mon époux a toujours été axée sur la lutte contre la corruption ainsi que sur une plus grande participation des femmes et des jeunes au pouvoir. Cela ne peut se produire que si nous nous engageons dans un processus démocratique. Marwan croit en la démocratie et il est fier de n’avoir jamais occupé de poste sans avoir été élu. Je pense qu’il se réjouit de cette décision, de même que nous tous, en tant que peuple palestinien. Nous en avons désespérément besoin. Ainsi, l’Autorité palestinienne pourra se renforcer face aux défis et aux tentatives du gouvernement israélien visant à faire disparaître les institutions palestiniennes.

La Marseillaise : Qu’a concrètement changé sur le terrain la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ?

Fadwa Barghouti : Honnêtement, sur le terrain, on ne perçoit aucun changement. La situation empire car, malheureusement, Israël agit en dehors du cadre de la loi. C’est ainsi qu’il fonctionne depuis des décennies. Notre rôle en tant que Palestiniens est d’essayer de trouver et de tisser des liens avec la communauté internationale pour nous assurer qu’elle comprenne qu’il existe un partenaire pour la paix du côté palestinien mais qu’il n’y en a pas côté israélien. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises. Les élections constituent un grand pas en avant. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’aujourd’hui, plus d’un millier de personnes y ont été tuées. Les souffrances n’ont malheureusement pas pris fin. Il faut veiller à ce qu’un véritable cessez-le-feu soit en place, à ce qu’il y ait un retrait total des forces israéliennes de Gaza et des territoires occupés en Palestine, et bien sûr, à ce que la reconstruction commence. C’est une priorité absolue pour les Palestiniens. Nous devons aller de l’avant, en réclamant la libération de mon époux et en faisant appel aux personnalités qui peuvent réellement contribuer à apporter la paix et la stabilité dans la région. Telles sont les mesures par lesquelles la communauté internationale, y compris la France, peuvent véritablement aider.

La Marseillaise : L’ambassadeur de Palestine auprès de l’ONU a alerté, lundi, sur l’accélération de l’annexion de terres palestiniennes par Israël. Comment la stopper ?

Fadwa Barghouti : Si l’expérience sud-africaine nous enseigne quelque chose, ce n’est pas que le régime de l’apartheid s’est réveillé un beau matin en décidant de traiter équitablement les populations autochtones, c’est la pression de la communauté internationale qui a permis de concrétiser cela. La seule façon pour qu’Israël cesse ses agissements et comprenne qu’un changement s’impose, c’est qu’il constate qu’il y a un prix à payer pour avoir violé le droit international. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de prendre parti pour nous mais de prendre des mesures à l’encontre de tout pays et de tout État qui viole le droit international. Et Israël enfreint manifestement ce droit.

La Marseillaise : Comment votre famille garde espoir ?

Fadwa Barghouti : Nous puisons notre force dans mon époux et dans la résilience dont il a fait preuve au fil des années. Un jour, il a dit à notre fils Arab, que le désespoir est un privilège que nous, Palestiniens, ne pouvons pas nous permettre, et qu’il fallait rayer ce mot de notre vocabulaire. J’aimerais vraiment que notre famille soit la seule à traverser ce que nous vivons. Mais il y a des milliers de familles palestiniennes qui vivent la même souffrance. C’est ce qui nous rend plus forts ensemble, car nous savons que ce combat vise un grand objectif : la liberté des Palestiniens, pour que nos enfants puissent vivre en paix et en sécurité. L’ampleur des sacrifices que nous endurons ne signifie pas que nous devrions abandonner à un moment donné. D’un point de vue historique, ce n’est pas de cette façon que les peuples obtiennent leur libération et leur liberté.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 1er juillet 2026)

Céret. Le Cheval dans l’arbre consolide son modèle coopératif (L’Indep)

Dans un contexte national toujours délicat pour les librairies indépendantes, Le Cheval dans l’arbre affiche des résultats encourageants. De quoi conforter ses responsables dans l’idée que le modèle coopératif peut s’inscrire dans la durée, à condition de continuer à se réinventer.

Il n’est pas question d’euphorie, mais d’un optimisme mesuré. Pour la librairie coopérative le Cheval dans l’arbre l’année écoulée marque un tournant. En retrouvant un équilibre financier grâce à un bénéfice certes modeste mais qui donne des signes encourageants. De quoi conforter les choix opérés ces derniers mois. « Nous maintenons ce commerce en état de marche », résume Dominique Noguères, présidente de la coopérative fondée en 2021 grâce à la mobilisation de 567 sociétaires. « Cela montre que les efforts engagés portent leurs fruits ». Le retour à meilleure fortune repose d’abord sur une gestion plus fine des commandes et des stocks.

« Nous avons mis en place une organisation très rigoureuse ». Dans les rayons, les mangas, la bande dessinée et la littérature jeunesse continuent de séduire un large public. La librairie a également renforcé son fonds consacré à l’art, en cohérence avec l’identité culturelle de la commune. « Nous proposons une offre complémentaire de celle du Musée d’art moderne, avec une approche davantage tournée vers la découverte et la pédagogie ». Autre évolution : le développement des ouvrages en anglais, destinés à une clientèle anglophone toujours bien présente dans le Vallespir. Les jeux et les puzzles complètent cette diversification, avec des ventes particulièrement soutenues en période de fêtes.

Aventure collective

Si le commerce avance, c’est aussi grâce à l’engagement de ses bénévoles présents -à commencer par le conseil d’administration-, constamment et de ses deux libraires salariés à temps partiel, Lorraine et Javier. « Ils disposent d’une grande autonomie tout en restant en lien permanent avec nous. Aujourd’hui, tout fonctionne de manière très fluide », se félicite la retraitée.

Mais la coopérative sait que sa réussite dépend aussi de sa capacité à aller vers le public. Au cours de l’année, elle a organisé 45 rendez-vous: rencontres d’auteurs, séances de dédicaces, ateliers de lecture et participations à des événements culturels hors des murs. « Cette visibilité est très importante pour nous », affirme la présidente. Qui a depuis développé son réseau des partenaires locaux en intégrant notamment l’association des commerçants.

Une nouvelle campagne de souscriptions sera prochainement lancée afin de consolider ce soutien financier, indispensable à la pérennité du projet du Cheval dans l’arbre. Pour Dominique Noguères, une certitude demeure : « Il ne faut pas se dire que la partie est gagnée ». Une ligne de conduite que la librairie entend bien continuer à suivre pour écrire les prochains chapitres de son histoire.

M. C.W. (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Le salon du livre fera son cinéma

Créée en 2023, l’Association des amis de la librairie Le Cheval dans l’arbre poursuit sa mission de soutien à la librairie coopérative et à son rayonnement culturel. Présidée par Yvon Huet, elle compte aujourd’hui une trentaine d’adhérents et s’appuie sur un noyau de bénévoles qui ne demande qu’à « s’étoffer ».

Avec en ligne de mire une nouvelle édition du salon du livre et des éditeurs à la rentrée qui prendra cette année une dimension plus ambitieuse grâce à un partenariat avec l’association cérétane Cinétoiles et l’Institut Jean-Vigo. Le thème retenu sera « du livre au cinéma ». « Le poids du livre dans l’expression du cinéma est énorme. Il existe beaucoup plus d’adaptations que de créations originales », rappelle Yvon Huet. Les festivités débuteront le samedi 12 septembre à 18h avec la projection du film Le Procès à la salle de l’Union. Le dimanche 13 septembre, de 9h à 17h, auteurs, éditeurs et visiteurs se retrouveront sur les boulevards pour le salon.

Un débat animé par Jean-Philippe Trias, maitre de conférences en l’histoire et l’esthétique du cinéma à l’Université Paul-Valéry Montpellier, est également prévu à la mi-journée.

Vers un nouveau plan social dans les Pyrénées-Orientales ? (L’Indép)

Le syndicat CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons (l’Acal, notamment connue pour son rôle dans l’accueil des réfugiés ukrainiens) craint « un plan social avec au moins dix licenciements » à l’automne prochain.

« Nous refusons que les salariés soient les variables d’ajustement de la politique sociale. » En ce début d’été 2026, le délégué syndical CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons, Jean-François Marty, ne cache pas ses inquiétudes. Car la structure, chargée d’accompagner et d’héberger des publics fragiles (réfugiés, sans domicile fixe, femmes victimes de violences…), connaîtrait actuellement une dégradation de ses indicateurs.

Ainsi, selon le syndicaliste, en trois ans, l’activité et les financements de l’association auraient chuté de 20 % et ses effectifs de 10 %. « L’arrêt, à compter de ce 30 juin, du dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens, c’est 2,2 millions d’euros en moins », ajoute-t-il. « Le problème de fond qui se pose, c’est que l’Acal, qui emploie aujourd’hui environ 180 salariés, s’est développée en répondant à des appels à projets financés par des subventions temporaires. Lorsque l’État serre la ceinture, les conséquences sont immédiates. »

Selon le syndicat CGT de l’Acal, l’hypothèse d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avec au moins dix suppressions de postes à la clé aurait notamment été évoquée lors de l’assemblée générale de l’association, qui s’est tenue il y a quelques jours. « La direction lie cette hypothèse au possible non-renouvellement du service Agir (un dispositif d’insertion professionnelle des réfugiés, NDLR) qui emploie six salariés », précise Jean-François Marty.

Un appel à l’État

Autre paramètre à prendre en compte : à partir du 8 août, l’Acal va basculer sur une nouvelle convention collective, sur un nouvel ensemble de règles régissant le travail dans son secteur d’activité. Ce changement va entre autres avoir pour effet une légère augmentation des salaires et l’octroi de jours de congé supplémentaires pour certains employés. « Cependant, si l’État ne finance pas cette évolution, ce qu’il ne s’est pas engagé à faire pour l’instant, elle représentera un surcoût de 350 000 euros par an pour l’association », indique Jean-François Marty. « Si ces avancées pour les travailleurs ont pour conséquence des suppressions d’emplois, cela pose problème », juge le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « De notre point de vue, l’État doit faire le complément. »

Et cette problématique ne concerne pas que l’Acal. Les élus CGT de l’Association d’aide aux femmes et familles en difficulté (Affed) craignent par exemple que le surcoût lié au changement de convention collective n’entraîne la suppression d’un poste de remplaçant. Ce qui, compte tenu de la taille de la structure (12 salariés), engendrerait selon eux une dégradation des conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de l’Acal n’a pas donné suite.