Mobilisation du 17 octobre : de la manifestation à la confrontation (L’Indep)

Ce samedi 17 octobre, à Perpignan, plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées après l’appel lancé sur les réseaux sociaux. Mais ce qui devait être une manifestation pacifique et familiale a malheureusement viré en violence urbaine et à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Le rendez-vous avait été donné au pied du Castillet, à Perpignan. Aux alentours de 10h30, ce samedi 17 octobre, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel à la mobilisation lancé sur les réseaux sociaux. Familles, étudiants, lycéens, retraités, mais aussi les Gilets jaunes se sont rassemblés pour une convergence des luttes qui se voulait pacifique et familiale.

Le cortège, dont il était difficile d’évaluer le nombre de personnes, s’est alors élancé sur les principales artères de la ville, en passant à côté du tribunal, de la CCI pour enfin rejoindre la place de Catalogne et poursuivre sa route vers le pont Arago, à la sortie de Perpignan.

La pénétrante bloquée

Sur place, plusieurs personnes ont alors tenté de se rendre sur la pénétrante, mais elles ont rapidement fait face aux policiers. Ces derniers ont alors fait un premier usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Malgré quelques tensions, le cortège est finalement parvenu à bloquer une partie de la circulation, alors que des voitures se trouvaient au milieu des manifestants.

Plus tard dans la matinée, c’est la gare SNCF qui a été un nouveau point de ralliement, avec une importante présence policière. Le cortège s’est ensuite dirigé au niveau de l’avenue de Grande Bretagne, à quelques dizaines de mètres du commissariat de police, où les premières confrontations ont eu lieu.

Des jets de pierres, des poubelles en feu…

Boucliers et casques vissés sur la tête, les forces de l’ordre ont, dans un premier temps, fait l’objet de jets de sacs-poubelles, de détritus, de pétards, mais aussi de poubelles en feu et de pierres. L’une d’entre elles a d’ailleurs fini sa course sur la visière d’un fonctionnaire. Finalement, l’ordre a été donné de charger les manifestants. Plusieurs d’entre eux ont fini au sol, tandis que les coups de matraques pleuvaient et que des personnes ont été interpellées.

En début d’après-midi et alors que le cortège s’est scindé en plusieurs morceaux au fil des heures, la plupart des familles et des retraités ont quitté la mobilisation. Ceux qui ont décidé de rester sont retournés en direction des Galeries Lafayette. Là encore, des confrontations entre manifestants et forces de l’ordre ont été constatées et des personnes ont été interpellées.

Une fois au Castillet, un appel à se rendre à la mairie a été lancé. Sur place, des chants hostiles au Rassemblement national (RN) et au maire, Louis Aliot, ont été scandés. Les lieux ont rapidement été évacués par les policiers qui ont à nouveau tiré des grenades lacrymogènes.

En fin d’après-midi et même en début de soirée, ceux qui semblaient être davantage des casseurs que des manifestants ont continué à déambuler dans les rues de la ville brûlant sur leur passage des poubelles et dégradant du mobilier ur-bain.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 18 octobre 2026)

Indésirable à Elne, le cinéaste René Vautier mis à l’honneur au Castillet (L’Indep)

Le réalisateur René Vautier, dont le nom a été retiré d’un cinéma à Elne par le maire d’extrême droite Steve Fortel, sera célébré à Perpignan. Du 12 au 18 novembre, le cinéma Le Castillet mettra en avant ses œuvres lors de la « Semaine cinéma et liberté ». L’entrée sera gratuite et un débat entre maires est envisagé.

Indésirable à Elne, où le maire d’extrême droite Steve Fortel a décidé de débaptiser le cinéma qui porte son nom, le réalisateur français René Vautier, décédé en 2015, sera mis à l’honneur à Perpignan. Jacques Font, le propriétaire du cinéma Le Castillet, au centre-ville, a en effet décidé de mettre son œuvre en avant à l’occasion d’une Semaine cinéma et liberté, du 12 au 18 novembre prochain.

Ancien résistant communiste, cinéaste engagé, Vautier a privilégié les documentaires militants sur l’Afrique ou les luttes ouvrières aux œuvres de fiction, même s’il reçoit l’Ours d’argent au festival de Berlin en 1958 pour Les Anneaux d’or.

Mais c’est en Algérie, où il rejoint l’ALN (Armée de libération nationale) au sein de laquelle il filme la guerre du côté des combattants pour l’indépendance, qu’il réalise ses œuvres les plus fortes. En 1972, après la guerre, il signe « Avoir vingt
ans dans les Aurès »
, un des premiers et rares films faits en France sur la guerre d’Algérie. C’est ce parcours qui a été sanctionné par le maire d’Elne, Steve Fortel, estimant normal de retirer le nom de quelqu’un « qui a soutenu le FLN ».

Gilles Manceron, historien spécialiste de la période coloniale et rédacteur en chef du journal de la Ligue des droits de l’homme, a contacté Jacques Font pour organiser cet événement. « Une salle sera spécialement dédiée à son œuvre et diffusera tous ses films pendant la semaine. L’entrée sera d’ailleurs gratuite », explique Jacques Font qui travaille à un programme plus précis. Il envisage notamment d’organiser un débat entre les maires des trois villes de la plaine disposant d’un cinéma: Elne, donc, Argelès et Cabestany. Une démarche clairement politique.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

Appel citoyen à manifester le 17 octobre : à quoi s’attendre ? (L’Indep)

Dans le cadre de l’appel national à la mobilisation lancé pour ce samedi 17 octobre, plusieurs rendez-vous sont évoqués à Perpignan et dans ses environs. Le plus partagé concernait un rassemblement prévu ce samedi a 10h30 sur la place de la République. Mais le préfet a interdit cette manifestation hier. Dans la foulée, de nouveaux appels donnant rendez-vous à la même heure au pied du Castillet se sont mis à circuler.

L’appel initial à se mobiliser dans toute la France contre la hausse des prix des carburants ce samedi 17 octobre serait parti courant septembre d’un compte Tik tok anonyme. Depuis, le mouvement s’est élargi à d’autres revendications et a fait des émules aux quatre coins du pays. Et notamment dans les Pyrénées-Orientales, où un appel à se rassembler ce samedi, à 10h30, sur la place de la République a été largement diffusé sur les ré seaux sociaux. « Les revendications tournent autour de la vie chère, des retraites, des étudiants et des violences policières », résumait ce mercredi une « simple citoyenne » occupée à distribuer des tracts annonçant la mobilisation en centre-ville de Perpignan.

Coup de théâtre: ce vendredi, en fin d’après-midi, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, a annoncé qu’il avait pris un arrété pour interdire toute manifestation ce samedi entre 7 heures et 14 heures sur la place de la République. Du coup, de nouveaux appels qui donnent rendez-vous le même jour à 10h30 au pied du Castillet se sont mis à circuler.

S’ils ne sont pas organisateurs, certains syndicats soutiennent le mouvement. « Sur Perpignan, tout reste pour l’instant très flou, mais nous soutenons la mobilisation des jeunes et il y en aura samedi », explique par exemple le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Pour nous la priorité, c’est le 5 novembre, mais celles et ceux qui veulent aller manifester ce samedi au Castillet le peuvent. Personnellement, j’y serai, mais sans drapeau ni chasuble, à titre citoyen ».

« Avec l’inflation, on a pris une grosse claque »

Le président du mouvement étudiant Union progressiste, Gabriel, est dans le même état d’esprit : « On va aller voir comment ça se passe. On participe à la même dynamique. Quand on a vu le tract qui circulait, sur lequel il y avait beaucoup de drapeaux français, on a craint une récupération de la mobilisation, mais on va aller tâter le terrain. Certains camarades lycéens devraient être là aussi. »

L’animateur local de la France insoumise, Francis Daspe, scrute également le mouvement de près. « Pour l’heure, ça reste très gazeux et confus », juge-t-il lui aussi. « On va y aller et voir ce qui se dit. C’est comme pour les Gilets jaunes Au départ, on ne savait pas de quel côté ça tournerait. Mais a priori, les motifs de contestation (le pouvoir d’achat, le manque de démocratie, le partage des richesses…) sont bons ».

Du côté des Gilets jaunes « historiques » de Perpignan aussi, les mots d’ordre mis en avant semblent trouver un écho. « Pas mal de gens parlaient du rassemblement prévu place de la République, confirme l’un d’entre eux. D’autres actions sont également prévues tout au long de la journée, notamment autour des ronds points. Quand nous étions sortis, en 2018, le carburant était à 1,40 euro le litre. Là, il est à 2,30 euros. On a pris une grosse claque. Avec les salaires qui stagnent et l’inflation, on ne s’en sort plus. »

Hormis la manifestation prévue au pied du Castillet, les sites internet recensant les mobilisations annoncées dans l’Hexagone ce 17 octobre mentionnent également des rendez-vous place Arago (10 heures) et place Catalogne (14 heures), ou encore des actions aux péages autoroutiers de Perpignan Sud et Nord, ainsi qu’à celui du Boulou. La mise en place d’un « barrage filtrant » à 8 heures dans le secteur de la gare y est également évoquée. Reste à savoir si ces initiatives se concrétiseront.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

La préfecture interdit de manifester place de la République à Perpignan

Ce vendredi après-midi, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé avoir pris un arrêté interdisant les manifestations place de la République à Perpignan. « Afin de garantir la sécurité des personnes, la libre circulation et le bon déroulement du marché hebdomadaire, un arrêté préfectoral interdit les manifestations place de la République à Perpignan, samedi 17 octobre de 7 heures à 14 heures », écrit la préfecture, faisant suite à l’annonce sur les réseaux sociaux d’un rassemblement annoncé à 10h30 sur ce même lieu.

« Cette mesure est strictement limitée à cette place et à cette plage horaire. Elle n’emporte pas de conséquences pour le reste de la journée ni pour le reste du département. Le droit de manifester est une liberté fondamentale Son exercice doit toutefois respecter le cadre légal en vigueur », ajoute l’institution.

La préfecture des P.-O. rappelle les conséquences de non-application de la loi : « Les manifestations sur la voie publique sont soumises à une déclaration préalable dans les conditions prévues par la loi. Le non-respect de cette obligation est passible de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. Par ailleurs, la participation à une manifestation interdite par un arrêté régulier est passible d’une contravention de 4e classe, soit 750 € maximum. »

Laura Morales (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

L’actu de la CGT (n° du 16 octobre 2026)

Il est urgent de répondre aux revendications de celles et ceux qui sont l’avenir du pays
17/10 et 05/11 : toutes et tous ensemble
Après plus d’un million de manifestant·es mobilisé·es les 6, 8 et 13 octobre, la CGT réaffirme son soutien aux luttes des lycéen·nes et étudiant·es et aux mobilisations du 17 octobre pour les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat et les services publics.
Elle appelle à amplifier la mobilisation en préparant, dans les entreprises et les services, la grande journée unitaire et interprofessionnelle de grève et de manifestations du 5 novembre, autour des revendications des travailleur·ses.
—> Lire la suite

Le 5 novembre, grandes grèves intersyndicales dans tout le pays !
Avec les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, le Gouvernement veut encore faire payer les salarié·es, les retraité·es, et les malades, plutôt que les grandes entreprises et les ultra-riches.
Le 5 novembre, grandes grèves intersyndicales dans tout le pays !
—> Télécharger le tract

Contre une nouvelle loi européenne antisociale, rendez-vous à Strasbourg le 20 octobre !
—> Voir la vidéo
—> Comprendre les enjeux

Actualités

« Les jeunes sont ce que nous avons de plus précieux »
Il faut arrêter d’envoyer des CRS sur des mineurs qui se mobilisent. 7 000 jeunes ont été interpellés un peu partout en France entre le 17 septembre et le 11 octobre. C’est du jamais-vu, c’est gravissime. Sophie Binet était face à Roland Lescure, ministre de l’Économie dans l’émission Franc-jeu sur France inter / FranceTV.
—> Lire la suite

Visuels et pancartes
Visuels et pancartes « Tout augmente, sauf mon salaire »
En préparation de la grève et des manifestations du 5 novembre 2026, une série de visuels réseaux sociaux et de pancartes à imprimer pour les cortèges.
—> Accéder aux visuels

Communiqués de presse

Agirc-Arrco: le patronat provoque l’affrontement avec les retraité·es
Ce mercredi 14 octobre, se tenait le conseil d’administration de l’Agirc Arrco qui verse les retraites complémentaires des travailleuses et travailleurs ayant tout ou partie de leur carrière dans le secteur privé. Ce sont près de 14 millions de personnes déjà pensionnées, tandis que la majorité du monde du travail est concernée, avec de plus en plus de carrières hybrides public privé. La complémentaire peut représenter entre 20 et 70% du montant de la retraite totale.
—> Lire le communiqué

Victoire d’étape pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants : la loi intégrale à l’Assemblée Nationale est adoptée
La CGT salue l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Cette première étape est le résultat de longues années de mobilisation du mouvement féministe, auquel la CGT prend toute sa part.
—> Lire le communiqué

Élections fonction publique du 3 au 10 décembre
—> En savoir plus

Les élections fonction publique auront lieu du 3 au 10 décembre 2026.
La CGT a mis en place un site pour accéder à l’ensemble des informations sur la campagne et à vos droits.
Élections fonction publique : accéder au site Je vote CGT
WhatsAppPartager sur WhatsApp à vos collègues

« Il restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde » : les étudiants du campus Mailly à Perpignan entament une nouvelle journée de mobilisation (L’Indep)

Une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée du campus Mailly de l’Université de Perpignan ce vendredi 16 octobre 2026 dès 7 heures, empêchant l’accès aux étudiants et au personnel. Les manifestants réclament des infrastructures adéquates et des réformes nationales, menaçant de poursuivre le blocus jusqu’à obtenir une réponse de la direction.

Les mobilisations continuent chez les étudiants. Au campus Mailly de l’université de Perpignan ce vendredi 16 octobre dès 7 heures, une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée. Aucun étudiant, professeur ou membre du personnel n’a pu entrer.

Leurs revendications sont toujours les mêmes. Il y a une semaine jour pour jour, ils avaient déjà constitué une chaîne humaine devant l’entrée de l’établissement pour se faire entendre. « Nous n’avons pas de parking à proximité, l’accès à l’université est compliqué pour certains, nous n’avons pas de restaurant universitaire comme au campus du Moulin à Vent, et nous avons un problème de passerelle entre les filières, qui a été rompu de façon délibérée. Certains étudiants se retrouvent bloqués notamment pour passer du droit aux sciences économiques », a précisé Riad Bouafia, étudiant à l’antenne du centre-ville de Perpignan. À cela s’ajoutent des revendications nationales, telles que les « places en master », le « gel des APL » et « une réforme de Parcoursup ».

Selon les manifestants, « le campus restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde à nos revendications et que les représentants du campus soient reçus par la direction ».

Pas pénalisés malgré leur absence en cours

La semaine dernière, une assemblée générale a eu lieu à l’université au Moulin-à-Vent avec l’Union progressiste, l’Union syndicale lycéenne, les étudiants et lycéens membres de la société civile. À l’issue de leur réunion, ils s’étaient « mis d’accord sur des moyens d’action qui respectent la sécurité de tous ; dont notamment la continuité des blocus, le dialogue avec les personnels et les étudiants, ou encore des pôles d’organisation pour permettre une action plus efficace et moins éreintante ». Parmi leurs revendications, ils ont demandé « la banalisation des emplois du temps, c’est-à-dire la possibilité de ne pas être pénalisé en cas d’absence en cours, malgré la présence obligatoire en conditions normales ».

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Mouvement des lycéens : à Font-Romeu, les élèves du lycée Pierre-de-Coubertin continuent la mobilisation (L’Indep)

Ce jeudi matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin était concerné par une mobilisation lycéenne, à l’instar de 1027 établissements en France. À 10h, une quarantaine de lycéens s’est rassemblée devant l’établissement afin de rejoindre, en cortège, le Calvaire de Font-Romeu.

Le choix du lieu d’arrivée revêtait-il une dimension symbolique pour les élèves du lycée de Font-Romeu ? « Par le nom un peu, mais c’est surtout un endroit, de par son panorama qui offre de la visibilité », ont répondu les élèves qui ont besoin d’être entendus. Si la mobilisation était nettement moins importante que mardi dernier, les jeunes n’en étaient pas moins déterminés à faire entendre leurs revendications, tout en dressant un constat lucide de leurs difficultés. Victoria élève de terminale prend la parole : « ce qui nous impacte le plus, c’est Parcoursup. Tous les jours, on est stressés. On sait que chaque note compte puisque nous sommes hiérarchisés par classe et on a des angoisses constantes. Ici, nous avons la chance d’avoir un lycée adapté à la météo, mais dans d’autres établissements, c’est catastrophique. Ce qui nous touche le plus, c’est le manque de professeurs. L’année dernière j’avais une prof de techno, anglais et enseignement scientifique et aucune des trois matières n’était sa spécialité ! »

Léan, élève de 1re et Thomas, élève de terminale reprochent « la lourdeur des emplois du temps. On veut aussi l’abrogation de Parcoursup qui est très mal organisé, trop de personnes n’ont pas ce qu’elles souhaitent. On est également là pour faire entendre nos voix, par solidarité avec les autres lycées. »

Des enseignants solidaires de leurs élèves

Si les lycéens étaient moins nombreux que lors du précédent rassemblement, ils étaient davantage accompagnés par leurs enseignants. Clément Metreau, professeur d’histoire-géographie, explique les raisons de son engagement : « je suis solidaire des élèves qui sont en détresse et n’ont pas été assez écoutés. Le contexte international n’est pas facile, au niveau économique. J’ai l’impression qu’ils ne se voient pas trop d’avenir. Quand les élèves vous posent la question sur une 3e guerre mondiale, s’ils vont trouver un emploi, ça me travaille. »

Un constat partagé par Petra Donnellan, professeure d’anglais : « c’est important de les soutenir, ça fait partie de mon rôle d’enseignante. Les élèves sont tout le temps stressés, pour le contrôle continu, chaque note compte, il ne faut aucun raté. En tant que prof principale, j’essaie de les orienter car nous n’avons plus de conseillère d’orientation. Les élèves se sentent perdus et ont du mal à se projeter. »

Ce nouvel acte de mobilisation s’est déroulé dans une ambiance relativement légère, sans pour autant atténuer la portée des revendications. Derrière ce rassemblement, les lycéens dénoncent la pression scolaire, les difficultés d’orientation et le manque de perspectives. Autant de préoccupations qui traduisent un mal-être et une incertitude grandissants chez les jeunes.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Des lycéens aux « gilets jaunes », va-t-on assister à une convergence des luttes ? (L’Indep)

Analyse avec la politiste Emmanuelle Reungoat, maitresse de conférences a Université de Montpellier, co-réalisatrice du film Des goûts de lutte.

Des lycéens et étudiants souhaitent se mobiliser samedi, le jour de l’appel à la résurgence des « gilets jaunes », peut-il y avoir une agrégation des colères ?

C’est une vraie question, mais on voit que le mouvement des « gilets jaunes » est devenu, dans l’espace des luttes sociales, une référence à laquelle on va revenir, ou dont on va endosser la légitimité. Ça donne à voir la marque mémorielle que le mouvement a laissée, comme une des luttes sans doute les plus importantes de ces dernières décennies. C’est lié au fait qu’elle proposait une forme de protestation très frontalement confrontationnelle. Il y a là un effet du mouvement des « gilets jaunes » sur la manière d’envisager la protestation et c’est peut-être aussi un appel symbolique. Il sera intéressant de voir qui sera là le 17 octobre.

Le mouvement des « gilets jaunes » peut-il renaître ?

Il a déjà eu lieu, il ne se reproduira pas de la même manière. Certains se sont politisés ou ont continué à se mobiliser, parfois sur les ronds-points, souvent plutôt en soutien à d’autres causes ou dans des collectifs, des jardins partagés, des pratiques de maraudes, de solidarité. D’autres ont rangé le gilet et sont rentrés chez eux. C’est un mouvement très hétérogène, les trajectoires le sont aussi. Il a duré très longtemps, mais il a rencontré des conflits internes, il a subi une forte répression, c’est aussi pour cela qu’il ne reviendra pas sous la même forme. Des « gilets jaunes » peuvent se remobiliser, mais ce sera un autre mouvement.

« Bloquons tout » avait fait long feu, il y a un an…

Tout à fait, tous les ans, j’ai des échanges avec des journalistes qui me demandent si le mouvement des « gilets jaunes » va revenir, souvent à l’automne, parce que le pouvoir d’achat est toujours faible, le prix de l’essence très fort, ce ne sont jamais les raisons qui manquent, on est dans des sociétés très inégalitaires, mais ça ne fait pas forcément une mobilisation. Avec « Bloquons tout », il y avait les mêmes enjeux. Le mouvement lycéen, ce n’est pas tout à fait la même sociologie, pas les mêmes profils, pas tout à fait les mêmes revendications, c’est aussi un mouvement qui est un peu plus homogène idéologiquement.

Mais il y a parfois des désectorisations.

Oui, c’est ce qui peut contribuer à ce qu’un mouvement devienne très important, l’idée que des gens issus de milieux très différents vont se mobiliser ensemble ou côte à côte. En 1968, il ya eu d’abord les étudiants, plutôt de la classe moyenne, puis une énorme mobilisation ouvrière. C’est l’enjeu souvent de la convergence des luttes, que les gens puissent se retrouver sur des modes d’action qui sont les mêmes, avec des intérêts au moins compatibles. Est-ce que cela aura lieu ? Je n’en sais rien. Mais le mouvement des lycéens rejoint une partie des revendications portées par d’autres secteurs sociaux, notamment la demande de l’intervention de l’État, de plus de budget, du maintien des services publics et de la réduction des inégalités. Il y a aussi un ancrage dans des va-leurs, des discours de l’univers de la gauche, avec un positionnement antifasciste.

Le mouvement lycéen a été émaillé de violences, d’accusations d’un recours à la force disproportionné pour le maintien de l’ordre, sont-elles équivalentes ce qu’on a pu connaître lors de la crise des « gilets jaunes » ?

On peut l’inscrire dans une forme de continuité. On note une évolution, sur les dernières décennies, vers des formes de brutalisation du maintien de l’ordre. Cela s’applique d’abord aux émeutes de banlieue en 2005, puis lors des manifestations contre la loi travail à partir de 2016. C’est un choix politique et c’est lié aussi aux réformes, à l’organisation de la police, dans les années 2000, il y a des restrictions budgétaires, la mise en place de la politique du chiffre, une diminution de moyens, on n’a pas assez d’effectifs, donc on va avoir recours à des unités qui ne sont pas formées au maintien de l’ordre. La doctrine traditionnelle, c’était de maintenir à distance, alors que la Bac, sa mission, c’est de faire du « saute dessus » et des interpellations. Il y a aussi l’usage d’armes qui produisent des mutilations, c’est lié à des choix répressifs, avec une culture gouvernementale qui est d’illégitimer les mouvements sociaux et focaliser l’attention médiatique sur les violences manifestantes, plutôt que sur les revendications, ça c’est très classique. Le Monde a comparé le nombre de gardes à vue (7950 au 13 octobre, NDLR), sur une durée à peu près similaire, il y en a eu davantage dans le mouvement des lycéens que pour les « gilets jaunes ». Il y a aussi un usage de l’appareil judiciaire, on l’a vu avec les « gilets jaunes », il y a eu beaucoup de comparutions immédiates.

Les mouvements qui surgissent ainsi en dehors du cadre syndical sont-ils, dans le même temps, devenus plus violents ?

La domination du champ de la protestation par le mouvement syndical a été très importante jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Dans les années 60, les mouvements féministes, environnementaux sortent du cadre syndical, puis les altermondialistes à la fin des années 90, début des années 2000. Ensuite, tous les mouvements post-2008 qui suivent la crise économique et sont plutôt, en Europe et aux Etats-Unis, des mobilisations citoyennes d’occupation de l’espace public (Occupy, les Indignés, Nuit debout, « gilets jaunes »). Ce sont des mouvements effectivement difficiles à gérer parce qu’ils sont très horizontaux. Ils gagnent souvent en violence, en radicalité, en interaction avec l’attitude des gouvernements. Or il y a une doctrine qui a été suivie par pas mal de gouvernements ces dernières années, qui est plutôt de ne pas donner satisfaction aux revendications, ça contribue à ringardiser la manif. C’était l’objectif, que les gens se disent que manifester, ça ne sert à rien, mais ça produit aussi des recours à la désobéissance civile ou à la violence. Le mouvement des « gilets jaunes », sil fait référence, c’est aussi parce que les gens ont l’impression qu’il a obtenu des choses. Le gouvernement, pour le mouvement lycéen, a mis du temps à répondre aux revendications. En général, soit ça essouffle le mouvement, soit ça produit une montée en radicalité ou une expansion.

Recueilli par Manuel Cudel (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Les menaces sur le site ferroviaire de Cerbère et ses 37 emplois se précisent, les syndicats ne lâchent pas l’affaire (L’Indep)

Les syndicats français et espagnols se sont réunis ce jeudi 15 octobre à Cerbère pour réclamer le maintien du site de fret ferroviaire frontalier. L’actuel gestionnaire du chantier envisage de licencier ses 37 salariés locaux dans le cadre d’un plan social qui vient d’être signé, mais que la direction du travail doit encore valider.

La menace se précise. Selon les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, ce mardi 13 octobre 2026, les négociations autour du plan social que l’entreprise a lancé sur son site ferroviaire de Cerbère ont abouti à une signature. Il appartient désormais à la direction du travail de valider ou non le projet. Celui-ci prévoit le licenciement des 37 salariés qui procèdent au changement d’essieux des trains de marchandises transitant entre la France et l’Espagne. Une opération rendue obligatoire par la différence d’espacement des rails entre les réseaux des deux pays.

C’est dans ce contexte que le Conseil syndical transfrontalier (Csir) Pyrénées-Méditerranée, qui regroupe huit syndicats français et espagnols, a organisé ce jeudi 15 octobre à Cerbère un rassemblement de soutien suivi d’une réunion destinée à présenter les enjeux du dossier. Alors qu’en parallèle, cinq entreprises auraient répondu à l’appel à manifestation d’intérêt que la SNCF a lancé pour tenter de trouver un repreneur à l’espace industriel. Nul ne peut cependant dire pour l’instant si ces sociétés iront jusqu’au bout, ni en quoi consiste exactement leur projet.

« Bien que DB Cargo Iberia, à qui appartient le site de Transfesa, soit une entreprise de droit privé, on considère qu’elle assure un service public », souligne le responsable transports du Csir, Pierre Place, de la CGT. « Si la fermeture du site était actée, ce serait inacceptable. L’Espagne a annoncé au mois d’août à la Commission européenne qu’elle garderait 70 % de son réseau à l’écartement ibérique. La seule solution, c’est de passer par les équipements de Transfesa. Par ailleurs, le système de levage peut également servir à faire de la maintenance. »

À l’instar de Pierre Place, Jean-François Virama et Pierre Grousset, de l’Unsa, craignent l’impact de la fermeture du site ferroviaire sur l’autoroute A9/AP7 et le village de Cerbère. « Il y a déjà 14 000 camions par jour qui passent au Perthus. Au-delà de l’aspect humain, si le fret s’arrête sur cette ligne, l’autoroute va être saturée, alertent-ils. Et derrière les emplois supprimés, il y a des familles. La fermeture de Transfesa impacterait l’école, la vie sociale et les commerces de Cerbère. »

De leur côté, les délégués syndicaux de DB Cargo Iberia Axle Change, Antoine Calero (FO), et Sébastien Auzou (CFTC), font grise mine. « Ici, c’est un cimetière de wagons, déplorent-ils. Le site devrait fermer entre le 31 octobre et le 31 décembre. Tout le monde va être licencié. Le trafic a d’ores et déjà été détourné sur Hendaye. Nous sommes en train de dépolluer le site. »

Concernant l’appel à manifestation d’intérêt, les syndicalistes soulignent que « même si une société était retenue, elle ne serait pas obligée de reprendre le personnel ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Peter Mertens. « Porter une grille d’analyse marxiste qui n’est plus enseignée » (La Marseillaise)

Peter Mertens est le secrétaire général du Parti du travail de Belgique (PTB). Il est l’auteur de l’ouvrage « Les derniers jours de l’ancien monde, espoirs et contre-pouvoirs à l’ère trumpienne »(*) qui sort ce vendredi.

La Marseillaise : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ?

Peter Mertens : Il y a tellement de choses qui changent dans le monde, on est dans une ère très violente avec l’extrême droite qui monte ainsi que la répression. Pour beaucoup de gens, il est difficile de voir le fil rouge dans tous les événements. Je voulais avoir un outil à donner, pour comprendre quelles sont les forces économiques et les intérêts derrière. Porter une grille d’analyse critique marxiste qui n’est plus enseignée ni à l’école ni dans les syndicats. La question n’est pas de savoir si Donald Trump est fou ou non mais de voir ce qui se passe réellement avec l’empire américain et pourquoi il se trouve au début du déclin. Comprendre le monde, c’est le premier pas pour le changer.

La Marseillaise : Qu’est-ce que vous définissez par « l’ère trumpienne » ?

Peter Mertens : L’ère trumpienne, c’est surtout un accélérateur du nationalisme économique, de la guerre commerciale, la guerre des tarifs, des guerres impérialistes et dans la destruction du droit international. On a déjà vu que sous Obama, il y avait le « pivot vers l’Asie », en définissant la Chine comme l’ennemi principal. Dans mon précédent livre Mutinerie, j’avais écrit que c’était la fin d’un pan du néolibéralisme et qu’on entrait dans une nouvelle ère qui n’avait pas encore de nom.

La Marseillaise : C’est ce qui est théorisé dans le Projet 2025 ?

Peter Mertens : Derrière Trump, il y a tous genres de cercles de réflexion, de puissances économiques, théoriques, parmi lesquels la Heritage Foundation. Cette organisation d’extrême droite estimait qu’elle n’avait pas pu opérer autant de changements qu’espérés durant le premier mandat de Donald Trump. Ils en ont tiré des leçons et écrit Mandate for Leadership (ou Mandat pour le leadership) un document de 900 pages, aussi connu sous le nom de Projet 2025, pour le second mandat. Leur objectif premier est d’assainir l’État, d’écarter les démocrates, les syndicalistes, les gens critiques de toutes fonctions de l’État et de la justice. Deuxièmement, c’est de donner de plus en plus de pouvoir au président seul. Troisièmement, c’est d’entamer une bataille économique et politique vis-à-vis des contre-pouvoirs dont les syndicats et en particulier ceux de l’enseignement. Enfin, la quatrième partie est de renforcer la militarisation de la police. Tout ce qui se passe en ce moment était déjà préparé scientifiquement : le déploiement de l’ICE, la militarisation des blue cities, les villes qui sont contrôlées par le Parti démocrate [dont la couleur officielle est le bleu, Ndlr.]. C’est un manuel de l’extrême droite dont le but est la concentration de tout le pouvoir aux mains du président et l’écartement de tout contre-pouvoir. Je crois que les macronistes du monde sont un peu jaloux sur ce plan.

La Marseillaise : Ce que vous pointez en tant que guerre culturelle comme alternative à la lutte des classes ?

Peter Mertens : Il y a une volonté qui est écrite dans le Projet 2025 de Heritage Foundation, de nommer tout ce qu’on n’aime pas comme une infiltration marxiste dans l’État, comme antifasciste. En juillet dernier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rassemblé 77 pays sous le drapeau de la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche, en présence de pays européens dont la Belgique et le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ils préparent l’interdiction des forces de gauche, des syndicats et leur criminalisation sous le nom de terrorisme d’extrême gauche ou d’antisémitisme. On l’avait vu déjà contre Corbyn en Angleterre, Die Linke à Berlin et contre nous. Ils utilisent tous ces grands mots pour instaurer un genre d’autoritarisme et des lois d’exception en Europe. Un des mécanismes, c’est de criminaliser la résistance des écoliers, des lycéens, de la CGT, des manifestations, etc. Si on prend un petit peu de recul, ce qui se passe à Bruxelles, à Paris ou à Dublin, cette volonté de criminaliser la contestation sociale parce qu’on n’a plus la volonté de négocier, ça vient immédiatement du manuel de la Heritage Foundation. Ce n’est pas encore le fascisme mais un processus de fascisation qui est en cours.

La Marseillaise : Cette criminalisation vise les jeunes qui manifestent en Belgique et en France ?

Peter Mertens : Dans les années à venir, il y aura des mobilisations partout. On le voit déjà maintenant, une grève générale se prépare en Italie, il y a un grand mouvement de contestation, en Irlande et même aux Pays-Bas et en Allemagne où les syndicats étaient un peu endormis. Et ce, parce qu’il y aura de la casse sociale partout. Au début de mon livre, je parle du ministre belge de la Défense Theo Francken qui dit clairement vouloir aller vers un modèle américain où il y a beaucoup plus d’argent qui est injecté dans le militaire et moins dans la sécurité sociale. C’est la même chose en France avec un budget qui prévoit l’austérité pour tous les ministères sauf pour celui des Armées. Le livre commence avec l’école allemande de Domschule où l’eau s’infiltre dans les salles de classe, c’est ce qui se passe ici en Belgique ainsi qu’en France. On ne part pas d’une situation neutre : après trois décennies de néolibéralisme, de sous-investissement dans l’enseignement et les soins de santé, les services publics se sont détériorés. Ce choc-là a déjà lieu en Europe. Je suis super content que la jeunesse en France soit dans la rue. Les exigences, les revendications, que ces lycéens portent, ce sont celles de toute la jeunesse de l’Europe. Les jeunes allemands les écoutent et s’en inspirent. Il y aura de la révolte contre la casse sociale, des questions autour de l’enseignement, des retraites, des soins de santé, que l’on doit lier à l’antimilitarisme. On n’est plus dans la même logique néolibérale. On est en train d’aller vers une logique de militarisation de l’État, de pensée par bloc, de guerre commerciale. Lier la lutte contre la militarisation et contre l’austérité, c’est un enjeu majeur dans les années à venir. C’est à cela que sert ce livre.

La Marseillaise : Vous citez une étude menée aux Pays-Bas qui révèle que les trois quarts des jeunes interrogés sont hermétiques à la propagande belliciste. Ils rejettent cette vision de la société qu’on veut leur imposer ?

Peter Mertens : Les États Européens vont dépenser 8 000 milliards d’euros dans le militaire. On a déjà investi trois fois plus en Europe que la Russie. On dispose déjà de quatre fois plus de navires de combat que les Russes, de trois fois plus d’artillerie, deux fois plus de chars, d’avions de combat, etc. Mais on nous dit que non, ça ne suffit pas, il faut huit fois plus ! Il faut la casse sociale pour payer tout ça. On est en train de construire pas seulement une armée de défense européenne mais aussi une armée impérialiste. Il y a beaucoup de gens qui sentent ça et disent « notre futur ce n’est pas de crever dans un pays que je ne connais pas pour les intérêts de dirigeants, qu’ils aillent combattre eux-mêmes ». Trois fois déjà il y a eu des grèves écolières en Allemagne et en Belgique, ce qui impressionnant parce que la culture de lutte des classes n’est pas grande comme en France. Ces jeunes sont de plus en plus conscients que dans une guerre, ce n’est pas les enfants des riches qui crèvent, mais ceux de la classe ouvrière. Au niveau de la gauche, des communistes, notre tâche c’est porter de l’espoir, pas de manière naïve mais en montrant le fait que les gens ne se laissent pas faire, qu’ils se mobilisent et s’organisent.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 16 octobre 2026)

(*) Aux Éditions Agone, 22 euros

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 15 octobre 2026)

« Aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance »
Question d’actualité au Gouvernement
Le sang des guerres, la sueur des canicules et les larmes de Parcoursup, voilà l’avenir destiné à notre jeunesse.
Aucune violence n’est acceptable, d’où qu’elle vienne. Mais aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance.
Ces lycéens, que l’on (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

« Nous, sénatrices et sénateurs du groupe CRCE-K… »
Élections sénatoriales : Déclaration politique des groupes 2026-2029
Depuis des décennies, la France traverse une crise économique, sociale, écologique et démocratique profonde qui ne cesse de s’aggraver.
Aux promesses non tenues et aux espoirs déçus se sont en effet succédés ces dernières années des choix politiques néfastes et agressifs, contraires aux (…)
—> Lire l’intervention

Face à l’extrême droite, nous appelons les sénatrices et les sénateurs à ne rien céder
Communiqué de presse des 3 groupes de gauche au Sénat
Les trois groupes de gauche et écologiste au Sénat appellent à combattre le nouveau groupe d’extrême droite désormais constitué « sur le fond comme sur la forme, dans le débat d’idées comme dans l’organisation de nos travaux ».
—> Lire l’intervention

Finances des communes rurales : desserrer l’étau !
Proposition de loi créant une dérogation à la participation minimale pour la maîtrise d’ouvrage pour les communes rurales
Voilà deux ans et demi, en première lecture, nous alertions sur la dégradation des finances publiques locales et la situation des communes.
Peu de temps auparavant, le groupe CRCE-K demandait une exonération totale de participation financière pour les communes rurales désireuses de rénover (…)
—> Lire l’intervention de Marie-Claude Varaillas

Prescription pénale : attention aux réponses législatives de circonstance
Proposition de loi réformant la prescription de l’action publique en matière criminelle et actualisant la notion d’obstacle insurmontable
Ce texte réforme l’action publique en matière criminelle en actualisant la notion d’obstacle insurmontable.
Le revirement du rapporteur pour sauver ce texte montre combien la version initiale n’était pas juridiquement cohérente. Elle aurait conduit à créer une imprescriptibilité de fait en (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Radio : la transition numérique ne doit laisser personne sur le bord de la route
Proposition de loi relative à la modernisation de la radio
À l’heure où l’information circule de plus en plus par les plateformes numériques, où les algorithmes déterminent ce que nous voyons ou entendons, ne sous-estimons pas l’importance de la radio, média gratuit, accessible à toutes et tous. Elle accompagne près de 40 millions d’auditeurs en France. (…)
—> Lire l’intervention de Jérémy Bacchi

Médecine nucléaire : l’espoir thérapeutique ne doit pas être un privilège
Proposition de loi visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie
Selon Santé publique France, le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé entre 1990 et 2024. Nos pensées vont aux personnes touchées. Nous avons toutes et tous dans notre entourage un frère ou une soeur, un ami ou un parent concerné.
La RIV fait ses preuves depuis plusieurs années. C’est une (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Pourceau-Poly

Pénuries de médicaments : moins de contraintes pour l’industrie, moins de garanties pour les patients
Proposition de loi révisant le dispositif des stocks de sécurité des médicaments
Dans le texte initial, la dérogation était prévue sur simple notification, sans justification ; la commission a encadré le dispositif, mais nous ne pouvons nous en satisfaire.
Les ruptures d’approvisionnement entraînent des pertes de chances pour les patients. Ainsi de la nitrendipine, (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

De la désindustrialisation à l’extrême droite : l’Europe doit changer de cap
Débat préalable au Conseil européen des 15 et 16 octobre 2026
Le 6 septembre dernier, l’AfD a obtenu 44 % des voix dans le Landtag de Saxe-Anhalt. Ce parti occupe la première place des intentions de vote pour les élections fédérales, très loin devant les partis traditionnels.
Cela doit nous alerter, tant son programme politique radical est antithétique (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

Pas de raccourci numérique face au manque de moyens humains
Proposition de loi visant à dématérialiser l’état civil des bénéficiaires de la protection internationale
Obtenir un acte de naissance, de mariage ou autre, n’est jamais une simple formalité administrative. Pour ceux qui ont dû fuir leur pays, ces documents sont indispensables ; ils constituent une première étape pour retrouver la stabilité.
Or leur délai de reconstitution par l’Ofpra peut (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Les autres interventions

Les questions écrites :
Il faut confirmer la légitimité des organisations historiques validées par l’État
Institutions, élus et collectivités – Application restrictive de la réforme de la fiscalité énergétique du 1e janvier 2023 – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
Remédier aux dérives documentées du système d’alternance
Éducation et recherche – Difficultés croissantes des jeunes à trouver une alternance – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
L’humanité a besoin de transformer les épées en charrues pas de transformer les trains en chars
Industrie – Cession par Alstom de son site de Kassel (Allemagne) – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026

Les questions écrites :
Contrecarrer une censure économique de fait
Culture et médias – Conditions d’envoi de publications de presse vers les États-Unis – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026