L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. Octobre de toutes les colères

Le 17 octobre a été marqué par une mobilisation d’une ampleur inédite depuis 2023. Entre 550 000 et 800 000 manifestants. Les colères s’agrègent depuis des semaines face à la vie chère et sans réponse du gouvernement. Cette journée est le fruit des semaines de révolte lycéenne face au manque de moyens de l’éducation nationale, de la colère face à l’envolée des prix à la pompe et dans le rejet d’un budget qui prévoit 54 milliards d’euros d’économies. Le peuple refuse de continuer à payer la facture d’un système qui enrichit les superprofits pétroliers et les actionnaires tout en asphyxiant les services publics et les salaires. En Italie, Belgique, Grèce, Albanie… La colère de la jeunesse s’exprime aussi avec force et détermination et avec les mêmes revendications. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes !

Cette journée a été gâchée par les violences et les dégradations et par une stratégie du maintien de l’ordre inadaptée. Des questions demeurent sur les objectifs du gouvernement, si on voulait pourrir le mouvement, on ne s’y serait pas pris autrement. On a connu ça dans le passé. Des bâtiments publics comme privés ont été dévastés. Toute cette violence est inacceptable et leurs auteurs doivent être condamnés. Ces actes de vandalisme contribuent en même temps à détourner les immenses attentes des 800 000 manifestants qui, eux, ont défilé pacifiquement avec des revendications légitimes. Emmanuel Macron renforce les pouvoirs des préfets et se refuse à répondre aux revendications. C’est une impasse.

Sortir de cette crise sociale par le haut impose d’apporter des réponses pour lutter contre la vie chère, contre la hausse des prix du carburant, de l’énergie qui pénalise les ménages comme les collectivités et les entreprises et à entendre la jeunesse de France qui aspire à étudier dans des conditions dignes.

L’extrême droite est à l’embuscade, « le parti de l’ordre » espère récolter les bénéfices de toutes ces violences. Il appartient aux forces progressistes de ce pays d’amplifier la mobilisation sociale, le rendez-vous du 5 novembre est déterminant. Le capital et ses relais politiques ne céderont que sous la pression d’un mouvement populaire large et déterminé.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4135 – vendredi 23 octobre 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Octobre de toutes les colères
Annonces
Le Travailleur Catalan recrute

Mémoire

17 octobre 1961, des centaines d’Ajgériens étaient massacrés à Paris

Événement. Les Brigades internationales

90 ans de mémoire partagée
Le Travailleur Catalan a rendu hommage aux Brigades internationales
Commémoration. 90 ans des Brigades internationales

Focus

Manifestations du 17 octobre. La convergence des colères
Les idiots utiles
La réaction du PCF

Département

Quel avenir pour le Travailleur Catalan
UPTC. Les Fronts populaires
Carburant. Stop au racket !
Le P.O.T ; Rando’Club vous propose. Dimanche 25 octobre – Montner

Sport

Challenge Cup. À l’extérieur, même en Challenge Cup, l’USAP n’y arrive pas

Culture

Alénya. Marc Bloch, l’historien combattant
Maison de la Catalanité
Où sortir ?
Langues de France. Un album multi-langues
Livre. Un Liban rêvé
L’orchestre national Montpellier Occitanie en concert à Perpignan
Film. Naza

France

Présidentielle 2027. Marine Le Pen, reine de l’austérité pour le peuple
Loi intégrale contre les VSS. L’ambition… sans les moyens ?

Monde

New Delhi. Les BRICS, une autre partie du monde
Anatomie d’un reniement. Pourquoi Trump lâche l’Ukraine

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Les grandes manœuvres

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« Le Vallespir est en ordre de bataille » contre le déremboursement des cures (L’Indep)

« Sans le souffle du thermalisme, nous ne pouvons plus respirer ». Élus, professionnels, commerçants et simples citoyens se mobilisent en Vallespir contre la menace de déremboursement des cures thermales. Opération villes mortes, pétitions, appels aux députés et sénateurs arment « la résistance ». Plus 250 personnes étaient mobilisées ce lundi à Amélie-les-Bains.

« On jette des milliers d’emplois à la poubelle et on condamne des territoires ruraux ». Marie Costa hausse la voix. Face à la maire d’Amélie-les-Bains, plus de 250 personnes, inquiètes et mobilisées malgré la pluie, prennent l’Espace Méditerranée à témoin. « On nous impose une guerre d’usure, nous y répondrons ». Les maires et les élus du Vallespir ont entendu l’appel.

Tout comme les professionnels du thermalisme, des commerçants, des curistes et des habitants de la vallée. Personne n’oublie de signer la pétition « Non au déremboursement des cures thermales ». Elle a déjà réuni plus de 6 000 signatures en ce 19 octobre.

Pour tous, la menace se précise. Le Plan de financement de la sécurité sociale 2027 détourne le remboursement des cures thermales de la Sécu vers les mutuelles Conséquence inexorable, accusent acteurs et élus, un déremboursement pur et simple des cures.

Les mutuelles n’ayant aucune obligation de prise en charge.

Lanceuse d’alerte, Marie Costa pointe les dégâts. « 25 000 emplois en France, 1 500 directs et indirects non délocalisables dans le Vallespir, des commences, des loueurs, des services, des agriculteurs, des musées impactés… Des territoires ruraux à nouveau visés », précise la présidente de la fédération d’Occitanie du thermalisme.

Rideaux baisses, habitants à terre, drone pour filmer « le désastre »

La réplique s’organise. Une journée villes thermales mortes est programmée. Avec commerces et services rideaux baissés, habitants faisant les morts au sol et drone filmant « le désastre » pour médiatiser le combat. Reste à caler une date. « Très prochainement et partout en France. » Cinq communes -Amélie, Le Boulou, Prats, Vernet, Molitg- sont concernées dans les P.-O.

« Les thermes pèsent 32 000 curistes dans le département, 16 000 en 2026 à Amélie, 2 800 à La Preste, 3 800à Molitg… C’est 600 emplois directs dans le département », résume Nicolas Brouillet. Le cadre de la Chaine thermale du Soleil précise « l’économie de 200 millions d’euros annoncée ne pese que 0,1 % du budget de l’assurance maladie. Le coût d’une cure est aujourd’hui pris en charge à 65 % par la sécu, 35 % par les mutuelles. Une cure voies respiratoires, avec 5 soins par jour, coûte 450 euros par personne. Le thermalisme est le poumon de nos territoires. À Amélie, par exemple, 25 % des curistes viennent du nord et du grand est ».

« Les cures soignent, soulagent »

« Les cures soignent, soulagent, elles sont utiles et réduisent des pathologies, des traitements », milite Claude Ferrer. « En voulant faire 0,1 % d’économie, on va multiplier les autres dépenses », prévient le maire de Prats. « De plus notre offre est complémentaire en Vallespir, on ne se marche pas sur les pieds », soutient Patrick Francès. Le maire du Boulou ajoute « les cures re présentent 50 000 nuitées par an au Boulou. Il est important de montrer notre force et notre résolution ».

Jean Sol et Lauriane Josende portent le fer au Sénat. Présente à Amélie, la députée Michèle Martinez à l’Assemblée. « On nous avait promis un moratoire sur ce dossier et là, d’un coup, le gouvernement pond ce déremboursement. On ne laissera pas faire ». Absent de la réunion, Olivier Reynal assure « le soutien et l’engagement du Département pour un combat qui dépasse les chapelles politiques ».

Également en première ligne, les commerçants alertent à leur tour. « Un curiste consomme sur place, c’est essentiel pour nos commerces et nos emplois », témoigne Nadia propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter à Amélie. « Le thermalisme irrigue toute la vallée », insiste David Gener, un des repreneurs des Toiles du Soleil, hôtelier, restaurateur et commerçant à Prats. « On a ressenti une baisse de curistes cet été, c’est un impact de 25 à 30 % sur nos chiffres d’affaires en août, septembre et octobre, nos mois forts. On a besoin des cures, de cette clientèle extérieure. Le déremboursement serait une catastrophe pour toute notre économie du Vallespir ».

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 21 octobre 2026)

Mobilisation samedi : « Nous ne pourrons pas assurer le maintien de l’ordre » (L’Indep)

Dans les Pyrénées-Orientales, tous les syndicats ne sont pas d’accord sur la posture à adopter face à la mobilisation de ce samedi, annoncée par la coordination des Gilets jaunes. Solidaires 66 appelle en effet à se joindre au mouvement. Mais assume « ne pas pouvoir assurer le maintien de l’ordre », Explications.

À l’image d’une partie de la société, les syndicats aussi semblent de plus en plus divisés. Dans les Pyrénées-Orientales, la puissante CGT et FSU, le premier syndicat dans le secteur de l’éducation, ont annoncé qu’ils n’appelleraient pas à manifester ce 24 octobre.

Ce samedi ayant été annoncé par la coordination des Gilets jaunes comme « l’acte Il » de la mobilisation du 17 octobre.

Les deux porte-parole locaux ont fermement dénoncé les violences urbaines survenues ce premier samedi, Julien Berthélémy pour la CGT 66 allant jusqu’à tonner : « On ne sera pas aux côtés des casseurs ».

Mais leur discours ne fait visiblement pas l’unanimité.

Ce mardi, le syndicat Solidaires 66 appelle bel et bien ses militants à rejoindre le mouvement de ce samedi. Comme le confirme à L’Indépendant Léa Docus, co-secrétaire départementale de Solidaires 66. « Oui, il faut poursuivre la mobilisation, y compris le 24 octobre où nous appelons à la convergence des luttes des lycéens, des étudiants, des travailleurs, des Gilets jaunes et des citoyens ».

Le syndicat catégorisé anarchiste, CNT-SO, pour Confédération nationale des travailleurs – Solidarité ouvrière, incite aussi à descendre dans la rue.

Mais, pour un syndicat, cet appel à manifester n’est pas anodin. Quid en effet de l’encadrement d’une mobilisation dont l’acte la été entaché par des violences ? « C’est un défi car nous ne sommes pas organisateurs, nous ne pourrons donc pas assurer le maintien de l’ordre », concède Léa Docus. La syndicaliste milite pour « une mobilisation pacifique » et martèle « ne pas souhaiter qu’il y ait de dégradations ».

Mais, en tant que co-secrétaire d’une organisation syndicale, comment s’en assurer et appeler ainsi ses militants à se mobiliser en toute confiance, sans crainte de débordements ? Selon elle, « dans ces dégradations, il ne faut pas amoindrir le rôle de ceux qui sont censés maintenir l’ordre mais qui utilisent des gaz lacrymogènes et usent d’une force trop violente. N’oublions pas que le reste de la journée s’est très bien déroulé. Je trouve dommage que le débat public soit concentré sur les sur-réactions concernant des destructions matérielles et que l’on oublie les revendications légitimes des lycéens, travailleurs et étudiants ».

Et Léa Docus d’insister sur le fait que, ce samedi, « nous ne serons pas organisateurs ». Impossible à garantir, donc.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 octobre 2026)