En Occitanie, des trains électriques pour remplacer les trains Diesel (L’Indep)

Déjà emprunté par des trains hybrides et a hydrogène, le réseau ferré régional aiguille désormais des trains électriques à batteries lithium. La première rame du genre commence une période de tests de deux ans dans le Gard.

Nouvelle innovation sur les rails d’Occitanie. Depuis ce 31 août 2026, un train liO équipé par Alstom circule sur la ligne Nîmes-Vauvert à l’énergie électrique. Il s’agit d’une locomotive diesel « retrofitée » (transformée) en électrique grâce à des batteries au lithium-ion. Doté d’une autonomie dépassant les 80 kilomètres, ce train récupère aussi l’énergie produite lors du freinage pour la stocker. A la clé : jusqu’à 20 % d’économies d’énergie. Enfin, la propulsion électrique offre un meilleur confort aux voyageurs puisqu’elle est plus siliencieuse.

Décarboner le transport ferroviaire

Cette nouvelle génération de rames est issue d’un programme d’innovations porté par cinq Régions: Occitanie, Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine ainsi que SNCF Voyageurs et Alstom. D’un coût total de 41 millions d’euros (6 millions financés par l’Occitanie, 6 millions par SNCF Voyageurs, 5,5 millions par Alstom), il vise à « aller encore plus loin dans la décarbonation du transport ferroviaire » en expérimentant « la première génération de matériels roulants à batteries, à l’échelle nationale ». Des matériels « plus sobres énergétiquement que les matériels précédents et sans émission directe de CO2 ».

L’Occitanie est la seule région française à expérimenter, bientôt simultanément, trois technologies réductrices d’émissions polluantes : un train hybride trimode électrique diesel-batterie autour de Toulouse, a hydrogène entre Montréjeau et Luchon et donc électrique à batteries lithium-ion dans le Gard.

Pour la présidente d’Occitanie, Carole Delga, cette innovation « va de pair avec une ambition très concrète : développer le service public ferroviaire. Sur la ligne Nîmes-Vauvert, ce nouveau train permet ainsi d’augmenter l’offre avec deux allers-retours de plus en semaine. Nous préparons des aujourd’hui le ferroviaire de demain ».

Du côté d’Alstom, on souligne « une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables ». Frédéric Wiscart, président de la région France BeLux chez Alstom, voit en cette innovation « l’illustration concrète de la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie ».

Le déploiement de ces nouvelles rames aux autres départements d’Occitanie n’est pas encore programmé. La phase d’expérimentation, qui durera au moins deux ans, ne fait que débuter. Toute-fois, le vice-président d’Occitanie en charge des Transports, Jean-Luc Gibelin, assure que les premiers enseignements pourront être tirés dans six mois.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

Vernet-les-Bains. Une rentrée sans problème (L’Indep)

Mardi 1er septembre, ce sont 93 élèves qui ont été répartis dans les 4 classes de Mmes Pimentel, la directrice, Poirier, Azzopardi et Gesta. Pierre Serra, le maire, accompagné de Françoise Gendre, 2° adjointe, a rappelé aux plus jeunes comme aux parents la chance de pouvoir accéder à la culture et à l’éducation alors que tant dans le monde en sont privés. Mais ce n’est pas l’affaire que des seuls enseignants. Les parents, les équipes encadrantes et aidantes, les bénévoles, les élus et politiques ont le devoir de travailler ensemble pour construire l’avenir des enfants. Il s’engage à être présent, à l’écoute et actif. « Si seul on
va plus vite, ensemble on va plus loin »
rappelle-t-il. Patrick Marcel, 2° vice-président de la communauté de communes en charge de l’enfance-jeunesse a assuré que les travaux qui restent à faire le seront dans un bref délai, (portail, mur de soutènement, cantine). C’est donc sans gros problème et sans pleurs cette année dans la cour que tout ce petit monde, plus impatient qu’inquiet, a pris la direction du secret et de l’intimité des classes sous l’œil toujours un peu nostalgique des grands qui se souvenaient.

Daniel Capdet (L’Indépendant, le 2 septembre 2026)

André Chassaigne. « Croyants et communistes ont à cœur la fraternité et l’égalité » (La Marseillaise)

André Chassaigne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine (530 habitants dans le Livradois) pendant 27 ans, député du Puy-de-Dôme pendant 23 ans, a raccroché en 2025. Il publie, en cette rentrée politique, « Cheminement en terre chrétienne ». L’ouvrage(*) se conclut par une somme de réflexions sur les rôles respectifs du religieux et du politique.

La Marseillaise : On assimile souvent la doctrine marxiste au message évangélique. La première a été pervertie comme l’on sait, tandis que le second a permis la domination de la classe bourgeoise. Comment expliquez-vous cette dérive ?

André Chassaigne : Cela s’explique par le fait que dans l’ancien régime, l’Église catholique était étroitement liée au pouvoir politique. Au fil des siècles, l’absolutisme était devenu inséparable du catholicisme. L’absolutisme royal n’a tenu que parce qu’il avait le soutien de l’Église catholique. C’est la Révolution de 1789 qui a renversé le pouvoir d’une Église qui a tenté ensuite de revenir en première ligne. Mais le principe de la laïcité était posé. Ce grand acquis est un pur produit de la Révolution.

La Marseillaise : Laquelle laïcité a connu heurs et malheurs au cours du XIXe siècle jusqu’à la loi de 1905…

André Chassaigne : Mais depuis le Siècle des Lumières, les tentatives de la hiérarchie de l’Église catholique de revenir politiquement au premier plan ont échoué. Paradoxalement et à terme, la laïcité, telle qu’elle a émergé avec la Révolution, a été un bienfait pour l’Église elle-même. Elle aboutira en 1905 à une loi de la séparation des Églises et de l’État qui assure à chacun la liberté de conscience.

La Marseillaise : Actuellement, la laïcité, telle qu’elle a été conçue en 1905, a été accaparée par l’extrême droite pour en faire un cheval de bataille contre les musulmans.

André Chassaigne : Ce sujet réel est abordé dans mon livre. Il faut lutter contre l’idée qu’une religion serait incompatible avec la laïcité. Cette conquête qu’est la laïcité doit permettre à chaque religion de se développer sans intervenir dans la sphère publique. Il y a une dérive de l’islam extrémiste qui voudrait qu’il n’y ait pas de séparation entre religion et pouvoir politique, en imposant que les principes religieux commandent aussi l’ordre politique. J’essaie de montrer qu’il y a une grande majorité de musulmans qui vivent et pratiquent dans un cadre laïc. La grande erreur consisterait à stigmatiser les musulmans en les amalgamant à l’islamisme radical. Cette attitude ne peut produire que des frustrations, pousser même certains à rejoindre ce courant religieux réactionnaire et profondément antidémocratique. Il est donc important de démontrer qu’il n’y a pas d’exclusion dans les principes de la laïcité, comme dans les luttes sociales, et inviter tout un chacun à faire société au-delà de ses croyances. Déjà, en 1936, quand le fascisme menaçait la France, cette démarche a inspiré Maurice Thorez, qui a lancé son appel aux catholiques [« La main tendue », Ndlr]. Ensuite, en 1976, Georges Marchais a élargi cet appel à l’ensemble des chrétiens. Désormais, compte tenu de l’évolution de la société, il faut étendre cette démarche. Je pense qu’il serait bon de lancer un appel à l’ensemble des croyants, et notamment les musulmans qui risquent d’être instrumentalisés par les extrémistes radicaux. Il serait dangereux de prendre prétexte de l’islamisme radical pour changer la loi de séparation des Églises et de l’État avec, in fine, l’objectif d’exclure une partie des citoyens.

La Marseillaise : Lorsque vous parlez d’un « appel aux croyants », n’est-ce pas une cause perdue dès lors que les sondages montrent qu’en France, 40 % de la population se dit d’origine catholique et que moins de 5 % sont pratiquants ?

André Chassaigne : Il est bon de réaffirmer des principes. Mais en adressant cet appel à tous les croyants, notamment aux chrétiens, musulmans, juifs, il doit rappeler que tous sont égaux et considérés comme tels par notre République laïque, qu’ils doivent eux-mêmes protéger.

La Marseillaise : Un milliardaire présenté comme « fervent catholique » tente actuellement de rallier par des médias populistes les classes populaires à un vote d’extrême droite. Comment le Parti communiste peut-il réagir ?

André Chassaigne : C’est encore l’un des objets du livre. Je fais « appel » à l’image de Jésus pour que l’on puisse se retrouver dans une société qui ne brime pas les individus au titre de leur religion, de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique, voire sociale. Que l’on puisse se retrouver, s’unir contre ce fléau commun, l’argent-roi, qui aboutit à asservir les êtres, piller les ressources naturelles et mépriser les peuples. Il est le terreau des fondamentalistes en tous genres. Je rappelle que l’essence même du christianisme est incompatible avec les adeptes de la haine et de cet argent-roi. Il n’échappe à personne que certains essaient d’instrumentaliser l’Église pour servir des causes réactionnaires de rejet de l’autre, visant à préserver la domination financière d’une « caste ».

La Marseillaise : N’est-il pas paradoxal que le même Jésus auquel vous vous référez soit commun en Amérique latine à la fois aux théologiens de la Libération, qu’on rapproche à la gauche, et aux évangéliques, soutiens acharnés de l’extrême droite ?

André Chassaigne : C’est une dérive. Je ne me suis pas particulièrement penché sur ce que pensent les différents courants évangéliques, c’est un paradoxe qui mérite d’être débattu avec les chrétiens eux-mêmes. Pour ma part, j’ai aussi voulu montrer qu’on peut se retrouver pour constituer une société protectrice, libératrice et respectueuse de tout le monde et de chacun. L’Église a évolué sur les questions sociétales et morales. J’ai voulu valoriser cette mutation en soulignant ce qui va, à mes yeux, dans le bon sens. C’est pour cela que je rappelle la théologie de la Libération et le rôle de certains papes. Les propos du pape François sont puissants et justes, il faut les valoriser davantage, d’autant qu’ils sont rejetés parfois par des intégristes, au sein même de l’Église.

La Marseillaise : Cette mutation sociétale de l’Église catholique que vous évoquez est-elle bien réelle lorsque ses évêques enjoignent aux sénateurs de s’opposer à la loi sur la fin de vie ?

André Chassaigne : À titre personnel, je n’étais pas favorable à cette loi sur la fin de vie. Mais j’estime que les évêques n’auraient pas dû intervenir. Il n’est pas dans leur rôle de s’adresser aux parlementaires. C’est même contre-productif : cela signifiait une opposition au titre d’une vision chrétienne et morale, alors que l’on pouvait invoquer une approche sociétale du problème. Je vis dans un milieu rural où j’assiste à un phénomène terrible. Des personnes âgées vivant en Ehpad culpabilisent de continuer à vivre parce qu’elles sont en train de liquider le peu de biens qu’elles peuvent laisser à leurs enfants. C’est une vraie question posée à notre société et son système.

La Marseillaise : Puisque vous venez d’y faire allusion, un communisme rural est-il encore imaginable à l’heure où, après avoir conquis les territoires industriels en déshérence, l’extrême droite gagne des points dans la France profonde ?

André Chassaigne : C’est un terreau fertile parce qu’il y a une grande souffrance, due notamment à l’abandon des services publics, une perte de valeurs républicaines et démocratiques qui incite à voter pour le Rassemblement national. C’est une expression politique au premier degré. Au lieu de stigmatiser ceux qui utilisent ce vote pour exprimer leur mécontentement, il nous faut démontrer que le vote d’extrême droite n’est pas une solution et aggraverait même la situation. Le communisme rural s’est construit sur ce que l’on appelle « la famille large », par les contacts de proximité et de solidarité. Voilà pourquoi, nous organisons deux fois par an à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, une vente solidaire de fruits et légumes, qui attire un monde considérable et qui nous permet de discuter avec les gens. Le Parti communiste est vécu comme une grande famille et cette fraternité vécue fait tache d’huile.

La Marseillaise : Quel rôle communistes et catholiques de France peuvent-ils jouer actuellement ?

André Chassaigne : Les communistes et les catholiques – dont certains sont d’ailleurs membres du PCF – partagent deux valeurs essentielles : la fraternité, que je viens d’évoquer, et l’égalité. Or, ce principe d’égalité est aujourd’hui durement mis à mal, aussi bien par ceux qui défendent le système actuel que par les radicaux religieux de tous bords. Si nous voulons vivre dans une société apaisée, soucieuse du bien-être individuel comme du bien commun – aspiration profonde de la majorité de nos concitoyens –, il est temps de réagir et de rassembler nos forces. « Vous êtes tous frères », affirme Jésus dans l’Évangile selon Saint Matthieu. « Nous sommes tous égaux », confirment les communistes français. Ces deux convictions forment une cause commune. Face aux menaces qui se dessinent et à ceux qui prospèrent sur les divisions, l’urgence est de nous unir. Unir nos forces pour faire barrage aux faiseurs de haine et de division, et faire triompher une société fondée concrètement sur la Fraternité et l’Égalité.

Entretien réalisé par Alain Bradfer (La Marseillaise, le 2 septembre 2026)

(*) « Cheminement d’un communiste en terre chrétienne », aux Éditions Deborée, 184 pages, 22 euros.

Cabestany. La FCPE fait baisser le coût des fournitures (L’Indep)

À quelques jours de la rentrée, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Pyrénées-Orientales a lancé pour la première fois une bourse aux fournitures scolaires à l’échelle du département. Le principe est de mutualiser les commandes de plusieurs établissements afin de négocier des tarifs plus avantageux pour les familles.

« C’est une demande que les parents d’élèves formulaient depuis quelques années », explique Rémy Landri, président de la FCPE 66. Face à l’augmentation régulière du prix des fournitures, l’association a voulu apporter une réponse concrète. « On s’est dit qu’il fallait que l’on s’empare de ce problème. La hausse du coût du papier, de l’énergie et du trans port, notamment depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, a contribué à alourdir la facture ». Quatre bénévoles de la fédération dont Marc Zarcone, trésorier, et un salarié pour le marketing, se sont attelés à la tâche.

Le dispositif permet aux familles de réaliser 30 à 35 % d’économie par rapport aux achats effectués dans le commerce, tout en conservant du matériel de qualité.

Une adhésion a la FCPE de 10 euros est toutefois nécessaire, la fédération n’étant pas autorisée par la loi à exercer une activité commerciale. Pour cette première année test, les propositions ont été adressées à l’ensemble des établissements du département. Dix collèges et une école primaire ont finalement participé, en transmettant leurs listes de fournitures. Au total, 80 familles ont répondu favorablement.

Cabestany, 28 kits ont été commandés et distribués vendredi 23 août devant le collège Pau-Casals Une opération appréciée par les parents, à l’image de cette mère de six enfants venue récupérer les fournitures de ses deux collégiens. Sébastien Braco, conseiller municipal aux Affaires scolaires et périscolaires, s’est chargé de la distribution des colis aux parents d’élèves. « Les colis vont être distribués également dans chaque établissement participant », explique-t-il.

La FCPE entend désormais pérenniser et améliorer le dispositif. « Il nous faut trouver un fournisseur local », indique Rémy Landri, qui souhaite également multiplier les périodes de distribution et réduire les coûts de transport. « Pour les écoles primaires, l’objectif sera notamment d’anticiper davantage, afin que les parents disposent des fournitures des le début du mois de juillet ».

Car l’enjeu dépasse le seul contenu des cartables. Dans un département où de nombreuses familles rencontrent des difficultés financières, l’allocation de rentrée scolaire ne suffit pas toujours à couvrir l’ensemble des dépenses: vêtements, cantine, transport ou encore activités sportives s ajoutent à la facture. Avec cette première expérience, la FCPE 66 entend transformer une demande récente des parents en un dispositif durable, solidaire et accessible au plus grand nombre.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

Classes surchargées : le syndicat FSU-SNUipp pointe plusieurs points chauds (L’Indep)

Alors qu’environ 40 000 écoliers vont effectuer leur rentrée en pays catalan ce matin, le syndicat SNUipp-FSU, majoritaire chez les professeurs des écoles, recensait déjà ce lundi plusieurs établissements prévoyant des classes à plus de 27 élèves. L’organisation réclame une réunion officielle avec l’inspectrice d’académie afin de faire le point sur la problématique.

Pour le syndicat d’enseignants du primaire FSU-SNUipp, le recensement des écoles prévoyant des classes surchargées reste la priorité à la veille de la rentrée. Ce lundi 31 août 2026, en milieu de journée, alors que les enseignants venaient d’effectuer leur prérentrée le matin même, l’organisation dénombrait déjà cinq établissements en tension dans le département.

« Nous avons notamment des classes à 28 ou 29 élèves à l’élémentaire du Boulou et à la maternelle de Trouillas », détaille l’une des co-secrétaires du SNUipp, Audrey Corrège. Le syndicat note également des effectifs par classe jugés trop élevés dans les élémentaires de Villelongue-de-la-Salanque, Saint-Génis-des-Fontaines et Argelès-sur-Mer (Molière).

Des ouvertures réclamées

L’organisation, qui garde elle aussi en travers de la gorge les treize suppressions de postes actées pour cette rentrée en pays catalan, compte réclamer des ouvertures de sections dans toutes ces écoles. Et dans toutes les autres qui pourraient se signaler une fois les constats de rentrée effectués.

Cependant, selon l’un des autres responsables du SNUipp dans les Pyrénées-Orientales, Frédéric Traby, la situation se présente mal : « La directrice académique ne souhaite pas fermer de classes à la rentrée, ce qui est une bonne chose. Sauf qu’elle a utilisé au printemps dernier tous les postes qui lui restaient. Elle ne peut donc pas non plus en ouvrir. »

Les « moyens provisoires » que l’Inspection envisageait en avril de déployer pour créer de nouvelles classes dans les écoles qui se retrouveraient en tension à la rentrée ? « Il peut s’agir de remplaçants qu’on bloque sur une école, ce qui réduit la capacité de remplacement », avertit Frédéric Traby. « Or, nous savons qu’il n’y a pas assez de remplaçants dans le département », complète le troisième co-secrétaire départemental du SNUipp, Jean-François Noguès. « Nous savons surtout que nous n’avons pas assez de professeurs titulaires, puisqu on embauche chaque année des contractuels grâce à un budget spécifique attribué par le rectorat. Nous en avions 50 l’an dernier: Nous sommes un département déficitaire en termes de titulaires. »

Dans ce contexte, le syndicat réclame l’organisation rapide d’une réunion officielle (un comité social d’administration) avec la directrice des services départementaux de l’Éducation nationale. Afin de pouvoir faire remonter les besoins des écoles et évoquer ces problématiques.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

« Certains élèves notifiés n’ont aucune heure d’accompagnement »

Dans les Pyrénées-Orientales comme ailleurs, l’inclusion des enfants en situation de handicap ne se déroule pas tout à fait comme promis. « Les préconisations de la Maison départementale des personnes handicapées ne sont pas respectées. C’est scandaleux », s’énerve Jean-François Noguès. « On sait que dans certains établissements, il y a des élèves notifiés qui n’ont aucune heure d’accompagnement », précise Audrey Corrège. « Il n’y a pas assez d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Du coup, on saupoudre et on se retrouve au bout du bout avec des élèves qui n’ont pas de suivi. »

Pire : le SNUipp rappelle que chaque année, des enfants orientes vers des structures d’accueil spécialisées se retrouvent scolarises en classes ordinaires faute de place. « Il y en avait 440 l’an dernier dans le département et il y a fort à parier que ce sera a nouveau le cas cette rentrée », craint Jean-François Noguès. « Cela pose problème pour les enfants, qui n’ont pas accès à une structure adaptée, mais aussi pour les enseignants, qui se retrouvent en difficulté. »

« Il n’y aura pas d’écoles à plus de 28 ou 29 élèves par classe sans solution »

À la veille de la rentrée des classes 2026, qui se déroulera ce mardi 1er septembre, la directrice académique des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, dévoile son état d’esprit.

Envisagez-vous d’ouvrir des classes après la rentrée dans les écoles où des effectifs particulièrement élevés seraient constatés ?

Anne-Laure Arino : Nous ne laisserons pas des écoles à plus de 28 ou 29 élèves par classe sans solution. Nous y ouvrirons des classes avec des moyens provisoires dès les prochains jours. Pour y parvenir, nous prendrons dans un premier temps sur les brigades de remplaçants. Nous n’avons pas trop de besoins de remplacement en début d’année. Puis, dans un second temps, je verrai avec les autorisations de recrutement de contractuels octroyées par le rectorat en fonction des besoins. Tout sera étudié de près. Il faut que la rentrée se fasse dans la sérénité.

Comptez-vous organiser un comité social d’administration pour concerter les syndicats en amont de ces ouvertures ?

Anne-Laure Arino : L’idée n’est pas de faire un comité social d’administration, puisque je ne souhaite pas effectuer de fermetures à la rentrée. Ce serait trop dur pour les élèves et les enseignants. Mais j’ouvrirai en fonction des besoins exprimes par les directeurs d’établissement et les représentants syndicaux.

Plusieurs organisations d’enseignants craignent qu’il n’y ait pas suffisamment d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) pour répondre à tous les besoins. Qu’en pensez-vous ?

Anne-Laure Arino : À ce stade, il est très difficile d’estimer le nombre d’AESH nécessaire. Il y a encore eu pendant l’été des notifications délivrées par la Maison départementale des personnes handicapées (qui décide du suivi dont doit bénéficier chaque élève concerné, NDLR). Je n’ai pas d’alerte pour l’instant. Mais il est possible que j’en aie dans les semaines qui viennent. J’invite toutes les familles qui n’auraient pas de solution à appeler le service de l’école inclusive de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN).

Propos recueillis par Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

Conseil national du PCF du 21 août 2026

Le Conseil national du 21 août a élu le nouveau Comité exécutif national(*). Il l’a fait à l’orée d’une rentrée politique et sociale décisive. Face à l’austérité, à la vie chère, aux services publics affaiblis et aux conséquences du dérèglement climatique, les communistes seront pleinement engagé·es dans les mobilisations de septembre.

Du 3 au 6 septembre, chaque adhérente et chaque adhérent est appelé·e à voter pour le choix de la candidature communiste à l’élection présidentielle. Puis la Fête de l’Humanité permettra de donner une première grande impulsion populaire à notre campagne.

La nouvelle direction nationale a désormais une responsabilité claire : mettre en œuvre les décisions du 40ᵉ Congrès. Chaque membre du CEN disposera d’une responsabilité identifiée, d’une feuille de route et d’échéances précises ; chaque membre du Conseil national sera associé à un collectif de travail.

Campagnes sénatoriales, présidentielle et législatives, luttes et renforcement du parti : nous voulons une direction utile, réactive et ancrée dans les réalités de notre pays.

(*) 108 Pour | 13 Contre | 10 Abstention.

« Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence » (L’Indep)

En amont de la rentrée, Rémy Landri, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66), évoque quelques-unes des thématiques sur lesquelles il compte être particulièrement vigilant en ce début d’année scolaire. Entretien.

Quel regard portez-vous sur les suppressions de postes actées pour la rentrée ?

Rémy Landri : À la rentrée dernière, les Pyrénées-Orientales recensaient 42 000 élèves en primaire, dont 10 % dans le privé, et 40 000 en collèges et lycées, dont 16 % dans le privé. Selon les prévisions, nous devrions avoir autour d’un millier d’élèves en moins dans les écoles. Mais en parallèle, nous avons toujours des classes surchargées.
L’inspection s’était engagée avant les vacances à être attentive aux écoles où le nombre d’élèves par classe était limite(*). Nous pensons qu’un nouvel ajustement sera nécessaire à la rentrée.
Nous avons l’impression que l’équation comptable du rectorat entérine plus de suppressions de moyens que ce que pourrait justifier la baisse démographique. Par ailleurs, les Pyrénées-Orientales présentent un taux de pauvreté énorme, d’environ 20 %, contre autour de 15 % au niveau national. Compte tenu de ces difficultés, le département devrait être favorisé. Il faudrait profiter de la baisse démographique pour mettre en place un meilleur encadrement.

Quels sont les autres sujets sur lesquels vous comptez être particulièrement vigilant en cette rentrée ?

Rémy Landri : L’une des autres problématiques qui se pose chaque année est celle du remplacement des enseignants absents. Les brigades de remplaçants sont insuffisantes. Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence. La problématique de l’accompagnement des élèves en situation de handicap est également récurrente. Nous avons toujours des élèves notifiés par la Maison départementale des personnes handicapées qui ne bénéficient pas de l’accompagnement prescrit.

Que préconisez-vous pour lutter contre le décrochage scolaire ?

Rémy Landri : On voit bien que le collège unique est à bout de souffle. Il faudrait davantage de filières pour permettre aux élèves de trouver une orientation qui leur convient. On a de plus en plus d’élèves décrocheurs. Le collège unique ne doit plus être considéré comme un totem. On doit avoir une vision qui s’adapte à tous les enfants. Quand un élève n’est pas bien en sixième, on ne peut pas attendre la troisième pour lui proposer autre chose.

Recueilli par Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

(*) En avril dernier, l’inspectrice d’académie avait annoncé que si des effectifs à 29-30 élèves par classe étaient constatés à la rentrée, elle ouvrirait de nouvelles sections avec des moyens provisoires dans les écoles concernées.

Inquiétudes à l’approche d’une rentrée « fragilisée par les incertitudes (L’Indep)

À la veille de la rentrée scolaire, qui se déroulera ce mardi 1er septembre 2026, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) fait le point sur les conditions dans lesquelles se profile le retour des élèves en classe dans les Pyrénées-Orientales. L’organisation évoque « une rentrée portée par les personnels et encore fragilisée par les incertitudes ».

« L’engagement des personnels ne peut pas systématiquement compenser les insuffisances de l’institution. » Ce mercredi 26 août, lors du point de rentrée du syndicat d’enseignants de l’Unsa, la secrétaire départementale de l’organisation, Héloïse Hiroux, a donné le ton d’emblée.

Premier grief évoqué : la suppression de treize postes de professeurs des écoles que le rectorat a actée pour cette rentrée en pays catalan sur fond de baisse démographique (850 élèves de moins annoncés en primaire). « On estime que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte aux fermetures mécaniques et comptables, mais l’occasion de faire diminuer les effectifs par classe », martèle la référente carte scolaire du syndicat, Éloïse Chenus. « Cela permettrait d’améliorer à la fois les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. »

Point positif, comme lors des années précédentes, l’Inspection s’est engagée à ne pas effectuer de fermetures de classes de dernière minute au lendemain de la rentrée. Mais, selon l’Unsa, aucune ouverture de classe n’est non plus prévue. En tout cas pas avec des moyens pérennes. Or, des besoins se font sentir dans certaines écoles. Comme la maternelle de Claira qui présente « un effectif prévisionnel moyen de près de 28 élèves par classe ».

Quid des établissements en situation « aberrante » ?

Pour l’heure, l’incertitude demeure par ailleurs quant au déblocage effectif des moyens supplémentaires promis en février dernier aux établissements perpignanais dont le ministre de l’Éducation considère la situation comme « aberrante ». « En clair, il s’agit d’établissements qui accueillent des publics défavorisés, mais qui ne sont pas classés en réseaux d’éducation prioritaire. Et qui ne bénéficient donc pas des moyens qui accompagnent ce classement », résume Éloïse Chenus. À Perpignan, le collège Saint-Exupéry, ainsi que les écoles Hyacinthe-Rigaud, Anatole-France et Vertefeuille sont concernées. « Mais pour l’instant, les collègues de ces établissements ne voient rien venir », déplore la syndicaliste.

L’Unsa évoque également des outils numériques « détaillants » qui compliquent la tâche des directeurs d’école. « Les personnels restent quotidiennement confrontés à des applications lentes, instables et inadaptées », explique Héloïse Hiroux. Le syndicat pointe notamment du doigt des « dysfonctionnements » de l’outil numérique pour la direction d’école (Onde), qui sert notamment pour l’enregistrement des nouvelles inscriptions et la gestion des effectifs.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

Élèves en situation de handicap : y aura-t-il assez d’accompagnants?

Concernant l’inclusion des élèves en situation de handicap aussi, l’inquiétude est de rigueur. Y aura-t-il assez d’accompagnants (AESH) pour suivre comme il se doit l’ensemble des enfants à besoins particuliers? Telle est la question que pose le syndicat d’enseignants de l’Unsa alors que les « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » (Pial), qui répartissent les AESH entre les établissements d’un secteur donné, sont en train de se changer en « pôles d’appui à la scolarité » (Pas) aux territoires « plus vastes » Une réforme qui fait craindre « une perte de proximité » et une multiplication des trajets des AESH entre plusieurs écoles. « Les AESH ne doivent pas être une variable d’ajustement. D’autant que changer d’accompagnant souvent peut perturber les élèves », plaide Héloïse Hiroux. « Par ailleurs, nous savons déjà que sur un Pial de Perpignan, il manque 125 heures pour couvrir les besoins. »