Incendie dans les Pyrénées-Orientales : à Prades, la maire salue « la solidarité d’un territoire » face aux évacuations (ICI Roussillon)

Le feu dans les Pyrénées-Orientales n’est « pas fixé » mais « la surface de 4.900 hectares parcourus n’a pas progressé », indique le préfet du département ce mardi. 12.000 personnes ont été évacuées, certaines dirigées vers la commune de Prades. Sa maire, Aude Vivès, est l’invitée d’ICI Roussillon.

ICI Roussillon : Comment s’est passé cet accueil ? Comment est ce qu’il s’est organisé ?

Aude Vivès : Plutôt bien, dans la sérénité et surtout dans l’organisation et le pragmatisme. On a ouvert un certain nombre de salles sur réquisition après avoir complété les Halles du sport, le complexe sportif, le dojo. Donc progressivement, on a organisé, au fur et à mesure, l’accueil en fonction de l’arrivée des évacués.

ICI Roussillon : Combien de personnes est-ce que vous accueillez sur votre commune de Prades ?

Aude Vivès : Environ 600. Vinça est quand même une grosse commune. L’EHPAD a été logé dans l’internat du lycée. Ce sont des adaptations, des ventilateurs et qu’il faut déplacer, des couvertures qu’il faut trouver, des matelas, des picots, mais nos agents, nos élus, les volontaires bénévoles dans l’après-midi qui se sont à signaler, ont mis en ordre tout ce qu’il fallait pour que l’accueil se fasse au mieux.

ICI Roussillon : Vous parlez de l’EHPAD. C’est toujours difficile de déplacer ces personnes fragiles, vulnérables. Comment avez-vous fait ?

Aude Vivès : On l’a fait avec douceur, avec précaution, dans l’écoute, dans l’accompagnement. On a mis en place tout ce qu’il fallait. On a ouvert une salle climatisée pour les personnes vulnérables, pour les mettre dans les conditions les plus optimales pour passer ce moment un peu délicat. C’est une spécificité du Conflent et de Prades et je crois qu’on tient notre rang à ce titre.

ICI Roussillon : Il était question aussi d’en accueillir à la clinique de Prades. Est ce que ça s’est fait finalement ?

Aude Vivès : Tout à fait bien. L’hôpital, l’EHPAD, la clinique sont sont tous au maximum de leur accueil. Tout a été mis en œuvre pour que tous les habitants qui doivent subir ce déplacement, soient accueillis dans les conditions les plus confortables possible. Après, il y a eu aussi des communes qui se sont mobilisées et c’est aussi la solidarité d’un territoire. La coordination se fait avec les maires, les élus, les agents locaux et c’est cette solidarité là que que je retiendrai à tout niveau envers la population, envers les soldats du feu. Je crois qu’on montre ici une très belle image de notre département.

ICI Roussillon : On a entendu tout à l’heure sur notre antenne Patrice, de Rigarda, qui dort sur le parking du Super U de Prades, avec sa famille, avec ses animaux de compagnie. Il dit que finalement ça a été mal indiqué, que les personnes évacuées ne savaient pas où aller. Est ce que c’est aussi une réalité ça ?

Aude Vivès : Alors effectivement, au départ il y a eu un peu de confusion. L’indication du lieu d’évacuation n’a pas été n’a pas été donnée par les services de la préfecture. Donc on a eu besoin de mettre à l’entrée de Prades des policiers municipaux et des agents pour rabattre les personnes sur la halle des sports. Donc, ça fait partie malheureusement des erreurs qu’il a pu y avoir. Mais bon, on mettra tout en œuvre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise. Et ces personnes sont tout à fait les bienvenues dans les différents lieux d’accueil. On a ouvert la piscine intercommunale pour qu’ils puissent aussi, dans ces journées de canicule, se rafraîchir et trouver des îlots de fraîcheur un peu partout dans la ville. Et l’accueil se fait pour les personnes comme pour les animaux. On a des chiens, des chats, des poules, des lapins, tout ce qui fait aussi le quotidien de notre territoire.
Donc s’il n’a pas été redirigé, qu’il n’hésite pas à se rediriger, il y aura tout pour l’accueillir. Là ce matin c’est petit déjeuner, ce midi déjeuner dans le restaurant intercommunal qui est mis à disposition et réquisitionné pour l’accueillir et le restaurer dans les meilleures conditions et avec des produits de qualité de nos producteurs locaux.

ICI Roussillon : Et justement, l’approvisionnement de toutes ces personnes évacuées de ces centres d’accueil. Ça a pu être une question , vous étiez pris entre le Tour de France d’un côté, le feu de l’autre côté. Est-ce que tout ça a été résolu ?

Aude Vivès : Alors du côté de la RD 66 vers Perpignan, nous n’avons pas d’approvisionnement. Les camions de notre supermarché principal ne peuvent pas passer, ni même la citerne d’essence parce les sapeurs pompiers sont prioritaires, évidemment, les professionnels de santé. Alors, c’est vrai qu’hier on était bloqués par l’arrivée du Tour de France, mais aujourd’hui, la solidarité va jouer et nous allons réquisitionner au fur et à mesure les supermarchés et obtenir peut être des approvisionnements. Puisque les routes rendent difficile la circulation des gros poids lourds sur les petites routes , puisqu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce type de circulation.

ICI Roussillon : Est ce que vous lancez aujourd’hui un appel aux dons, un appel aux bras ?

Aude Vivès : Cela a déjà été fait, on l’a fait hier et les jours précédents et je tenais à remercier d’ailleurs toute la population qui s’est mise à disposition tant pour les hébergements que pour les dons alimentaires, des produits d’hygiène, on a vraiment une chaîne de solidarité qui s’est mise en œuvre. Et encore une fois, si c’est vraiment très appréciable, je crois qu’on a vraiment à s’enorgueillir de cet accueil, de cette réaction à une situation dramatique qui n’est pas encore fixée, il faut le noter. Donc, la prudence est de mise, la vigilance est de mise, et j’appelle aussi les habitants à la plus grande responsabilité, à ne pas regagner leur habitation et à laisser les opérations de secours se dérouler dans les meilleures conditions et ne pas encombrer les routes ou créer de sur accident sur un incendie.

Flora Midy (ICI Roussillon, 7 juillet 2026)

L’actu de la CGT (n° du 7 juillet 2026)

Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
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Canicule et travail : toutes les ressources de la CGT
Les épisodes de fortes chaleurs ne sont plus exceptionnels. Ils transforment durablement les conditions de travail et font émerger de nouveaux risques pour la santé des salarié·es. Pour y faire face, la CGT met à votre disposition un dossier complet : droits, analyses, témoignages, outils syndicaux, FAQ et propositions pour agir dans les entreprises et construire des réponses durables.
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Fabien Roussel. « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle » (La Marseillaise)

Fabien Roussel, reconduit pour un troisième mandat à la tête du Parti communiste français, doit obtenir l’aval des militants, en septembre, pour être candidat à la présidentielle. Un combat dans lequel il veut faire reculer l’extrême droite.

La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?

Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.

La Marseillaise : C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?

Fabien Roussel : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.

La Marseillaise : Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?

Fabien Roussel : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.

La Marseillaise : Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?

Fabien Roussel : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.

La Marseillaise : À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?

Fabien Roussel : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.

La Marseillaise : Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?

Fabien Roussel : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.

La Marseillaise : Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…

Fabien Roussel : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.

La Marseillaise : Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?

Fabien Roussel : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.

La Marseillaise : Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?

Fabien Roussel : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 6 juillet 2026)

L’édito du webzine. 40e congrés du PCF. Un communisme de conquêtes

Les débats du 40e congrès du PCF, qui s’est tenu à Lille du 3 au 5 juillet ont rapidement basculé vers un enjeu majeur : la montée de l’extrême droite et la préparation des échéances de 2027.

La présidentielle est au cœur des discussions. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a lancé un appel sans détour : « À celles et ceux qui hésitent encore, à ceux qui tergiversent ou voudraient repousser la décision, je dis : il faut y aller maintenant. Chaque semaine qui passe doit servir à mener ce combat. Nous ne pouvons pas nous retrouver dans une impasse comme en 2017. »

La nécessité pour le PCF de présenter un candidat se dresse devant nous. « Nous sommes les seuls à avoir une telle cohérence dans notre programme. Assumons-le et allons le défendre devant les Français ! », a martelé Fabien Roussel, réaffirmant la volonté de « battre l’extrême droite et offrir une alternative crédible ». Pour y parvenir, il mise sur un travail de conviction auprès des abstentionnistes pour redonner de l’élan à la gauche.

Face aux appels à une primaire à gauche, le premier secrétaire du PCF est catégorique : « La primaire n’aura pas lieu. » Une position qui alimente les tensions entre ceux qui prônent l’union de toute la gauche pour contrer le « risque de souffle » d’une victoire du Rassemblement National, et ceux qui défendent la singularité communiste. Une gauche qui abandonne les questions du travail pour se contenter de discours moralisateurs, cela fait le lit à l’extrême droite.

Les congressiste ont tranché sur l’opportunité d’une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, en prévoyant un vote des militants le 6 septembre. Ils ont repoussé à une large majorité la « clause de revoyure » que certains voulaient imposer pour janvier 2027.

Préserver l’unité du Parti

Le premier secrétaire du PCF a insisté sur la nécessité de préserver l’unité du PCF. « Des orientations différentes se sont exprimées, avec plusieurs textes et des attentes qu’il faudra prendre en compte », a-t-il reconnu. Trois ans après le congrès de Marseille, marqué par la mobilisation contre la réforme des retraites, il se félicite que le parti n’ait pas lâché ce sujet, ni sur le terrain ni à l’Assemblée. « Contrairement à d’autres forces de gauche, nous plaçons au centre de nos préoccupations le travail, l’emploi et un salaire décent pour vivre dignement », a-t-il rappelé, citant les campagnes menées. Les 7 800 nouvelles adhésions enregistrées sont un bon point de départ pour le renforcement du PCF et le développement de son audience.

Les canicules successives ont remis à l’ordre du jour le « Plan climat empreinte 2050 » porté par Amar Bellal, il a été également question des timides avancées sur la protection de l’enfance où l’actualité montre que le compte n’y est pas. La relance de l’industrie française a été centrale dans les débats avec la nécessité de récupérer et de développer les outils de production. L’exemple de Mittal qui veut produire de l’acier hors d’Europe le montre. « Qu’il parte ! » Nous on veut récupérer et investir avec notre savoir-faire.

Sur la scène internationale, la défense d’une solution à deux États en Palestine a permis au PCF de devenir un « interlocuteur privilégié de l’OLP » dans un contexte complexe. Les cinq conteneurs d’aide humanitaire envoyés à Cuba ont été aussi évoqué. Un appel a été lancé pour renforcer la solidarité avec le peuple cubain. Les 27 délégations étrangères présentes au congrès montrent que l’internationalisme du PCF n’est pas un vain mot.

Les succès parlementaires ont également été salués avec les travaux de Fabien Gay sur les 211 milliards d’aides aux entreprises, ou encore la menace de censure de Stéphane Peu pour faire reculer le gouvernement sur la remise en cause du 1er Mai. Les victoires aux municipales ont été citées comme des signes encourageants, même si le parti reste conscient des défis à relever.

Dominique Gerbault

L’actu de la CGT (n° du 3 juillet 2026)

Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas une fatalité
Depuis plusieurs semaines, de nombreux rassemblements ont eu lieu suite au viol et au meurtre de Lyhanna. Dans ces rassemblements, sont dénoncés l’inaction publique et le manque de moyens et de cohérence dans la chaîne de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.
Samedi 4 juillet des mobilisations se tiendront partout en France, notamment une grande marche citoyenne à Paris.
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Actualités

Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ?
Comment les fortes chaleurs impactent-elles vos conditions de travail ? La CGT lance une enquête pour recueillir les témoignages des salarié·es et porter leurs revendications en matière de santé et de sécurité au travail.
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Canicule au travail : partout la CGT tire la sonnette d’alarme
Face à des épisodes de chaleur toujours plus fréquents, les organisations de la CGT se mobilisent dans les entreprises et les services publics pour faire respecter les droits des salarié·es et obtenir de nouvelles protections. Tour d’horizon des mobilisations en cours.
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Fortes chaleurs : quelle démarche syndicale ?
Les fortes chaleurs ne changent pas notre démarche syndicale : partir du travail réel, écouter les salarié·es, faire respecter leurs droits et construire des revendications. Retrouver ici les principaux leviers pour agir lors d’un épisode de canicule.
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Sophie Binet était l’invitée du 8.30 France info ce vendredi 3 juillet
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Canicule et travail : toutes les ressources de la CGT
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2026 : ces « années en 6 » qui racontent une histoire de luttes
Il y a des dates qui marquent des tournants. Non pas parce qu’elles appartiennent au passé, mais parce qu’elles continuent d’éclairer les combats d’aujourd’hui. Du congrès de Tours en 1896 aux luttes contre les lois dites travail 2016, plusieurs « années en 6 » jalonnent l’histoire sociale et syndicale. Elles dessinent une trajectoire faite de conquêtes, de rapports de force… et de remises en cause.
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Communiqué de presse

Gel des allocations chômage : une nouvelle atteinte au pouvoir d’achat des demandeurs d’emploi après plusieurs années d’inflation
Le Conseil d’administration de l’Unédic, réuni ce mardi 30 juin, n’a pas pu décider de la revalorisation des allocations chômage au 1er juillet 2026 : les organisations patronales (MEDEF, CPME et U2P) s’y sont opposées au motif de la situation financière du régime.
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Bandeau 54e congrès
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Boydeil Bel n’ira pas dans la rue toute la journée quoiqu’il arrive

Le RESF, La CIMADE, Le MRAP, LFII, L’ASTI, La LDH a mené une action et obtenu des soutiens de plus de 20 organisations. Les organisations ont été reçus à l’ACAL par madame Lacour, directrice adjointe de LHSS salariée et 3 membres du Conseil d’administration bénévoles.

Ils ont obtenu que pour attendre un hébergement en CHRS, Boydeil Bel soit installé dans un hébergement du 115, et, s’il n’y pas d’hébergement 24h/24, ils ont l’assurance (orale devant les 6 personnes présentes, il aurait mieux valu que cet engagement soit écrit…) que Boydeil Bel sera maintenu dans son logement LHSS ( Lits Halte Soins Santé) c’est-à-dire que Boydeil Bel ne sera pas logé au 115 tout court.

Il évitera donc les violences éventuelles, ne devra pas quitter les lieux à 7 ou 8h le matin, ne restera pas dans la rue toute la journée, pourra manger et se laver correctement… il ne devra pas subir le stress de l’incertitude du soir : sera-t-il repris au 115 ce soir dans un lit ou bien sur une chaise ou bien encore ne sera-t-il pas du tout pris ?

Boydeil Bel est rassuré et remercie chaleureusement tou.te.s celles et ceux qui l’ont soutenu. Les organisations s’associent bien sûr à ses remerciements. Cependant ils restent très vigilants parce que l’hébergement proposé pose problème… et dans ce cas la lutte reprendra… de plus belle et vous aurez cette fois l’occasion de le soutenir efficacement.

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 3 juillet 2026)

Canicule : sortir les inégalités de l’ombre
Question d’actualité au Gouvernement
La France vient de subir un deuxième épisode de canicule en l’espace d’un mois. Certains nous en prédisent un troisième pour les jours à venir.
Cet épisode a été un puissant révélateur de la crise du logement et des inégalités en matière du logement. Car non, assurément non, tout le monde (…)
—> Lire l’intervention de Ian Brossat

Refonder notre modèle agricole plutôt que réparer ses échecs
Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles
Voici le quatrième texte sur l’agriculture en moins de deux ans. Malgré cette accumulation de lois, nous avons toujours un train de retard pour répondre aux inquiétudes du monde paysan et de la société tout entière.
Nous vivons une catastrophe agricole majeure. La violence, l’intensité et la (…)
—> Lire l’intervention Gérard Lahellec

Crise du logement : le gouvernement y répond par la précipitation et le mépris du Parlement
Depuis huit ans, les gouvernements successifs n’ont rien fait pour lutter contre la crise du logement, inédite depuis la sortie de la seconde guerre mondiale.
—> Lire l’intervention

36 milliards pour la fuite en avant
CMP sur la loi de programmation militaire
Le contexte devrait tous nous inviter à la lucidité. Notre pays a traversé, en moins de deux mois, deux canicules à l’intensité et la précocité historiques.
Personnes âgées, travailleurs exposés, personnes fragiles ont été touchés. Ce n’est pourtant pas une surprise : les scientifiques nous (…)
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Outre-mer : changeons de paradigme
Commission d’enquête du groupe CRCE-K sur les inégalités systémiques en outre-mer
La commission d’enquête du Sénat sur les inégalités systémiques dans les outre-mer obtenue dans son droit de tirage par le groupe CRCE-K a adopté, le 30 juin 2026, le rapport présenté par la sénatrice de La Réunion Evelyne Corbière Naminzo (CRCE-K), sous la présidence de Viviane Malet (Les (…)
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Fast fashion : derrière les petits prix, les grands renoncements
Proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile
Le parcours très long de cette proposition de loi est certes dû à la nécessaire articulation avec le droit européen, mais aussi au souci de ménager certains intérêts – pas forcément parmi les plus vertueux. La version finale du texte est amoindrie par rapport à ses objectifs initiaux.
Cette (…)
—> Lire l’intervention de Marie-Claude Varaillas

Les autres interventions

Affaires sociales : Deux ans d’attente pour les victimes de l’amiante : pourquoi un tel retard ?
Santé et protection sociale – Question écrite au Gouvernement – par Michelle Gréaume – 3 juil. 2026

Les courriers officiels : Les conditions de réussite scolaire de tous les enfants doivent être réunies
Éducation et recherche – Projet de fermeture d’une classe à l’école primaire Chevance, située sur la commune d’Isles-lès-Villenoy en Seine-et-Marne – par Marianne Margaté – 2 juil. 2026

Présidentielle 2027 : « Si nous sommes candidats, nous devons aller jusqu’au bout », estime Fabien Roussel (L’Humanité)

C’est l’heure des choix décisifs pour le PCF. Les communistes ont rendez-vous à Lille (Nord), du 3 au 5 juillet, pour le 40e congrès national du Parti, où seront fixées les grandes orientations stratégiques et idéologiques pour les trois prochaines années. Le secrétaire national, Fabien Roussel, reçoit l’Humanité en amont du congrès, pour répondre aux questions brûlantes qui agitent la gauche et ont animé les débats dans les sections et les fédérations départementales du PCF.

La France a connu et va connaître de graves épisodes caniculaires. La planète brûle, le capitalisme la mène à l’abîme. Comment le PCF peut-il être à la hauteur de ce moment crucial ?

Il y a urgence à changer immédiatement de politique à court et long terme. Les communistes ont travaillé à un plan climat pour la France, qui fixe une trajectoire et un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Il apporte des réponses pour atténuer le réchauffement climatique, et pour s’adapter, et limiter les effets des grandes chaleurs l’été et des grands froids l’hiver. Nous sommes la seule force politique à avoir fait ce travail et je mets au défi d’autres forces de planifier aussi précisément les moyens à mettre en œuvre dans l’agriculture, les transports, le logement, l’industrie, les services publics.

Quels sont les grands axes de ce plan ?

C’est d’abord une réforme en profondeur de nos modes de production, de consommation et de déplacement. 50 % de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent des importations. Il faut s’attaquer à cela, avoir une production relocalisée, socialement et écologiquement utile. Cela suppose une nouvelle industrialisation, qui s’appuie sur le mix énergétique, le renouvelable et le nucléaire, dans le cadre d’un pôle public de l’énergie. Enfin, nous portons des mesures d’urgence : rénovation des logements et des bâtiments publics, achat de clims, installation de volets, baisse du prix de l’électricité et du train. Le gouvernement prétend que le pays n’en a pas les moyens. C’est faux.

On entend souvent la droite dire que la transition écologique se fera sur le dos des pauvres. Qui financera ce plan du PCF ?

Nous voulons sauver le climat et nous voulons les Jours heureux pour tout le monde. Notre plan propose de vivre mieux avec de meilleurs salaires, des véhicules automobiles électriques accessibles, des factures d’électricité beaucoup moins chères et des logements rénovés.

Ce sont tous ces leviers-là qu’il faut utiliser. Où trouver l’argent ? On touche là le cœur du système capitaliste. Il faut en finir avec les dividendes et le coût du capital. Nous voulons produire plus de richesses socialement et écologiquement utiles pour pouvoir les réorienter et répondre aux besoins. Lutter pour le climat, c’est un combat de classe.

Que suppose le concept de « socialisme aux couleurs de la France », que vous défendez dans le congrès du PCF ?

Quel nom donne-t-on à la société que nous voulons construire pour sortir du capitalisme ? Dans ce socialisme du XXIe siècle que nous voulons bâtir, la question de la paix est centrale, face à l’impérialisme. La production et l’appropriation publique et sociale des moyens de production sont aussi fondamentales, comme le pouvoir des salariés sur les choix de leur entreprise.

Enfin, nous mettons au cœur de notre projet de société le rôle des services publics et l’émancipation culturelle. Voilà pourquoi nous voulons revisiter ce concept de socialisme, pour le mettre aux couleurs de notre époque et d’une France qui manifeste son attachement à l’égalité.

Dans les enquêtes d’opinion, les Français plébiscitent les services publics mais pas la gauche qui les défend…

Plus nous serons de voix à défendre l’utilité de nos services publics, leur financement, le rôle essentiel qu’ils jouent, plus les Français seront convaincus que la gauche porte une alternative d’espoir et de changement. Notre originalité en tant que communistes, c’est que nous mettons aussi l’accent sur la création de nouveaux services publics. On parle de l’énergie, des transports qui sont en train d’être démantelés, du logement, de la petite enfance, du médicament…

La question du consentement à l’impôt, très abîmé par dix ans de discours macronistes anti-fiscalité, est-elle un chantier que le PCF compte investir ?

Bien sûr. Mais avant de parler d’impôts, parlons salaires. Le salaire implique le pouvoir de vivre dignement et aussi le financement de la protection sociale avec le salaire brut et les cotisations. Je préfère qu’il y ait beaucoup plus de Français qui payent des impôts parce qu’ils ont un bon salaire. Ensuite nous appelons à davantage de tranches d’imposition pour un impôt plus juste. Que les classes moyennes paient moins et que les riches payent plus.

La gauche peut-elle gagner en 2027 ?

Je veux contribuer à ce que la gauche soit suffisamment forte pour l’emporter. La vraie question est celle du rapport de force entre la gauche, la droite et l’extrême droite. L’enjeu est d’aller conquérir ou reconquérir l’électorat qui nous manque aujourd’hui pour pouvoir l’emporter : les déçus, la France qui bosse ou est privée d’emploi. Et qu’on arrive à regagner pour la gauche celui ou celle qui a pu voter pour d’autres forces politiques, parfois à l’extrême droite. C’est ça qui m’obsède continuellement.

À court terme, quel électorat le PCF priorise-t-il ?

Majoritairement, ce sont aujourd’hui les abstentionnistes qui manquent à la gauche, pour qu’elle passe de 30 à 50 %. Nous n’allons pas nous battre contre les autres forces de la gauche pour aller chercher ses électeurs. Notre priorité, c’est le monde du travail, les salariés.

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C’est pour cela que je veux autant parler de progrès social, de salaire et de paix car la guerre pénalise les travailleurs. Ensuite, il faut que nous soyons beaucoup plus percutants pour défendre une République féministe, le principe d’égalité, combattre le racisme, l’antisémitisme, protéger la jeunesse.

Jordan Bardella assume une ligne pro-patronat. Est-ce une aubaine pour convaincre les électeurs du RN qui, jusqu’ici, croyaient au vernis social de l’extrême droite ?

Dans beaucoup de villes où le RN avait fait 50 % aux élections législatives de 2024, il a fortement baissé aux municipales. Nous l’avons vécu à Saint-Amand-les-Eaux. Vincent Bouget a réussi à le faire reculer à Nîmes. On sait faire, on a des expériences concrètes. Je fais totalement la différence entre le militant du RN et son électeur. L’électorat est de plus en plus volatil. Beaucoup sont perdus, y compris dans le monde du travail et ouvrier. Il faut aller leur parler. Montrer l’arnaque sociale du RN fera partie de la campagne. Mais plutôt que de parler du RN, je préfère que l’on consacre notre énergie à parler de notre projet et à convaincre.

Comment le PCF compte-t-il lutter contre le racisme qui nourrit le vote RN ?

Partout sont fabriqués des ennemis, des boucs émissaires pour diviser les peuples. Les citoyennes et citoyens de religion ou de culture musulmane subissent des discours et des actes racistes intolérables, l’antisémitisme progresse également. Nous avons des propositions fortes pour une condamnation plus ferme des actes racistes. Il faut mettre à jour la loi Gayssot. Mais il faut aussi mettre le doigt là où ça fait mal par des sanctions, une peine d’inéligibilité et en même temps renforcer l’éducation à l’égalité.

Il y a, dans l’électorat de gauche, une forte aspiration à l’unité et une peur que la gauche rate à nouveau la marche du second tour. Ne craignez-vous pas que, dans un contexte de multiplication des candidats, une dynamique de vote utile profite à un seul au détriment des autres, dont celui du PCF ?

D’abord, je ne laisserai pas dire que, si la gauche est divisée, c’est de la faute des communistes. Entre LFI et le PS, ce sont des bordées d’insultes quotidiennes. Moi-même j’ai été insulté. On devrait pouvoir travailler chacun à son projet sans injures, c’est la condition du rassemblement. On peut toujours appeler à l’union, il n’y aura pas de candidature unique. C’est un fait. L’essentiel n’est pas là.

Pour gagner, la gauche doit être plus forte dans son projet et son adresse au monde du travail et c’est à cela que nous voulons travailler. Par ailleurs, j’aimerais bien qu’on vote pour ses idées à l’élection présidentielle. Entre la tactique du vote utile du premier tour et le vote barrage du second, quand est-ce qu’on choisit un candidat pour son programme ?

On en vient à la question de la structure même du scrutin présidentiel…

L’élection présidentielle doit être contestée. Le PCF la dénonce, depuis toujours. Le mode de scrutin est anachronique, dépassé, mortel pour la démocratie. Maintenant, nous ne pratiquons pas la chaise vide. Je préfère être présent dans la campagne pour porter une nouvelle République, de nouvelles institutions, que d’être absent et de déléguer à d’autres le soin de parler pour nous.

Le risque d’une victoire de l’extrême droite reste néanmoins réel…

Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention, priverait le débat public d’idées essentielles pour combattre l’extrême droite et gagner des avancées.

Cela ne créerait aucune dynamique. Ce qui m’inquiète, moi, c’est ceux qui pensent que l’union sans ambition pour le pays est la solution à tous les problèmes. Quand des gens m’interpellent sur l’union de la gauche, je leur demande ce qu’ils veulent. « Derrière Jean-Luc Mélenchon ? » On me répond : « Ah non, surtout pas lui ! » Et si je dis : « Glucksmann, alors ? », j’entends : « Ah non ! » Travaillons à renforcer la gauche et à la rendre majoritaire dans le pays.

Concernant le congrès, que retenez-vous du travail d’amendements accompli dans les sections et les fédérations départementales ?

Il y a eu plus de 5 000 amendements déposés. Je suis content que nous ne nous soyons pas focalisés sur la présidentielle, mais que nous ayons travaillé à la reconstruction d’une organisation communiste, à notre projet de société, la question du socialisme… Cela représente six mois de débats très riches. On va voter trois fois. Nous sommes une vraie force démocratique, par rapport à d’autres.

Parmi les amendements votés dans plusieurs fédérations et qui seront débattus au congrès, il y a l’option d’une clause de revoyure concernant la candidature à la présidentielle. Le PCF pourrait choisir de se retirer en cours de campagne, en fonction des dynamiques à gauche. Qu’en pensez-vous ?

Je respecte ceux qui proposent cela. Mais si les communistes décident que présenter un candidat est important pour mener la bataille politique et idéologique, alors nous devons aller jusqu’au bout, et sans tarder. On ne peut pas avoir la main qui tremble.

Ni avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En tout cas, pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne. Si un autre candidat au sein du PCF veut présenter sa candidature en disant qu’il est prêt à la retirer, il est libre de le faire.

Les débats en amont du congrès ont montré des inquiétudes sur la baisse des adhésions au PCF – 5 000 adhérents en moins depuis 2023, 12 000 en moins depuis 2018. Comment enrayer cette perte de militants ?

Si je regarde la courbe de pertes des adhérents, je constate qu’elle ralentit. J’ai fixé au dernier congrès l’objectif de réaliser 10 000 adhésions. Nous avons atteint cet objectif à 78 %, en enregistrant de nombreuses adhésions pendant le mouvement pour les retraites, la campagne sur les services publics et l’industrie et pendant la présidentielle 2022. Il y a aujourd’hui 15 fédérations qui ont progressé ou ont maintenu leur nombre d’adhérents.

Je préfère me concentrer sur ceux qui réussissent que de parler, comme d’autres me le proposent, de ce qui n’a pas marché. Oui, c’est un combat, mais c’est possible d’inverser la courbe, et je travaillerai avec ceux qui ont réussi à le faire, pour se fixer l’objectif dans trois ans de ne pas avoir perdu un adhérent.

Sur la question de l’implantation, l’un des objectifs fixés au dernier congrès était la création de cellules dans les entreprises. Quel bilan en tirez-vous ?

Il y a eu des créations de cellules qui n’auraient pas existé si nous n’avions pas fixé cet objectif mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Je le redis : nous ne sommes pas un super syndicat. Partout où les communistes s’organisent, c’est pour porter une alternative au capitalisme. Donc trois communistes dans une entreprise, c’est déjà une organisation.

C’est déjà trois communistes qui peuvent s’organiser, tracter et réfléchir sur l’outil de production. Pareil dans un village. Et c’est essentiel : la mise en mouvement des travailleurs et travailleuses autour d’objectifs élevés de transformation sociale est indispensable à de nouvelles conquêtes.

Aurélien Soucheyre et Cyprien Caddeo (L’Humanité, le 3 juillet 2026)

Igor Zamichiei. « L’élection présidentielle est un moment de lutte de classe » (La Marsellaise)

Coordinateur de l’exécutif national du PCF, Igor Zamichiei présente les perspectives du 40e congrès du PCF, face aux enjeux électoraux de l’année à venir.

La Marseillaise : Le 40e congrès du PCF s’ouvre ce vendredi à Lille. Avec quel état d’esprit l’abordez-vousj’ai relu et prolexisé, tu peux le prendre ?

Igor Zamichiei : C’est un congrès très important : dans la nouvelle étape de la crise du capitalisme, il ambitionne de redonner une perspective au pays et à la gauche. C’est le sens du texte que nous avons adopté, « Un communisme de conquête », qui vise à ouvrir un chemin politique pour la conquête de nouveaux pouvoirs par le monde du travail.

La Marseillaise : Parmi les concepts clés au cœur du débat, il y a l’idée de défendre un socialisme aux couleurs de la France. Pourquoi cette idée fait-elle son retour ?

Igor Zamichiei : On assume de reparler du socialisme, non comme une formule nostalgique, mais vraiment comme un processus de transformation sociale pour l’émancipation humaine, en prise avec les réalités du XXIe siècle. Le socialisme que l’on porte dans ce texte, c’est le pouvoir des travailleurs et des travailleuses sur l’économie, sur le travail, sur l’argent et sur l’avenir du pays, pour la réponse aux besoins, à l’écologie, à la nécessité de la paix. Pour cela, nous mettons en avant plusieurs piliers : la planification démocratique, l’appropriation sociale et publique des moyens de production, l’émancipation culturelle.

La Marseillaise : Les militants ont fait le choix de la base commune qui défend la légitimité d’une candidature communiste. Pourquoi choisir ce chemin ?

Igor Zamichiei : Nous abordons 2027 avec beaucoup de gravité. Pour battre l’extrême droite, renforcer la gauche et gagner des avancées pour la classe travailleuse. Ces élections, présidentielle et législatives, ne sont pas une parenthèse institutionnelle, c’est un moment de lutte de classe. C’est une des raisons de la candidature communiste. Nous voulons mettre à disposition du pays une candidature qui met au centre du débat les salaires, l’emploi, une nouvelle politique industrielle, sociale et écologique, la paix. Et une candidature qui serve aussi à préparer les législatives parce que l’enjeu c’est aussi de faire élire le plus grand nombre possible de députés de gauche, et parmi eux de députés communistes, qui seront utiles pour le monde du travail.

La Marseillaise : Certains s’inquiètent d’une division de la gauche face à l’extrême droite…

Igor Zamichiei : Notre réponse à l’extrême droite, c’est de reconstruire l’unité du monde du travail. Il faut unir celles et ceux que l’on cherche à diviser, sinon nous ne renforcerons pas la gauche qui aujourd’hui plafonne à 30% des intentions de vote. C’est tout le sens de la candidature communiste, on fera reculer l’extrême droite en répondant à la colère qui s’exprime dans le pays.

La Marseillaise : Fabien Roussel avait dénoncé les ingérences de la France insoumise dans le débat des communistes. Le message a été entendu ?

Igor Zamichiei : Notre boussole est simple : rassemblement, oui, effacement, non. Et le rassemblement doit toujours partir du réel, pas de discussions de sommet. Malheureusement, on constate que LFI a joué la division aux municipales et ne conçoit le rassemblement pour la présidentielle que derrière Jean-Luc Mélenchon. Nous continuerons à tendre la main à toutes et tous pour combattre l’extrême droite et pour gagner des avancées.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 3 juillet 2026)