Le billet d’Yvon Huet. Quand la canicule excite les cellules grises…

On aura compris que ce qui intéresse les cadors de la finance c’est avant tout le profit maximal dans un minimum de temps, sorte de gloutonnerie dont les bénéfices des compagnies pétrolières sont un des exemples, mais aussi de la masse honteuse de profitabilité liée à l’exploitation de la coupe du monde de football… et j’en passe… Autant dire qu’ils tournent le dos à un avenir possible de l’humanité.

Les incendies qui ravagent la planète autant que les catastrophes naturelles liées aux mouvements capricieux de la croûte terrestre démontrent que la priorité de l’humanité devrait être le retour à la paix par des négociations raisonnables autant qu’une mutation des priorités dont les budgets ubuesques militaires sont la règle. Les moyens existent et les technologies le permettent. C’est une question de volonté politique.

Cette double priorité conditionne aussi le retour à une relèvement des priorités sociales. L’écologie, avec des riches qui s’éclatent d’un côté et des pauvres qui rament de l’autre, ça n’existe que pour les bonnes consciences qui ne voient le monde qu’au travers de leur jardin bio, de leur piscine d’eau de mer et de leur bolide électrique dernier cri…

Autant dire que sur ce sujet la Chine est certainement, en tant que grande communauté citoyenne, le pays qui va le plus dans le bon sens sur ce sujet même si on n’est pas obligé d’accepter le raisonnement et le mode de vie de ce pays, avec toute latitude pour critiquer ce qui ne plait pas dans sa gouvernance.

Le harcèlement, venu des USA et d’Europe essentiellement, dont la Chine fait l’objet, a pour but d’essayer de l’isoler et de flatter le nationalisme qui démange toute société qui se sent assiégée… Je suis de ceux qui soutiennent une Chine ouverte sur le monde sans pour autant être « prochinois » comme le furent hier ceux qui comme Jean-Paul Sartre soutenaient la révolution culturelle de Mao qui a fait des millions de morts, notamment parmi ceux qui avaient initié la révolution chinoise de 1949…

Pour avoir voyagé plus jeune dans des mondes bien différents que la communauté européenne (c’était en Inde), j’ai appris la modestie intellectuelle face à cette manie de colonisation des esprits dits « occidentaux » qui, aujourd’hui, apparaît comme particulièrement ringarde, à la limite du ridicule…

Pour en rajouter une couche, lorsque les instrumentistes européens seront capables d’interpréter les musiques orientales (chinoises, indiennes et autres) aussi bien que les instrumentistes de ces pays interprètent nos génie de la création musicale, le monde sera rééquilibré de belle façon… Je suis trop vieux pour le voir, mais j’en rêve, à la façon de notre grand interprète Daniel Barenboim, citoyen du monde, juif et palestinien d’un même cœur.

Yvon Huet

« 46 millions d’euros d’argent public mobilisés », le Parti communiste ouvre le débat autour du Club Med (L’Indép)

Alors que l’ensemble des décideurs locaux se sont positionnés en faveur du projet d’implantation du Club Med au Barcarès, des voix discordantes commencent à se faire entendre dans le département.
Hostile à la mobilisation d’argent public annoncée dans le cadre du programme, le Parti communiste appelle notamment à l’ouverture d’un débat public sur le sujet.

Une amplification de la dynamique touristique et près de 1 000 emplois directs ou indirects annoncés pour un investissement d’au moins 160 millions d’euros… L’ensemble des décideurs locaux semblent enthousiastes quant au projet d’implantation du Club Med au Barcarès. Le 22 juillet dernier, la Région, le Département, la communauté urbaine de Perpignan et la Banque des territoires faisaient partie des signataires du protocole d’intention conclu avec l’entreprise.

Cependant, certaines formations politiques sont plus circonspectes quant à l’arrivée de la multinationale, propriété du conglomérat chinois Fosun. C’est notamment le cas de la fédération départementale du Parti communiste, qui appelle de ses vœux un débat public sur le projet. « Nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un grand groupe s’installe chez nous pourvu qu’il respecte les règles concernant la ressource en eau, l’environnement et le Code du travail », souligne le porte-parole de la fédération, Michel Coronas. « Par contre, nous nous interrogeons sur le fait que l’argent public finance plus du quart de l’opération (46 millions d’euros sur 160 à 180 millions), alors que le Club Med est capable de la réaliser avec ses propres moyens. Pour nous, cela illustre la manière dont les financements publics sont captés par le privé. »

Agissons et Oui au pays catalan également critiques

Le millier d’emplois (450 directs et 500 indirects) annoncé ? « 46 000 euros par emploi, c’est quand même cher payé », estime Michel Coronas Le ruissellement économique et touristique envisagé ? « Cet établissement serait un resort. Or, le concept du ressort est de faire en sorte que les gens restent à l’intérieur pour dépenser leur argent », réplique le porte-parole.

Le mouvement citoyen Agissons invite lui aussi à « une autre lecture » du projet. Au-delà de l’argent public mobilisé, le mouvement juge qu’il s’inscrit « dans un modèle (celui du tourisme saisonnier, NDLR) qui depuis plus de quarante ans, n’a jamais permis de réduire durablement un chômage structurellement supérieur à 10 % ».

Le parti Oui au pays catalan considère également que « derrière les effets d’annonce se cache un modèle d’un autre temps ». Selon lui : « Les 450 emplois annoncés ne doivent pas faire illusion. Beaucoup seront saisonniers ou précaires. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 juillet 2026)

Marquixanes/ Retour : sur l’hommage solennel à Roger Roquefort, héros de la Résistance (Ouillade)

Une cinquantaine de personnes se sont réunies samedi 25 juillet à Marquixanes pour rendre hommage à Roger Roquefort. Élus, porte-drapeaux, représentants du monde combattant, familles et habitants ont perpétué le devoir de mémoire en souvenir de ce résistant qui donna sa vie pour la liberté et la démocratie

Comme chaque dernier samedi de juillet, la commune de Marquixanes a rendu hommage à Roger Roquefort lors d’une cérémonie organisée devant la stèle de la RD 116, avant de se poursuivre dans le jardin de l’ancienne gare, lieu emblématique de cette page d’histoire locale.

Autour des élus s’étaient rassemblés les porte-drapeaux, les représentants du monde combattant, des familles ainsi qu’une nombreuse assistance venue témoigner de son attachement au devoir de mémoire. Les gerbes ont été déposées par Valérie Pauco, maire de Marquixanes, Joseph Olive, maire de Millas, Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains et représentant de la Communauté de communes Conflent Canigó, ainsi que Jean-Pierre Castillo, président de l’ANACR Conflent-Cerdagne . Une minute de silence a ensuite été observée dans un profond recueillement.

Les allocutions officielles se sont déroulées sur la terrasse de l’ancienne gare. Au nom des élus, Joseph Olive est revenu sur les événements tragiques du 27 juillet 1944, rappelant les circonstances qui conduisirent à l’arrestation puis à l’exécution de Roger Roquefort. Il a salué le courage et l’engagement d’un homme qui choisit de résister jusqu’au sacrifice suprême pour défendre les valeurs de liberté.

Dans un discours particulièrement documenté, Jean-Pierre Castillo a retracé le parcours de Roger Roquefort et rappelé les valeurs fondamentales qui guidaient son combat : la liberté, la solidarité, la justice et la démocratie. Il a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage, rappelant que ces principes demeurent aujourd’hui d’une grande fragilité et doivent continuer à être défendus.

En clôture de la cérémonie, Valérie Pauco a remercié l’ensemble des personnalités présentes, les porte-drapeaux, les participants et le public pour leur fidèle présence à ce rendez-vous du souvenir.

Elle a également présenté un projet porté par l’association Les Chemins oubliés du Conflent, visant à installer sur le site de l’ancienne gare un panneau d’information équipé d’un QR code. Ce dispositif permettra aux visiteurs d’accéder à un contenu historique retraçant le parcours de Roger Roquefort et les événements du 27 juillet 1944, afin de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

La commémoration s’est poursuivie de 18 heures à 19 heures par un défilé depuis la mairie de Millas jusqu’au cimetière communal, où un dernier hommage a été rendu à Roger Roquefort, dont le sacrifice demeure un symbole fort de l’engagement des résistants pour la liberté, la paix et la démocratie.

À travers cette cérémonie annuelle, Marquixanes et Millas réaffirment leur attachement au devoir de mémoire. Plus de huit décennies après les faits, le souvenir de Roger Roquefort demeure intact et rappelle que la liberté et la démocratie restent des valeurs précieuses qu’il appartient à chacun de préserver.

Serge Fabre (Ouillade, le 29 juillet 2026)

L’édito du Travailleur Catalan par Évelyne Bordet. La macronie brûle… et gouverne au chalumeau

Au cœur de l’été, alors que les Français suffoquent et que six mille personnes ont perdu la vie ce dernier mois pour cause de canicule, alors que des incendies devenus incontrôlables ravagent le pays et font des « réfugiés climatiques » dans nos départements, alors que des pompiers meurent au combat, que fait le Pouvoir ? Avec une constance presque clinique, il empile les décisions toxiques : réhabiliter les pesticides, préparer la privatisation de l’eau, puis recycler l’idée glaçante d’un « permis de tuer » pour les policiers. La brutalité comme méthode…

Même logique, même mépris : assassiner la culture, installer un défenseur des droits visiblement fâché avec les droits humains, laisser exploser les prix de la nourriture, de l’électricité et du gaz, pendant qu’à la pompe les automobilistes continuent de verser leur tribut aux groupes pétroliers.

Le tout, naturellement, avec la bénédiction du RN. À ce niveau-là, ce n’est plus une dérive : c’est une répétition générale. S’il fallait préparer son arrivée au pouvoir, la macronie ne s’y prendrait pas autrement… D’ailleurs, on apprend que Matignon négocie avec les banques françaises pour qu’elles acceptent de financer la campagne de Marine Le Pen, condamnée pour avoir pillé les deniers publics pendant plus de dix ans. Le Premier ministre étant disposé à ce que ce prêt soit partiellement garanti par l’État (Le Monde). C’est un cauchemar…

Alors, dans ce contexte mortifère pour la démocratie, quelles perspectives ?

Quand le feu sera enfin maîtrisé, quels enseignements en tirerons-nous ? « Qui aurait pu prédire ? » demandait avec indécence le président de la République le 31 décembre 2022 après les incendies qui avaient déjà ravagé la Gironde. Depuis ? Rien….

Aujourd’hui, le président se mue en psychologue de la Nation et nous explique comment « gérer l’éco-anxiété ». De son côté, le ministre de l’Intérieur, reconnaissant lui-même le caractère totalement inédit de la situation, appelle à éviter toute « polémique ». Et les ministres de défiler dans les médias pour nous servir, avec les mêmes éléments de langage, la soupe macroniste devenue totalement indigeste !

Nous sommes pourtant en droit d’attendre autre chose que des consignes de résignation face à une catastrophe annoncée et d’autres à venir. Il ne s’agit plus seulement de supporter l’inévitable, mais d’exiger des décisions à la hauteur de l’urgence.

Serons-nous capables d’imposer à ce gouvernement de légiférer pour protéger nos vies et nos territoires ou le laisserons-nous présenter, comme il s’apprête à le faire, un budget placé sous le signe de l’austérité — sauf pour les armées ?

L’été de tous les dangers, c’est maintenant…

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4127 – vendredi 31 juillet 2026)

L’édito d’Evelyne Bordet. La Macronie… et gouverne au chalumeau
Annonces
Libérez Christophe Gleize

Focus

Avignon, le cri de cœur des artistes. « Ne soyez pas celui qui aura tout détruit… »
Événement. Loi d’urgence agricole
La démocratie en jachère… Une loi sous le fei des critiques
Exterminator au service de l’agro-business

Département

Conseil départemental 66. Après les incendies, une session extraordinaire
En Palestine
La Poste. Service public fortement dégradé

Dossier – La fin du Front populaire

Les premières lézardes
La Cagoule : une organisation secrète d’extrême droite
La « pause » et la chute des gouvernements
La question du réarmement
Renversement d’alliances
Politique internationale
Politique sociale

Sport

Dragons Catalans. Revanche acquise

Culture

Estagel. Jours de Théâtre, 18e édition
Où sortir ?
Alénya. La nature, l’œuvre et l’artiste
Thuir. Deux week-end autour de l’orgue
Festival Pablo Casals. Cali, Coco et Juliane : un trio original
« Un grand bonheur pour un joli projet »

France

France Travail. L’essor du contrôle algorithmique
Fête de l’Huma. Appel aux dons

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Ça brûle : que faire ?
L’actu vue par Delgé

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
→ Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Le billet d’Yvon Huet. Nouveau fascisme, définir le mal pour mieux le combattre

José Antonio Kast, président du Chili, s’attaque aux bourses étudiantes et met sur le tapis les étudiants les plus modestes du pays… Une de ces mesures phares de tous les régimes d’extrême droite qui commencent par étrangler les gens fragiles et précaires et laissent un boulevard de permission à ceux qui entrent dans le paradis de la spéculation… C’est ce que veut faire aussi la droite franquiste espagnole si elle reprend le pouvoir à Madrid. Partout le même refrain, sans pour autant, pour l’instant, aller plus loin dans la remise en cause des droits de la personne, sous réserve qu’elle reste dans son coin, dans le même état d’esprit qui régnait à l’époque de Franco en Espagne et Ben Ali en Tunisie…

Ce fascisme dit « mou » envahit tous les continents ou presque. Enfant naturel de la crise du capitalisme, il se range derrière l’exemple tonitruant des USA de Trump qui balaye en avant-poste et permet à la gouvernance terroriste d’Israel de continuer son génocide dans le silence médiatique des médias de la TNT vendus à l’extrême droite… Pour ne citer que cet exemple.

Dans la foulée, le CPI est mis hors-jeu, permettant ainsi, à terme, à n’importe quel aventurier de terroriser des peuples sans jamais avoir à en rendre compte. Le fait que la Russie emboite le pas à cause de la mise en fragilité de Poutine ne change rien à cette donnée et démontre encore une fois les limites grossières de sa politique nationaliste empreinte de nostalgie d’empire qui sert les intérêts de la finance internationale, ne serait-ce que par la compétition juteuse des productions d’armes qui envahissent la planète.

Je réaffirme que les campagnes actuelles menées contre l’extrême droite ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. C’est sur le terrain social et solidaire qu’il faut organiser la contre-offensive et non dans le déploiement argumentaire mental qui ne convainc que les convaincus d’avance, minoritaires dans le pays.

Ce n’est pas que l’affaire des communistes ou des autres à gauche. C’est une affaire citoyenne où nous devons savoir que ceux qui croient pouvoir s’en sortir avec le RN en France se trompent. S’adresser à eux au lieu de cliver fait avancer les choses. Jouer les matamores en martyr virtuel, cela ne sert à rien. En cela, je rejoins la campagne de Fabien Roussel qui a compris cela et a été insulté pour cela. C’est vraiment une question de fond qui mérite plus que des anathèmes inutiles à un moment où la France peut basculer dans la nuit des longs couteaux… à la Française ? et après ?

Je pose ces questions sans pour autant affirmer que j’ai forcément raison et je comprends bien que rien n’est simple en la matière. La patauge de la gauche face à l’échéance présidentielle participe aussi de cette difficulté à affronter le combat contre l’extrême droite là où ça fait mal, sur le terrain de la vraie vie.

Yvon Huet