Dermatose nodulaire. Éleveurs et citoyens vent debout face « une politique mortifère » (L’Indep)

Plus de 500 personnes se sont rassemblées ce mardi en début de soirée devant la préfecture des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. Une mobilisation d’ampleur pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire et la politique d’abattage total des troupeaux.

Après un week-end déjà marqué par plusieurs actions dans le département, la colère des éleveurs ne faiblit pas. Ce mardi, en fin d’après-midi, plus de 500 personnes ont répondu à l’appel à se mobiliser devant la préfecture des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. Casseroles, sifflets et drapeaux ont animé le quai Sadi-Carnot, dénotant avec l’ambiance feutrée des illuminations et des chalets de Noël du centre-ville.

Une mobilisation s’inscrivant dans la continuité des actions menées le week-end dernier à Puyvalador, Porta et Villefranche-de-Conflent. Ce mardi soir, toujours au cœur de la contestation, la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse.

Jusqu’à présent, en Pays catalan, 20 opérations d’abattage ont déjà été menées, entrainant l’abattage de 497 bovins. Des chiffres jugés inacceptables par les manifestants qui dénoncent, une fois encore, une politique d’abattage systématique des troupeaux. « Y compris lorsque seuls quelques animaux présentent des symptômes. »

Devant la préfecture, une intersyndicale inhabituelle s’est formée, réunissant la Confédération paysanne, la Coordination rurale et même la CGT. Dans la foule, aux côtés des éleveurs, de nombreux citoyens étaient présents pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « politique mortifère ». « C’est une maladie qui ne se transmet pas à l’homme et dont le taux de mortalité ne dépasse pas 10 %. Ce que nous ne supportons pas, c’est de risquer de perdre tout un troupeau à cause de réglementations administratives », a rappelé un porte-parole de la Confédération paysanne. Quant aux revendications, elles restent inchangées. « Nous demandons l’arrêt des abattages totaux, l’abattage ciblé des seuls animaux malades, une surveillance renforcée des troupeaux, ainsi qu’un véritable traitement sanitaire, pas une des logiques commerciales et d’exportation », ont insisté les représentants syndicaux.

Après les prises de parole, le cortège a déambulé dans le centre-ville de Perpignan. Du Castillet à la place de la Loge, de la République, sous le regard surpris des passants venus profiter des festivités de Noël. Aucune délégation n’a été reçue en préfecture à l’issue de la mobilisation.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 17 décembre 2025)

L’extrême-droite ne fera pas taire la CGT !

Le Conseil National de la FERC-CGT, réuni à Dourdan les 11 et 12 décembre 2025 dénonce, comme toute la CGT et le mouvement syndical, la mise en examen de sa Secrétaire générale, Sophie Binet, faisant suite à une plainte pour injures publiques déposée par l’association Mouvement des entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance, présidée par Mme Sophie de Menthon.

On reproche à Sophie Binet ses propos tenus lors de son intervention sur RTL – également mis en examen en tant que diffuseur des propos – le 31 janvier dernier, lorsqu’elle fut interrogée sur le « chantage à l’emploi » de la part de certains grands patrons, venus se succéder dans les médias « pour alerter sur la fiscalité et les réglementations » et affirmer que « pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! ». Certains affirmant même « Ceux qui peuvent partir partent et ils ont raison. » Elle avait alors dénoncé ces propos et ces comportements en disant « Moi j’ai envie de dire : les rats quittent le navire ». Il va sans dire que cette déclaration reprenant une expression populaire bien connue, visait à dénoncer les pratiques permanentes de délocalisation et de chantage à l’emploi des multinationales.

La FERC-CGT dénonce avec force cette énième procédure bâillon de la part d’un lobby patronal financé par un milliardaire d’extrême droite, Édouard Sterin. Cette attaque contre la Secrétaire générale de notre confédération intervient dans un contexte plus général de remise en cause des libertés syndicales par l’extrême-droite.

Ainsi, notre camarade Pierre C. est convoqué ce jour au tribunal de Rennes. Nous affirmons que l’extrême droite en général, et SOS Éducation en particulier, représentent un danger pour notre École, pour ses personnels et pour ses élèves. Nous dénonçons la procédure bâillon intentée par SOS Éducation, qui ne vise qu’à intimider et à faire taire. Le Conseil National de la FERC-CGT, réuni à Dourdan les 11 et 12 décembre 2025, affirme son soutien à nos camarades Pierre C. et Sophie Binet, ainsi qu’à toutes les victimes de répression antisyndicale.

De Mussolini à Marine le Pen, les fascistes ont toujours cherché à faire disparaître les syndicalistes et les syndicats. En ce sens, l’extrême droite est et sera toujours l’ennemi mortel des travailleurs et des travailleuses.

À Dourdan, le 11 décembre 2025

Stéphane Galais. « Leur vision de l’agriculture finira par tous nous tuer » (La Marseillaise)

Les annonces de la ministre de l’Agriculture vont-elles apaiser la colère agricole qui gronde ? Rien n’est moins sûr. À la sortie d’une réunion de crise à Matignon mardi soir Annie Genevard affirme qu’un total de 750 000 bovins seront vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) « dans les semaines qui viennent », de la manière « la plus rapide possible ». La stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas, contestée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale ne semble pas pour autant abandonnée… Porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Galais appelle le gouvernement à revoir la politique agricole du pays.

La Marseillaise : Qu’attendez-vous du gouvernement sur la dermatose nodulaire contagieuse ?

Stéphane Galais : De ce que j’ai compris, le gouvernement veut élargir la vaccination mais ne veut pas revenir sur le protocole d’abattage. J’ai très moyennement apprécié l’analyse du Premier ministre de la situation en Ariège, c’est vraiment très déplacé de dire que c’était lié aux black blocs, alors qu’il n’y avait que des paysans. C’est la même chose dans le Doubs, où les forces de l’ordre ont été déployées. Tout ça prouve que le gouvernement n’a pas conscience de la défiance et de la violence qu’il a créées. Ça m’inquiète sur l’analyse qu’il peut avoir de la situation et la capacité à recréer du dialogue. On dira tout ça à Sébastien Lecornu vendredi. Cette crise est révélatrice de la gestion de la politique agricole en général. Si ce n’est pas la maladie qui nous tue, ce sera peut-être la stratégie sanitaire. Sinon, c’est leur vision de l’agriculture qui finira par tous nous tuer.

La Marseillaise : Vous dîtes que le commerce doit s’adapter au sanitaire et pas l’inverse. Ce n’est pas le cas ?

Stéphane Galais : Ce cadre administratif est organisé pour protéger en grande partie le libre-échange et l’exportation. On comprend que c’est une nécessité parce qu’on a plein d’adhérents, qui sont, quelque part, très liés au marché. C’est aussi la preuve que notre agriculture est très fragile. Ce constat doit poser la question des relocalisations et sur des façons de rendre notre élevage plus résilient, parce qu’on a spécialisé les régions et les animaux pour le productivisme. Le gouvernement ne semble pas tirer de leçons de cette crise. On a vu Annie Genevard parler de souveraineté alimentaire à Rungis et dire « c’est la guerre, il faut qu’on produise ». Ils vont tous nous emmener dans le mur. On va être de plus en plus fragilisés par cette concurrence déloyale des accords de libre-échange, par le réchauffement climatique et la possibilité de crises sanitaires à répétition. In fine, ceux qui vont disparaître, c’est bien les éleveurs et pas les productions animales industrielles qui, de toute façon, supporteront ces crises sanitaires.

La Marseillaise : Sur ce dossier vous semblez être raccord avec la Coordination rurale [proche de l’extrême droite] à laquelle vous êtes généralement opposée. Qu’est-ce qui vous rassemble ?

Stéphane Galais : On n’a pas de convergence idéologique avec la Coordination rurale, loin de là. On est opposés sur plein de sujets comme l’usage des pesticides mais aussi la vision libérale qu’ils peuvent avoir. Pour nous, c’est un peu l’ombre de la FNSEA, mais avec un relent identitaire, agrarien, on n’a rien en commun. Pour autant, on reconnaît leur sincérité à défendre l’élevage. On se retrouve au moins là-dessus.

La Marseillaise : Vous fustigez a contrario la FNSEA qui défend, comme le gouvernement, l’abattage systématique ?

Stéphane Galais : Il faut faire un vrai distinguo avec les adhérents de base et les dirigeants de la FNSEA qui siègent au Comité national d’orientation des politiques animales et végétales, où est décidée la stratégie sanitaire. Ceux qui orientent la politique de la FNSEA sont les grands betteraviers qui ont des accointances XXL avec les grands groupes alimentaires. Ses dirigeants défendent les intérêts de la filière et plus particulièrement de l’agro-industrie mais jamais ceux des paysans ou des éleveurs. De nombreux membres de FDSEA locales sont avec nous sur les barrages et font des communiqués de presse pour dire qu’ils ne suivent pas la politique du national. Ce qu’on va dire au Premier ministre, c’est qu’on n’en peut plus de cette cogestion avec la FNSEA. Ça devient vraiment très problématique, ça prend en otage toute l’orientation de l’agriculture française. On a l’impression que tous les ministres qui passent sont des marionnettes de la FNSEA. La crise sanitaire révèle toutes ces failles. On doit avoir la capacité démocratique à porter une vision de l’agriculture qui va dans le sens de l’intérêt général.

La Marseillaise : Le gouvernement a demandé le report du vote européen prévu cette semaine sur le Mercosur. Est-ce suffisant ?

Stéphane Galais : La DNC est une maladie du libre-échange. Le Mercosur va nous fragiliser davantage et nous emmener vers plus de compétitivité et de mise en concurrence les uns avec les autres. L’agriculture hyperproductiviste est aussi extractiviste, elle va détruire les systèmes et la biodiversité. C’est ce qu’on voit dans les campagnes, ça fragilise les animaux qui ne peuvent plus lutter contre les maladies émergentes. Cette vision productiviste-exportatrice nous détruit à petit feu. Le gouvernement essaye de gagner du temps et trouver une porte de sortie pour ne pas perdre la face au niveau européen. Il a manqué de fermeté dès le départ.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 17 décembre 2025)

Train jaune : un héritage qui doit continuer de transporter la vie locale (L’Indep)

Le Canari était au centre des débats.

L’assemblée générale du Comité des usagers du Train jaune, tenue à Olette, a rappelé avec force que la célèbre ligne ferroviaire est à la fois « un trésor patrimonial unique et un outil indispensable pour la mobilité du territoire ».

Accueillie par le maire, Jean-Louis Jallat, la rencontre a pris une dimension chaleureuse et mobilisatrice. L’élu a souligné que « sans le Train jaune, le territoire ne serait plus le même », rappelant la place centrale du Canari dans l’identité du Conflent et des hauts cantons.

La présence de maires, de Michel Garcia, conseiller départemental, président du Parc naturel régional, a illustré l’importance d’une synergie entre préservation du patrimoine ferroviaire et besoins de mobilité moderne.

Jean-Louis Demelin, président du comité des usagers, a rappelé la longue histoire du comité et sa détermination à défendre un patrimoine ferroviaire unique, essentiel à la vie des habitants et à l’attractivité du territoire. Il a souligné l’effort important consenti par la Région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, qui a investi 90 M€ pour la modernisation du matériel et de l’infrastructure, permettant de redonner un souffle à la ligne centenaire.

Pas qu’un symbole

Le matériel historique, l’identité centenaire du Train jaune doivent être préservés, tout en garantissant un service public fiable, régulier et adapté aux habitants. Cette exigence d’équilibre a alimenté de nombreux échanges, montrant que le Train jaune n’est pas qu’un symbole.

Pour permettre au Canari de jouer pleinement son rôle dans les mobilités de demain, le Comité a réaffirmé deux priorités : une circulation matinale dans les deux sens, indispensable pour créer une véritable alternative à la voiture et assurer les correspondances avec la ligne de Perpignan; une tarification à 2 € toute l’année, accessible et incitative pour les habitants, au-delà de la dimension touristique.

L’arrivée du nouveau président de la SNCF, déjà familier des attentes liées au Train jaune, a été perçue comme une opportunité à saisir, susceptible de relancer le dialogue et les avancées concrètes.

Une avancée

La confirmation de la réouverture de la ligne Perpignan/Ville-franche-de-Conflent, le 24 janvier à 8h10, a été saluée comme une avancée concrète, qui renforcera la cohérence globale du réseau.

En conclusion, cette assemblée générale a montré que le Train jaune ne peut être réduit ni à un simple monument roulant, ni à une ligne secondaire.

Il est patrimoine vivant, outil de désenclavement, levier de développement durable, et reste un marqueur fort de la vie locale.

Le comité appelle désormais à élargir la mobilisation des usagers et des communes pour que cette ligne mythique continue de rouler et de faire vivre son territoire.

F. D. (L’Indépendant, le 16 décembre 2025)

Le billet d’Yvon Huet. Anecdote ?

Le conseil constitutionnel polonais vient d’interdire le Parti communiste au nom des valeurs de la civilisation européenne et chrétienne… Une nouvelle passée inaperçue bien évidemment dans les médias. Elle va dans le sens du vote dans lequel s’étaient vautrés la majorité des députés européens dont des socialistes, des verts et, particulièrement un certain Raphaël Glucksmann, champion de l’anticommunisme bobo. La chasse aux communistes existe donc bien en Europe et pas seulement en Pologne.

L’Ukraine fait partie de ce petit monde qui ferme les yeux sur les agissements de groupes néonazi mais s’acharne à vouloir rentrer dans une Europe chrétienne intégriste tout aussi rétrograde que l’islamisme étatique. En Allemagne, le Berufsverbot décrété par les nazis quand ils sont arrivés au pouvoir est toujours en vigueur à l’égard des communistes.

Autant dire, quel que soit l’opinion qu’on peut se faire des communistes de l’Est de l’Europe, dont certains ont tiré les leçons de l’échec du modèle soviétique que ces chasses aux sorcières désavouent l’affichage d’une Europe qui serait démocratique face aux barbares de la Fédération de Russie. Je n’entends que trop rarement quelques réactions du côté des défenseurs des droits humains. 80 ans de guerre froide auront fait leur œuvre qui, aujourd’hui, permettent aux partis de l’extrême droite de prendre le pouvoir pendant que les communistes dont les ainés ont contribué à la chute du nazisme en payant de leur vie et de leur liberté sont priés de vivre sous la terre.

Yvon Huet

Le Mouvement de la paix condamne avec la plus grande fermeté le massacre antisémite commis à Sydney (Australie) le 14 décembre 2025

Pour le Mouvement de la paix qui appelle en permanence à lutter contre tous les racismes dont l’antisémitisme, rien ne peut excuser le massacre perpétré sur une plage de Sydney le 14 octobre 2025.

Le Mouvement de la paix rappelle qu’il fonde son action sur la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence qui, selon les résolutions des Nations Unies « consiste à développer au quotidien des comportements et des attitudes qui favorisent la compréhension, la tolérance, la solidarité, le dialogue, au niveau des relations entre les États, les groupes, les peuples, les individus, les religions et les cultures dans le respect mutuel ».

En France le Mouvement de la paix appelle à développer la culture de la paix et s’appuie sur la laïcité pour lutter contre tous les racismes, contre l’antisémitisme, contre toutes les ségrégations.

Il appelle sur ces fondements toutes les citoyennes et citoyens à agir pour le droit des êtres humains à vivre ensemble en paix dans le respect de nos diversités.

Le Mouvement de la paix
Le 15 décembre 2025