Le billet de Jean-Michel Galano. Une réflexion personnelle sur ce que j’ai entendu ce samedi 3 janvier place de la République à l’occasion du rassemblement de solidarité avec le Venezuela

D’abord, il faut saluer la promptitude de la riposte et la détermination des participants. La présence de la chargée d’affaires du Venezuela était une excellente chose. Beaucoup d’intervenants ont pris la peine de faire un peu de pédagogie, rappelant des points d’histoire et de géopolitique, permettant à celles et ceux qui étaient rassemblés de dépasser l’émotion et la sidération, et de se mettre ainsi en capacité d’agir.

Je regrette de ne pas avoir entendu un porte-parole de mon parti, le PCF. Une intervenante dont je n’ai pas entendu qui elle représentait a tenu à la fin un discours soutenu riche d’éléments et parfaitement équilibré avec lequel j’étais totalement en accord.

Il n’y a pas lieu de s’étonner, il faut au contraire se féliciter, qu’une certaine diversité se fasse entendre, les uns s’inquiétant surtout du droit international, les autres de la stratégie d’un impérialisme qui, pour être « en déclin », comme l’a souligné une intervenante, n’en est que plus dangereux, les autres soulignant la complicité du gouvernement français.

J’ai par contre trouvée préoccupante l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait pas de qualité spéciale pour prendre la parole, sinon son statut de candidat autoproclamé à la présidentielle. Derrière lui, quatre députés LFI ceints de leur écharpe se tenant à égale distance les uns des autres lui faisaient escorte selon un plan manifestement préparé à l’avance. Cela sentait la récupération à plein nez.

Rien de très surprenant à vrai dire jusque-là, mais c’est l’intervention de Mélenchon qui m’a semblé étrange. Non pas tant sur le fond : il a fustigé le militarisme, dénoncé l’hypocrisie du pouvoir macroniste, rappelé qu’au-delà de l’Amérique latine tous les peuples sont en danger : tout cela est bel et bon.

Mais enfin, ce qu’on attend d’un responsable politique, ce sont des perspectives. Or Mélenchon s’en est tenu à un constat, d’ailleurs très restrictif : « Jusqu’à quand allons-nous tolérer… » et à des admonestations : « J’adjure les citoyens… ». Comme si la solidarité ne s’exerçait pas déjà, comme si, partout dans le monde et aux États-Unis même, il n’y avait pas déjà des rassemblements, des actes forts, de la lucidité et du courage.

Mélenchon -j’étais à quelques mètres de lui- était une fois encore dans la posture tribunitienne un peu démodée qui lui est chère. Mais il ne semblait plus trop y croire, et prendre plutôt une posture de Cassandre, cultivant son image plutôt que soucieux de rassembler.

Je me reconnais bien davantage dans les revendications que dans les postures.

Jean-Michel Galano

La CGT condamne l’agression des États-Unis contre le Venezuela

L’armée états-unienne vient d’opérer des bombardements au Venezuela et Trump revendique l’enlèvement du président Nicolas Maduro.

La CGT condamne cette agression militaire contre un État souverain, opération visant à imposer un changement de régime pour prendre le contrôle des ressources pétrolières. Cette agression impérialiste et l’enlèvement d’un chef d’État constituent de graves précédents.

La France et la communauté internationale via l’ONU doivent réagir sans délai face à cette scandaleuse agression qui aggrave une situation internationale deja tendue.

La CGT réaffirme son attachement à la démocratie, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à la paix et à la régulation internationale. Elle affirme sa solidarité avec le peuple vénézuélien.

Montreuil, le 3 janvier 2026

L’édito du webzine. Il y a 90 ans, le Front populaire

En 2026, nous fêterons les 90 ans du Front populaire. Celui-ci reste dans la mémoire collective un moment singulier de notre histoire, une victoire électorale des forces de progrès et un mouvement social d’une ampleur sans précédent.

Cela a commencé par un sursaut démocratique et antifasciste. En effet, le 6 février 1934, un coup de force fasciste visant l’Assemblée nationale, orchestré par des ligues d’extrême droite, a fait vaciller la République. En Allemagne, Hitler avait pris le pouvoir l’année précédente, et 10 ans avant, Mussolini en avait fait de même en Italie.

Cette déflagration poussa à la réunification de la CGT et construisit l’union du PCF, de la SFIO et des radicaux. De tout cela naquit le Front populaire de l’engagement des forces associatives, culturelles, citoyennes… Cela fut un grand moment historique.

Les grandes grèves, les occupations d’usine ont permis d’arracher au patronat, en plus des augmentations de salaires, des conquêtes sociales inimaginable comme les congés payés, la semaine de 40h, les libertés syndicales..

Des actes pour de nouvelles conquêtes

Hormis le refus des socialistes et radicaux de porter secours à la République espagnole, l’expérience historique du Front populaire demeure une source d’inspiration à gauche. En 2024, après la dissolution de l’Assemblée nationale ordonnée par Macron, lorsque le risque de voir le RN entrer à Matignon était maximal, les gauches se sont entendues dans un Nouveau front populaire, barrant la route à l’extrême droite mais il n’aurait pas tenu longtemps face aux ambitions présidentielles qui empoisonnent la Ve République.

En France, il y a besoin aujourd’hui, non pas d’une référence verbale, mais des actes, poussés par un monde du travail conscient de ses intérêts. C’est le meilleur remède à l’extrême droite.

Dominique Gerbault

Le billet d’Yvon Huet. Les USA de Trump ont ouvert la boîte de Pandore…

Le Venezuela attaqué par les USA. Cnews et LCI s’émerveillent. Un nouveau coup d’État en préparation après celui du Chili d’Allende… Qu’on se le dise, les méthodes de la gouvernance étasuniennes incitent n’importe quel pays à s’attaquer à un autre en utilisant toujours des prétextes « moraux » pour cacher ses intérêts de puissance…

Histoire d’en rire, mais pas que

Imaginez Trump « exfiltrer » Emmanuel Macron pour installer Marine Le Pen à l’Élysée… C’est ce que nous proposerait l’administration américaine mais elle ne le fera pas parce que notre président est trumpo-compatible quoi qu’il en dise… L’histoire ne dit pas combien de morts innocents a fait l’attaque massive de drones sur Caracas… L’important, pour ceux qui écoutent les médias, c’est de savoir que l’armée des USA n’a perdu aucun soldat dans l’affaire… Peu importe si elle emporte l’Amérique latine dans une guerre civile monstrueuse. L’important pour ce dangereux voyou de la Maison Blanche, c’est de prouver qu’il est le plus fort quitte à écraser de multiples peuples dont le premier, ne l’oublions jamais, a été le peuple palestinien.

L’année 2026 a mal commencé. Raison de plus pour faire de la Paix la boussole de notre chemin de lutte.

Yvon Huet

Le MRAP condamne l’agression du Venezuela par les États-Unis !

Le MRAP, condamne l’intervention militaire des États-unis au Venezuela, le bombardement de Caracas, et l’enlèvement du président Maduro.

Ce procédé ne résout aucun problème et ajoute à l’instabilité de la situation internationale.

Le MRAP réaffirme la primauté du droit international que cet acte bafoue, ouvrant la porte à toutes les aventures.

Communiqué de presse de la FSU. Soutien au peuple vénézuélien

La capitale du Venezuela, Caracas, et plusieurs régions du pays ont été bombardées par l’armée des États-Unis d’Amérique cette nuit. Le gouvernement de Washington revendique un raid terrestre et l’enlèvement du président du pays, Nicolas Maduro.

Cette tentative impérialiste d’imposer un changement de régime au Venezuela survient après des semaines d’escalade et de frappes des États-Unis contre des navires, aux Caraïbes et dans le Pacifique, sous prétexte d’une lutte contre le trafic de drogues. Des actes dénoncés par le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU comme inacceptables et réalisés en violation complète du droit international.

La FSU se tient aux côtés du peuple vénézuélien. Si elle n’a pas d’illusion sur le régime en place à Caracas, son autoritarisme et ses atteintes aux droits de l’homme, elle n’en a pas non plus sur les motivations de l’administration Trump, notamment à l’égard des ressources pétrolières.

C’est au peuple vénézuélien qu’appartient souverainement le droit de déterminer son avenir et de gérer les ressources du pays, hors des tentatives de prédation étrangères.

L’agression militaire des Etats-Unis est inadmissible. Elle risque d’entraîner le chaos, la guerre civile et une souffrance accrue d’une population déjà confrontée à un blocus économique.

La FSU attend du gouvernement et de la communauté internationale qu’elle condamne cette intervention et défende les principes qui fondent le droit international.

La FSU appelle à se joindre aux mobilisations et rassemblements de soutien au peuple vénézuélien, contre l’agression des États-Unis.

Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela

À Paris, le samedi 3 janvier 2026 à 18h, République

Durant la nuit du 2 au 3 janvier 2026 les USA ont bombardé la République bolivarienne du Venezuela et le président des Usa a revendiqué l’enlèvement du président Nicolas Maduro.

Le Mouvement de la Paix condamne cette agression militaire contre un État souverain. Cette agression constitue une violation de la charte des Nations unies et du droit international.

Le Mouvement de la Paix, appelle à participer au rassemblement qui aura lieu à Paris ce samedi 3 janvier 2026 à 18 h Place de la République, pour condamner cette agression, réaffirmer le droit des peuples à disposer d’eux même et affirmer notre solidarité avec le peuple vénézuélien.

Il appelle partout en France ses comités à initier et à participer des rassemblements unitaires locaux le lundi 5 janvier 2026 ou les jours suivants pour dénoncer cette agression, demander que la France et l’Onu condamnent cette agression qui ne peut que contribuer à aggraver la situation internationale et demandent la libération du président Vénézuélien.

Il appelle en particulier à mettre en place des rassemblements devant les consulats des USA à Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg.Le Mouvement de la Paix rappelle que dans une déclaration du 9 octobre 2025 (notes 1 et 2) il avait dénoncé l’intervention militaire des États-Unis dans les Caraïbes ( avec la destruction de quatre embarcations et 21 tués ), intervention qui constituait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région et au-delà au plan international.

Le Mouvement de la Paix le 3 janvier 2026

Note 1 : Déclaration du Mouvement de la paix en date du 9 octobre 2026
Note 2 : Dans un article publié dans Ouest France international en septembre 2025 ( suite première intervention militaire des usa), Raphaël Laurent souligne que « Le message accompagné d’une vidéo de la frappe est clairement un coup de communication du président républicain à destination de son électorat mais aussi pour accentuer la pression sur son homologue vénézuélien… Mais surtout parce que le pays (le Venezuela) de 28 millions d’habitants détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut (302,25 milliards de barils, soit un cinquième des réserves) et les quatrièmes réserves en gaz naturel. Un trésor qui échappe pour l’instant à l’économie américaine. »

Pascal Sudre. « Il y a un avenir pour Brandt et ses salariés »

Pascal Sudre, secrétaire général de l’UD CGT du Loiret, appelle à préserver les 700 emplois menacés par la liquidation judiciaire de l’entreprise Brandt.

La Marseillaise : Pour le ministre de l’Industrie, la reprise de Brandt ne pourra pas se faire avec les 700 salariés. Que répondez-vous à cela ?

Pascal Sudre : Pour qu’un ministre fasse ce genre de déclaration, c’est que, quelque part, il y a un avenir pour Brandt et pour l’ensemble des salariés, si tenté que le gouvernement et le chef de l’État s’engagent réellement pour la réindustrialisation de la France. Cet avenir comprend les deux usines de production situées près d’Orléans à Saint-Jean-de-la-Ruelle et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Pour nous, un licenciement est un licenciement de trop, quelle que soit l’industrie ou le site menacé. Quand l’annonce est tombée puis la confirmation par le tribunal de commerce de la fermeture et du plan de licenciement de 700 travailleuses et travailleurs, autant vous dire que notre réaction était à la hauteur du scandale, surtout à quelques jours des fêtes de fin d’année ! On a toujours en tête la situation concrète des salariés concernés, de leurs familles et de leurs enfants. Un emploi supprimé dans l’industrie, c’est trois emplois induits, notamment dans les services.

La Marseillaise : Un appel d’offres pour la reprise de Brandt doit être lancé courant janvier. Un projet a été déposé par l’industriel Stéphan Français, propriétaire de Thomson Computing prévoyant la reprise de 150 salariés seulement. Est-ce la seule ? Qu’en pensez-vous ?

Pascal Sudre : Oui et elle a été faite la veille de Noël, en mairie d’Orléans par le maire et les collectivités locales. Ce qu’on peut dire, en étant honnête, c’est que les collectivités, même s’il y a des enjeux politiques, se sont engagées rapidement. L’engagement à hauteur de 15 millions d’euros qui a été fait en quelques jours confirme qu’il y a la volonté locale de faire en sorte de maintenir une activité avec le plus de salariés possible. En revanche, on dit depuis le départ que le compte n’y est pas. Reprendre uniquement 150 salariés sur 700, c’est pas du tout acceptable pour nous. En tout cas, cette proposition industrielle montre qu’il y a un avenir pour Brandt dans toute la France. On va poursuivre la mobilisation dès début janvier.

La Marseillaise : Vous avez demandé à la préfète de région Centre-Val de Loire l’organisation d’une table ronde avec les différents acteurs concernés. Avez-vous reçu une réponse ?

Pascal Sudre : Il n’y a pas d’engagement sur une table ronde avec l’ensemble des acteurs locaux comme il n’y a pas de volonté, en tout cas pour l’instant politique, de rassembler tout le monde. Ce serait un message fort envoyé aux salariés concernés. On a par ailleurs demandé à la préfète de mettre sous cloche les différents sites de production, notamment Saint-Jean-de-la-Ruelle et Saint-Ouen. Car si le liquidateur prenait la décision d’envoyer les outils de production dans un autre pays on se retrouverait uniquement avec les murs, il n’y aurait plus rien à l’intérieur. Autant vous dire que du coup, on ne parlerait même plus de nouveau projet industriel, ce ne serait même plus viable. À ce stade, nous n’avons pas eu de réponse sur ce sujet.

La Marseillaise : Vous pointez la responsabilité du conglomérat algérien Cevital qui a repris Brandt en 2014 et aurait touché des aides publiques selon vous…

Pascal Sudre : J’ai fait des demandes pour savoir à quelle hauteur s’élevaient les aides publiques. Je n’ai pas encore eu de retour. Finalement, personne ne parle de ce groupe algérien, Cevital. C’est pourtant lui qui a pris la décision de mettre la clé sous la porte et puis de laisser les 700 salariés. Quand il y a un plan de licenciement et une fermeture d’entreprise, c’est quand même assez rare, qu’on ne parle pas du propriétaire ! Personne n’a demandé des comptes au groupe Cevital sur sa responsabilité concernant le maintien des salaires alors qu’il a construit une énorme usine de production à Sétif. Depuis 2014, il y a très certainement eu des aides publiques, ça, je n’en ai aucun doute. Nous demandons des comptes à ce groupe-là. Ce n’est pas pour nous une surprise de voir que le carnet de commandes est moins rempli. Après tout, c’est leur système qui veut ça. Depuis le départ, les salariés font des sacrifices tandis que les marges des actionnaires ont toujours été garanties. De l’autre côté, ils continuent à toucher des subsides de l’État ainsi que des collectivités locales. Ce n’est plus tenable ni acceptable.

La Marseillaise : Comment envisagez-vous la reprise de l’entreprise ?

Pascal Sudre : Il y a un avenir pour l’industrie en France et pour l’électroménager. Quant à un nouveau projet industriel, plusieurs économistes ont confirmé qu’il fallait une diversification. La concurrence est telle dans ce système capitaliste qu’il est nécessaire de produire du matériel différent pour ne pas être soumis à une seule concurrence au niveau international et faire face à la demande. Finalement, on voit bien que la situation de Brandt, au-delà du made in France et de la marque emblématique qui venait de fêter ses 100 ans, gêne les politiques. Car c’est une fois de plus un fleuron de l’industrie française qu’on laisse partir. Au-delà du drame que ça génère, tout le monde pense qu’il y a un avenir pour Brandt, il y a un attachement fort de la population. Comme ce fut le cas pour Duralex, pour qui on s’est battus. Quand on créé les conditions d’une mobilisation large de l’ensemble de la population, on voit qu’elle répond présente pour défendre à la fois la marque mais surtout les emplois derrière. Les gens ont compris que quand une industrie fermait, c’était aussi une attaque contre le service public. C’est notre slogan à la CGT. Quand on dit qu’il n’y aura pas d’industrie sans service public et pas de service public sans industrie, c’est une réalité.
On va continuer à se battre. Toute la CGT est mobilisée localement, l’union départementale, la fédération de la métallurgie, la confédération. On travaille ensemble et ça commence à porter ses fruits. Notre rôle de syndicalistes va être de peser à la fois sur toutes les collectivités et au plus haut sommet de l’État pour qu’un projet industriel voit le jour avec la reprise de l’ensemble des salariés et de l’ensemble des sites. Car pour Brandt, l’enjeu est extrêmement politique, comme il l’a été pour Duralex et l’est pour ArcelorMittal. L’enjeu est d’autant plus fort à trois mois des élections municipales. Une nouvelle industrie qui ferme, notamment dans le Loiret, ce sont des fermetures de sites en cascade. C’est 700 multiplié par trois en nombre de pertes d’emploi.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 3 janvier 2026)

Pour les 700 salariés de Brandt, la fin d’année vire au cauchemar. Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé, le 11 décembre, la liquidation judiciaire de l’entreprise. Un projet de reprise du site d’Orléans de Brandt a été déposé par l’industriel Stephan Français, propriétaire de Thomson Computing, qui prévoit de maintenir seuls 150 des salariés. L’homme d’affaires a évoqué un budget de 25 millions d’euros pour cette reprise. La mairie d’Orléans (Loiret) a précisé que 9 millions d’euros seraient apportés par des entités publiques et qu’un tour de table avec les banques était en discussion. Un appel d’offres pour la reprise de l’usine doit être lancé courant janvier.

Les P.-O. largement en dessous de la moyenne nationale des salaires (L’Indep)

Selon une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Pyrénées-Orientales affichent l’un des salaires moyens les plus bas de France dans le secteur privé, avec 2 200 euros net mensuels contre 2 733 au niveau national.

Pas de miracle. Selon la récente étude de l’Insee, qui se base sur des chiffres datant de 2024, non contentes d’être le deuxième département le plus pauvre de l’Hexagone derrière la Seine-Saint-Denis, les Pyrénées-Orientales présentent également l’un des salaires mensuels moyens les plus faibles de France dans le secteur privé.

En pays catalan, la rémunération mensuelle nette moyenne des salariés du privé (en équivalent temps plein) s’élève ainsi à seulement 2.200 euros, contre 2 733 euros au niveau national. Les Pyrénées Orientales font partie des dix départements de France où cet indicateur est le plus bas.

Cependant, le territoire n’est pas le moins bien loti de la région Occitanie. Selon l’Insee, le salaire mensuel net moyen dans le privé y est en effet supérieur à ceux de l’Aude (2 168 euros) et de la Lozère (2 155 euros). Il reste en revanche bien inférieur à celui de la Haute-Garonne, qui culmine à 2 787 euros par mois.

L’étude de l’Insee illustre également les inégalités salariales qui persistent entre hommes et femmes. Dans le secteur privé des Pyrénées-Orientales, celles-ci gagnent en moyenne 185 euros de moins par mois que leurs homologues masculins (un écart d’environ 8 %), avec un salaire moyen de 2 099 euros, contre 2 284 pour ces derniers.

Plus globalement, l’Insee indique qu’en 2024, à l’échelle nationale : « Les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. » L’institut précise que cet écart se réduit « de 0,3 point par rapport à l’année précédente » et « de 5,1 points par rapport à 2014. » Il reste cependant encore du chemin pour parvenir à l’égalité salariale.

La publication dissèque aussi les différences de rémunérations entre cadres, employés, ouvriers et professions intermédiaires (infirmières libérales ou assistantes sociales, par exemple). On y apprend ainsi qu’un employé gagne en moyenne 1 859 euros par mois en pays catalan. Contre 1 912 euros pour un ouvrier, 2 414 pour les professions intermédiaires et 3 651 pour les cadres.

Autre élément intéressant : dans une autre étude publiée en octobre dernier, l’Insee note qu’après avoir baissé de 1 % en 2023, le revenu moyen des salariés du secteur privé français en euros constants (corrigé en prenant en compte l’évolution des prix) était remonté de 0,8 % en 2024. Principalement grâce au ralentissement de l’inflation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 janvier 2026)