À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4091 – vendredi 14 novembre 2025)

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Perpignan. Pendant que Jordan Bardella dédicace, l’opposition résiste (L’Indep)

Le président du Rassemblement national a dédicacé son dernier livre ce lundi 10 novembre au Palais des Congrès de Perpignan. Une séquence qui se voulait purement littéraire mais qui a vite tourne au politique, entre les conquis venus en nombre et les protestataires mobilisés.

Un an après la sortie de son premier ouvrage autobiographique intitulé Ce que je cherche (vendu à plus de 230 000 exemplaires), le jeune patron du Rassemblement national, Jordan Bardella semble avoir trouvé la voie… vers la présidentielle 2027.

Via un deuxième livre au titre anaphorique « Ce que veulent les Français » publié chez Fayard, qu’il est venu spécialement dédicacer ce lundi à Perpignan. D’emblée, il s’en défend, « Je ne suis pas là en tant que président du Rassemblement national. » Pas question « de parler des prochaines municipales. » Louis Aliot, le maire frontiste de Perpignan, se tient d’ailleurs dans un coin, loin des objectifs et des caméras.

Code électoral et contrat éditeur obligent. Pourtant le recueil du « dauphin », compilation de doléances inspirées « de la France qui travaille », sonne plutôt comme un programme électoral. Et sa tournée littéraire peine à dissimuler entre les lignes ses accents de campagne, sans Marine Le Pen. Elle qui est menacée d’inéligibilité et pourrait bien lui passer le drapeau à la flamme pour l’échéance nationale.

Ils se croient en terrain conquis mais nous sommes la

En préambule, à l’extérieur du Palais des congrès, le ton est déjà donné. Une file d’attente de plusieurs centaines de fans de Bardella et quelque 70 manifestants, rassemblés à l’appel du NFP 66 (Nouveau Front Populaire) s’interpellent à distance, par-dessus les forces de l’ordre, à coups de slogans ou de chants partisans. « On est chez nous », scandent les premiers. « On ne lâche rien », entonnent les seconds, entre riposte et résistance. « Ils se croient en terrain conquis mais nous sommes là pour dénoncer le double langage de ce front antisocial qui barre la route à tout progrès social, refuse l’augmentation du SMIC et la répartition des richesses », lance au micro le représentant du Parti Communiste français. « Si on n’est pas la, on accepte la banalisation du Rassemblement national. Et l’unité est la seule solution, Perpignan n’appartient pas à ce parti. Nous ne voulons pas de lui, ni de Jordan Bardella, ni ici, ni ailleurs », enchaine une porte-parole du NPA. Nicole et Françoise acquiescent. « Nos deux parents ont été dé-portés, on sait à quoi cela mène. Et l’extrême droite n’a rien à faire dans notre ville », lâchent-elles. Quand un « vieux militant » embraye. « Le fascisme a marqué toute ma vie. Je suis né en 40, j’ai manqué de peu d’être emporté par le pétainisme et à la fin de ma vie, je suis toujours antifasciste. Ceux qui ont ces idées-la, ça parait normal qu’ils se tournent vers ce genre de mouvement, mais aujourd’hui je suis totalement démuni et je ne sais pas quoi dire face à ces gens pour lesquels Bardella apparait comme le sauveur suprême et qui s’associent à ce genre de parti sans que l’on sache pourquoi. » (…)

Laure Moysset (L’Indépendant, le 11 novembre 2025)

Vinça. Le collectif « Stop aux massacres » filtre et tracte sur la RD66 (L’Indep)

Hier matin, un nouvel abattage de vaches s’est déroulé chez un éleveur d’Espira-de-Conflent après la découverte d’un cas de dermatose nodulaire dans son troupeau. En parallèle, une trentaine de manifestants ont organisé un tractage sur la RD66 pour dénoncer la situation.

« Stop aux massacres des vaches », pouvait-on lire sur une grande bâche installée sur la RD66. Une trentaine de personnes avait répondu à l’appel lancé par « le comité citoyen pour prendre soin des vaches, des humains… Des autres. » Les manifestants ont ainsi tracté de 7 heures à 10 heures à l’embranchement de la RD66 et de la RD25 (en direction d’Espira-de-Conflent), ralentissant fortement cet axe routier stratégique. Parmi les participants, Elia et Anne-Lise « citoyennes révoltées » : « Nous sommes venues soutenir les éleveurs. Pour nous l’État prend des décisions radicales sans concertation avec les personnes concernées. Il pourrait y avoir plus de nuance dans les solutions proposées. »

Une nuance, ou en tout cas une évolution dans la politique sanitaire comme le demande
Jean-Louis Régné, le président du groupement pastoral Conflent-Fenouilledes, « Nous avons aujourd’hui atteint près de 100 % de couverture vaccinale, on pourrait lever le pied sur les abattages avant qu’il n’y ait plus de bêtes en Conflent. »

Sébastien, éleveur conflentois, s’étonnait pour sa part du peu de participants: « Il a certainement plus de 50 éleveurs en Conflent, où sont-ils ce matin ? J’ai vu des citoyens mais trop peu d’éleveurs. » Les représentants de la Confédération paysanne présents encourageaient d’ailleurs les non-éleveurs présents : « La force citoyenne nous fait du bien et doit nous permettre d’amplifier le mouvement. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 11 novembre 2025)

Dermatose bovine : près de 400 personnes contre les abattages (L’Indep)

Hier, près de 400 personnes (340 selon les services de l’État) se sont rassemblées à Perpignan, devant la préfecture, pour réclamer l’arrêt immédiat des abattages de groupes de bovins au moindre cas de dermatose nodulaire en leur sein.

Ils étaient près de 400 à avoir répondu à l’appel du collectif « Stop aux massacres » ce lundi midi devant la préfecture des Pyrénées-Orientales. Drapeaux blancs en main pour réclamer, sur fond de percussions et de sonnailles, la fin des abattages de vaches ordonnés par les services de l’État, qui entendent éradiquer la dermatose nodulaire. Depuis l’arrivée de la maladie en pays catalan, le 15 octobre dernier, plus de 350 bovins ont été tués dans le cadre de cette stratégie. Dont une trentaine ce lundi matin à Espira-de-Conflent.

« Dès qu’une vache est positive, le troupeau entier est abattu. Et ce alors que plus de 90 % du cheptel départemental est vacciné et que de nombreux animaux vont atteindre l’immunisation, les 21 jours après l’injection », dénonce Mirabelle Lelièvre, l’une des porte-parole de la Confédération paysanne dans le département.

Le combat entre chapelles est dépassé

Juchée sur un tas de palettes installé devant la porte de la préfecture, la syndicaliste poursuit: « Ce matin, à Espira-de-Conflent, le troupeau qui a été abattu pour un cas positif était vacciné depuis 20 jours. Il est temps d’arrêter l’hécatombe. Nous demandons l’arrêt immédiat des abattages totaux et la mise en place d’une politique basée sur l’immunité plutôt que sur l’éradication de la maladie. »

Une fois n’est pas coutume, sur ce coup, le président départemental de la Coordination rurale, Philippe Maydat, est d’accord avec la Conf. « Le combat entre chapelles est dépassé », juge-t-il. « Aujourd’hui, la majeure partie des troupeaux sont vaccinés dans le département. Nous demandons que seules les bêtes malades soient désormais abattues, ni plus, ni moins. »

Le porte-parole du collectif citoyen « Stop aux massacres », Jean Quilleret, va même plus loin. Il milite pour sa part pour que plus aucun bovin ne soit sacrifié. « Nous souhaitons que la République donne aux éleveurs les moyens de soigner leurs bêtes », martèle-t-il. « La politique d’éradication actuelle vise à servir les intérêts du commerce international plutôt que le bien commun. »

L’autre grande revendication des syndicats agricoles et du collectif concerne l’ouverture de la vaccination à tous les éleveurs de France qui le souhaitent. Pour l’heure, celle-ci est en effet autorisée exclusivement dans les territoires ou des cas de dermatose ont été repérés. Comme l’explique au micro un éleveur du Tarn venu en soutien : « On a demandé à avoir accès à la vaccination et on nous l’a refusé.. » Beaucoup d’éleveurs considèrent qu’il s’agit là d’un « non-sens ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 11 novembre 2025)

Soudan : Le Mouvement de la paix appelle la France à agir pour mettre en œuvre une action internationale urgente, décisive et coordonnée par les Nations unies pour protéger les civil·es

Le Mouvement de la paix s’associe à la déclaration faite par le FIDH (1) signée par la LDH. Il attire l’attention sur les éléments principaux de cette déclaration signée par de nombreuses organisations de défense des droits l’homme en particulier africaines : « Après dix-huit mois de siège sans interruption, la ville soudanaise d’El Fasher est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) le 26 octobre 2025. Des preuves de massacres de masse et de nettoyage ethnique s’accumulent. Une action internationale urgente, décisive et coordonnée est nécessaire pour protéger les civil·es, permettre l’accès humanitaire et garantir la responsabilité des crimes graves commis à El Fasher et dans l’ensemble du Soudan.

Des preuves d’atrocités de masse et de nettoyage ethnique

Dans son rapport de septembre 2025 intitulé « Une guerre d’atrocités », la Mission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le Soudan a conclu que les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) étaient responsables d’attaques directes et à grande échelle contre des civils et de la destruction massive d’infrastructures essentielles. La Mission a constaté que les RSF avait commis une multitude de crimes contre l’humanité pendant le siège d’El Fasher, notamment des meurtres, des actes de torture, des viols, de l’esclavage sexuel, des déplacements forcés et des persécutions pour des motifs ethniques, sexistes et politiques.Le conflit entre les SAF et les RSF, qui a éclaté en avril 2023, a provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde. Plus de 150 000 personnes ont été tuées, plus de 14 millions ont été déplacées et plus de 25 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, la famine étant confirmée dans plusieurs régions.

Appel à l’action La communauté internationale a reçu des avertissements répétés concernant le risque d’atrocités de masse à El Fasher tout au long de l’année 2025. Malgré ces avertissements, les mesures concrètes prises pour prévenir la catastrophe actuelle ont été insuffisantes. Une action internationale urgente, décisive et coordonnée est nécessaire pour assurer la protection des civils et permettre l’accès humanitaire. Les auteurs des crimes contre l’humanité commis à El Fasher et dans tout le Soudan seront tenus responsables de leurs actes » (fin de citation).

Le Mouvement de la paix souligne combien le peuple Soudanais, dans ses diversités, a exprimé, en particulier par la mobilisation de sa jeunesse, pendant la période de la transition démocratique 2019-2021, toutes ses aspirations à vivre en paix et en démocratie et toutes ses capacités à gérer le pays.

Le Mouvement de la paix appelle le gouvernement de la France et le président de la République à utiliser tous les leviers et moyens en leur possessions pour arrêter ces massacres et cette guerre, pour rétablir la sécurité des populations et intervenir au niveau des Nations unies pour mettre en œuvre des équilibres durables au-delà d’un cesser le feu.

Parmi les actions possibles, au-delà des pressions diplomatiques, dont nous mesurons trop souvent les limites, l’intervention des forces d’interposition et de protection des populations civiles doivent être envisagées le plus rapidement possible par les Nations unies afin d’éviter la poursuite d’une guerre interne par procuration qui dure.

Le Mouvement de la paix condamne toutes les interventions étrangères dans ce conflit.

Il appelle a participer aux actions allant dans ce sens et à intervenir auprès des parlementaires et des préfectures pour faire valoir nos demandes.

Le Mouvement de la paix le 7 novembre 2025

1- Fédération internationale des Droits de l’Homme
2- Source : https://www.ldh-france.org/soudan-une-action-internationale-est-urgente-pour-empecher-de-nouvelles-atrocites-a-el-fasher/

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Dermatose Nodulaire Contagieuse : la Confédération paysanne 66 appelle à rejoindre la mobilisation du 10 novembre à Perpignan

Depuis trois semaines, les élevages des Pyrénées-Orientales sont menacés par la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), mais aussi et surtout par la politique sanitaire conduite par l’État. Sans aucune concertation, ce dernier reproduit ici les mêmes mesures qui ont prouvé leur inefficacité ailleurs en France, avec en particulier l’abattage total de tout troupeau dès le 1e bovin infecté.

Alors que les foyers continuent de se multiplier, nous refusons de nous taire face à cette politique autoritaire, scandaleuse et absurde. C’est pourquoi la Confédération paysanne des Pyrénées-Orientales appelle tou.tes les paysan.nes et tou.tes les citoyen.nes à rejoindre massivement la mobilisation de lundi 10 novembre devant la Préfecture de Perpignan, initiée par un collectif citoyen.

  • Pour nous, cette mobilisation sera l’occasion de rappeler nos exigences aux représentant.es de l’État :
  • Le changement urgent de catégorie de la maladie dans la réglementation européenne, qui est actuellement la source de la politique mise en place en France.
  • L’arrêt immédiat des abattages totaux.
  • L’accès à la vaccination avec suffisamment de doses pour tous les élevages en France. Actuellement, les éleveurs et les éleveuses en zone indemne n’ont pas le droit de protéger leur troupeau par la vaccination malgré l’arrivée possible de la DNC !
  • Un dispositif d’indemnisation pour toutes les pertes économiques subies par les élevages en raison de la politique sanitaire de l’Etat.
  • Une gouvernance des politiques sanitaires basée sur la concertation avec les acteurs et actrices de terrain, tenant compte de la diversité des avis scientifiques.

Face à la violence de l‘État et de ses institutions dans la gestion de la crise, nous souhaitons y opposer une résistance déterminée et pacifique. Ne laissons pas faire !

L’édito du webzine. Mercosur : la trahison de Macron

Le président de la République n’a plus de parole, alors qu’il faisait parti des fers de lance européens contre l’accord de libre échange Mercosur, il vient de faire volte-face en marge de la COP30 à Bélem, au Brésil.

À contre-courant de l’opinion publique, du monde agricole et du Parlement, Emmanuel Macron vient de se dire prêt à accepter l’accord commercial entre l’UE et quatre pays latino-américains du Mercosur.

Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits, des produits souvent fabriqués avec des normes interdites en France à cause de leurs dangerosités pour la santé publique.

La parole présidentielle a rapidement été désavouée par son propre gouvernement. « Les lignes rouges de la France sont connues depuis le départ (…) Et aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas », s’est insurgée la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard, pour qui les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas suffisantes.

Les syndicats agricoles n’ont pas tardé à réagir. « C’est un reniement total (…) cette déclaration, prononcée qui plus est à Belém, au cœur du territoire de nos concurrents agricoles, sonne comme un nouvel affront », s’est insurgé le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau. « Nous appelons les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord inacceptable et à défendre nos producteurs », martèle-t-il.

La Confédération paysanne dénonce « une trahison ». « Il nous avait dit, la main sur le cœur, au Salon de l’agriculture, qu’il s’opposerait à cet accord. C’était sa responsabilité d’aller chercher le soutien des autres États membres pour trouver une minorité de blocage. On est plus qu’en colère », a déclaré à l’AFP un de ses porte-parole, Stéphane Galais.

Un Président discrédité

« Macron veut ratifier le Mercosur, ouvrir nos marchés à des produits fabriqués avec des normes interdites chez nous. Un président aussi discrédité devrait se taire et laisser le Parlement décider ! », conspue le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Emmanuel Macron s’est défendu en citant l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.

« Aucune « clause de sauvegarde » ne fera le poids face à un compétiteur aux exploitations 100 fois plus grandes, aux salaires 5 fois inférieurs au Smic et qui déforeste à tour de bras », tacle le député GRS Emmanuel Maurel.

La représentation nationale a déjà affirmé à plusieurs reprises le rejet du texte. Deux résolutions s’opposant à l’accord de libre-échange, portées par les groupes socialiste et insoumis ont été adoptées le 30 janvier 2025 par les députés. Deux mois plus tôt, en novembre 2024, le gouvernement avait convoqué un débat suivi d’un vote confirmant l’opposition de la France à ce traité, approuvé par 485 élus sur 555 votants.

L’accord avec le Mercosur, c’est le renoncement à nos paysans, à notre modèle agricole et à nos engagements climatiques. Le Parlement a dit non. Les Français le rejettent. Et malgré tout, le Président s’apprête à dire oui. C’est une faute grave.

Dominique Gerbault

« Depuis la France, je regarde mon pays, le Soudan, s’effondrer » (Politis)

Salih Mo, originaire du Soudan, vit à Calais. Il raconte son déchirement de voir la guerre qui oppose deux généraux et ravage son pays depuis des mois.

Au Soudan, les morts encombrent les rues depuis des mois. À tel point que les Forces de soutien rapide (FSR) conduites par le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », coupables de ces massacres, entreprennent une vaste entreprise de dissimulation de preuves. C’est le cas à El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, où des images satellitaires ont révélé l’existence de fosses communes. À plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de là, à Calais, où vit Salih Mo, originaire du Soudan, les informations s’affichent sur son téléphone et sont constamment dramatiques. Mais il parvient malgré l’horreur à nouer des liens de solidarité avec la communauté soudanaise locale et des personnes solidaires du coin.

« Je viens du Soudan, un pays que j’ai quitté le cœur lourd, emportant avec moi les bruits de la guerre, les visages de ceux que j’aime, et l’espoir têtu de survivre. La guerre m’a tout pris, sauf la volonté de continuer. J’ai vu ma ville se vider de sa vie, j’ai entendu les cris, senti la poussière brûlante des bombardements et, un jour, j’ai compris qu’il fallait partir. Le départ n’a pas été un choix, mais une urgence. On ne quitte pas sa terre parce qu’on le veut, mais parce qu’on ne peut plus y vivre. J’ai traversé des frontières, des silences, des nuits sans sommeil. Chaque pas vers l’inconnu était un adieu.
Sur le même sujet : Soudan : une guerre par procuration

En arrivant en France, je croyais trouver enfin un peu de paix. Mais le destin avait encore une épreuve à m’imposer. Peu de temps après mon arrivée, j’ai eu un grave accident de la route. Ma jambe a été brisée, trois opérations ont suivi, et des mois à l’hôpital m’ont enfermé dans un autre type de guerre – celle du corps et de la patience. Allongé sur un lit d’hôpital, loin des miens, j’ai souvent pensé à la fragilité de la vie. J’avais fui les bombes pour me retrouver face à un autre combat : celui de la douleur, de la solitude, et de la lente reconstruction.

Avec le temps, j’ai recommencé à marcher, à rêver, et j’ai repris mes études universitaires, dans l’espoir d’achever ce que la guerre avait interrompu. Je croyais que, cette fois, la vie me laissait enfin une chance. Mais un jour, la guerre est revenue, comme une ombre que l’on ne peut fuir. Je ne sais pas ce que nous avons fait, nous, les enfants du Soudan, pour que la vie nous punisse de toutes les manières possibles.

Depuis la France, je regarde mon pays s’effondrer, encore une fois. À El-Fasher, les habitants vivent aujourd’hui un enfer. Les bombardements ne cessent pas, les civils meurent dans l’indifférence, les hôpitaux sont détruits, les enfants manquent de nourriture et d’eau. Les rues sont pleines de peur et de poussière. Chaque jour, je reçois des nouvelles terribles : des proches blessés, des familles déplacées, des quartiers entiers effacés.

Cette douleur ne me quitte pas. Même loin, nous portons la guerre dans nos cœurs. Nous ne parvenons plus à nous concentrer, nous pensons sans cesse à ceux qui sont restés là-bas, prisonniers de la faim et du silence. Nous cherchons comment les aider, comment faire sortir nos familles de cette tragédie qui semble sans fin. Et pourtant, au milieu de cette obscurité, il y a des mains qui se tendent. Des personnes et des organisations, discrètes mais présentes, qui nous soutiennent, qui nous écoutent, et qui partagent notre douleur. Elles ne viennent pas seulement apporter une aide matérielle, mais aussi une chaleur humaine, une attention sincère. Elles ont ressenti, à leur manière, une part de notre souffrance.

Pourtant, malgré tout, je garde au fond de moi une petite lumière – celle de l’espérance, têtue, fragile, mais vivante. Parce que tant qu’on continue à raconter, à témoigner, à aimer, la guerre n’a pas totalement gagné.

Politis, le 7 novembre 2052

« Nous ne pouvons pas laisser Bardella et Aliot se croire en pays conquis à Perpignan » (L’Indep)

Jordan Bardella a désormais ses habitudes à Perpignan pour le 11-Novembre. Comme en 2024, il sera aux côtés du maire Louis Aliot pour les commémorations 2025. La veille, le président du RN dédicacera son nouveau livre « Ce que veulent les Français », à 17h au Palais des congres de la ville. Ce retour du favori des sondages pour la Présidentielle 2027 mobilise le Nouveau Front Populaire local. « Bardella vient à nouveau à Perpignan déverser la haine antisociale et antidémocratique du parti de Le Pen. Nous ne pouvons pas laisser Bardella et Aliot se croire en pays conquis a Perpignan et dans notre département », lance le NFP.

Il appelle à « un rassemblement unitaire » le lundi 10 novembre à 16h30 à proximité du Palais des congrès « où le président du RN-FN vient dédicacer son dernier livre.
Ce que nous voulons, c’est d’en finir avec les idées ultra-réactionnaires de l’extrême droite qui gangrènent le champ politique à droite et s’attaquent à nos droits et conquis sociaux et démocratiques. Ce que nous voulons, c’est une société solidaire de démocratie et de justice sociale »
, signent CGT, Collectifs locaux NFP Cabestany, PS, Perpignan Nord, Debout !, JC, l’Après, LDH, Mouvement de la Paix, MRAP NPA, PCF, RESF, Union Progressiste Perpignan.

T. B. (L’Indépendant, le 7 novembre 2025)