Fin de la grève à Médipôle. « On se sent résignés et fatigués », une victoire en demi-teinte pour les soignants (L’Indep)

Après 32 jours de conflit social, la grève a la clinique Médipôle prendra officiellement fin ce mardi à 7 heures du matin. Un accord a été signé entre la direction et les syndicats ce lundi. Mais pour les derniers grévistes, cette victoire, qui ne leur apporterait pas de nouveaux droits, a un gout d’inachevé.

Trente-deux jours de lutte plus tard, les syndicats et la direction de la clinique Médipôle ont trouvé un accord. Une signature ratifiée en ce lundi de Pentecôte autour de quatre grands principes : la reconduction du contrat d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail.

« La lutte a payé », confirme la déléguée syndicale CGT Anne-Laure Affani. « Les vraies victoires sont les 1 500 € assurés pour les cinq prochaines années et l’émergence de l’idée d’une prime pérenne ». « Des avancées significatives ont, dans le cadre de cet accord, été réalisées par la direction », affirme le groupe Elsan dans un communiqué. « Permettant ainsi de renouveler le contrat d’intéressement, de finaliser les négociations annuelles 2026 et d’anticiper celles de 2027. »

La direction confirme la reprise du travail ce mardi à 7 heures. « Une attention particulière sera portée à la reprogrammation des soins qui avaient du être différés, afin de garantir aux patients une prise en charge rapide », précise encore la direction.

Cette signature sonne la fin d’un très long conflit social. Mais peut-être pas le glas. Car ce lundi 25 mai, dans les rangs dégarnis des grévistes, les derniers protestataires n’ont ni l’impression d’avoir gagné la bataille, ni celle d’avoir perdu la guerre. « De manière générale, nous n’avons pas eu ce que l’on voulait, c’est-à-dire une prime pérenne conséquente et des conditions de travail améliorées », confie une soignante. « Au final, nous avons juste obtenu le maintien de ce que la direction voulait nous supprimer. Mais nous n’avons gagné aucun nouveau droit alors que l’on continue de nous en demander toujours plus. »

Certains personnels ne s’en cachent pas, la reprise du travail ce mardi matin se fera sans optimisme. « Franchement, tout cela n’est pas très encourageant », confirme une salariée de Médipôle. « On se sent résignés et fatigués par la charge de boulot mais aussi par ces longues journées de conflit. Nous avons réussi à gratter le maintien de quelques acquis mais pour cinq ans à peine. Après, que se passera-t-il ? Cela ne va pas aller en s’arrangeant. »

Après trente-deux jours de lutte acharnée pour un conflit social qui aura mobilisé jusqu’au préfet des Pyrénées-Orientales et le tribunal administratif de Montpellier, comment reprendre un dialogue social serein au sein de la clinique Médipôle ? En s’adressant aux derniers grévistes présents ce lundi, la déléguée syndicale CGT, Anne-Laure Affani, tentait justement de recruter parmi les ultimes motivés.

« Nous avons réussi à mobiliser jusqu’à 300 personnes durant cette grève. Si vous voulez renforcer les équipes militantes pour faire des choses plus grandes, sachez que nous, nous ne lâcherons rien. Nous avons créé des liens entre les syndicats et les différentes structures. Nous allons les poursuivre car nous pourrions réaliser des choses encore plus grandes. Il nous reste des années à bosser, au moins jusqu’à 64 ans, nous devrons encore affronter de nombreuses luttes. »

Valéry Folcher, le directeur, assure ce lundi, lui, que « l’heure est désormais à la reconstruction collective, au dialogue et à la confiance retrouvée. Notre responsabilité commune est de recréer les conditions d’un fonctionnement serein, respectueux des engagements pris et résolument tourné vers l’avenir de notre établissement, au bénéfice des patients du territoire ».

À Médipôle, le dialogue social est ressuscité en ce lundi de Pentecôte. Les soignants vont retrouver un quotidien qui n’a rien d’un électrocardiogramme plat. « On a plutôt l’impression de devoir avoir six bras », lâchaient-ils en-fin.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 26 mai 2026)

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