25 novembre 2025 : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Au travail aussi, il faut des actes et des moyens !

Les violences faites aux femmes au travail sont massives. Ainsi elles touchent les femmes de toutes professions, du secteur privé comme public et de toutes catégories socioprofessionnelles.

Le 20 octobre 2025, dans un communiqué, l’intersyndicale a alerté sur la profondeur de la colère sociale. Le budget à l’étude n’apporte aucune réponse à la hauteur et fait peser l’essentiel des efforts sur le monde du travail. Nos organisations syndicales demandent un budget de justice sociale et fiscale qui prend en compte l’objectif d’égalité salariale femmes/hommes. La lutte contre les violences faites aux femmes implique de se doter d’un plan global interministériel adossé à des moyens pour prévenir et traiter rigoureusement les violences sexistes et sexuelles. Dans ce cadre, les services publics – en particulier ceux de la santé, la justice, la police, l’éducation – doivent être renforcés et bénéficier d’un budget à la hauteur des enjeux que représente l’éradication de ces violences.

Aujourd’hui encore : 9 % des viols ou tentatives de viols ont lieu au travail, 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail et 70 % de ces victimes de violences au travail déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur. Pour celles qui parlent, c’est souvent la double peine : 40 % estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement.

De trop nombreux employeurs, qu’ils soient publics ou privés, ne respectent pas leurs obligations relatives à la santé et sécurité des travailleuses et des travailleurs en matière de prévention, de protection des victimes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Les budgets alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes sont encore trop faibles, mal répartis et imparfaitement évalués comme l’indique le rapport sénatorial d’information déposé le 2 juillet 2025 sur « l’évolution du financement de la lutte contre les violences faites aux femmes ».

Le delta est énorme entre les budgets dépensés de 171,6 millions d’euros et ceux nécessaires pour répondre aux besoins estimés à 3,1 milliards d’euros selon la fondation des femmes.

Ainsi dans le domaine du travail, il est urgent de franchir de nouvelles étapes en matière de prévention, d’obligations et de sanctions pour lutter contre ces violences et renforcer la protection des victimes. Le lieu de travail doit pouvoir être une ressource pour la lutte contre les violences conjugales et intra-familiales, par la mise en œuvre de mesures spécifiques et la prise en charge, par le service social du travail de l’entreprise, de l’accompagnement de la victime.

  • La France doit s’aligner sur les meilleures législations européennes, en transposant notamment dans les meilleurs délais la directive 2024/1385 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Elle doit aller au bout de ses engagements et des concertations doivent être rapidement ouvertes pour intégrer ces nouvelles obligations et de nouveaux dispositifs dans la loi :
  • Faire un bilan rigoureux des mesures de 2018 et identifier les nouvelles dispositions à adopter ;
  • Construire un baromètre annuel sous l’égide du Haut Conseil à l’Égalité pour évaluer le ressenti des travailleuses sur les violences sexistes et sexuelles au travail, dans le secteur privé comme dans les fonctions publiques ;
  • La mise en place de sanctions dissuasives pour toutes les entreprises et établissements qui n’ont pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles et de dispositif de signalement ;
  • Des droits pour protéger les victimes de violences conjugales, conformément à la convention 190 et la recommandation 206 de l’OIT : abrogation des jours de carence en cas d’arrêt maladie et de la décote salariale de 10 % pour les agentes de la fonction publique, interdiction de licenciement, droit à absences rémunérées pour faire ses démarches, droit à la mobilité géographique et fonctionnelle ;
  • L’obligation de formation des personnels des ressources humaines, personnels encadrants, élu·es dans les instances représentatives du personnel (comité sociaux CSE / CSA…) ;
  • Des moyens pour que les référent∙es harcèlement sexuel/agissement sexiste des CSE et les élues VDHA (violence, discrimination, harcèlement, agissement sexiste) puissent jouer leur rôle syndical : prérogatives clairement définies, temps de délégation, formations… ;
  • L’obligation annuelle d’une campagne de sensibilisation sur les violences sexistes et sexuelles auprès de l’ensemble des salarié∙es sur leur temps et lieu de travail ;
  • L’obligation de mise en place de dispositifs de prévention spécifiques pour les travailleuses et travailleurs les plus vulnérables et notamment les jeunes, les précaires, les apprenties, les personnes LGBTQI+, les travailleuses de nuit ou en milieu non mixte… ;
  • Des droits pour que les victimes de violences sexistes et sexuelles travaillant dans des entreprises sans représentant∙e du personnel puissent être défendues et accompagnées par un syndicat face à leur employeur ;
  • Un accès aux soins garanti avec le remboursement à 100 % des consultations en psycho-traumatologie pour les victimes ;
  • La mise en œuvre partout et sans délai du programme EVARS (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle, et Sexuelle ) dans les écoles et les établissements, avec le recrutement de personnel médico-sociaux à hauteur des besoins.

Les violences sexistes et sexuelles au travail ne sont pas une fatalité

Transformer le travail, c’est transformer la société tout entière !

Taillet. Yvonne Poullain, « la guerrière de l’ombre » (L’Indep)

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines… ». C’est accompagnée par le Chant des partisans cher à son cœur de militante qu’Yvonne Poullain a quitté un monde qu’elle a souhaité, toute sa vie, rendre meilleur. Engagée dès sa jeunesse dans les rangs du Parti Communiste, elle a mis toute son énergie pour apporter humanité et bienveillance à une société qui la préoccupait mais en qui elle avait foi malgré tout.
Née à Cherbourg en 1926, elle a connu très tôt la responsabilité de fille aînée d’une fratrie de neuf enfants en période de guerre et de misère. Plus tard, elle devient aide-soignante à l’hôpital de Lagny, rencontre Francis et tous deux militent pour la paix en Algérie, sont de tous les fronts, toutes les luttes, solidaires également du combat pour la liberté des républicains espagnols… Le mariage en 1954 et la naissance de Pierrot, puis d’Anne-Claude ouvrent une ère de bonheur avant la bascule du destin, la maladie de leur fils et sa disparition à 34 ans. De mutations en activités syndicalistes constantes, le courage et l’abnégation étaient leur lot quotidien. Trois petites-filles, Alexandra, Laëtitia et Jessica, leur ont apporté la joie, famille aimante pour qui Francis avait commencé à écrire le récit de sa vie. En 1990, ils emménagent à Taillet, non loin de leur fille, leur dernière résidence, où ils créent une « cellule » pour continuer à se rassembler, discuter, décider. Et Yvonne demeure après le départ de son époux, égale à elle-même, appréciant « la gentillesse des braves gens de mon entourage ». Participant toujours avec plaisir, et gourmandise, aux festivités organisées dans le village, accompagnée dans son fauteuil par un ami proche, elle ne manquait aucune séance de gymnastique douce avec Ilan. Elle parlait facilement de sa vie et de ses com-bats, souhaitant transmettre le souvenir de ces évènements sociaux et politiques qui ont marqué notre pays. Ismaël, jeune étudiant, a été félicité par ses professeurs pour avoir relaté lors d’un examen le témoignage qu’Yvonne lui avait transmis, récit poignant de sa vie en temps de guerre. « Yvonne était une grande dame, la force, la résilience et l’humilité incarnées, la lutte chevillée au corps et au cœur ». Elle a souhaité exprimer par la voix de sa petite-fille sa « profonde gratitude envers les belles personnes qui m’ont entourée jusqu’à mes derniers instants ».

M. M.-F. (L’Indépendant, le 21 novembre 2025)

Les familles d’accueil des Pyrénées-Orientales dénoncent un manque de moyens qui pèse sur la prise en charge des enfants (Ici Roussillon)

Le 20 novembre, c’est la journée mondiale pour les droits de l’enfant. Dans les Pyrénées-Orientales, les assistants familiaux, ceux et celles qui accueillent les enfants placés, sont en colère. Céline Villagrasa, déléguée CGT et assistante familiale, réclame de meilleures conditions de travail.

C’est une colère qui gronde depuis deux ans chez les assistants familiaux des Pyrénées-Orientales. Ces familles qui accueillent des enfants placés, aux parcours de
Céline Villagrasa en accueille trois dans son domicile de Vernet-les-Bains. Elle est déléguée CGT pour les assistants familiaux du département. La semaine dernière, elle a rencontré Hermeline Malherbe, la présidente du Conseil départemental. Et le rendez-vous ne s’est pas très bien passé selon elle : « Sur la table des négociations, on ‘na pratiquement rien obtenu. Nous, ce qu’on demande, c’est l’augmentation de l’indemnité journalière – elle est actuellement de 15 euros par enfant par jour – au niveau de la moyenne nationale qui est de 20 euros par enfant et par jour. »

La présidente du Département s’est défendue en assurant que le désengagement de l’État contraignait la collectivité à des économies. « Nous avons conscience que l’État se désengage financièrement. Le problème, c’est qu’à un moment donné les élus ont une responsabilité politique, ça ne peut pas retomber sur les enfants » pour Céline Villagrasa.

Les assistants familiaux demandent aussi un week-end par mois de congés, durant lequel les enfants pourraient être accueillis dans des familles-relais.

Alice Fabre (Ici Roussillon, le 20 novembre 2025)

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Le billet d’Yvon Huet. J’ai mal à la Palestine…

J’ai pu voir le film « Put your soul on your hand and walk (Mets ton cœur sur la main et marche) » hier au cinéma le Castillet dans le cadre d’une initiative de la LDH 66, d’Amnesty International et de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité). Fatem, femme journaliste palestinienne, témoigne de la violence de l’occupation israélienne qui détruit tout, massacre à tout va et réduit à la famine les survivants d’un véritable génocide. Cette résistante courageuse qui s’ajoute à tous les martyres de la Palestine n’y survivra pas, écrasée à l’automne 2024 dans son appartement avec sa famille sous les bombes de l’armée israélienne.

Le dialogue en visio au téléphone entre la réalisatrice documentariste franco-iranienne, survivante de la répression de Mollah en Iran, Sepideh Farsi, donne la dimension de cette catastrophe humanitaire orchestrée par Israël, avec la complicité des USA et de l’UE. Ce film peut s’adresser particulièrement aux spectateurs occidentaux qui ne seraient pas encore convaincus de l’étendue des crimes de guerre de la gouvernance israélienne… Même si le contexte est bien différent, j’ai le même sentiment d’écœurement que j’ai eu autrefois en allant voir le film Nuit et Brouillard auquel m’avait amené ma mère quand j’étais adolescent.

Je ne dis pas que c’est la même chose, mais ça y ressemble terriblement. Ceux qui ont organisé le génocide, ce qui n’excuse pas le pogrom du Hamas du 7 octobre, ne valent pas mieux que ceux qui ont ensanglanté l’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale au nom d’une autodéfense raciale qui fait oublier que les Juifs et les Palestiniens sont des cousins autant que les Ukrainiens et les Russes au même titre que les Allemands étaient les cousins de tous les peuples européens qui les entouraient… Il est temps de faire taire tous les faiseurs de haine qui, dans le monde, précipitent l’humanité dans le gouffre d’une barbarie dont elle ne sortira que les pieds devant.

À voir et à faire voir sans modération

Yvon Huet

L’édito du TC par René Granmont. Débattre à partir du véritable réel

Le point de vue des milliardaires s’étale partout. Ils possèdent presque tout ce que compte le monde des médias : chaînes d’info en continu, journaux, radios, plate-formes numériques… Cela leur permet de fabriquer « leur réel », de modeler les consciences, d’infliger leurs mensonges comme la seule vérité, d’imposer ce qui mérite d’être discuté, ce qui doit être oublié… Tout doit plier devant leur vision de la société et leurs choix pour l’avenir. Et interdit de sortir du rang ! Vous voulez organiser un colloque d’historiens sur l’histoire de la Palestine au Collège de France ?

Interdit dit le ministre de l’Enseignement supérieur (une première depuis Napoléon III ! ). New-York se dote d’un maire de gauche ? « C’est un antisémite » clament toutes les chaînes ! De Trump à Macron, nous avons aujourd’hui basculé dans le monde de « la post-vérité » où les mots sont vidés de leur sens, de leur complexité pour interdire tout débat qui, de près ou de loin, pourrait remettre en cause un système capitaliste (utilisons les mots justes ! ). D’où la nécessité, devant cette manipulation permanente de l’actualité, de faire connaître des informations claires, vérifiables, de fournir des éléments d’analyses précis, conditions absolument nécessaires pour permettre un débat réellement démocratique où les citoyennes et citoyens peuvent choisir en connaissance de cause. C’est ce qu’a voulu faire Le Travailleur Catalan en publiant cet imposant dossier sur la réalité économique des Pyrénées-Orientales. Sur son évolution, sur les idées fausses la concernant, sur ses caractéristiques essentielles, sur les difficultés (pauvreté, chômage, précarité, logement…) qui persistent… Certes, ce dossier, loin d’être exhaustif, mérite d’être complété, affiné, approfondi. Mais il permet néanmoins d’ouvrir un profond débat sur les causes des difficultés et sur les solutions à mettre en œuvre pour les résoudre. Ce que ce journal a voulu amorcer en interrogeant le secrétaire départemental de la CGT et un responsable du PCF 66.

P.S. : Certains d’entre vous jettent peut-être pour la première fois un œil dans le Travailleur Catalan… Rappelons-leur donc que ce journal presque nonagénaire n’est pas, comme près de 90 % de la presse française, la propriété de quelque milliardaire qui, en investissant dans la presse, ne vise absolument pas le moindre profit financier, mais simplement à imposer sa vision du monde. Le TC, réalisé presque totalement par des bénévoles, ne vit très difficilement que grâce à ses lecteurs, grâce à leur soutien financier. Aussi nous vous invitons à rejoindre la belle famille de ses lecteurs en vous abonnant et/ou à répondre à notre appel à souscrire pour assurer la persistance de cet hebdomadaire…

À lire dans Le Travailleur Catalan spécial des clés pour comprendre l’économie des P.-O. (n° 4092 – vendredi 21 novembre 2025)

L’édito de René Granmont. Débattre à partir du véritable réel
Les annonces

Dossier économie des P.-O.

Présentation. De très fortes inégalités dans tous les domaines…
Pas plus de fonctionnaires qu’ailleurs
Historique. Retour sur une tradition agricole
L’économie locale. Une économie rentière ? À savoir ?
Démographie. Un département vieillissant
Les industries. Elles existent dans le département
Agriculture. Des défis majeurs à relever
Le logement. Pauvreté et résidences secondaires
L’activité commerciale. Un secteur en crise
Le tourisme. Un atout majeur des P.-O.
Les transports. Casse du rail et surcharge des routes
Interview. La politique gouvernementale est responsable de cette situation
Propositions du PCF. Changer la donne !

Département

UNAPEI 66. La CGT départementale dénonce un « management toxique »
Café citoyen. À Saint-Jacques, tenir compte de l’avis des habitants
En Català. Les cinc arques. Capitol 3 (2)

Culture

Ligue de l’enseignement. Éveiller les jeunes à la culture et à la citoyenneté
Concert. Le petit Poucet
Les jeudis au Médiator
Hommage. La disparition de Michèle Audin
Où sortir ?
Musique sacrée. Belle vitalité

France

Boualem Sansal. Enfin libéré, la France n’y est pour rien

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Le sens utile du 13 novembre

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