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Mobilisés contre les violences faites aux femmes (L’Indep)
Paris, Montpellier, Lille, Lyon, Bordeaux. Des manifestations, à l’appel d’associations féministes, se sont élancées, samedi, dans plusieurs dizaines de villes pour exhorter l’Etat à « révolutionner » la politique de lutte contre les violences faites aux femmes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les dernières données rendues publiques, jeudi, par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), en 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, un chiffre en hausse de 11 % sur un an.
Une femme est victime, par ailleurs, de viol, tentative de viol ou d’agression sexuelle toutes les deux minutes. Et de harcèlement sexuel, d’exhibition sexuelle ou d’envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel toutes les vingt-trois secondes.
Une loi-cadre intégrale
« Les violences et l’impunité des agresseurs persistent, huit ans après l’élection d’Emmanuel Macron », déplore le collectif Grève féministe, qui regroupe des associations, syndicats et fédérations en première ligne sur ce combat.
Les défenseurs des droits des femmes demandent, notamment, l’adoption d’une loi-cadre intégrale contre les violences, un budget de 3 Mde, ou encore l’effectivité des cours d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Mais aussi l’arrêt de la baisse des financements des associations qui viennent en aide aux victimes.
L’Indépendant, le 23 novembre 2025
Anti-franquiste dans les P.-O. Jean Vila.« Ici, contre Franco, c’était profond » (L’Indep)
Dès le milieu des années 1960, Jean Vila a été de toutes les manifestations anti-franquistes dans les Pyrénées-Orientales. Mais il a aussi effectué des dizaines de voyages de l’autre côté de la frontière, de Figuères à Saragosse ou Barcelone, pour convoyer clandestinement, et non sans risques, des dirigeants communistes espagnols attendus à des réunions secrètes en France.
De Jean Vila, on connait les nombreux mandats électifs (maire de Cabestany de 1977 à 2021, conseiller général et régional, député), moins l’engagement auprès des républicains espagnols. Fils de la Retirada, communiste, il est doublement « sensibilisé », comme il dit, à la cause des anti-franquistes puisque le parti est interdit en Espagne à l’arrivée de Franco. C’est donc en France que les dirigeants communistes espagnols se réunissaient grâce à des passeurs. Jean Vila était de ceux-là.
Passeur
« J’ai fait ça pendant dix ans », livre-t-il aujourd’hui. De 1965 à 1975, accompagné de son épouse « car un couple était moins soupçonné », il traversait la frontière au Perthus et ralliait des points de rendez-vous tantôt à Figueres, tantôt à Barcelone et jusqu’à Saragosse. Le militant communiste muni de faux papiers à bord (militant dont il ne connaissait presque rien), retour en France par le même chemin.
Avec des policiers et des douaniers aux aguets. « Le risque, c’est qu’ils étaient pistés par la police espagnole, la Guardia civil, on pouvait tous se faire arrêter en Espagne, raconte-t-il. On avait des consignes si on se faisait arrêter, c’était de dire qu’on avait pris un type en auto-stop et qu’on ne connaissait rien de lui. Je n’ai jamais été arrêté au Perthus, j’ai eu beaucoup de chance ».
L’expédition s’arrêtait généralement en gare de Perpignan ou les militants embarquaient pour Paris. Mais parfois, les réunions se déroulaient au domicile perpignanais des époux Vila. Une adresse près des Remparts déjà connue de la diaspora « La femme qui l’habitait avait déjà des relations avec les Espagnols et elle m’avait dit « moi je suis prête à louer à quelqu’un qui va continuer à s’occuper des Espagnols ». C’est comme ça que j’ai occupé cette maison un certain nombre d’années avant de m’installer à Cabestany ».
Parallèlement étaient organisées des manifestations à Perpignan, que l’historien catalan Alfons Aragoneses qualifie d’« actes de résistance ». « Ces manifestations, où on demandait le départ de Franco ont aide à organiser la résistance à l’intérieur du pays », estimait ce spécialiste du franquisme le 25 mai 2025 dans L’Indépendant. Jean Vila les appelle « des manifs de soutien avec des communistes, des socialistes, tous les gens attachés à la liberté et à la démocratie en Espagne. Ça mobilisait beaucoup ici, il y avait beaucoup de monde dans les rues parce qu’il y avait une population issue de la Retirada qui est devenue militante » Et d’insister : « Ici, contre Franco, c’était profond. Ils avaient fui leur pays et beaucoup étaient morts durant le passage de la frontière et ce qui les a beaucoup aidés, c’était la solidarité en pays catalan. Beaucoup de liens s’étaient créés C’était chouette et d’ailleurs il y a des commémorations chaque année aux points de passage du département. Et pendant tout le règne de Franco, il y a eu une solidarité importante avec également des points de passage à Cerbère ou Saint-Laurent-de-Cerdans pour la propagande aussi, les tracts, passaient par la montagne dans des sacs à dos ».
« Franco assassin »
« Le consulat d’Espagne à Perpignan était envahi régulièrement, se souvient encore l’élu. Et chaque fois qu’un militant se faisait choper, on allait manifester ». Parfois jusque dans les locaux mêmes de la rue Franklin, où simprovisaient des seatings. Une poignée d’élus ou responsables politiques de gauche défilaient en tête dans les rues de Perpignan ou du Perthus. « Je me souviens de Pierre Estève (élu PS des P.-O. disparu en février 2025-NDLR), Jean Catala qui était conseiller général du Vernet, Henri Costa qui était secrétaire fédéral du PC, Roger Samber, communiste aussi ». Avec eux, de nombreux jeunes « gauchistes » brandissent les banderoles « Franco assassin », La dictature tombée, Jean Vila retourne à Madrid en 1977, invité à la première « fiesta del PC espanol ». Son père, réfugié en France depuis 1939, attendra 1985 pour revenir dans son pays, « avec encore de la crainte et de l’appréhension ».
Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 23 novembre 2025)
Il y a cinquante ans, l’Espagne était libérée de Franco (L’Indep)
Le 20 novembre 1975, le dictateur espagnol mourrait, dans son lit, après une agonie outrageusement médiatisée. Et surtout, après 39 ans d’un régime répressif.
« Espanoles… Franco ha muerto ». La phrase, prononcée d’une voix sinistre et étranglée à la télévision nationale, a marqué les Espagnols. Elle était le signal de la fin de quatre décennies d’oppression et de crimes, mais elle plongeait aussi le pays dans l’incertitude du lendemain. L’histoire a heureusement, et rapidement, tourné en faveur des démocrates. Et alors que cet automne marque les cinquante ans de la mort du Caudillo, l’Espagne ignore les nostalgiques de la dictature pour poursuivre la réparation des mémoires et des vivants.
Après, pêle-mêle, la création d’un (très actif) ministère de la Mémoire démocratique, l’identification et la reconnaissance de victimes, l’ouverture d’archives, le déboulonnage de statues, l’exhumation du cercueil de Franco de la Valle de los Caidos où il reposait honteusement à côté de ses victimes, c’est prochainement la Fondation Franco qui devrait disparaitre. Un demi-siècle pour rendre justice, retrouver honneur et dignité. C’est peu a hauteur d’un si grand pays, beaucoup à hauteur d’Espagnols. Davantage encore pour les sacrifiés et les réfugiés de la guerre civile et leurs enfants. Et eux plus que d’autres savent que la menace d’un régime autoritaire n’est pas morte avec Franco, mais qu’elle plane. En Espagne, en France, en Italie. Ailleurs.
Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 23 novembre 2025)
Fabien Roussel : « Nous ne voulons plus de leurs trafics » (La Marseillaise)
Au milieu des débats budgétaires et à quelques mois des municipales, le secrétaire national du PCF se rend à Marseille pour y tenir un meeting, dimanche à partir de 13h30 au parc Chanot, afin de présenter un pacte d’avenir pour la France. Une actualité bousculée par l’assassinat de Mehdi Kessaci, et la marche blanche organisée en sa mémoire, à laquelle participera Fabien Roussel.
La Marseillaise : Vous arrivez ce week-end à Marseille dans un contexte particulier, une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci. Quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?
Fabien Roussel : À chaque fois que j’entends un drame lié aux narcotrafiquants qui provoque une mort ou un blessé grave, je suis profondément choqué que ces narcotrafiquants viennent pourrir nos vies. Mais quand j’ai appris que cette fois-ci il s’agissait d’un jeune homme tué parce qu’il est le frère d’un autre jeune homme qui se bat contre les narcotrafics, j’ai été sidéré de voir jusqu’où ces truands, ces bandits, étaient capables d’aller pour faire leur commerce de la mort. Ce crime odieux doit être pris à ce niveau. On a en face de nous des truands, des criminels totalement décomplexés, qui sont prêts à tout. En face, nous ne devons pas leur céder un pouce de terrain. Je trouve extrêmement courageux de la part d’Amine de rester digne, droit et déterminé à mener ce combat-là.
La Marseillaise : Beaucoup de responsables parlent d’un nouveau cap franchi, avec un assassinat d’intimidation, qui vise un militant politique. Vous partagez ce constat ?
Fabien Roussel : C’est difficile de le caractériser. Mais c’est un assassinat horrible, pour empêcher Amine de mener son combat contre les narcotrafiquants. J’ai du mal à mettre un qualificatif derrière. Un assassinat est un assassinat. Mais ce qu’ils ont fait en tuant Mehdi, c’est de franchir un pas plus grave. Cela montre que ces criminels sont extrêmement dangereux. Tout autant que le sont des terroristes qui tuent des civils innocents.
La Marseillaise : Vous allez participer ce samedi à la marche blanche organisée à Marseille à l’appel de la famille, pourquoi avez-vous souhaité y aller ?
Fabien Roussel : Parce qu’Amine entend continuer ce combat, et que ce combat est juste, nous devons tous être avec lui. Pas derrière, mais avec lui, pour faire front, pour garder la tête haute et pour dire que nous ne leur céderons pas un pouce de terrain. Nous ne les voulons plus dans nos quartiers, dans nos halls d’entrée, nous ne voulons plus de leurs menaces, de leurs balles perdues, de leurs trafics de drogue. Nous n’en voulons plus ! C’est important d’être à côté d’Amine mais aussi à côté de toutes ces associations, de tous ces élus, de toutes ces forces de police, de tous ces magistrats qui se battent contre les narcotrafiquants. Nous devons être unis. La population, le peuple doit faire bloc et envoyer un message extrêmement fort pour leur dire : vous ne nous faites pas peur, nous ne céderons pas.
La Marseillaise : Sur la question du narcotrafic, on a l’impression que la droite, que l’extrême droite surtout qui veut imposer un état d’urgence à Marseille, sont plus audibles que les forces de gauche. Comment l’expliquez-vous ?
Fabien Roussel : La droite comme l’extrême droite, depuis des années, ont des mots durs pour parler de sécurité. Mais de l’autre côté, ils déshabillent complètement l’État, les différents ministères concernés, les communes, les différentes associations, de tous moyens d’action. Ceux qui appellent tous les jours à réduire la dépense publique sont coupables de désarmer les services de l’État, la justice, la police, les services publics qui sont tous les jours en première ligne dans ces quartiers. Dimanche j’entends dénoncer cette hypocrisie de la part de ceux qui viennent verser des larmes de crocodile quand il y a ces drames, mais derrière quand il s’agit de voter des crédits pour embaucher des policiers, des douaniers, des magistrats, donner des moyens aux communes, aux associations, sont absents ou appellent à faire des économies. Quand il s’agit de lutter contre les trafiquants, il ne peut pas y avoir de double langage. Il faut être capable de hausser le ton mais aussi de donner des moyens à la République, à l’État, d’être forts, extrêmement forts pour résister à ces bandes qui elles ont des moyens illimités.
La Marseillaise : Quelles propositions justement peut porter la gauche ?
Fabien Roussel : Je dirai deux mots : des services publics. Et derrière les services publics, c’est la force de l’État. Derrière les services publics, je mets autant les services publics de l’ordre, telle que la police, mais aussi celui du contrôle de nos frontières, les douaniers. Nous avons perdu 15 000 douaniers dans nos ports, nos aéroports, à nos frontières ! Ce sont des services publics qui devraient avoir tous les moyens pour garantir la protection de notre jeunesse et des habitants. Les services publics, c’est ceux de la justice, et derrière la justice je pense à la PJJ, à la protection de la jeunesse, aux moyens de pouvoir juger rapidement, sévèrement et justement ceux qui sont pris. Enfin, les services publics, c’est tout ce qui agit en matière de prévention. Cela va des moyens que l’on donne aux communes à la vie dans nos quartiers, aux logements, au sport, à la culture. C’est essentiel pour vivre ensemble. Et cela contribue à faire reculer aussi l’individualisme, le chacun pour soi, le système D, et donc les trafics. C’est donc une politique d’ensemble qu’il faut avoir, et tenir les deux bouts : la répression, la protection, mais aussi la prévention.
La Marseillaise : Vous aviez décidé avant cette actualité dramatique de venir à Marseille, tenir ce meeting national, loin de toute échéance nationale. Pourquoi ?
Fabien Roussel : Dans la période tendue dans laquelle se trouve la France, avec un gouvernement qui entend continuer à mettre en place des politiques d’austérité, dures économiquement, avec un budget qui ne permet pas à la France de répondre à ses besoins dans tous les domaines – l’emploi, les services publics, la sécurité – je tenais à ce que le Parti communiste français ait une parole forte pour dire que les solutions existent. C’est possible ! C’est possible de répondre aux attentes des salariés, de la jeunesse, des familles, des quartiers, des retraités. Nous produisons des richesses, qui sont injustement réparties. Et nous pourrions produire plus de richesses pour répondre aux immenses besoins de ce pays. Je souhaite montrer dimanche que la question de la réindustrialisation, de développer les services publics, c’est la perspective de créer des centaines de milliers d’emplois qui demain permettront de créer des richesses, de payer des cotisations, de financer notre modèle social. C’est par la production de richesses, par la réindustrialisation de la France, par des services publics forts que nous sortirons par le haut. Ce n’est pas par des politiques d’économies, d’austérité. Toutes ces économies demandées conduisent à rabougrir la France, c’est la petite France que nous proposent la droite et ce gouvernement ! Nous, nous avons une grande ambition pour la France. Et c’est cette grande ambition que je souhaite porter dimanche lors de ce meeting.
La Marseillaise : Vous avez évoqué les débats budgétaires, avec un texte qui pour la première fois fait l’unanimité contre lui… Quel regard vous portez sur ces débats, dans une Assemblée éclatée ?
Fabien Roussel : Le fait qu’il n’y ait pas de 49-3 et que les différents groupes sont appelés à construire un budget permet de révéler ce qu’un groupe porte et défend. Pour nous, les parlementaires communistes, nous sommes clairs sur ce que nous ne voulons pas. Tout ce qui conduit à taxer davantage le pouvoir d’achat des Français, nous n’en voulons pas. Mais ça permet aussi de dire tout ce que nous voulons pour la France, pour les travailleurs. En matière de justice sociale : hausse des salaires, baisse de la CSG sur les salaires, baisse de la TVA sur l’énergie, des moyens plus importants pour nos communes, pour nos services publics. Tout cela nous le défendons. Et nous disons aussi que nous sommes prêts à faire des concessions, à construire, parce que nous avons bien conscience qu’il faut chacun faire un pas l’un envers l’autre. Malheureusement, en face de nous, la droite et l’extrême droite sont extrêmement fermées à toute contribution supplémentaire que les plus riches, les plus fortunés pourraient faire pour financer les besoins de notre pays.
La Marseillaise : Nous avons vu aussi la gauche divisée à l’Assemblée…
Fabien Roussel : Je ne suis pas là pour parler des divergences à gauche, ce n’est pas mon sujet. Je ne suis pas là pour commenter les mots des uns contre les autres, mais pour dire ce que le Parti communiste français porte comme ambition pour le pays. Après, chacun prend ses responsabilités au moment du vote. Et les Français jugeront. Je sais ce que nous, nous défendons, ce que nous voulons pour le monde du travail, pour nos services publics, pour notre industrie, pour la paix. Je parlerai beaucoup de cette question-là dimanche, parce que tout est fait en ce moment pour préparer la France à la guerre. Nous sommes clairs sur ce sujet : ce n’est pas une question de déni, c’est une question d’objectif, d’ambition pour la France. Nous voulons la paix ! Et la paix, ça se négocie, ça se travaille.
La Marseillaise : Quelles propositions mettez-vous sur la table pour le budget ?
Fabien Roussel : Les propositions que nous portons, justement, c’est un changement radical dans la conduite économique de notre pays ! Nous voulons créer des emplois pour répondre aux besoins de notre pays en matière de sécurité, mais aussi pour le climat, la petite enfance, les personnes âgées, pour l’enseignement, pour la santé… Il y a des gisements d’emplois considérables, embauchons dans les services publics, dans les collectivités pour répondre à ces immenses besoins ! Il y a besoin de réindustrialiser la France. Nous proposons un choc fiscal permettant d’investir des dizaines de milliards d’euros tous les ans, comme le font les Allemands d’ailleurs, pour inciter les entreprises à relocaliser en France, à créer des emplois en France, à payer des salaires en France plutôt qu’à l’étranger. Et produire en France plutôt qu’à l’étranger. Les 211 milliards d’euros d’aides publiques doivent être utilisés à cela, et exclusivement à cela : relocaliser l’industrie française en France. Nous redresserons l’économie de notre pays par la production de richesses, une richesse permettant aux salariés de vivre dignement, avec un bon salaire, de payer des impôts et de consommer des produits réalisés en France. Cette question de la production est centrale, c’est le message que je souhaite faire passer dimanche, avec des propositions concrètes… que je vous livrerai dimanche !
La Marseillaise : Vous parliez des enjeux de la paix, vous avez vivement réagi sur les propos du chef d’état-major des armées qui parler d’« accepter de perdre des enfants »… Comment met-on un terme à ces discours guerriers ?
Fabien Roussel : Cela fait plusieurs semaines que je tire la sonnette d’alarme pour alerter sur le fait que le président de la République, dans ses déplacements, multiplie des déclarations va-t-en guerre, guerrière. Malheureusement, ce n’est pas ça qui domine dans l’actualité. La déclaration du chef d’état-major des armées permet au moins de sortir de cette ambiguïté. Il a dit tout haut ce que le président de la République dit dans ses réunions à l’extérieur, à l’international. Nous ne voulons pas que la France rentre en guerre, contrairement à ce que le président de la République souhaite. Plusieurs chefs d’État en Europe aujourd’hui sont en train de préparer les esprits à un conflit avec la Russie. Nous devons tout faire pour empêcher la généralisation du conflit. La guerre en Ukraine a fait près d’un million de victimes, morts et blessés, il est temps aujourd’hui de tout faire pour négocier. Il y a deux ans, j’avais présenté des propositions qui pouvaient être discutées. Toutes ces propositions avaient été balayées en disant que ce ne sera jamais d’actualité. Or aujourd’hui, elles sont au cœur des négociations. Nous appelons à ce que des négociations pour une paix juste et durable puissent s’accélérer et que tout soit mis en œuvre pour éviter la guerre. Et nous préférons que la France prenne la tête d’un combat pour la sécurité collective des peuples européens de l’Atlantique à l’Oural plutôt que la tête d’une armée européenne contre Moscou.
La Marseillaise : Donald Trump tente aujourd’hui d’imposer sa paix en Ukraine. Est-ce qu’elle serait viable ?
Fabien Roussel : Ne laissons pas les États-Unis imposer les conditions de la paix en Europe. C’est à nous Européens de construire les chemins d’une paix juste et durable parce que ce sont nous qui vivons ici. Pas les Américains ! Ce sont les Américains qui ont tout fait pour attiser les tensions avec la Russie sous les précédents mandats. Ce sont les Américains qui ont multiplié les bases de l’Otan à la frontière russe. Ce sont les Américains qui ont incité l’Ukraine à adhérer à l’Union européenne et à l’Otan. Il est temps maintenant que les Américains arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dans notre continent. Qu’ils s’occupent de leurs affaires et qu’ils laissent les Européens travailler à la paix.
La Marseillaise : À Gaza aussi Donald Trump a imposé son plan de paix, qui n’empêche pas que les bombardements se poursuivent encore ces derniers jours… Comment obtenir une paix définitive ?
Fabien Roussel : En prenant nous-même notre bâton de pèlerin pour la paix, et en arrêtant d’être suivistes des États-Unis. À chaque fois que la France attend que Donald Trump donne le la, nous sommes soumis à ses décisions. Ne laissons pas Donald Trump dicter ses conditions. Il faut que la France, qui est un grand pays, puisse avec d’autres pays être en capacité de négocier et d’imposer des conditions de paix plutôt que de laisser Trump le faire. Concernant la Palestine, la France et d’autres pays de l’Union européenne ont un poids suffisamment important pour imposer à Israël des sanctions fortes pour permettre aux Palestiniens de vivre en paix dans leur propre État. Malheureusement, ce n’est pas le choix qu’ont fait les nations européennes. Et pourtant nous en avons les moyens économiques. Nous avons su prendre des sanctions fortes contre la Russie, il n’y en a eu aucune prise contre Israël. Zéro sanction ! C’est un deux poids, deux mesures inacceptable.
Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 22 novembre 2025)
Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 21 novembre 2025)
Budget de la sécurité sociale 2026. Bienvenue dans le musée des horreurs !
La sécurité sociale fête ses 80 ans. En forme d’hommage, nous nous apprêtons à examiner le pire PLFSS de l’histoire, qualifié par les organisations syndicales de musée des horreurs.
Contribution sur les complémentaires santé de 2,05 % ; contribution sur les compléments salariaux ou les (…)
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Question d’actualité au gouvernement. « Vous ne tarissez pas d’éloges sur les élus locaux, mais leur donnerez-vous les ressources nécessaires ? »
Allez-vous renoncer à l’effort de 8 milliards d’euros demandé aux collectivités ? À la pérennisation du Dilico (dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales), dispositif insensé qui ponctionne les collectivités sans tenir compte de leurs réalisations ? (…)
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Débat sur le PLFSS 2026. « La sécurité sociale, c’est avant tout la vie des gens »
La sécurité sociale, c’est avant tout la vie des gens. Les budgets ont un impact. Derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes, retraités ou travailleurs, malades ou en situation de handicap.
Nos hôpitaux et nos Ehpad sont pour la plupart en déficit. Avec un Ondam à 1,6, vous allez (…)
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Lutte contre les fraudes sociales et fiscales. La République à l’envers
Tous les groupes de gauche nous ont rejoints pour demander le rejet de ce texte avant son examen. Non que nous soyons indulgents envers la fraude, mais parce que nous avions bien vu la manœuvre : ce projet de loi, outil de diversion, crée une fausse symétrie entre fraude sociale et fiscale. (…)
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Une dette trop rentable pour quelques-uns… Débat sur la dette publique
La dette s’élève à 3 400 milliards d’euros, dont 80 % pour l’État et 20 % pour les collectivités territoriales. C’est vertigineux, mais il faut rapporter ce chiffre à notre capacité de refinancement et à notre solvabilité. Or la France se refinance sans difficulté : les titres français sont (…)
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Les autres interventions
Affaires sociales : « Des ressources sont à trouver du côté des exonérations de cotisations sociales »
Santé et protection sociale – Débat sur le budget de la sécurité sociale
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L’actu de la CGT (n° du 21 novembre)
Le 2 décembre : tou·tes mobilisé·es pour nos salaires et la justice sociale
Alors que le gouvernement joue la montre et que la droite et l’extrême droite font tout leur possible pour vider le texte du budget de tout ce qui pourrait menacer les intérêts des ultra-riches et des grandes entreprises, il est plus que jamais nécessaire de maintenir la pression pour gagner de vraies mesures de justice fiscale.
—> Se mobiliser
Le 2 décembre, la CGT appelle l’ensemble des jeunes, des salarié·es, des retraité·es et des privé·es d’emploi à se mobiliser par la grève et la manifestation partout en France. Le 2 décembre et après, c’est le moment où tout va se jouer !
—> Télécharger le kit
Kit de communication de la campagne « Urgence salaires »
Retrouvez les tracts et affiches de la campagne « Urgence salaires », disponibles en téléchargement dans différents formats et déclinaisons ainsi qu’un modèle de courrier pour l’ouverture des négociations salariales (NAO) et un modèle de questionnaire en préparation des NAO.
—> Télécharger le kit
Actualités
Manifestons le 22 novembre contre les violences sexistes et sexuelles
À l’occasion de la journée internationale de lutte pour l’élimination des VSS du 25 novembre, la CGT appelle à se mobiliser massivement pour obtenir la mise en place immédiate de mesures efficaces contre les violences sexistes et sexuelles.
—> Trouver un point de rassemblement près de chez vous
Les revendications de la CGT pour la santé des femmes au travail
Se battre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, lutter contre les inégalités de genre, c’est renouer avec le progrès pour toutes et tous, parvenir à une société démocratique fondée sur la satisfaction de tous les besoins humains, dont la santé, la paix et la solidarité, et mettre fin à toutes les formes d’exploitation et de domination.
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Communiqués de presse
Syndicalistes : mobilisons nous le 29 novembre pour la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien !
Après le cessez le feu conclu le 9 octobre dernier, et le soulagement de voir la libération des otages et de nombreux prisonniers palestiniens ainsi que l’espoir de voir les bombardements à Gaza enfin s’arrêter, la question palestinienne semble moins présente dans l’actualité. Et pourtant, le gouvernement israélien continue d’exercer une forte activité militaire au-delà de la « ligne jaune » qui délimite les zones sous son contrôle.
—> Manifester le 29 novembre
Choose France : une vitrine ne remplacera pas la politique industrielle dont nous avons besoin !
Cette opération de communication vise avant tout à rassurer le Medef et les 12 organisations d’employeurs signataires d’un courrier au Premier ministre, après leurs critiques sur la fiscalité des entreprises, plutôt qu’à définir une stratégie industrielle nationale ambitieuse…
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Droite et Extrême-Droite s’allient au Parlement Européen pour soutenir les grandes entreprises
Ce jeudi 13 novembre le Parlement Européen a adopté le projet de directive Omnibus. Ce vote est un présage funeste pour l’avenir de la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux.
—> Lire le communiqué








