Les agriculteurs ne désarment pas après le feu vert de l’UE au Mercosur (L’Indep)

L’accord décrié a été validé par une majorité des États, vendredi, malgré l’opposition de la France.

La majorité des États membres de l’Union européenne (UE) ont approuvé, vendredi, la signature de l’accord de libre-échange avec le bloc sud-américain du Mercosur, Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay. Une validation qui survient après plus de vingt-cinq ans de négociations, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche et l’Irlande.

La Commission européenne et des pays tels que l’Allemagne et l’Espagne voient dans cet accord un élément clé de la stratégie visant à ouvrir de nouveaux marchés, afin d’atténuer l’impact des droits de douane américains et de réduire la dépendance à l’égard de la Chine. Particulièrement pour les minerais comme le lithium pour batteries. A l’inverse, ses détracteurs s’inquiètent d’une hausse des importations de produits alimentaires bon marché, notamment de bœuf, de volaille et de sucre, au détriment de l’agriculture locale.

Pour convaincre les sceptiques, la Commission européenne a mis en place des mesures de sauvegarde permettant de suspendre les importations de produits agricoles sensibles. Elle a aussi renforcé les contrôles des importations et proposé le déblocage anticipé de certains fonds alloués à l’agriculture.

Ces concessions, insuffisantes pour la France, semblent avoir convaincu l’Italie, dont le soutien à l’accord commercial a été décisif.

« On ne baissera pas les bras »

Le texte doit désormais être soumis au vote des eurodéputés, mais la présidente de la Commission européenne, Ursula Von-der-Leyen, envisage une application du texte sans attendre la ratification du Parlement. Jeudi, le Président français Emmanuel Macron a affirmé, lui, que « l’étape de la signature de l’accord », prévu le 17 janvier au Paraguay, « ne constitue pas la fin de l’histoire », s’engageant a continuer de protéger le monde paysan.

De mesures, portées par le gouvernement, ont été annoncées dans la foulée, alors que les agriculteurs menaient de nouvelles actions en France, mais aussi plus largement à travers l’Europe. Si les tracteurs de la Coordination rurale ont quitté Paris après leurs blocages, ceux de la Confédération paysanne ont perturbé, vendredi, le trafic sur le périphérique parisien. Porte-parole du syndicat, Stéphane Galais et Thomas Gibert, ont été, parallèlement, interpellés aux abords de l’Arc de Triomphe.

« Les agriculteurs français n’accepteront jamais qu’on leur impose des règles si les importations ne les respectent pas. On ne baissera pas les bras », prévenait, jeudi, le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau, contacté par notre rédaction. Le premier syndicat agricole français appelle à « poursuivre le combat » contre le Mercosur, avec, notamment, une mobilisation du monde paysan, le 20 janvier, devant le Parlement européen, à Strasbourg.

L’Indépendant, le 10 janvier 2026

Mercosur : « C’est pas fini » la justice européenne saisie (L’Indep)

Claire Fita, eurodéputée PS d’Occitanie, est vigoureusement opposée au traité du Mercosur au nom de la défense des éleveurs, nombreux dans la région. Hier, alors que l’accord venait d’être approuvé par les Etats membres, elle annonçait à L’indépendant l’introduction d’un recours auprès de la justice européenne.

Le conseil européen vient d’adopter l’accord sur le Mercosur puis ce sera au parlement européen de le faire, le 21 janvier, croyez-vous encore à un vote inverse ?

Ce sera serré, le vote n’est pas gagné mais en effet, une très légère majorité favorable est possible. Il y a donc un vrai combat à mener d’autant que la grogne des agriculteurs en France existe aussi dans d’autres pays. L’adoption définitive n’est pas écrite et c’est notre travail de parlementaires de dire que ce traité est dangereux. C’est un accord de libre-échange ancienne génération, on peut convaincre.

Ce n’est pas la dernière étape, c’est pas fini. Vous envisagez une nouvelle étape, juridique cette fois ?

Oui. Depuis plusieurs mois, on prépare une saisine de la cour de justice européenne. Nous sommes 150 parlementaires de 20 nationalités. On a déjà demandé à la présidente Von-der-Leyen de le mettre à l’ordre du jour des sessions de novembre puis de décembre mais elle a refusé car tant que le texte du traité n’était pas porté devant le parlement européen, il y avait un doute juridique sur le recours.

Quand ce recours sera-t-il mis à l’ordre du jour ?

En janvier, le 20 janvier.

Cela signifie qu’un recours serait introduit dans la foulée de l’adoption du Mercosur ?

Oui, même si la présidente peut le repousser.

Sur quoi porte précisément ce recours contre le Mercosur ?

Sur l’utilisation de la majorité qualifiée au sein du conseil européen pour adopter le texte. On considère qu’il faut l’unanimité des États membres mais le conseil européen, sachant qu’il y avait des oppositions et qu’il n’y aurait pas unanimité, a choisi pour stratégie de le séparer en deux: un accord politique de coopération sur le principe, pour les États membres, et un accord uniquement commercial ne nécessitant qu’une majorité qualifiée. Les parlements nationaux ne se prononçant pas, c’est une atteinte à leur légitimité.

Votre recours serait-il suspensif ?

Oui, il pourrait l’être, on le demandera dans notre saisine de la cour de justice et ce sera à elle d’apprécier.

Quels seraient les délais pour que la cour de justice européenne tranche ?

Entre 12 et 18 mois.

Difficile d’imaginer que les juges annulent un traité alors que le commerce et les échanges auront commencé depuis un an, non ?

Ils feront appliquer la loi, les droits de douane seraient alors relevés. La situation est grave pour nos éleveurs et le Mercosur les mettra encore plus en danger.

Pensez-vous aux gagnants du Mercosur ? Ils sont nombreux en Occitanie : les viticulteurs, l’aéronautique…

Ils sont solidaires. En décembre j’étais avec des viticulteurs dans l’Hérault qui exprimaient leur solidarité.

Ça ne les empêche pas d’être contents de pouvoir exporter davantage grâce à des droits de douane diminues…

Oui mais ceux qui ont réussi sur ces marchés disent qu’ils n’ont pas besoin du Mercosur. Oui il y a des gagnants mais il faut faire des choix et on a choisi un modèle agricole qu’on pense être vertueux. Savez-vous qu’au Brésil, l’utilisation de pesticides a été multipliée par quatre en 20 ans et qu’elle a été divisée par quatre en Europe ? Si on ne défend pas notre modèle agricole, on le perdra. L’aéronautique continuera à vivre sans le Mercosur. Il n’est pas l’alfa et l’oméga de nos dialogues avec l’Amérique du Sud. Et au-delà du Mercosur, la question est : veut-on une Europe plus forte ou moins forte ? Car une Europe plus forte passera par sa souveraineté.

Recueilli par Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 10 janvier 2026)

Ratification de l’accord UE-Mercosur. Ce n’est pas fini !

Mobilisons-nous pour que le Parlement européen vote CONTRE sa ratification

—> Lire la réaction des membres du collectif national Stop Mercosur

Le Conseil des États-membres de l’Union européenne (UE) vient d’adopter le projet de ratification de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur. C’est la première fois de l’histoire de l’Union européenne qu’un accord de libre-échange n’est pas approuvé à l’unanimité : l’Irlande, la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et donc la France ont voté contre, alors que la Belgique s’est abstenue. La majorité qualifiée n’est atteinte que de justesse (1). Preuve que la politique commerciale de l’UE, et la façon dont son économie est devenue si dépendante des marchés internationaux tant pour ses débouchés que pour son approvisionnement, ne fait plus consensus. L’histoire n’est pas finie : le Parlement européen peut encore bloquer la ratification de cet accord si nocif.

Le collectif national Stop Mercosur appelle toutes les forces associatives, syndicales et citoyennes à s’engager dans ce combat à nos côtés : nous ne voulons ni de la loi de la jungle de Donald Trump, ni de la poursuite d’une mondialisation néolibérale désastreuse, mais une relocalisation écologique et solidaire qui permette de satisfaire les besoins des populations sans détruire les activités des agriculteur·ices et des salarié·es, ni la planète.

(1) 21 États sur 27 ont approuvé cet accord, représentant 68,55% de la population européenne. La majorité qualifiée est à 65%.

L’actu de la CGT (n° du 9 janvier 2026)

En 2025, la lutte a payé !
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2025 a été une année de lutte : retraites, budget, emploi… La mobilisation des travailleur·ses, organisé·es avec la CGT, a permis d’enrayer les projets antisociaux du patronat et du gouvernement.
­—> Lire la suite et télécharger le tract

Face à la violation du droit international, mobilisation samedi 10 janvier
Non à l’impérialisme !
­Après l’attaque militaire des États-Unis contre Caracas, le silence et l’ambiguïté des autorités françaises sont inacceptables. La mobilisation est indispensable.
La CGT appelle à se rassembler partout dans le pays ce samedi 10 janvier.
­—> Liste des lieux d’action Samedi 10/01

Actualités

De l’argent, il y en a pour nos services publics !
L’encre de la loi de finances dite « spéciale » n’était pas encore sèche, que le gouvernement s’est empressé de limiter drastiquement, pour la plupart des ministères, les crédits à leur attribuer.
—> En savoir plus

Conférence : luttes et droits des travailleur·ses migrants
La CGT organise une conférence le 15 janvier prochain à la Bourse nationale du travail de Montreuil pour revenir sur son engagement auprès des travailleur·ses migrant·es.
—> En savoir plus

Communiqués de presse

Le 22 janvier l’Assemblée nationale doit rejeter l’attaque du 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé
Cette proposition de loi, soumise au vote d’une niche parlementaire le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour l’ensemble des salarié·es. Le projet d’établir une liste d’établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er mai.
—> Lire le communiqué intersyndical

Assurance chômage : le patronat bordélise délibérément les négociations
Les organisations syndicales demandent d’engager d’abord une négociation ciblée sur le recours de plus en plus abusif du patronat aux contrats courts, conformément aux engagements pris par le patronat lors de la signature de l’avenant « bonus-malus » au printemps dernier.
—> Lire le communiqué

Un logement digne, un droit inaliénable pour toutes et tous
­
La proposition de loi « visant à conforter l’habitat, l’offre de logements et la construction » doit être présentée au Sénat le 13 janvier. La CGT dénonce fermement ce projet de dérégulation au service du marché qui n’est en aucun cas une loi confortant le droit au logement.
—> Lire le communiqué

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 9 janvier 2026)

« La France va-t-elle condamner l’intervention au Vénézuela ? »
Question d’actualité au Premier ministre
Samedi, Donald Trump a organisé l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, ainsi que leur transfert aux États-Unis. Il se justifie par la lutte contre le narcotrafic.
Mais, dans sa déclaration, il dévoile son véritable but : l’occupation. Je cite : « Nous allons diriger le (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Nationalisation d’ArcelorMittal
Le groupe CRCE-K remet la proposition de loi à l’ordre du jour du Sénat
J’informe, ce jour, le Président du Sénat, de l’inscription de la proposition de loi visant à la nationalisation d’ArcelorMittal dans le cadre de notre espace réservé le 25 février 2026. Celle-ci a été adoptée par l’Assemblée nationale le 27 novembre dernier.
Dès le 30 octobre dernier, mon (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

« Plus on éloigne la justice des mineurs de sa logique éducative, plus le risque de récidive augmente »
Débat sans vote sur la délinquance des mineurs
Nous sommes tous préoccupés, à juste titre, par les violences qui touchent nos territoires. Mais notre réflexion doit demeurer lucide et respectueuse des réalités humaines comme des principes juridiques.
La délinquance des mineurs ne connaît pas l’explosion dont certains s’émeuvent. En 2024, (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Intégrons les AESH dans la fonction publique
Proposition de loi visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap
En vingt ans, le nombre d’élèves en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire a triplé. Les AESH sont près de 132 000 et sont devenus les piliers de l’école inclusive.
Mais la réalité est alarmante : lors de chaque rentrée, entre 10 000 et 15 000 enfants n’ont pas d’aide humaine. Les (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Alerte sur la situation de l’usine ARC International d’Arques
Courrier au Président de la République
Monsieur le Président de la République, Je me permets de vous alerter sur la situation extrêmement préoccupante de l’usine ARC International d’Arques, dans le Pas-de-Calais. La fermeture probable d’un four y est désormais évoquée, avec à la clé la menace de la suppression d’emplois.
Cette (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Ne pas laisser les musées livrés à eux-mêmes
Débat sur la sécurité des musées
Les nombreuses auditions de la commission de la culture ont montré de nombreuses défaillances, notamment au sein du Louvre. La large autonomie consentie à ces grands établissements exige un surcroît de contrôle par leur tutelle. Il aurait fallu des audits externes réguliers au Louvre, sous (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

Soutien au peuple vénézuélien et à sa résistance face à la brutalité des États-Unis de Trump
Communiqué de presse
Les membres du groupe CRCE-K condamnent fermement l’agression criminelle du gouvernement des États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela et son peuple. Nous exprimons également notre solidarité totale avec la légitime résistance populaire du peuple vénézuélien face à cette (…)
—> Lire l’intervention le communiqué de presse

Les autres interventions

Les questions orales :

Faire des bureaux de poste de plein exercice un lieu central de redéploiement des services publics de proximité
Services publics – Question orale au Gouvernement – par Marianne Margaté – 8 janv. 2026

« Ne faut-il pas décentraliser les missions de conservation du patrimoine rural non classé ? »
Culture et médias – Débat sur l’accès à la culture dans les territoires ruraux – par Pierre Ouzoulias – 8 janv. 2026

Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela ! Rassemblons-nous partout dans le pays ce samedi 10 janvier 2026

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA. Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme états-unien en Amérique latine, s’inscrivant dans l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États- Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.

Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.

De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à l’autodétermination doit être au cœur de nos mobilisations.

Nous appelons à se rassembler partout dans le pays ce samedi 10 janvier pour exiger :

  • L’arrêt immédiat de l’agression militaire des États-Unis, la fin de ses menaces sur les pays de la région et le retrait du déploiement de force US dans la Caraïbe ;
  • Le respect du droit du peuple vénézuélien à disposer de lui-même. Toute solution politique et diplomatique doit se baser sur la souveraineté populaire, la garantie de ses libertés et sur le droit international ;
  • La levée des sanctions économiques et la satisfaction des besoins humanitaires des populations ;
  • Des sanctions contre les USA et Donald Trump : la fin de l’achat d’armes au complexe militaro-industriel US.

Seul le peuple vénézuélien peut et doit décider, en toute souveraineté et sans ingérences, de son propre avenir. Non à l’impérialisme ! Les peuples ne sont pas à vendre !

Appel national des organisations : Arguments pour la Lutte Sociale – ATTAC – Collectif Haiti France – Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua- CGT – Confédération Paysanne – CEDETIM/IPAM – CRID – Les Ecologistes – Pour une Ecologie Solidaire et Sociale – Emancipation Tendance Intersyndicale – France Amérique Latine – Fondation Copernic – FSU – L’Après – LDH – Le Mouvement de la Paix – NPA Anticapitaliste – Nos Révolutions – PCF- PS – Réseau Bastille – Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative – Solidaires – Solidaires Etudiant.es.

Cabestany. Vœux : une année pour la démocratie, la paix et le vivre-ensemble (L’Indep)

Lors de la cérémonie des vœux, le maire Édith Pugnet a livré un discours à la fois solennel et engage, entre contexte international préoccupant, défense de la démocratie locale et attachement profond aux valeurs humaines qui font l’identité de la commune.

Devant une salle comble et en présence de nombreux élus, Édith Pugnet, maire de Cabestany, entourée du conseil municipal, a présenté ses vœux a la population à l’occasion de la traditionnelle cérémonie communale. Une soirée placée sous le signe du partage et de la culture, qui s’est ouverte en musique avec les choristes du groupe vocal Els cantaires de La Fossella, dirigés par Anne Patrux. L’interprétation de chants catalans a rappelé l’importance de cette transmission culturelle, valeur chère à la municipalité.

Un film retraçant les temps forts de l’année écoulée a ensuite permis de mesurer le dynamisme communal dans de nombreux domaines : sport, urbanisme, culture, social, voire, énergie, école ou sécurité.

2026, l’année de la démocratie locale et d’un engagement pour la paix

Puis, le maire a pris la parole pour un discours dense, ancré dans l’actualité et résolument tourné vers l’avenir. « Comme le veut la tradition, je veux commencer par vous adresser très sincèrement, comme maire et au nom du conseil municipal, tous mes vœux de belle et heureuse année », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer la tonalité de 2026: « Ce sera l’année de la démocratie locale, avec les élections municipales du 15 mars ». Soucieuse du respect des règles électorales, Édith Pugnet a affirmé vouloir garantir « un débat digne, juste et surtout équitable ».

Mais au-delà des échéances locales, le maire n’a pas éludé un contexte international et national lourd. Évoquant la tragédie de Crans-Montana en Suisse et les conflits qui frappent le monde, elle a rappelé la nécessité du dialogue et de la diplomatie. « N’est-il pas de notre responsabilité de crier haut et fort notre refus de la guerre ? », a-t-elle interrogé, plaidant pour des initiatives locales en faveur de la paix, notamment auprès de la jeunesse.

Malgré les contraintes, une gestion rigoureuse et des investissements au service du quotidien

Sur le plan national, le maire a souligné les fragilités économiques et sociales, évoquant les agriculteurs, les salariés, les retraités, mais aussi les difficultés croissantes des collectivités locales. Elle a dénoncé « l’effort insensé demandé aux communes », rappelant que les collectivités ne représentent que 9 % de la dette nationale.

Le maire a rappelé que les communes font face à des défis de plus en plus complexes avec des marges de manœuvre limitées. Elle a souligné le rôle désormais central de l’intercommunalité dans la gestion du quotidien, notamment parce qu’elle concentre les ressources financières, Édith Pugnet a salué le travail de Jean Vila pour obtenir davantage de transparence budgétaire et des retours sur investissement équitables pour chacune commune, défendant ainsi une intercommunalité fondée sur la coopération solidaire et librement consentie.

Malgré un contexte financier contraint, Cabestany continue d’investir. Résidence seniors, rénovation des écoles, équipements culturels et sportifs, ombrières ou terrain synthétique témoignent de cette continuité engagée depuis plusieurs décennies, dans la droite ligne des grands choix structurants opérés depuis près de cinquante ans.

Le bénévolat, pilier du vivre-ensemble cabestanyenc

Enfin, Édith Pugnet a rendu un hommage appuyé aux bénévoles, véritables piliers du lien social. « Cabestany est reconnue comme une ville où il fait bon vivre grâce à des femmes et des hommes engagés au quotidien », a-t-elle souligné, saluant une identité fondée sur la solidarité, la convivialité et l’engagement citoyen. En appelant à préserver ce qui fait la force de Cabestany: la proximité, l’engagement et l’humanité, le maire a conclu sur un message d’espoir, faire de 2026 une année profondément humaine, fidèle à l’esprit du vivre-ensemble qui anime la commune depuis des décennies.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Barrages filtrants et contrôles avortés… La mobilisation agricole contrariée (L’Indep)

Attendue massive, la mobilisation agricole lancée dans la nuit de mercredi à jeudi au péage sud de Perpignan a finalement pris une tournure plus contrastée… Entre contrôles de camions avortés, désaccords syndicaux et démonstration de force policière.

On l’attendait conséquente, unie et partie pour durer, dans la lignée des blocages de l’hiver dernier à la grande barrière de péage du Boulou. Mais la mobilisation engagée dans la nuit de mercredi à hier au péage sud de l’A9 à Perpignan a finalement pris une autre tournure. Plus modeste et plus tendue aussi.

Ils étaient une centaine au plus fort de la nuit. Une soixantaine à l’aube. Autour d’un barnum, d’un brasero, de quelques pneus et d’un barbecue, les militants de la Coordination rurale (CR) et de la Confédération paysanne ont installé leur campement aux abords de l’autoroute. Pas de tracteurs cette fois, interdits par arrêté préfectoral. Pas de blocage massif non plus. Juste une présence, surveillée de très près. Presque à effectifs égaux avec les forces de l’ordre.

Désaccords entre syndicats

Arrivés dès 3 heures du matin, les agriculteurs de la CR 66, rejoints par leurs homologues de l’Hérault et de l’Aude, ont tenté de mettre en œuvre leur plan : le contrôle des camions étrangers. « On a trouvé de la marchandise en infraction. Notamment de la viande transportée sans garanties sanitaires conformes. On a fait le boulot des douanes », souffle Philippe Maydat, président de la CR 66. Mais l’initiative tourne court. Face aux ralentissements sur l’autoroute, la préfecture décide de fermer purement et simplement la sortie du péage sud. Fin des barrages filtrants, fin des contrôles. Le rassemblement devient statique. Et la tension monte brièvement lorsqu’une poignée d’agriculteurs essaie de pénétrer à pied sur l’A9 en milieu de matinée.

Les revendications, elles, n’ont pas bougé.

Concurrence déloyale, accords de libre-échange comme celui avec les pays du Mercosur, gestion de la dermatose nodulaire contagieuse… le cahier des doléances est chargé. Arnaud Poitrine, viticulteur et maraicher, ne mâche pas ses mots : « On vit avec le RSA. On travaille sept jours sur sept pour à peine 1.000 euros par mois. La moitié des exploitations ne passera pas l’année. On est en train de crever. Tout le monde est à bout. On est constamment en concurrence déloyale avec des produits qui arrivent de l’étranger. On empile des normes en France qui vont au-delà des normes européennes. Des normes auxquelles les autres pays ne sont pas soumis. Ça devient plus possible. Et on est vraiment là pour crier notre détresse ».

Malgré cette cause commune, l’unité espérée n’est pas vraiment au rendez-vous. La CR 66 et la Confédération paysanne des Pyrénées Orientales ne sont pas vraiment alignées sur la stratégie de la CR 34. Même le Syndicat des vignerons, pourtant annoncé, ne rejoint finalement pas le mouvement.

Un peu plus tard dans la matinée, quelques manifestants de la CR 34 tentent de rejoindre le marché Saint-Charles pour poursuivre les contrôles de marchandises. En vain. L’impressionnant comité d’accueil -quatorze camions de CRS- refroidit rapidement les ardeurs et contraint les agriculteurs à rebrousser chemin.

En fin d’après-midi, ils étaient encore une quarantaine d’agriculteurs à « tenir » le péage sud de Perpignan. « On va rester là une bonne partie de la nuit. On espère qu’on sera rejoint par du monde ce soir. »

Et la suite ? Aujourd’hui, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA 66 appellent à une action avec un convoi de tracteurs, tractopelles, citernes et bennes de végétaux, entre le péage sud et le péage nord de Perpignan, entre 9h30 et 10h30.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

FDSEA et JA à leur tour

Un autre tempo et une autre méthode. Aujourd’hui, la FOSEA 66 et les Jeunes agriculteurs lanceront leur propre mobilisation, à l’écart de l’action organisée hier par la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Le rendez-vous est fixé à 9h30 au péage sud de Perpignan pour les exploitants venant du sud du département, avant un regroupement général à 10h30 au péage nord de l’A9, point de départ de l’action. Et il ne s’agira ni d’un blocage, ni d’une opération escargot sur l’autoroute ou la nationale. « Les projets identifiés dans le plan de résilience eau n’avancent pas assez vite pour offrir des perspectives à moyen terme à l’agriculture. Sans eau, il n’y aura pas d’agriculture demain », alerte Bruno Vila, le président de la FDSEA 66. Ainsi, les manifestants prévoient de simuler la création de bassins de stockage d’eau sur des terrains proches du péage nord, puis, en début d’après-midi, à proximité de la Direction départementale des territoires et de la mer, près du pont Joffre, à Perpignan. La mobilisation devrait durer une bonne partie de la journée, avec un rendez-vous fixé à 15 heures à la préfecture.

D. C. (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Otto Vaillant Frías. « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons le défendre »

Au lendemain de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela, Donald Trump menaçait à son tour Cuba. Ambassadeur de l’île en France, Otto Vaillant Frías en appelle aux institutions internationales

La Marseillaise : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’attaque des États-Unis sur le sol du Venezuela ?

Otto Vaillant Frías : Il y a plusieurs réactions qui se mêlent. Comme Cuba, je condamne, je n’accepte pas ce type d’action des États-Unis contre n’importe quel pays, que ce soit le Venezuela ou un autre. C’est une violation du droit international, de la loi des États-Unis, de la loi du Venezuela… Ils n’ont pas le droit d’aller agresser un pays et d’en kidnapper le président ! Et c’est une intervention terrible, avec la mort de nombreuses personnes dont des Cubains qui ont été tués au combat. En tant que Cubains, nous sommes tristes de ces pertes. Et nous rejetons cette politique qui prend forme dans l’administration Trump, et qu’ils vont poursuivre il me semble.

La Marseillaise : Avec cette attaque, Donald Trump a franchi un cap supplémentaire, vous l’expliquez comment ?

Otto Vaillant Frías : Donald Trump prône désormais une politique de total manque de respect aux Nations Unies, au droit international. La doctrine Monroe revient, l’Amérique pour eux, en disant que c’est sa zone d’influence, qu’aucun pays ne peut agir indépendamment s’il ne le souhaite pas. Il y a deux siècles certains pays n’étaient pas encore indépendants, mais aujourd’hui, ils n’ont pas besoin de demander aux États-Unis que faire, comment agir, comment prendre des décisions dans leur politique intérieure ou extérieure. L’administration Trump n’a pas le moindre respect pour aucune organisation internationale, ni pour les gouvernements des autres pays. C’est très grave.

La Marseillaise : Immédiatement après l’attaque, Donald Trump a menacé Cuba. Cela vous inquiète ?

Otto Vaillant Frías : Il a dit qu’il faudrait regarder le cas de Cuba, regarder d’autres cas… À Cuba, nous souffrons d’un horrible blocus depuis plus de soixante ans, ils font déjà souffrir le peuple cubain parce qu’ils cherchent depuis le début de faire tomber le gouvernement et la révolution cubaine. Ils n’ont pas encore réussi, mais ils ont tout fait : l’agression militaire, le blocus, la propagation de maladies… Faire tomber notre gouvernement est leur objectif principal depuis le triomphe de la révolution cubaine, le 1er janvier 1959. Mais nous continuerons notre lutte. Même si ce ne sera pas facile pour nous.

La Marseillaise : Justement, dans son avion présidentiel Donald Trump disait que Cuba « est prêt à tomber », surtout si on lui coupe l’accès au pétrole du Venezuela… Que lui répondez-vous ?

Otto Vaillant Frías : Pendant le combat, il y avait aussi des Cubains au côté de Maduro. Le gouvernement du Venezuela avait demandé à Cuba du soutien pour la sécurité de son président, et ils étaient là. Ils étaient une trentaine à se battre contre 200 soldats des États-Unis. Ils ont réussi à tenir pendant plus d’une heure. Cela en dit beaucoup. Cuba est un pays qui veut la paix, mais nous sommes prêts à le défendre s’il y a besoin. Nous n’accepterons aucune invasion chez nous. Les États-Unis ont les moyens de punir les pays, les entreprises, de prendre des mesures contre tous ceux qui voudraient vendre du pétrole à Cuba, et je ne sais pas ce qu’il va se passer à l’avenir dans les relations commerciales, économiques ou de coopération entre Cuba et le Venezuela ou avec d’autres pays. C’est difficile à dire aujourd’hui. Mais nous avons le droit d’exporter ce que nous voulons malgré les sanctions des États-Unis. Nous verrons comment le Venezuela pourra tenir ses engagements envers Cuba.

La Marseillaise : Pourquoi cet acharnement persiste toujours selon vous, 67 ans après la révolution ?

Otto Vaillant Frías : La question de la relation des États-Unis avec Cuba remonte à avant la révolution. Depuis leur indépendance ils ont toujours pensé que l’Amérique leur appartient. Pour Donald Trump et ceux qui l’entourent, Cuba devrait être une étoile sur le drapeau des États-Unis.

La Marseillaise : Dans ce contexte, est-ce que les timides réactions européennes et spécifiquement françaises vous surprennent ?

Otto Vaillant Frías : Chaque pays agit selon la façon dont il voit les choses. Moi, je transmets la position que je connais, la mienne. Pour les réactions européennes ou françaises, il serait intéressant de demander pourquoi ils le font, comment ils voient la situation. Chaque pays a ses propres intérêts. Chaque pays a sa vision. Mais pour nous, c’est inacceptable.

La Marseillaise : Vous parliez du blocus des États-Unis, des containers ont justement été envoyés par la CGT, par le PCF pour soutenir Cuba. À quel point cette solidarité compte pour vous ?

Otto Vaillant Frías : C’est très important, parce nous avons eu un ouragan récemment qui a fait des énormes dégâts. Nous avons dû protéger la vie de 1,2 million de personnes dans des écoles, dans des endroits publics. Mais après son passage, 150 000 personnes ont perdu leurs maisons, plus de 50 000 habitations ont été détruites. C’est très compliqué de faire face à cette situation. C’est dans ce moment si difficile que l’on reçoit le soutien du Parti communiste français, des organisations de solidarité qui envoient des dons, des médicaments pour aider ces gens. Cela, c’est pour l’aspect matériel. Mais il y a une solidarité en France qui est très importante pour nous, c’est la solidarité politique, celle du Parti communiste français, de la CGT ou des autres partis politiques et organisations de solidarité. C’est le résultat d’années de solidarité et d’amitié, qui compte énormément pour Cuba.

La Marseillaise : Quels sont les besoins principaux pour Cuba aujourd’hui, dans ce contexte ?

Otto Vaillant Frías : C’est le droit à l’autodétermination, l’indépendance, la défense de la souveraineté nationale. Ce sont des principes non négociables. Le droit aux peuples à choisir leur destin, sans l’intermission de pays tiers, le droit au développement, le droit à la vie, le droit à la non-intervention, le droit à la non-ingérence de forces militaires sur son territoire… Pour Cuba, c’est absolument nécessaire qu’il y ait une concertation du monde entier concernant la politique menée aujourd’hui par les États-Unis. Hier, c’était le Venezuela. Mais demain on ne sait pas où ils vont intervenir. Vous avez vu les informations hier [mercredi, Ndlr.] sur les envies des États-Unis concernant le Groenland… Et après le Groenland, qui sera visé ? Il y a une envie d’expansion territoriale des États-Unis vers l’Europe, c’est quelque chose de nouveau, qui devrait faire réagir.

La Marseillaise : Que faudrait-il faire pour garantir ces droits ?

Otto Vaillant Frías : Il faudra pour commencer réunir les Nations Unies, le Conseil de Sécurité, pour que le monde entier parle. Il faut un mouvement international pour arrêter la folie des Américains, de Trump. Aujourd’hui, on se bat pour l’avenir du monde. À l’intérieur de l’administration américaine il y a des gens qui veulent faire la guerre, qui veulent tout détruire. Cela va continuer sans arrêt. Ils ont une liste de territoires, de pays où ils veulent agir. Ils voient où sont les terres rares, où est le lithium, et ils veulent aller chercher ces ressources par n’importe quel moyen. Soit ils les achètent, soit ils envoient des troupes et tuent, kidnappent n’importe qui pour faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas possible, c’est un ordre international injuste, qui doit changer.

La Marseillaise : Vous avez de l’espoir justement que les États-Unis reviennent à la raison ?

Otto Vaillant Frías : Donald Trump ne respecte personne. Il ne respecte pas le droit international, il ne respecte pas les Nations Unies, il ne respecte pas les pays non plus. C’est une terrible réalité. J’espère qu’on arrivera à changer cela. J’ai sincèrement de l’espoir. Il ne sera pas toujours là. Mais le fait qu’il reste trois ans encore au pouvoir ne doit pas lui donner de chèque en blanc pour qu’il puisse faire n’importe quoi. Il faut qu’il respecte le droit, y compris celui de son propre pays.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 9 janvier 2026)