Discours marquants. Recueillement. Dépôt de gerbes. Au-delà du traditionnel cérémonial une vive émotion régnait ce vendredi au sein de la préfecture des Pyrénées-Orientales où, il y a plus de 80 ans, une certaine Francine Sabaté, jolie comme un cœur avec ses boucles châtains et son regard clair, était l’une des employées. « Elle a servi l’État avec dévouement et un sens aigu de sa tâche », rappelait dans son discours d’hommage à la jeune résistante l’actuel préfet Pierre Regnault de la Mothe.
Elle n’avait pas 25 ans quand la jeune fille, déportée avec sa maman, Joséphine, et sa sœur cadette, Odette, au camp de Ravensbrück est morte « de faim, de chagrin, sa mère l’avait précédée d’un mois au sein du tristement célèbre « convoi des sacrifiés », et de désespoir ». Odette fut la seule rescapée de la famille. Mais jusqu’au bout ces trois femmes, liées autant par un amour familial que par un engagement sans concession contre la barbarie à visage humain, se sont battues pour leurs idées et leurs convictions.
« C’est une histoire de femmes catalanes, et françaises, dont nous devons toujours nous souvenir, et qui nous oblige à jamais » a conclu sobrement le préfet.
Valerie Pons – Photo Nicolas Parent (L’Indépendant, le 25 avril 2026)
