Cabestany. La déchirure du RN, une aubaine pour la maire sortante ? (L’Indep)

Édith Pugnet, maire communiste de Cabestany, assiste aux querelles du Rassemblement national sur sa commune pour le scrutin du 15 et 22 mars 2026. Après avoir retire son investiture à Jean-Pierre Brazès, le parti de Louis Aliot l’a finalement donné à Olivier Mas. Deux listes, revendiquées a l’extrême droite de l’échiquier politique devraient donc se présenter aux municipales. Une dispersion des voix qui pourrait être de bon augure pour la maire sortante.

Elle regarde ses opposants se déchirer, de loin, tout en tentant d’afficher la plus grande « sérénité » possible. Édith Pugnet, la maire sortante de Cabestany, assiste sur sa commune à la polémique qui est née à l’opposé de son bord politique, l’extrême droite.

Pour le contexte: Jean-Pierre Brazès s’est vu retirer son investiture par le Rassemblement national le 10 janvier. Raisons principales invoquées par le parti de Louis Aliot : la présence d’élus Reconquête sur la liste, mais aussi de l’ex-compagne d’Yvan Benedetti, militant de l’ultra-droite déjà exclu du Front national en 2012. Le RN a finalement envoyé dans la course aux municipales Olivier Mas, administrateur du théâtre de l’Archipel. Cet ancien colistier de Jean-Pierre Brazès a moins d’un mois pour constituer une liste de 33 noms + 2. Quant à Jean-Pierre Brazès, il a assuré maintenir sa candidature.

« À Cabestany, il n’est un secret pour personne que l’ex compagne d’Yvan Benedetti réside sur la commune, ni qu’elle est présente sur la liste de Jean-Pierre Brazès depuis un moment », assure Édith Pugnet. « De la même manière, quand on vit à Cabestany, on peut apercevoir Yvan Benedetti quelque fois dans la commune. J’avoue avoir du mal à comprendre la polémique soudaine née au RN sur ce sujet. Car rien de tout cela n’était un secret. Quant aux candidats Reconquête présents sur cette liste, ils étaient aux côtés de Louis Aliot lors de l’inauguration de la permanence de Jean-Pierre Brazès… ».

Si les deux candidats arrivent à monter leur liste, cette dispersion des voix à l’extrême droite pourrait être une aubaine pour la maire sortante. Car, même si son opposant Éric Poupet est aussi engagé dans le scrutin à Cabestany, le RN semble bien être le principal concurrent de l’élue communiste. « Je reste prudente car on n’est jamais à l’abri qu’ils (Jean-Pierre Brazès et Olivier Mas, NDLR) se remettent ensemble », commente-t-elle. « Mais je suis sereine et confiante. En revanche, je suis très en colère pour tous les habitants de Cabestany. Ils méritent mieux que cette guéguerre fratricide. Pour monter une liste, il faut s’y prendre à l’avance, se connaître et proposer un vrai programme ».

La maire sortante argumente en annonçant repartir, elle, avec la moitié de son équipe.
Des colistiers aux profils assurés pluriels car sur les 33 noms + 2 qui l’accompagnent, « 19 sont encartés dans aucun parti. Mais ils sont des membres actifs de Cabestany, que ce soit dans des associations culturelles et sportives ou dans les quartiers ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Communiqué du Syndicat CGT Cheminots de Perpignan. Retour du Train entre Perpignan et Villefranche

Ce samedi 24 janvier, les trains reliant Perpignan à Villefranche seront de retour. Il aura fallu attendre plus d’un an et demi après l’accident qui a endommagé le Pont d’Eus, pour que les circulations reprennent.

Depuis le début, le syndicat CGT des cheminots de Perpignan a dénoncé les délais anormaux avec des blocages administratifs mais surtout l’inaction de l’État face aux besoins des usagers du train et des citoyens utilisateurs du fameux Pont d’Eus.

Les usagers de la ligne vont enfin pouvoir retrouver leurs trains sur la totalité du parcours et ainsi mettre fin aux galères de correspondances avec les bus à Ille-sur-Têt ou tout simplement éviter les bouchons sur les routes pour aller travailler.

Aujourd’hui, nous saluons cette réouverture, mais nous restons mesurés car depuis de nombreux mois nous alertons sur l’insuffisance des moyens pour assurer l’ensemble des trains sur la totalité de la ligne, ainsi que le plan de transport nominal.

Pour rappel, si la fermeture partielle de la ligne a eu pour conséquence naturelle une diminution des moyens pour assurer les trains entre Perpignan et Ille-sur-Têt, dans cette même période les usagers ont subi des suppressions de trains (entre 25 et 30 %) par manque de personnel.

À partir du 24, la réouverture jusqu’à Villefranche est conditionnée par le retour sur cette ligne d’une rame TER ainsi que 2 conducteurs et 2 contrôleurs. Aujourd’hui la Direction ne souhaitant pas garantir ces conditions, le plan de transport quotidien sur la ligne sera une nouvelle fois fortement dégradé.

Mais soyons rassurés pour la journée du 24 janvier. La Direction va déployer un dispositif important pour s’assurer que l’inauguration en présence du PDG de la SNCF Jean Castex du préfet et de nombreux élus, se passe sans accroc. Tous les postes seront doublés avec des astreintes et plusieurs rames seront à disposition en cas de panne. Le train sera bien présent, tout beau et tout propre, bien accompagné en sécurité et sûreté avec des effectifs en nombre important. Mais qu’en sera-t-il après le 24 ?

La CGT appelle les cheminots à participer avec les associations d’usagers, les usagers, les citoyens et les élus politiques à cette inauguration. Mais contrairement à certains élus politiques et représentants de la Direction, nous continuerons à alerter sur les problèmes que les cheminots et usagers subissent au quotidien et nous resterons évidemment mobilisés afin de revendiquer des moyens pour assurer un service public de qualité sur cette ligne.

Perpignan le 19/01/2026

1er Mai. On ne touche pas à la journée internationale pour les droits des travailleurs et des travailleuses !

Le 22 janvier l’Assemblée nationale doit rejeter l’attaque du 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé

Certains groupes parlementaires et les organisations patronales ont lancé de nouvelles offensives pour obliger les salarié·es à travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs·euses à l’international.

C’est le sens de la proposition de loi adoptée au Sénat, « Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai » largement appuyée par le gouvernement de l’époque, qui a engagé la procédure accélérée, comme si l’urgence était de faire travailler les salarié·es le 1er mai !

La loi actuelle prévoit que seuls « les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » peuvent faire travailler leurs salarié·es. La proposition de loi étend la dérogation à un ensemble de secteurs professionnels, aux dépens des salarié·es mais aussi des petits commerces indépendants de proximité qui pouvaient jusqu’ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la concurrence des grandes entreprises.

Cette proposition de loi, soumise au vote d’une niche parlementaire le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour l’ensemble des salarié·es. Le projet d’établir une liste d’établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er mai. Or à chaque fois qu’un principe est remis en cause, la dérogation s’étend progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l’illustration.

Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être. Quant au « volontariat », ajouté pour rassurer, il n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d’autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouveaux·elles salarié·es.

Sur notre département, fortement touché par le chômage et la précarité, et contrairement aux idées reçues, cette loi n’aura aucun effet sur l’emploi et dégradera encore plus les conditions de vie et de travail.

Enfin, cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte sociale.

Par nos alertes syndicales nous avons participé à modifier la première version de la proposition de loi. Le texte adopté au Sénat reste un recul pour des millions de salarié·es. Par nos interpellations et notre mobilisation, nous pouvons encore empêcher cette régression sociale inacceptable.

Alors qu’elle est inscrite dans la niche parlementaire le 22 janvier, les organisations syndicales des Pyrénées-Orientales CFDT 66, CFTC 66, CGT 66, FO 66, FSU 66, Solidaires 66 et UNSA 66 s’opposent fermement à ce projet de loi et seront vigilantes aux votes des député·es. Dans cette période troublée, gardons des temps en commun d’apaisement. Le 1er mai doit rester ce qu’il est : un jour férié et chômé.

Perpignan, le 20 janvier 2026

Conflent-Cerdagne-Capcir. Fin de la grève à La Poste (L’Indep)

La grève commencée mercredi 14 janvier est désormais terminée. Tous les guichets de La Poste de Conflent, Cerdagne et Capcir devraient reprendre leurs activités habituelles.

« Après deux jours de grève à 90 % puis 98 % de grévistes sur le secteur de Prades, un protocole d’accord a été signé ce samedi 17 janvier. Le préavis de grève a donc été levé ». L’annonce est de Stéphane Villepontoux responsable local de la CGTFAPT 66 (Confédération générale de travail, Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication). « Nous resterons vigilants quant à l’application des engagements pris par la direction et l’évolution des conditions de travail des agents sur tout le secteur ».

Pour rappel, des conditions de travail détériorées et une continuité du service public non assurée étaient les principales raisons de cet appel à faire grève.

« Nous attendons désormais la reprise totale des travaux de l’évolution continue en place depuis le 5 janvier. C’est une vraie réorganisation déguisée. La direction s’est aussi engagée à recourir à de l’intérim pour les besoins urgents et à maintenir les deux chargés de clientèle remplaçants… »

Bref, bonne nouvelle pour les usagers. Les services lies a a banque postale, les cours de Code de la route ou encore l’envoi et le retrait de colis sont donc à nouveau accessibles.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 20 janvier 2026)

Lettre ouverte : Requête au président de la République à l’occasion du cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

Monsieur le Président,

Les Nations unies, créées il y a 80 ans, ont affirmé le désarmement nucléaire comme une priorité absolue dans leur toute première résolution, A/Res/1(1). En 2013, frustrée par l’absence de progrès, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 26 septembre Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires (A/Res/68/32). Cette Journée internationale vise à sensibiliser et à informer le public sur la menace que représentent les armes nucléaires pour l’humanité et sur la nécessité de leur élimination totale. Chaque année, le 26 septembre, l’ONU organise également une réunion de haut niveau des dirigeants mondiaux afin de discuter des « mesures urgentes et efficaces » à prendre pour parvenir au désarmement nucléaire mondial.

Le choix de cette date n’est pas arbitraire : l’une des nombreuses occasions où l’humanité a frôlé la guerre nucléaire s’est produite le 26 septembre 1983, au plus fort de la guerre froide. Une guerre nucléaire a été évitée de justesse lorsque le colonel Stanislav Petrov, officier de service dans une installation soviétique d’alerte nucléaire précoce, a enfreint le protocole en ne confirmant pas à ses supérieurs une attaque apparente de missiles balistiques en provenance des États-Unis (qui s’est révélée être une fausse alerte). Deux ans plus tard, les États-Unis et l’Union soviétique ont déclaré conjointement qu’« une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ». Cet engagement a été réaffirmé au cours des années suivantes, notamment dans une déclaration des États du P5 en 2022 et dans le Pacte pour l’avenir adopté à l’unanimité lors du Sommet des Nations unies pour l’avenir (septembre 2024).

Cependant, aujourd’hui, le risque d’une guerre nucléaire due à un accident, à une erreur de calcul, à une escalade de crise ou à une intention malveillante est plus élevé que jamais, l’Horloge de l’Apocalypse se rapprochant davantage de minuit qu’en 1983. L’utilisation d’armes nucléaires par l’un des neuf États possesseurs de l’arme nucléaire ou par leurs alliés nucléaires aurait des conséquences catastrophiques sur le plan humain, économique et environnemental. L’utilisation d’une petite fraction seulement des quelque 12 240 armes nucléaires stockées dans le monde pourrait mettre fin à la vie telle que nous la connaissons. En outre, les 100 milliards de dollars américains dépensés chaque année pour les armes nucléaires seraient plus utiles pour soutenir la paix, la protection de l’environnement et d’autres besoins urgents de l’humanité et de la planète, comme l’expriment les Objectifs de développement durable (ODD). Ces montants vont encore augmenter comme le montrent en France les programmes de modernisation en cours sur les armes nucléaires.

La plus haute juridiction mondiale, la Cour internationale de justice, a affirmé en 1996 que « la menace ou l’emploi d’armes nucléaires serait généralement contraire aux règles du droit international applicable dans les conflits armés, et spécialement aux principes et règles du droit humanitaire » et qu’il existe une obligation universelle pour les États parties au Traité de non-prolifération (TNP) de négocier de bonne foi afin de parvenir à un désarmement nucléaire complet. Les États qui s’appuient actuellement sur les armes nucléaires pour assurer leur sécurité ont l’obligation de remplacer ces politiques par des approches fondées sur le droit international et la sécurité commune, comme le prévoit la Charte des Nations unies.

Le Pacte de l’ONU pour l’avenir comprend des engagements visant à prévenir la guerre nucléaire et à parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.

Le moment est venu pour tous les États membres de l’ONU, au vu d’une situation internationale d’une gravité extrême et au vu des défis que va devoir affronter l’humanité entière, pour annoncer des propositions et plans concrets visant à atteindre ces objectifs.

Cette urgence est d’autant plus grande que la XIe Conférence d’examen (REVCON) du TNP se tiendra à New York du 27 avril au 22 mai 2026 et que cette même année en septembre sera l’occasion de la première Conférence d’examen de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entré en vigueur le 22 janvier 2021 et qui, à la date du 19 janvier 2026, a été signé par 99 États dont 74 l’ont ratifié (y compris six États européens).

L’urgence est d’autant plus forte que le panorama nucléaire s’est assombri en 2025, des frappes américaines et israéliennes sur les sites nucléaires civils iraniens au tir d’essai du missile à propulsion nucléaire russe Bourevestnik en passant par les déclarations de Donald Trump sur l’éventuelle reprise d’essais nucléaires.

C’est pourquoi, en tant que Mouvement de la paix et Initiatives citoyennes pour le Désarmement Nucléaire, nous nous adressons solennellement à vous pour vous demander :

  1. De réaffirmer, comme vous l’avez fait au G20 en 2022 et 2023, que la menace ou l’utilisation d’armes nucléaires est « inadmissible » ;
  2. De promouvoir des mesures concrètes de la part de la France et d’obtenir des États dotés d’armes nucléaires et de leurs alliés pour réduire de toute urgence le risque nucléaire, notamment en désactivant une partie de leurs forces nucléaires et en adoptant des politiques visant à ne jamais déclencher une guerre nucléaire ;
  3. De s’engager à agir collectivement pour parvenir à l’élimination mondiale des armes nucléaires dans les délais les plus brefs et au plus tard à l’occasion du centenaire de l’ONU en 2045 comme demandé dans un Appel conjoint de milliers de personnalités et d’organisations de la société civile, et à prendre immédiatement des mesures, notamment par le biais de négociations multilatérales, pour mettre en œuvre cet engagement ;
  4. De geler, réduire les budgets consacrés aux armes nucléaires et mettre fin aux investissements publics et privés dans l’industrie des armes nucléaires, en particulier en stoppant tous les programmes de modernisation de ces armes qui sont illégales, dangereuses, coûteuses et moralement inadmissibles ;
  5. De réorienter ces fonds vers le renforcement des Nations unies, la promotion du maintien de la paix et la résolution des conflits dans le respect de la Charte des Nations unies et en mettant en œuvre la résolution 53/243 de l’Assemblée générale des Nations unies sur la culture de la paix, vers l’accélération des mesures de protection du climat et la satisfaction des besoins humains et économiques, conformément à l’article 26 de la Charte des Nations unies qui stipule que les États membres doivent « favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. »

Face à l’aggravation de la situation internationale, alors qu’avaient lieu il y a 80 ans les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki et la création des Nations unies, le moment est venu de prendre une décision claire en affirmant que la France entend respecter et défendre le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l’article VI oblige les États parties à négocier « de bonne foi » en faveur du désarmement nucléaire, et donner un gage de sa bonne foi en signant dès maintenant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Cet acte est nécessaire pour que la France garde un peu de crédibilité sur le plan international en respectant nos engagements, comme l’affirmait le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères le 27 juillet 2025 en réponse au Sénateur Guy Bennaroche : « La France est engagée avec détermination en faveur de la poursuite du désarmement nucléaire. »

Vous trouverez ci-jointe la liste de 600 organisations de différents pays qui formulent les mêmes exigences et soulignent combien nous approchons de l’heure de l’Apocalypse prévue par l’Association internationale de scientifiques Bulletin of the Atomic Scientists.

En France, les principales organisations militant pour la paix (Initiatives pour le désarmement nucléaire, Pax Christi, Pugwash, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Enseignants pour la paix, Ican, Association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), Mouvement de la Paix…) formulent les mêmes exigences.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments respectueux.


Roland NIVET  Porte-parole national du Mouvement de la paix
et Bernard NORLAIN  Général d’armée (2S) – Président de l’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
Le 19 janvier 2026

Les webinaires de la Commission Nationale Santé Protection Sociale. Les mutuelles communales

Le 12 janvier s’est déroulée un webinaire ayant pour sujet les mutuelles communales. Celui-ci a été organisé par la commission nationale santé et protection sociale du PCF.

Vous trouverez ci-dessous :

L’intervention préliminaire de Michèle Leflon

En introduction la commission santé et protection sociale a souhaité que soit fait un rappel du cadre général de notre projet communiste pour la prise en charge solidaire de la santé.

Pas besoin devant des communistes de revenir sur la portée de la Sécurité Sociale (le cahier thématique).

En 1946, Ambroise Croizat avait dû faire le choix d’un « compromis historique » avec les mutuelles. Si le principe est posé d’un remboursement à 100% de certains soins, le principe général reste celui d’un remboursement à 80% de la dépense , justifiant la pérennisation des mutuelles.

L’esprit mutualiste avait permis la construction d’un grand mouvement social autour du concept de solidarité et une action complémentaire avec l’Assurance maladie.

Dans la volonté de remettre en cause ce magnifique conquis qu’est la Sécurité sociale les tenants du capital ont utilisé cette dualité par deux méthodes : réduire les dépenses publiques de santé et se faire des profits sur la protection sociale !

Réduire les dépenses de santé ou tout du moins limiter leur progression liée au progrès médical, au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques, c’est par exemple le forfait hospitalier, les baisses de remboursement, mais c’est aussi le laisser faire pour les dépassements d’honoraires. Cela a rendu encore plus nécessaire le recours à une complémentaire santé.

C’est aussi faciliter le passage de la mutuelle à l’assurance privée pour les profits ! En 2001 la transposition en droit français des directives européennes Assurance a conduit à une dénaturation des mutuelles en consacrant la prise en compte de la nature de l’activité et non plus de leur statut. Il y a eu mise en concurrence avec les assurances privées.

L’Accord national interprofessionnel entré en vigueur en 2016 a rendu le cofinancement d’une complémentaire santé obligatoire par l’employeur. Le MEDEF avait une arrière pensée : se créer une nouvelle source de profit en orientant la protection sociale complémentaire vers moins d’économie sociale et solidaire comme les mutuelles, plus d’assurances privées. Les mutuelles se sont retrouvées face à un dilemme : négocier à bas prix pour garder le marché ou perdre des mutualistes.

C’est le début de la fragmentation des publics des mutuelles : Les vrais perdant ont été ceux qui ne bénéficient pas de contrat d’entreprises, les jeunes, les demandeurs d’emploi, les retraités dont les cotisations ont flambé.

Le mécanisme continue avec la protection sociale complémentaire (PSC) des fonctionnaires. Avec des choix des ministères très douteux, comme aux finances celui d’ALAN, une start-up largement financiarisée !

Notons aussi que cela a servi à piéger les syndicats : accepter des accords nocifs ou les refuser en mécontentant des salariés peu informés des dangers et intéressés par la participation financière de l’employeur. Dans la fonction publique hospitalière, la dernière à ne pas avoir de PSC obligatoire, la majorité des organisations syndicales (CGT, FO, UNSA et Sud) vient de quitter la table des négociations ! Sans rentrer dans les détails Et parce qu’il vaut mieux en rire, pas un sou de l’État pour financer : cela devrait l’être sur le budget des hôpitaux, et donc en fait sur celui de la sécu en mettant un peu plus en difficulté les finances des hôpitaux !

Encore quelques mots avant de présenter le projet du parti sur l’utilisation des complémentaires par le pouvoir : elles sont taxées (et vous avez sans doute entendu que cela augmente avec la LFSS 2026) pour financer la Sécurité Sociale. C’est à dire qu’au lieu d’augmenter les cotisations de Sécurité Sociale payées par les employeurs (ou de supprimer des exonérations), de s’en prendre au rapport capital/travail dans l’entreprise, on fait payer indirectement les mutualistes, car évidemment, taxer les mutuelles, cela se reporte sur les cotisations !

Cela fait partie des tours de passe passe rendant illisible pour la population le financement de la Sécurité sociale tout en réduisant la part des cotisations. Comme autre tour de passe-passe, on peut citer d’ailleurs la taxe sur les salaires payées par les hôpitaux, une recette de l’État affectée aux remboursements à la sécurité sociale des exonérations ! En gros, on prend de l’argent à la sécu pour faire croire qu’on lui en donne !

Je reviendrais sur les questions de financement, mais venons en au projet du parti repris d’ailleurs largement, sous l’expression courte du 100 % sécu qui a fait mouche, mais nécessite quelques développements car c’est un projet politique complet ! Il ne s’agit pas seulement de remboursements, mais bien d’un projet complet pour la santé et l’autonomie (une conception globale de la santé comprend évidemment l’autonomie, la création de la 5ème branche n’a été qu’un cheval de Troyes pour mieux détruire la sécu, sur ses principes de financement et sur sa gouvernance).

Il y a urgence à aller vers ce 100 % : Le patronat rêve d’aller vers la séparation des remboursements contributifs (retraites, indemnités d’arrêt maladie ou accidents du travail) et non contributifs (remboursement des soins) pour confier ces derniers à l’assurance privée. Les gouvernements actuels y contribuent en transférant des remboursements de la Sécurité sociale vers les complémentaires, année après année et nous venons de le voir, celles-ci sont de moins en moins solidaires, avec la fragmentation des publics, isolant en particulier les personnes âgées, dont les besoins de soins sont plus grands. Elles sont source d’inégalités sociales. Elles sont par ailleurs génératrice de complexité et de dépenses supplémentaires.

J’ai dit que c’était un projet politique complet car cela nécessite un développement inédit du secteur public : car, bien sur, il n’est pas question de financer les profits faramineux des laboratoires pharmaceutiques ou les dépassements d’honoraires favorisés par la désertification médicale résultant du numerus clausus. Pas question d’accepter que nos hôpitaux se transforment en entreprises et la santé en marchandise. Le 100% passe par le développement des services publics, le pôle public du médicament !

Il ne peut s’agir de remboursements d’un seul panier de soins limité, laissant la porte ouverte à des assurances privées. Mais attention, il ne peut s’agir de rembourser aussi les médecines parallèles, inefficaces quand elles ne sont pas dangereuses. La science est l’arbitre ! Mais il reste des zones floues, en débat, à l’image de la loi qui a été votée sur la prise en charge des frais liés au cancer du sein, c’est la démocratie qui doit trancher ce qui doit être remboursé. Et c’est donc aussi un projet qui doit favoriser les progrès démocratiques.

Quelques mots sur la fausse solution avancée par certains de généraliser le régime local d’Alsace Moselle. C’est de fait un bon exemple des possibilités lorsqu’on laisse la démocratie décider et par exemple il a choisi de ne pas participer au remboursement des médicaments à service médical rendu faible, (médicaments à vinette orange), remboursés à hauteur de 15% par la Sécurité Sociale. Mais cette démocratie ne s’exerce que sur la part complémentaire ! Mais il n’est pas universel, ne s’adressant qu’aux salariés du privé, ne règle pas toutes les difficultés, car les remboursements étant basés sur les tarifs de la Sécu, une autre complémentaire reste nécessaire pour l’optique, les appareils auditifs etc …Et surtout il ne règle aucune question financière : la sécurité sociale n’a pas plus de sous qu’ailleurs, les hôpitaux de Strasbourg ou Metz vont aussi mal qu’ailleurs et les employeurs ne donnent pas un sous de plus qu’ailleurs. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il ne faut pas supprimer ce régime, intéressant pour celles et ceux qui en bénéficient, mais sa généralisation nous conduit dans une impasse, car ce qui est nécessaire, c’est d’augmenter les ressources de la Sécu, en récupérant une part de la richesse produite dans les entreprises qui part vers les actionnaires, pour qu’elle revienne aux travailleurs, pour leur santé, mais aussi bien sur pour les retraites, la famille !

La part du PIB consacrée à la dépense sociale échappe, pour partie, au contrôle du capital qui veut par tous les moyens, dans un contexte de ralentissement de la croissance, récupérer cette part pour la faire contribuer à la restauration de la rentabilité financière. La question du prélèvement sur la richesse produite dans l’entreprise et son orientation est au cœur du financement de la Sécurité Sociale

C’est pourquoi les propositions du PCF visent à développer les cotisations sociales, contre les effets néfastes de la fiscalisation, notamment la CSG (mais on pourrait aussi parler de la TVA) Alors que dans son principe, la cotisation sociale favorise un prélèvement sur la richesse produite dans l’entreprise, calculée à partir des salaires et constitue une prise sur les profits, la CSG, elle, s’applique sur les revenus une fois versés, et n’intervient plus sur le partage préalable de la valeur ajoutée dans l’entreprise entre salaires et profits. Bien sur on ne reviendra pas en un jour de la CSG à la cotisation et il faudra y aller progressivement, mais redire le sens de la cotisation par rapport à celui de la CSG permet de mieux comprendre comment une des rares mesures d’augmentation des recettes de la sécu acceptée par le gouvernement a été l’augmentation de la CSG proposée par le PS. Même s’il s’agissait de la CSG sur les revenus du capital, c’était de la CSG Et ça ne touche pas au cœur des marchés financiers qui détruisent l’économie productive.

La seconde proposition du PCF est une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. En appliquant les taux de cotisation patronale globale (30,95%) à ces revenus financiers des entreprises, cette contribution additionnelle représenterait 183 Mds. De quoi avoir quelques moyens financiers immédiats, et en plus un effet vertueux en poussant les entreprises à réduire leurs placements financiers.

Troisième mesure : réduire les exonérations de cotisations sociales.

Quatrième mesure : Moduler les taux de cotisations sociales patronales en fonction des politiques d’emploi de salaire des entreprises.

Voilà donc très rapidement le cadre général dans lequel se pose la question des mutuelles communales. Elles répondent à un besoin du fait de l’augmentation des cotisations pour les isolés et sont d’ailleurs mise en place par des municipalités de gauche comme de droite. Et d’ailleurs des collectivités à d’autres niveaux. Mais ne va-t-on pas vers l’impasse financière quand il n’y aura plus d’isolés pour payer plus ? Et n’est ce pas contradictoire avec notre projet de 100 % ? Quel plus mettre parce que l’on est élu communiste ? Je vais laisser Pascale vous parler de ces mutuelles !

Michèle Leflon

Venezuela. Neirlay Andrade : « La crainte de subir des arrestations arbitraires est devenue constante » (La Marseillaise)

Neirlay Andrade est directrice du journal du parti « Tribuna Popular » et membre du bureau politique du Parti communiste vénézuélien (PCV).

La Marseillaise : Quelle est la situation dans le pays depuis l’attaque américaine ?

Neirlay Andrade : Le gouvernement a décrété l’état d’urgence, ce qui a généré un climat de peur profonde au sein de la population. Car il donne, dans la pratique, carte blanche aux forces de police et à l’armée pour arrêter toute personne accusée d’avoir encouragé ou soutenu l’opération militaire qui a abouti à l’arrestation illégale de Nicolás Maduro et Cilia Flores. La crainte de subir des arrestations arbitraires pour avoir exprimé des positions critiques, tant à l’égard de l’administration Maduro qu’à présent celle de Delcy Rodríguez, est devenue une constante quotidienne. Dans différentes villes, des barrages policiers et militaires ont été installés sur les routes et autoroutes. Les agents de sécurité exigent des citoyens qu’ils leur montrent le contenu de leurs téléphones portables, à la recherche de preuves supposées de sympathie envers l’agression américaine. Cela rappelle ce qui s’est passé en 2024, lorsque de nombreux citoyens ont été arrêtés pour avoir exprimé dans des groupes WhatsApp ou sur les réseaux sociaux leur mécontentement face à l’action du Conseil national électoral (CNE) et pour avoir exigé la publication des résultats officiels des élections présidentielles. À l’époque, des arrestations massives avaient eu lieu. Ce qui explique pourquoi aujourd’hui, beaucoup de gens choisissent de garder le silence et d’éviter de s’exprimer publiquement sur ce qui se passe dans le pays.

La Marseillaise : Après l’attaque, vous avez écrit : « Ni tutelle impérialiste ni continuité autoritaire. » Quelle est la relation du parti avec le régime de Maduro ?

Neirlay Andrade : En 2023, l’administration Maduro a lancé une offensive judiciaire contre le Parti communiste vénézuélien (PCV), lui retirant sa personnalité juridique et ses cartes électorales, pour les remettre à un petit groupe d’opérateurs politiques du parti au pouvoir. Ces individus utilisent les symboles du Coq rouge pour faire croire à l’opinion publique que les militants communistes soutiennent la direction du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV*, au pouvoir), alors qu’en réalité ce n’est pas le cas. En 2024, après les élections présidentielles, le PCV a dénoncé le détournement des résultats électoraux. En janvier 2025, lorsque Nicolás Maduro a pris illégalement et inconstitutionnellement un nouveau mandat, le PCV a lancé un appel public aux forces révolutionnaires, populaires et véritablement démocratiques pour former une large alliance destinée à rétablir la pleine vigueur de la Constitution nationale et les droits sociaux, professionnels et politiques du peuple vénézuélien, puis présenté une feuille de route pour faire face à la crise politique.

La Marseillaise : Vous dénoncez les politiques néolibérales.

Neirlay Andrade : Depuis août 2018, le Venezuela applique un ajustement économique néolibéral dans le cadre du Programme de relance économique, de croissance et de prospérité. Cette politique a réduit considérablement les dépenses publiques, libéralisé les prix et dollarisé de facto l’économie. Auparavant, le PSUV et ses alliés avaient déjà approuvé la loi sur les zones économiques spéciales. Les conventions collectives ont été démantelées et le salaire minimum est devenu le seul paramètre légal pour les indemnités et les prestations, excluant les primes et autres revenus. L’impact sur les travailleurs a été dévastateur : perte des prestations sociales et détérioration financière des syndicats. En 2022, un salaire minimum a été gelé à 130 bolivars, soit moins d’un dollar par mois aujourd’hui du fait de la dévaluation, tandis que les primes, qui constituent la majeure partie des revenus, ne sont pas prises en compte dans les avantages sociaux légaux. Cette politique permet aux employeurs publics et privés d’économiser des millions. Même dans les secteurs privés soumis à des conventions collectives, ces acquis sociaux sont menacés. Les dirigeants d’entreprise et le gouvernement de désormais Delcy Rodríguez ─ s’orientent vers un « nouveau modèle de rémunération », dans lequel le salaire traditionnel pourrait disparaître, consolidant ainsi la précarité des travailleurs vénézuéliens.

La Marseillaise : Quelles sont les véritables intentions de Donald Trump ?

Neirlay Andrade : Le pétrole, le pétrole et encore le pétrole. Donald Trump cherche à garantir des réserves énergétiques stratégiques en cas de conflit majeur qui pourrait entraîner la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du pétrole brut commercialisé dans le monde.

La Marseillaise : Delcy Rodríguez a évoqué l’ouverture d’un « nouveau moment politique ». Qu’est-ce que ça signifie selon vous ?

Neirlay Andrade : En moins d’une semaine, Donald Trump a déclaré publiquement que ses relations avec Miraflores [palais présidentiel vénézuélien Ndlr] étaient désormais « fantastiques » et que Delcy Rodríguez « faisait tout ce qu’on lui demandait ». Ces déclarations révèlent la véritable nature de ce soi-disant « nouveau moment politique » et réduisent à néant la rhétorique anti-impérialiste avec laquelle le PSUV a tenté, pendant des années, de tromper certains secteurs de la gauche internationale.

Il est également révélateur que l’un des principaux piliers du soutien à l’administration Maduro ces dernières années ait été le même groupe d’entreprises qui, il y a deux décennies, a mené le coup d’État contre le président Hugo Chávez. Tout cela confirme que ce « nouveau moment politique » n’est pas une rupture, mais l’approfondissement d’une alliance avec les secteurs entrepreneuriaux et l’impérialisme, en contradiction flagrante avec les intérêts du peuple vénézuélien.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 29 janvier 2026)
Traduction : Maëlle Diaz

(*) « Le PSUV a tenté, pendant des années, de tromper certains secteurs de la gauche internationale »

Message du Collectif national Stop CETA – Mercosur. Renvoyons l’accord UE-Mercosur devant la Cour de justice de l’UE

Prenez part à l’action : Renvoyons l’accord UE-Mercosur devant la Cour de justice de l’UE.

La bataille contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur se poursuit. Le mercredi 21 janvier, le Parlement européen va se prononcer sur une résolution demandant à la Cour de justice de se prononcer sur la compatibilité de l’accord avec les traités européens. Si une majorité des euro-députés vote en faveur de cette motion, l’accord UE-Mercosur sera renvoyé devant la Cour de justice, et le Parlement européen ne pourra ratifier l’accord avant publication de l’avis de la Cour. Soit avant six mois, un an ou deux ans. Un temps précieux pour continuer d’alerter. Et, selon l’avis de la Cour, l’accord lui-même pourrait devoir être révisé, exigeant la réouverture des négociations. Raison pour laquelle le collectif national Stop Mercosur appelle les euro)députés à voter cette résolution. A cette occasion, nous appelons les organisations de la société civile et les internautes à écrire aux parlementaires européens en ce sens. Nous pouvons gagner. Aidez-nous.

Chaque voix compte. Nous vous proposons d’envoyer un mail aux députés européens d’ici au vote le 21 janvier. Pour cela :

—> Tout les détails sur notre site internet.