Bourg-Madame. Encore une fermeture de classe au groupe scolaire ? (L’Indep)

La menace d’une nouvelle fermeture de classe au sein du groupe scolaire ravive les tensions entre élus, parents d’élèves et administration. Devant l’établissement, la mobilisation s’organise, portée notamment par l’Association des parents d’élèves (APE) Bourg-Madame tandis que les élus locaux dénoncent une décision jugée incohérente et profondément injuste.

« Je viens d’apprendre que nous étions considérés, par l’Insee, comme faisant partie de la banlieue de Puigcerdà, ville espagnole ! » lance, non sans ironie, le maire Daniel Armisen, présent, avec 7 conseillers municipaux, aux côtés de nombreux parents mobilisés à la sortie de l’école.

Derrière la formule, l’édile pointe une classification administrative aux conséquences très concrètes. Selon lui, cette lecture territoriale « arbitraire » pénalise directement la commune et l’école, notamment en matière de dotations. « Nous sommes très surpris car il y a deux ans déjà, on nous a supprimé une classe au motif qu’il n’y avait pas suffisamment d enfants. Cette année, il y a des effectifs qui semblent complètement satisfaisants, voire en hausse. » Le maire poursuit, dénonçant « un argument absolument fallacieux », celui des aménités rurales. « Bourg-Madame est la seule commune qui ne touche pas les aménités rurales et est considérée par l’Insee comme faisant partie de l’agglomération de Puigcerdà ! Je rappelle quand même qu’entre les deux, il y a une frontière ! » La situation est d’autant plus mal vécue que des efforts importants avaient été consentis après la précédente fermeture, en 2024.

Inégalité de traitement

« On le ressent tous comme une injustice. Nous avons joué le jeu et là, l’inspecteur de l’Éducation nationale prend une décision de gestion, de comptable sans prendre en compte les spécificités du territoire », insiste l’élu, faisant référence à la Loi Montagne.

Il souligne également une inégalité de traitement avec d’autres écoles de Cerdagne, du Capcir ou du Haut-Confient, parfois moins dotées en effectifs mais protégées car intégrant l’Observatoire des dynamiques rurales dont a été exclue l’école guinguettoise, « parce qu’elle est considérée comme une ville. On se croirait revenus au Traité des Pyrénées ! »

La colère est d’autant plus vive que, selon les acteurs locaux, aucune fermeture n’était envisagée, il y a encore quelques mois. La situation est inchangée : des effectifs stables, voire en progression, et surtout une forte variabilité liée à la situation frontalière.

Une douzaine d’élèves supplémentaires ont ainsi rejoint l’établissement en cours d’année. Au-delà des chiffres, c’est aussi la spécificité pédagogique de l’école qui inquiète. L’établissement accueille plusieurs dispositifs essentiels: classe bilingue, unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) et unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (Upeaa). Autant de structures nécessitant un encadrement renforcé.

Présidente de l’APE, Romy Pujol ne cache pas sa détermination : « La vraie décision se prendra le 6 avril lors du dévoilement de la carte scolaire. Mais d’ici là, nous allons encore nous mobiliser. L’école n’est pas une garderie, si c’est pour avoir 27 enfants dans les classes, ce n’est pas qualitatif » et alertant sur les conséquences concrètes, « Ici, c’est une école qui a des classes spécifiques qui mentent un encadrement plus individualisé, ça veut dire qu’on va encore perdre la-dessus. Il n’y a rien de bon pour nos enfants. »

Une fermeture contraindrait également les enseignants à travailler à cheval sur deux cycles, une organisation jugée « très inconfortable pour eux et les enfants ».

En toile de fond, c’est la conception même du service public d’éducation qui est invoquée. « N’oublions pas que l’école dé fend les principes fondamentaux de la République: la Liberté, l’Égalité, la Fraternité mais aussi la Laïcité. Tout ceci est inacceptable et nous avons une détermination très forte de ne pas rester là », conclut le maire.

À quelques jours d’une décision attendue, la mobilisation locale s’intensifie, entre pétition(*) et manifestation. L’enjeu dépasse largement une simple question d’effectifs: il touche à l’équilibre du territoire et à l’égalité d’accès à l’éducation.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 30 mars 2026)

(*) Lien de la pétition : http://corg/wGnwxZCHFn

L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme

La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.

Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.

Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une logique économique mortifère

Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».

En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.

La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.

Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?

Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».

Dominique Gerbault

Prades. La ville ouvre une nouvelle page avec Aude Vives, première femme maire (L’Indep)

Ce samedi 28 mars, le nouveau conseil municipal de Prades a été officiellement installé dans une salle bondée, témoignant de l’intérêt des habitants pour ce moment fort de la vie démocratique locale.

À l’issue du vote, Aude Vivès a été élue maire de Prades avec 22 voix contre 7. Lors du scrutin pour son investiture, Julien Audier-Soria et son équipe ont voté blanc, tout comme lors de l’élection des sept adjoints.

Prenant la parole au nom du groupe minoritaire, Julien Audier Soria a tenu à préciser la ligne qu’il entend défendre au sein de l’assemblée. Il a déclaré que « notre responsabilité en tant que groupe minoritaire ne sera ni celle de l’obstruction stérile, ni celle de l’assentiment complaisant, mais celle de la vigilance et de l’exigence constante ».

De son côté, Aude Vivès a affirmé sa volonté d’exercer ses fonctions au service de tous les Pradéens et de toutes les Pradéennes, sans distinction.

Avec cette élection, elle devient la première femme maire de Prades, un fait inédit dans l’histoire de la commune. « C’est un honneur, un symbole et une fierté. Une reconnaissance de nos valeurs républicaines », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous avons déjoué les statistiques et les certitudes ».

Moment hautement symbolique de cette installation, l’ancien maire, Yves Delcor, a remis les clés de la ville à Aude Vivés, marquant officiellement la transmission du pouvoir municipal. Un geste qui vient aussi souligner un changement de cap politique.

La nouvelle maire a d’ores et déjà annoncé plusieurs priorités : rassurer la population, réinvestir le centre-ville et les quartiers, et remettre au cœur des politiques publiques l’amélioration concrète du quotidien des habitants.

Dans une atmosphère à la fois solennelle et attentive, cette séance d’installation a ainsi acté l’ouverture d’un nouveau chapitre pour Prades.

Emy Prieur (L’Indépendant, le 29 mars 2026)

Perpignan. La menace de fermeture d’une classe à l’école Claude-Simon inquiète les parents d’élèves (L’Indep)

Ça ne passe pas. À l’école Claude-Simon de Perpignan, l’idée d’une fermeture de classe à la rentrée prochaine provoque l’inquiétude au sein de la communauté éducative. Parents d’élèves et enseignants entendent se mobiliser face à une décision qui, selon eux, pourrait « dégrader significativement les conditions d’enseignement ».

Pour Sophie, parent d’élève, « la suppression d’une classe entrainerait mécaniquement une housse des effectifs par classe, avec des conséquences directes sur le suivi des élèves et le confort d’apprentissage ». Ses inquiétudes portent également sur les conséquences humaines, « Une enseignante ainsi qu’une Atsem perdraient leur poste », souligne-t-elle.

Au-delà des chiffres, les parents mettent en avant la qualité de l’accompagnement actuel. « C’est une école merveilleuse. Le corps enseignant a été super avec ma fille qui est handicapée. Charger d’avantage les classes impacterait directement les conditions d’encadrement », déplore le parent d’élève.

Face à cette situation, un mouvement de mobilisation est prévu ce mardi devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Perpignan.

Les parents, accompagnés d’enseignants et de membres de la communauté éducative, veulent faire entendre leur opposition à cette fermeture. « On va essayer de se faire entendre au maximum », affirme Sophie, espérant que cette mobilisation permettra de peser dans les décisions à venir.

En parallèle, des actions pourraient se poursuivre dans les jours suivants, avec des rassemblements devant l’établissement.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 29 mars 2026)

Serdinya-Joncet. Réunion du nouveau conseil municipal

Réuni dans la salle du conseil de la mairie, le conseil municipal a installé la prochaine mandature. Avec 56,16 % des suffrages exprimés, la liste conduite par Jean-Marie Maydat remportait l’ensemble des 11 sièges.

Doyen des élus, Jean-Marie Maydat présidait la séance pour l’élection du maire. Seul candidat Jean-Marie Maydat a été élu maire pour un sixième mandat à l’unanimité.

Dans la foulée, deux adjoints ont été élus. Serge Manaut premier adjoint, Huguette Le Jean, deuxième adjointe dans le respect de la parité. Robert Bousquet a été désigné conseiller délégué. Lecture par le maire de la charte de l’élu local, remise d’un exemplaire à chaque conseiller pour accomplir son devoir de manière exemplaire.

Le maire précisait que les investissements en cours d’exécution devraient être terminés dans quelques mois. Le nouveau conseil définira les nouveaux projets pour poursuivre le confort et la sécurité des habitants.

Il remercie chaleureusement les 123 électrices et électeurs qui se sont portés sur sa liste. Il remercie les trois conseillers sortants, Jean Teuliere, Roland Hullo, Christophe Guillaume pour leur implication.

Le maire rappelle que son équipe travaillera dans le respect au service de toute la population.

L’Indépendant, le 28 mars 2026

De gauche à droite sur la photo, Ginette Martinez Mossas, Robert Bouquet, Aline Radondy Fourquet, Huguette Le Jean, Christophe Louchez, Jean-Marie Maydat, Guillaume Husson, Serge Manaut, Nathalie Brassac, Nicolas Crouilles et Monique Crouilles.