Sondage IFOP : Le regard des Français sur la menace atomique et l’engagement de la France dans le Traité sur l’interdiction de l’arme nucléaire

Sondage IFOP / le Mouvement de la Paix / Planète Paix / L’Humanité / La Marseillaise

Éléments d’Analyse

Inquiets par l’utilisation volontaire ou accidentelle des armes atomiques, une grande majorité de Français se déclarent favorables à l’engagement de la France dans le processus de leur élimination.

Ce jeudi 22 février marque le 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du TIAN, le traité d’interdiction des armes nucléaires [1]. A cette occasion, le Mouvement de la Paix a commandé une étude d’opinion à l’institut IFOP, en partenariat avec les quotidiens L’Humanité et La Marseillaise ainsi que le mensuel Planète Paix.

Cette étude a été réalisée les 6 et 7 janvier auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population française, selon la méthode des quotas par questionnaire auto-administré. Elle fait suite à deux précédentes études menées en 2012 et 2018, avec des items similaires.

Les Français inquiets de l’utilisation de l’arme atomique

Force est de constater que la théorie de la dissuasion a du plomb dans l’aile puisque 79% des personnes interrogées se déclarent inquiètes de l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire, dont la moitié « Oui, tout à fait ». Cette inquiétude se trouve renforcée par la probabilité de son utilisation mesurée à 64%. Si ces angoisses sont moins marquées chez les plus jeunes, la répartition est homogène dans toutes les couches de la population.80 ans après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, la réalité des bombes atomiques refait surface. C’est ce qui a motivé la Tournée des Hibakusha [2] – Prix Nobel de la Paix 2024 en PACA et Occitanie en novembre [3].

Un contexte anxiogène qui alimente des aspirations contradictoires

Ce sondage est réalisé après plusieurs séquences politiques qui tendent à inhiber le débat citoyen sur la sécurité et les moyens de défense. L’augmentation du budget militaire est ainsi régulièrement présentée comme une évidence, et sa sanctuarisation comme partagée par l’ensemble de l’échiquier politique.

Dans ce contexte, l’adhésion des Français à différentes propositions sur la stratégie de défense montre des contradictions fortes entre la perception des menaces et la réalité d’y faire face. L’absence de réel débat démocratique, comme l’omerta médiatique de ce sujet participent à enfermer cette contradiction.

Le multilatéralisme plébiscité

Les Français demeurent attachés au multilatéralisme et aux outils internationaux de règlements des différents et de régulation des armements. La proportion de soutien à la participation de la France aux opérations de maintien de la Paix avec l’ONU reste à un niveau élevé de 71%, le plus haut mesuré dans ces études [4]. Il était de 66% en 2012 et de 70% en 2018. C’est dans l’électorat d’Emmanuel Macron et des Républicains que l’on trouve le plus de soutien.

Ce soutien augmente avec l’âge et se trouve renforcé en Ile-de-France à 80%. Au plan politique, on voit que c’est dans la majorité présidentielle que celui-ci s’exprime avec le plus de force, alors que la France s’affiche dans un atlantisme de plus en plus assumé. C’est parmi les électeurs du Rassemblement national que le décrochage avec le soutien de l’ONU est le plus marqué, même s’il demeure majoritaire à 58%.

Pour l’engagement de la France dans le processus d’élimination des armes atomiques

De même l’engagement de la France dans le processus d’élimination contrôlé des armes tels que prévu par l’ONU – c’est-à-dire le Traité d’interdiction des armes nucléaires – recueille près de 2/3 tiers des Français avec 64% de réponses favorables. Là encore les électorats de droite et macronistes y sont les plus favorables, en contradiction avec les prises de position des forces politiques de ce côté de l’échiquier politique.

On peut noter une baisse sensible de ce soutien qui demeure cependant largement majoritaire dans toutes les couches de la population marquant une adéquation entre les aspirations populaires et les acteurs pacifistes, pourtant largement évacués et invisibilisés du débat public.

Soutien contradictoire à la modernisation des armements

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir le soutien à la modernisation des armements en hausse à 69% des opinions exprimées. Cette évolution apparaît cependant en totale contradiction avec un soutien à la réduction des dépenses militaires qui ne faiblit pas, et reste au même taux de 43% qu’il y a 6 ans. On peut y voir là un grand écart moral entre le refus de voir davantage de richesses dilapidées dans des œuvres de mort et la volonté de maintenir une capacité de protection qui passe encore par les armements.

On retrouve dans ces items un clivage gauche / droite plus traditionnel avec un soutien moins marqué à la modernisation des armements parmi les électeurs de gauche. A noter également sur cet item, un écart de réponse important entre les hommes (78%) et les femmes (60 %).

Le soutien au TIAN reste majoritaire

Plus de 7 ans après la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires, et 5 ans après son entrée en vigueur, le soutien au traité d’interdiction des armes nucléaires reste majoritaire à 56% bien qu’inférieur à la volonté d’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes. Alors que le soutien à ce traité se renforce sur le plan international [5], force est de constater que l’opinion publique française n’a sans doute pas suffisamment connaissance de son contenu et de sa portée. Cette étude ne rentre pas dans ces détails.

Cette mesure doit inciter le mouvement abolitionniste et notamment la campagne ICAN, initiée en France par le Mouvement de la Paix, à intensifier les actions d’éducation populaire autour de la connaissance et du contenu de ce traité.

Le poids de la bataille de l’opinion

Avec le matraquage politique et médiatique visant à disqualifier toute personne, tout expert, toute organisation, qui ose développer un concept de sécurité autre que strictement militaire, on aurait pu s’attendre à une chute libre du soutien à la réduction des dépenses militaires.

Il y a de toute manière là du grain à moudre pour les promoteurs de la culture de la Paix.

Ce sondage intervient après plusieurs années de guerre en Ukraine, après la recrudescence des actes de guerre en Palestine à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, et au moment où Donald Trump kidnappe le président Vénézuélien tout en menaçant d’intervenir en Iran et d’annexer le Groenland. Les solutions pacifiques, pacifistes et politiques s’inscrivant dans le droit international et le fonctionnement démocratique des institutions internationales n’apparaissent pas encore suffisamment comme pouvant répondre à des enjeux immédiats.

Malgré de réelles contradictions, les solutions pacifistes demeurent cependant largement soutenues par l’opinion publique. Il appartient au mouvement pacifiste, et notamment au Mouvement de la Paix, de développer son implantation et ses actions pour que la Culture de la Paix soit considérée comme le seul carburant durable des transformations du monde.

Le slogan « Si tu veux la Paix, … prépare la Paix » est plus que jamais d’actualité.

Contact : Pierre VILLARD 06 82 92 29 46

[1] Le Traité d’interdiction des armes nucléaires a été adopté à l’ONU le 7 juillet 2017. Il est entré en vigueur le 22 janvier 2021, 90 jours après la ratification du 50ème état.
[2] Nom attribué aux victimes des bombardements atomiques
[3] Du 20 au 30 novembre, 19 communes de 7 départements du sud de la France ont accueilli les associations japonaises Hidankyo (Prix Nobel de la Paix 2024) et Gensuikyo.
[4] Précédents sondages en 2012 et 2018
[5] Le TIAN est actuellement ratifié par 74 pays. 25 autres ont engagé des procédures de ratification. Au total 127 états ont exprimé leur soutien.

Le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires a cinq ans

À l’occasion du 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), le Mouvement de la Paix appelle tous les pays à s’engager dans ce traité, notamment la France, pour un monde débarrassé de la menace des armes nucléaires.

À l’heure de la remilitarisation vertigineuse du monde, la menace de l’usage de l’arme nucléaire refait son apparition. Avec un budget militaire de 50 milliards par an, dont environ 7 milliards pour les armements nucléaires, et une augmentation prévue de 6,7 milliards pour 2026, la France participe au renforcement des menaces.

Pourtant les populations n’ont qu’une seule aspiration : vivre dignement et en paix.

Pour le Mouvement de la Paix, le 5ème anniversaire du TIAN est l’occasion de rappeler que la société civile peut emporter des victoires en partenariat avec des États et l’ONU. Elle a été à l’origine en 2017 du vote par 122 États de l’adoption du TIAN. Depuis, 95 États ont signé ce traité et 74 l’ont ratifié. 127 le soutiennent. Le Mouvement de la Paix se félicite de cet engagement majoritaire sur la Planète.

Les escalades guerrières qui bafouent le droit international, les menaces multiples contre la souveraineté des peuples et l’exacerbation renouvelée des menées impérialistes, appellent d’autres réponses que le repli nationaliste et le réarmement y compris nucléaire. Celui-ci met en péril l’existence même de l’humanité. On ne peut tolérer que les 9 pays détenteurs de l’arme atomique puissent décider de l’éradication même de la vie sur Terre.

Le Mouvement de la Paix a fait du désarmement nucléaire une de ses grandes campagnes 2026, en lien avec les aspirations des français qui, selon le sondage IFOP de janvier 2026, demandent très majoritairement à 64 %  que la France s’engage dans un processus d’élimination contrôlé des armes atomiques tel que prévu par les Nations Unies. D’ores et déjà, nous sollicitons le Président de la République ce jour dans ce sens. L’année 2026 comprendra de grands moments d’action, dont notre présence, via une délégation nombreuse, à la première conférence du TIAN en novembre 2026 au siège des Nations Unies à New York.

C’est pourquoi le Mouvement de la Paix demande que la France :

  • Soit présente en tant que membre observateur à la prochaine réunion d’examen du TIAN et s’engage dans la signature du TIAN
  • applique les dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), notamment son article 6
  • joue son rôle de garant de l’effectivité du droit international en tant que membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU
  • œuvre pour l’application de la Charte des Nations Unies, notamment pour que les dépenses d’armement soient réorientées vers la satisfaction des besoins essentiels des populations et la construction des 8 domaines de Culture de la paix.


Le 22 janvier 2026

Le Parlement européen renvoie l’accord de libre-échange UE-Mercosur devant la Cour de justice de l’UE

Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable.

Ce mercredi 21 janvier, le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la résolution qui renvoie l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) : 334 eurodéputés ont voté POUR ce renvoi, 324 CONTRE. Le processus de ratification européen est suspendu. Ce vote est le fruit des mobilisations paysannes et citoyennes menées depuis des années. Nous remercions les milliers de personnes qui ont écrit aux Eurodéputés pour leur demander de renvoyer cet accord devant la CJUE.

Le Collectif national Stop Mercosur et les organisations qui le composent s’en félicitent. Ce vote, qui n’est pas une surprise, illustre ce que nous disons depuis des mois : il n’y a pas de majorité acquise au sein de l’UE en faveur de l’accord le plus nocif jamais négocié par l’Union européenne.

Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable, bafouant le parlementarisme et les institutions européennes.

Nous appelons les institutions européennes à revoir leur copie : renforcer les liens politiques, géopolitiques et de coopération avec les pays d’Amérique du Sud, et tout particulièrement avec le Brésil, ne se fait pas en exportant des voitures thermiques et en important des carcasses de viandes réfrigérées.

Réactions des membres du collectif national Stop-Mercosur :

Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne.
« Ce vote montre bien que la signature de l’accord au Paraguay ne marque pas la fin du processus. Nous venons de gagner le temps nécessaire pour finir de convaincre les eurodéputé·es de rejeter l’accord lui-même. Depuis des mois, la Confédération paysanne se mobilise pour faire entendre la nocivité d’un accord perdant pour toute la paysannerie en Europe et dans les pays du Mercosur : nivèlement par le bas des revenus, des droits sociaux et des conditions de production. »

Pour Clément Helary, chargé de campagne pour Greenpeace France.
« La suspension de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur ravive l’espoir de voir cet accord annulé pour de bon. Les atteintes aux droits des populations et la déforestation continuent à ravager l’Amazonie, qui s’approche dangereusement d’un point de bascule. L’accord, qui ne profiterait qu’à l’agroindustrie, accélèrerait cette destruction en encourageant les importations de bœuf ou de soja par l’Europe. Il est néfaste sur le plan environnemental tant que sur le plan social. Le Parlement européen l’a suspendu : il faut maintenant qu’il le rejette définitivement. »

Pour Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac France.
« La mobilisation citoyenne associative et syndicale paye et nous nous en félicitons. Ce renvoi à la CJUE prouve la prise de conscience des parlementaires européen·nes que cet accord éculé toxique et non démocratique ne profite qu’à une minorité de grandes groupes de l’industrie agro-alimentaire. Ce coup d’arrêt aux manœuvres de « Splitting » de la Commission rouvre l’espoir pour une agriculture d’intérêt général, débarrassée du carcan néolibéral. Cela renforce notre mobilisation pour sortir définitivement du cauchemar de ce traité, et œuvrer pour une agriculture saine, socialement et écologiquement juste. »

Pour Maxime Combes, économiste à l’Aitec et co-animateur du collectif national Stop-Mercosur.
« C’est la première fois de l’histoire de l’Union européenne qu’un accord de libre-échange ne recueille pas une très large approbation au sein du Parlement européen. Nous le disions depuis des semaines : l’accord le plus nocif jamais négocié par l’UE, mais aussi le plus contesté, n’a pas de majorité acquise. C’est une double démonstration : la politique commerciale de l’UE ne fait plus consensus et le discours selon lequel l’UE tirerait sa force géopolitique des accords de libre-échange ne convainc plus. Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable, bafouant le parlementarisme et les institutions européennes. »

Pour Nabil Berbour, directeur de campagne chez Ekō.
« Ce vote est une victoire majeure pour la mobilisation citoyenne. Plus de deux millions de personnes à travers l’Europe ont exigé l’arrêt de ce « pacte de déforestation », et aujourd’hui, le Parlement européen a enfin entendu l’alerte. En saisissant la CJUE, les députés reconnaissent que l’on ne peut pas contourner la démocratie pour imposer un accord archaïque. C’est un coup d’arrêt brutal aux manœuvres de la Commission européenne : la bataille continue pour que cet accord ne soit pas seulement suspendu, mais définitivement enterré au profit d’un commerce juste et respectueux des limites planétaires. »

L’édito du TC par Michel Marc. Le piège de la désunion à gauche

Il nous faut regarder la réalité en face. En France et dans le département, des communes seront « abandonnées » à la droite ou à l’extrême droite. Les difficultés à rassembler l’ensemble des « progressistes » sont toujours là, présentes. Et ce plutôt dans les grandes villes. Les socles de résistance locale aux mauvais coups portés par les gouvernements successifs risquent de s’effondrer. Les acquis environnementaux, humains et sociaux, l’attention portée aux services publics de proximité (crèches, écoles, culture, santé, vie associative…) seront, sans aucun doute possible, mis en danger par de nouvelles majorités libérales. Nous évoquons là les quatre plus grandes villes de France, Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux, pour ne parler que des communes les plus importantes administrées par la gauche. Inadmissible.

Ajoutons que d’importantes communes (Le Havre, Nîmes…) pourraient être gagnées sans ces désaccords tenaces.

Au soir du second tour, nous risquons la gueule de bois, voire le coma. Ces difficultés installées, de même nature, persistent douloureusement dans la plus grande ville du département, Perpignan. Deux listes à gauche, identifiées, et une troisième qui, en l’état, prétend rassembler du PS à la droite. Le risque est pris qu’aucune de ces listes ne parviennent à se qualifier pour le second tour. Le pari est mortifère. Les citoyens sont mécontents. Le traumatisme laissera des blessures importantes. Et pour longtemps.

Les villes moyennes et les villages s’en sortent mieux. Les statistiques le disent. Il y aura plus de listes d’union à gauche qu’aux précédentes élections en France. Souvent sans LFI. Pour autant, le quotidien l’Humanité met les pieds dans le plat. « Les divisions entretenues par le PS et par LFI pourraient conduire à de sévères échecs électoraux », et, plus loin dans l’article, « les Insoumis jouent un jeu dangereux (…). LFI mène une autre stratégie : elle entend faire le plus gros score possible pour être présente et en situation de force au second tout pour négocier ». À Perpignan, les Insoumis étaient, depuis le début (automne 2024) invités à un travail en commun. Ils ne l’ont pas souhaité.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4100 – vendredi 23 janvier 2026)

L’édito de Michel Marc. Le piège de la désunion à gauche
Annonces
Coup de gueule. Perpignan : une entrave inacceptable à l’exercice du droit de vote

Focus

Le Travailleur Catalan a besoin de vous

L’événement

Dangers
Ne laissons pas le mondes dans les mains de Trump !
Politiques guerrières, jusqu’où ? « Nos experts »…
Aide publique au développement
Préambule du programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 septembre 2025
Budget en baisse

Département

Cabestany. Plus de 700 participants aux vœux
Élections municipales Canet-en-Roussillon. Nadine Pons conduit une liste à gauche
Alénya. Des vœux d’espoir, d’humanisme et de paix
TER Perpignan-Villefranche. Enfin ! La réouverture. Manifestons !
En Català. Les cinc arques Capitol 4 (3)
Municipales Canohès. Une liste citoyenne bouscule le jeu électotal
Rencontre avec le collectif
À deux mois du scrutin, gauche contre droite

Sport

USAP. Qualification en Chalenge Cup

Culture

Archipel. Roméo et Juliette
Où sortir ?
Mémoire de l’exil. Dessiner c’est combattre
Exposition. Electric cinéland
Lucas Ma Ville. « Ma Ville » ; Un clip local réjouissant. À l’écoute, et à la vue !

France

Libéralisme et mises en concurrences Mercosur, un bon accord ?
Éléments

Monde

Iran. Ni Shah ni mollahs ni OTAN !

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Ehwen Çiyako. « Notre vision est celle d’un Iran démocratique » (La Marseillaise)

Ehwen Çiyako est membre du comité exécutif du PJAK, Parti pour une vie libre au Kurdistan qui lutte contre le régime iranien. Il répond à « La Marseillaise » alors que la répression est sanglante en Iran.

La Marseillaise : À la suite du mouvement « Femme, Vie, Liberté », d’importantes manifestations ont lieu en Iran. Quelles en sont pour vous les motivations principales ?

Ehwen Çiyako : Il convient de préciser d’emblée que le mouvement actuel s’inscrit complètement dans la continuité du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » qui a émergé en 2022 suite à l’assassinat de Mahsa Jina Amini par la République islamique. Ces protestations sont le fruit d’une profonde et structurelle fracture entre l’État et la société. Depuis 47 ans, la République islamique d’Iran viole systématiquement les libertés et les droits fondamentaux du peuple iranien. Elle s’attaque aux droits culturels des différentes nationalités iraniennes par des politiques d’assimilation et, en appliquant des lois inspirées de la charia, prive les femmes de leurs droits de la manière la plus brutale qui soit. Le régime ne tolère aucune forme de dissidence et réprime les libertés politiques, culturelles, économiques et sociales par divers moyens. La liberté d’expression est bafouée et l’environnement iranien a été gravement dégradé, conformément aux intérêts et à la politique militariste du régime. La République islamique est devenue une force déstabilisatrice pour la sécurité régionale et mondiale, et c’est avant tout le peuple iranien qui en supporte le poids. Malgré toutes ces pressions, la société iranienne continue de revendiquer la démocratie et la liberté. Cette persistance a créé un profond fossé culturel entre le peuple et la République islamique, fossé qui recèle un potentiel de soulèvements et de révolutions.

La Marseillaise : Diriez-vous qu’il s’agit d’une révolution ?

Ehwen Çiyako : Il ne fait aucun doute que nous assistons à une révolution, à condition de ne pas la percevoir superficiellement comme un événement ponctuel visant uniquement à renverser le pouvoir politique, mais de la comprendre comme un processus dynamique et continu. La révolution « Femme, Vie, Liberté » est à l’œuvre quotidiennement dans les sphères sociales et culturelles iraniennes. Cette réalité creuse sans cesse le fossé entre l’État et le peuple et prépare le terrain pour une révolution politique, c’est-à-dire une transformation fondamentale du système de gouvernance iranien. Cette révolution s’attaque directement aux fondements de la République islamique, la plongeant dans une crise de légitimité politique, sociale, juridique et administrative. Nous sommes fermement convaincus que cette révolution finira par triompher.

La Marseillaise : Quelle place les Kurdes prennent-ils dans ce mouvement ?

Ehwen Çiyako : En 2022, la ville de Saqqez a joué un rôle de premier plan, de locomotive dans le mouvement. Lors de la dernière vague de contestation, ce rôle a été assumé par Ilam et Malekshahi, deux villes du Kurdistan. Ceci démontre une fois de plus le rôle pionnier du Kurdistan dans le processus révolutionnaire iranien. Bien que cette vague de protestations ait débuté dans le bazar de Téhéran, elle est initialement restée largement circonscrite à certains secteurs, et l’État est parvenu en partie à enrayer son expansion et sa diffusion. C’est au Lorestan et dans les régions méridionales du Kurdistan, notamment à Ilam et Kermanshah, que le mouvement a pris une ampleur sociale. Tandis que les manifestations à Téhéran s’essoufflaient et que le régime concentrait ses forces répressives sur Ilam et Kermanshah, d’autres villes du Kurdistan ont répondu à l’appel du 8 janvier lancé par sept partis kurdes d’Iran, membres du « Centre de dialogue des partis kurdes d’Iran », en organisant des manifestations et des grèves. Grâce à un soutien sans précédent, notamment à travers des grèves massives, les Kurdes ont non seulement étendu leur mouvement à l’ensemble du Kurdistan, mais ont également relancé les manifestations à Téhéran et dans d’autres villes iraniennes. Cette fois-ci, les rues étaient massivement remplies et les manifestations se sont intensifiées à l’échelle nationale. Cette réalité souligne une fois de plus le rôle crucial des Kurdes et leur position de force motrice de la révolution iranienne.

La Marseillaise : Le régime islamiste peut-il tenir grâce à la répression ?

Ehwen Çiyako : Depuis sa création, la République islamique a systématiquement réprimé les manifestations populaires. Lors des soulèvements récents, notamment le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022, elle a eu recours aux formes de répression les plus brutales. Malgré cela, le régime n’est pas parvenu à assurer sa survie et, sous la pression croissante de facteurs internes et externes, il est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Il ne fait aucun doute qu’il se dirige vers sa chute. Le peuple iranien est épris de liberté et courageux, et la République islamique est incapable de le détourner de cette voie. La répression continue ne fait qu’attiser la haine du peuple envers le régime, et cette haine se transforme peu à peu en une force politique et de résistance organisée. Si la République islamique persiste dans sa politique répressive, elle sera finalement vaincue par cette force politique de plus en plus puissante : la volonté organisée du peuple iranien.

La Marseillaise : Croyez-vous à une intervention extérieure ?

Ehwen Çiyako : Nous avons une foi inébranlable dans la force intérieure de la société iranienne et sommes convaincus que le talon d’Achille de la République islamique réside dans ses faiblesses internes. Cette force populaire doit être renforcée et soutenue par la communauté internationale. Une attention accrue portée aux fragilités internes du régime, conjuguée à un soutien international aux luttes populaires, suffirait à induire un changement fondamental en Iran. Nous préconisons cette approche face à la République islamique et entendons devenir l’une des forces dynamiques et décisives de ce processus. Nos préparatifs et nos stratégies sont alignés en conséquence.
Parallèlement, les politiques de la République islamique créent de plus en plus les conditions qui légitiment l’intervention étrangère. Cette situation résulte directement des actions du régime, et non de nos convictions ou de nos préférences. Néanmoins, en toutes circonstances, nos actions resteront guidées par un engagement indéfectible envers la démocratie, la réalisation des droits démocratiques et la protection des vies et des biens. Notre vision, en toutes circonstances, est celle d’un Iran démocratique.

La Marseillaise : Le PJAK souhaite-t-il un scénario à la syrienne où les Kurdes contrôleraient une partie du territoire ? En avez-vous les moyens civils et militaires ?

Ehwen Çiyako : Le PJAK est sans conteste l’une des forces les plus influentes au Kurdistan et en Iran. Ses progrès ne se limitent pas au domaine militaire ; ils s’étendent également aux sphères politique, intellectuelle, sociale et organisationnelle. Le PJAK est convaincu que pour parvenir à un changement significatif, l’unité sociale et la convergence avec les autres forces démocratiques et émancipatrices du Kurdistan et d’Iran sont indispensables. Des progrès ont déjà été accomplis dans ce sens, et la consolidation et l’expansion de ces acquis demeureront un élément clé de la stratégie future du PJAK. Nous fondons notre stratégie sur la capacité à saisir chaque opportunité dans l’intérêt des peuples du Kurdistan et d’Iran.

Entretien réalisé par Léo Purguette (La Marseillaise, le 21 janvier 2026)

Le Conseil des droits de l’Homme va se réunir vendredi en urgence pour débattre sur la « détérioration » de la situation des droits humains en Iran, après la répression des manifestations contre le pouvoir, a indiqué l’ONU. Au moins 3 428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights, dont les chiffres sont cités par l’ONU, mais d’autres estimations font état, selon elle, de plus de 5 000 morts, voire jusqu’à 20 000. Dans ce contexte, La Marseillaise interroge sur la situation, Ehwen Çiyako, membre de la direction du PJAK, parti kurde d’Iran.

Elne. Les candidats confrontent leurs projets pour le centre-ville (L’Indep)

Ce mardi 20 janvier, le premier des 25 débats qu’organise L’indépendant à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains a réuni les quatre candidats déclarés à la mairie d’Elne. Ces derniers ont notamment débattu de la redynamisation du centre-ville. Extraits choisis.

Ils étaient tous présents. Ce mardi 20 janvier en fin d’après-midi, les quatre candidats déclarés en vue de l’élection municipale d’Elne étaient tous rassemblés sur le même plateau dans les locaux perpignanais de L’Indépendant. Le maire sortant, Nicolas Garcia, qui mène la liste « Elna endavant »« En avant Elne » en binôme avec André Trives. S’est confronté pour l’occasion à Marie-Ange Izquierdo pour « Elne autrement », Christelle Jimenez d’« Elne pour tous » et Steve Fortel d’« Elne à cœur ». Une grande partie de ce débat a tourné autour de la redynamisation du centre-ville.

« Les centres-villes connaissent tous des difficultés », a rappelé Nicolas Garcia, « Dernièrement, au moins cinq commerces se sont installés en cœur de ville. Mais cela reste insuffisant. Nous allons rendre le cœur de ville en partie piéton, sauf pour les riverains, et revitaliser la ville basse. Autour de la salle Héléna, où nous comptons rénover le théâtre à l’italienne et aménager un lieu de vie, nous préemptons chaque fois que c’est possible des bâtiments pour les mettre ensuite a disposition des commerçants ».

Sur le même thème, Marie-Ange Izquierdo a estimé qu’il convenait entre autres de « revoir le plan de circulation », de « travailler sur la propreté » et de « soutenir les commerces ». « Concernant la salle Helena, nous sommes en pourparlers pour la réhabiliter dans le cadre d’un partenariat public-privé. Nous voulons en faire un lieu de rencontre intergénérationnel et une salle polyvalente et culturelle », a t-elle expliqué.

Quel avenir pour la salle Héléna ?

De son côté, Christelle Jimenez a pris le contrepied. « Pour nous, la priorité, ce n’est pas la salle Héléna, mais de refaire venir des commerces Il va aussi de soi qu’il faut travailler sur le stationnement. Il faut redonner un cœur à cette belle ville en lien avec le patrimoine. Par exemple en mettant en place un balisage pour inciter les enfants à découvrir l’histoire de la ville ».

Quant à Steve Fortel, il a pour sa part émis l’idée de « faire des halles » à la salle Héléna. « Je ne pense pas qu’il faille faire une ville piétonne pour redonner de l’attractivité au centre-ville », a-t-il jugé. « Il faut plutôt ajouter des stationnements à durée limitée et revoir le plan de circulation. Pour redynamiser le centre-ville, il faut aussi impliquer les commerçants, les habitants, mais aussi les associations, pour y ramener des fêtes traditionnelles et populaires ».

Nicolas Garcia a repris la balle au bond en rappelant qu’Elne avait tout de même déjà
« 800 places de parking autour du cœur de ville ». Coté bilan, le maire sortant n’a pas non plus manqué de mettre en avant le centre de santé communal qu’il a mis en place.

Autre sujet évoqué, la tendance politique de Steve Fortel, notamment connu pour avoir été membre du Parti nationaliste français (extrême droite). « Ceci, c’est du passé », a assuré ce dernier, qui se revendique aujourd’hui à la tête d’une liste « sans étiquette ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan-Villefranche rouvre samedi (L’Indep)

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue sur la voie ferrée à hauteur d’Eus provoquait le déraillement d’un TER. Samedi, en gare de Perpignan, sera inaugure a 8h09, heure du départ du premier train, le retour de la ligne SNCF en presence, a bord, du préfet Regnault de la Mothe. De son côté, l’association Train en Têt se dit « soulagée » que ce train « revienne parmi les siens ».

Il aura fallu dix-huit mois jour pour jour d’un chantier de réfection, par moments complexe, pour remettre sur de (nouveaux) rails la ligne SNCF Perpignan-Villefranche-de-Conflent-Vernet-les-Bains. Pour rappel, suite au déraillement le 24 juillet 2024 d’un TER à hauteur du pont d’Eus la circulation des 14 trains qui empruntent régulièrement cette ligne avait dû être interrompue le temps de ces gros travaux. Le 16 janvier dernier, la livraison du chantier « clés en main » était officiellement actée.

Mais ce samedi 24 janvier, à 8h09 précisément (heure du départ depuis Perpignan du premier train reliant les deux gares), c’est le retour de cette ligne qui sera inauguré « pour partager un moment de convivialité à bord de ce train où sera offert le petit-déjeuner » annonce la SNCF. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, montera à bord du train qui fera une halte en gare de Prades-Molitg-les-Bains à 8h48 exactement. Puis poursuivra son trajet pour arriver en gare de Villetranche-Vernet-les-Bains à 8h56.

Pour sa part l’association « Train en Têt » fait savoir par la voix de son président Enric Balaguer qu’elle est « soulagée » pour « tous les acteurs qui ont opéré et continuent d’opérer à son bon fonctionnement ». Tout en espérant « une amélioration et une modernisation » de cette ligne Perpignan-Villefranche-Vernet-les-Bains, Enric Balaguer veut conclure sur une note positive: « la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La ligne Perpignan-Villetranche n’est pas non plus une petite ligne tranquille, mais enfin -et c’est ça le plus important aux yeux des usagers, des cheminots, et plus largement des habitants des Pyrénées-Orientales-, le train revient parmi les siens ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)