Un cortège moins fourni mais toujours dans la lutte (L’Indep)

Hier, au plus fort de la manifestation, 350 personnes (selon des sources concordantes) ont battu le pavé sur les boulevards de Perpignan. Une mobilisation moins importante comparée au rassemblement massif organisé dans le cadre de la grève du 5 novembre.

Une heure d’attente sur la place de Catalogne, et un échauffement physique improvisé par un manifestant, ont été nécessaires pour voir la mobilisation de ce samedi 7 novembre se lancer dans Perpignan. Face à l’interdiction par arrêté préfectoral de transiter par le centre-ville, cette manifestation a emprunté le chemin des avenues et des boulevards avec 350 personnes au plus fort du mouvement. Contre 4 000 environ lors de la grève du 5 novembre. Dès 11h30, du cours Lazare Escarguel au boulevard de la France Libre, en passant par Briand, Mercader, le boulevard des Pyrénées, elles étaient de toutes les luttes et de tous horizons pour partager haut et fort leurs revendications protéiformes.

Éducation, mobilités, salaires…

Dans une contestation portée par la jeunesse, qui mieux qu’un représentant syndical étudiant pouvait haranguer la foule. Riad Bouafia, de l’Union progressiste, reconnaissait que « nous sommes moins nombreux que d’habitude, mais il y a deux jours nous avons montré que toute la population pouvait se rassembler ». Il encourageait à « ne rien lâcher » et « se mettre d’accord sur de nouvelles actions, pour convaincre des gens à nous rejoindre. On est tous dans la même galère, dans la lutte de pouvoir se vêtir, se nourrir… On doit porter les mêmes combats ». Car « le gouvernement a peur et ne nous balance que des miettes. A la prochaine Présidentielle, on ne laissera pas s’installer les mêmes débats, ceux de la peur, de la division… »

Cécilia, enseignante à la faculté, jouait la carte de l’union avec ses élèves. Et revendiquait « plus de moyens pour une révolution en profondeur du système éducatif » avec « plus d’interactivité et de terrain ». Pour elle, il faudrait même « dès le plus jeune âge, encourager à aller au contact du monde, de la nature, des choses utiles pour la santé et la sécurité afin de guider les citoyens responsables de demain ». Comme Zoélyne et ses copines. Ces lycéennes inscrites dans une filière de la couture et de la confection étaient lasses de « la pression infligée par Parcoursup », « des moyens de transports insuffisants qui nous poussent à être très tôt dans nos établissements et jusqu à tard, malgré des emplois du temps à trous ».

Et ulcérées de « ne pas avoir de remplaçants dans certaines matières ». Ce futur retraité de la fonction publique, et sympathisant de LFl et Jean-Luc Mélenchon, dont « le salaire n’a pas bougé de puis dix ans », était aussi à la défense des services publics « pour mettre le chauffage dans chaque classe et un prof devant chaque élève ». Et pour ce faire, il poussait à « une redistribution des richesses ». Le nerf de toutes les guerres.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 8 novembre 2026)

Et dans les jours à venir ?

Après les mobilisations du 5 et du 7 novembre, à quoi faut-il s’attendre cette semaine à Perpignan? Des blocages seraient prévus du côté de l’université de Perpignan, ainsi que des actions et des mobilisations. La journée de mardi serait particulièrement ciblée par l’Éducation et la jeunesse. Quant au niveau national, une intersyndicale devrait se réunir lundi soir pour décider de la suite du mouvement. Les représentants locaux des syndicats impliques dans la lutte devraient ensuite se positionner.

Contrôles, et pancartes retirées…

Comparé aux trois week-ends précédents, théâtres de scènes de pillages, de saccages, de provocations et d’interpellations, la mobilisation d’hier s’est déroulée « dans le calme » et « dans le respect du territoire délimité par l’arrêté préfectoral » signifiaient les services de l’État dans les P.-O.. À Perpignan, aucun débordement, ni incident, et par conséquent, pas la moindre interpellation n’ont été relevés.

Toutefois, des contrôles d’identité ont été opérés sur le terrain par les forces de l’ordre. Et ce, en raison des visages dissimulés de certains manifestants. Des attroupements ont eu lieu, mais pas de désordre.

Par ailleurs, au croisement du boulevard Aristide Briand et de la rue Jean-Vieilledent, des manifestants ont souhaite emprunter l’artère menant à la caserne Joffre et au collège Jean-Moulin. Quand des policiers ont fait barrage. Si les uns et les autres se sont fait face quelques minutes, et ont échangé, la manifestation a finalement repris son cours sur le boulevard Briand.

Enfin, des personnes présentes dans le cortège ont fait savoir que certaines de leurs pancartes leur avaient été retirées. La Préfecture le justifiait de la manière suivante : « Ces pancartes ont été confisquées car elles étaient porteuses de messages insultants envers les forces de l’ordre ».

La. Ca. (L’Indépendant, le 8 novembre 2026)

Posted in Département, Éducation, Jeunesse, Non classé, Politique, Services publics, Social and tagged , , .