Osons le rail ne lâche pas son projet de TER Céret-Perpignan (L’Indep)

Pouvoir d’achat, sobriété carbone, aide à l’emploi… Depuis 2020, l’association Osons le rail milite pour la réouverture de la ligne Céret-Perpignan, via Le Boulou, Elne et l’université perpignanaise. Elle relance sa mobilisation en cette fin octobre 2026 via son nouveau site internet.

Osons le rail garde sa ligne. La crise des carburants, du pouvoir d’achat et les enjeux écologiques boostent l’association en cette fin octobre 2026. Elle met ainsi sur les rails son nouveau site internet osonslerail.fr « Nous avons également maintenant un compte Instagram et prochainement un compte Facebook », précise son président Regis Lane. « Ces nouveaux outils doivent donner à notre association une meilleure visibilité concernant le projet que nous portons et que nous souhaitons vulgariser ».

Ce combat est la réouverture aux passagers de la ligne ferroviaire Céret-Perpignan. Un trajet de 34 kilomètres. Depuis la zone Ulrich à Céret jusqu’à la gare de Perpignan, avec des haltes à Saint-Jean-Pla-de-Corts, le Boulou, Banyuls-dels-Aspres, Ortaffa-Brouilla, Elne et l’université de Perpignan. Osons le rail rappelle qu’entre Elne et Le Boulou, des trains de marchandises circulent toujours.

L’exemple de la ligne Montréjeau-Luchon et ses 125 000 voyages

Temps de trajet, coût de transport, sobriété carbone et aide à la recherche d’emploi sont les quatre arguments majeurs de ces promoteurs du rail. « Un trajet en TER émet 85 % de CO en moins que le mème trajet en voiture thermique. 2700 et 4 500 allers-retours en voiture seraient évités chaque jour », assure Osons le rail. « Un Cérétan qui travaille à Perpignan dépense 1 507 euros de carburant par an pour ses trajets professionnels », calcule-t-elle. « Dans le bassin de Céret, 37 % des demandes d’emploi citent le transport comme premier frein pour trouver un travail », insiste l’association.

Reste un enjeu majeur: le coût de la remise en état et en route de cette liaison TER Perpignan-Elne. Il est estimé à près de 35 millions d’euros. Lourde facture. Rédhibitoire ? « Non » veut croire Osons le rail « Cela a été réalisé ailleurs, et notamment dans la région », insiste-t-elle, avançant plusieurs exemples dont celui de la ligne Montréjeau-Luchon, en Haute-Garonne : « Fermée en 2014, la ligne de 36 km a rouvert en juin 2025. La Région a financé seule les travaux : 67 millions d’euros. Un an plus tard, la Région annonçait 125 000 voyages et évoquait un bilan exceptionnel ».

Mais aussi celui de la ligne entre Pont-Saint-Esprit, dans le Gard et Avignon, où les voyageurs avaient disparu en 1973, mais la ligne servait toujours au fret. Depuis 2022, le trafic passager a repris. Autant d’horizons invoqués pour ne pas rester à quai.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 31 octobre 2026)

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