Dix ans après les états généraux du rail, le train jaune exemple de réussite (L’Indep)

Dix ans après la tenue d’États généraux du Rail et de l’intermodalité, la Région Occitanie tire le bilan de sa politique des transports et en rend compte aux habitants jusqu’à la fin de l’année.

C’est bien sûr le vice-président de Région aux transports, Jean-Luc Gibelin, qui assure la tournée citoyenne. En gare de Perpignan ce 4 septembre 2026 (précisément à la Maison de la Région qui y a ses locaux), l’élu est venu « rendre compte » des engagements politiques pris après la grande consultation de 2016. Onze chantiers avaient alors émergé des préoccupations citoyennes. Parmi eux, la « sauvegarde des lignes ferroviaires » jugées prioritaires par les habitants, dont celle du Train jaune dans les Pyrénées-Orientales.

La Région a injecté 100 millions d’euros pour sauver le Train jaune

« La Région a mis 50 millions d’euros dans la rénovation du matériel et 50 millions dans l’infrastructure », récapitule Jean-Luc Gibelin dont le budget, celui des Transports donc, première compétence régionale, frôle le milliard.

Le « canari » a été considéré comme sauvé en 2019 dans le cadre d’un Plan Rail (389 millions engagés sur l’ensemble du réseau dont 273 financés par la Région) qui a aussi permis la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon et la reprise du trafic sur la rive droite du Rhône.

« On a aussi inventé une tarification Train jaune pour qu’il soit un train du quotidien », ajoute l’élu. « Il y a par exemple une vraie complémentarité entre Villefranche-de-Conflent et le plateau cerdan grâce au lien entre trains et autocars. On a aussi réorganisé la gare routière de Perpignan en la mettant en lien avec la gare SNCF ».

Dans l’Aude, l’échec de la ligne Limoux-Quillan

L’Aude a notamment bénéficié d’une « structuration du réseau routier et de sa complémentarité avec les transports scolaires qui sont devenus gratuits. On transporte 165 000 enfants chaque jour en Occitanie grâce à 5 000 véhicules ». En revanche, le département est toujours privé de liaison ferroviaire entre Limoux et Quillan. Ce que Jean-Luc Gibelin appelle des « réouvertures qui ne vont pas assez vite » (c’est aussi le cas de Rodez-Séverac et Alès-Bessèges). « L’État n’a pas activé les crédits promis, déjà pour les études, environ 56 millions d’euros », explique-t-il. « Et, surtout, ne s’est pas manifesté pour financer l’infrastructure et sans cela, on ne peut rouvrir la ligne ». La Région tente toutefois d’inciter l’État à revoir sa position en proposant une option moins onéreuse, du matériel plus léger, actuellement testée entre Carcassonne et Limoux et cofinancé avec la SNCF. Limoux-Quillan est fermée depuis 2017.

Enfin, concernant la grande vitesse, le vice-président insiste sur la ligne à venir Montpellier-Perpignan : « En 2016, la LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) n’était pas prévue, pas financée et n’avait pas de calendrier ». Sa réalisation a en effet été entérinée par Jean Castex, alors Premier ministre, après des années de combats d’élus locaux dont Carole Delga.

Plus généralement en région, Jean-Luc Gibelin pointe le succès des billets de TER à 1 euro, « 910 000 rien qu’entre le 14 juillet et le 15 aout », la circulation de trains innovants utilisant l’hydrogène, des batteries lithium ou hybride, un Plan Vélo comprenant un cluster de 80 entreprises (dont Caminade installée à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales), des vélos en libre service dans les lycées ou en location longue durée dans les gares ou encore des rosalies « Oui Cycle » déployées dans certains territoires ruraux.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

« La ligne Rivesaltes-Axat doit rester dans le réseau SNCF » (L’Indép)

Des élus communistes des Pyrénées-Orientales ont écrit à Jean Castex, le PDG de la SNCF, pour alerter « sur l’abandon que constituerait la vente des emprises ferroviaires de la ligne Rivesaltes-Axat au syndicat mix ». Une décision, si elle se confirme, qui selon eux « mettrait en danger la ligne » où circule le Train Rouge.

Les élus communistes de la Vallée de l’Agly, soutenu par leur parti, craignent un « déraillement ». Du coup, ils écrivent au patron de la SNCF, Jean Castex, aussi ancien maire de Prades et conseiller départemental des Pyrénées-Orientales de 2015 à 2020. « Nous venons d’apprendre que la SNCF-Réseau s’appéterait à céder les emprises de la voie ferrée Rivesaltes-Axat au syndicat mixte exploitant le train touristique Train du Pays Cathare et du Fenouilledes (Le Train Rouge) circulant sur cette voie. Nous tenons à vous faire part de notre opposition à cette transaction ». Cette ligne est longue 60 kilomètres. « Cette vente marquerait un abandon du service public ferroviaire dans un périmètre celui de l’agglomération de Perpignan qui soutire d’une congestion permanente de ses accès en direction des trois vallées que vous connaissez bien », insistent Dominique Poirot, Lola Beuze et Patrick Cases, les trois élus communistes du secteur.

« Les Pyrénées Orientales sont au premier rang des effets de la sécheresse et nous savons que le mode routier est à l’origine de 85 % des rejets de GES selon une étude indépendante réalisée en 2024. Si l’on veut être conséquent avec le discours tenu par les pouvoirs publics l’urgence est à réorganiser le transfert modal vers le ferroviaire ».

S’ils assurent « nous n’avons rien contre le train touristique TPCF », ils ajoutent « il ne constitue pas la solution pour pérenniser la ligne dont l’entretien et la conservation seraient mis à la charge du contribuable local dont nous rappelons qu’il est l’un des plus pauvre de France ».

Et de conclure : « Nous vous demandons Monsieur le Président d’abandonner cette perspective d’abandon de la ligne Rivesaltes-Axat et d’accorder une attention sur les propositions un temps nommées TER Catalan et qui sont la relance des trains du quotidien. Il serait difficilement compréhensible que l’on s’apprête à mobiliser plusieurs milliards pour financer le chainon manquant de la LGV entre Montpellier et Perpignan et que l’on ne consacre pas quelques dizaines de millions d’euros pour financer les trains du quotidien dans notre département avec un retour d’investissement social et environnemental immédiat ».

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 28 juin 2026)

Céret. Un train pour le retour du train (L’Indep)

Ce samedi 20 juin, l’association Osons le rail a organisé une nouvelle action symbolique afin de sensibiliser le public et les décideurs à la nécessité, selon elle, de rétablir le transport de voyageurs sur la ligne Céret-Le Boulou-Elne.

Pour cette nouvelle mobilisation, Osons le rail a choisi une formule originale : en partenariat avec la CGT, les membres du collectif ont fait circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). L’objectif n’était pas de faire rouler une rame réelle, mais de matérialiser ce que pourrait être demain le retour du train de voyageurs.

M. C.W. (L’Indépendant, le 21 juin 2026)

P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

Les communistes ont fixé leurs priorités pour la ligne nouvelle du TGV (L’Indep)

La ligne a grande vitesse entre Perpignan et Montpellier divise toujours. Le PCF des Pyrénées-Orientales réclame un financement plus équitable et une LGV mixte, capable de réduire les émissions routières et d’éviter l’engorgement ferroviaire.

Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Perpignan à Montpellier est au cœur des débats depuis l’ouverture de l’enquête publique. La fédération du Parti communiste français des Pyrénées-Orientales (PCF) a partagé à son tour ses observations et ses priorités, à 48h de la dernière réunion publique qui se tiendra ce jeudi 28 mai à Rivesaltes.

Selon la fédération, deux remarques préalables peuvent être faites. La première, « accélérer la réalisation du projet, sous peine de ne pas être au rendez-vous de défis économiques et environnementaux vitaux pour le territoire ». La deuxième, un financement prévisionnel jugé « déséquilibré ».

« L’État a des moyens de légiférer pour aller chercher des ressources sur ces grands projets, mais 40 % des financements reposent sur les collectivités territoriales, ça veut dire payé par les habitants de la région, on considère ça complètement injuste », alerte Michel Coronas, porte-parole du PCF. Ainsi, pour conjuguer efficacité environnementale et sociale, Michel Coronas a réaffirmé les propositions qui semblent judicieuses au parti.

Tout d’abord, « s’inscrire dans la durabilité », en préférant un tracé du côté des Corbières et éviter celui du littoral qui serait sujet au recul du trait de côte. Ensuite, opter pour une LGV « mixte », avec transport de marchandises, face à l’urgence de « limiter les émissions de gaz à effet de serre sur la route ». Le PCF affirme également préconiser le tracé comportant le contournement de Perpignan (déviation ouest), afin d’éviter l’engorgement de la gare de Perpignan par les flux de trains de fret. Un contournement décrié, notamment du côté du Soler et de Baho, où le tracé est envisagé.

Ensuite, la volonté de recréer une nouvelle plateforme. « On sait que celles qui sont existantes n’utilisent pas le rail, ou très peu, c’est le cas de Saint-Charles. 90 à 95 % de la marchandise passe par la route », développe-t-il, proposant pour cela une implantation sur le site de Rivesaltes. Enfin, penser à la localisation de la gare voyageurs : « Il faut qu’elle ait un rôle de lien entre les lignes du quotidien. Par exemple, que quelqu’un qui serait Céret puisse changer à Perpignan et monter dans un TGV qui pourra l’amener à d’autres destinations, nationales ou internationales ».

En attendant, ils misent sur un plan d’urgence concernant les trains du quotidien. « On récupérerait immédiatement une part importante de trafic. Sur la ligne Perpignan-Villefranche par exemple, il y a environ 700 personnes quotidiennement. Ces 700 de moins qui sont dans les voitures ». À cela s’ajoute, pour le PCF, l’importance de rajouter des horaires et cadencements « plus adaptés ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 27 mai 2026)

Train. Reprise de la ligne Perpignan-Villefranche après 18 mois d’arrêt (L’Indep)

La ligne ferroviaire Perpignan/Villefranche-de-Conflent a repris du service hier. Fermée après un déraillement à Eus en 2024, elle rouvre au terme de longs travaux et de fortes mobilisations d’usagers. Pour toute une vallée, ce retour du train marque bien plus qu’une simple reprise du trafic.

« Le départ à destination de Villefranche-de-Conflent est imminent. » Cela faisait bien longtemps que cette phrase n’avait pas résonné à l’intérieur d’un TER Lio. Ce samedi 24 janvier 2026, soit après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan/Villefranche-de-Confient/Vemet-les-Bains a pu reprendre du service. À 8h09 hier matin, son départ a été inauguré en gare de Perpignan en présence de Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF, de Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales et de l’association Train en Têt.

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue et un glissement de terrain avaient provoqué le déraillement d’un train régional au niveau de la commune d’Eus, qui avait terminé sa course contre un pont.

Un accident qui avait fait cinq blessés légers et entrainé la fermeture totale du trafic entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent. SNCF Réseau avait annoncé la nécessité de démolir l’ouvrage avant tout redémarrage.

Au départ, le maire d’Eus était opposé aux travaux, mais s’en est suivi une vague de manifestations d’usagers en colère de ne plus pouvoir se déplacer correctement. La destruction a finalement été acceptée à l’été 2025 et les travaux ont commencé en octobre, pour une réouverture de la ligne ce samedi.

Cette reprise de la circulation a été amplement saluée. « C’est un jour de célébration. Ce train revient enfin parmi les siens », se réjouit Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt. Fortement engagé dans la réouverture de la ligne, ce dernier a effectué quelques calculs : « Un habitant de Prades, employé à Perpignan, a passé 198 heures de plus dans les transports et a généré 39 tonnes de CO2 en plus durant les 18 mois d’arrêt du TER ». Des chiffres significatifs de cette situation qui a impacté de nombreux usagers, contraints de prendre le bus ou la voiture.

C’est le cas de Raoul, cet habitant de Prades qui a trouvé ces travaux « trop longs ». « Je prenais le bus pour aller à Perpignan mais je mettais beaucoup plus de temps à cause des arrêts. Je suis moins impacté car je suis retraité mais il faut dire que le train est quand même bien plus écologique ».

Aude Vivès, vice-présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, a suivi le dossier de près ces derniers mois. Aujourd’hui, elle est soulagée de cette reprise : « Toute la vallée est impactée. Ce n’est pas qu’une ligne de chemin de fer, c’est une ligne de vies, avec un « S ». On a pu voir les conséquences en termes d’emploi ou de fréquentation touristique ».

Mais la bataille ne semble pas terminée. Enric Balaguer souhaiterait notamment une amélioration du statut de la ligne pour qu’elle soit prise en charge par l’État et modernisée. Davantage de créneaux horaires permettraient également de desservir les lycées perpignanais. De son côté, la Coopérative des élus et le Parti communiste français présents ce jour, ont lancé une pétition, remise au préfet. Elle demande de développer les transports ferroviaires avec, entre autres, la réouverture des lignes Perpignan-Axat et Perpignan-Elne-Le Boulou-Céret, et la création de nouveaux arrêts à l’Université et sur le site de Paulilles.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 25 janvier 2026)