« La ligne Rivesaltes-Axat doit rester dans le réseau SNCF » (L’Indép)

Des élus communistes des Pyrénées-Orientales ont écrit à Jean Castex, le PDG de la SNCF, pour alerter « sur l’abandon que constituerait la vente des emprises ferroviaires de la ligne Rivesaltes-Axat au syndicat mix ». Une décision, si elle se confirme, qui selon eux « mettrait en danger la ligne » où circule le Train Rouge.

Les élus communistes de la Vallée de l’Agly, soutenu par leur parti, craignent un « déraillement ». Du coup, ils écrivent au patron de la SNCF, Jean Castex, aussi ancien maire de Prades et conseiller départemental des Pyrénées-Orientales de 2015 à 2020. « Nous venons d’apprendre que la SNCF-Réseau s’appéterait à céder les emprises de la voie ferrée Rivesaltes-Axat au syndicat mixte exploitant le train touristique Train du Pays Cathare et du Fenouilledes (Le Train Rouge) circulant sur cette voie. Nous tenons à vous faire part de notre opposition à cette transaction ». Cette ligne est longue 60 kilomètres. « Cette vente marquerait un abandon du service public ferroviaire dans un périmètre celui de l’agglomération de Perpignan qui soutire d’une congestion permanente de ses accès en direction des trois vallées que vous connaissez bien », insistent Dominique Poirot, Lola Beuze et Patrick Cases, les trois élus communistes du secteur.

« Les Pyrénées Orientales sont au premier rang des effets de la sécheresse et nous savons que le mode routier est à l’origine de 85 % des rejets de GES selon une étude indépendante réalisée en 2024. Si l’on veut être conséquent avec le discours tenu par les pouvoirs publics l’urgence est à réorganiser le transfert modal vers le ferroviaire ».

S’ils assurent « nous n’avons rien contre le train touristique TPCF », ils ajoutent « il ne constitue pas la solution pour pérenniser la ligne dont l’entretien et la conservation seraient mis à la charge du contribuable local dont nous rappelons qu’il est l’un des plus pauvre de France ».

Et de conclure : « Nous vous demandons Monsieur le Président d’abandonner cette perspective d’abandon de la ligne Rivesaltes-Axat et d’accorder une attention sur les propositions un temps nommées TER Catalan et qui sont la relance des trains du quotidien. Il serait difficilement compréhensible que l’on s’apprête à mobiliser plusieurs milliards pour financer le chainon manquant de la LGV entre Montpellier et Perpignan et que l’on ne consacre pas quelques dizaines de millions d’euros pour financer les trains du quotidien dans notre département avec un retour d’investissement social et environnemental immédiat ».

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 28 juin 2026)

Céret. Un train pour le retour du train (L’Indep)

Ce samedi 20 juin, l’association Osons le rail a organisé une nouvelle action symbolique afin de sensibiliser le public et les décideurs à la nécessité, selon elle, de rétablir le transport de voyageurs sur la ligne Céret-Le Boulou-Elne.

Pour cette nouvelle mobilisation, Osons le rail a choisi une formule originale : en partenariat avec la CGT, les membres du collectif ont fait circuler un TER fictif entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et Céret, au niveau du butoir, en bout de voie, le long de la route d’Aubiry (parallèle à la D115). L’objectif n’était pas de faire rouler une rame réelle, mais de matérialiser ce que pourrait être demain le retour du train de voyageurs.

M. C.W. (L’Indépendant, le 21 juin 2026)

P.-О. : les syndicats alertent sur les conditions de transport (L’Indép)

La mobilité dans les Pyrénées-Orientales est un enjeu majeur pour les représentants syndicaux. Ces derniers réclament une LGV mixte, la modernisation des lignes locales et une meilleure cohérence entre train et bus pour dynamiser le territoire.

« La mobilité et le transport occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants des Pyrénées-Orientales », ont insisté à plusieurs reprises les représentants des différentes instances syndicales CGT lors d’une conférence de presse ce jeudi 18 juin. Aujourd’hui, il est essentiel selon eux de revoir l’avenir de ces mobilités, pour des questions à la fois « économiques, écologiques et sociales ».

La question du ferroviaire a premièrement été soulevée avec le projet de ligne à grande vitesse reliant Perpignan et Montpellier. « Nous sommes favorables à la LGV à condition qu’elle soit mixte, c’est-à-dire ouverte aux voyageurs comme au fret », ont-ils indiqué. Mais ils demandent également que les futurs TGV « desservent réellement Perpignan » et « répondent aux besoins des usagers du département ».

Parmi les revendications figure la modernisation des lignes existantes, notamment Perpignan-Villefranche, Perpignan-Cerbère et Perpignan-Narbonne, ainsi que la création de « nouvelles haltes ferroviaires ».

Les organisations défendent la réouverture de plusieurs lignes aujourd’hui fermées aux voyageurs, dont celles vers Céret et Quillan. « Dans un département marqué par un fort taux de chômage et de pauvreté, améliorer les transports est un levier essentiel pour permettre aux habitants de travailler, d’étudier ou d’accéder aux soins ».

Les associations ont également mis en avant la complémentarité entre le train et les bus. « Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport mais de construire un maillage cohérent du territoire ». Selon elles, la réouverture de certaines lignes ferroviaires doit s’accompagner d’une adaptation des dessertes routières afin de mieux relier les communes aux gares. « On se retrouve souvent sur des transports qui ne sont pas complémentaires en termes d’horaires. La ligne de Villefranche, par exemple, arrive 5 minutes après le départ des trains ».

Mais à cela s’ajoute une multiplication de la sous-traitance des dépôts. « L’un de nos collègues habite à Arles-sur-Tech et a été affecté au dépôt de Perpignan. Depuis, ses journées se sont considérablement allongées, il dispose de plusieurs heures de coupure mais ne peut pas se permettre de rentrer chez lui ». À cette situation qui « se répète », S’ajoute aussi le manque de climatisation dans les bus, dégradant un peu plus les conditions de travail.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 20 juin 2026)

Les communistes ont fixé leurs priorités pour la ligne nouvelle du TGV (L’Indep)

La ligne a grande vitesse entre Perpignan et Montpellier divise toujours. Le PCF des Pyrénées-Orientales réclame un financement plus équitable et une LGV mixte, capable de réduire les émissions routières et d’éviter l’engorgement ferroviaire.

Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Perpignan à Montpellier est au cœur des débats depuis l’ouverture de l’enquête publique. La fédération du Parti communiste français des Pyrénées-Orientales (PCF) a partagé à son tour ses observations et ses priorités, à 48h de la dernière réunion publique qui se tiendra ce jeudi 28 mai à Rivesaltes.

Selon la fédération, deux remarques préalables peuvent être faites. La première, « accélérer la réalisation du projet, sous peine de ne pas être au rendez-vous de défis économiques et environnementaux vitaux pour le territoire ». La deuxième, un financement prévisionnel jugé « déséquilibré ».

« L’État a des moyens de légiférer pour aller chercher des ressources sur ces grands projets, mais 40 % des financements reposent sur les collectivités territoriales, ça veut dire payé par les habitants de la région, on considère ça complètement injuste », alerte Michel Coronas, porte-parole du PCF. Ainsi, pour conjuguer efficacité environnementale et sociale, Michel Coronas a réaffirmé les propositions qui semblent judicieuses au parti.

Tout d’abord, « s’inscrire dans la durabilité », en préférant un tracé du côté des Corbières et éviter celui du littoral qui serait sujet au recul du trait de côte. Ensuite, opter pour une LGV « mixte », avec transport de marchandises, face à l’urgence de « limiter les émissions de gaz à effet de serre sur la route ». Le PCF affirme également préconiser le tracé comportant le contournement de Perpignan (déviation ouest), afin d’éviter l’engorgement de la gare de Perpignan par les flux de trains de fret. Un contournement décrié, notamment du côté du Soler et de Baho, où le tracé est envisagé.

Ensuite, la volonté de recréer une nouvelle plateforme. « On sait que celles qui sont existantes n’utilisent pas le rail, ou très peu, c’est le cas de Saint-Charles. 90 à 95 % de la marchandise passe par la route », développe-t-il, proposant pour cela une implantation sur le site de Rivesaltes. Enfin, penser à la localisation de la gare voyageurs : « Il faut qu’elle ait un rôle de lien entre les lignes du quotidien. Par exemple, que quelqu’un qui serait Céret puisse changer à Perpignan et monter dans un TGV qui pourra l’amener à d’autres destinations, nationales ou internationales ».

En attendant, ils misent sur un plan d’urgence concernant les trains du quotidien. « On récupérerait immédiatement une part importante de trafic. Sur la ligne Perpignan-Villefranche par exemple, il y a environ 700 personnes quotidiennement. Ces 700 de moins qui sont dans les voitures ». À cela s’ajoute, pour le PCF, l’importance de rajouter des horaires et cadencements « plus adaptés ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 27 mai 2026)

Train. Reprise de la ligne Perpignan-Villefranche après 18 mois d’arrêt (L’Indep)

La ligne ferroviaire Perpignan/Villefranche-de-Conflent a repris du service hier. Fermée après un déraillement à Eus en 2024, elle rouvre au terme de longs travaux et de fortes mobilisations d’usagers. Pour toute une vallée, ce retour du train marque bien plus qu’une simple reprise du trafic.

« Le départ à destination de Villefranche-de-Conflent est imminent. » Cela faisait bien longtemps que cette phrase n’avait pas résonné à l’intérieur d’un TER Lio. Ce samedi 24 janvier 2026, soit après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan/Villefranche-de-Confient/Vemet-les-Bains a pu reprendre du service. À 8h09 hier matin, son départ a été inauguré en gare de Perpignan en présence de Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF, de Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales et de l’association Train en Têt.

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue et un glissement de terrain avaient provoqué le déraillement d’un train régional au niveau de la commune d’Eus, qui avait terminé sa course contre un pont.

Un accident qui avait fait cinq blessés légers et entrainé la fermeture totale du trafic entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent. SNCF Réseau avait annoncé la nécessité de démolir l’ouvrage avant tout redémarrage.

Au départ, le maire d’Eus était opposé aux travaux, mais s’en est suivi une vague de manifestations d’usagers en colère de ne plus pouvoir se déplacer correctement. La destruction a finalement été acceptée à l’été 2025 et les travaux ont commencé en octobre, pour une réouverture de la ligne ce samedi.

Cette reprise de la circulation a été amplement saluée. « C’est un jour de célébration. Ce train revient enfin parmi les siens », se réjouit Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt. Fortement engagé dans la réouverture de la ligne, ce dernier a effectué quelques calculs : « Un habitant de Prades, employé à Perpignan, a passé 198 heures de plus dans les transports et a généré 39 tonnes de CO2 en plus durant les 18 mois d’arrêt du TER ». Des chiffres significatifs de cette situation qui a impacté de nombreux usagers, contraints de prendre le bus ou la voiture.

C’est le cas de Raoul, cet habitant de Prades qui a trouvé ces travaux « trop longs ». « Je prenais le bus pour aller à Perpignan mais je mettais beaucoup plus de temps à cause des arrêts. Je suis moins impacté car je suis retraité mais il faut dire que le train est quand même bien plus écologique ».

Aude Vivès, vice-présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, a suivi le dossier de près ces derniers mois. Aujourd’hui, elle est soulagée de cette reprise : « Toute la vallée est impactée. Ce n’est pas qu’une ligne de chemin de fer, c’est une ligne de vies, avec un « S ». On a pu voir les conséquences en termes d’emploi ou de fréquentation touristique ».

Mais la bataille ne semble pas terminée. Enric Balaguer souhaiterait notamment une amélioration du statut de la ligne pour qu’elle soit prise en charge par l’État et modernisée. Davantage de créneaux horaires permettraient également de desservir les lycées perpignanais. De son côté, la Coopérative des élus et le Parti communiste français présents ce jour, ont lancé une pétition, remise au préfet. Elle demande de développer les transports ferroviaires avec, entre autres, la réouverture des lignes Perpignan-Axat et Perpignan-Elne-Le Boulou-Céret, et la création de nouveaux arrêts à l’Université et sur le site de Paulilles.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 25 janvier 2026)

Après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan-Villefranche rouvre samedi (L’Indep)

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue sur la voie ferrée à hauteur d’Eus provoquait le déraillement d’un TER. Samedi, en gare de Perpignan, sera inaugure a 8h09, heure du départ du premier train, le retour de la ligne SNCF en presence, a bord, du préfet Regnault de la Mothe. De son côté, l’association Train en Têt se dit « soulagée » que ce train « revienne parmi les siens ».

Il aura fallu dix-huit mois jour pour jour d’un chantier de réfection, par moments complexe, pour remettre sur de (nouveaux) rails la ligne SNCF Perpignan-Villefranche-de-Conflent-Vernet-les-Bains. Pour rappel, suite au déraillement le 24 juillet 2024 d’un TER à hauteur du pont d’Eus la circulation des 14 trains qui empruntent régulièrement cette ligne avait dû être interrompue le temps de ces gros travaux. Le 16 janvier dernier, la livraison du chantier « clés en main » était officiellement actée.

Mais ce samedi 24 janvier, à 8h09 précisément (heure du départ depuis Perpignan du premier train reliant les deux gares), c’est le retour de cette ligne qui sera inauguré « pour partager un moment de convivialité à bord de ce train où sera offert le petit-déjeuner » annonce la SNCF. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, montera à bord du train qui fera une halte en gare de Prades-Molitg-les-Bains à 8h48 exactement. Puis poursuivra son trajet pour arriver en gare de Villetranche-Vernet-les-Bains à 8h56.

Pour sa part l’association « Train en Têt » fait savoir par la voix de son président Enric Balaguer qu’elle est « soulagée » pour « tous les acteurs qui ont opéré et continuent d’opérer à son bon fonctionnement ». Tout en espérant « une amélioration et une modernisation » de cette ligne Perpignan-Villefranche-Vernet-les-Bains, Enric Balaguer veut conclure sur une note positive: « la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La ligne Perpignan-Villetranche n’est pas non plus une petite ligne tranquille, mais enfin -et c’est ça le plus important aux yeux des usagers, des cheminots, et plus largement des habitants des Pyrénées-Orientales-, le train revient parmi les siens ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)