Collège Joffre à Rivesaltes. Enseignants et parents mobilisés contre la suppression d’une classe (L’indep)

Une cinquantaine d’enseignants, de parents et de personnels se sont rassemblés ce vendredi devant le collège Joffre pour protester contre une baisse de dotation horaire qui entraînerait la suppression d’une classe et des effectifs pouvant atteindre 31 à 32 élèves par salle à la rentrée prochaine.

« Moyens retirés, classe fermée, élèves sacrifiés », « Collège qui trinque », « Ici, on enseigne, on ne gère pas un stock ». Ce vendredi, devant le collège Joffre, à Rivesaltes, les pancartes sont sans équivoques. Et la détermination est palpable. Dès 7h45, enseignants, parents d’élèves et quelques personnels se sont réunis pour protester contre la baisse des moyens alloués à l’établissement pour la rentrée 2026.

Mercredi 11 février, à l’issue du comité social d’administration (CSA), l’Inspection académique a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats dénoncent une « gestion comptable » et contestent certaines diminutions de dotation jugées injustifiées. Le SNES-FSU pointe notamment la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes.

« On a appris la semaine dernière que notre dotation horaire globale était en forte baisse », explique Léa Coudert, enseignante et représentante syndicale. « On perd l’équivalent d’une classe alors que le nombre d’élèves sera en hausse. » Selon elle, une trentaine d’heures manquerait pour maintenir une organisation « correcte » des enseignements. « Concrètement, la suppression d’une classe de 4e ferait grimper les effectifs à 31 voire 32 élèves par salle. Nos locaux ne sont pas adaptés. Certaines salles ne peuvent pas accueillir autant d’élèves, surtout avec les AESH qui accompagnent les enfants en difficulté. Cela pose aussi des questions de sécurité », alerte l’enseignante. Pour maintenir un nombre de classes suffisant avec la dotation actuelle, l’établissement devrait renoncer aux dédoublements en français, en mathématiques ou en sciences. « Les groupes permettent d’aider les élèves en difficulté, de faire des manipulations en sciences ou de travailler l’oral en langues. Tout cela disparaitrait. » L’administration justifie la dotation par le nombre d’inscrits a la rentrée précédente. Or, plusieurs arrivées d’élèves en cours d’année n’auraient pas été prises en compte. « Ça ne correspond plus à la réalité. Ces élèves sont déjà là et seront présents l’an prochain. On n’est pas en capacité de les accueillir correctement », insiste Léa Coudert.

Également mobilisé, Paul Augé, professeur d’éducation musicale, soutient le mouvement. « Je suis proche de la retraite, mais je me bats pour que mes collègues puissent enseigner dans des conditions dignes. On gère une hétérogénéité de plus en plus forte. Il faut des effectifs raisonnables pour répondre aux besoins des élèves. »

Côtés parents, l’inquiétude est tout aussi vive. Ludivine, représentante au conseil d’administration, est venue dé fendre sa fille, actuellement en 5e. « 31 élèves par classe, ce n’est pas possible. Déjà à 25, c’est compliqué. Supprimer une classe, c’est mettre des bâtons dans les roues de nos enfants », souffle-t-elle. Les parents ont adressé un courrier à la direction académique et attendent des réponses.

Une délégation espère être reçue par la direction académique dans les prochains jours. Sans cela, le mouvement pourrait être reconduit.

Driss Chait (L’Indépendant, le 14 février 2026)

« Une gestion comptable au détriment de l’humain »
le Snalc 66 dénonce la suppression de 11 postes dans les collèges

L’inspection académique a confirmé ce mercredi 11 février la suppression de onze postes de professeurs à la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales lors du comité social d’administration (CSA). Les représentants syndicaux exprimaient à la sortie leurs inquiétudes. Laurent Miffre, secrétaire départemental du Snalc (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur) réagit à son tour. Il dénonce « une gestion comptable au détriment de l’humain » à travers plusieurs points. « L’administration justifie la baisse des moyens par la perte d’élèves mais pour nous il s’agit d’une vision purement budgétaire. Cette baisse devrait permettre d’alléger les classes qui culminent à 30,4 élèves au collège », confie Laurent Miffre. Il pointe ensuite « une guerre des chiffres avec des prévisions déconnectées du terrain et notamment des effectifs sous-estimés notamment à Argelès, Saint-André ou Thuir ». Le Snalc 66 rebondit sur le climat scolaire, aussi évoqué par la Dasen, Anne-Laure Arino lors du CSA et alerte sur l’importance de la sécurité des personnels et des élèves avec des moyens concrets. « Nous dénonçons aussi cette fuite vers le prive alimentée par le mirage d’une excellence pas toujours vérifiée. Dans les P.-O., les chiffres montrent que le privé n’apporte pas de plus-value scolaire », ajoute le secrétaire départemental. « Enfin, le personnel est à bout de souffle », conclut-il. « Pour compenser le manque de postes fixes, l’administration maintient un taux d’heures supplémentaires (HSA) très élevé (entre 7% et 10 %), épuisant les équipes en place. Le « Pacte Enseignanr » est utilisé à 86,2 %, principalement pour boucher les trous du remplacement de courte durée ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 14 février 2026)

Un livreur Uber Eats dénonce l’insécurité face aux intempéries (L’Indep)

Malgré l’alerte rouge, hier a cause de la tempête Nils qui a frappé le département, Uber Eats a continué ses livraisons. Au grand dam d’un livreur.

Alors que la tempête Nils sévissait dans les Pyrénées-Orientales et que le département a été placé en vigilance rouge hier, un livreur de la plateforme de livraison de repas Uber Bats, a partagé son incompréhension.

« Depuis ce matin, les livraisons tournent à plein régime à Perpignan malgré la tempête. J’ai personnellement pris mon droit de retrait à cause du risque. Mais aujourd’hui Uber Bats a fait passer son business avant la sécurité des livreurs », a-t-il témoigné anonymement. Selon le livreur, dans des conditions d’alerte rouge, la plateforme n’aurait pas du fonctionner. Cependant, la préfecture des Pyrénées-Orientales n’avait pas donné de consignes aux établissements de fermer. Ainsi, ce dernier a souhaité prendre les choses en main : « J’ai prévenu la mairie qui est en train d’échanger avec la préfecture. Il faut vraiment qu’on arrive à faire éteindre l’application. Les livreurs peuvent refuser une livraison mais en cas d’accident, qui est le responsable ? », questionnait-il.

Depuis hier matin, le livreur a comptabilisé une cinquantaine de commandes passées par les habitants des P.-O. En témoignaient les captures d’écran de l’application sur son téléphone, lui proposant d’aller dans les quatre coins de la ville et des alentours. Selon lui, la plateforme Deliveroo a également continué de fonctionner.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 13 février 2026)

La CGT 66 dénonce la situation chaotique générée par le manque d’anticipation du préfet

La situation météorologique exceptionnelle a été anticipée par les services de Météo France. L’Aude a été placée hier en alerte rouge pour la journée d’aujourd’hui. Dans les Pyrénées Orientales, les établissements ont été fermés pour la journée. Alors que de nombreux éléments montraient une possible dégradation de la situation, la vigilance rouge a été décrétée à 8h30.

Alors que la situation l’exigeait, le Préfet n’a pas pris les mesures nécessaires à la protection des salarié.es, de la population, des usagers des services publics, les mettant en danger et à la merci de nombreux accidents de trajet.

Le secteur des transports est fortement touché par de nombreux accidents, des bus sont bloqués dans tout le département, des trains accidentés.

De nombreux salarié.es partis travailler avant 8h30 et habitants se retrouvent bloqués dans tout le département alors que l’alerte rouge est décrétée. Les usagers des services publics de transport se retrouvent bloqués sans solution pour rentrer.

Malgré la situation très dangereuse, la plupart des salarié.es ont été obligés d’aller travailler malgré la situation très dangereuse et alors que des mesures auraient pu être prises par leurs employeurs, en particulier pour les salarié.es qui parcourent les routes. Proposer un congés dans de telles conditions est inacceptable.

Nous apportons tout notre soutien aux nombreuses et nombreux agent.es des services publics et du secteur privé mobilisé.es pour sécuriser, protéger, prévenir et réparer dans des conditions extrêmes. Ces services essentiels sont trop souvent malmenés et victimes de coupes budgétaires depuis des années.

La situation que nous vivons est amenée à se reproduire de plus en plus fréquemment en raison du dérèglement climatique et les événements climatiques extrêmes vont se multiplier. L’adaptation au dérèglement nécessite des moyens humains et financiers, un renforcement des services publics de protection et de prévention. Les plans d’adaptation indispensables pour protéger les salarié.es et les populations doivent être mieux anticipés, discutés avec les syndicats de salarié.es pour proposer des mesures qui ne pénalisent pas les salarié.es.

11 suppressions de postes confirmées dans les collèges du département (L’Indep)

Hier, l’Inspection a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs a la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats d’enseignants fustigent une « gestion comptable » et estiment que les suppressions prévues dans certains établissements ne se justifient pas.

Pour le syndicat Snes-FSU, la perte d’au moins onze postes d’enseignants à la rentrée prochaine dans les collèges du département constitue « un véritable scandale ». À la sortie du comité social d’administration (CSA) hier, lors duquel l’Inspection les a concertés sur la répartition des moyens entre les établissements publics du pays catalan, les responsables départementaux du syndicat faisaient grise mine. « On est à l’os et on perd encore onze postes », fustige par exemple Ignacio Valenzuela.

La directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, confirme cette suppression de onze postes de professeurs, qu’elle attribue à la baisse de la démographie scolaire. « Nous rendons des postes car nous perdons des élèves », résume t-elle.

Une analyse qui peine à convaincre les délégués du Snes. « Dans les collèges du département, les services de l’Éducation nationale prévoient pour la rentrée prochaine deux cents élèves en moins, mais sur un total de 19 500 », souligne Marc Moliner.

Des prévisions d’effectifs contestées

Le syndicaliste est d’autant plus remonté qu’il conteste les prévisions de l’administration et table sur des effectifs d’élèves « quasiment stables » à la rentrée prochaine. « De plus, vu la situation économique et sociale du département, il devrait bénéficier de moyens pour compenser et favoriser la réussite des élèves », ajoute-t-il.

L’organisation syndicale évoque en prime des baisses de dotation qui ne lui paraissent pas justifiées pour certains établissements. « Le collège d’Argelès perd par exemple 29 heures d’enseignement, soit l’équivalent d’une classe, alors qu’il ne perdrait que neuf élèves. Tandis qu’à Perpignan, Camus, qui est classé en réseau d’éducation prioritaire (Rep) gagne trois élèves mais perd 28 heures », détaille Guillaume Palanchon. Toujours selon le Snes, le collège Sévigné de Perpignan, qui dépend du réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep +) est lui aussi sur le point de perdre une section de 6e, pour six élèves de moins prévus sur ce niveau. Le Snes conteste également la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes. Entre autres.

Sur la même longueur d’onde, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) se déclare pour sa part « profondément alerté par les éléments obtenus lors du CSA-SD de ce mercredi » : « Dans un département où la mixité sociale et scolaire est un enjeu connu du ministère, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens alloués aux colliges. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)

La Bressola : de faibles résultats en français aux évaluations nationales pointés du doigt

Le syndicat d’enseignants de l’Unsa a profité de la réunion de ce mercredi pour soulever le lièvre. « Compte tenu de la pénurie de moyens dans le public, nous nous intéressons aux financements alloués aux structures privées, qui ne manquent pas de faire de la publicité sur leurs résultats », resitue la militante du SE Laurie Lemettre. « C’est pourquoi nous avons demandé des indicateurs concernant les écoles catalanistes de La Bressola et appris que leurs résultats globaux en matière de lecture en français sont inférieurs à ceux des établissements publics relevant de l’Éducation prioritaire (Rep et Rep +). » C’est en tout cas ce que laissent apparaitre les résultats des évaluations nationales réalisées en CM2 en 2025 (item « lire un texte seul »). Par ailleurs, selon l’Unsa, qui se base toujours sur les résultats des évaluations nationales de 2025, les résultats globaux des élèves des écoles immersives de La Bressola en élémentaire sont inférieurs à ceux de l’enseignement public hors éducation prioritaire. Ils restent cependant supérieurs à ceux enregistrés en Rep et Rep +, « Nous avons posé cette question car nous voulons déconstruire des idées préconçues, mais nous ne remettons pas en cause l’enseignement du catalan », prend soin de préciser Laurie Lemettre. « Les filières bilingues et immersives dans le public fonctionnent et présentent un réel apport pédagogique. »

Sollicitée ce mercredi après-midi, la direction de La Bressola a demandé un délai afin d’analyser les résultats des évaluations nationales avant de réagir.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4103 – vendredi 13 février 2026)

L’édito de René Granmont. Apolitique ?
Annonces
Le Travailleur Catalan soutien l’appel à la libération de Christophe Gleuzes

Focus

France et immigration
Ce que le préfet ne dit pas

L’événement

Municipales 2026. Maury,Berceau des vignes et des saisons, terre d’avenir
Municipale 2026. Vernet-les-Bains : « Vernet-les-Bains nous rassemble »

Département

Municipales Perpignan. Incompréhension et colère
Le Travailleur Catalan a interrogé Françoise Fiter, cheffe de file des communistes à Perpignan Autrement
La section de Perpignan du PCF
Perpignan Autrement
Céret-Vallespir. L’économie de « rente » en accusation
Mouvement de la Paix. Une assemblée générale ouverte sur le monde
Rentrée 2026. L’école primaire en état de choc
En Català. Les cinc arques Capitol 5 (3)
Faune. Les hérissons sont malades
Elne. La rifle de la section A.M.I

Sport

USAP. Un melting Pau de rugby
Rugby à XIII. Dragons & Déesses débytent bien leur année

Culture

Amis d’Alain Marinaro. Concert Les Multitimbrés, un triomphe
Perpignan. Deux expositions, l’une à l’autel Pam, l’autre à la chapelle de la Funenària ( Camélia Otero & Marie-Anne Caasel)
Concert. Frabcis Poulenc à l’honneur
Où sortir ?

France

Ils osent parler de souveraineté industrielle
Après le drame de Sanary

Monde

USA. Tout le pouvoir au peuple !

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Le mur…

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Serdinya-Joncet. Le maire sortant Jean-Marie Maydat candidat pour un 6° mandat (L’Indep)

À 78 ans Jean-Marie Maydat, maire sortant, retraité, annonce sa candidature pour un 6° mandat à la tête de la liste « Ensemble pour Serdinya-Joncet ».

Aguéri par ces cinq mandats successifs et tourné vers l’avenir, il souhaite poursuivre le travail engagé depuis 1996 au service de la commune et de ses habitants « avec cœur, passion, énergie et détermination. Tous ces travaux ont rendu notre village très agréable et où il fait bon vivre. Sans grever les finances communales », commente-t-il.

La liste est composée de Jean-Marie Maydat, Guillaume Husson, Monique Crouilles, Aline Radondi Fourquet, Robert Bousquet, Christophe Louchez, Huguette Le Jean, Serge Manaut, Nathalie Brassac, Nicolas Crouilles et Ginette Mosas Martinez.

G. P. (L’Indépendant, le 10 février 2026)

Enfance catalane : « Les éducateurs de rue sont à bout de souffle » (L’Indep)

La CGT pointe du doigt des problématiques d’organisation et de management qui compromettraient la mission des douze éducateurs qu’embauche l’association L’Enfance catalane pour intervenir auprès des jeunes des quartiers de Perpignan.

« Démissions, turn-over, management toxique, organisation de travail non adaptée aux missions… » Selon la déléguée syndicale CGT de L’Enfance catalane, Leila Dutailly, les douze éducateurs de rue du service prévention de l’association, qui interviennent auprès des 11-25 ans dans plusieurs quartiers perpignanais (Saint-Mathieu, Saint-Jacques, Champs-de-Mars, Vernet) sont tout simplement « a bout de souffle ».

Plusieurs salariés concernés confirment. « Depuis janvier 2024, une quinzaine d’éducateurs sont passés dans le service puis repartis », confie l’un deux. Par ailleurs, après une enquête interne qui a abouti à un licenciement, la direction a décidé en septembre dernier de revoir l’organisation du service en mettant en place un nouveau règlement.

« Pas adapté à ce qu’on fait sur le terrain »

« Ce nouveau règlement n’est pas adapté à ce qu’on fait sur le terrain », déplore la délégation d’éducateurs qui tire la sonnette d’alarme avec le soutien de la CGT. « Ils nous demandent par exemple de faire un emploi du temps sur 15 jours, alors que notre métier est par nature rempli d’imprévus. Le nouveau règlement précise aussi qu’une posture professionnelle exclut toute familiarité excessive. Si on checke avec un jeune, on peut nous le reprocher, alors qu’on est dans leur quartier et qu’on doit s’adapter à leurs codes. »

La délégation dénonce aussi une logique comptable incompatible avec le métier : « L’an dernier, on a accompagné 190 jeunes alors que notre appel à projet parle de 320 minimum. On nous dit que 190 jeunes, ce n’est pas assez, alors qu’en matière de prévention, on vise la qualité plutôt que la quantité. On nous demande aussi de faire beaucoup d’administratif. Au détriment du travail de terrain. On s’intéresse tellement aux chiffres qu’on en oublie les bases. »

Forte de ce constat, la CGT réclame « que l’employeur respecte ses obligations en matière de prévention des risques psychosociaux ». Et demande en parallèle au conseil départemental, qui finance l’association, de réagir.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)