Cabestany. La liste « La passion de Cabestany » en course pour les municipales 2026 (L’Indep)

Conduite par Édith Pugnet, maire sortante, la liste « La passion de Cabestany » a été dévoilée lors de la restitution des ateliers autour du projet municipal, qui ont émaillé ce dernier trimestre.

Édith Pugnet la définissait comme « une liste largement ouverte et composée de citoyennes et citoyens de Cabestany qui partagent les belles valeurs de progrès social, d’humanisme, d’environnement et de citoyenneté », et dont plus de la moitié des candidates et candidats sont nouveaux. Ce sont des personnalités engagées de longue date, ou plus récemment, dans des clubs ou associations, déjà présentes sur le terrain depuis des années dans les domaines de la culture, du sport, de l’éducation, de la catalanité, de l’enfance, de la jeunesse, de la citoyenneté, de l’éducation populaire, du bien vieillir, du bien vivre ensemble et du développement économique, entre autres. « Tous ont déjà fait la démonstration de leur engagement au service des autres ».

Les colistiers

Édith Pugnet maire sortante ; François Allaigre, Sylvette Antony, Olivier Babinot, Virginie Baillette, Hervé Blanchard, Sébastien Bracq, Chantal Casimir, Stéphane Comes, Thienry Crane, Patricia Dubois, Mathieu Escudié, Antoine Figue, Alicia Font, Marie-Pierre Garcia, André Gillard, James Gillon, Christophe Emery, Alison Idalgo, Kader Khelfaoui, Cécile Lacapère, Louison Lalouette, Aurélia Lesbros, Ludivine Lorieux, Brigitte Pages, Laëtitia Pasquier, Vanessa Paya, Myriam Polato, Alais Portier, Stéphane Quintin, Alexandra Raymont, Jean-François Régnier, Élisabeth Rivas, Fabien Torrès et Marc Zarcone.

L’Indépendant, le 29 décembre 2025

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4097 – vendredi 26 décembre 2025)

L’édito de Nicole Gaspon. Quelle année 2026 ?
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L’événement

Rétrospective de l’année 2025. Dans le rétroviseur

Département

Municipales 66. Rassembler, rassembler, rassembler…
Unis et déterminés
Migrants. Marche aux flambeaux
Noël des enfants des migrants
Collège du Soler. Un virus mystérieux
Le point de vue de Marie-Pierre Sadourny
École. Les établissements scolaires en souffrance=
En Català. Les cinc arques Capitol 3 (5)

Sport

La magie de l’USAP

Culture

Livre. Effets de guerre
Où sortir ?
Avant-première. Tout va bien
Archipel. Voyage tumultueux en compagnie du chœur de l’opéra national du Capitole de Toulouse
Musique toujours, en janvier

France

Taxe sur les cotisations des complémentaires de santéé

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Blocus. Les États-Unis mettent le vénézuela sous blocus

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Le Chili a-t-il perdu la mémoire ?

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Cabestany. Édith Pugnet candidate pour un nouveau mandat (L’Indep)

Lorsqu’en juillet 2021, Jean Vila, premier édile depuis plus de quarante ans, remettait l’écharpe de maire à Édith Pugnet, une nouvelle ère débutait pour la commune. Très impliquée, « elle porte des valeurs fortes », disait-il, nourries par son engagement professionnel a la protection judiciaire de la jeunesse.

À 49 ans, Édith Pugnet est devenue la première femme maire de la commune. Aujourd’hui, elle se présente face aux électeurs « pour poursuivre un mandat enrichi d’innovations et d’ambitions, avec l’objectif affirmé de bâtir le Cabestany de 2040 ; une ville résiliente, moderne, agréable, tranquille et inventive. »

Dans un contexte national contraint, elle rappelle que « les communes que l’on valorise lors des crises, sont étranglées financièrement par des décisions prises d’en haut ». Malgré cela, la municipalité revendique un bilan solide. « Notre force, c’est ce que nous avons réalisé ensemble », souligne la maire. Ces derniers mois ont encore renforcé cette dynamique avec le terrain synthétique, le lancement de l’agrandissement de la cantine des aînés, l’installation de panneaux photovoltaïques, ou encore la rénovation des écoles et la dés-imperméabilisation de leurs cours.

Autant d’actions concrètes qui participent à la qualité de vie locale et expliquent « que Cabestany figure, parmi les villes françaises où il fait le mieux vivre dans sa catégorie. Oui, le travail accompli est important, mais je sais aussi combien il reste à faire », confie-t-elle.

« Bâtir ensemble »

Pour l’avenir, le programme municipal est en cours d’élaboration. « Notre originalité, c’est de construire ce projet avec les Cabestanyencs », insiste Édith Pugnet, qui souhaite amplifier les rencontres de terrain afin de « bâtir ensemble des réponses aux préoccupations du quotidien ».

Le projet s’articulera autour de trois grandes ambitions. D’abord, développer la vie sociale, culturelle, sportive, éducative et solidaire pour « maintenir et renforcer le vivre-ensemble ». Ensuite, agir pour préserver l’environnement, avec une attention particulière portée aux enjeux climatiques et énergétiques, car « l’écologie n’est plus une option ». Enfin, renforcer la citoyenneté et la participation, en multipliant échanges et débats, tout en affirmant la place de Cabestany dans l’intercommunalité.

Une attention particulière sera portée aux enfants, aux jeunes, à la pratique du sport pour tous, « marque de fabrique de notre ville », à l’accompagnement des aînés et des personnes vulnérables, ainsi qu’à un urbanisme concerté. « Un programme complet, réaliste et chiffré sera dévoilé en temps voulu, avec, toujours en vue la passion de Cabestany ».

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 22 décembre 2025)

Le Soler. La CGT 66 revient sur l’épidémie au collège (L’Indep)

Le syndicat dénonce « une situation sous tension permanente » à la suite de la toxi-infection alimentaire qui a touché 400 élèves de cet établissement.

« Ce qui s’est passé au Soler n’est pas un accident isolé mais le révélateur brutal d’un état général préoccupant de nos collèges » alertait le syndicat CGT du Département le 19 décembre à l’occasion d’une conférence de presse. Quinze jours après la mystérieuse toxi-infection alimentaire collective (TIAC) dont ont été victimes 400 élèves au collège Jules-Verne du Soler.

Première problématique soulevée : « le sous-effectif chronique de l’ensemble des collèges du département ». « Aujourd’hui, ce sont environ 300 agents pour 29 collèges », avec une équipe volante, selon les syndicalistes « insuffisante pour absorber les absences ». Sans compter « le contexte politique et budgétaire aggravant » aboutissant sur « moins de personnel, d’entretien, de prévention et plus de risques sanitaires ».

De fait, parmi les revendications, le syndicat réclame « des engagements clairs et immédiats », qui passent par « le recrutement de 30 agents titulaires, 10 renforts pour l’équipe volante dont 2 chefs de cuisine ». Demandant par ailleurs que les agents techniques territoriaux « soient enfin considérés comme des acteurs essentiels de la sécurité sanitaire et du service public ».

Toutefois, la CGT le reconnaît elle-même : il reste un doute quant à « l’origine précise de la contamination qui n’est pas formellement établie ». Ce qui rend « impossible », d’après elle, « la mise en place d’un plan de prévention sérieux. »

Valérie Pons (L’Indépendant, le 22 décembre 2025)

« Le vrai sport, c’est de tenir » dénoncent les employés de Décathlon en grève (L’Indep)

Des employés du magasin Décathlon, implanté à Tecnosud à Perpignan, étaient mobilisés hier devant l’établissement pour protester contre leur faible niveau de rémunération.

Premier samedi des vacances de Noël. Pourtant, ce 20 décembre, une partie des employés du magasin Décathlon de Perpignan, vendeurs et techniciens (soit 30 des 80 salariés en CDI) n’étaient pas vraiment à la fête mais plutôt à la grève. Une mobilisation inédite au sein de cette enseigne catalane, qui, à l’appel de l’intersyndicale, a trouvé écho dans d’autres points de vente et plateformes logistiques du groupe, partout en France. Et ce l’heure des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires qui ont tourné court après une dernière réunion vendredi.

À Perpignan, dès 11 heures, et jusqu’en fin de journée, les personnels ont organisé un rassemblement devant l’établissement de Tecnosud pour porter leurs revendications sur leurs rémunérations et leurs conditions de travail « dégradées », dans une ambiance bon enfant, gâteaux, café, jus de fruit et autres gourmandises à l’appui. « On n’a pas la culture de la grève. Mais on fait le dos rond depuis un moment et là on a envie d’être entendus », confient-ils à l’unisson.

« L’objectif 2026 de la direction est de faire plus de chiffre d’affaires avec moins de bras »

« Pas de primes d’ancienneté, moins d’embauches, des postes imposés. Le vrai sport, c’est de tenir », renchérit le délégué local CFTC Jordan Ramirez. « On est dans une société qui dégage beaucoup de bénéfices et on nous propose 1 % d’augmentation pour ceux qui touchent 2.500 euros brut ou moins, quand le smic connaît une hausse de 1,18% et que 600 M€ de dividendes sont remontés aux actionnaires cette année. Et avec ça, on nous demande toujours plus de productivité. L’objectif 2026 de la direction est de faire plus de chiffre d’affaires avec moins de bras. De ce fait, on est parfois obligés de lâcher nos postes pour aller en renforcer d’autres ou alors, il est fait appel à des intérimaires et on précarise les emplois. Pour nous cette action est une victoire en locale. »

Ce dimanche, ils reprendront le travail, sans exclure de reconduire leur mobilisation dans les semaines prochaines.

Laure Moysset (L’Indépendant, le 21 décembre 2025)

Conflent-Canigó. Santé, éducation et écologie à la communauté de communes

Les élus communautaires se sont réunis ce mercredi 17 décembre pour l’avant-dernier conseil avant les élections municipales.

Faute de quorum nécessaire le jeudi 11 décembre, une nouvelle réunion du conseil communautaire a été organisée mercredi 17 décembre.

Le président de l’assemblée en a profité pour souhaiter la bienvenue à un nouvel élu, François Ferrand (qui remplace numériquement le démissionnaire Nicolas Berjoan). Le dernier arrivé, conseiller municipal de Prades depuis 2014, a malgré tout assisté à tous les conseils communautaires en tant que spectateur. Une assiduité et un engagement à prendre en exemple.

L’ordre du jour pouvait ensuite commencer avec, entre autres, deux motions sinon rien. L’une pour soutenir les éleveurs dans cette période où la dermatose nodulaire cristallise leur colère. L’autre contre le projet de la station de ski Vallter 2 000 (frontalière avec les réserves naturelles de Py et Mantet) qui vise à moderniser ses infrastructures et à évoluer en station « 4 saisons ». L’assemblée exprime ainsi « ses vives inquiétudes concernant les impacts potentiels du projet de téléporté sur les écosystèmes et les activités traditionnelles des territoires transtrontaliers ».

École de Catllar, un coût conforme ?

Parmi les sujets traités, la modification des autorisations de programme qui vise à assurer une continuité des projets. Ceci en attendant le prochain vote du budget qui ne se déroulera qu’après les prochaines élections. On y apprend notamment que le montant des travaux concenant l’école de Catllar (quatre classes pour 63 élèves) augmente de 700 000 € pour atteindre 5 M€. « Nous sommes dans l’enveloppe, il n’y a pas de dépassement », précise Jean-Louis Jallat. Pourtant, selon la mission d’information pour le bâti scolaire du Sénat (2023), « pour la construction de bâtiments scolaires aux normes récentes, les estimations s’échelonnent entre 3 000 € et 4 600 € par mètre carré en fonction du type d’établissement ». À Catllar la dépense atteint 7 100 € du m2. Pour le président, « la surface totale de l’école de Catllar est d’environ 760 m (extension + rénovation). Le coût total est d’environ 3 600 000 € HT. Soit environ 4 730 €/m. Ce coût inclut la totalité des prestations : travaux, maitrise d’œuvre (environ 12%), cours d’école, cantine, cuisine… Comme l’indique le rapport sénatorial, le coût de deux opérations de même nature et de même niveau peut varier du simple au double selon l’état initial du bâtiment, les matières utilisées et la nécessité de travaux liés à la présence d’amiante ou de plomb. De plus, des dépassements sont régulièrement constatés par rapport aux prévisions initiales : la réalisation des travaux en site occupé contribue à alourdir la facture, de même que la nécessité de prévoir d’autres aménagements lies à la mise aux normes en matière d’accessibilité ou de sécurité. A la rénovation des bâtiments peut aussi s’ajouter celle des espaces extérieurs ». Et l’élu de conclure : « Les prix indiqués dans le rapport sénatorial sont éloignés de la réalité des coûts de rénovation complets constatés dans les bâtiments publics et le rapport indique également un manque de connaissance du pare scolaire. Ce que nous pouvons confirmer ».

Diagnostic

Enfin l’association Canigou Conflent santé profitait de ce conseil communautaire pour faire entendre ses revendications par la voix de Pierre Serra. L’élu de Vernet-les-Bains a demandé que soit rendu public au plus vite le diagnostic produit par La fabrique des centres de santé.

Une étude réalisée à la demande des élus communautaires sur le secteur de la santé en Conflent. Réponse du président : « Cette restitution était déjà prévue. Le diagnostic sera présenté par La fabrique des centres de santé lors du prochain conseil communautaire le 29 janvier 2026 ».

Philippe Comas (L’Indépendant, le 20 décembre 2025)

Municipales à Perpignan. Face aux divisions à gauche, l’appel à l’aide des communistes à Carole Delga (L’Indep)

La section catalane du parti communiste français a écrit un courrier à la présidente de la région Occitanie lui demandant de se positionner dans l’imbroglio à gauche pour les élections municipales à Perpignan.

La position de Carole Delga sera-t-elle décisive pour siffler la fin des querelles à gauche en vue des élections municipales à Perpignan ? C’est bien ce qu’espèrent, ou du moins imaginent… le parti communiste.

La section catalane du parti communiste a pris la plume pour solliciter la présidente de la Région Occitanie, figure du parti socialiste, de se positionner dans l’imbroglio opposant Mathias Blane et Agnès Langevine. Tous deux appellent à la création d’une liste commune pour partir dans la course aux municipales face à Louis Aliot les 15 et 22 mars. Mais tous deux veulent aussi en être le chef de file.

Dans ce courrier, le porte-parole de la fédération du PC, Michel Coronas, plaide non pas pour sa paroisse mais pour son candidat.

Le PC faisant partie des initiateurs du mouvement Perpignan Autrement qui a désigné Mathias Blanc comme tête de liste. « La fédération du PCF des Pyrénées-Orientales, vous demande d’user de votre influence et de votre autorité afin de demander à Mme Langevine, de rallier une démarche de rassemblement des forces de gauche démocratique dans laquelle elle a toute sa place avec la possibilité d’incarner une image d’avenir positive de la Région ». Le PS doit effectivement se positionner. Le bureau national devrait révéler « avant Noël », selon des sources en interne, son choix d’investiture pour les municipales à Perpignan.

Chez les communistes en tout cas, le choix de Mathias Blanc est confirmé. Tout comme celui « d’inviter La France Insoumise et les Écologistes à nous rejoindre des le premier tour ». Un vœu pieux, depuis longtemps balayé par le candidat Insoumis Mickaël Idrac et ses alliés.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 20 décembre 2025)

En Cerdagne, la colère des éleveurs veut s’installer dans la durée (L’Indep)

La mobilisation des agriculteurs du Haut canton ne montre aucun signe d’essoufflement. Ce vendredi, de nombreux éleveurs, épaulés par des élus locaux, occupent et bloquent le rond-point stratégique de la route internationale reliant Puigcerdà à Llívia. Le mouvement a pris une ampleur transfrontalière avec l’arrivée des éleveurs de Catalogne Sud, Revolta pagesa !

Objectif affiché : maintenir la pression sur l’État. Jusqu’à dimanche au moins, le rond-point de la RD 68, la Route reliant Puigcerdà à l’enclave de Llívia, est totalement inaccessible en Cerdagne. Impossible également de rejoindre la RN 20 par ce rond-point, le tronçon est occupé par un barnum et des piles de palettes destinées à alimenter un barbecue. Autant de signes qui témoignent d’une mobilisation pensée pour durer. « Nous avons choisi ce rond-point parce qu’il est visible. Nous ne bloquerons pas les grands axes : en cette période, tout le monde a besoin de travailler mais on verra pour la route de l’Andorre », explique Bruno Majoral, éleveur à Nahuja. À l’origine de la colère, la gestion de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Dès octobre, nous avons demandé une vaccination généralisée sur un périmètre large. L’État ne nous a pas écoutés, pour des soucis d’économie. Maintenant, on voit le résultat », déplore-t-il. Les revendications restent inchangées: la fin de l’abattage systématique de l’ensemble d’un troupeau dès l’apparition d’un cas, la mise en place d’une vaccination nationale, et l’organisation de rappels vaccinaux au printemps afin d’éviter « de revivre ce cauchemar ».

Malgré l’annonce gouvernementale, mardi, d’une accélération de la campagne vaccinale, la profession reste sceptique. Christian Taillant, président du Comité Départemental Agricole (CDA), insiste: « La Coordination rurale nous soutient pour amplifier la mobilisation. Nous voulons dénoncer une stratégie européenne et française fondée sur l’abattage total, alors même que le territoire est vacciné. Nous demandons de l’abattage ciblé. » Selon lui, l’urgence est claire : « Il nous faut des réponses rapides pour sécuriser les troupeaux avant la montée en estive l’an prochain. Pour éradiquer la DNC, une vaccination nationale est indispensable. Cela nécessite 16 millions de doses, et non les 500 000 annoncées ». Les éleveurs souhaitent également un changement d’approche scientifique. « Sur les troupeaux voisins, nous demandons des tests et vérifier si on peut cibler l’abattage sur ces bêtes malades, mettre en quarantaine, sous cloche. À ce jour, aucune étude n’a été menée dans ce sens » regrette le président du CDA.

Sur le plan économique, les conséquences sont déjà lourdes. Si les animaux destinés à la boucherie peuvent être abattus à l’abattoir transfrontalier ou autre, dans le département, l’exportation d’animaux vivants demeure interdite, entrainant « un manque à gagner considérable ». Les agriculteurs réclament un soutien financier des pouvoirs publics et réaffirment leur opposition au Mercosur.

La fermeture du rond-point est annoncée jusqu’à dimanche. « Nous doutons que la ministre Annie Genevard souhaite débloquer rapidement la situation» concluent-ils, déterminés à maintenir la pression.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 20 décembre 2025)

« C’est un soutien total à nos agriculteurs »

Les élus de l’ensemble de la montagne catalane ont répondu à l’appel des agriculteurs. Pour Georges Armengol, président de l’intercommunalité Pyrénées-Cerdagne, « les élus sont venus en soutien à l’action menée aujourd’hui. L’agriculture et le pastoralisme sont pour nous des éléments importants à la fois sur le plan environnemental, humain et économique. Si on abat l’ensemble des troupeaux, c’est l’ensemble de la biodiversité et de l’économie qui est atteinte. » Pierre Bataille, président de l’intercommunalité Pyrénées catalanes va dans le même sens et ajoute : « C’est un soutien total à nos agriculteurs de montagne. la revendication des agriculteurs, on l’a comprend. la montagne, ce n’est pas que le tourisme. on a besoin d’eux pour l’entretien du pastoralisme. »

Répression syndicale envers la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Communiqué de presse de l’UD CGT 66

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a été mise en examen le 2 décembre 2025 pour « injures publiques » à la suite d’une plainte déposée par l’association patronale Ethic (mouvement des Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance), présidée par Mme Sophie de Menthon chargée de faire le lien entre les entreprises et l’extrême droite. Cette énième procédure-bâillon émane de la part d’un lobby patronal financé par un milliardaire d’extrême droite, Édouard Sterin.

L’extrême droite française, bien que « ripolinée » par une partie des médias à leurs bottes, reste et demeure ce qu’elle a toujours été : du côté du grand patronat, contre le progrès social, contre les salariés et contre celles et ceux qui les défendent.

Il est reproché à Sophie Binet d’avoir qualifié certains grands patrons de « rats qui quittent le navire » dans un contexte de délocalisations et d’optimisation fiscale. Cette procédure s’inscrit dans une tendance inquiétante : la multiplication des actions judiciaires contre des responsables syndicaux et militants, particulièrement celles et ceux de la CGT.

Depuis 2023, plus de 1.000 militants syndicaux ont été poursuivis ou sanctionnés pour leurs engagements, dont une dizaine sur notre département. C’est la cinquième procédure visant son bureau confédéral en deux ans. Cette judiciarisation du débat social menace le pluralisme et le droit de défendre l’intérêt général.

L’Union Départementale CGT des Pyrénées Orientales, en tant que défenseur de la démocratie, de la liberté syndicale et du pluralisme des voix sociales, exprime son soutien indéfectible à Sophie Binet et à la CGT face à cette procédure judiciaire.

Nous dénonçons l’usage de la justice pour bâillonner la critique sociale, et nous appelons les autorités à protéger le droit fondamental de s’exprimer, de critiquer et de défendre l’intérêt général sans crainte de représailles pénales.

L’Union Départementale CGT des Pyrénées Orientales rappelle que le rôle des syndicats est de défendre les travailleurs, d’alerter sur les inégalités et de questionner les choix économiques.

L’Union Départementale CGT des Pyrénées Orientales appelle les pouvoirs publics à garantir la protection des droits syndicaux et à mettre fin à ces dérives.

Dermatose modulaire. Au Boulou : « Les massacre et l’abattage total, c’est inadmissible » (L’Indep)

La colère des agriculteurs ne faiblit pas. Ce jeudi, quelques dizaines d’éleveurs ont tenté de bloquer l’accès à l’autoroute A9, au Boulou. D’abord gardés à distance par un barrage de gendarmerie, ils sont finalement parvenus a s’installer sur le rond-point qui mène au péage jusqu’en milieu de soirée.

« Ils nous ont sabotés. » La mobilisation n’aura pas eu l’effet escompté. Ce jeudi 18 décembre, les éleveurs des Pyrénées-Orientales entendaient se positionner à la grande barrière de péage du Boulou pour mettre en place un barrage filtrant. En vain. Les forces de l’ordre leur ont coupé l’herbe sous le pied, les contraignant à se replier à quelques centaines de mètres de là, sur le rond-point du lac de Saint-Jean-Pla-de-Corts dès 7h du matin. Ici, ils étaient d’abord une vingtaine d’agriculteurs à venir clamer leur colère quant à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse par le gouvernement. Quelques tracteurs et banderoles aux messages sans équivoque ont été installés là, à la vue de tous les véhicules ralentis par la mobilisation. « Enfant, on en rêve, adulte, on en crève. Ne brisez pas nos rêves de prendre la relève » ; « Un pays qui ne respecte pas ses paysans arrache ses racines » ; « Non au Mercosur, stop à l’abattage total, Annie Genevard, il faut revoir ta copie »

Car si la mobilisation a du changer de lieu face à la présence massive des forces de l’ordre, le message, lui, n’a pas bougé d’un iota depuis des semaines, des mois. « C’est inadmissible ce qu’il se passe. Les massacres, les répressions, l’abattage total de cheptels, quand il y a un cas un seul et unique cas. Ils sont en train de tuer nos vaches et nos agriculteurs », martèle Philippe Maydat, représentant de la Coordination rurale 66. « Ce qu’on veut, c’est un abattage ciblé, un rappel de vaccin pour les jeunes bovins au printemps et une vaccination au niveau national. Et aussi, surtout, une étude de la maladie. Si on abat tous les bovins avant même d’avoir compris ce qui se passe, on n’aura jamais aucune information complémentaire sur la maladie. »

Passage en force et garde à vue

Sur les coups de 9h, d’autres agriculteurs ont rejoint le mouvement. Ils étaient désormais une petite cinquantaine à continuer les opérations de tractages et de filtration au même endroit. Pour symboliser « la mort de l’agriculture », des militants de la Confédération paysanne se sont allongés sur la route au milieu des automobilistes.

Peu avant 11 h, profitant que les forces de l’ordre aient ouvert la voie à un convoi exceptionnel, les éleveurs ont forcé le barrage et ont réussi à s’installer sur le rond-point à l’entrée de l’autoroute. Dans l’action, une scène de bousculade avec les gendarmes aura mené l’un des manifestants à être placé en garde-à-vue.

À la mi-journée, les voitures ne pouvaient plus entrer sur 1’A9 au Boulou et un barrage filtrant laissait passer les voitures qui sortent. Vinci autoroute annonçait la fermeture de l’échangeur du Boulou. La sortie et l’entrée étaient conseillées à Perpignan-Sud ou à La Jonquera.

En fin d’après-midi, la situation n’avait pas vraiment bougé. Le rond-point du péage du Boulou était toujours occupé par des dizaines d’éleveurs. Si la circulation était de nouveau possible sur les départementales 115 et 900, la barrière de péage était quant à elle toujours fermée dans les deux sens. Les manifestants doivent rester sur place une bonne partie de la soirée.

À 18h, une vingtaine d’éleveurs touchés de près par les abattages des bovins était reçue en préfecture par Pierre Régnault de la Mothe, pour une réunion autour des dédommagements liés à la DNC.

Ce vendredi 19 décembre, à l’aube, la Coordination rurale a annoncé un blocage « sans pitié » de l’accès à l’Andorre sans en préciser davantage.

Driss Chait (L’Indépendant, le 19 décembre 2025)