Dix ans après les états généraux du rail, le train jaune exemple de réussite (L’Indep)

Dix ans après la tenue d’États généraux du Rail et de l’intermodalité, la Région Occitanie tire le bilan de sa politique des transports et en rend compte aux habitants jusqu’à la fin de l’année.

C’est bien sûr le vice-président de Région aux transports, Jean-Luc Gibelin, qui assure la tournée citoyenne. En gare de Perpignan ce 4 septembre 2026 (précisément à la Maison de la Région qui y a ses locaux), l’élu est venu « rendre compte » des engagements politiques pris après la grande consultation de 2016. Onze chantiers avaient alors émergé des préoccupations citoyennes. Parmi eux, la « sauvegarde des lignes ferroviaires » jugées prioritaires par les habitants, dont celle du Train jaune dans les Pyrénées-Orientales.

La Région a injecté 100 millions d’euros pour sauver le Train jaune

« La Région a mis 50 millions d’euros dans la rénovation du matériel et 50 millions dans l’infrastructure », récapitule Jean-Luc Gibelin dont le budget, celui des Transports donc, première compétence régionale, frôle le milliard.

Le « canari » a été considéré comme sauvé en 2019 dans le cadre d’un Plan Rail (389 millions engagés sur l’ensemble du réseau dont 273 financés par la Région) qui a aussi permis la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon et la reprise du trafic sur la rive droite du Rhône.

« On a aussi inventé une tarification Train jaune pour qu’il soit un train du quotidien », ajoute l’élu. « Il y a par exemple une vraie complémentarité entre Villefranche-de-Conflent et le plateau cerdan grâce au lien entre trains et autocars. On a aussi réorganisé la gare routière de Perpignan en la mettant en lien avec la gare SNCF ».

Dans l’Aude, l’échec de la ligne Limoux-Quillan

L’Aude a notamment bénéficié d’une « structuration du réseau routier et de sa complémentarité avec les transports scolaires qui sont devenus gratuits. On transporte 165 000 enfants chaque jour en Occitanie grâce à 5 000 véhicules ». En revanche, le département est toujours privé de liaison ferroviaire entre Limoux et Quillan. Ce que Jean-Luc Gibelin appelle des « réouvertures qui ne vont pas assez vite » (c’est aussi le cas de Rodez-Séverac et Alès-Bessèges). « L’État n’a pas activé les crédits promis, déjà pour les études, environ 56 millions d’euros », explique-t-il. « Et, surtout, ne s’est pas manifesté pour financer l’infrastructure et sans cela, on ne peut rouvrir la ligne ». La Région tente toutefois d’inciter l’État à revoir sa position en proposant une option moins onéreuse, du matériel plus léger, actuellement testée entre Carcassonne et Limoux et cofinancé avec la SNCF. Limoux-Quillan est fermée depuis 2017.

Enfin, concernant la grande vitesse, le vice-président insiste sur la ligne à venir Montpellier-Perpignan : « En 2016, la LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) n’était pas prévue, pas financée et n’avait pas de calendrier ». Sa réalisation a en effet été entérinée par Jean Castex, alors Premier ministre, après des années de combats d’élus locaux dont Carole Delga.

Plus généralement en région, Jean-Luc Gibelin pointe le succès des billets de TER à 1 euro, « 910 000 rien qu’entre le 14 juillet et le 15 aout », la circulation de trains innovants utilisant l’hydrogène, des batteries lithium ou hybride, un Plan Vélo comprenant un cluster de 80 entreprises (dont Caminade installée à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales), des vélos en libre service dans les lycées ou en location longue durée dans les gares ou encore des rosalies « Oui Cycle » déployées dans certains territoires ruraux.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Vernet-les-Bains : les bus scolaires bondés inquiètent les parents (L’Indep)

Des enfants refoulés parce que leur bus est bondé, obligés d’attendre le second qui arrive, ou pas, une heure après. Des cours ratés et des parents en colère. Depuis la rentrée scolaire, c’est une quinzaine de collégiens vernétois qui ont été ainsi laissés sur le carreau.

« Mercredi dernier, mon fils de 11 ans faisait sa rentrée scolaire en 5e au collège Gustave-Violet de Prades. Tout fier, et tout content de retrouver ses copains, il a marché dix minutes depuis la maison pour rejoindre l’abribus et attendre son car scolaire de 7h20 qui le dépose devant le collège pradéen, en même temps qu’une quinzaine d’autres collégiens de Vernet-les-Bains et d’autres villages conflentois », détaille Mme Catafau, la maman. « Or le groupe de collégiens n’a pas pu monter dans ce bus qui était déjà bondé ! Le chauffeur n’a rien voulu entendre et leur a simplement demandé de patienter jusqu’au suivant… ».

Or à 7h35, point de second bus. Elle reprend : « Mon fils m’a appelé depuis son portable pour me dire qu’il n’y avait aucun autre bus en approche et qu’ils se retrouvaient tous à l’attendre. C’était surréaliste, d’autant que jusqu’à présent -et c’est une Vernétoise pure souche qui vous parle- il y a toujours eu deux autobus, chacun d’une cinquantaine de places, qui se suivaient. Aucun enfant n’était laissé sur le bord de la route avec tous les risques que cela comporte ». Finalement, ce second autobus déboulera à 7h50. Et les enfants arriveront en retard pour leur rentrée…

Le maire et le principal ont contacté la compagnie

Une autre habitante de Vernet-les-Bains, Mme Romanos, témoigne à son tour. « Mon garçon fait partie des gamins refoulés par le chauffeur du premier bus. Ça a duré de mardi à aujourd’hui (vendredi 4 septembre). J’ai appelé à plusieurs reprises le maire de notre commune, ainsi que la Vie scolaire du collège pour avoir des explications. J’ai su que l’un et l’autre, très mécontents, avaient contacté aussitôt la compagnie de transports scolaires. Des parents ont pu venir récupérer leurs enfants à l’abribus pour les accompagner en voiture jusqu’à Prades, mais encore fallait-il être disponible. Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde ». Ce vendredi matin, le second bus (le premier étant immuablement complet) s’est garé devant l’établissement pradéen avec une heure de retard. « Nos enfants ont été déposés à 9 h devant leur collège et ont donc raté leurs premiers cours de la journée. Sympa pour entamer l’année ! », ne décolère pas Mme Catafan. Il semblerait toutefois que les tensions se soient décrispées depuis. La compagnie de transports scolaires a informé par SMS les familles concernées, de « l’ouverture dès lundi 7 septembre d’une nouvelle ligne de bus scolaire pour les collégiens vernétois de Gustave-Violet ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

Foyers de jeunes travailleurs : 238 places désormais recensées dans les Pyrénées-Orientales (L’Indep)

Hier, la Ligue de l’enseignement et ses partenaires ont inauguré un nouveau foyer de jeunes travailleurs de 30 logements a Argelès-sur-Mer. En plus de studios équipes, ce type de résidence abrite une équipe de professionnels qui accompagne les 18-29 ans sur le chemin de l’autonomie et de l’insertion. Ce qui n’est pas du luxe dans un département ou près d’un jeune sur trois est au chômage.

2,4 millions d’euros. Tel est le coût du chantier qui vient de s’achever à Argelès-sur-Mer. Cofinancé par le Département, l’État, la commune, l’intercommunalité, la Région, la CAF ou encore l’organisme Action logement, le nouveau foyer de jeunes travailleurs Lucette Pla-Justafré accueille et accompagne vers l’autonomie des jeunes de 18 à 29 ans, actifs, saisonniers, apprentis ou étudiants. Si le projet a réussi à mobiliser tant de partenaires, c’est qu’il répond à des problématiques de poids qui impactent de plein fouet les Pyrénées-Orientales.

« Les foyers de jeunes travailleurs visent à lutter contre deux fléaux qui touchent le département », indique Bernard Vial, président de l’entreprise sociale pour l’habitat (BSH) Perpignan Méditerranée, qui a porté le chantier avec la Ligue de l’enseignement et le promoteur Kavak. « Le premier de ces fléaux est le manque de logements sociaux. Actuellement, 20 000 demandes sont en attente. Le deuxième fléau est la précarité des jeunes. Dans le département, 32 % d’entre eux sont au chômage, contre 20 % en moyenne à l’échelle nationale ».

Le projet, qui est parti d’un appel d’offres conjoint de l’État et du Département, fait suite à une étude sur le logement des jeunes réalisée en 2021. « Le constat dressé est très préoccupant », souligne Michel Barthes, le président départemental de la Ligue de l’enseignement, qui gère l’ensemble des foyers du pays catalan, dont celui-ci. « Le département des Pyrénées-Orientales se caractérise par de forts indicateurs de précarité, avec un taux de pauvreté supérieur de 6,4 points à la moyenne nationale. Et les moins de 30 ans constituent la catégorie la plus touchée ».

Pourquoi avoir installé cette résidence Habitat jeunes à Argelès, alors que toutes les autres (208 places) se situent à Perpignan ? « Son implantation vise à permettre à nos jeunes de vivre et de travailler sur le territoire malgré l’envolée des prix du foncier et la diminution de l’offre locative permanente au profit des locations saisonnières », résume le président de la communauté de communes Albères-Côte-Vermeille-Illibéris, Grégory Marty.

Le préfet, Pierre Regnault de La Mothe, selon qui le logement est l’un des principaux freins à l’emploi des jeunes, acquiesce : « Argelès est une commune où l’activité touristique crée de nombreux emplois, mais où le logement constitue une problématique récurrente ».

Le représentant de l’État précise que l’intérêt de la résidence Habitat jeunes va bien au-delà du logement. « Au sein de ce foyer, les professionnels de la Ligue sont là pour aider les jeunes à construire leurs parcours. Il s’agit aussi d’un tremplin vers autonomie, l’emploi et l’avenir », explique-t-il.

Océane, une autoentrepreneuse de 28 ans, qui réside au foyer d’Argelès, con-firme : « Nous avons par exemple des rendez-vous pour faire le point sur notre recherche d’emploi ou sur les aides auxquelles nous avons droit. Il y a aussi des activités et des sorties qui sont mises en place afin de permettre aux locataires de se rencontrer ». Et ce n’est là qu’un aperçu de l’accompagnement proposé.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 septembre 2026)

L’actu de la CGT (n° du 4 septembre 2026)

Canicule : les résultats de l’enquête CGT
Épuisement, risques d’accident, manque de mesures de prévention… Plus de 11 000 travailleur·ses ont répondu, cet été, à l’enquête lancée par la CGT sur leurs conditions de travail pendant les fortes chaleurs.
Ce premier bilan est sans appel : les mesures prises pour protéger les salarié·es face à la canicule ont été largement insuffisantes.
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SOS Contractuel·les dans la fonction publique : ensemble pour vos droits
Vous êtes contractuel·le dans la fonction publique et vous avez une question sur votre CDD ou CDI, votre salaire, le renouvellement de votre contrat, vos congés ou vos conditions de travail ? Avec SOS Contractuel·les, la CGT vous permet d’être mis·e en contact avec des militantes et militants pour vous informer sur vos droits, vous accompagner dans vos démarches
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Actualités

Le 8 septembre 2026 on demande des comptes à Bercy !
Le mardi 8 septembre, à partir de 16h, rendez vous au village CGT des services publics et de la Fonction Publique à Bercy ! Meetings, échanges, musique…
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La CGT mobilisée pour une loi intégrale et un budget intégral contre les VSS !
Participez aux rassemblements et manifestations qui reprennent en septembre sur tout le territoire, en particulier les lundis, et interpellez vos député·es pour que soient votés une loi intégrale et un budget intégral !
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Communiqué de presse

L’État va-t-il signer l’arrêt de mort de Fibre Excellence ?
Les délais de dépôt des offres de reprise de l’usine Fibre Excellence de St-Gaudens arrivent à échéance. Malgré l’absence de réponse de l’État sur le projet Combat, la détermination des salarié·es, des élu·es territoriaux et de la CGT a permis la construction d’un nouveau dossier. Celui-ci, porté par la Région Occitanie avec le soutien des salarié·es en lutte et de la CGT, est justement en cours de finalisation. Mais du temps est encore nécessaire pour achever ce travail et réunir toutes les conditions pour mener à bien le processus de reprise.
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« C’est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses »
Salaires, droits sociaux, super profits, inflation, services publics, retraites, budget de l’État… Sophie Binet était l’invitée des 4V, annonçant de nombreuses mobilisations en septembre, notamment le 29 septembre, un appel à la grève pour les salaires et les services publics.
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Colloque. 90 ans des congés payés, 80 ans des CE/CSE : des conquêtes d’hier aux droits de demain
En 2026, nous célébrons les 90 ans des congés payés et les 80 ans de la création des comités d’entreprise. Le 1er octobre, la CGT propose une journée de débats pour revenir sur cette histoire, mais surtout pour interroger les droits d’aujourd’hui et imaginer ceux de demain.
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Urgences sociales et environnementales : revendiquer et se mobiliser pour gagner
Le 29 septembre : pour nos services publics et l’augmentation des salaires, grande journée de grève et de manifestations intersyndicales des pompiers, hospitaliers, enseignant·es et de toutes celles et ceux qui assurent des missions de services publics.
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Anne Fraïsse. « L’État nous demande de faire le sale travail » (La Marseillaise)

Anne Fraïsse est la présidente de l’Université Paul-Valéry à Montpellier, l’une des moins bien dotées. Elle a alerté Emmanuel Macron en janvier dernier.

La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

La Marseillaise : Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

Anne Fraïsse : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40 % d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

La Marseillaise : Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

Anne Fraïsse : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

La Marseillaise : Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

Anne Fraïsse : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20 % des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10 % d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30 %. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

La Marseillaise : C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

Anne Fraïsse : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

La Marseillaise : Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

Anne Fraïsse : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

La Marseillaise : Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

Anne Fraïsse : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

Interview réalisée par Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 4 septembre 2026)

La Terre (n° 25)

Le bilan des épisodes caniculaires, de la sécheresse, des incendies et des événements climatiques de l’été 2026 est sans commune mesure. Les chiffres assommants donnent la mesure de la gravité d’une situation pourtant prévisible, car annoncée scientifiquement.

Au sommaire du dossier spécial crise climatique

L’été où l’agriculture bascule, par Patrick Le Hyaric

Cet été 2026 achève de confirmer ce que La Terre dénonce depuis des décennies : le système agro-industriel, arrimé à la mondialisation libérale et à la finance, est un navire en perdition. En aggravant encore la crise existentielle que les paysans-travailleurs affrontent, il menace désormais la souveraineté et la sécurité alimentaires de notre pays.

Philippe Grandcollas : « Nous approchons des limites physiologique du vivant » Pour le directeur adjoint scientifique de CNRS Écologie & Environnement, le changement climatique ne menace plus seulement les équilibres météorologiques. Il met progressivement à l’épreuve les capacités d’adaptation du vivant lui-même. Philippe Grandcolas appelle à sortir des fausses oppositions entre climat, biodiversité, agriculture et santé publique, et plaide pour une transformation profonde de nos politiques comme de nos représentations culturelles.

Agriculture et eau : Ce que « s’adapter » veut vraiment dire, par Léa Lugassy, Directrice scientifique & technique chez « Pour une Agriculture Du Vivant ».

L’autre feu qui couve, la chronique d’Olivier Morin, agriculteur dans la Brenne.

Nous ne sommes pas malades d’éco anxiété, nous sommes dotés de bon sens, par Bénédicte Bonzi, Anthropologue, Directrice du centre de recherche sur les systèmes alimentaires et agricoles et Birgit Müller, Anthropologue, Directrice de recherche au CNRS émérite.

Vive l’été, à bas le capitalocène, par Fabrice Savel. le bilan des épisodes caniculaires, de la sécheresse, des incendies et des événements climatiques de l’été 2026 est sans commune mesure. Les chiffres assommants donnent la mesure de la gravité d’une situation pourtant prévisible, car annoncée scientifiquement.

Infographies

  • À l’horizon 2100, les vagues de chaleur pourront durer jusqu’à 2 mois en continu.
  • Le risque météo de feux de forêt favorisés par le changement climatique.

Et aussi :

  • Les inégalités sociales commencent dans les assiettes. Enquête.
  • De Gaza à Lesbos, le potager de la solidarité. Reportage.

La Terre ne mentira jamais. La chronique de Pierre-Louis Basse, Écrivain, Journaliste.

Claira. Maternelle : une ouverture de classe sans Atsem (L’Indep)

L’ouverture d’une septième classe à l’école Les Cariolettes permet de faire baisser les effectifs. Une avancée saluée par les parents, qui regrettent toutefois qu’aucun Atsem supplémentaire ne soit prévu pour accompagner cette nouvelle organisation.

C’est une rentrée particulière qui débute à l’école maternelle Les Clarioulettes de Claira Une septième classe a finalement ouvert pour l’année scolaire 2026-2027. Une décision qui doit permettre d’alléger les effectifs passant de 28 à 24 élèves par classe. Mais cette réorganisation soulève une autre question l’école compte six Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) pour sept classes, et aucun recrutement supplémentaire n’est prévu pour cette année scolaire.

Rester vigilants

Une réunion s’est tenue, hier. jeudi 3 septembre au sein de l’école, en présence des représentants des parents d’élèves, du maire Marc Petit et de l’inspecteur de l’Éducation nationale, Eric Saque. Selon les éléments communiqués, « les six Atsem en poste devront intervenir dans les différentes classes en fonction des besoins ». Si les représentants des parents d’élèves se félicitent de la baisse des effectifs dans les classes, ils regrettent. « néanmoins » l’absence d’un personnel supplémentaire qu’ils jugent « importante auprès des jeunes enfants étant donné que la classe ajoutée mélangera petits et grands ». D’où cette mobilisation.

Du côté de la mairie, l’édile rappelle que « le budget communal 2026 avait été voté en mars, avant que l’ouverture de la classe ne soit décidée en juin ». Marc Petit souligne que « selon le code général des collectivités territoriales, chaque classe maternelle doit bénéficier des services d’un Atsem, sans que la loi n’impose toutefois la présence d’un agent à temps plein dans chaque classe ». Ce dernier faisait savoir que la situation pourra « être réexaminée à l’avenir », notamment si la septième classe, ouverte à titre provisoire pour un an, est « maintenue ». Mais à ce jour, l’organisation devra donc se faire avec les moyens actuellement disponibles. « Nos enfants sont notre priorité », pellent les parents d’élèves, qui entendent rester vigilants. « Notre mobilisation continuera», assurent-ils En conclusion, l’inspecteur Éric Saque a souligné l’apport de celle septième classe, qui constitue selon lui « un moyen supplémentaire consacré à l’éducation et c’est ce qui est essentiel ».

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Cabestany. Continuité et sérénité pour les 780 écoliers (L’Indep)

Alors que des travaux ont été réalisés dans les établissements, la rentrée s’est bien passée. Mardi 1er septembre, comme de coutume à l’occasion de la rentrée scolaire, Édith Pugnet, maire de Cabestany, accompagnée d’adjoints et de directeurs de services, est allée à la rencontre des enseignants et des parents d’élèves dans les trois écoles maternelles et les trois écoles élémentaires de la commune.

Une ambiance sereine régnait dans les établissements. De l’avis des parents d’élèves comme des enseignants, « aucun problème particulier n’a été relevé » pour cette rentrée. Au total, 780 élèves ont retrouvé le chemin de l’école: 266 en maternelle et 514 en élémentaire.

Côté maternelle, l’école La Fontaine, dirigée par Christine Surjus, accueille 125 enfants, dont 80 en classe bilingue et 45 en classe monolingue. À Charlie-Chaplin, sous la direction de Béatrice Ardigo-Auguet, ils sont 92, tandis que l’école Ludovic-Massé, dirigée par Olivia Cartapatti, compte 49 élèves. Dans les écoles élémentaires: Jacques-Prévert, dirigée par Géraldine Lefebvre-Dupont, accueille 219 élèves, dont 117 en bilingue et 102 en monolingue. Georges-Button, sous la direction de Caroline Léone, compte 180 élèves.

Des travaux

Enfin, l’école Ludovic-Massé, dirigée par Camille Got, accueille 115 élèves, auxquels s’ajoutent 12 élèves en classe IME. Cette rentrée s’effectue également dans des établissements largement rénovés. Les écoles Prévert, Buffon et Chaplin affichent notamment un visage entièrement renouvelé et à La Fontaine, les élèves ont découvert une nouvelle pergola dans la cour.

Cette plus ancienne école de la ville fera prochainement l’objet d’une réflexion sur sa réfection. Celle-ci s’appuiera sur des préconisations techniques, mais aussi sur une étude plus globale de l’aménagement du cœur de ville. Une rentrée placée sous le signe de la sérénité et de la continuité, dans des écoles qui poursuivent leur transformation pour offrir aux enfants un cadre toujours plus adapté à leurs apprentissages.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Rentrée sur fond de grève à Saint-Exupéry (L’Indep)

En cette rentrée, les professeurs du collège Saint-Exupéry de Perpignan ont repris leur combat. Pour mémoire, en février 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait annoncé qu’il comptait octroyer des moyens supplémentaires à une vingtaine de collèges de France, dont Saint-Exupéry.

Et pour cause : les établissements en question ne sont pas classés en Réseau d’éducation prioritaire (REP) alors qu’ils présentent tous les indicateurs sociaux pour l’être. Une situation que le ministre avait d’ailleurs jugée « aberrante ».

Forts de cette reconnaissance, les professeurs de Saint-Exupéry avaient déjà stoppé le travail pendant deux jours en juin dernier pour réclamer, entre autres, l’octroi d’un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE). Ils se sont remis en grève ce jeudi 3 septembre dans la continuité de ce mouvement.

« Nous n’avons toujours pas de 3e poste de CPE, la limitation des effectifs par classe que nous avions obtenue en juin est menacée et il nous manque plus de 80 heures d’accompagnement d’élèves en situation de handicap », liste la déléguée syndicale Snes-FSU de Saint-Exupéry, Muriel Sabatier.

Ce jeudi, en fin de journée, les professeurs ont décidé de reconduire leur mouvement. Dans l’attente d’une audience à l’Inspection académique. Sollicitée, cette dernière précise qu’une CPE a été implantée à Saint-Exupéry « pour effectuer un audit de la situation en matière de vie scolaire ». Une démarche qui devrait selon elle permettre d’aborder la question des moyens, mais aussi de l’organisation.

A. A. (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Collèges : « Au moins 50 classes où il manque un enseignant » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs en collège et lycée Snes-FSU a présenté ce jeudi 3 septembre un premier bilan de la rentrée dans les établissements secondaires des P.-O. Il fait notamment état d’effectifs plus élevés que prévu dans certains collèges et déplore un manque structurel d’enseignants.

Les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop au goût du syndicat de professeurs du secondaire Snes-FSU. Pour ce qui est des effectifs tout d’abord, le Snes note que, dans plusieurs collèges, le nombre d’élèves accueillis est supérieur à ce qui était annoncé. « Le meilleur exemple, c’est Toulouges, où ils ont des classes de sixième à plus de 31 élèves », détaille l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Guillaume Palanchon, qui cite également les collèges de Saint-Estève, Cabestany et Canet-en-Roussillon.

« Par ailleurs, il n’y a pas un professeur devant chaque classe », ajoutent les deux autres porte-parole du syndicat en pays catalan, Marc Moliner et Ignacio Valenzuela. « Dans les collèges du département, il ya au moins une cinquantaine de classes auxquelles il manque un enseignant ». Les deux syndicalistes précisent que la grande majorité de ces situations ne sont pas liées à des absences de professeurs imprévues, mais à des situations qui auraient pu être anticipées (postes vacants, congés maternité…). Le secrétaire départemental du syndicat FSU de l’éducation physique, Pierre Leveil, acquiesce : « Pour ma part, je recense 36 classes sans professeur d’éducation physique et sportive de la 6e à la terminale ».

Déséquilibre entre lycées

Du côté des lycées, les représentants des enseignants pointent du doigt un déséquilibre flagrant entre certains établissements du point de vue des effectifs. « Il y a un gros problème sur Perpignan », juge Marc Moliner. « Le lycée Arago a 19 classes de seconde en cette rentrée, soit une de plus que l’an dernier, et elles sont toutes pleines à craquer (35 ou 36 élèves). Tandis qu’à Jean-Lurçat, il n’y a que dix secondes et seulement 30 élèves par classe. On réclame un rééquilibrage ».

Un phénomène peu ou prou similaire est à l’ouvre dans les collèges. « C’est quand même curieux qu’il y ait des bahuts qui se retrouvent avec des effectifs qui explosent dans la périphérie de Perpignan et d’autres établissements en ville où il n’y a pas ce problème », fait mine des étonner Ignacio Valenzuela. « Ce n’est pas qu’une question de choix d’orientation Il ya un problème de carte scolaire, mais aussi certainement de dérogations ».

Cependant, pour le Snes, la question des moyens reste la mère des batailles. « Nous sommes le département le plus pauvre de l’académie, mais aussi le moins bien doté. Pour atteindre la moyenne académique en termes d’heures par élève, il faudrait une trentaine de postes d’enseignants supplémentaires dans les collèges et une vingtaine dans les lycées. Nous réclamons un plan d’urgence », martèle Marc Moliner. Or, selon l’organisation, l’an dernier, les Pyrénées-Orientales ont au contraire perdu quatorze postes d’enseignants dans le secondaire.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Concernant les classes auxquelles il manque un enseignant l’inspection académique indique que « des effectifs ont été déployés sur la plupart des situations recensées par le Snes » et que « les services de l’Éducation nationale sont en phase de résolution des derniers cas découverts à la rentrée ». L’administration attribue les variations d’effectifs à des flux d’élèves pendant l’été.