Matthijs Gardenier. « La participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité »

Maître de conférences en sociologie à l’université de Montpellier Paul-Valéry et responsable scientifique de l’Observatoire des discriminations de Montpellier, Matthijs Gardenier est l’auteur de « Vigilantisme et idéologie de la sécurité » (éditions Liber). Entretien sur ce phénomène de plus en plus répandu qui voit des citoyens organiser leur sécurité à la place des forces de l’ordre.

La Marseillaise : Comment définiriez-vous le vigilantisme ?

Matthijs Gardenier : C’est un phénomène où des personnes non rémunérées et volontaires se substituent aux forces de l’ordre. Nous vivons une période historique marquée par l’extension des logiques sécuritaires et par la participation croissante d’acteurs non étatiques à la sécurité. Le vigilantisme est l’une des modalités de cette extension du champ sécuritaire.

La Marseillaise : Où situez-vous la frontière entre participation citoyenne à la sécurité et basculement dans le vigilantisme ?

Matthijs Gardenier : Le basculement se situe très clairement dans l’intervention. C’est le fait d’agir directement, de menacer, d’utiliser la violence ou d’administrer des sanctions, c’est-à-dire de s’ériger en juge.

La Marseillaise : Dans une ville comme Montpellier, quelles formes concrètes de « vigilance » ou de mobilisation sécuritaire observez-vous aujourd’hui ?

Matthijs Gardenier : Je peux citer deux exemples. Le premier est ponctuel. En 2018, lors de l’occupation de la faculté de droit par des étudiants grévistes, le doyen, après le refus du préfet d’intervenir, a constitué un groupe qui a procédé lui-même à l’expulsion des étudiants par la force. Des images ont circulé et des étudiants ont même été blessés. C’est un exemple de citoyens qui se substituent à l’autorité de l’État pour faire œuvre de police. Le second exemple est d’une autre nature. Il s’agit d’un groupement de sécurité inter-bailleurs, une sorte de police des HLM, délégation de service public confiée à une entreprise privée, habilitée à intervenir dans les différents ensembles HLM de Montpellier. Ce n’est pas du vigilantisme à proprement parler, mais cela illustre la privatisation de missions qui relevaient auparavant du travail policier. À cela s’ajoute, bien sûr, la montée en puissance des technologies de surveillance.

La Marseillaise : En quoi l’idéologie de la sécurité transforme-t-elle notre rapport à la police, à la justice et à la punition ?

Matthijs Gardenier : Nous assistons à une bascule profonde. Dans la conception moderne de l’État, héritée notamment de Beccaria, la sécurité et la sanction relevaient de fonctions régaliennes. La police et la justice étaient assurées par l’État, et les peines obéissaient à une logique de proportionnalité et de réintégration de l’auteur dans la société. Ce rapport a changé. Des chercheurs comme Didier Fassin, qui parle de populisme pénal, ou David Garland, qui théorise l’idéologie de la loi et de l’ordre, ont documenté ce glissement. L’État serait désormais perçu comme inefficace, et les sanctions ne seraient jamais assez fortes. On passe d’un modèle de justice réintégrative à un modèle rétributif, où l’auteur ne doit pas se réformer pour revenir parmi nous, mais souffrir et être puni durement.

La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi d’associer « vigilantisme » et « idéologie de la sécurité » dans le titre de votre ouvrage ? À qui s’adresse-t-il ?

Matthijs Gardenier : Cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, mais aussi à toutes les personnes qui s’interrogent sur notre rapport à la sécurité et à la délinquance, à celles et ceux qui, face aux débats et polémiques, cherchent une approche factuelle. L’ambition est d’alimenter un débat public sur la reconfiguration de ce rapport. Nous sortons d’une vision régalienne où l’État assure seul la sécurité, pour entrer dans un modèle où des acteurs privés et citoyens jouent un rôle croissant. Ce sont des évolutions difficiles à mesurer, difficiles à documenter, qui méritent d’être mises en lumière.

La Marseillaise : Comment analysez-vous le rôle du sentiment d’insécurité dans la légitimation de ces politiques ?

Matthijs Gardenier : Le sentiment d’insécurité est toujours très difficile à quantifier, mais ce qui est certain, c’est qu’il existe une demande sociale de sécurité qui se perçoit comme insatisfaite, indépendamment du fait que la délinquance augmente ou non objectivement. Et cette demande s’auto-alimente. Le sociologue britannique Steven Spitzer l’a bien formulé. La sécurité est un bien économique dont la demande ne peut jamais être pleinement satisfaite. Prenons un exemple simple : quelqu’un qui installe une alarme chez lui sécurise objectivement son domicile, mais se fragilise subjectivement car l’alarme lui rappelle quotidiennement l’existence de potentiels cambrioleurs. Dans l’espace urbain, c’est identique, les caméras, les blocs de béton antiterroristes renforcent peut-être la sécurité réelle, mais rappellent en permanence la potentialité de l’agression et alimentent ainsi le sentiment d’insécurité.

La Marseillaise : Si vous deviez résumer en une formule ce que cette actualité dit du rapport contemporain à la liberté ?

Matthijs Gardenier : Je reprendrais une phrase de Robert Castel : une demande absolue de sécurité est rarement compatible avec les libertés publiques garanties par un État de droit. La vraie question, au fond, est, est-il souhaitable d’atteindre une sécurité absolue, si c’est au prix du renoncement à l’essentiel ?

Propos recueillis par Amélia Siapo (La Marserillaise, le 20 mars 2026)

1920-1945 : l’art en exil entre au Mémorial du camp de Rivesaltes (L’Indep)

Baptisée « Les Jours clairs sont rares », la grande expo annuelle du Mémorial de Rivesaltes a été inaugurée hier. Jusqu’au 3 février 2027, elle propose un voyage immobile dans la France et les Pyrénées-Orientales des années 20 à la fin de la guerre, a travers le regard d’une vingtaine d’artistes juifs exilés. Première visite.

« Quand l’art devient un outil de mémoire ». La formule de la directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes, l’historienne Céline Sala-Pons, résume la nature et l’objectif de la grande exposition ouverte hier. Mais au-delà, elle rappelle aussi la volonté de la structure de multiplier les canaux de diffusion des mémoires qu’elle conserve depuis maintenant dix ans.

Associé dans sa démarche au musée d’art moderne et à l’espace Machado de Collioure, soutenu par le musée de Céret, le Mémorial de Rivesaltes concentre là les témoignages précieux d’artistes juifs ayant fui l’Europe centrale. Des « artistes en exil, entre Europe en crise et refuge méditerranéen ». Aucun d’entre eux n’a été interné à Rivesaltes, tous ont vécu à une période ou une autre, à Céret, Collioure, Banyuls, Saint-Feliu d’Amont, Saint-Paul-de-Fenouillet, Canet-en-Roussillon. Ou Port-Vendres, comme Alice Hohermann, morte à Auschwitz et dont l’expo dévoile une délicate « Femme cubiste ».

Dans la violence de l’histoire

« L’art ne sauve pas », rappelle crûment la directrice du musée d’art moderne de Collioure, Claire Muchir. Il témoigne. Et pour aider le visiteur dans ses découvertes, la muséographie est riche d’une frise chronologique pour replacer l’artiste dans le contexte de ses créations, et d’une grande carte d’Europe où suivre les itinéraires de chaque artiste. Des périples qui, tous, convergent un jour vers le territoire catalan (jusqu’à Tossa de Mar).

Beaucoup ont peint Collioure. En 1936 pour Max Birrer. En 1921 pour Mela Muter qui y créera la section communiste. D’autres ont peint Céret. Pinchus Krémègne bien sûr, qui s’y est installé sur les conseils de Soutine. Mais aussi Arbit Blatas.

Artistes ressuscités

Autant d’artistes peu connus du grand public, voire de nombreux amateurs, ressuscités par des œuvres qui éclairent leur époque, et donc la nôtre. Car l’exil est une tragédie qui dévale les siècles, et avale les artistes aussi. Mais si « l’art ne sauve pas », les œuvres peuvent parler encore longtemps après la disparition de leurs auteurs. Pour peu qu’on les conserve. Otto Freundlich, réfugié dans les Pyrénées-Orientales dès 1940 avec son épouse Jeanne Kosnick-Kloss, a ainsi passé toute sa (courte) vie à lutter « contre la destruction de ses œuvres par les nazis et l’effacement de son art », apprend-on dans l’expo. Co-fondateur du constructivisme et de l’abstraction avec Kandinsky, il a été assassiné à Sobibor en 1943. Trois de ses œuvres dont un magnifique triptyque de mosaïques, sont visibles à Rivesaltes en attendant la grande expo consacrée au travail de ce « couple en exil », au musée d’art moderne de Collioure cet été 2026.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 20 mars 2026)

Les peintres exposés

Marc Chagall (1887-1985), Pinchus Krémègne, Otto Freundlich (assassiné à Lublin-Maidenek à l’age de 64 ans), Max Birrer (mort à Collioure en 1937), Arbit Blatas (1908-1999), Victor Brauner (1903-1966), Joseph Hecht (1891-1951), Alice Hohermann (assassinée à Sobibor à l’âge de 41 ans), Georges Kars (1882-1945), Emmanuel Katz (1894-1962), Michel Kikoïne (1892-1968), Jeanne Kosnick-Kloss (1892-1966), Mela Muter (1876-1967).

2ème tour des municipales 2026. « Elne endavant » appelle au rassemblement (L’Indep)

Avec 36,6 % des suffrages au premier tour des élections municipales, à deux points du candidat d’extrême droite, la liste Elna Endavant – En Avant Elne remercie les électrices et électeurs pour leur confiance. « 36 % d’entre vous se sont abstenus, le message a été entendu et nous en tiendrons compte pour améliorer encore le cadre de vie, l’offre de santé, la tranquillité publique, le soutien aux associations et à la population ». André Trives de poursuivre : « 64 % des votants ont choisi de ne pas voter S. Fortel. Pour le second tour, le risque de voir la commune basculer vers une extrême droite radicale, aux idées clivantes et contraires au vivre-ensemble, est réel ». Dans cette configuration, la liste conduite par André Trives « apparait comme la seule en mesure de l’emporter: La liste Izquierdo, créditée de 19 %, ne peut plus prétendre à la victoire, et toute dispersion des voix pourrait favoriser l’élection du candidat d’ultra-droite. Sans exiger une adhésion totale à son projet, Elna Endavant appelle au rassemblement. Elne mérite un avenir fondé sur la stabilité, le respect et l’expérience. Dimanche, les électeurs auront à choisir entre division et union ».

L’Indépendant, le 20 mars 2026

1er tour des municipales. Communiqué de la section de Perpignan du Parti communiste français

Le premier tour des élections municipales est marqué par une poussée de l’extrême droite en France. Perpignan ne fait pas exception à cette situation alarmante. L’élection au premier tour de Louis Aliot est une mauvaise chose pour la ville et sa population qui souffre de la pauvreté, de la dégradation des services publics, de discriminations, et du manque de démocratie. Admirateur de Trump et menacé d’inéligibilité par la justice, ce dirigeant d’extrême droite a été reconduit dans un contexte d’abstention supérieure de dix points à la moyenne nationale. En recevant le soutien de Jean-Marc Pujol, son adversaire de 2020, il siphonne l’électorat d’une droite qui a tourné le dos aux valeurs de la République.

Cette élection et cette faible participation sont de mauvais augure pour notre démocratie. Elles s’expliquent notamment par un déficit de débat politique, laissant la place à toutes les impostures, et par l’absence d’une alternative réelle à gauche. Cette dernière a été divisée en raison de stratégies nationales désastreuses, conduisant, par exemple, à désavouer le choix démocratique de militants locaux, ou à faire se succéder dans la ville les présidentiables Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Dans ce contexte le résultat de la liste Perpignan Autrement conduite par Mathias Blanc témoigne d’une résistance notable. Elle a été porteuse d’une originalité, d’une créativité et d’une ouverture à toutes et tous de la décision et de l’action publiques. Bannissant l’entre-soi, elle a permis le rassemblement d’une large diversité de sensibilités sur les valeurs de la gauche, de l’écologie et de la cause animale, toutes intimement imbriquées, et elle a fait vivre une volonté de faire de la politique autrement, de façon démocratique et collective.

Face au Rassemblement national qui, malgré son score du premier tour, n’accroit que d’un seul le nombre de ses élus, Mathias Blanc et Françoise Fiter, seront, au conseil municipal, des opposants résolus, des points d’appui pour les luttes sociales, des relais de tous les combats citoyens et des atouts pour obtenir des succès. Nous invitons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans sa démarche à prendre leur place dans Perpignan Autrement pour poursuivre et amplifier la mobilisation et le combat.

Perpignan, le 17 mars 2026

2ème tour des municipales 2026. Des soutiens inattendus à Rivesaltes (L’Indep)

Alliance, soutien et réunions, le point sur la campagne a Rivesaltes à quatre jours du second tour des élections municipale.

Dans quelques jours, les Rivesaltais connaîtront leur nouveau maire. Et tout se joue désormais entre Julien Potel (RN), Amélie Parraud (sans étiquette) et Laurianne Raweliffe (PS, PCF et Collectif citoyen).

Premier coup de théâtre. Alors que le ballottage est favorable à Julien Potel, arrivé en tête lors du premier tour des élections avec un score de 30,85 %, le candidat annonce une conférence de presse ce jeudi 19 mars, entouré du maire de Perpignan Louis Aliot, Anaïs Sabatini, députée de la 2e circonscription, et Julien Léonardelli, député européen. Autre surprise du jour. André Bascou, le maire de droite sortant, devrait aussi être de la partie, apportant ainsi, à cette occasion, son soutien au candidat. Mais ce n’est pas tout. « Nous pensons pouvoir récupérer aussi l’électorat de Bernard Cuadras puisque quelques-uns de ses colistiers nous ont apporté leur soutien. Concernant celui de Joël Diago, c’est un enfant du village qui a capté des voix de tout le monde, ce qui pourrait nous être favorable. En tout cas, dans cette configuration, la dynamique est en ma faveur pour l’élection », espère-t-il.

Si les voyants semblent plutôt au vert pour Julien Potel, Amélie Parraud (27,36 %), arrivée en 2e position à l’issue du 1er tour des élections ce dimanche 15 mars, considère, elle, que « tout est encore jouable » car « nous n’étions qu’à 152 voix du candidat RN ». Celle qui dit n’avoir jamais envisagé de fusion repart donc avec la même équipe. Elle regrette, en revanche, le maintien de Laurianne Raweliffe (16,90 %) : « La 3e candidate a récolté 11 points de moins et décide de se maintenir alors qu’elle n’est pas en capacité de remporter le scrutin ». « Nous sommes les seuls à n’avoir aucune étiquette politique, nous avons fait le choix de parler à tout le monde », poursuit-elle, insistant : « le seul vote utile pour le 2nd tour, c’est le nôtre ».

Laurianne Raweliffe se réjouit, quant à elle, « d’avoir créé une belle surprise ». Elle assure n’avoir jamais hésité à se maintenir, malgré certaines pressions. « Je trouve regrettable que la liste d’Amélie Parraud n’ait pas su se rassembler pour faire barrage naturel contre le RN », partage-t-elle. « Quand on a vu le score de Julien Potel et le sien, nous nous sommes rapprochés de Joël Diago et Bernard Cuadras. Mais ils ont décidé de se retirer », poursuit la candidate qui tiendra une réunion publique ce 20 mars à la salle Jo-Cazach. La proximité de son programme avec celui de Joël Diago lui laisse espérer un « coude à coude » avec Amélie Parraud. « Si on s’était retiré, il ne serait resté que deux listes et les 42 % qui n’ont voté ni pour Potel ni Parraud n’auraient plus eu personne pour qui voter. Donc là, dimanche, je pense qu’une surprise est encore possible. »

Laura Morales (L’Indépendant, le 19 mars 2026)

2ème tour des municipales 2026. Triangulaire à Elne : les abstentionnistes au ventre des attentions.

À Elne, les listes d’extrême droite, de gauche et du centre en lice pour le second tour multiplient actuellement les initiatives pour tenter de mobiliser les 36,4 % d’abstentionnistes de dimanche dernier.

Convaincre les 2 772 électeurs qui se sont abstenus ce dimanche 15 mars. Tel semble être l’un des principaux enjeux de cette campagne d’entre-deux-tours à Elne, où les habitants auront à choisir ce dimanche entre trois candidats au poste de maire. À savoir : Steve Fortel, dont la liste classée l’extrême droite est arrivée en tête du premier tour avec 39,1 % des suffrages, André Trives (divers gauche) qui a recueilli 36,4 % des voix et Marie-Ange Izquierdo (divers droite) qui a réalisé un score de 19,7 %.

Porte-a-porte, moyens numériques ou activation de leurs différents réseaux…
Actuellement, les candidats des listes en concurrence se démènent pour tenter de mobiliser les électeurs.

« L’enjeu est clair », estime Steve Fortel, qui dénonce un climat « extrêmement tendu », « notamment sur les réseaux sociaux. Les Illibériens ont le choix entre le changement et l’équipe sortante de Trives-Garcia. Nous sommes pour le changement, pour le rassemblement. Malgré la nuance imposée par la préfecture, contre laquelle nous allons intenter un recours au tribunal administratif, nous présentons une liste sans étiquette avec des gens de toutes sensibilités. »

127 voix entre Steve Fortel et André Trives De son côté, André Trives est optimiste concernant la construction du « bloc républicain et démocrate » qu’il appelle de ses vœux. « Les habitants ont conscience de ce qu’il se passe », assure-t-il. « Steve Fortel tente de nous faire croire que son engagement à l’extrême droite, c’est du passé, mais nous ne sommes pas dupes. Je ne veux pas que mon village soit divisé. L’heure est au rassemblement pour empêcher que la ville tombe dans l’extrémisme et l’inertie, mais aussi pour faire évoluer notre projet ensemble, en fonction des attentes de chacun. »

Quant à Marie-Ange Izquierdo, qui a finalement décidé ce mardi de se maintenir après avoir pris un temps de réflexion, elle assume pleinement ce choix. « Les membres de notre collectif ont voté à la majorité pour le maintien », rappelle-t-elle. 127 voix séparent Steve Fortel et André Trives. « Notre score représente plus de sept fois cet écart. Un électeur sur cing nous a fait confiance et 64 % se sont exprimés pour le changement. Nous refusons de les laisser sans réelle alternative. En nous maintenant, nous leur donnons le choix d’une voie modérée et d’une vision moderne. »

Lequel de ces candidats parviendra à convaincre le plus d’Illibériens ? Réponse ce dimanche soir.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 19 mars 2026)

L’édito du TC par René Granmont. Vigilance contre l’extrême droite

« Quand les blés sont sous la grêle. Fou qui fait le délicat. Fou qui songe à ses querelles. Au cœur du commun combat »
Louis Aragon (1943)

Le premier tour des élections municipales, marqué par son lot de surprises, a dessiné un paysage politique inquiétant. Ce scrutin est celui qui est le plus proche de la vie quotidienne de tout un chacun. Le cadre de vie, la santé, l’éducation, la vie associative, la vie culturelle, sportive, la sécurité, … autant de domaines où, malgré la politique d’austérité que le gouvernement leur impose, un maire, son conseil municipal peuvent répondre aux besoins de la population. Et pourtant trop peu de Français se sont déplacés aux urnes à cette occasion.

C’est la terrible preuve que nombre de nos concitoyens ne croient plus en la capacité de la politique à changer leur quotidien. Il est évident que la non-prise en compte des résultats des dernières législatives par le pouvoir n’a fait que les confirmer dans cet état d’esprit. L’élection montre donc un peu plus la faillite du macronisme. Non seulement, d’un point de vue électoral, pour les candidats qui s’en réclament, mais plus largement quant à l’état de la société française. Après des années de présidence Macron, elle est plus fracturée que jamais.

Et l’extrême droite, elle, n’a jamais été aussi forte. Aussi, dès dimanche prochain, pour le second tour dans les communes où sont en lice des listes, avouées ou non, du Rassemblement national, tout électeur de gauche, tout démocrate, doit par son vote faire barrage à l’extrême droite.

La majorité des communes a déjà élu son maire dès le premier tour et l’immense majorité d’entre eux s’est présentée en affichant aucune étiquette politique. Mais qui choisiront-ils au moment des votes pour l’intercommunalité ? Pour qui voteront-ils au moment des élections cantonales ? Ces différents scrutins risquent forts d’être une mauvaise surprise pour certains électeurs… Car difficile de croire que l’absence d’étiquette ne cache pas, dans un certain nombre de cas, une sympathie, une proximité avec le Rassemblement national…

Face à cette montée de l’extrême droite, face à la droite qui lui ouvre de plus en plus les bras, l’ensemble des forces démocratiques, des forces de gauche et républicaines doit prendre ses responsabilités. Il est temps de dépasser les petits calculs politiciens pour se rassembler contre la menace brune. Et de participer massivement à la manifestation organisée à l’appel de Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes, samedi 21 mars à Perpignan.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4108 – vendredi 20 mars 2026)

L’édito de René Granmont. Vigilence contre l’extrême droite
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Libérez Christophe Gleizes

Focus Premier bilan d’un premier tour

Vote n°1, l’abstention
À gauche, l’union, clé des villes
Pour les communistes : poursuivre les dynamiques de gauche
Le Rassemblement national reste en dessous de ses objectifs
La France insoumise, des succès et des ratés

L’événement – Municipales 2026

P.-O. analyse. Verdict contrastés des urnes
Faire barrage au RN et élire des listes porteuses de valeurs de progrès
Perpignan. Préparer l’avenir
Vernet-mes-Bains. Pierre Serra, le nouveau maire
Alénya. Très belle victoire de Jean-André Magdalou
Canet-en-Roussillon
Prades. La gauche pourrait l’emporter
Elne. Secousse à Elne
Rivesaltes. La gauche, meilleur barrage contre le RN
Cabestany. Amplifier la dynamique !

Département

Travail du dimanche. Une majorité pour le « oui, mais… »
Sûreté/Sécurité. La LDH 66 ouvre la boite aux bonnes idées
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