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L’édito du webzine. Un Salon de l’agriculture sous le signe de la colère et de l’urgence
Le 62e Salon international de l’Agriculture s’ouvre dans un climat de tension extrême et de crise sans précédent du monde paysan. Pour la première fois, aucun bovin ne sera présent à Paris, en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire, qui a décimé des cheptels entiers et traumatisé les éleveurs.
La colère des paysans est aussi alimentée par la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, perçu comme une menace mortelle pour les agriculteurs français. Sans garde-fous solides, cet accord risque d’inonder le marché européen de produits à bas coût, tirant les prix vers le bas et mettant en péril des milliers d’exploitations. La Confédération paysanne a d’ailleurs annoncé le boycott de l’ouverture du Salon, refusant de « cautionner un spectacle désolant » où les promesses, comme celle d’Emmanuel Macron sur les prix planchers ou le blocage du traité, restent lettres mortes.
Les chiffres sont accablants : en 30 ans, le revenu net des agriculteurs a chuté de 40 %, tandis que les profits de l’agro-industrie ont explosé, passant de 3,1 à 7 milliards d’euros entre 2021 et 2023. Pendant ce temps, les prix de l’alimentaire ont augmenté de 70 % depuis 2000, illustrant un déséquilibre criant : les paysans sont écrasés par une chaîne de valeur où industriels et grande distribution fixent les prix dans l’opacité, les réduisant à une simple variable d’ajustement.
La régulation, une exigence vitale
Face à ce constat, la Confédération paysanne et d’autres acteurs appellent à une refonte du modèle agricole. Il s’agit de sortir du dogme de la compétitivité porté par des lois comme celle de Duplomb. Tout cela pousse à l’industrialisation, à la baisse des normes environnementales et sociales, et à la dépendance aux exportations.
À la place, ils défendent :
- Une régulation des marchés pour éviter le dumping et protéger les petites exploitations.
- Un changement de cap écologique, avec moins de pesticides et une production moins intensive.
- Une politique sanitaire plus humaine, remettant en cause l’abattage systématique des troupeaux atteints de dermatose nodulaire, jugé « inhumain » et dicté par des logiques purement exportatrices.
Malgré l’absence des bovins et la colère ambiante, les syndicats comme la Confédération paysanne seront présents pour porter leurs revendications et dénoncer la « cogestion » entre la FNSEA et le gouvernement, accusée d’avoir mené l’agriculture dans une impasse. Leur message est clair : sans régulation, sans justice sociale et sans transition écologique, l’agriculture française court à sa perte.
Le Salon de l’Agriculture 2026 est le miroir d’un secteur en crise, où se jouent des enjeux vitaux : survie économique des paysans, souveraineté alimentaire, et choix de société. Entre désespoir et détermination, une question s’impose : quel modèle agricole voulons-nous pour demain ?
Dominique Gerbault
Le billet d’Yvon Huet. Il faut arrêter le délire et relancer le débat démocratique
La mort du jeune Quentin a secoué les aréopages de la politique consensuelle qui contribue à ce que rien ne change dans notre pays. Le RN continue à jouer les « propres sur soi » pendant que la FI est enfoncée dans la tempête. Les sociaux libéraux version Hollande et Glucksmann en rajoutent. Dans ce contexte qui fait oublier que cet impardonnable assassinat est bien le seul qu’on ait compté depuis longtemps alors que tant de militants, syndicalistes, communistes, écologistes et humanistes sont tombés hier tant sous les balles de la répression que dans des attentats odieux.
Cette situation empêche le débat démocratique. S’opposer à la FI, pour certains, c’est cautionner l’extrême droite, et pour d’autres, seul le ventre mou du centrisme bienveillant dans une version renouvelée de l’expérience Macron doit s’imposer.
Dans ces conditions, évidemment, le NFP explose, d’autant plus facilement que le PS a sauvé la mise au pouvoir par peur des élections. Histoire d’en rire, le sinistre Retailleau a accusé le RN d’être « socialiste »… histoire de continuer à écœurer tout le monde et à permettre à l’extrême droite d’être élue haut la main avec un minimum d’électrices et d’électeurs…
Les communistes, dans tout ce cirque ? Ils ont du grain à moudre dans leur congrès. Ce que je souhaite, c’est qu’ils se rassemblent déjà eux-mêmes et construisent une perspective alternative lisible qui sorte du niveau délétère de l’expression politique déversée par les médias, mais pas seulement.
Les débats de fond ne finiront jamais et c’est bien parce que la société évolue vite et que l’important c’est que les communistes se parlent, quelles que soient leur différence d’appréciation de l’existant, réfléchissent, prennent du recul et prennent les meilleures décisions possibles dans le contexte très divers de la réalité de notre pays. Pour l’instant, on est dans le feu des élections municipales, très importantes. Demain, pour les législatives et la Présidentielle, il faudra faire du neuf et ne pas se laisser écraser par le vote « utile » qui a fait voter certains d’entre nous, et j’assume, pour la droite, afin d’empêcher l’extrême droite d’arriver trop vite au pouvoir.
On a donné… On n’ira pas voter pour l’extrême droite dite « molle » pour faire barrage à l’extrême droite dure demain… Une page se tourne. Elle sera dure certes, mais le rassemblement des communistes doit être une des clés pour avancer et ne pas tomber dans le trou noir d’une défaite annoncée de nos valeurs où le mot révolutionnaire doit danser la Sardane de la Paix avec les mots démocratique et humaniste.
Yvon Huet








