L’édito du webzine. La peur et la haine paravent du libéralisme

Les assassinats de Renée Moore et Alex Pretty par la milice ICE de Donald Trump ont provoqué une onde de choc aux États-Unis. Deux citoyens américains, abattus dans une chasse au faciès rappelle les heures les plus sombres de l’histoire.

Les réactions ne se sont pas faites attendre : Barack Obama, Bill Clinton, et même Joe Biden, pourtant habituellement mesuré, ont condamné ces meurtres. Bruce Springsteen, rockeur engagé et conteur de l’Amérique, a dénoncé les agissements de « l’armée privée du roi Trump ».

Ces exactions ne sont pas le fait de simples agents zélés. Elles sont commises par des nervis attirés par l’appât du gain. Avec un salaire médian de 92.000 dollars (77.000€) par an, les agents de l’ICE gagnent bien plus que les 63.300 dollars de l’ouvrier américain moyen (52.600€). Et pour ce salaire, ils ne reculent devant rien : un enfant de cinq ans a été pris en otage pour forcer des parents innocents à se rendre dans un camp de « suspects ». Quand ils ne frappent pas, ils fichent. Une manifestante a osé demander pourquoi on la photographiait. La réponse ? « Pour vous ficher comme terroriste ! »

Les adeptes français de Trump

Ces méthodes ont malheureusement leurs échos en France. Arno Klarsfeld, sur CNews, a justifié les rafles au nom de la lutte contre l’immigration clandestine. Une position qui contraste violemment avec l’héritage de ses parents, Beate et Serge Klarsfeld, chasseurs de nazis. LCI, propriété de Bouygues -un groupe condamné pour travail dissimulé et exploitation de sans-papiers- a offert sa tribune aux partisans de Trump. Sur le plateau de Darius Rochebin, Isaac Barchicat, du « Republican Overseas France », a osé comparer les migrants à des terroristes en puissance.

Cette association immigration-délinquance-terrorisme, chère à Trump, est reprise en chœur par l’extrême droite française : Bardella, Le Pen, Ciotti et consorts. Leur but ? Criminaliser et racialiser la question migratoire pour mieux détourner l’attention des vraies causes de la crise sociale : la course aux profits, la captation des richesses par une oligarchie, et l’exploitation éhontée des pays pauvres.

La gouvernance de Trump, raciste, suprémaciste et liberticide, repose sur une vision inégalitaire du monde. Une vision partagée par le duo Le Pen-Bardella. Pour eux, l’égalité est un obstacle à l’expansion d’une économie libérale devenue une machine à cash. Les migrants en sont les premières victimes. Mais demain, d’autres suivront.

Ne nous y trompons pas : si l’économie américaine manquait de bras, Trump ferait volte-face. L’histoire le prouve : sans le travail gratuit de millions d’esclaves africains et d’« engagés » européens, l’Amérique actuelle n’existerait pas. La peur et la haine sont des outils de domination. À nous de ne pas les laisser gagner. De même pour la France, sans l’immigration étrangère, notamment algérienne, au lendemain de la seconde guerre mondiale, le redressement de la France et « les trente glorieuses » n’auraient pas vu le jours.

La question est simple : jusqu’où laisserons-nous la peur dicter nos lois et nos vies ?

Dominique Gerbault

Retards et suppressions de trains : la Région reverse les pénalités SNCF aux usagers (L’Indep)

La SNCF paie des pénalités à la Région Occitanie pour les retards ou les suppressions de trains sur le territoire régional. Depuis 2019, la présidente Delga a choisi de les reverser aux abonnés annuels des trains du quotidien sous forme de mois offerts.

En charge des transports sur son territoire, la Région a signé une convention avec la
SNCF pour le transport ferroviaire. Le document stipule des exigences en matière de ponctualité qui, si elles ne sont pas respectées, déclenchent le versement de pénalités. C’est ce qui se passe encore pour l’année 2025 où l’objectif fixé de 90,7 % de ponctualité des trains en Occitanie n’a pas été respecté, atteignant 86,5 %. Les suppressions pures et simples de trains ont quant à elles représenté 7,8 % du trafic. Là aussi en deçà des limites convenues.

1 mois d’abonnement offert, deux mois pour les usagers de 5 lignes dont Toulouse-Narbonne et Latour de Carol

La Région va ainsi verser dès ce mois de février 2026, une « prime de fidélité » aux abonnés liO annuels sous la forme d’une remise équivalente à un mois offert. Mais ce n’est pas tout puisque la collectivité a décidé, « compte tenu de difficultés particulièrement importantes » survenues sur cinq lignes régionales, de faire bénéficier à ces abonnés annuels de non pas un mais deux mois gratuits.

Il s’agit des lignes Toulouse-Narbonne, Toulouse-Latour de Carol, Toulouse-Rodez, Toulouse-Pau et Toulouse-Auch.

Une « situation inacceptable »

Au sujet de ces retards et suppressions, Carole Delga parle de « situation inacceptable ». « Quand la SNCF ne respecte pas ses engagements, la Région Occitanie agit donc avec fermeté : nous appliquons les pénalités les plus fortes de France et faisons le choix de les reverser aux abonnés liO, premiers concernés par ces dysfonctionnements », précise-t-elle. « C’est une question de justice et de respect pour celles et ceux qui font le choix du train au quotidien ».

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)

Conflent Canigó : un centre de santé pluri-professionnel attendu (L’Indep)

Le Conflent un désert médical ? Les élus ne veulent pas s’y résoudre et essaient de trouver des solutions. L’association La fabrique des centres de santé accompagne désormais la communauté de communes Conflent Canigó.

Un centre de santé pluri-professionnel qui ouvrirait à la fin de l’année 2026… Les conseillers communautaires veulent y croire, même si la prudence est de mise. L’étude de faisabilité était en tout cas présentée ce jeudi 29 janvier lors de la réunion du conseil. 30,6 % de personnes âgées de plus de 65 ans, un taux de pauvreté de 23,2 % (contre 14,5 % en France), un nombre de maladies chroniques en correspondance avec la part d’habitants de plus de 65 ans et 15 % des assurés sociaux (2.700 personnes) qui n’ont pas de médecin traitant (11,6 % en France). Le décor est planté. « Il y a 4,3 médecins pour 10.000 habitants alors que la moyenne en France est de 8,2 », soulignait la technicienne de La fabrique des centres de santé.

Cinq généralistes salariés a recruter

Une étude qui confirme que le Confient manque de généralistes, mais également de chirurgiens-dentistes ou encore de sages femmes. En revanche le territoire est plutôt bien doté en infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes. Une situation dont ont bien conscience les élus et que dénonce par ailleurs un collectif d’habitants Canigó Confient santé, fort de 300 membres. A ce jour, des démarches ont déjà été entreprises, mais sans véritable succès (projet de Médicobus, médecin itinérant…). Le centre de santé semble être une solution crédible.

Aux côtés des hôpitaux et des cabinets libéraux, les centres de santé sont des lieux de proximité. Ils regroupent plusieurs professionnels dont des médecins généralistes et offrent à tous un accès à des soins de qualité. La différence avec la maison de santé, qui existe déjà à Prades: « Les médecins sont tous salariés ».

Un site principal et trois annexes

Autre spécificité en Conflent, le centre de santé serait géré par la communauté de communes « comme environ un tiers des 950 structures existantes aujourd’hui en France », précise Jean-Louis Jallat, le président de la communauté de communes Confient Canigó. Une gestion qui entrainerait tout de mème un cout estimé à plus de 90.000 euros par an aux administrés. « Les collectivités territoriales se substituent une fois encore à l’État », remarquait Jean-Luc Blaise, le maire de Mantet. En ce qui concerne le projet en lui-même, « il s’agirait d’un centre de santé intercommunal pluri-sites. Au regard des besoins territoriaux, une équipe cible de cinq généralistes est envisagée. Il y aurait un site principal à Prades et trois annexes à Olette, Vinça et Vernet-les-Bains ».

Des médecins qui seraient aidés par « un responsable coordinateur administratif et trois assistants médicaux ». Ne manquerait plus qu’à trouver des locaux. Un projet qui ne peut que séduire et dont la continuité a été votée à l’unanimité par les élus de la communauté de communes. Charge aux prochains élus (élections oblige) d’achever le travail. Reste que l’assemblée n’est pas dupe et sait bien que la principale difficulté va consister à faire venir cinq médecins, fus-sent-ils salariés, puis a les garder.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)

Écoles : treize suppressions de postes d’enseignants prévues (L’indep)

Ce jeudi 29 janvier, le rectorat a présenté aux syndicats son projet de répartition des moyens pour la rentrée 2026-2027. Les écoles du pays catalan perdraient treize postes d’enseignants. Les collèges du département risquent aussi d’être impactés.

Les syndicats sont sans surprise vent de bout. Ce jeudi 29 janvier, la rectrice leur a présenté la déclinaison dans l’académie des suppressions de postes d’enseignants que le ministère a récemment annoncées (1.891 postes dans les écoles et 1.365 postes dans les collèges et lycées au niveau national).

Les écoles des Pyrénées-Orientales, où une baisse d’effectifs de l’ordre de 850 élèves est prévue pour la rentrée prochaine, devraient ainsi perdre 13 postes. Une mesure à laquelle s’oppose notamment le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa). « Les suppressions de postes ne doivent pas devenir une réponse systématique à la baisse démographique », estime la secrétaire départementale du SE, Héloïse Hiroux. « Il est impératif de préserver les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants, tout en répondant aux défis sociaux et éducatifs de notre territoire. »

Pour ce qui est des collèges, les organisations syndicales évoquent la suppression de 90 postes dans l’académie. Le nombre de suppressions dans chaque département n’est pas encore connu. Mais du côté du syndicat de professeurs Snes-FSU, qui rappelle que le pays catalan présente des indicateurs sociaux très dégradés (ségrégation scolaire, taux de pauvreté…), les inquiétudes sont vives. « 90 postes, cela représente l’équivalent de 1 600 heures d’enseignement », s’alarme l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Cette situation est scandaleuse au regard des besoins criants de l’académie en général et de ceux du département en particulier. »

Selon les prévisions de l’administration, les collèges des Pyrénées-Orientales devraient perdre 250 élèves à la rentrée prochaine. Le détail des moyens alloués aux établissements du département devrait être dévoilé en février.

A. A. (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)

Le rectorat précise que « les éléments qui ont été présentés aux organisations syndicales le 29 janvier revêtent un caractère prévisionnel et restent dépendants de ladoption définitive du projet de loi de finances ».

L’actu de la CGT (n° du 30 janvier 2026

Grand meeting pour les libertés syndicales le 4 février à 19h à Montreuil
Alors que la répression syndicale atteint un niveau inédit, la CGT lance sa campagne pour les libertés syndicales avec un grand meeting à son siège de Montreuil.
—> Retransmission en direct sur le site cgt.fr le 4/02 à 19h

Actualités

Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron
Nous demandons à la France de protéger les organisations de la société civile palestinienne du ciblage systématique mené par le gouvernement israélien
—> En savoir plus

L’IA au service du patronat
Les progrès techniques en matière d’intelligence artificielle offrent de nouveaux outils aux employeurs pour surveiller leurs salarié·es, au détriment de leur santé et de leurs conditions de travail.
—> En savoir plus

Louvre – soutien aux salarié·es en grève !
Conditions de travail, salaires, état du musée, non-prise en compte des alertes par la direction… Les agent·es public·ques du Louvre sont en grève depuis le 15 décembre pour être entendu·es sur leurs revendications.
—> En savoir plus

Recensement Insee : une question dangereuse sur le pays de naissance de vos parents
La LDH, la CGT, Solidaires, le Mrap, la FSU appellent les personnes recensées à ne pas répondre à la question facultative sur le pays de naissance de leurs parents nés à l’étranger.
—> Explications

Communiqués de presse

Solidarité avec la résistance des travailleuses et travailleurs d’Ukraine ! Solidarité avec les syndicats ukrainiens de la FPU et de la KVPU !
La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, Solidaires et la FSU réaffirment leur solidarité pleine et entière avec les travailleuses et travailleurs d’Ukraine, ainsi qu’avec nos organisations sœurs de la FPU et de la KVPU, qui poursuivent sans relâche la défense des droits sociaux, de la démocratie et des libertés syndicales dans des conditions d’une violence et d’une adversité extrêmes.
—> Lire la déclaration intersyndicale

Chiffres du chômage : une hausse marquée, en particulier chez les jeunes, au moment où s’ouvre une négociation pour réduire les droits
Les derniers chiffres du chômage publiés par la Dares et France Travail pour le 4ᵉ trimestre 2025 confirment une dégradation nette de la situation de l’emploi en cohérence avec la poursuite des annonces de plans de licenciements massifs (Cap Gemini, Société Générale, Bosch etc…).
—> Lire le communiqué

Pour la CGT, rendre les CESER facultatifs est un grave danger pour notre démocratie
Dans le cadre de l’examen du projet de loi de simplification de la Vie économique, la Commission mixte paritaire (CMP) a rendu une copie inacceptable pour notre démocratie.
—> Lire le communiqué

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 30 janvier 2026)

Soins palliatifs : ne pas promettre ce que l’on refuse de garantir
Explication de vote sur l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs
Cette proposition de loi a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Ce ne sera pas le cas au Sénat. Le groupe CRCE-K votera unanimement contre un texte qui masque un recul pour les soins palliatifs.
Il ne permettra pas de doter les dix-neuf départements dépourvus d’USP, ni aux (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

Aide à mourir : le rendez-vous manqué du Sénat
Explication de vote sur l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs.
Le groupe CRCE-K était favorable à l’aide à mourir au départ. Le texte de la commission nous semblait timide. Nous pensions que si la version des députés semblait difficilement acceptable, une majorité pouvait néanmoins se dégager sur la proposition de notre collègue centriste M. Henno d’ouvrir (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

L’illégitimité politique de ce budget, voilà la réalité !
Motion d’irrecevabilité contre le budget 2026
L’histoire est remplie de lois parfaitement légales mais profondément injustes, de textes adoptés selon les normes mais rejetés par le peuple, de budgets imposés dans les règles, mais payés très cher dans la société. C’est cette tension entre le légal et le légitime qui se cristallise (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

« Allez-vous rester silencieux devant la présence de la milice de Trump sur le sol européen ? »
Question d’actualité au Gouvernement
Le week-end dernier, Alex Jeffrey Pretti, 37 ans, infirmier, a été abattu par la police de l’immigration américaine, l’ICE. Quelques jours plus tôt, Renee Nicole Good était exécutée, juste après avoir déposé ses enfants à l’école. Surarmés et cagoulés, les agents de l’ICE sèment la terreur. La (…)
—> Lire l’intervention de Ian Brossat

« Les territoires en paieront le prix »
Explication de vote sur le budget 2026
En politique, le compromis n’est pas un gros mot. On aime parfois dire que les communistes n’en font jamais. L’idée est flatteuse, mais fausse. Le compromis n’est pas inacceptable par nature. Il l’est lorsque ce que l’on abandonne dépasse largement ce que l’on obtient. Ainsi de ce texte. (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margatté

L’année des 90 ans du Front Populaire
Discours cérémonie de vœux mardi 27 janvier 2026
Il est des rites auxquels nous ne dérogeons pas. La cérémonie des vœux en fait partie. Elle est inscrite dans notre calendrier parlementaire, mais plus encore dans notre culture politique.
Elle constitue un moment à part, un temps où l’on accepte collectivement de suspendre le rythme parfois (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Don’t Drill. Don’t Drill. Don’t Drill.
Exploitation des hydrocarbures en outre-mer
Mon premier discours à cette tribune, il y a huit ans, portait sur la loi Hulot. Total recherchait depuis six ans du pétrole en Guyane, sans succès ; nous avions donc voté la fin de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures en France. Il serait déraisonnable de revenir dessus.
Je (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Une autre politique migratoire est possible
Accord France-Kazakhstan
Ce texte s’inscrit dans une orientation politique engagée en 2024 : durcir et externaliser les politiques migratoires, au mépris de l’État de droit.
Cette politique est inefficace. Aucun accord de réadmission ne dissuadera des femmes et des hommes qui fuient la guerre, la misère et les (…)
—> Lire l’intervention de Michelle Gréaume

Restituer au-delà du geste symbolique
Restitution de biens culturels
Le 6 mars 2002 était promulguée la loi relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l’Afrique du Sud, à l’initiative de notre ancien collègue, le sénateur Nicolas About.
Depuis lors, notre commission de la culture n’a cessé d’œuvrer sur ce dossier (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

Les autres interventions

Affaires économiques :
Toujours un temps de retard sur les retards de paiement
Économie – Recouvrement des créances commerciales incontestées – par Fabien Gay – 29 janv. 2026

Affaires étrangères et défense :
De l’isolement à l’émancipation : reprendre place dans la Caraïbe
International – Accord France-Caraïbes – par Michelle Gréaume – 29 janv. 2026

Les communiqués de presse :

Les sénateurs du groupe CRCE-K déposent une motion soulevant le caractère anticonstitutionnel du PLF 2026
Budget et fiscalité – Vote au Sénat du Projet de loi de finances 2026 – 28 janv. 2026

Les questions écrites :

Suppression du dispositif d’aide directe de France Travail à l’obtention du permis B pour les demandeurs d’emploipar Marie-Claude Varaillas – 26 janv. 2026

La France compte de plus en plus de demandeurs d’emploi (L’Indep)

Le nombre de personnes inscrites a France Travail sans aucune activité reste orienté à la hausse et les perspectives sont pessimistes.

Le marché de l’emploi continue de se dégrader en France. Le nombre de chômeurs de catégorie A a augmenté de 6,8 % en 2025, après une nouvelle hausse sensible au quatrième trimestre (+ 2,6 %), selon les dernières statistiques du département des études du ministère du Travail (Dares), dévoilées jeudi.

Les fichiers de France Travail recensent désormais 3,3 millions de personnes sans aucune activité, sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte). En ajoutant les personnes en activité réduite, la catégorie B (moins de 78 heures par mois), et C (plus de 78 heures par mois), la France compte près de 5,7 millions de demandeurs d’emploi (+4,8 %).

Des chiffres élevés, mais qui sont faussés. D’abord parce qu’ils ont été gonflés par l’inscription, depuis début 2025, de tous les allocataires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion à France Travail sous l’effet de la loi pour le plein-emploi. Les procédures d’actualisations ont, elles aussi, évolué. Enfin parce qu’un nouveau régime de sanctions financières est entré en vigueur au 1er juin en réduisant le nombre de radiations en cas de manquements. Prononcées désormais en dernier recours, elles sont passées de 45.000 à 2.300, entre le premier et le dernier trimestre.

Selon la Dares, en tenant compte de ces différents changements, l’évolution du nombre d’inscrits ne serait « plus » que de +1,7 % en catégorie A (40.000 inscrits) et +1,6 % en catégories A, B, C (+72.000 inscrits).

« Les estimations hors modifications administratives, qui reflètent plus fidèlement la situation conjoncturelle du marché du travail, indiquent un ralentissement modéré du marche du travail sans rupture brutale d’ampleur. À ce stade, le taux d’emploi continue de se maintenir à un niveau historiquement élevé », souligne le ministère du Travail.

Assurance-chômage : la réforme enterrée

Un optimiste tempéré par Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision a l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il y a une « forte dégradation » de l’emploi au quatrième trimestre « et elle n’est pas liée à la loi plein-emploi, elle est vraiment liée à une dégradation du marché du travail », analyse l’économiste cité par Le Parisien. « Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d’emploi continue de 2015 jusqu’à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s’est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement », pointe-t-il.

Avec un phénomène inquiétant : les chômeurs de longue durée qui peinent à rebondir sont de plus en plus nombreux, tout comme les jeunes qui restent aux portes de l’emploi. Dans un marché crispé sous l’effet, notamment, des incertitudes économiques, politiques et géopolitiques. Le nombre de défaillances d’entre-prises n’a d’ailleurs jamais été aussi élevé. La situation est encore plus préoccupante en Occitanie (voir l’infographie) et ne semble pas près de s’améliorer, à en croire, la dernière note de conjoncture de l’Insee, anticipant, en décembre, un taux de chômage en France de 7,8 %, fin juin 2026. Selon la Banque de France, il pourrait ensuite se stabiliser, à 7,6 % en 2027 et 7,4 % en 2028. Face à ces perspectives moroses la réponse de l’État ne passera pas, en tout cas, par la réforme de l’assurance-chômage annoncé par François Bayrou, l’été dernier. Celle-ci prévoyait de durcir encore les conditions d’indemnisation des chômeurs, pour les inciter à retrouver au plus vite du travail, en générant ainsi 4 MdE d’économie par an à terme. Le nouveau locataire de Matignon se dit prêt à l’enterrer, pour répondre aux attentes des partenaires sociaux, mais leur demande, en retour, de trouver au moins 400 M€ d’économie, en ciblant notamment les ruptures conventionnelles et les contrats courts.

L’Indépendant, le 30 janvier 2026

Cabestany. Les quatre candidats à la mairie débattent de la voirie communale (L’Indep)

Ce jeudi 26 janvier, a moins de deux mois des élections municipales des 15 et 22 mars prochain, L’indépendant a organisé un débat, entre les quatre candidats déclarés à la mairie de Cabestany. Les prétendants a la fonction de maire ont notamment débattu de l’état des routes.

Ils ont tous répondu favorablement à l’invitation de L’Indépendant. Ce jeudi 29 janvier, en fin d’après-midi, les quatre candidats déclarés en vue de l’élection municipale de Cabestany étaient réunis dans nos locaux perpignanais. La maire communiste sortante, Édith Pugnet, 53 ans, employée à l’aide sociale à l’enfance, à la tête de la liste « La passion de Cabestany », a été opposée à ses trois rivaux : Éric Poupet, élu d’opposition divers droite au conseil municipal, 55 ans, directeur d’un magasin Carrefour de la liste « Cabestany avant tout » ; Olivier Mas (RN), 64 ans, directeur administratif et financier du théâtre de l’Archipel à Perpignan pour « Cabestany nouvelle vague » ; et Jean-Pierre Brazes (ex-candidat investi par le RN avant d’être écarté par le parti d’extrême droite), 69 ans, retraité, avec sa liste « Un cap pour Cabestany ». Il a notamment été question des routes.

« Du retard en matière de voirie »

« Les routes sont la préoccupation numéro un des Cabestanyencs », a d’emblée attaqué
Éric Poupet. « Avant 2010, quand nous n’étions pas dans l’agglo de Perpignan, ce secteur était catastrophique. Certaines voies, comme la route qui va à Calicéo, sont dans un état déplorable. Depuis que la commune en a récupéré la compétence, la question qui se pose est la suivante: a-t-on repris la gestion des routes pour le budget ou pour mieux les gérer ? », a-t-il lancé en pique à l’adresse de la maire en place.

Un constat appuyé par Jean-Pierre Brazès, qui voit dans l’état des infrastructures routières « une des priorités majeures pour Cabestany ». Il appelle de ses vœux la réalisation d’un « bilan de l’état des routes et des trottoirs ».

« On a du retard en matière de voirie », a reconnu Édith Pugnet. « Depuis 18 mois et le retour de cette compétence à la municipalité, nous avons dressé des premiers diagnostics et des premiers travaux ont été réalisés. Nous comptons 50 % de rénovations en plus qu’au cours des quatre années précédentes », s’est-elle défendue. « Nous avons d’ores et déjà fait 12 km sur les 60 km de voies communales que compte Cabestany. Mais on ne peut pas toujours aller vite », pondère-t-elle. « Parfois, il faut attendre que les réseaux souterrains soient refaits avant de rénover la route, sinon il faudrait casser ce qui a été fait ».

Pour Olivier Mas, « quand une ville grandit, elle perd en proximité ». Le candidat du RN veut rapprocher la décision des habitants, notamment sur le thème des infrastructures, « grâce aux outils numériques. Pour plus de proximité, le candidat souhaiterait proposer une application qui permette de joindre les services municipaux sans avoir besoin d’appeler en mairie. Avec un simple bouton, on pourrait localiser le problème et le signaler directement ».

Et Éric Poupet de conclure sur « les stop à l’envers ». « Une spécificité de Cabestany », a-t-il assuré, « où les panneaux stop sont installés sur les voies les plus fréquentées au détriment des routes les moins empruntées, Résultat : de nombreux Cabestanyenes verbalisés trop facilement ». Son verdict : « Il faut les supprimer ». Ou comment dire « stop » aux « stop ».

Nicolas Monnet (L’Indépendant, le 30 janvier 2026)

« Un journaliste engagé dans le football qu’on réduit au silence » (L’Indep)

Voilà sept mois jour pour jour, hier, que le journaliste sportif Christophe Gleizes est emprisonné en Algérie. Le Club de la presse Occitanie, Reporters sans frontières et le Département des Pyrénées-Orientales ont appelé a un rassemblement citoyen a cette occasion. Une banderole invitant à signer une pétition réclamant sa libération a été déployée sur l’Hôtel du Département.

« Nous sommes ici aujourd’hui, rassemblés pour obtenir la libération de Christophe Gleizes, journaliste français, injustement condamné à sept années de prison par la justice algérienne pour une soi-disant apologie du terrorisme. Son tort, être entré en contact pour écrire un article sur un club de football kabyle », dénonce Dominique Anton, président du Club de la presse Occitanie, dans son discours lu par Baptiste Maurel, membre du club de la presse des P.-O. Ce jeudi, une banderole a été déployée sur la façade de l’Hôtel du Département de Perpignan, réclamant sa libération.

Le journaliste de 36 ans s’est rendu en Algérie en 2024 pour réaliser un reportage sur le club de foot de la Jeunesse sportive de Kabylie. Mais les autorités lui ont reproché d’avoir échangé avec un dirigeant lié au mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, une organisation considérée comme terroriste par Alger. Il fut alors arrêté et retenu. Le Club de la presse souligne avoir « cru que sa libération était en bonne voie », mais le 3 décembre dernier, la cour d’appel de Tizi Ouzou a confirmé sa condamnation à sept années de prison ferme. « C’est l’assommoir et la consternation face à cette décision, contre un professionnel de l’information qui n’a fait que son travail ».

Pour Pierre Mathis, réacteur en chef de L’Indépendant représentant l’ensemble des rédactions des Pyrénées-Orientales présentes ce jour, « cette situation concerne tous les journalistes. Elle a pour objectif d’instituer un climat de pression, un climat de peur, un climat d’arbitraire contre lequel on doit tous faire attention. Si on pensait que notre métier pouvait se tenir sans combat, on a là l’exemple partait du contraire ».

« Christophe Gleizes est avant tout un passionné », a tenu à rappeler Éric Wattellier, président du district des Pyrénées-Orientales de football. « C’est un journaliste engagé dans le football, et particulièrement dans le football africain depuis des années, mais qu’on réduit au silence. On parle de sport, et dans le sport, il ne doit pas y avoir de politique, de différences, de discriminations », clame-t-il. Éric Dubuis, membre de l’Union des journalistes de sport en France a quant à lui rappelé que la liberté de la presse est un combat, et que « son syndicat continuera de défendre la place des journalistes dans le décor du sport français, et dans ces stades, d’en valoriser le travail et d’aider les 5.000 journalistes de sport. Bien que pour l’instant, il en manque un », a-t-il conclu.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 30 janvier 2026)

L’Actu de la CGT (n° du 29 janvier 2026)

­Grand meeting pour les libertés syndicales le 4 février à Montreuil
Alors que la répression syndicale atteint un niveau inédit, la CGT lance sa campagne pour les libertés syndicales avec un grand meeting.
Siège de la CGT – Montreuil
Mercredi 4 février 2026
19h – 21h
Ce meeting, où plus de 2 000 participant·es ont déjà annoncé leur présence, sera l’occasion de :

  • dévoiler la « liste noire » des militant·es CGT poursuivi·es ;
  • présenter la carte de France des Bourses du travail menacées ;
  • alerter et mobiliser contre l’extrême-droitisation de la société et ses conséquences sur les libertés publiques et syndicales.

—> ­S’inscrire et participer
La soirée mêlera interventions, prises de parole et séquences humoristiques.
La soirée sera clôturée par un discours de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.