Thierry Coville. « L’Iran et Israël veulent une guerre longue » (La Marseillaise)

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».
Entretien avec Thierry Coville est chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l’Iran.

La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

La Marseillaise : Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

Thierry Coville : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

La Marseillaise : Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

Thierry Coville : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

La Marseillaise : Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

Thierry Coville : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

La Marseillaise : Quid des victimes à ce stade ?

Thierry Coville : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

La Marseillaise : Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

Thierry Coville : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 18 mars 2026)

76% de la population a renoncé aux soins ces cinq dernières années (L’Indep)

La Fédération hospitalière de France a mené une enquête, déclinée en région, sur l’accès aux soins. Elle estime que « la situation est alarmante ».

« Les difficultés d’accès aux soins s’installent durablement dans le quotidien des Français », alerte Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF).

C’est la principale conclusion d’une enquête menée par la FHF pour la troisième année consécutive, sur la base d’un sondage Ipsos/BVA, auprès de 2 500 personnes en France, 200 en Occitanie. La publication, le 17 mars, n’est pas choisie au hasard : c’est l’anniversaire du premier jour de confinement en 2020.

« Les résultats sont aussi clairs que préoccupants. Le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous médical continue à se dégrader », note la FHF. L’enquête montre des disparités territoriales : « La problématique est accentuée en Centre-Val-de-Loire ou Franche-Comté, et des régions plus épargnées comme Paca, Nouvelle-Aquitaine. Ça va un peu mieux en Occitanie mais c’est une région où il y a des grandes disparités », précise Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle société Ipsos.

Que dit l’enquête ? « S’il fallait ne retenir qu’un chiffre, ce sont ces 73 % de Français qui ont renoncé à un soin ces cinq dernières années. Le délai d’obtention d’un rendez-vous médical se dégrade, + 10 points en deux ans, soit 7 millions de personnes concernées en plus », résume Zaynab Riet, qui rappelle que dans ce contexte, « on se tourne vers les urgences hospitalières ». Les moins de 35 ans sont en première ligne : 85 % ont renoncé aux soins, contre 58 % chez les 60 ans et plus.

Et si « 85 % des Français se disent révoltés » par la situation, ils « font la distinction entre un système qui se fragilise et des acteurs qui continuent de tenir ».

Mieux en ophtalmologie

En Occitanie, 76 % de la population a renoncé à un acte de soins, au-dessus de la moyenne nationale.

En France, le temps moyen d’attente pour obtenir un rendez-vous santé, est, selon les personnes interrogées : de 12 jours pour un médecin généraliste, trois semaines et deux jours pour un pédiatre, deux mois chez le gynécologue et le psychiatre, deux mois et trois semaines chez l’ophtalmologiste, trois mois et deux jours pour un cardiologue, quatre mois et deux semaines pour un dermatologue.

Ces délais d’attente progressent. Par exemple, pour l’accès au généraliste, c’est + 2 jours par rapport à mars 2024, et + 8 jours par rapport à 2019. « C’est énorme », insiste Adélaïde Zulfikarpasic. Pour un ORL, c’est + 1 mois, un cardiologue, + 3 semaines.

Seule une spécialité est relativement épargnée : l’ophtalmologie. Il fallait 2 mois et 3 semaines pour obtenir un rendez-vous en mars 2024 contre 3 mois et une semaine en 2019.

En Occitanie, il faut 2 semaines pour voir un généraliste, 4 pour un pédiatre, 9 pour un psychiatre, 10 pour un gynécologue et un ORL, 12 pour l’ophtalmologiste, 14 pour le cardiologue, 22 pour le dermatologue.

Si les délais d’attente sont le principal motif de renoncement aux soins (59 % en France, 62 % en Occitanie), les raisons budgétaires (38 % en Occitanie) ou l’accessibilité (distance par rapport au domicile, 39 % en Occitanie) sont aussi évoquées.

« Perdus » aux urgences

Cette situation a un impact direct sur la fréquentation des urgences hospitalières, 29 % des personnes y arrivent « parce qu’elles ne savaient pas à qui s’adresser », note la FHF, « parce qu’il a été impossible d’obtenir un rendez-vous pour 27 % d’entre elles ». « Ce sont des gens un peu perdus », dit la FHF.

Les autres motifs de fréquentation des urgences pour une raison injustifiée, hors de l’urgence médicale, sont : pour réaliser des examens complémentaires (27 %), par habitude (14 %), parce qu’un généraliste ou un spécialiste leur a refusé un rendez-vous (18 %), pour ne pas avancer les frais (10 %). « Il y a un travail de pédagogie à faire. » En France, 53 % de la population (52 % en Occitanie) a déjà vécu un retard de soins à l’hôpital ces cinq dernières années. C’est 68 % chez les moins de 35 ans.

« Après la crise du Covid, nous nous étions dit : « Plus jamais ça » », rappelle pourtant Zaynab Riet. L’enquête est aussi en phase avec la situation politique, dans le contexte des municipales : « La question est profondément territoriale. Les élus locaux jouent un rôle central sur la question de l’accès aux soins sur leur territoire. » Et la présidentielle à venir sera une autre échéance essentielle : « La question de la santé est quasiment une question d’aménagement de territoire. Des mesures ont amélioré la situation, mais l’accès aux soins continue de se dégrader. »

Hôpitaux en difficulté

Pour Adélaide Zultikarpasic, « il faut faire prendre conscience des enjeux » aux futurs candidats. « La santé est la préoccupation numéro un des Français et la campagne de 2022 avait très peu abordé le sujet. »

Avec quelles solutions ? « Former plus de médecins en partant des besoins, travailler au maillage du territoire pour mieux mailler l’accès aux soins », conclut la FHF. Mais « les besoins augmentent plus vite que le nombre de professionnels formés ».

Car l’hôpital ne pourra pas rester un éternel recours : les séjours y ont progressé de + 5 % en 2025. Et + 6 % en décembre, + 7 % dans les CHU. En 2024, 9 millions de personnes ont été prises en charge à l’hôpital public, dont la situation financière est fragile, rappelle la FHF qui estime à 2,7 Md€ le déficit des établissements publics de santé en 2025.

Sophie Guiraud (L’Indépendant, le 18 mars 2026)

2ème tour des municipales 2026. Prades : Il n’y aura que deux listes présentes lors du second tour à Prades (L’Indep)

C’est donc officiel, les listes de David Berrué et d’Aude Vives ne fusionneront pas. Cependant le candidat du « Printemps de Prades » annonce se retirer du scrutin qui se déroulera dimanche 22 mars.

Julien Audier Soria ou Aude Vives, les Pradéens devront donc choisir entre les deux listes restantes. Le duel droite-gauche tant attendu aura bien lieu. Après une réunion stérile, lundi soir, les équipes du « Printemps de Prades » et de « Aude Vivès pour les Pradéens » se sont quittées sans pouvoir réaliser de fusion.

Une triangulaire était un temps attendue, mais un communiqué a changé la donne. « 10,31 % (300 voix), avec le score réalisé au premier tour de cette élection municipale, nous pensions possible, et souhaitable, pour l’emporter dimanche, une réunion de nos forces avec celles d’Aude Vives », explique David Berrué. « Cette intention, cette stratégie, cette façon de s’appliquer à soi-même le principe démocratique (3 élus sur 22, à la proportionnelle), n’étaient ni partagées ni même envisagées par nos interlocuteurs. Il n’y aura pas de liste commune de la gauche pour laquelle voter le 22 mars prochain. Nous espérons que cela ne compromette pas l’alternance que nous sommes nombreuses et nombreux à penser à portée de main depuis dimanche dernier. Nous entendons l’appel des nombreuses personnes sympathisantes qui nous demandent de nous retirer: Passée l’amertume du moment, en cohérence avec notre fonctionnement basé, depuis le début, sur notre collectif, nous choisissons de ne pas maintenir notre candidature ».

Une annonce qui ne semble pas étonner Julien Audier-Soria. « Nous nous y attendions, mais nous ne sommes pas inquiets. Je suis encore plus déterminé que le premier jour: Les Pradéennes et Pradéens méritent une équipe capable de porter un dialogue constructif. Les deux autres listes ont montré qu’elles n’étaient pas du tout dans cette dynamique ».

Philippe Comas (L’Indépendant, le 18 mars 2026)

Contactée, Aude Vivés n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

1er tour des municipales 2026. Prades : Prades : Le vote pradéen, bureau par bureau (L’Indep)

3 à 2, voici le score de ce premier tour en faveur de Julien Audier-Soria lorsqu’on comptabilise les voix par bureau.

La salle du Pessebre, l’hôtel de ville et la salle Lousa pour l’un. Les salles du Foirail et Gelcen pour l’autre. À quelque chose près l’est de la ville contre l’ouest. On peut noter qu’une grosse différence se fait entre les deux principaux candidats au niveau du bureau de vote installé à la salle Lousa. Aude Vivès récolte 135 voix de moins que son adversaire du jour, sur 540 votes exprimés.

Les électeurs habitant sur la rive gauche de la Têt (côté lycée) ont-ils apprécié les efforts faits par la précédente municipalité pour les rapprocher du centre (passerelle sur la Têt) ? Quand on sait que 101 voix seulement (au total) départagent les deux principales listes…

L’ouest à gauche et l’est à droite ?

Notons enfin que les bureaux du Foirail et de Gelcen, ceux « remportés » par Aude Vivès, sont aussi ceux où la liste LFI-Écologistes a fait ses meilleurs scores. David Berrué y a obtenu 160 bulletins en sa faveur. Une réserve de voix qui pourrait s’avérer décisive en cas d’union des listes. Encore faudra-t-il que les électeurs comprennent et acceptent cette toujours hypothétique fusion. Des négociations entre Aude Vivès et David Berrué ont-elles commencé ? Dans leurs réactions « à chaud » (dimanche soir après les résultats) le candidat ayant obtenu le moins de voix l’espérait, Aude Vivès n’était pas contre. Les deux listes auront en tout cas jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour se décider. En cas de fusion de listes, l’alternance entre une femme et un homme doit toujours être respectée. Additionner ses forces pour espérer pouvoir l’emporter. Mobiliser les abstentionnistes. La folle semaine des candidats a déjà commencé.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 17 mars 2026)

Le Mouvement de la Paix appelle à faire barrage à l’extrême droite

Le Mouvement de la Paix contribue à la construction d’une culture de la paix et de la non-violence à travers l’élimination de toutes les formes de discrimination, le développement de la justice sociale, la compréhension mutuelle, la solidarité et l’amitié entre tous les peuples et toutes les cultures.

Depuis sa création le Mouvement de la paix participe à la promotion de ces valeurs qui sont autant d’éléments constitutifs du vivre-ensemble en paix dans la fraternité au sein de la société française, dans nos communes et quartiers, mais aussi sur le plan international pour la construction d’un monde, devenu multipolaire, de justice, de solidarité et de paix.

Ces valeurs sont portées par la charte des Nations unies, les textes internationaux fondateurs des droits humains et par les résolutions des Nations Unies en matière de culture de la paix et de la non-violence.

Ces valeurs fondent notre rejet du racisme, de la xénophobie, de la stigmatisation des étrangers désignés à tort comme boucs émissaires pour les problèmes que connaît une partie importante de la société. Elles permettent d’élaborer, dans la justice et le respect des droits humains, des politiques nationales ou locales de nature à répondre aux besoins essentiels de la population tout en favorisant le développement du vivre-ensemble dans un esprit d’entraide, de solidarité et de coopération.

À contrario, l’extrême droite porte une idéologie, contraire à ces valeurs humanistes, qui ne peut que nous entraîner vers la spirale des divisions, du racisme, des haines et des violences.

Le Mouvement de la Paix, le 13 mars 2026

1er tour des municipales 2026. Prades : Soria-Vives, un duel serré au 2nd tour (L’Indep)

Julien Audier-Soria et Aude Vives se dirigent vers un deuxième tour qui promet de garder les électeurs pradéens en haleine. La liste « Prades : ensemble demain ! » récolte 46,58 % des suffrages exprimés pendant que « Aude Vivès pour les Pradéens » obtient 43,11 % des votes. L’équipe du « Printemps de Prades », emmenée par David Berrué, réunit pour sa part 10,31 % des voix et peut se maintenir.

Et c’est parti pour un second tour à Prades. La campagne menée par les trois candidats aura en tout cas mobilisé les électeurs puisque 63,45 % des personnes inscrites sur les listes électorales de la sous-préfecture conflentoise se sont exprimées (contre 52,05 % en 2020). Les deux avocats, Julien Audier-Soria et Aude Vivès, ont une semaine pour faire pencher la balance en leur faveur. « C’est une défaite pour la droite, mais la gauche n’a pas encore gagné », pour David Berrué. Le troisième candidat peut éventuellement se maintenir et compte bien être acteur du vote qui se déroulera dimanche prochain. « Nous appelons, comme depuis le début, à la réunion des dynamiques. Il y a un enjeu historique pour en finir avec une période « Castex » qui a duré 20 ans ».

David Berrué et les abstentionnistes en arbitre ?

Des discussions vont très certainement s’engager avec l’équipe d’Aude Vivès. La vice-présidente du Département se dit « très satisfaite des résultats du premier tour. Il y a eu une forte mobilisation qui montre que les gens ont envie de changement ». Concernant la possible fusion, « il faut qu’on en discute avec mon équipe. Je ne suis pas contre, mais je ne veux pas m’enfermer dans quelque chose de binaire ». Julien Audier-Soria, son adversaire du second tour, est lui aussi « satisfait du résultat. Une grosse semaine de travail nous attend ».

Julien Audier-Soria, le candidat parrainé par Jean Castex espère « mobiliser les abstentionnistes ». Un réservoir de 1 740 électeurs (36,55 %) qui pourrait en effet jouer un rôle déterminant pour le résultat final. À propos d’une éventuelle fusion de la liste de David Berrué avec celle d’Aude Vivès, le candidat arrivé en tête de ce premier scrutin précise : « Je m’étonne qu’elle soit réceptive à cet appel. Aude Vivès avait annoncé dans les médias que son équipe était constituée et que ce serait la même au second tour. II serait pour le moins aberrant que cet engagement ne soit pas tenu ».

En 2020, la liste de Jean Castex l’avait largement emporté au premier tour avec plus de 75 % des voix exprimées. L’ancien Premier ministre, élu pour la troisième fois d’affilée, avait rapidement laissé sa place de maire au premier adjoint Yves Delcor.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 16 mars 2026)

1er tour des municipales 2026. Cabestany : Édith Pugnet loin devant les droites divisées (L’Indep)

Lors de ce premier tour, la liste d’union de la gauche de la maire sortante, Édith Pugnet, a termine largement en tête avec 47,71 % des suffrages exprimes. Le candidat du RN, Olivier Mas, totalise quant a lui 23,74 % des suffrages et se qualifie également pour le second tour, tout comme le divers droite Jean-Pierre Brazès (20 %). Le centriste Eric Poupet (divers centre) est éliminé.

Vers une triangulaire ? À Cabestany, à l’issue de ce premier tour, trois listes sont en position de se maintenir pour le second tour. Celles de la maire communiste sortante, Édith Pugnet, du RN Olivier Mas et du « divers droite » Jean-Pierre Brazes, à qui le parti de Louis Aliot avait dans un premier temps accordé l’investiture avant de la lui retirer.

Peu après la proclamation des résultats, ce dimanche soir, Édith Pugnet affirmait être fière du résultat obtenu. « Réunir près de 48 % des suffrages alors qu’il y avait quatre listes, c’est une très belle performance », estime-t-elle. « Il manque très peu de voix pour atteindre les 50 % et passer au premier tour. Compte tenu de l’abattage qui a été fait pendant la campagne et de la tendance nationale, on ne s’attendait pas à être aussi haut. »

Cependant, la maire sortante ne compte pas baisser sa garde. Elle prévoit notamment de multiplier les opérations de porte-a-porte cette semaine.

Jean-Pierre Brazes en pleine réflexion

Arrivé en deuxième position, Olivier Mas compte « évidemment » se maintenir et n’envisage pas de négocier avec Jean-Pierre Brazès en vue d’un éventuel rapprochement. « Si les électeurs veulent mettre fin à la gestion communiste actuelle, qu’ils votent pour moi », proclame-t-il.

De son côté, Jean-Pierre Brazès indique ne pas avoir encore pris de décision concernant son positionnement en vue du second tour. « Je veux d’abord en parler avec les gens avec qui je travaille depuis trois ans », indiquait-il ce dimanche soir.

Enfin, le centriste Eric Poupet n’a obtenu que 8,53 % des voix et n’est donc pas en mesure de se maintenir au second tour. Il ne donne aucune consigne de vote pour dimanche prochain. « Nous sommes une liste de projet, pas une liste politique. Nos électeurs feront ce qu’ils voudront », résume-t-il.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 mars 2026)