Clara-Villerach. Patrick Marcel brigue un deuxième mandat

Patrick Marcel, maire sortant, a décidé de briguer un deuxième mandat à Clara-Villerach.

Élu en 2020, « je me suis engagé avec une équipe dévouée au service de la commune, de ses habitantes et habitants. Je tiens à remercier chaleureusement l’équipe municipale sortante: des femmes et des hommes qui ont donné de leur temps, de leur énergie et de leur engagement au service de notre commune ».

Le sens du bien commun, le respect des équilibres budgétaires et l’ambition de répondre aux attentes d’une population attentive à la gestion communale « ont constamment guidé notre action. Rien de ce qui a été réalisé n’aurait été possible sans ce travail collectif mené au quotidien au service de Clara-Villerach. Ces années ont été marquées par des décisions et des projets partagés, toujours guides par l’intérêt général ». Et le maire sortant de poursuivre : « Je suis aujourd’hui heureux d’aborder cette nouvelle étape avec une équipe renouvelée, rassemblant des femmes et des hommes aux compétences diverses et complémentaires, indispensables à la bonne gestion de notre commune ».

Dans un contexte économique et financier incertain, « mais fidèles à l’esprit qui nous anime depuis six ans, nous continuerons à œuvrer ensemble pour une gestion rigoureuse et humaine de Clara-Villerach, tout en assurant une participation active et constructive au sein des commissions de la communauté de communes et des syndicats intercommunaux ».

Ce qui le guide profondément, « c’est l’idée que nos villages n’appartiennent à personne, mais qu’ils se construisent avec tout le monde ».

Et il conclut sur l’importance « d’écouter, dialoguer, associer les habitants, maintenir ce lien simple et essentiel qui permet à chacune et chacun de prendre part à la vie collective. Avec engagement et proximité, je souhaite poursuivre ce chemin avec vous, au service de notre commune et de celles et ceux qui y vivent ».

L’Indépendant, le 17 février 2026

Saint-Laurent-de-Cerdans. Sur les pas de la Retirada (L’Indep)

Une quarantaine de Catalans du sud de la Marxa republicana de 1939 à la Garrotxa ont suivi les chemins empruntés par les 7 000 réfugiés ayant franchi la frontière en hiver 1939 pour fuir l’Espagne. Ils sont partis du refuge de Sant-Aniol-d’Aguja, en Catalogne sud. Ils ont été rejoints à la ferme en ruines de la Muga par Maryse Agont, la secrétaire de l’association culturelle catalane, qui les a accompagnés jusqu’à Saint-Laurent. Ils ont fait une pause à Pla Castanyer (hameau de Villeroge), où Michel Anrigo, ancien maire de Coustouges, leur a adressé quelques mots.

Une porte bleue

Ils ont ensuite gagné Saint-Laurent et la salle de l’Avenir, où Louis Caseilles, entouré de ses deux adjoints, de conseillers municipaux, dont Louise Vergés la présidente de l’Association culturelle catalane, et de villageois les attendaient. L’historien Raymond Sala a lu un poème bouleversant d’Alexandre Recasens. Ce dernier est arrivé d’Albanya, fin janvier 1939, a été hébergé et nourri par des Laurentins, moyennant quelques travaux. Ayant appris que son frère était détenu au camp de Saint-Cyprien, il a décidé de le rejoindre. Il a alors écrit ce poème en lanque catalane, dont les paroles apportent un témoignage poignant sur les conditions de détention : « Paradis concentrationnaire. Une simple porte ouverte, la porte bleue de la mer. Les vagues de la mer pleuraient ». Après cette réception émouvante, les marcheurs, les autorités civiles, militaires, et les villageois ont gagné le monument de la Retirada, où le premier magistrat a prononcé un discours, avant qu’un bouquet ne soit déposé, pour célébrer le 87 anniversaire de la Retirada. Les marcheurs sont alors repartis en bus. Les Laurentins perpétuent le souvenir de cet événement tragique et celui des victimes.

Hélène Rosé (L’Indépendant, le 17 février 2026)

Municipales : bras-de-fer entre SOS Racisme et Louis Aliot (L’Indep)

« C’est Louis ou moi » affiche SOS Racisme Perpignan sur son emblématique main jaune. L’association lance « une campagne citoyenne pour une ville antiraciste » a un mois du scrutin municipal de mars 2026. Le camp du maire de Perpignan réplique avec une main tricolore signée « Pour nous c’est Louis ».

SOS Racisme et Louis Aliot ne marcheront pas main dans la main. A un mois du premier tour des municipales, les deux camps montrent les muscles sur les réseaux sociaux. À l’origine de ce bras-de-fer, le lancement de l’auto-baptisée « campagne citoyenne pour une ville antiraciste » de l’antenne perpignanaise de l’association. Seize propositions et la célèbre main jaune et noire griffée d’un « C’est Louis ou moi », ciblant le maire RN de Perpignan. Parmi les mesures avancées par SOS Racisme : « Former les élu.es contre le racisme et la discrimination et nommer un conseiller municipal délégué à la lutte contre les discriminations », « intégrer les critères d’application de politique de lutte contre les discriminations dans le choix des entreprises pour les marchés publics », « nommer des lieux publics en l’honneur de ligures représentatives de la diversité française », ou « appliquer une logique de proximité et de désescalade ».

Cible unique et affichée de cette campagne, Louis Aliot a décidé de répliquer. Appuyé par son camp. Rapidement a fleuri sur les réseaux sociaux de ses proches, une main tricolore revendiquant « Pour nous, c’est Louis ». « SOS Racisme se mobilise contre moi, mobilisons-nous contre leur propagande », encourage le maire de Perpignan sur Facebook, avec plus de 700 likes ce dimanche 15 février en milieu de journée. « Ils font tout pour alimenter les clichés qu’ils tiennent à maintenir car, sans ça comme argument, ils sont totalement démunis », commente Lisa. « Tous les coups vont être permis à l’approche des élections municipales malheureusement. Plus le RN monte partout en France et plus les partis de gauche et extrême gauche s affolent, attaquent, diffament, se victimisent… », ajoute Fanny.

Le bras-de-fer « virtuel » pourrait prendre une autre forme. Dans un communiqué, SOS Racisme assure que « la campagne de dénigrement de Louis Aliot et de l’actuelle majorité municipale ne fait que renforcer notre engagement ». Et « appelle à une mobilisation citoyenne massive pour faire de la tolérance et de l’égalité le cœur du prochain mandat ». Le bras-de-fer continue.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 16 février 2026)

Panthéonisation de Marc Bloch « Mon grand-père, ce héros » (L’Indep)

82 ans après son exécution par la Gestapo, le 16 juin 1944 à l’âge de 57 ans, Marc Bloch, historien et membre de la Résistance, fera son entrée au Panthéon le 23 juin 2026. Ce en présence de ses derniers descendants dont sa petite-fille Suzette Bloch, la fille de Louis, l’un de ses 4 fils. Cette dernière vit aujourd’hui à Argelès-sur-Mer, dévoile toute l’admiration et le respect qu’elle a pour ce héros de la France, figure tutélaire de son époque.

Le président Macron avait initialement prévu que l’entrée au Panthéon du catafalque du grand historien et Résistant Mare Bloch (1886-1944) se déroulerait le 16 juin 2026. Ce qui aurait marqué le 83e anniversaire de sa mort. Le 16 juin 1944, Marc Bloch était lâchement fusillé dans le dos par quatre gestapistes, avec 29 autres résistants à Saint-Didier-de-Formans (Ain). Mais deux évènements ont obligé l’Élysée à reporter la date au 23 juin. Ce qui ne dérange pas outre mesure sa petite-fille Suzette Bloch, la fille de Louis, l’un des quatre garçons (deux filles complétaient la fratrie) du futur panthéonisé, et seule encore vivante de sa génération. Ses autres descendants se comptent parmi des arrière et arrière-petits-enfants.

Ancienne journaliste à l’AFP où elle a occupé divers postes aux services économique, politique, diplomatique et reportages, accréditée au Sénat, Suzette Bloch, qui vit a Argelès, a été également chef de la rédaction du bureau de Rome et à Chypre. Elle est par ailleurs l’auteur du « Premier convoi », un documentaire de fiction sur Auschwitz diffusé sur Arte/Ex Ni-hilo. C’est dire que, même si elle n’a jamais connu son illustre ancêtre, elle n’a eu de cesse de convoquer sa mémoire. Elle a pu aussi remettre la main sur quelques livres parmi le millier qui composait l’immense bibliothèque de l’appartement du 7 de la rue de Sèvres a Paris, pillé par les Allemands. De rappeler ses combats et de faire (re)découvrir son œuvre d’historien et d’écrivain marié à Simone, épouse adorée à la santé fragile. Sa famille « dont il a toujours fait sa priorité » confie Suzette.

Contactée par le « conseiller mémoire » de l’Élysée en novembre 2024

Un jour de novembre 2024, Suzette Bloch a été contactée, via Facebook, par le conseiller mémoire de l’Élysée, chargé des commémorations et des futures panthéonisations. Elle relate : « J’ai reçu ce message auquel je ne m’attendais pas du tout en fait. Le conseiller m’a laissé le temps de prévenir mes proches, descendants de Marc Bloch, afin que nous puissions collégialement accepter ou refuser la panthéonisation. Je savais que les avis seraient partagés. Et parfois même très divises sur certains points concernant les valeurs communes que nous souhaitions mettre, ou pas, en avant à travers la figure et la personnalité de notre aïeul. Un homme brillant, courageux, exemplaire, humaniste. On visionnaire doublé d’une grande humilité et paraît-il, très timide. »

Poursuivant : « Finalement, à la majorité il fut décidé de l’écriture d’une lettre adressée directement au président de la République dans laquelle nous acceptions la panthéonisation, mais dans le cadre d’une cérémonie simple et sobre. Nous avions en outre précisé que la présence du Rassemblement National et/ou de tous autres représentants de mouvements communautaristes, Marc Bloch était fervent socialiste et athée, était à exclure. J’espère à présent que nos demandes seront exaucées à tous les niveaux. »

Marc Bloch demande à combattre dès le début de la Seconde guerre mondiale en 1939. Sensible au statut des juifs d’octobre 1940, il fut exclu de son poste de professeur détaché auprès de l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand, rappelle la page Chemins de mémoire du site du ministère des Armées. Entré de plain-pied en résistance, Marc Bloch se fait appeler « Narbonne », « Il devient un des trois membres du directoire régional des Mouvements unis de résistance, pèse dans le mouvement, et devient une cible. Il est arrêté, par une Gestapo bien renseignée, au matin du mercredi 8 mars 1944 à Lyon. Torturé dans les locaux de l’École de santé militaire, interné à la prison de Montluc, Marc Bloch est donc fusillé le 16 juin 1944 avec 29 autres résistants à Saint-Didier-de-Formans ».

Ne serait-ce que pour rendre le plus bel hommage qui soit a ce grand père, son héros au sourire si doux…

Valérie Pons (L’Indépendant, le 16 février 2026)

L’édito du webzine. Perpignan, quand l’identité catalane devient un combat politique

Depuis 2020, avec Louis Aliot (RN), Perpignan n’est plus « la Catalane ». Les panneaux d’entrée de ville ont été remplacés par « Perpignan la rayonnante », et les subventions aux associations catalanistes ont été purement et simplement supprimées.

Tout a commencé avec la marque « Perpignan la Catalane », déposée dans les années 1990 par Jaume Roure, figure historique du catalanisme local. La mairie a refusé de renouveler son enregistrement, et engagé une procédure judiciaire pour « dépôt frauduleux », accusant Jaume Roure de nuire à l’image de la ville. Résultat : plus de 6 000 euros de frais d’avocats pour ce dernier. « L’idée est de nous taper au portefeuille », dénonce-t-il. Mais au-delà de l’aspect financier, c’est bien l’identité même de Perpignan qui est en jeu.

Les associations qui promeuvent la langue et la culture catalane ont payé le prix fort. L’association La Bressola, qui milite pour la « récupération de la langue et la culture catalane », a perdu 60 000 euros de subventions. D’autres, comme Òmnium Cultural Catalunya Nord, refusent désormais de demander des aides à la mairie, par principe. « On ne veut pas blanchir la politique d’effacement du RN », explique Guillem Dalmau, son président. Les cours de catalan, suivis par 700 élèves, sont devenus déficitaires, et l’avenir de ces structures est menacé.

Des deux côtés de la frontière

Les liens avec Barcelone se sont raréfiés, les célébrations en catalan sont interdites, et les projets éducatifs immersifs, comme celui de La Bressola, ont été bloqués par des manœuvres administratives. « Ce qui gêne le RN, c’est que le catalanisme est transfrontalier », analyse Brice Lafontaine, ancien conseiller municipal. Pour le RN, il s’agit de tracer une limite géographique claire : ici, on est roussillonnais, donc français. Point final.

La stratégie de Louis Aliot est claire : normaliser Perpignan en gommant son identité catalane, ou du moins en la réduisant à un folklore inoffensif. Les Dragons catalans ou les feux de la Saint-Jean peuvent être mis en avant, mais les cours de catalan, les écoles immersives ou les liens avec la Catalogne espagnole sont des cibles.

Cette politique interroge : jusqu’où ira l’effacement de l’identité régionale au profit d’un nationalisme étriqué ? À Perpignan, la résistance s’organise, mais le combat est inégal. Les associations catalanistes, privées de moyens, tentent de survivre. Les citoyens, attachés à leur langue et leur culture, refusent de voir leur histoire réécrite. Il est donc important de déchoir le RN de son piedestal perpignanais pour sauver la catalanité.

Dominique Gerbault