Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela ! Rassemblons-nous partout dans le pays ce samedi 10 janvier 2026

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA. Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme états-unien en Amérique latine, s’inscrivant dans l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États- Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.

Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.

De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à l’autodétermination doit être au cœur de nos mobilisations.

Nous appelons à se rassembler partout dans le pays ce samedi 10 janvier pour exiger :

  • L’arrêt immédiat de l’agression militaire des États-Unis, la fin de ses menaces sur les pays de la région et le retrait du déploiement de force US dans la Caraïbe ;
  • Le respect du droit du peuple vénézuélien à disposer de lui-même. Toute solution politique et diplomatique doit se baser sur la souveraineté populaire, la garantie de ses libertés et sur le droit international ;
  • La levée des sanctions économiques et la satisfaction des besoins humanitaires des populations ;
  • Des sanctions contre les USA et Donald Trump : la fin de l’achat d’armes au complexe militaro-industriel US.

Seul le peuple vénézuélien peut et doit décider, en toute souveraineté et sans ingérences, de son propre avenir. Non à l’impérialisme ! Les peuples ne sont pas à vendre !

Appel national des organisations : Arguments pour la Lutte Sociale – ATTAC – Collectif Haiti France – Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua- CGT – Confédération Paysanne – CEDETIM/IPAM – CRID – Les Ecologistes – Pour une Ecologie Solidaire et Sociale – Emancipation Tendance Intersyndicale – France Amérique Latine – Fondation Copernic – FSU – L’Après – LDH – Le Mouvement de la Paix – NPA Anticapitaliste – Nos Révolutions – PCF- PS – Réseau Bastille – Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative – Solidaires – Solidaires Etudiant.es.

Cabestany. Vœux : une année pour la démocratie, la paix et le vivre-ensemble (L’Indep)

Lors de la cérémonie des vœux, le maire Édith Pugnet a livré un discours à la fois solennel et engage, entre contexte international préoccupant, défense de la démocratie locale et attachement profond aux valeurs humaines qui font l’identité de la commune.

Devant une salle comble et en présence de nombreux élus, Édith Pugnet, maire de Cabestany, entourée du conseil municipal, a présenté ses vœux a la population à l’occasion de la traditionnelle cérémonie communale. Une soirée placée sous le signe du partage et de la culture, qui s’est ouverte en musique avec les choristes du groupe vocal Els cantaires de La Fossella, dirigés par Anne Patrux. L’interprétation de chants catalans a rappelé l’importance de cette transmission culturelle, valeur chère à la municipalité.

Un film retraçant les temps forts de l’année écoulée a ensuite permis de mesurer le dynamisme communal dans de nombreux domaines : sport, urbanisme, culture, social, voire, énergie, école ou sécurité.

2026, l’année de la démocratie locale et d’un engagement pour la paix

Puis, le maire a pris la parole pour un discours dense, ancré dans l’actualité et résolument tourné vers l’avenir. « Comme le veut la tradition, je veux commencer par vous adresser très sincèrement, comme maire et au nom du conseil municipal, tous mes vœux de belle et heureuse année », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer la tonalité de 2026: « Ce sera l’année de la démocratie locale, avec les élections municipales du 15 mars ». Soucieuse du respect des règles électorales, Édith Pugnet a affirmé vouloir garantir « un débat digne, juste et surtout équitable ».

Mais au-delà des échéances locales, le maire n’a pas éludé un contexte international et national lourd. Évoquant la tragédie de Crans-Montana en Suisse et les conflits qui frappent le monde, elle a rappelé la nécessité du dialogue et de la diplomatie. « N’est-il pas de notre responsabilité de crier haut et fort notre refus de la guerre ? », a-t-elle interrogé, plaidant pour des initiatives locales en faveur de la paix, notamment auprès de la jeunesse.

Malgré les contraintes, une gestion rigoureuse et des investissements au service du quotidien

Sur le plan national, le maire a souligné les fragilités économiques et sociales, évoquant les agriculteurs, les salariés, les retraités, mais aussi les difficultés croissantes des collectivités locales. Elle a dénoncé « l’effort insensé demandé aux communes », rappelant que les collectivités ne représentent que 9 % de la dette nationale.

Le maire a rappelé que les communes font face à des défis de plus en plus complexes avec des marges de manœuvre limitées. Elle a souligné le rôle désormais central de l’intercommunalité dans la gestion du quotidien, notamment parce qu’elle concentre les ressources financières, Édith Pugnet a salué le travail de Jean Vila pour obtenir davantage de transparence budgétaire et des retours sur investissement équitables pour chacune commune, défendant ainsi une intercommunalité fondée sur la coopération solidaire et librement consentie.

Malgré un contexte financier contraint, Cabestany continue d’investir. Résidence seniors, rénovation des écoles, équipements culturels et sportifs, ombrières ou terrain synthétique témoignent de cette continuité engagée depuis plusieurs décennies, dans la droite ligne des grands choix structurants opérés depuis près de cinquante ans.

Le bénévolat, pilier du vivre-ensemble cabestanyenc

Enfin, Édith Pugnet a rendu un hommage appuyé aux bénévoles, véritables piliers du lien social. « Cabestany est reconnue comme une ville où il fait bon vivre grâce à des femmes et des hommes engagés au quotidien », a-t-elle souligné, saluant une identité fondée sur la solidarité, la convivialité et l’engagement citoyen. En appelant à préserver ce qui fait la force de Cabestany: la proximité, l’engagement et l’humanité, le maire a conclu sur un message d’espoir, faire de 2026 une année profondément humaine, fidèle à l’esprit du vivre-ensemble qui anime la commune depuis des décennies.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Barrages filtrants et contrôles avortés… La mobilisation agricole contrariée (L’Indep)

Attendue massive, la mobilisation agricole lancée dans la nuit de mercredi à jeudi au péage sud de Perpignan a finalement pris une tournure plus contrastée… Entre contrôles de camions avortés, désaccords syndicaux et démonstration de force policière.

On l’attendait conséquente, unie et partie pour durer, dans la lignée des blocages de l’hiver dernier à la grande barrière de péage du Boulou. Mais la mobilisation engagée dans la nuit de mercredi à hier au péage sud de l’A9 à Perpignan a finalement pris une autre tournure. Plus modeste et plus tendue aussi.

Ils étaient une centaine au plus fort de la nuit. Une soixantaine à l’aube. Autour d’un barnum, d’un brasero, de quelques pneus et d’un barbecue, les militants de la Coordination rurale (CR) et de la Confédération paysanne ont installé leur campement aux abords de l’autoroute. Pas de tracteurs cette fois, interdits par arrêté préfectoral. Pas de blocage massif non plus. Juste une présence, surveillée de très près. Presque à effectifs égaux avec les forces de l’ordre.

Désaccords entre syndicats

Arrivés dès 3 heures du matin, les agriculteurs de la CR 66, rejoints par leurs homologues de l’Hérault et de l’Aude, ont tenté de mettre en œuvre leur plan : le contrôle des camions étrangers. « On a trouvé de la marchandise en infraction. Notamment de la viande transportée sans garanties sanitaires conformes. On a fait le boulot des douanes », souffle Philippe Maydat, président de la CR 66. Mais l’initiative tourne court. Face aux ralentissements sur l’autoroute, la préfecture décide de fermer purement et simplement la sortie du péage sud. Fin des barrages filtrants, fin des contrôles. Le rassemblement devient statique. Et la tension monte brièvement lorsqu’une poignée d’agriculteurs essaie de pénétrer à pied sur l’A9 en milieu de matinée.

Les revendications, elles, n’ont pas bougé.

Concurrence déloyale, accords de libre-échange comme celui avec les pays du Mercosur, gestion de la dermatose nodulaire contagieuse… le cahier des doléances est chargé. Arnaud Poitrine, viticulteur et maraicher, ne mâche pas ses mots : « On vit avec le RSA. On travaille sept jours sur sept pour à peine 1.000 euros par mois. La moitié des exploitations ne passera pas l’année. On est en train de crever. Tout le monde est à bout. On est constamment en concurrence déloyale avec des produits qui arrivent de l’étranger. On empile des normes en France qui vont au-delà des normes européennes. Des normes auxquelles les autres pays ne sont pas soumis. Ça devient plus possible. Et on est vraiment là pour crier notre détresse ».

Malgré cette cause commune, l’unité espérée n’est pas vraiment au rendez-vous. La CR 66 et la Confédération paysanne des Pyrénées Orientales ne sont pas vraiment alignées sur la stratégie de la CR 34. Même le Syndicat des vignerons, pourtant annoncé, ne rejoint finalement pas le mouvement.

Un peu plus tard dans la matinée, quelques manifestants de la CR 34 tentent de rejoindre le marché Saint-Charles pour poursuivre les contrôles de marchandises. En vain. L’impressionnant comité d’accueil -quatorze camions de CRS- refroidit rapidement les ardeurs et contraint les agriculteurs à rebrousser chemin.

En fin d’après-midi, ils étaient encore une quarantaine d’agriculteurs à « tenir » le péage sud de Perpignan. « On va rester là une bonne partie de la nuit. On espère qu’on sera rejoint par du monde ce soir. »

Et la suite ? Aujourd’hui, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA 66 appellent à une action avec un convoi de tracteurs, tractopelles, citernes et bennes de végétaux, entre le péage sud et le péage nord de Perpignan, entre 9h30 et 10h30.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

FDSEA et JA à leur tour

Un autre tempo et une autre méthode. Aujourd’hui, la FOSEA 66 et les Jeunes agriculteurs lanceront leur propre mobilisation, à l’écart de l’action organisée hier par la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Le rendez-vous est fixé à 9h30 au péage sud de Perpignan pour les exploitants venant du sud du département, avant un regroupement général à 10h30 au péage nord de l’A9, point de départ de l’action. Et il ne s’agira ni d’un blocage, ni d’une opération escargot sur l’autoroute ou la nationale. « Les projets identifiés dans le plan de résilience eau n’avancent pas assez vite pour offrir des perspectives à moyen terme à l’agriculture. Sans eau, il n’y aura pas d’agriculture demain », alerte Bruno Vila, le président de la FDSEA 66. Ainsi, les manifestants prévoient de simuler la création de bassins de stockage d’eau sur des terrains proches du péage nord, puis, en début d’après-midi, à proximité de la Direction départementale des territoires et de la mer, près du pont Joffre, à Perpignan. La mobilisation devrait durer une bonne partie de la journée, avec un rendez-vous fixé à 15 heures à la préfecture.

D. C. (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Otto Vaillant Frías. « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons le défendre »

Au lendemain de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela, Donald Trump menaçait à son tour Cuba. Ambassadeur de l’île en France, Otto Vaillant Frías en appelle aux institutions internationales

La Marseillaise : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’attaque des États-Unis sur le sol du Venezuela ?

Otto Vaillant Frías : Il y a plusieurs réactions qui se mêlent. Comme Cuba, je condamne, je n’accepte pas ce type d’action des États-Unis contre n’importe quel pays, que ce soit le Venezuela ou un autre. C’est une violation du droit international, de la loi des États-Unis, de la loi du Venezuela… Ils n’ont pas le droit d’aller agresser un pays et d’en kidnapper le président ! Et c’est une intervention terrible, avec la mort de nombreuses personnes dont des Cubains qui ont été tués au combat. En tant que Cubains, nous sommes tristes de ces pertes. Et nous rejetons cette politique qui prend forme dans l’administration Trump, et qu’ils vont poursuivre il me semble.

La Marseillaise : Avec cette attaque, Donald Trump a franchi un cap supplémentaire, vous l’expliquez comment ?

Otto Vaillant Frías : Donald Trump prône désormais une politique de total manque de respect aux Nations Unies, au droit international. La doctrine Monroe revient, l’Amérique pour eux, en disant que c’est sa zone d’influence, qu’aucun pays ne peut agir indépendamment s’il ne le souhaite pas. Il y a deux siècles certains pays n’étaient pas encore indépendants, mais aujourd’hui, ils n’ont pas besoin de demander aux États-Unis que faire, comment agir, comment prendre des décisions dans leur politique intérieure ou extérieure. L’administration Trump n’a pas le moindre respect pour aucune organisation internationale, ni pour les gouvernements des autres pays. C’est très grave.

La Marseillaise : Immédiatement après l’attaque, Donald Trump a menacé Cuba. Cela vous inquiète ?

Otto Vaillant Frías : Il a dit qu’il faudrait regarder le cas de Cuba, regarder d’autres cas… À Cuba, nous souffrons d’un horrible blocus depuis plus de soixante ans, ils font déjà souffrir le peuple cubain parce qu’ils cherchent depuis le début de faire tomber le gouvernement et la révolution cubaine. Ils n’ont pas encore réussi, mais ils ont tout fait : l’agression militaire, le blocus, la propagation de maladies… Faire tomber notre gouvernement est leur objectif principal depuis le triomphe de la révolution cubaine, le 1er janvier 1959. Mais nous continuerons notre lutte. Même si ce ne sera pas facile pour nous.

La Marseillaise : Justement, dans son avion présidentiel Donald Trump disait que Cuba « est prêt à tomber », surtout si on lui coupe l’accès au pétrole du Venezuela… Que lui répondez-vous ?

Otto Vaillant Frías : Pendant le combat, il y avait aussi des Cubains au côté de Maduro. Le gouvernement du Venezuela avait demandé à Cuba du soutien pour la sécurité de son président, et ils étaient là. Ils étaient une trentaine à se battre contre 200 soldats des États-Unis. Ils ont réussi à tenir pendant plus d’une heure. Cela en dit beaucoup. Cuba est un pays qui veut la paix, mais nous sommes prêts à le défendre s’il y a besoin. Nous n’accepterons aucune invasion chez nous. Les États-Unis ont les moyens de punir les pays, les entreprises, de prendre des mesures contre tous ceux qui voudraient vendre du pétrole à Cuba, et je ne sais pas ce qu’il va se passer à l’avenir dans les relations commerciales, économiques ou de coopération entre Cuba et le Venezuela ou avec d’autres pays. C’est difficile à dire aujourd’hui. Mais nous avons le droit d’exporter ce que nous voulons malgré les sanctions des États-Unis. Nous verrons comment le Venezuela pourra tenir ses engagements envers Cuba.

La Marseillaise : Pourquoi cet acharnement persiste toujours selon vous, 67 ans après la révolution ?

Otto Vaillant Frías : La question de la relation des États-Unis avec Cuba remonte à avant la révolution. Depuis leur indépendance ils ont toujours pensé que l’Amérique leur appartient. Pour Donald Trump et ceux qui l’entourent, Cuba devrait être une étoile sur le drapeau des États-Unis.

La Marseillaise : Dans ce contexte, est-ce que les timides réactions européennes et spécifiquement françaises vous surprennent ?

Otto Vaillant Frías : Chaque pays agit selon la façon dont il voit les choses. Moi, je transmets la position que je connais, la mienne. Pour les réactions européennes ou françaises, il serait intéressant de demander pourquoi ils le font, comment ils voient la situation. Chaque pays a ses propres intérêts. Chaque pays a sa vision. Mais pour nous, c’est inacceptable.

La Marseillaise : Vous parliez du blocus des États-Unis, des containers ont justement été envoyés par la CGT, par le PCF pour soutenir Cuba. À quel point cette solidarité compte pour vous ?

Otto Vaillant Frías : C’est très important, parce nous avons eu un ouragan récemment qui a fait des énormes dégâts. Nous avons dû protéger la vie de 1,2 million de personnes dans des écoles, dans des endroits publics. Mais après son passage, 150 000 personnes ont perdu leurs maisons, plus de 50 000 habitations ont été détruites. C’est très compliqué de faire face à cette situation. C’est dans ce moment si difficile que l’on reçoit le soutien du Parti communiste français, des organisations de solidarité qui envoient des dons, des médicaments pour aider ces gens. Cela, c’est pour l’aspect matériel. Mais il y a une solidarité en France qui est très importante pour nous, c’est la solidarité politique, celle du Parti communiste français, de la CGT ou des autres partis politiques et organisations de solidarité. C’est le résultat d’années de solidarité et d’amitié, qui compte énormément pour Cuba.

La Marseillaise : Quels sont les besoins principaux pour Cuba aujourd’hui, dans ce contexte ?

Otto Vaillant Frías : C’est le droit à l’autodétermination, l’indépendance, la défense de la souveraineté nationale. Ce sont des principes non négociables. Le droit aux peuples à choisir leur destin, sans l’intermission de pays tiers, le droit au développement, le droit à la vie, le droit à la non-intervention, le droit à la non-ingérence de forces militaires sur son territoire… Pour Cuba, c’est absolument nécessaire qu’il y ait une concertation du monde entier concernant la politique menée aujourd’hui par les États-Unis. Hier, c’était le Venezuela. Mais demain on ne sait pas où ils vont intervenir. Vous avez vu les informations hier [mercredi, Ndlr.] sur les envies des États-Unis concernant le Groenland… Et après le Groenland, qui sera visé ? Il y a une envie d’expansion territoriale des États-Unis vers l’Europe, c’est quelque chose de nouveau, qui devrait faire réagir.

La Marseillaise : Que faudrait-il faire pour garantir ces droits ?

Otto Vaillant Frías : Il faudra pour commencer réunir les Nations Unies, le Conseil de Sécurité, pour que le monde entier parle. Il faut un mouvement international pour arrêter la folie des Américains, de Trump. Aujourd’hui, on se bat pour l’avenir du monde. À l’intérieur de l’administration américaine il y a des gens qui veulent faire la guerre, qui veulent tout détruire. Cela va continuer sans arrêt. Ils ont une liste de territoires, de pays où ils veulent agir. Ils voient où sont les terres rares, où est le lithium, et ils veulent aller chercher ces ressources par n’importe quel moyen. Soit ils les achètent, soit ils envoient des troupes et tuent, kidnappent n’importe qui pour faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas possible, c’est un ordre international injuste, qui doit changer.

La Marseillaise : Vous avez de l’espoir justement que les États-Unis reviennent à la raison ?

Otto Vaillant Frías : Donald Trump ne respecte personne. Il ne respecte pas le droit international, il ne respecte pas les Nations Unies, il ne respecte pas les pays non plus. C’est une terrible réalité. J’espère qu’on arrivera à changer cela. J’ai sincèrement de l’espoir. Il ne sera pas toujours là. Mais le fait qu’il reste trois ans encore au pouvoir ne doit pas lui donner de chèque en blanc pour qu’il puisse faire n’importe quoi. Il faut qu’il respecte le droit, y compris celui de son propre pays.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 9 janvier 2026)

Municipales 2026 : Propositions pour l’égalité réelle des personnes handicapées dans toutes les communes de France

Préambule

Alors que les communes préparent le dernier budget du mandat, ce sont plus de 7 milliards de coupes budgétaires en 2025, qui frappent tous les échelons de collectivités territoriales, depuis la commune jusqu’à la région et auront des répercussions profondes sur l’action publique dans tous les domaines. À croire, comme le dit si bien Philippe Rio, président de la Coop des Elu.e.s communistes, républicain.e.s et citoyen.n.es, que les idées de l’Argentin Milei ou d’Elon Musk ont infusé les esprits pour mieux détruire nos services publics.

À un an des élections municipales, alors que la marche à la guerre justifie tous les reculs sociaux, et que montent les extrêmes droites, la commission des droits des personnes handicapées énonce dans cette note des pistes de réflexion et des propositions-socle, dont l’ensemble des camarades, déjà en responsabilité et en renouvellement de mandat, ou candidat.es, ou encore militant.es, pourront s’emparer pour alimenter leur projet municipal sur la question des droits des personnes handicapées.

Car si « le handicap » n’est pas directement ou de façon universelle une compétence communale ou intercommunale, les personnes handicapées –qui comptent bien souvent parmi les plus pauvres et précarisé.es de nos villes et village– ont comme premier interlocuteur le ou la Maire. En cela, elles et ils ne différent guère des autres habitant.es !

Mais nos élu.es et futur.es élu.es doivent avant tout adopter une approche par les droits des personnes handicapées et lutter contre toutes les discriminations, y compris validistes, qui frappent leurs administré.es. C’est pourquoi nous préconisons des délégations « handicap » centrées sur la lutte contre les discriminations et les stéréotypes validistes. C’est déjà le cas à Bordeaux par exemple.

Il nous faut plus que jamais résister, expérimenter localement ce que pourrait être une société de l’humain d’abord, et répondre aux besoins sociaux et aux aspirations de nos concitoyens.nes handicapé.es à être partie intégrante de cette société. Démontrer que nous sommes et serons des élu.es aux côtés de toutes et tous, car nous portons un projet de société transformateur et non gestionnaire !

Enfin, n’oublions pas que les personnes handicapées peuvent être candidat.es et élu.es : trop peu nombreuses aujourd’hui au vu des obstacles (seulement une centaine, tous échelons confondus, dont une majorité au niveau municipal, selon le dernier décompte de l’étude HandiPpolitique), nous devons favoriser concrètement leur participation sur nos listes, en nombre mais aussi par des moyens leur permettant une participation pleine et entière.

Accessibilité universelle du bâti et de l’espace public

L’inaccessibilité de l’espace public est la cause première de l’exclusion des personnes handicapées dans nos villes et nos villages. L’accessibilité de tout à toutes et tous est la condition préalable de la citoyenneté des personnes handicapées mais l’action publique a été largement défaillante depuis 2005 pour remplir cette condition, et même depuis 1975, date de la première loi handicap : reports successifs, absence de planification et de financements suffisants, insuffisance de l’accompagnement technique, manque de contrôles et de sanctions…

Propositions

  • Ressusciter les Plans d’Accessibilité de la Voirie et de l’Espace public (PAVE) et les transformer en outils de planification à moyen et long terme (exemple de Valenton -94) des travaux d’aménagement de la voirie ;
  • Associer les Commissions communales et intercommunales d’accessibilité à cette programmation : au-delà des réunions obligatoires et attendues de ces instances, en élargir la composition à des usager.es pour s’appuyer sur leur expertise du quotidien et leur connaissance des cheminements dans les quartiers ;
  • La mise en accessibilité du domaine et des ERP publics doit être pensée de façon globale : continuité du cheminement sans obstacle ni détours inutiles et avec un repérage sensoriel facilité, espaces de repos et de calme.

Les événements temporaires ou ponctuels doivent être pensés pour être accessibles à toutes et tous, y compris les marchés alimentaires et marchés de Noël. Les dossiers d’autorisations de manifestations ou événements sur le domaine public peuvent inclure les niveaux requis en matière d’accessibilité (implantation, organisation, accueil du public, communication). Il convient aussi de ne pas négliger les parcs et jardins, les terrasses et les étalages, ainsi que de veiller à ce que les chantiers ne dégradent pas l’accessibilité et la sécurité de toutes et tous.

  • Accessibilité des ERP sportifs : stades, gymnases, piscines… doivent être accessibles mais également permettre réellement la pratique sportive des personnes handicapées. Conditionner les subventions des associations sportives à un accueil inconditionnel, proposer un bonus financier (exemple de Bordeaux : bonus PH, égalité femmes-hommes, QPV), les accompagner dans la formation de leurs dirigeants et éducateurs pour mener un projet associatif et sportif inclusif. Dans le cas de financements du sport au niveau professionnel, exiger un engagement exemplaire dans le cadre des missions d’intérêt général liées à ces financements ;
  • Accessibilité des ERP culturels : accessibilité des lieux, bien sûr, mais aussi des spectacles (audiodescription, LSF, surtitrage), de la pratique artistique et culturelle et de l’information (programmes en FALC et en gros caractères). Visibiliser les artistes en situation de handicap et s’assurer qu’ils prennent toute leur place dans la programmation des scènes municipales.

Exemple à Bordeaux : un programme universel, en FALC, de Nuit des musées ; résidence d’un artiste sourd avec aménagements, partage d’information entre les établissements culturels.

Le Maire étant consulté pour avis sur les dérogations à l’accessibilité des ERP par les services préfectoraux (Commission consultative de sécurité et d’accessibilité), une vigilance doit être de mise afin de d’éviter l’inaccessibilité sans justification réelle de certains ERP privés.

Logement

  • Susciter le recensement des logements sociaux accessibles par les bailleurs. C’est d’ailleurs une des missions des commissions intercommunales pour l’accessibilité.
  • Travailler avec les bailleurs pour améliorer leur taux de logements accessibles. Anticiper les aménagements accessibles ou facilement modulables dès la conception de nouveaux programmes. Cette réflexion n’amène pas forcément de surcoûts. Ils sont en tout cas bien moindres qu’en cas d’aménagements à réaliser a posteriori.
  • Mettre en place un contrôle de l’accessibilité des constructions neuves via les permis de construire (logements sociaux).
  • Ne pas oublier les aides financières à l’amélioration de l’habitat en matière d’accessibilité dans les programmes d’aide à la rénovation, trop souvent centrés sur la rénovation énergétique. Cela concerne aussi bien le handicap que les enjeux liés au vieillissement de la population.

Mobilités

  • Stationnement : veiller à la qualité d’usage des places réservées, créer des places accessibles avec bornes de recharge, faire respecter la loi de mars 2015 sur la gratuité par des démarches simples.
  • Proposer ou faire proposer des alternatives au vélo en libre-service : tandems, vélos adaptés.
  • Veiller à l’accessibilité du réseau de transports. S’appuyer, dans le cadre des CCA ou des CIA, sur les préconisations des associations et des usagers.
  • Veiller à la qualité et amplitude horaire des services de transport à la demande (ne pas exclure certaines personnes handicapées de ces services).
  • Créer des navettes municipales accessibles.

Services municipaux et vie citoyenne locale

  • Créer une fonction de médiateur municipal de l’accessibilité
  • Formation de l’ensemble des élus et des agents communaux à l’approche du handicap par les droits des personnes, ainsi qu’à l’accessibilité de la communication.
  • S’assurer que les enjeux liés au handicap et à l’accessibilité irriguent l’ensemble des politiques municipales et ne soient pas limités à la seule délégation de l’élu directement concerné. Le portage politique par le maire est primordial, afin d’en faire une priorité de l’action publique. Mettre en œuvre des organisations internes pour que ces enjeux soient portés en amont, lors de la définition et la conception des projets, et non pas comme trop souvent comme un sujet « en plus », souvent traité trop tard.
  • Élaborer une feuille de route pour le recrutement et l’avancement des agents handicapés – et rendre compte publiquement des résultats. Former régulièrement les encadrants chargés des recrutements, ainsi que les représentants du personnel. Mieux faire connaître les possibilités d’aménagements de postes. Créer un groupe de référents d’agents en situation de handicap pour recueillir leur expertise (exemple à Bordeaux et Bordeaux Métropole), tant pour proposer des aménagements en interne que pour irriguer les politiques publiques.
  • Communication de la ville : accessibilité numérique du site Internet, des applications, des plateformes de services (inscriptions), des publications de réseaux sociaux, des réunions publiques et instances municipales (y compris et même surtout les conseils de quartier). Pour rappel, l’obligation légale d’accessibilité numérique sera renforcée à partir du 28 juin 2025.
  • Ouvrir la ville aux établissements médico-sociaux présents sur son territoire ;
  • Veiller à l’accessibilité (au-delà du bâti) des bureaux et opérations de vote (braille, gros caractères), faciliter la participation d’assesseurs-seuses handicapé.es)

Exemple de Paris (liste d’émargement en gros caractères, étiquettes en Braille) et de Bordeaux (LSF pour un assesseur sourd à l’ouverture et fermeture d’un bureau de vote, FALC et vidéo explicative des opérations de vote).

  • Avoir 10 % de personnes handicapées sur nos listes municipales et créer les conditions de leur pleine participation à la campagne, comme à l’exercice du mandat. Les possibilités de financement de l’accessibilité comme de la compensation sont aujourd’hui très limitées dans les textes réglementaires mais nous devons faire preuve d’exemplarité dans les communes où nous sommes en responsabilité, et apporter notre soutien politique aux évolutions réglementaires et législatives nécessaires.

Enfance, scolarité

  • Proposer un accompagnement des parents faisant face à l’annonce d’un handicap ;
  • Mettre en œuvre des centres ressources pour les familles.
  • Travailler des dispositifs passerelles, notamment entre la crèche et l’école maternelle.
  • Accompagner les familles dans leurs démarches auprès de la MDPH, la notification des droits liés à l’enfance ayant le plus souvent les délais les plus longs.
  • Mettre en œuvre des relations de proximité entre services municipaux et représentants de l’Éducation nationale pour régler au plus vite les situations d’élèves avec notification d’aide humaine mais ne disposant pas d’accompagnant ou d’aménagements.
  • Programmer l’accessibilité universelle des établissements scolaires, des crèches, des lieux d’accueil de loisirs et des services à la jeunesse (y compris les sorties)
  • Proposer un accueil inconditionnel, avec accompagnement, de tous les enfants.

Accès aux droits

  • Accompagner les habitant.es handicapé.es dans leurs démarches auprès de la MDPH : pôle handicap du CCAS ou CIAS, conventionnement avec la MDPH.
  • Accueil et accompagnement accessible des CCAS et CIAS : permanences renforcées et accessibles.
  • Assurer un accueil permettant de faire connaître et mettre en relation avec les différents interlocuteurs (municipaux, institutionnels, associatifs).
  • Proposer des avances financières, en amont du versement des droits par le Département (PCH).
  • Accompagnement des aidant.es : information sur les réseaux d’acteurs, aides aux démarches, aide psychologique, mise en œuvre de dispositifs de répit.

Prades. Aude Vives : « Le seul constat est que Prades décline » (L’Indep)

Aude Vives, conseillère municipale et communautaire mais aussi vice-présidente du département en charge du tourisme, se lance officiellement dans la bataille. Après un premier mandat dans l’opposition, la quadragénaire espère bien faire valoir son expérience lors des élections qui se profilent les 15 et 22 mars 2026.

Aude Vives pourquoi vous présentez-vous ?

C’est tout simplement la continuité de mon engagement pour le territoire. J’ai envie de continuer à mettre mes compétences, mes connaissances et mon réseau au service de Prades. Il y a aussi un besoin de changement, c’est une demande de la part de nombreux Pradéens.

Aux précédentes élections, il y avait eu une alliance avec le candidat écologiste Nicolas Berjoan. En 2026, ce ne sera pas le cas avec David Berrué, pourquoi ?

J’ai envie de m’extraire des injonctions partisanes, de cette binarité qui enferme. C’est pour ça que notre liste « Pour les Pradéens » est sans étiquette et c’est pour ça aussi qu’il n’y a pas d’alliance avec un autre candidat. Lors des élections municipales, nous devons former une unité autour des Pradéens. Je n’ai pas envie d’attendre une réponse qui vienne de Paris ou d’où que ce soit, nous devons être maitres de nos décisions.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

C’est clairement un mandat subi, il n’y avait pas de projet. Le seul gros projet de la mandature est la reconstruction du centre technique municipal (NDLR, en partie détruit par l’incendie en juin 2023) qui va mettre a mal les finances de la commune. Il n’ya pas de bilan ! Le seul constat est que Prades décline.

Que faire alors pour inverser la tendance selon vous ?

Il faut revitaliser Prades dans son ensemble, le centre-ville mais également les quartiers. Il faut retisser du lien social, avoir des élus continuellement sur le terrain, disponibles et à l’écoute, qui répondent aux sollicitations. D’ailleurs, nous allons commencer avec d’ores et deja huit rendez-vous donnés aux Pradéens pour parler de la ville avec eux (première rencontre le samedi 10 janvier, 15h30, au square Henri-Lapassat). Le but et d’écouter leurs besoins, leurs préoccupations et leurs propositions.

Est-ce que vous avez déjà des projets qui émergent ?

Ce qui est sûr c’est qu’une remise à plat de la fiscalité s’impose. Nous subissons une pression fiscale trop forte. Nous souhaitons trouver d’autres recettes en cherchant des dispositifs, des subventions, des appels à manifestation d’intérêt.. En tout cas, tout nouveau projet ne pourra se faire qu’en informant et en expliquant afin d’impliquer davantage les Pradéens Aujourd’hui personne n’est au courant de rien. C’est fermé, à l’image de l’hôtel de ville qui est inaccessible. C’est un symbole mais il en dit tellement long. Nous voulons appliquer des méthodes de travail différentes. Ne pas prendre des décisions entre soi mais inclure les Pradéens.

Un mot sur le thème à la mode : la sécurité ?

Il faut évidemment lutter contre ce sentiment de peur. Mais cela se fera tout naturellement en ré-investissant le centre-ville, en s’occupant de la population en errance et en faisant en sorte que chacun trouve sa place.

Si vous êtes élue, serez-vous candidate à la présidence de la communauté de communes Conflent Canigó ?

Oui ! La Communauté de communes porte des compétences extrêmement importantes comme le développement économique ou encore l’enfance jeunesse. Il est important qu’une ville comme Prades soit fédératrice et que toutes les petites communes aient leur place dans cette structure. Ceci afin de développer des projets communs bénéfiques pour l’ensemble du territoire.

Un dernier mot sur Prades ?

On a un capital énorme à faire émerger et à valoriser, pour les Pradéens.

Recueilli par Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)

Barrages filtrants, contrôles des camions: la colère agricole de retour (L’Indep)

Des agriculteurs de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et de l’Aude devaient se mobiliser au rond-point de l’A9 de Perpignan Sud, dans la nuit. La Confédération paysanne et les syndicats des vignerons rejoindront le mouvement vers 7h du matin. Sur place, ils entendent opérer un barrage filtrant et procéder à des contrôles de camions. Pour éviter tout éventuel blocage de la circulation et notamment de l’autoroute, la préfecture a pris des mesures.

De plus belle. En 2026, les mobilisations reprennent et risquent de s’intensifier dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude. Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, une action était prévue en Pays catalan au rond-point du péage sud de Perpignan à l’initiative de la Coordination rurale de l’Hérault. Le syndicat convie ses confrères de l’Aude et du Pays catalan à les rejoindre pour une tentative de barrage filtrant et de contrôle de camion, dès 3h du matin. Le rendez-vous est fixé une heure plus tôt à Narbonne.

Cette mobilisation vise notamment à dénoncer l’accord de libre-échange UE-Mercosur, « la concurrence déloyale » ou encore la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Ça me parait compliqué de bloquer le péage du Boulou au vu des restrictions de circulations des tracteurs. Puis, je pense qu’on aura droit à un beau comité d’accueil sur place. Pour toutes ces raisons, l’action se déroulera à Perpignan Sud, au niveau du rond-point et non pas au Boulou comme prévu initialement », prévient Philippe Maydat, le président de la CR66.

La préfecture prend des mesures

De son côté, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé vouloir « éviter tout obstacle à la circulation et au fonctionnement de l’autoroute ». Des moyens seront engagés en ce sens. « Afin de prévenir les troubles à l’ordre public à l’occasion des mobilisations prévues les 7 et 8 janvier 2026, Pierre Régnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, a pris des mesures permettant de concilier l’exercice du droit de manifester avec les impératifs d’ordre public », peut-on lire dans une publication sur X de la préfecture. Ainsi, la circulation des véhicules agricoles est interdite, « hors motif légitime relevant de l’activité professionnelle », sur les routes départementales suivantes jusqu’à jeudi soir : RD900, RD618, RD900a, RD115, RD612, RD612a, RD66, RD117, RD916.

Intersyndicale

En parallèle, une intersyndicale réunissant la Confédération rurale 66 et la Confédération paysanne, le Syndicat des vignerons, les Jeunes Agriculteurs et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) s’est réunie récemment. L’objectif : programmer une action commune pour défendre les intérêts des agriculteurs. Nais il semblerait que la convergence des luttes en ait rebuté quelques-uns: la FDSEA et les JA.

Ce jeudi matin, vers 7h, toujours au péage de Perpignan Sud, la Conf’ et le syndicat des vignerons, « en tant qu’invité » précise son président David Drilles, se joindront aux manifestants de la CR 66, 11 et 34 déjà sur place. « L’idée serait de procéder à des contrôles de marchandises dans les camions pour montrer aux citoyens ce qu’ils consomment », annonce Mirabelle Lelièvre.

David Drilles déplore que la FDSEA et les JA fassent cavalier seul : « Finalement, ils vont faire leur propre action de leur côté alors qu’on aurait pu tous faire front commun pour défendre les agriculteurs, les viticulteurs. »

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs 66 qui ont décidé d’une action ce vendredi sous la forme d’un convoi depuis le péage sud de Perpignan jusqu’au péage nord de 9h30 à 10h30, avec « tracteurs, tractopelles, bennes remplies de végétaux, citernes ».

Driss Chaït (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)