Font-Romeu-Odeillo-Via. Mobilisation lycéenne : les élèves veulent se faire entendre (L’Indep)

Hier matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin figurait parmi les quelque 1800 établissements concernés par des mobilisations. Dès 8h, une centaine de lycéens s’est rassemblée pour un acte Ill de mobilisation, dans une ambiance à la fois revendicative et bon enfant.

Musique d’ambiance, partie de foot, créations de pancartes. Les lycéens de Font-Romeu étaient bien et mobilisés dès 8 heures du matin. La grève de certains agents Région notamment de la cantine en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles, a sans doute privé le mouvement d’ampleur. Même si la situation des lycéens est « loin d’être à plaindre, on demande des emplois du temps un peu allégés et être plus accompagnés », explique Matéo, élève de Terminale, « comme nous sommes le lycée le plus haut d’Europe, on a une chance d’être écoutés. On fait cette mobilisation en soutien à nos camarades des lycées du département et plus largement de France qui n’étudient pas dans de bonnes conditions. Nous faisons une mobilisation pacilique, l’intérêt est que tout se passe bien. On peut manifester dans le calme, le respect et la bienveillance », explique Matéo, élève de terminale. Plusieurs professeurs étaient aux côtés des lycéens mais également des étudiants Staps pour manifester leur soutien. « Nous sommes là en plein soutien de nos élèves. Je ne peux pas tolérer qu’on mutile des jeunes et qu’il y ait des grenades de désencerclement pour contrer des manifestations. Je pense que le combat élève professeur est le même. Parce que quand on méprise les professeurs, forcément, on méprise aussi les élèves. On dégrade aussi leurs conditions de travail », s’exprime Nathalie Culell, professeure au lycée.

ParcourSup dans la ligne de mire

Laurent Leygue, son collègue, renchéri : « il y a un manque de lisibilité par rapport au recrutement sur Parcoursup. En tant que professeur principal, il est tris difficile d’aiguiller les élèves parce qu’on ne sait pas quels sont exactement les critères de sélection. Avec notre spécificité géographique, étant sur l’Académie de Montpellier, nos élèves sont prioritaires sur Perpignan. Mais nous sommes plus proches de Toulouse que de Montpellier et nous sommes desservis par la SNCF avec Toulouse. Il serait logique que nous fassions partie de cette académie-là ». Dans la ligne de mire des élèves, c’est effectivement ParcourSup. Pour Marie et Lou, élèves en terminale, « même si nous sommes privilégiés, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas soutenir les autres lycées. Mais les injustices sur Parcoursup et par rapport au Bac, on les retrouve dans tous les lycées. Ce n’est pas du tout égalitaire. »

Lydie-Anne Lopez, professeur au lycée interroge : « Des la seconde, avec les choix de spécialité, nos enfants doivent déjà figer leur avenir, là où les générations précédentes avaient le temps de mûrir leurs projets jusqu’en termi-nale. Eux subissent une pression et un stress permanents avec l’instabilité comme méthode, sept ministres de l’Éducation nationale en dix ans! Des changements de programmes à répétition et des réformes appliquées dans la précipitation. Comment bâtir un système solide dans un tel désordre ? ».

Derrière les pancartes et les revendications, élèves et enseignants disent vouloir défendre une même idée : celle d’une école capable d’offrir aux jeunes les mêmes chances, quelles que soient leur origine géographique ou les conditions dans lesquelles ils étudient.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

« On est l’avenir de ce pays et on veut étudier dans de bonnes conditions » (L’Indep)

Hier dans la matinée, entre 1 800 et 2 500 personnes ont défilé à l’appel des lycéens et des étudiants entre l’université de Perpignan et le Castillet Syndicalistes, parents et militants associatifs ou politiques étaient également au rendez-vous.

Si quelques incidents se sont déroulés dans l’après-midi sur fond de mobilisation lycéenne, la manifestation unitaire de ce mardi matin, qui a réuni autour de 2 000 personnes entre le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy) et le Castillet, s’est déroulée dans le calme.

Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les moyens. Entre les syndicalistes et les étudiants, près d’une centaine de personnes composait le service d’ordre. Du côté des jeunes organisateurs, la satisfaction était de mise à l’issue du défilé. « Nous avons réussi à faire ce que nous voulions faire. Il n’y a eu ni problèmes avec les casseurs, ni affrontements avec la police pendant la manifestation », se réjouit Alban, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne et élève à Jean-Lurcat. Le président du mouvement étudiant local Union progressiste, Gabriel, se déclare également « satisfait de la mobilisation ». Tout comme le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, qui a dénombré 2 500 participants, la préfecture en ayant pour sa part recensé 1 800.

Comme promis, des parents d’élèves étaient également au rendez-vous ce mardi à 9h30 devant l’entrée principale de l’université. « Lors des précédentes journées de mobilisation, ma fille, qui est à Lurçat, a fait l’expérience des coups de matraque et des gazages. Je suis là pour essayer de faire barrage autant que possible aux violences », explique par exemple Stéphane, 56 ans. « Les lycéens ont raison sur le manque de moyens matériels et humains dans l’Éducation nationale. Il faut qu’il y ait une écoute des pouvoirs publics. »

Audrey, 46 ans, dont le fils est également scolarisé à Lurçat, partageait le même état d’esprit : « Nous sommes là pour aider nos enfants à faire face aux violences policières, pour essayer de calmer le jeu avec la police et soutenir leur mouvement, qui est légitime. Les conditions dans lesquelles on les fait étudier sont lamentables. Il y a trop d’élèves par classe, les locaux sont trop souvent en mauvais état et les plannings sont surchargés. »

Autres nouveaux venus dans le mouvement, les étudiants partagent également les revendications des lycéens. Et pour cause : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux leurs. « Nous aussi, nous voulons plus de moyens pour l’éducation », résume Maël, 19 ans, étudiant en sociologie. « Nous sommes l’avenir de ce pays et nous souhaiterions pouvoir étudier dans de bonnes conditions, pas dans des salles insalubres. »

Mathis, 21 ans, en troisième année d’histoire, confirme : « Dans l’amphi 4, par exemple, lorsqu’il pleut, une partie de la salle est inondée. C’est inacceptable. Et ça fait des années que ça dure. »

Les étudiants pointent également du doigt la limitation du nombre de repas servis au restaurant universitaire, ainsi que le manque de logements en cité U. Et la liste est encore loin d’être exhaustive. « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a rien à dire, tient à préciser Camille, une étudiante en histoire de 23 ans. Nous sommes légitimes à être dans la rue. Nous sommes là pour montrer qu’une manifestation peut être pacifique. Les casseurs, ça dessert plus la cause qu’autre chose. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

Prades. Petite mobilisation lycéenne et parents vigilants (L’Indep)

« Le bac, pas la bac », « désolée pour le dérangement, j’essaie de sauver mon avenir »… Les lycéens avaient une nouvelle fois fait parler leur créativité pour trouver des slogans percutants. À Prades, comme partout ailleurs en France, ils occupaient l’entrée de leur établissement pour dénoncer notamment le manque de moyens mis disposition. Des parents d’élèves étaient également mobilisés « pour soutenir les revendications et la liberté d’expression des élèves ». Des parents qui souhaitaient en même temps contribuer à prévenir les éventuels débordements et violences.

Ph. C. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Étudiants, parents et syndicats au soutien des lycéens (L’Indep)

Ce mardi 6 octobre 2026, l’Union syndicale lycéenne (USL) et le mouvement étudiant Union progressiste appellent à manifester à partir de 9h30 au départ du campus principal de l’université de Perpignan. Après la CGT, la FSU et Solidaires, le syndicat FO et la Féderation des conseils de parents d’élèves (FCPE) apportent leur soutien à la mobilisation.

Les étudiants perpignanais sont dans les starting-blocks. Ce lundi, sur les coups de 17h, l’assemblée générale que le mouvement étudiant Union progressiste et l’Union syndicale lycéenne ont réunie à l’université pour préparer leur manifestation commune de ce mardi a rassemblé environ 70 personnes. À cette occasion, les organisateurs, qui tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions d’apprentissage et réclament des moyens pour l’enseignement public, ont notamment dévoilé le parcours prévu : avenue Paul-Alduy, rue du Pontet-de-Bages, avenue Pierre-Cambres, puis boulevards Briand, Anatole-France, Bourrat et Wilson, pour terminer au pied du Castillet.

En parallèle, les soutiens à l’initiative continuaient d’affluer. Vendredi der-nier, trois syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires, avaient déjà annoncé qu’ils appelaient à la grève ce mardi 6 octobre afin de soutenir le mouvement des jeunes. Dans le courant du week-end, la fédération FO de l’Éducation (Pnec-FO) s’est rajoutée à la liste.

« Les revendications des lycéens sont également celles des personnels de l’Éducation nationale. Les lycéens veulent un avenir, des profs, des locaux corrects et adaptés aux conditions climatiques, des emplois du temps respectueux de leur santé, des manuels scolaires et des moyens pour l’école », estime la Fnec qui appelle elle aussi à se mettre en grève et a rejoindre le cortège qui partira ce mardi de la fac. Le secrétaire de l’union départementale FO, Jérôme Capdevielle, renchérit : « Nous restons en soutien. Nous ne sommes pas organisateurs de cette manifestation. Nous ne voulons pas de récupération du mouvement étudiant, mais nous serons là si besoin ».

La Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66) invite elle aussi ses membres à marcher avec les lycéens et étudiants ce mardi. « Nous appelons à manifester, mais aussi à encadrer la mobilisation, à être auprès des lycéens pour faire tampon, pour servir d’interlocuteurs entre les jeunes et les forces de l’ordre et faire en sorte que tout se passe dans la sérénité et le calme, résume le président de l’association, Rémy Landri. Les lycéens portent les revendications de l’ensemble de l’enseignement public. Il faut qu’ils trouvent une écoute ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Des centaines de lycéens dans la rue, hier

Les lycéens ne se démobilisent pas. Ce lundi, en milieu de matinée, les élèves grévistes des établissements perpignanais (Picasso, Maillol, Arago, Lurçat…) se sont, comme jeudi et vendredi derniers, rejoints vers 10 heures devant le lycée Arago pour ensuite partir en manifestation dans les rues de la ville.

Cette fois, ils se sont dirigés vers le lycée Maillol en traversant le centre-ville puis le pont Joffre dans le calme. Le cortège était composé de plusieurs centaines de personnes. Une fois arrivés à Maillol, aux environs de midi, les élèves se sont rassemblés devant l’établissement, où plusieurs fumigènes colorés ont été allumés.

Selon nos informations, la police aurait procédé ce lundi à une dizaine d’interpellations et placé six personnes en garde à vue pour des faits commis en marge du mouvement, essentiellement dans le secteur du lycée Maillol. Le cortège en route vers le lycée Maillol.

A. A. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Manifestations lycéennes. Lecornu tente d’éteindre le feu (L’Indep)

À la veille d’une grève dans la fonction publique ce mardi, le Premier ministre a chargé son gouvernement de répondre aux revendications.

1 La feuille de route de Sebastien Lecornu

Le Premier ministre Sébastien Lecomu a annoncé, dimanche, transmettre à son gouvernement une « feuille de route » autour de cinq chantiers : les absences longues d’enseignants, l’adaptation aux fortes chaleurs, la longueur des journées, l’orientation via Parcoursup, le dialogue avec les lycéens. Il s’entretiendra en visioconférence avec les présidents de Région, ce mardi, rappelant que les bâtiments dépendent deux.

Il réclame à ses ministres des propositions d’améliorations de Parcoursup d’ici à la fin octobre. Il demande également que les cours reprennent « partout où les conditions de sécurité le permettent, « dès ce lundi ».

2 400 à 500 lycées peut-être fermés

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé, dimanche, sur France 2 et France Inter, que 400 à 500 établissements scolaires seront totalement ou « partiellement » fermés ce lundi.

Il a précisé que vingt-quatre établissements avaient été « incendiés ou saccagés ». « Il y a des militants, notamment d’ultra-gauche, qui ont infiltré le mouvement, qui en ont dépossédé les lycéens et qui ont été extrêmement violents », a-t-il poursuivi. « Très clairement, ça fait aussi courir un risque, et à nos personnels, et à nos élèves. »

3 « Un gouvernement aux abois »

La fermeture des lycées est contestée par des syndicats enseignants. La stratégie aurait pour but, selon eux, de tuer dans l’œuf la dynamique lycéenne.

Selon le Snes-FSU, « le gouvernement a fait le choix de répondre par la force et la répression policière ». Le syndicat y voit la réponse d’un « gouvernement aux abois ». Le Snes-FSU considère les revendications « légitimes : elles rejoignent d’ailleurs celles que nous avons exprimées dans de nombreuses mobilisations, ces dernières années ».

La grève programmée ce mardi dans la fonction publique devrait être l’occasion de réunir les forces contestataires, sur fond de « convergence des luttes », espèrent certains.

4 Mise en examen a Marseille

Un mineur de quinze ans et demi a été placé en détention provisoire à l’issue de sa mise en examen pour « acte de barbarie », commis le 1er octobre à Marseille, a annoncé, dimanche, le parquet. Placé en garde a vue, il a reconnu les faits et exprimé des regrets, ajoute le parquet. Une femme de 40 ans avait tenté d’intervenir alors que des jeunes voulaient briser un abribus. L’un d’eux avait projeté un spray enflammé sur son visage.

Un lycéen de 16 ans a par ailleurs été arrêté, dimanche matin, et placé en garde à vue dans l’enquête sur l’agression d’un professeur, aspergé d’essence, vendredi à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône.

5 Policier frappe : deux gardes à vue

Deux personnes ont été placées en garde à vue, à Belfort, ce dimanche. Un policier avait tenté d’interpeller un homme près d’un ruisseau. Il a ensuite été roué de coups. Le procureur a démenti des affirmations sur les réseaux sociaux selon lesquelles il aurait mis la tête du jeune homme sous l’eau L’interpellé a porté plainte pour tentative de meurtre.

Une autre image a fait le tour des réseaux : l’homme en civil apostrophé au milieu des lycéens par le député européen Anthony Smith (LFI), à Reims, après avoir lancé un projectile, était bien un policier, a confirmé le procureur, dimanche… Mais le magistrat ne conclut pas à une attitude répréhensible.

L’Indépendant, le 5 octobre 2026

Reçus par le ministre, les lycéens appellent à poursuivre le mouvement (L’Indep)

Vendredi, plus de 700 établissements ont été touchés et de nombreuses scènes de violences recensées.

Les représentants des lycéens estiment ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes », à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, vendredi, et appellent à poursuivre le mouvement mardi 6 octobre, appuyés par une intersyndicale de l’éducation et des organisations étudiantes.

Les lycéens dénoncent des conditions d’enseignement dégradées et réclament, notamment, des recrutements massifs d’enseignants et une rénovation des bâtiments. Édouard Geffray leur a, notamment, promis, vendredi, un travail sur les rythmes scolaires et une plateforme de concertation pour recueillir leurs doléances. Un « écran de fumée », selon les syndicats lycéens, qui maintiennent la pression sur l’exécutif mais se désolidarisent des actes de violences.

Trois personnels de l’Éducation en ont encore été victimes, vendredi, contre 31 la veille. À La Ciotat, « un enseignant a été aspergé d’essence volontairement, puis agressé physiquement par deux individus », selon les autorités, citées par Le Monde. À Tours, un lycéen de 16 ans, blessé mercredi, a perdu T’usage de son œil droit, avec des lésions « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD », selon le parquet. Une lycéenne de 16 ans a été légèrement brûlée devant le lycée Louis-Feuillade à Lunel (Hérault), après l’explosion d’un aérosol près d’un feu. À Belfort, c’est un commandant de police qui a été roué de coups en marge d’une manifestation lycéenne.

1 747 interpellations

Des « violences urbaines » ont été recensées, vendredi, aux abords de 158 établissements, a précisé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. 1 747 interpellations ont eu lieu au cours de la jouée (contre un peu moins de 2 000 la veille). Le fonctionnement de 735 établissements, dont une petite centaine de collèges. a été perturbé dans le même temps, « soit 30 % de moins » que la veille, selon Édouard Geffray. Une colère lycéenne qui a, une nouvelle fois, largement résonné en Occitanie, dans l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées Orientales ou encore l’Aveyron.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications, tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle.

Jeudi, l’entourage de Sébastien Lecornu a imputé l’origine du mouvement à « LFI et ses proxys de l’ultra gauche », pointant, là aussi, un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », sur la base d’informations des services de renseignement. Le coordinateur du mouvement d’extrême gauche, Manuel Bompard, renvoie, lui, la responsabilité de la fronde lycéenne sur l’exécutif, pointant la suppression « des postes d’enseignants, de surveillants, des équipes éducatives ».

Dans une interview au Parisien publiée en ligne vendredi soir, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche, appelle pour sa part le gouvernement à « cesser de réprimer » la colère des lycéens. Amnesty international et le Syndicat de la magistrature dénoncent, eux aussi, un usage disproportionné de la force. Tandis que Gérald Darmanin pointe du doigt les parents. Le garde des Sceaux demande aux procureurs de requérir leur responsabilité civile pour leur faire payer la facture des dégâts commis par leurs enfants.

L’Indépendant, le 3 octobre 2026

Blocage des lycées : les élèves de Font-Romeu solidaires (L’Indep)

Les lycéens Cerdans ont filtré l’entrée du lycée Pierre-de-Coubertin ce vendredi matin.

« Même combat, même galère, même solidarité ». Les lycéens romeufontains se sont eux aussi mobilisés. « On est privilégiés, nous en avons conscience mais nous soutenons nos camarades » explique Matéo, l’un des manifestants. Sur leur tract les étudiants demandent, « plus de moyens pour nos lycées, des équipements dignes, des personnels en nombre et un avenir pour tous les élèves. » Un peu plus d’une centaine d’élèves était réunie devant l’établissement, ne bloquant que les lycéens et laissant passer les collégiens. Aucun débordement n’était constaté dans la matinée.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Blocage des lycées : cinq policiers et des lycéens blessés à Perpignan (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce vendredi 2 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a fait le point, hier, en début de soiré, sur les « débordements inacceptables » qui ont eu lieu.

Après une première journée mouvementée jeudi 1er octobre, celle de vendredi l’a été tout autant, voire davantage. En effet, dans un communiqué publié hier, en début de soirée, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé l’arrestation de 28 personnes dans le cadre de la mobilisation lycéenne, après des mouvements qui « ont connu des débordements inacceptables ».

« Aucune revendication ne justifie toutefois la violence et les débordements qui ont eu lieu aujourd’hui », a ajouté le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Ce dernier a fait état d’actes de violence durant la journée et de jets de projectiles, « dont des cocktails molotov ». Cinq membres des forces de l’ordre ont ainsi été blessés, et des lycéens. « Nous avons également constaté des dégradations de biens, notamment d’abribus, et des vols », a-t-il poursuivi.

« Les revendications portées par les lycéens méritent d’être entendues et discutées. A cette fin, je participerai, avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale, aux conseils de vie lycéenne qui se réuniront dans les prochains jours », a indiqué le préfet, réaffirmant dans la foulée son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. Il condamnait aussi, « avec fermeté », les débordements constatés et rappelait qu’ils sont susceptibles « d’engager les responsabilités disciplinaire et pénale des élèves impliqués, ainsi que celles de leurs parents. »

Des gardes à vues et des confrontations

En fin d’après-midi, hier, le parquet de Perpignan aussi communiqué sur le sujet. Ce dernier a fait état d’une douzaine de gardes à vue en cours, de trois mineurs qui vont être déférés ce samedi en vue d’un placement sous contrôle judiciaire et enfin un majeur qui sera « déféré en vue d’une convocation par procès-verbal (CPPV) avec un placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une dégradation d’abri bus ».

Plus tôt dans la journée, des confrontations avec les policiers ont également été constatées au niveau de l’avenue Victor Dalbiez (quartier Saint-Martin) où des mineurs ont été arrêtés. Des fumigènes ont été tirés par les agents présents sur place afin de disperser des lycéens, dont certains se sont dirigés vers le parking du Leclerc Sud pour échapper aux fumées.

Enfin, des dégradations ont été constatées sur des conteneurs à poubelles qui ont été enflammées sur l’avenue Victor Dalbiez, dans le quartier Saint-Martin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour éteindre les flammes.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Lycéens et étudiants appellent à manifester mardi

Les étudiants sont sur le point d’entrer dans la danse à Perpignan. Ce vendredi 2 octobre 2026, l’antenne locale de l’organisation Renouveau syndical, issue d’une scission de l’Unef, a annoncé qu’elle appelait à manifester ce mardi conjointement avec l’Union syndicale lycéenne (USL). Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy).

« Nous rejoignons le mouvement national », confirme Gabriel, le président de l’antenne du Renouveau syndical, mieux connue localement sous le nom d’Union progressiste. « Nous organiserons une assemblée générale ce lundi à 17 heures sur le campus du Moulin-a-Vent pour coordonner la mobilisation du lendemain. L’objectif sera notamment d’éviter qu’il y ait des casseurs qui nuisent au mouvement et masquent les revendications. »

Comme les lycéens, les étudiants réclament une augmentation des moyens alloués à leurs établissements. « Nous avons besoin de plus de profs, de plus de salles », résume Gabriel. A Perpignan, « il y a des salles où il y a de l’amiante et qui sont fermées. Du coup, on se retrouve à 50 en travaux dirigés alors qu’on devrait être 15 ».

L’Union progressiste demande aussi la rénovation thermique des bâtiments, la suppression de la jauge qui limite le nombre de repas pouvant être servis au restaurant universitaire, ou encore l’augmentation des bourses et des aides personnelles au logement (APL).

La mobilisation de mardi bénéficie également du soutien de trois syndicats de salariés : la CGT, la FSU et Solidaires, qui appellent à la grève ce jour-là. « Nous soutenons cette mobilisation car les revendications des lycéens et des étudiants sont les mêmes que celles que l’on porte. Ils dénoncent eux aussi le manque de moyens et la dégradation des services publics », explique le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Notre objectif n’est pas de récupérer le mouvement. Nous serons là uniquement en soutien » Notamment pour sécuriser la manifestation et faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

La fronde lycéenne se durcit, le mouvement gagne les universités (L’Indep)

Plus de 400 établissements scolaires fermes ce vendredi. Des élèves et parents reçus par le ministre.

Le mouvement de contestation des lycéens se durcit en France, où blocus, violences et dégradations se multiplient dans des centaines d’établissements, une fronde tous azimuts qui a gagné, jeudi, les universités, avec une trentaine de blocages revendiqués par l’Union étudiante.

Face à la dégradation de la situation, les services de renseignement français ont imputé « l’origine du mouvement » à « LFl et ses proxys de l’ultragauche », pointant un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », a fait savoir l’entourage de Sébastien Lecomu après la cellule interministérielle de crise convoquée par le Premier ministre.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu sur le plateau du JT de 20 Heures de France 2 que le « mouvement a changé de nature ». « Vous avez souvent des groupuscules d’ultragauche qui aujourd’hui ont des comportements violents et mettent en péril la santé de nos élèves et de nos personnels », a-t-il déclaré, faisant état de 65 membres du personnel et 170 élèves blessés et indiquant qu’un peu plus de 400 établissements scolaires resteront fermés ce vendredi. Le ministère de l’Intérieur a annoncé 1 949 arrestations, ce jeudi en France, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, violences et attroupements. En Île-de-France, la facture des dégradations s’établit à ce stade « à plus d’un million d’euros », indique la Région.

« Interdiction de LFI »

Dans les Bouches-du-Rhône, la Régie des transports métropolitains (RTM) de Marseille a décidé d’interrompre l’intégralité des transports en commun compte tenu, précise-t-elle dans un communiqué, « des déprédations et des agressions de conducteurs avec blessés intervenus ce matin sur le réseau bus ».

Un incendie s’est déclaré dans le lycée Nelson-Mandela de Nantes, dans le lycée Blaise-Pascal de Rouen et des faits similaires sont rapportés à Rennes, Toulouse où des heurts ont été signalés entre manifestants et forces de l’ordre. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni en visioconférence, jeudi après-midi, les procureurs généraux pour organiser la réponse pénale consécutivement aux interpellations.

Édouard Geffray a annoncé, lui, sur le réseau social X, qu’il recevrait ce vendredi « les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne ».

Les élèves qui manifestent, avec l’appui de l’Union syndicale lycéenne (USL), dénoncent une dégradation des conditions d’apprentissage, avec notamment des classes surchargées et un manque de professeurs.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement gagne chaque jour en importance, prenant de cout le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle. L’Union syndicale lycéenne, par la voix de son président Ryad Rani, déclare se mobiliser contre la « violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans ». Prenant pour cible Emmanuel Macron, au pouvoir depuis mai 2017. Le chef de l’État a dit mercredi comprendre et entendre les « angoisses » et les « colères » de la jeunesse tout en condamnant le recours à la violence.

Dans ce qu’elle présente comme l’acte Il de sa mobilisation, l’USL a reçu le soutien de l’Union étudiante, qui entre à son tour dans la contestation pour réclamer notamment un « financement massif » des lycées et des universités. L’Unef appelle également les étudiants à manifester contre la suppression de places dans les facultés et le gel des aides personnelles au logement (APL), mesure inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027.

L’Union étudiante recensait « près d’une trentaine de blocages » jeudi matin sur les campus, à Paris (Paris Cité, Sorbonne-Université entre autres) mais aussi à Strasbourg, Montpellier, Lyon, Rennes, notamment. Une contestation dont s’empare la classe politique à l’approche de l’élection présidentielle. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, pointe « l’irresponsabilité du gouvernement ».

Marine Le Pen (RN) accuse Jean-Luc Mélenhon (LFI), de porter une « lourde responsabilité », en soufflant sur les braises de la contestation des lycéens. Bruno Retailleau (LR) estime, lui, que la question se pose d’une « interdiction de LFI ». « Ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait, ils organiseraient une insurrection dans le pays », assure-t-il.

Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, pointé du doigt par l’exécutif et la droite pour avoir déclaré mardi, que la violence « peut être légitime », a maintenu jeudi ses propos sur France Info, tout en appelant à « l’apaisement ».

L’Indépendant, le 2 octobre 2026

Céret. Blocus des lycées : mobilisation de 150 à 200 lycéens (L’Indep)

Comme quasiment partout en France, 150 à 200 lycéens ont manifeste ce jeudi devant le lycée Déodat de Séverac à Céret. Ils revendiquent de « meilleures conditions de travail », Le local poubelle de la piscine municipale voisine a été incendié.

Céret n’a pas échappé à la mobilisation des lycéens ce jeudi. Alors que plus de 350 établissements, rejoints par certaines universités étaient bloqués ou perturbés, parfois violemment en France, 150 à 200 élèves ont manifesté devant le lycée Déodlat de Séverac. Désorganisés mais déterminés, les lycéens ont tenté de bloquer l’accès à l’établissement, avant de faire entendre leur colère tout autour, notamment devant le collège voisin et sur le site de la piscine municipale, causant un incendie dans le local poubelle qui a nécessité l’intervention des pompiers en fin de matinée. Une intervention déterminante pour éviter une propagation aux bonbonnes de gaz et réserves de chlore stockées à côté. Des compteurs électriques ont été détruits. Personne n’a été blessé.

La rumeur de cette mobilisation bruissait dès la veille sur les réseaux sociaux. Conséquence, un dispositif de sécurisation de l’établissement par la gendarmerie, appuyée par la police municipale, avait été mis en place dès 7h30, permettant l’accès au lycée pour les élèves et les personnels. Un peu plus tard, 150 à 200 lycéens ont donc pris position devant le portail d’entrée, toujours protégé par les forces de sécurité.

Une mobilisation sans véritable organisation ni leader, mais reprenant à son compte les revendications nationales devenues comme contagieuses. « Nous manquons de professeurs », assurait ainsi Nathanaël. « Dans ma section, nous n’avons pas de prof
de transport depuis le début septembre »
. Au milieu des jets de pétards, de quelques poubelles renversées et de face a-face contenus avec les forces de l’ordre, Priscilla regrettait « des journées de classe trop longues. Certains jours nous sommes là de 8 heures à 18 heures ».

Plus concerné par la contagion du mouvement, un groupe de jeunes filles revendique « sa solidarité avec le mouvement national. C’est un combat collectif et nous sommes solidaires de tous les lycéens blessés ou malmenés alors qu’ils ne font que dire notre malaise ».

Dans un bruyant méli-mélo de revendications s’invitait aussi « le manque de temps pour manger à la cantine » ou des « classes surchargées ». « Nous sommes 35 dans la classe, c’est beaucoup trop », pointaient deux jeunes élèves. Dans l’après-midi, la mobilisation a perdu en intensité.

Un acte 2 ce vendredi ?

« Ce sont des revendications déclinées en fait à l’échelle nationale », réagit Anne Auclair. La proviseure de Déodat de Séverac précise « qu’il ne manque pas de professeur en longue durée dans notre établissement. Les profs absents sont remplacés ». Selon d’autres sources, les journées de 8h à 18h ne concernent qu’une classe à plusieurs options et « pas tous les jours ». Rares seraient les classes surchargées à plus de 30 élèves. Quant à la cantine, « c’est un self quasiment neuf ».

À Céret, plusieurs interpellations ont eu lieu avec remises en liberté et convocation à venir devant la justice pour « violences et tentatives de dégradations ». Cette mobilisation lycéenne pourrait se poursuivre ce vendredi en Vallespir

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)