Hier matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin figurait parmi les quelque 1800 établissements concernés par des mobilisations. Dès 8h, une centaine de lycéens s’est rassemblée pour un acte Ill de mobilisation, dans une ambiance à la fois revendicative et bon enfant.
Musique d’ambiance, partie de foot, créations de pancartes. Les lycéens de Font-Romeu étaient bien et mobilisés dès 8 heures du matin. La grève de certains agents Région notamment de la cantine en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles, a sans doute privé le mouvement d’ampleur. Même si la situation des lycéens est « loin d’être à plaindre, on demande des emplois du temps un peu allégés et être plus accompagnés », explique Matéo, élève de Terminale, « comme nous sommes le lycée le plus haut d’Europe, on a une chance d’être écoutés. On fait cette mobilisation en soutien à nos camarades des lycées du département et plus largement de France qui n’étudient pas dans de bonnes conditions. Nous faisons une mobilisation pacilique, l’intérêt est que tout se passe bien. On peut manifester dans le calme, le respect et la bienveillance », explique Matéo, élève de terminale. Plusieurs professeurs étaient aux côtés des lycéens mais également des étudiants Staps pour manifester leur soutien. « Nous sommes là en plein soutien de nos élèves. Je ne peux pas tolérer qu’on mutile des jeunes et qu’il y ait des grenades de désencerclement pour contrer des manifestations. Je pense que le combat élève professeur est le même. Parce que quand on méprise les professeurs, forcément, on méprise aussi les élèves. On dégrade aussi leurs conditions de travail », s’exprime Nathalie Culell, professeure au lycée.
ParcourSup dans la ligne de mire
Laurent Leygue, son collègue, renchéri : « il y a un manque de lisibilité par rapport au recrutement sur Parcoursup. En tant que professeur principal, il est tris difficile d’aiguiller les élèves parce qu’on ne sait pas quels sont exactement les critères de sélection. Avec notre spécificité géographique, étant sur l’Académie de Montpellier, nos élèves sont prioritaires sur Perpignan. Mais nous sommes plus proches de Toulouse que de Montpellier et nous sommes desservis par la SNCF avec Toulouse. Il serait logique que nous fassions partie de cette académie-là ». Dans la ligne de mire des élèves, c’est effectivement ParcourSup. Pour Marie et Lou, élèves en terminale, « même si nous sommes privilégiés, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut pas soutenir les autres lycées. Mais les injustices sur Parcoursup et par rapport au Bac, on les retrouve dans tous les lycées. Ce n’est pas du tout égalitaire. »
Lydie-Anne Lopez, professeur au lycée interroge : « Des la seconde, avec les choix de spécialité, nos enfants doivent déjà figer leur avenir, là où les générations précédentes avaient le temps de mûrir leurs projets jusqu’en termi-nale. Eux subissent une pression et un stress permanents avec l’instabilité comme méthode, sept ministres de l’Éducation nationale en dix ans! Des changements de programmes à répétition et des réformes appliquées dans la précipitation. Comment bâtir un système solide dans un tel désordre ? ».
Derrière les pancartes et les revendications, élèves et enseignants disent vouloir défendre une même idée : celle d’une école capable d’offrir aux jeunes les mêmes chances, quelles que soient leur origine géographique ou les conditions dans lesquelles ils étudient.
Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)
