Quatre lycées bloqués à Perpignan : ce que veulent les jeunes (L’Indep)

Hier, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassembles en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Ils se sont ensuite rejoints en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

« Désolé du dérangement. On essaie juste de sauver notre avenir. » La pancarte placardée sur le portail du lycée Lurçat résume bien l’état d’esprit des jeunes perpignanais. Ce jeudi, ces derniers ont fait entendre leur colère dès l’aube. Des rassemblements d’élèves se sont formés simultanément devant Lurçat, Picasso, Maillol et Arago au petit matin. Objectif : mettre en place des « blocus » afin de dénoncer une dégradation des conditions d’apprentissage et de réclamer des moyens supplémentaires pour l’éducation.

« Nous sommes là depuis 7h10 », indiquait dans la matinée, Alban, 16 ans, rétérent fédéral de l’Union syndicale lycéenne (USL), mobilisé devant Lurçat. « Nous avons laissé entrer les élèves qui le souhaitaient, mais beaucoup ont préféré rester avec nous. » Ici, la mobilisation s’est globalement déroulée dans le calme.

Vers 9h20, des élèves du lycée voisin de Picasso, dont certains faisaient état d’accrochages avec les forces de l’ordre devant leur établissement, ont rejoint leurs homologues de Lurçat. Puis se sont mis en route avec une partie d’entre eux vers le lycée Arago, en centre-ville. Tout comme le faisaient en parallèle les élèves de Maillol, où des heurts avec la police se sont également déroulés lors du blocus, entrainant une suspension des cours pour la journée. Le cortège ainsi formé s’est ensuite rendu devant le lycée privé Bon Secours, dans les environs duquel un conteneur à poubelles a été incendié, puis devant Marillac, où une adolescente de 16 ans a été blessée, vraisemblablement par un jet de pavé. Les jeunes se sont ensuite dirigés vers le cœur de ville (Castillet, place de la République) pour y poursuivre leur manifestation improvisée.

Beaucoup d’élèves interrogés classent en tête de leurs revendications les journées trop longues (le « 8 heures-18 heures ») et les problématiques d’emploi du temps liées à la récente réforme du lycée. « Cette réforme a engendré des trous non aménageables dans les emplois du temps », explique Alban. « Le jeudi et le vendredi, j’ai des trous de 3 heures au milieu de la journée. Soi-disant, ce sont des créneaux pour les élèves qui font allemand, sauf que nous n’en avons pas dans la classe ! Ce serait au cas où il y en ait qui arrivent en cours d’année », croit savoir Charlize, 16 ans, en première à Picasso.

La « surcharge » des classes liée au manque de profs et le non-remplacement des enseignants absents reviennent également souvent. « Depuis la rentrée, je n’avais pas eu de prof de français jusqu’à hier, alors que j’ai le bac à la fin de l’année », déplore par exemple une élève de première de Lurçat. « 35 par classe, c’est trop. Les professeurs n’ont pas le temps de suivre les difficultés de chacun », renchérit Marie, 16 ans, scolarisée en première à Picasso. « Nous, à Arago, on peut avoir des classes à plus de 40 élèves », assure une élève de terminale de l’établissement. « Il y a aussi le prix de la cantine. C’est 4,60 euros par jour. Des fois, des élèves sautent des repas parce que c’est trop cher: De plus, nous n’avons qu’une heure pour manger. Il y a des files d’attente gigantesques, ce n’est plus possible. »

L’état du bâti scolaire et la chaleur dans les classes font également partie des principaux mots d’ordre. « Dans les salles de classe, il fait super chaud. Et certaines sont dans un état lamentable », estime ainsi Liam, 18 ans, scolarisé en BTS à Picasso. « En carrosserie par exemple, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le plafond et ça fait d’énormes flaques. »

Sur le volet revendicatif, le préfet des Pyrénées-Orientales annonce que « les conseils de la vie lycéenne et/ou les conseils d’administration des lycées concernés vont être réunis dans les tout prochains jours, pour créer l’occasion d’échanges constructifs avec les représentants des lycéens ». Du côté des élèves, certains évoquaient hier une poursuite du mouvement ce vendredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)

Communiqué de presse du Mouvement des Jeunesses communistes du 66 en solidarité avec le mouvement lycéen

Plus de 1000 lycéennes et lycéens ont organisé des blocus dans leurs établissements, suivi d’une grande manifestation en plein centre-ville de Perpignan.

Leurs revendications étaient claires : plus de moyens pour l’enseignement public, plus de professeurs, de meilleures conditions pour s’instruire et obtenir un avenir.

Évidemment les Jeunes Communistes soutiennent pleinement ces mobilisations, contrairement à ceux qui pensent que des lycéens qui veulent étudier mieux sont un danger pour la société et « devraient se taire ».

Ils seront à leur côté par conviction et solidarité.

Perpignan, le 1er octobre 2026

Plus de 1 500 manifestants pour les services publics, les lycéens en force (L’Indep)

Hier, huit syndicats appelaient à battre le pavé dans toute la France afin de réclamer plus de moyens pour les services publics. A Perpignan, entre 1 500 et 2 000 personnes ont manifesté en fin de matinée. Surprise du jour : un groupe de plus d’une centaine de lycéens a rallié le cortège au dernier moment.

La mobilisation est passée entre les gouttes. Malgré la pluie intermittente qui est tombée ce mardi matin sur Perpignan, ils étaient entre 1 500 et 2 000 à participer à la manifestation. Son principal mot d’ordre : défendre les services publics alors qu’une nouvelle vague de mesures d’économies à même de les mettre à mal se profile avec le projet de budget 2027. Les fonctionnaires (enseignants, agents territoriaux ou hospitaliers…) étaient sans surprise nombreux dans le cortège. Quelques salariés du privé, des retraités et des militants politiques de gauche étaient également présents. Mais ce sont bien les lycéens qui ont constitué la grande surprise du jour, en arrivant par dizaines sur la place de Catalogne juste avant le départ du cortège.

« Nous sommes là pour soutenir nos profs et réclamer des moyens pour l’éducation », explique le référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne, Alban, 16 ans, scolarisé en terminale à Lurçat. « Les lycées suffoquent. On a eu un mois de septembre très chaud. On se retrouve à travailler dans des conditions inacceptables. Nous avons besoin de ventilateurs dans les salles et de plus d’infirmières ». Liliane, 14 ans, confirme. « On a aussi besoin de plus d’enseignants », rajoute-t-elle. « Dans une classe de première, ils n’auraient ni prof de maths ni de prof de français depuis la rentrée alors qu’il y a le bac ».

Quelques policiers faisaient aussi partie des manifestants. « Quand la police et les pompiers sont dans la rue, c’est que ça ne va plus », proclame le secrétaire départemental du syndicat UNITE, Ludovic Romanach, qui réclame « une augmentation des salaires, des effectifs supplémentaires et des moyens pour défendre la population ». Le syndicaliste pointe notamment du doigt « des ordinateurs et un pare de véhicules vieillissants ».

Les fonctionnaires territoriaux, qui travaillent dans les communes et autres collectivités, étaient également au rendez-vous. Eux aussi demandent des moyens supplémentaires et des revalorisations de salaires, alors qu’un nouveau gel du point d’indice qui sert à calculer leurs rémunérations est envisagé pour 2027. Sans compter la forte baisse de pouvoir d’achat qu’ont subi les fonctionnaires sur les 15 dernières années.

Cependant, pour le secrétaire du syndicat CGT du conseil départemental, Jean-François Laffon, le combat pour défendre le service public va bien au-delà et concerne l’ensemble de la population. « Le service public, c’est le socle de l’économie de notre pays », résume-t-il. « Dans un territoire sans services publics, sans écoles, sans hôpitaux, sans entretien des routes, les entreprises ne s’installeraient pas. »

En fin de compte, les responsables des huit syndicats à l’initiative de la manifestation semblent plutôt contents de l’affluence. « On se satisfait de cette forte mobilisation des fonctionnaires, mais aussi de la jeunesse, qui a répondu présent avec une bonne mesure des enjeux », déclare par exemple le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle. « La colère, elle est là », renchérit celui de la CGT, Julien Berthélémy. « Nous allons pousser pour qu’une nouvelle journée de mobilisation soit programmée avant la fin de l’année. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 septembre 2026)

Collège de Pia : « Pas de surveillants ce mardi »

Ce mardi, le mouvement de grève semble avoir bien pris parmi la dizaine d’assistants d’éducation (les AED, également dénommés « surveillants ») du collège de Pia, qui accueille plus de 800 élèves. « Depuis ce matin, il n’y a pas un seul surveillant dans l’établissement », alertait en milieu de journée la représentante syndicale Snes-FSU de l’établissement, Aurélia Simon. « Cela pose à mon sens un problème de sécurité. Pourtant, l’inspection n’a pas demandé la fermeture du collège. »

L’Indépendant, le 30 septembre 2026

Collèges : « Au moins 50 classes où il manque un enseignant » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs en collège et lycée Snes-FSU a présenté ce jeudi 3 septembre un premier bilan de la rentrée dans les établissements secondaires des P.-O. Il fait notamment état d’effectifs plus élevés que prévu dans certains collèges et déplore un manque structurel d’enseignants.

Les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop au goût du syndicat de professeurs du secondaire Snes-FSU. Pour ce qui est des effectifs tout d’abord, le Snes note que, dans plusieurs collèges, le nombre d’élèves accueillis est supérieur à ce qui était annoncé. « Le meilleur exemple, c’est Toulouges, où ils ont des classes de sixième à plus de 31 élèves », détaille l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Guillaume Palanchon, qui cite également les collèges de Saint-Estève, Cabestany et Canet-en-Roussillon.

« Par ailleurs, il n’y a pas un professeur devant chaque classe », ajoutent les deux autres porte-parole du syndicat en pays catalan, Marc Moliner et Ignacio Valenzuela. « Dans les collèges du département, il ya au moins une cinquantaine de classes auxquelles il manque un enseignant ». Les deux syndicalistes précisent que la grande majorité de ces situations ne sont pas liées à des absences de professeurs imprévues, mais à des situations qui auraient pu être anticipées (postes vacants, congés maternité…). Le secrétaire départemental du syndicat FSU de l’éducation physique, Pierre Leveil, acquiesce : « Pour ma part, je recense 36 classes sans professeur d’éducation physique et sportive de la 6e à la terminale ».

Déséquilibre entre lycées

Du côté des lycées, les représentants des enseignants pointent du doigt un déséquilibre flagrant entre certains établissements du point de vue des effectifs. « Il y a un gros problème sur Perpignan », juge Marc Moliner. « Le lycée Arago a 19 classes de seconde en cette rentrée, soit une de plus que l’an dernier, et elles sont toutes pleines à craquer (35 ou 36 élèves). Tandis qu’à Jean-Lurçat, il n’y a que dix secondes et seulement 30 élèves par classe. On réclame un rééquilibrage ».

Un phénomène peu ou prou similaire est à l’ouvre dans les collèges. « C’est quand même curieux qu’il y ait des bahuts qui se retrouvent avec des effectifs qui explosent dans la périphérie de Perpignan et d’autres établissements en ville où il n’y a pas ce problème », fait mine des étonner Ignacio Valenzuela. « Ce n’est pas qu’une question de choix d’orientation Il ya un problème de carte scolaire, mais aussi certainement de dérogations ».

Cependant, pour le Snes, la question des moyens reste la mère des batailles. « Nous sommes le département le plus pauvre de l’académie, mais aussi le moins bien doté. Pour atteindre la moyenne académique en termes d’heures par élève, il faudrait une trentaine de postes d’enseignants supplémentaires dans les collèges et une vingtaine dans les lycées. Nous réclamons un plan d’urgence », martèle Marc Moliner. Or, selon l’organisation, l’an dernier, les Pyrénées-Orientales ont au contraire perdu quatorze postes d’enseignants dans le secondaire.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Concernant les classes auxquelles il manque un enseignant l’inspection académique indique que « des effectifs ont été déployés sur la plupart des situations recensées par le Snes » et que « les services de l’Éducation nationale sont en phase de résolution des derniers cas découverts à la rentrée ». L’administration attribue les variations d’effectifs à des flux d’élèves pendant l’été.

Perpignan. Grogne au lycée Picasso contre la suppression d’une spécialité (L’Indep)

« Énergie et environnement », une spécialité qui parle au présent mais pas au futur pour la direction du lycée Picasso à Perpignan. Des membres du conseil d’administration et les parents d’élèves ont manifesté contre la suppression d’une spécialité.

Chaque année, au lycée Picasso, les élèves de terminale en STI2D doivent choisir une spécialité. Parmi les quatre proposées, il y a celle intitulée « Énergie et environnement ». Mais à la rentrée des classes 2026-2027, elle n’existera plus. Une suppression « en interne », selon les professeurs de l’établissement, qui a également suscité la colère des parents d’élèves du lycée perpignanais. Tous se sont retrouvés à la sortie des classes ce jeudi 2 juillet pour manifester contre l’initiative.

Tanguy Lorre, responsable syndical de Force ouvrière et membre du conseil d’administration du lycée Picasso, dénonce un « net manque de considération ». Selon lui, les raisons sont « évidemment économiques ». Il explique : « Il n’y a aucun cout pour maintenir la spécialité mais la fermer leur rapportera ». Dès qu’il a appris la nouvelle par les parents d’élèves, le conseil d’administration a demandé à être reçu par l’établissement. Une réponse qui aurait été balayée d’un revers de main par le proviseur du lycée : « Deux heures avant la rencontre, nous avons reçu un message d’annulation nous indiquant que nos priorités n’étaient pas les leurs ».

Une décision qui aurait été prise « en interne »

« C’est une décision qui a été prise en interne, sans avertir personne. Elle ne respecte ni les élèves ni le conseil d’administration. Ce n’est pas du tout réglementaire », affirme Tanguy Lome, professeur à Picasso depuis 22 ans. Désireux de changer le cours des événements, le quinquagénaire s’est joint à plusieurs autres professeurs pour proposer des « solutions à la situation ». « Nous avions trouvé un professeur pour enseigner la spécialité. Ils ont préféré l’utiliser pour d’autres formations », évoque le professeur en filière technologique.

Mais les parents d’élèves et les professeurs craignent aussi, à terme, pour le reste de la filière. « Il y a des BTS spécialisés environnement, et ce sera un prétexte pour les fermer aussi », anticipe le syndicaliste de Force ouvrière.

Contacté, le rectorat indiquait, auprès de L’Indépendant, que « la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Pyrénées-Orientales et les services académiques ont pleinement conscience de l’importance de la spécialité Énergie et environnement pour le territoire et réaffirment leur souhait de maintenir cette formation au sein du lycée Picasso de Perpignan dont la carte des formations offertes vise à son identification forte en qualité de lycée formateur dans ce domaine sur le territoire ».

Tina Penaranda (L’Indépendant, le 12 juillet 2026)

Contactée, la direction du lycée n’a pas répondu à nos sollicitations.

« Lycée Picasso Perpignan : Fermeture de l’option EE en STI2D. Le Rectorat sacrifie l’égalité des chances et les métiers de demain pour 15 élèves ! »

Communiqué de presse l’intersyndical CGT Éduc’Action 66, FCPE 66, FSU 66, FO 66,Sud 66

Le lycée Pablo Picasso de Perpignan va perdre à la rentrée 2027 son option Énergies et Environnement (EE) de la filière STI2D. Le motif officiel : un départ à la retraite non remplacé !

Une décision incompréhensible

Alors que 15 élèves ont formulé une demande pour cette option, le Rectorat ne propose aucun enseignant ni aucune solution concrète. Pourtant 3 solutions sont envisageables : une affectation d’un enseignant en interne à Picasso, un enseignant de la zone de remplacement ou une affectation directement du rectorat.

Le Conseil d’Administration avait voté le maintien de la STI2D en terminale dans la Dotation Globale Horaire. Depuis, aucun échange, aucune concertation alors que le Conseil d’Administration aurait dû être consulté au préalable de cette décision, et ce, en contradiction des dispositions de l’article R421-23 du Code de l’Éducation.

En supprimant l’option EE, on supprime l’essence même de la voie technologique : projet concret, groupes réduits, manipulation d’outils professionnels, mixité sociale. On condamne des résultats en hausse de la filière professionnelle, et on désarme une filière qui forme aux métiers d’avenir qui recrutent.

Une rupture d’égalité des chances et des droits pour 15 élèves

Cette fermeture crée une inégalité d’accès à la formation pour les lycéens de l’option EE de la filière STI2D du lucée Picasso. Dans un département engagé dans la transition énergétique – solaire, éolien, rénovation – priver les jeunes d’une formation Energie & Environnement est incohérent avec les besoins des entreprises locales.

Fermer l’option EE à Picasso alors qu’elle existe ailleurs, c’est créer une inégalité territoriale. L’égalité des chances et des droits des élèves à choisir leur orientation n’est pas respectée.

Les signataires exigent le maintien immédiat

La FCPE 66 et les syndicats enseignants CGT Éducation 66, FO 66, FSU 66, SUD Éducation 66, demandent au Rectorat de Montpellier d’affecter un enseignant et de garantir l’ouverture de l’option EE à la rentrée au lycée Picasso.

27 fermetures de classes prévues, les enseignants en grève ce mardi (L’Indep)

Ce mardi, quatre syndicats (FSU, Unsa, CGT et Solidaires) appellent les personnels des écoles, collèges et lycées à se mettre en grève et à manifester a Perpignan. Entre autres pour dénoncer les fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine en primaire.

À l’origine de la colère enseignante : le manque de moyens, encore et toujours. Alors que la réunion qui doit valider les fermetures de classes pour la rentrée prochaine dans les écoles des Pyrénées-Orientales doit se tenir le 7 avril, la contestation des dites suppressions s’annonce au cœur du mouvement de grève de ce mardi 31 mars.

Selon nos informations, le projet de l’Inspection pour la rentrée prochaine prévoirait 27 fermetures de classes pour neuf ouvertures dans le premier degré. Du coté de la maternelle perpignanaise Claude-Simon ou de l’école primaire de Bourg-Madame, les parents d’élèves ont déjà manifesté leur opposition aux fermetures envisagées dans leurs établissements, tandis que ceux de l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon ont lancé une pétition contre la perte d’une classe.

Les craintes de fermeture semblent également vives à la maternelle d’Arles-sur-Tech, ou encore dans deux de ses homologues perpignanaises (Lamartine et Pont-Neuf), tout comme dans les écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan.

Non contents de dénoncer les fermetures, les syndicats d’enseignants entendent aussi réclamer ce mardi des ouvertures de classes dans un certain nombre d’écoles où les effectifs le justifieraient.

Un autre choix était possible

« À la maternelle de Pollestres, sil n’y a pas d’ouverture, ils seront à 27 par classe à la rentrée prochaine », s’inquiète l’un des responsables départementaux du FSU-SNUipp, Jérôme Guy. « Il y a aussi un gros problème à Pia, où plusieurs écoles (maternelles Curie et Mitterrand, élémentaire Torcatis…) sont surchargées et où on constate en plus des problèmes de violence. »

Selon la secrétaire départementale du SE-Unsa, Héloise Hiroux, qui évoque elle aussi « une hausse des situations d’intimidation en milieu scolaire » : « Cette grève est un appel à un changement de cap. Il s’agit de rappeler qu’un autre choix que celui des fermetures de classes était possible. On aurait pu profiter de la baisse démographique pour donner des moyens à même d’assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. »

Autres problématiques mises en avant : celles liées à l’inclusion des enfants en situation de handicap. « Nous accueillons de plus en plus d’élèves à besoins particuliers. C’est une richesse. Mais ça nécessite du temps, de la formation et des moyens adaptés qui ne sont pas au rendez-vous », résume Héloise Hiroux. De plus, « lorsque des gamins explosent, on n’a pas de solution de repli en raison du manque de places dans les structures spécialisées (IME, Itep) », renchérit Jérôme Guy.

Pour ce qui est du second degré, la question des moyens est également au cœur des revendications. Pour mémoire, la semaine dernière, l’Inspection a acté la suppression de 12 postes d’enseignants en équivalents temps plein dans les collèges du département. Au grand dam des organisations syndicales.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 mars 2026)

Une manifestation au parcours inédit partira ce mardi vers 10 heures de l’inspection académique, avenue Giraudoux à Perpignan.