« On est l’avenir de ce pays et on veut étudier dans de bonnes conditions » (L’Indep)

Hier dans la matinée, entre 1 800 et 2 500 personnes ont défilé à l’appel des lycéens et des étudiants entre l’université de Perpignan et le Castillet Syndicalistes, parents et militants associatifs ou politiques étaient également au rendez-vous.

Si quelques incidents se sont déroulés dans l’après-midi sur fond de mobilisation lycéenne, la manifestation unitaire de ce mardi matin, qui a réuni autour de 2 000 personnes entre le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy) et le Castillet, s’est déroulée dans le calme.

Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les moyens. Entre les syndicalistes et les étudiants, près d’une centaine de personnes composait le service d’ordre. Du côté des jeunes organisateurs, la satisfaction était de mise à l’issue du défilé. « Nous avons réussi à faire ce que nous voulions faire. Il n’y a eu ni problèmes avec les casseurs, ni affrontements avec la police pendant la manifestation », se réjouit Alban, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne et élève à Jean-Lurcat. Le président du mouvement étudiant local Union progressiste, Gabriel, se déclare également « satisfait de la mobilisation ». Tout comme le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, qui a dénombré 2 500 participants, la préfecture en ayant pour sa part recensé 1 800.

Comme promis, des parents d’élèves étaient également au rendez-vous ce mardi à 9h30 devant l’entrée principale de l’université. « Lors des précédentes journées de mobilisation, ma fille, qui est à Lurçat, a fait l’expérience des coups de matraque et des gazages. Je suis là pour essayer de faire barrage autant que possible aux violences », explique par exemple Stéphane, 56 ans. « Les lycéens ont raison sur le manque de moyens matériels et humains dans l’Éducation nationale. Il faut qu’il y ait une écoute des pouvoirs publics. »

Audrey, 46 ans, dont le fils est également scolarisé à Lurçat, partageait le même état d’esprit : « Nous sommes là pour aider nos enfants à faire face aux violences policières, pour essayer de calmer le jeu avec la police et soutenir leur mouvement, qui est légitime. Les conditions dans lesquelles on les fait étudier sont lamentables. Il y a trop d’élèves par classe, les locaux sont trop souvent en mauvais état et les plannings sont surchargés. »

Autres nouveaux venus dans le mouvement, les étudiants partagent également les revendications des lycéens. Et pour cause : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux leurs. « Nous aussi, nous voulons plus de moyens pour l’éducation », résume Maël, 19 ans, étudiant en sociologie. « Nous sommes l’avenir de ce pays et nous souhaiterions pouvoir étudier dans de bonnes conditions, pas dans des salles insalubres. »

Mathis, 21 ans, en troisième année d’histoire, confirme : « Dans l’amphi 4, par exemple, lorsqu’il pleut, une partie de la salle est inondée. C’est inacceptable. Et ça fait des années que ça dure. »

Les étudiants pointent également du doigt la limitation du nombre de repas servis au restaurant universitaire, ainsi que le manque de logements en cité U. Et la liste est encore loin d’être exhaustive. « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a rien à dire, tient à préciser Camille, une étudiante en histoire de 23 ans. Nous sommes légitimes à être dans la rue. Nous sommes là pour montrer qu’une manifestation peut être pacifique. Les casseurs, ça dessert plus la cause qu’autre chose. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

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