Reçus par le ministre, les lycéens appellent à poursuivre le mouvement (L’Indep)

Vendredi, plus de 700 établissements ont été touchés et de nombreuses scènes de violences recensées.

Les représentants des lycéens estiment ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes », à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, vendredi, et appellent à poursuivre le mouvement mardi 6 octobre, appuyés par une intersyndicale de l’éducation et des organisations étudiantes.

Les lycéens dénoncent des conditions d’enseignement dégradées et réclament, notamment, des recrutements massifs d’enseignants et une rénovation des bâtiments. Édouard Geffray leur a, notamment, promis, vendredi, un travail sur les rythmes scolaires et une plateforme de concertation pour recueillir leurs doléances. Un « écran de fumée », selon les syndicats lycéens, qui maintiennent la pression sur l’exécutif mais se désolidarisent des actes de violences.

Trois personnels de l’Éducation en ont encore été victimes, vendredi, contre 31 la veille. À La Ciotat, « un enseignant a été aspergé d’essence volontairement, puis agressé physiquement par deux individus », selon les autorités, citées par Le Monde. À Tours, un lycéen de 16 ans, blessé mercredi, a perdu T’usage de son œil droit, avec des lésions « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD », selon le parquet. Une lycéenne de 16 ans a été légèrement brûlée devant le lycée Louis-Feuillade à Lunel (Hérault), après l’explosion d’un aérosol près d’un feu. À Belfort, c’est un commandant de police qui a été roué de coups en marge d’une manifestation lycéenne.

1 747 interpellations

Des « violences urbaines » ont été recensées, vendredi, aux abords de 158 établissements, a précisé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. 1 747 interpellations ont eu lieu au cours de la jouée (contre un peu moins de 2 000 la veille). Le fonctionnement de 735 établissements, dont une petite centaine de collèges. a été perturbé dans le même temps, « soit 30 % de moins » que la veille, selon Édouard Geffray. Une colère lycéenne qui a, une nouvelle fois, largement résonné en Occitanie, dans l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées Orientales ou encore l’Aveyron.

Parti le 21 septembre de l’académie de Créteil (Val-de-Mame), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge « légitimes » certaines revendications, tout en condamnant le recours à la violence et l’instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l’élection présidentielle.

Jeudi, l’entourage de Sébastien Lecornu a imputé l’origine du mouvement à « LFI et ses proxys de l’ultra gauche », pointant, là aussi, un moment de bascule de la contestation vers des « violences urbaines », sur la base d’informations des services de renseignement. Le coordinateur du mouvement d’extrême gauche, Manuel Bompard, renvoie, lui, la responsabilité de la fronde lycéenne sur l’exécutif, pointant la suppression « des postes d’enseignants, de surveillants, des équipes éducatives ».

Dans une interview au Parisien publiée en ligne vendredi soir, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche, appelle pour sa part le gouvernement à « cesser de réprimer » la colère des lycéens. Amnesty international et le Syndicat de la magistrature dénoncent, eux aussi, un usage disproportionné de la force. Tandis que Gérald Darmanin pointe du doigt les parents. Le garde des Sceaux demande aux procureurs de requérir leur responsabilité civile pour leur faire payer la facture des dégâts commis par leurs enfants.

L’Indépendant, le 3 octobre 2026

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