Adel Bakawan. « C’est la capitulation de Donald Trump » (La Maseillaise)

La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?
Franco-irakien, Adel Bakawan est chercheur associé au Programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri et directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (Eismena).

La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

La Marseillaise : Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

Adel Bakawan : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

La Marseillaise : De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

Adel Bakawan : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

La Marseillaise : Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

Adel Bakawan : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

La Marseillaise : En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

Adel Bakawan : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 19 juin 2026)

L’édito du webzine. La guerre est un business

Alors que les discours politiques se parent des oripeaux de la « défense nationale » et de la « dissuasion », les marchés, eux, ne s’y trompent pas : la guerre est devenue le placement le plus lucratif du siècle.

Entre 2017 et 2025, le budget militaire français a bondi de 50 %, passant de 32,7 à 50,5 milliards d’euros par an. Et ce n’est qu’un début. D’ici 2027, il frôlera les 64 milliards, une somme colossale prélevée sur les contribuables, tandis que l’État nous serinera, sans ironie, que la réduction des déficits reste une « priorité ».

Pendant que les citoyens s’interrogent sur leur pouvoir d’achat ou l’avenir des services publics, les actionnaires, eux, comptent leurs plus-values. Thales, spécialiste des radars et de la cybersécurité militaire, a vu son cours de Bourse s’envoler de 80 % en 2025. Dassault Aviation, porté par les ventes du Rafale, affiche un chiffre d’affaires en hausse de 20 % et une action en progression de 70 % en un an. Même Exail Technologies, plus discrète mais tout aussi vorace, a doublé sa valorisation.

Et que dire des géants américains ? Les six premiers jours du conflit entre les États-Unis et l’Iran ont englouti 9,7 milliards de dollars de fonds publics. Résultat : Northrop Grumman (fabricant du bombardier B-2) a grimpé de 46 %, RTX (ex-Raytheon, producteur des missiles Patriot) de 45 %. Chaque missile tiré, chaque drone détruit, chaque obus explosé se transforme en nouvelle commande publique en dividende juteux.

La mécanique infernale

Le système est implacable : lorsqu’un conflit éclate ou menace d’éclater, les États dépensent sans compter pour « se défendre », les industriels de l’armement empochent les contrats, gonflent leurs marges, et reversent des dividendes à leurs actionnaires, les marchés applaudissent, les cours flambent, et la boucle est bouclée.

Cela se traduit pour les États :par un endettement croissant, des services publics asphyxiés, une sociétés fracturées et pour les industriels par des carnets de commandes pleins à craquer, des actionnaires ravis, des perspectives radieuses.

Voilà le vrai enjeu de la prochaine élection présidentielle. Quel candidat osera briser cette spirale mortifère ? Qui aura le courage de dire que la sécurité ne se mesure pas en milliards de dépenses militaires, mais en diplomatie, en coopération, en désarmement ? La paix se négocie, la guerre se vend.

La paix n’est pas un luxe. C’est un investissement. Et il est grand temps de désinvestir de la guerre.

Dominique Gerbault

Le billet d’Yvon Huet. L’IA, catastrophe ou progrès

J’ai été scotché par la quantité d’eau consommée par les centres de stockage de données consacrés à l’IA… des milliards de milliards de m3 d’eau dans le cadre d’une concurrence capitaliste hystérique où chaque groupe d’influence se jette dans l’espoir de profits records.

C’est le cas évidemment d’Amazon certes et des autres Gafas mais aussi de tous les secteurs de l’industrie militaire dont les budgets atteignent des records. Je suis en accord avec Fabien Roussel quand il dit qu’il faut faire nôtre l’IA, mais à condition de bien réfléchir à ce que cela représente dans le cadre de la défense de l’environnement où la question de l’eau disponible devient un sujet central.

Dans le contexte actuel, le tout IA tel que mon téléphone portable le propose me désespère. C’est une incitation au nivellement culturel et au conditionnement idéologique en vigueur au point, d’après un sondage, que 17 % des Français auraient déjà demandé à l’IA pour qui il serait « utile » de voter à l’élection présidentielle par le biais de questions ciblées.

Reste aussi le nombre de gens qui vont se retrouver à la rue, y compris cette fois des gens diplômés qui ne serviront plus à rien pour les sponsors. C’est déjà le cas dans la publicité qui nous sert des horreurs de conditionnement très majoritairement au service de la voiture et de la mal bouffe dans la boucle du bourrage de crâne organisé sur les chaînes de la TNT et au-delà.

Alors oui, l’IA provoque une nouvelle révolution dans le rapport des hommes et du travail. Mais dans notre système capitaliste ultra-libéral mondialisé, nous sommes sûrs que les nouvelles générations en paieront le prix fort. Très rapidement, s’il ne se passe pas quelque chose, qui remette en cause la course folle aux profits dont le monstre Elon Musk est un symptôme révélateur, le chaos que nous connaissons dans le monde risque bien de se démultiplier et l’IA ne servira qu’à attiser les conflits sur une planète où l’homme risque de s’autodétruire.

C’est aux citoyens de se rendre compte de l’urgence à changer de société, non pas pour une « France nouvelle », mais pour un monde où la France pourra jouer un rôle positif dans la remise en cause du règne des puissants, à minima comme le fait actuellement la gauche espagnole, avec des objectifs concrets et progressifs partagés par la majorité du peuple. Je rêve ? Non. Je donne juste le point de vue d’un humain qui ne veut pas voir disparaître l’humain au prétexte fallacieux de « la modernité ».

Yvon Huet

Hôpital de Cerdagne. La double imposition toujours pas résolue (L’Indep)

Statu quo trois ans après. Le Conseil Syndical Interrégional Pyrénées Méditerranée dénonce : « Trois ans après, le conflit de double imposition à l’hôpital de Cerdagne n’est toujours pas totalement résolu. Six salariées attendent encore le remboursement des sommes indûment réclamées par l’administration fiscale espagnole », Cette double imposition a affecté au total 32 salariés de l’établissement de soins basé à Puigcerdá. « L’affaire n’est toujours pas complètement réglée », insiste le CSIR, bien qu’en novembre 2025, les ministères des Finances espagnol et français soient parvenus à un accord favorable aux personnes concernées, reconnaissant que les sommes réclamées par l’Agence fiscale espagnole l’avaient été à tort, six salariées n’ont toujours pas récupéré les montants qui leur sont dus.

« Le conflit trouve son origine dans la demande de paiement de l’Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR) adressée à des travailleuses et travailleurs résidant en Haute-Cerdagne. Cette interprétation allait à l’encontre du régime fiscal applicable aux travailleurs frontaliers prévu par la convention fiscale franco-espagnole, selon laquelle ces personnes doivent être imposées exclusivement dans leur état de résidence, en l’occurrence la France », rappelle le CSIR.

« Cette affaire met une nouvelle fois en évidence les difficultés persistantes des administrations à reconnaître et à appliquer correctement le statut particulier de l’Hôpital de Cerdagne, unique établissement hospitalier transfrontalier d’Europe », conclut-il.

L’Indépendant, le 12 juin 2026

Jean-Baptiste Guégan. « C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump » (La Marseillaise)

Auteur de « La géopolitique du sport, une autre explication du monde » et « La France n’est pas un pays de sport ? », le géopolitologue du sport et journaliste Jean-Baptiste Guégan décrypte les enjeux de la Coupe du monde de football qui a débuté jeudi 11 juin et qui va se dérouler dans trois pays : Mexique, Canada et États-Unis.

La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

La Marseillaise : Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

Jean-Baptiste Guégan : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

La Marseillaise : Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

Jean-Baptiste Guégan : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

La Marseillaise : Quelle sera la situation des Iraniens ?

Jean-Baptiste Guégan : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

La Marseillaise : Ce Mondial peut-il rapprocher le Canada et le Mexique des États-Unis ?

Jean-Baptiste Guégan : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

La Marseillaise : Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

Jean-Baptiste Guégan : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

La Marseillaise : Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour de la compétition ?

Jean-Baptiste Guégan : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

Entretien réalisé par Tristan Arnaud (La Marseillaise, le 12 juin 2026)

Manuel Minervini. « Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement » (La Marseillaise)

Manuel Minervini (Rifondazione comunista) vient d’être élu avec 67,5% des suffrages, maire de Molfetta, un port industriel de la côte adriatique qui compte 60 000 habitants. Une première pour un communiste italien depuis l’auto-dissolution du PCI.

La Marseillaise : Quelle est votre première réaction à votre élection comme maire de Molfetta ?

Manuel Minervini : C’est bien sûr une réaction de joie, de grande satisfaction. C’est le fruit du travail collectif réalisé par ma coalition progressiste durant des semaines. Nous avons investi les places de la ville pour écouter les attentes des citoyens et dire la nécessité de porter aux responsabilités des élus déterminés à agir pour une ville plus juste, plus inclusive, plus verte, une ville attentive à l’importance d’une croissance soutenable, capable de donner un cap politique constructif au monde du travail.

La Marseillaise : C’est une première depuis des décennies pour un membre de Rifondazione comunista. Quelle est selon vous la clé de votre succès ?

Manuel Minervini : Le secret de cette victoire réside très certainement dans la capacité de notre parti à être bien implanté sur le territoire avec un siège physique, des militants très actifs et d’avoir réussi, par un travail de longue durée, à mettre en responsabilité une nouvelle génération à laquelle j’appartiens. Je ne suis pas un cas isolé, je suis entouré de nombreuses jeunes femmes et hommes fortement engagés et qui ont étudié le terrain pour être efficaces. En résumé, nous avons conjugué radicalité et enracinement car les deux ne peuvent pas être séparés. Si on fait un travail de pur marketing, aucune victoire ne peut être envisagée. Il est nécessaire, y compris quand le vent souffle dans la direction opposée, de tenir bon dans la durée. C’est ce qui aide à être prêts et organisés dans les moments plus favorables.

La Marseillaise : Dans un pays dont le gouvernement est héritier du fascisme, quel rôle peuvent jouer des municipalités progressistes ?

Manuel Minervini : Les communes peuvent faire beaucoup. Elles peuvent mettre en œuvre des politiques publiques pour une ville plus accessible qui n’oublie pas les personnes les plus fragiles, le droit au logement, le droit à une vie digne. Elles peuvent réunir les conditions nécessaires à la revitalisation d’un tissu productif créateur d’emplois mais aussi soutenir l’amélioration des conditions de travail et les aspirations à avoir un salaire décent, à avoir accès à des lieux publics qui soient des espaces de respiration. Je pense notamment aux parcs publics et aux plages qui ont été très privatisées dans notre ville. Les communes peuvent aussi mettre en œuvre des politiques d’égalité des droits pour les personnes handicapées. Les communes sont capables de nouer des coopérations entre elles et travailler en lien avec les Régions. Elles peuvent faire beaucoup à condition de partir des besoins des citoyens. Pour que cela ne reste pas une simple déclaration d’intention, il faut créer des cadres de participation citoyenne. Par exemple, dans la campagne, nous avons proposé une grande consultation des comités de quartiers pour que chacun puisse s’exprimer mais surtout s’impliquer dans la chose publique.

La Marseillaise : Quelles seront vos premières mesures ?

Manuel Minervini : Nous avons porté une mesure essentielle durant ces dernières semaines : nous allons bloquer un projet de construction délirant sur le port de Molfetta qui boucherait l’horizon et serait en contradiction avec la vocation de notre port. Nous allons aussi rapidement mettre en sécurité les plages de notre ville qui ont subi une privatisation du littoral de très grande ampleur tandis que les espaces publics accessibles à tous ont été abandonnés sans aménagement ni police. Nous avons également en tête l’idée d’organiser un événement culturel pour l’été qui soit décentralisé dans les quartiers périphériques de Molfetta et qui implique les acteurs culturels locaux. Nous héritons d’une politique culturelle avec des événements peu nombreux mais de grande taille qui sont confiés à des opérateurs extérieurs à la ville alors qu’elle recèle une grande diversité et une grande vitalité culturelles qui doivent pouvoir s’exprimer. Ce sera aussi pour nous une manière de « faire ville ensemble ».

Propos recueillis et traduits par Léo Purguette (La Marseillaise, le 11 juin 2026)

Mondial de Foot. Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition » (La Marseillaise)

Pascal Boniface, directeur et fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), critique la passivité de la FIFA vis-à-vis de Donald Trump et de sa politique raciste.

La Marseillaise : Dans quel contexte s’ouvre cette Coupe du monde ?

Pascal Boniface : Le Canada regrette d’avoir candidaté parce qu’ils ont 13 matchs et aucun d’importance. La FIFA leur a imposé des conditions vraiment draconiennes dont l’interdiction d’organiser des spectacles pendant l’arrivée des matchs. Le Mexique a le match d’ouverture mais il n’a aussi que 13 matchs donc c’est avant tout une compétition aux États-Unis. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que lorsque le dossier de candidature a été déposé, Trump était déjà au pouvoir et il y avait déjà des relations très compliquées entre les pays. Depuis c’est pire, puisqu’il a carrément menacé d’annexer le Canada. Il faut aussi se rappeler qu’en 2019, lors de l’attribution de la compétition, Trump avait menacé de sanctions ceux qui ne votaient pas sa candidature. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde qu’un chef d’État menaçait les autres s’ils ne votaient pas pour lui. Et la FIFA n’avait pas réagi.

La Marseillaise : Trump n’est pas fan de football. Pourquoi a-t-il tant tenu à accueillir cette compétition ?

Pascal Boniface : Trump n’aime pas le football, ce n’est pas un fan, mais il aime bien les caméras. Il sait que le football, et la Coupe du Monde particulièrement, attirent les caméras donc il espère pouvoir être au centre du monde le temps de la compétition. Il risque de l’être pour des raisons négatives qui sont contraires à l’esprit du sport.

La Marseillaise : La politique de son administration sur la délivrance des visas illustre son racisme ?

Pascal Boniface : Il a voulu envoyer un message à son électorat, en disant que même s’il avait perdu la main en Iran et que les choses n’allaient pas aussi bien qu’il le disait et le voulait, il restait ferme sur la question des migrants. Et donc, il refoule un arbitre somalien, il refuse des supporters d’autres équipes, il accueille dans des conditions tout à fait épouvantables l’équipe du Sénégal qui a subi une fouille très intrusive sur le tarmac, qui n’aurait certainement pas été réservée à une équipe européenne.

La Marseillaise : Et la FIFA reste passive ?

Pascal Boniface : Son attitude est proprement scandaleuse. C’est un arbitre référent qui a été désigné par la FIFA comme le meilleur arbitre africain pour l’année passée. Le refus de Trump de le laisser rentrer est à la fois une insulte à la FIFA et à tout le continent africain. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde que le pays organisateur refuse l’arrivée d’un arbitre envoyé par la FIFA. C’est quelque chose qui est tout à fait hors normes que la FIFA n’aurait jamais dû accepter sans protester. Elle n’a même pas fait semblant d’être ulcérée par cette mesure qui est proprement raciste. On ne reproche rien de précis à cet homme sauf d’être somalien donc c’est bien en fonction de ce qu’il est et non pas de ce qu’il a fait qu’on lui refuse un visa. Trump avait tenu des propos extrêmement négatifs et vexatoires à propos de la Somalie en disant que c’est un pays horrible, particulièrement arriéré, dans lequel il n’y avait rien d’autre que des gens qui se battaient.

La Marseillaise : Certaines places affichent des prix exorbitants, ce qui contraste avec un sport censé être populaire ?

Pascal Boniface : C’est devenu la tradition qu’il y ait des places extrêmement cher payées par des gens qui ont les moyens ou par des sponsors. Mais il y a également une tradition qu’il y ait des places à des prix abordables, ce qui n’est pas du tout le cas là. À cela s’ajoute le prix des hôtels qui a augmenté ainsi que celui des transports urbains : il faut compter 100 dollars [au lieu de 12,90$, Ndlr.] pour aller de New York aux matchs à New Jersey. C’est l’offre et la demande, selon les règles du libéralisme américain. Ce capitalisme sauvage a pour conséquence des chambres d’hôtels vides et des stades où tous les sièges ne sont pas remplis, ce qui n’est pas étonnant.

La Marseillaise : Des stades autour desquels l’ICE menace ?

Pascal Boniface : Il y a d’une part des supporters de certaines équipes venant de pays considérés comme inamicaux ou suspects de la part de Trump qui n’ont pas eu leur visa. Et puis il y a effectivement notamment les Latino-Américains passionnés de football qui risquent de ne pas venir au stade de peur de subir des rafles de l’ICE comme ça s’est fait dans les compétitions nationales américaines.

La Marseillaise : C’est déjà arrivé que l’un des pays organisateurs d’une Coupe du monde soit partie prenante d’une guerre ?

Pascal Boniface : Jamais, parce que généralement quand il y a des guerres on arrête les compétitions. Le fait que le pays organisateur soit en guerre avec un pays qualifié, c’est là aussi une très grande première.

La Marseillaise : Trump espérait trouver un accord avant la cérémonie d’ouverture ?

Pascal Boniface : Il l’aurait certainement souhaité, mais il n’a pas la maîtrise des événements et il est dépassé par ces derniers. Il aimerait effectivement montrer qu’il a bien mérité le prix de la paix de la FIFA, en mettant fin à une guerre qui a lui-même déclenché par ailleurs.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 11 juin 2026)

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. « l’information », avec un grand i

Les quatre grandes chaînes TV d’information continue, dont l’une d’entre elles est publique, se ressemblent de plus en plus. On y privilégie un ou deux sujets majeurs, qui remplissent le temps d’antenne 24h sur 24, plusieurs jours. On y répète mille fois les mêmes analyses, jamais contredites et très peu nuancées, et, contre toute attente, on y utilise l’unique logiciel socio-économique pour traiter les sujets. Pour aller vite, les fameux 211 milliards n’existent pas, les 50 milliards d’exonération de cotisations sociales ne font pas partie de l’hypothèse économique admise, les profits mêmes des actionnaires, en dizaines de milliards, pourtant connus de tous, n’apparaissent plus dans les équations économiques que posent les « journalistes » sur les plateaux. Les « toutologues » professionnels et autres « ultracrépidariens » commentent, se bousculent et encaissent en même temps un petit billet pour leurs médiocres prestations. Comment faire autrement ? La question est posée.

Depuis plusieurs jours, il y a Bruel en continu, le décès de la petite Lyhanna. Il est bien entendu que ces sujets doivent être traités. Les questions posées méritent informations, débats et réflexions. Ces questions sociétales sont très importantes. On est bien d’accord. Mais…

Est-ce l’effet du hasard ? Plusieurs constats m’ont interpellé, cette semaine. D’abord, le congrès de la CGT s’est tenu, avec ses délégués élus de tous les syndicats. Il a fait un bilan et le syndicat s’est projeté sur l’avenir. Ce sujet m’apparaît important. Rien ou quasiment rien sur ces chaînes info. Ensuite, un édito sur France Info, à propos de Cuba. Pas un mot sur le blocus qui prive l’île d’énergie et qui tue. C’est un comble. On a pu y entendre des critiques d’un autre temps à propos de la politique cubaine elle-même. Cela signifiait : « Monsieur Trump, vous pouvez y aller. Vous ferez œuvre utile ! ». Écœurant. Enfin, les nouveaux chômeurs de plus de 55 ans vont perdre entre 3 et 6 mois d’indemnités chômage, après un vote de la droite et de son extrême à l’Assemblée nationale. Vous n’en saurez rien. Le problème devient majeur.

Communiqué de presse du Mouvement de la Paix. Pour une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine

La France doit mettre tout son poids en faveur d’une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine. C’est la solution pour stopper l’aggravation du conflit et construire une sécurité commune en Europe.

Après les bombardements intenses de la Russie sur Kiev fin mai 2026, touchant gravement une fois de plus des populations civiles, suite, selon la Russie, à une frappe meurtrière de l’Ukraine contre un lycée de la région de Lougansk, la diplomatie russe a appelé le lundi 25 mai les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements de l’armée russe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a en effet déclaré que « des frappes seront menées sur des centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel » à Kiev, et a indiqué « Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible… »(1)

Le Mouvement de la paix à cette occasion rappelle sa condamnation de l’agression russe contre l’Ukraine en violation du droit international et de la Charte des Nations unies (cf déclarations antérieures).

Le Mouvement de la Paix rappelle que seule une solution diplomatique, s’inspirant par exemple des propositions avancées dans le cadre des négociations en vue des accords de Minsk était susceptible d’arrêter ces atrocités dont sont victimes les populations civiles. Le Mouvement de la paix se réjouit de la position de la Suisse qui, en tant que pays assurant la présidence de l’OSCE a déclaré le 24 février 2026 que « L’OSCE a été conçue comme un lieu de dialogue entre adversaires — non comme un club d’États partageant les mêmes vues. En temps de guerre plus encore, ce dialogue doit rester réel. Il ne peut se réduire à deux monologues parallèles. Telle est l’ambition de la présidence suisse : défendre les principes d’Helsinki et préserver cette plateforme unique de dialogue inclusif. Face au retour des logiques de puissance, nous ne devons pas marginaliser notre organisation ; nous devons la rendre opérationnelle et utile, en y apportant les réformes et le courage nécessaires. La paix exige anticipation et détermination. Il nous appartient, collectivement, de faire de l’OSCE un instrument crédible au service de la paix et de la sécurité en Europe. »(2)

Le Mouvement de la paix estime que la France doit agir dans ce sens non seulement au sein de l’OSCE mais aussi en tant que membre du conseil de sécurité des Nations Unies.

Le Mouvement de la Paix estime qu’il est urgent que la France révise totalement sa politique et son positionnement en particulier au niveau européen et mette tous ses moyens diplomatiques au service de la construction d’une issue politique et donc de remettre complètement en cause ses logiques de militarisation de l’Europe, d’européanisation de l’arme nucléaire, de doublement du budget militaire, de soumission aux exigences de Trump et de l’Otan visant à augmenter les dépenses militaires ; d’augmentation du potentiel en armes nucléaires de la France en violation du TNP.

La France doit faire des propositions pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, l’arrêt de la militarisation de l’Europe, et agir pour une sécurité commune européenne basée sur les principes réactualisés des accords d’Helsinki.

C’est la raison pour laquelle le Mouvement de la paix participera aux cotés des organisations pacifistes européennes, du bureau international de la paix, du collectif No Rearm Europe (dont fait partie le Mouvement de la Paix) à la manifestation qui aura lieu à Bruxelles le 14 juin 2026, « Le bien-être, pas la guerre »(3)

Le Mouvement de la paix
Le 9 juin 2026

(1) Article du Figaro du 26 mai 2026.
(2) Vienne, 24.02.2026 — Discours du président en exercice de l’OSCE, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, devant le Conseil permanent de l’OSCE.
(3) « Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui pilotent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Halte à la militarisation, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires –aux niveaux européen et national– à nous rejoindre. Nous nous réunirons ensuite en assemblée pour discuter et définir les prochaines étapes d’une mobilisation européenne contre le réarmement. Le 14 juin est un point de ralliement commun, et non une date butoir. Tout au long du mois, les mouvements, les organisations et les communautés de tout le continent sont appelés à organiser leurs propres manifestations, réunions publiques et actions coordonnées ».

Wellfare NOT Warfare – La justice sociale PAS la guerre ! Manifestation à Bruxelles le 14 juin 2026 à 15h

Le Mouvement de la Paix fait partie des organisations qui appellent à cette manifestation, et est membre du Bureau International de la Paix (BIP) et du collectif Stop RearmEurope 2 qui appellent aussi à cette manifestation.

Cette manifestation est organisée par deux plateformes principales : la plateforme « Stop Militarization » en Belgique et la coalition européenne « Stop Rearm Europe ».

Départ de la manifestation : Bruxelles-Nord à 15 h (initialement 14 h , décalée à la demande de la police). Parcours en direction du quartier européen, à confirmer.

Après la manifestation, assemblée animée par Stop Rearm Europe pour discuter des stratégies futures.

Appel de la plateforme « Stop militarisation »

Les conflits se multiplient dans le monde entier, la loi du plus fort piétine de plus en plus le droit international et le multilatéralisme, l’autoritarisme gagne du terrain, les armes nucléaires continuent de menacer l’humanité et, malgré tout cela, des milliards sont dépensés dans le militaire et l’armement et dans la préparation des conflits. Ce sont les travailleurs et travailleuses, les familles et notre planète qui en paient le prix.

Nous nous opposons à la militarisation irresponsable de notre société. Nous sommes opposés aux projets de l’UE visant à dépenser 800 milliards d’euros supplémentaires en armement, argent qui est retiré des services sociaux, des soins de santé, de l’éducation, du travail, de la consolidation de la paix, de la coopération internationale, d’une transition juste et de la justice climatique. Comme en Belgique, où des économies sociales massives sont présentées comme nécessaires, tandis que des dépenses militaires supplémentaires passent sans débat.

L’Europe doit se remettre de la fièvre guerrière et arrêter de capitaliser sur un climat de peur afin de laisser à nouveau place à une perspective de paix et de désarmement, seule voie possible pour notre avenir commun. Nous appelons toutes celles tous ceux qui choisissent la paix et la justice sociale à participer à une manifestation européenne à Bruxelles pour plaider en faveur d’investissements pour la société et non dans la guerre.

Nous exigeons :

  • Pour la paix et la sécurité – des investissements dans les soins de santé, l’éducation, le travail décent, la justice, la transition climatique et la protection sociale, et non dans la militarisation de la société ;
  • Pour le respect du droit international – le respect de la Charte des Nations Unies, la défense des droits humains et des droits du travail, la promotion de la justice sociale et climatique ;
  • Pour le dialogue et la diplomatie – rassembler les peuples et les pays, plutôt que de les monter les uns contre les autres ;
  • Pour l’investissement dans la solidarité et la coopération internationales – le développement durable est la meilleure garantie d’une société stable et sécurisée, et donc le meilleur moyen de prévenir les conflits ;
  • Pour le désarmement – le contrôle des armements et le désarmement nucléaire garantissent la paix et la sécurité.

Rejoignez-nous pour une Europe de paix et de solidarité.

Invitation de la coalition « Stop rearm Europe »
dont est membre le Mouvement de la Paix

Nous assistons à des niveaux sans précédent de destruction et à une guerre contre la vie elle-même.

Les génocides sont en train d’être normalisés, les infrastructures civiles deviennent la cible privilégiée, les institutions internationales paralysées par l’inaction.

L’Europe n’est pas un spectateur.

À travers le continent, les gouvernements préparent les citoyens à la guerre, réintroduisent la conscription et détournent les ressources publiques vers la machine de guerre — tandis que l’industrie se prépare à faire du profit.

Les institutions européennes, désireuses d’apaiser la superpuissance mondiale, se contentent de soutenir les fantasmes impériaux de forces réactionnaires telles que représentées par Trump, Netanyahu et Alex Karp de Palantir : le tapis rouge est toujours déployé, les systèmes d’armes toujours exportés, leurs bombardiers réapprovisionnés. Cette nouvelle ère qu’ils souhaitent annoncer sera encore plus sombre grâce à l’expansion des logiciels testés sur les Palestiniens et conçus pour maximiser la mort et la destruction.

Nous refusons cela. Et nous nous mobilisons.

Rejoignez-nous — à Bruxelles et à travers l’Europe !

Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui mènent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Stop Militarization, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires -aux niveaux européen et national- à se joindre à nous. Ensuite, nous nous réunirons en assemblée pour discuter et élaborer une stratégie des prochaines étapes d’une mobilisation à l’échelle européenne contre l’agenda ReArm.

Pourquoi nous mobilisons-nous ?

Au nom de la « sécurité », l’Union européenne et l’OTAN poussent une expansion militaire sans précédent. 800 milliards d’euros sont déjà réaffectés vers l’armement — des ressources retirées de la santé, de l’éducation, de l’action climatique et de la protection sociale. Au cours de la prochaine décennie, ce chiffre pourrait atteindre 6,8 000 milliards d’euros, alors que l’OTAN exerce des pressions sur les États membres pour des dépenses militaires allant jusqu’à 5 % du PIB.

C’est une économie de guerre permanente qui va transformer chaque aspect de la vie en Europe et au-delà :

  • Cela approfondit les conflits plutôt que de les résoudre. Investir des milliards dans les armes alimente les tensions mondiales et renforce la logique selon laquelle la force militaire -et non la diplomatie- est la réponse de l’Europe à chaque crise.
  • Cela accélère une course aux armements. Les pays réagiront à l’armement de leurs voisins, avec plus d’armes. Les frontières armées, la prolifération de bases militaires et la volonté d’investir dans les armes nucléaires deviendront la nouvelle norme.
  • C’est un transfert de richesse de la vie vers la destruction. Chaque euro dépensé en armes est un euro retiré de la protection sociale, de la transition juste et des services publics. Le réarmement et le démantèlement de nos systèmes de protection sociale ne font qu’un.
  • Il cible la prochaine génération. Une Europe réarmée exigera des soldats. Les jeunes seront invités à combattre et mourir dans des guerres qu’ils n’ont pas choisies. De plus, cela laissera les générations futures avec une dette encore plus importante.
  • Elle transforme nos sociétés. La militarisation entraîne la surveillance, la répression de la dissidence et un espace démocratique rétréci. La politique de guerre a toujours des conséquences autoritaires.

Nous rejetons cette direction. Nous défendons une Europe fondée sur la paix, la démocratie, les droits de l’homme, ainsi que la justice sociale et climatique — une Europe qui investit dans les soins, la solidarité et la coopération internationale plutôt que dans l’industrie de l’armement.

Informations pratiques

  • Manifestation Quand : 14 juin, 15h00. Où : Bruxelles Nord. Matériel utile (affiches, banderoles, etc.)
    https://stoprearm.org/materials/
  • Assemblée : Quand : 14 juin, 17h00 – 21h00. Où : Bruxelles près de Pl. Jean Rey. Pour toute question ou demande.

Sur le site de l’IPB (International Peace Bureau) : Welfare not Warfare! 14th of June we take the streets for peace and justice! – IPB – International Peace Bureau.

Sur le site de VREDE (Belgique) : Stop Militarisation | Vrede.

Paix et sécurité humaine selon le Mouvement de la Paix

Nos exigences pour cultiver la paix du quartier à la planète. Un autre monde est possible !

L’approche globale

Jamais les problèmes qu’affronte l’humanité n’ont été aussi graves : conflits sans fin, prolifération des armes, y compris nucléaires, atteintes à l’environnement, mauvaise gestion des ressources vitales, malnutrition et épidémies… Cependant jamais l’humanité n’a autant qu’aujourd’hui disposé de moyens (connaissances, techniques, analyses) pour résoudre ces problèmes et créer les conditions afin que chaque être humain puisse vivre en paix et en sécurité, sécurité physique, sociale, médicale, nutritive et environnementale.

Les engagements pris par les chefs d’État en l’An 2000 et réaffirmés depuis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) destinés à réduire de moitié la pauvreté dans le monde, ne sont pas tenus.

Cette situation qui plonge plus d’un milliard d’habitants de la planète dans l’extrême pauvreté, est un facteur majeur d’insécurité sociale, de violences et de conflits armés. La volonté d’une remilitarisation des relations internationales, sous la pression de certains gouvernements dont ceux engagés dans l’OTAN, se confirme.

La « sécurité humaine » conçue comme le respect des droits, individuels et collectifs, et la satisfaction des besoins, fondée sur une éthique de solidarité, doit devenir la référence commune pour promouvoir un développement durable, soutenable par la planète, partagé et respectueux de l’environnement.

Au premier rang des besoins, figure le droit pour tous de vivre en paix et en sécurité, dans des frontières garanties et reconnues, le droit de vivre sans crainte en tous lieux et à tout moment de sa vie.

Citoyens motivés, nous appelons à un sursaut civique. Pour cultiver la paix du quartier à la planète, nous mettons dans le débat des propositions pour le court, le moyen et le long terme en vue de la co-élaboration d’alternatives sous la dénomination de sécurité humaine et/ou culture de la paix.