Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 23 octobre 2026)

« Allez-vous entendre cette colère ? »
Mobilisation du 17 octobre
La France est en colère et nous le sommes avec elle, face aux pillages, aux saccages, aux destructions de bâtiments publics de ce week-end. Rien ne doit justifier de tels actes, qui doivent être sanctionnés.
Mais nous sommes aussi en colère face à un gouvernement sourd à la colère sociale qui (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Encadrer les loyers, c’est agir
Retrouver la confiance et l’équilibre dans les rapports locatifs
L’encadrement des loyers est un enjeu social : nos métropoles doivent-elles être réservées aux plus privilégiés ou ceux qui y travaillent ont-ils le droit d’y vivre aussi ?
Notre conviction, c’est que l’encadrement des loyers contribue à ce qu’ils le puissent : il doit donc être pérennisé. (…)
—> Lire l’intervention Ian Brossat

On ne sauvera pas la planète en donnant un prix à la pollution
Ratification de l’accord de passation conjointe de marché
Peut-on répondre à l’urgence climatique en faisant du droit de polluer une marchandise ? Le MACF donne un prix au carbone pour orienter les comportements économiques ; nous confions au marché une place centrale en matière de régulation de la pollution.
Le temps de l’écologie n’est pas celui (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Code noir abrogé, un symbole et un signal
Proposition de loi d’abrogation du « code noir »
Abroger les « codes noirs » est symbolique, mais c’est aussi une impérieuse nécessité.
Chaque « code noir » a été pensé pour assurer la stabilité et la rentabilité d’une économie esclavagiste organisée autour de la destruction de populations et cultures non occidentales.
Derrière moi trône (…)
—> Lire l’intervention de Michelle Gréaume

La solidarité nationale ne doit pas devenir une rente pour les assurances
Reconnaître une politique nationale d’adaptation au changement climatique et à adapter les mécanismes d’assurance
« La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales » : à l’heure du dérèglement climatique, ce principe du préambule de la Constitution de 1946 sonne moins comme une garantie que comme une promesse qui peine à être (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Barros

Ingérence étrangère : passons un pacte démocratique
Lutte contre les ingérences étrangères dans la vie démocratique
Lutter contre les ingérences étrangères est une exigence pour continuer à faire vivre les valeurs de notre démocratie. Il s’agit de garantir autant que possible la sincérité des campagnes et des scrutins.
Reste que je ne suis pas sûre que ce texte ait quelque influence – sans mauvais jeu de (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Ne vidons pas de sa substance le droit des Ultramarins à se soigner
Égalité d’accès aux soins des Ultramarins sur l’ensemble du territoire national
Nous faisons un triste constat : certains citoyens français d’outre-mer ne peuvent accéder à la santé dans les mêmes conditions que leurs concitoyens de l’Hexagone.
Certaines collectivités disposent d’un statut particulier et gèrent leur régime de sécurité sociale en autonomie : la Polynésie, (…)
—> Lire l’intervention de Silvana Silvani

La justice ne doit plus faire subir aux victimes une seconde peine
Garantir la protection effective des victimes de violences sexistes et sexuelles
Trop longtemps, la victime a occupé une place secondaire dans la procédure pénale. Ce texte rappelle les devoirs de l’institution judiciaire envers les victimes.
Nous espérons qu’il fera reculer la victimisation secondaire, qui a coûté la vie à Yanis. Trop souvent, la démarche engagée pour (…)
—> Lire l’intervention de Évelyne Corbière Naminzo

Cancer et pesticides : protéger ceux qui nous nourrissent
Débat sur le thème : « Lutter contre le cancer, sortir des pesticides »
Le 30 avril 2022, lors de leur remise de diplôme, des étudiants d’AgroParisTech dénonçaient un système économique global menant une « guerre contre le vivant et contre la paysannerie », des débouchés consistant à trafiquer des plantes en laboratoire pour des multinationales, à concevoir des (…)
—> Lire l’intervention de Gérard Lahellec

Des bistrots, des villages et des services publics
Simplifier l’ouverture des débits de boissons en zone rurale
Dans de nombreuses communes rurales, le café occupe une place à part. Parfois, c’est le dernier lieu où l’on croise ses voisins. Faciliter l’accès à une licence IV peut aider un café à voir le jour.
Mais une licence ne fait pas venir les clients ni ne maintient une classe ouverte. Le café est (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Le coco de Paimpol versus le Coca d’Atlanta
Accès à un panier diversifié de denrées alimentaires
Cette proposition de loi nous est soumise dans un contexte de fragilisation durable du pouvoir d’achat. En 2024, près de 10 millions de personnes, soit 15,4 % de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. En janvier 2026, 58 % des ménages déclaraient limiter (…)
—> Lire l’intervention de Gérard Lahellec

450 bureaux de poste menacés
Question orale au Gouvernement
Dans nombre de nos communes, le bureau de poste est le dernier service public ouvert. Il reste ce guichet où l’on retire sa retraite, où l’on se fait aider pour une démarche, ou où l’on vient demander un renseignement.
Élus et habitants du Pas-de-Calais sont profondément inquiets. Le maire de (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Les autres interventions

Environnement
Répondre à l’appel des forêts
Contributions à l’ONF et composition de son CA – par Gérard Lahellec – 22 oct. 2026

Communiqué de la coopérative des élu•es 66. Refuser les violences et répondre à la colère sociale

La Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Pyrénées-Orientales condamne fermement les violences, pillages et dégradations commis dans plusieurs villes de France, notamment à Perpignan. Rien ne justifie que des mairies, des commerces, des équipements publics ou des biens privés soient saccagés, ni que des élus, des agents municipaux, des commerçants, des habitants ou les secours soient exposés à ces violences.

Une mairie est la maison commune. Un lieu de proximité, de solidarité et de service public, au cœur de la vie démocratique. S’en prendre à elle, c’est atteindre l’ensemble de la population, et d’abord ceux qui dépendent le plus des services publics.

Nous exprimons notre solidarité aux maires, aux équipes municipales, aux agents territoriaux, aux commerçants, aux habitants et à tous ceux qui ont subi ces violences. Les forces de l’ordre et les secours doivent pouvoir travailler dans des conditions dignes et sûres, dans le respect de l’État de droit et de la proportionnalité.

Ne confondons pas pour autant les auteurs de violences avec les centaines de milliers de citoyens qui ont manifesté pacifiquement pour exprimer leur colère et leurs difficultés. La violence d’une minorité n’efface pas les préoccupations légitimes de ceux qui dénoncent la vie chère, la précarité, l’accès aux études, la dégradation des conditions de travail et l’absence de perspectives pour la jeunesse.

Les élus locaux connaissent cette réalité. Chaque jour, ils entendent l’inquiétude des familles face à la hausse des dépenses contraintes, des salariés qui peinent à vivre de leur travail, des retraités fragilisés, des jeunes qui s’interrogent sur leur avenir, des acteurs économiques étranglés par le coût de l’énergie et des carburants.

La République ne se réduit pas à une réponse sécuritaire, pas plus qu’elle ne peut tolérer violences et destructions : elle doit garantir à chacun la sécurité, la justice, l’égalité des droits et la dignité.

Nous refusons que les violences servent de prétexte pour discréditer l’ensemble des mobilisations sociales. Nous refusons tout autant que la colère populaire soit instrumentalisée à des fins politiques au lieu d’être entendue et traitée.

Nous demandons donc au gouvernement d’engager sans délai une conférence sociale réunissant les organisations syndicales, le patronat, les organisations de jeunesse et les acteurs concernés. Cette concertation doit déboucher sur des mesures concrètes pour le pouvoir d’achat, l’emploi, la jeunesse, les services publics et les conditions de vie, avec les moyens inscrits au budget de l’État pour 2027.

La République a besoin d’autorité, mais aussi d’écoute et de confiance. Nous n’avons pas à choisir entre l’ordre et la justice, entre la sécurité et l’égalité : les Françaises et les Français ont droit aux deux. Elle est grande quand elle distingue ceux qui l’interpellent de ceux qui la saccagent, et quand elle s’unit pour refuser la haine, la violence et le chaos.

Condamner sans ambiguïté les violences, protéger les citoyens et les services publics, entendre la colère sociale et y répondre à la hauteur des difficultés vécues : c’est cette exigence qui doit nous guider.

La Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Pyrénées-Orientales appelle à l’unité républicaine contre toutes les formes de violence, et à une réponse politique et sociale à la hauteur des attentes populaires.

La République doit protéger, rassembler et agir.

Dérembourser les cures thermales ? « Autant rayer directement Amélie-les-Bains de la carte ! » (Ici – PyrénéesOrientales)

Les professionnels du thermalisme et les élus des villes thermales croyaient la mesure enterrée l’an dernier. Mais elle revient avec les discussions sur le budget 2027 : le gouvernement veut dérembourser ou moins rembourser les cures thermales. C’est la mort du secteur, alertent les professionnels.

« Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires », c’est le thème de la réunion publique organisée ce lundi soir, à 18 heures, espace Méditerranée, à Amélie-les-Bains. Autour de ce sujet, qui avait déjà fait grand bruit l’an dernier au moment des débats autour du projet de budget de la Sécurité sociale, avant d’être abandonné. Le déremboursement des cures thermales revient et crée toujours autant la polémique : le gouvernement propose à nouveau, dans le budget 2027 de la Sécurité sociale, de réduire drastiquement la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie. Une économie d’environ 200 millions d’euros. Le remboursement serait transféré aux mutuelles.

Un projet contre lequel la maire d’Amélie-les-Bains, Marie Costa, également présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, part en guerre, parlant d’une mesure « scélérate, stupide, improductive et dangereuse ». Elle développe : « Ça veut dire que sur le territoire français, il y a 25 000 emplois supprimés, quelque chose qui, mis bout à bout, revient au plan de la sidérurgie lorraine et nordiste. C’est énorme pour nos territoires. C’est la mort d’Amélie. Ça veut dire à peu près 1 700 emplois directs et indirects sur la seule vallée du Haut-Vallespir. »

Et évidemment, dans les Pyrénées-Orientales, la problématique ne concerne pas qu’Amélie-les-Bains. Le département compte cinq villes thermales, outre Amélie, La Preste, Le Boulou, Vernet-les-Bains et Molitg-les-Bains. « C’est le sacrifice ultime du Piémont, commente encore Marie Costa. Ici, quand on n’est ni à la mer, ni à la montagne, on n’existe pas. Il nous restait les eaux thermales. Si on nous supprime ça, on meurt. »

« Si cette mesure passe, je ferme Vernet-les-Bains »

La mort de la filière, c’est aussi ce que craint Bernard Riac, PDG fondateur de Valvital, groupe propriétaire des thermes de Vernet-les-Bains. « Ramener le remboursement des cures de 65 % à 15 %, alors même que les curistes financent déjà beaucoup, hébergement, transport, etc., ça revient à supprimer le thermalisme en France. 70 % des stations thermales sont des villes de moins de 5 000 habitants, souvent moins de 3 000 habitants. C’est le cas de Vernet-les-Bains. Si vous supprimez l’ensemble des curistes qui y vont, vous fermez la pharmacie, vous fermez plein de commerces qui vivent en grande partie du thermalisme. Des régions entières, des villes entières, vont être complètement sinistrées ».

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, confirme : « Dans le nom même de notre ville, les bains apparaissent. C’est quelque chose qui est vraiment central dans l’économie locale ». Et l’élu s’inquiète aussi de la « négation des incidences positives que le thermalisme a sur la santé, des conséquences sur la santé publique du déremboursement », avec tous les autres coûts que cela pourrait générer pour la prise en charge des pathologies actuellement traitées par les cures (prescription de médicaments, de séances de kiné, etc…).

Les bienfaits du thermalisme, Léa Roblot, enseignante en activité physique adaptée, les constate au quotidien dans sa pratique professionnelle. Elle est saisonnière depuis cinq ans au sein du groupe La Chaîne Thermale du Soleil (Amélie-les-Bains, Le Boulou, La Preste, Molitg-les-Bains, dans les Pyrénées-Orientales), d’abord à Amélie, puis à Gréoux-les-Bains. Elle ne « comprend pas » pourquoi la mesure revient encore et encore dans les projets de budget. Et avec elle, les inquiétudes pour l’emploi dans le secteur. « Si les cures sont moins remboursées ou déremboursées, il y aura moins de curistes, donc moins de besoins d’emploi. Les saisonniers ont peur d’avoir moins de propositions d’emplois ou de ne pas être repris d’une année sur l’autre ».

Marie Rouarch (Ici – PyrénéesOrientales, le 19 octobre 2026)

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 15 octobre 2026)

« Aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance »
Question d’actualité au Gouvernement
Le sang des guerres, la sueur des canicules et les larmes de Parcoursup, voilà l’avenir destiné à notre jeunesse.
Aucune violence n’est acceptable, d’où qu’elle vienne. Mais aucune grenade assourdissante ne pourra étouffer le tumulte d’une jeunesse privée d’espérance.
Ces lycéens, que l’on (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

« Nous, sénatrices et sénateurs du groupe CRCE-K… »
Élections sénatoriales : Déclaration politique des groupes 2026-2029
Depuis des décennies, la France traverse une crise économique, sociale, écologique et démocratique profonde qui ne cesse de s’aggraver.
Aux promesses non tenues et aux espoirs déçus se sont en effet succédés ces dernières années des choix politiques néfastes et agressifs, contraires aux (…)
—> Lire l’intervention

Face à l’extrême droite, nous appelons les sénatrices et les sénateurs à ne rien céder
Communiqué de presse des 3 groupes de gauche au Sénat
Les trois groupes de gauche et écologiste au Sénat appellent à combattre le nouveau groupe d’extrême droite désormais constitué « sur le fond comme sur la forme, dans le débat d’idées comme dans l’organisation de nos travaux ».
—> Lire l’intervention

Finances des communes rurales : desserrer l’étau !
Proposition de loi créant une dérogation à la participation minimale pour la maîtrise d’ouvrage pour les communes rurales
Voilà deux ans et demi, en première lecture, nous alertions sur la dégradation des finances publiques locales et la situation des communes.
Peu de temps auparavant, le groupe CRCE-K demandait une exonération totale de participation financière pour les communes rurales désireuses de rénover (…)
—> Lire l’intervention de Marie-Claude Varaillas

Prescription pénale : attention aux réponses législatives de circonstance
Proposition de loi réformant la prescription de l’action publique en matière criminelle et actualisant la notion d’obstacle insurmontable
Ce texte réforme l’action publique en matière criminelle en actualisant la notion d’obstacle insurmontable.
Le revirement du rapporteur pour sauver ce texte montre combien la version initiale n’était pas juridiquement cohérente. Elle aurait conduit à créer une imprescriptibilité de fait en (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Radio : la transition numérique ne doit laisser personne sur le bord de la route
Proposition de loi relative à la modernisation de la radio
À l’heure où l’information circule de plus en plus par les plateformes numériques, où les algorithmes déterminent ce que nous voyons ou entendons, ne sous-estimons pas l’importance de la radio, média gratuit, accessible à toutes et tous. Elle accompagne près de 40 millions d’auditeurs en France. (…)
—> Lire l’intervention de Jérémy Bacchi

Médecine nucléaire : l’espoir thérapeutique ne doit pas être un privilège
Proposition de loi visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie
Selon Santé publique France, le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé entre 1990 et 2024. Nos pensées vont aux personnes touchées. Nous avons toutes et tous dans notre entourage un frère ou une soeur, un ami ou un parent concerné.
La RIV fait ses preuves depuis plusieurs années. C’est une (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Pourceau-Poly

Pénuries de médicaments : moins de contraintes pour l’industrie, moins de garanties pour les patients
Proposition de loi révisant le dispositif des stocks de sécurité des médicaments
Dans le texte initial, la dérogation était prévue sur simple notification, sans justification ; la commission a encadré le dispositif, mais nous ne pouvons nous en satisfaire.
Les ruptures d’approvisionnement entraînent des pertes de chances pour les patients. Ainsi de la nitrendipine, (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

De la désindustrialisation à l’extrême droite : l’Europe doit changer de cap
Débat préalable au Conseil européen des 15 et 16 octobre 2026
Le 6 septembre dernier, l’AfD a obtenu 44 % des voix dans le Landtag de Saxe-Anhalt. Ce parti occupe la première place des intentions de vote pour les élections fédérales, très loin devant les partis traditionnels.
Cela doit nous alerter, tant son programme politique radical est antithétique (…)
—> Lire l’intervention de Pierre Ouzoulias

Pas de raccourci numérique face au manque de moyens humains
Proposition de loi visant à dématérialiser l’état civil des bénéficiaires de la protection internationale
Obtenir un acte de naissance, de mariage ou autre, n’est jamais une simple formalité administrative. Pour ceux qui ont dû fuir leur pays, ces documents sont indispensables ; ils constituent une première étape pour retrouver la stabilité.
Or leur délai de reconstitution par l’Ofpra peut (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Les autres interventions

Les questions écrites :
Il faut confirmer la légitimité des organisations historiques validées par l’État
Institutions, élus et collectivités – Application restrictive de la réforme de la fiscalité énergétique du 1e janvier 2023 – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
Remédier aux dérives documentées du système d’alternance
Éducation et recherche – Difficultés croissantes des jeunes à trouver une alternance – par Marianne Margaté – 14 oct. 2026

Les questions écrites :
L’humanité a besoin de transformer les épées en charrues pas de transformer les trains en chars
Industrie – Cession par Alstom de son site de Kassel (Allemagne) – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026

Les questions écrites :
Contrecarrer une censure économique de fait
Culture et médias – Conditions d’envoi de publications de presse vers les États-Unis – par Marianne Margaté – 9 oct. 2026

Mise en place d’un « Conseil territorial de la logistique »

À Monsieur Pierre Regnault de la Mothe
Préfet des Pyrénées-Orientales

Perpignan le 14 octobre 2026

Monsieur le préfet,

Nous apprenons par voie de presse la mise en place d’un « Conseil territorial de la logistique ».

Nous nous permettons de vous rappeler que notre association d’élus est à l’origine d’une proposition de ce type dès le printemps 2024. Nous nous étions alors adressés à votre prédécesseur, Monsieur Thierry Bonnier, pour affirmer notre conviction que la lutte contre le réchauffement climatique exigeait de reconquérir une part modale significative du fret au profit du ferroviaire.

Nous avions également proposé que soit examiné en urgence un plan de mise en circulation de trains du quotidien dans les trois vallées du département, afin de lutter contre l’asphyxie routière de l’agglomération perpignanaise et d’offrir aux habitants une véritable alternative, tant sur le plan environnemental que social. La crise énergétique et climatique que nous traversons conforte nos convictions et la pertinence de ces propositions.

En avril 2025, nous avions relancé le Préfet Thierry Bonnier, en nous étonnant qu’une réunion sur ce thème se soit tenue sans la présence de tous les acteurs concernés. Il nous avait été répondu qu’à l’issue de cette première étape la concertation serait effectivement élargie.

Or nous constatons que vous renouvelez l’annonce d’une démarche en étant accompagné du seul Président de la CCI. Sans mettre en cause l’engagement de ce dernier, il nous semble que la CCI, dont la mission première est de représenter les intérêts des entreprises, n’est pas nécessairement la mieux placée pour porter seule une réflexion qui suppose de transformer en profondeur, de manière ambitieuse et novatrice, les pratiques en matière de logistique.

Par ailleurs, l’annonce simultanée de la fermeture précipitée de l’ entreprise Tranfesa sur le site de Cerbère nous préoccupe : celle-ci devrait pouvoir continuer à jouer un rôle dans le développement du ferroviaire sur notre territoire.

Nous réitérons donc notre demande que l’ensemble des acteurs concernés, notamment les associations d’élus et les organisations syndicales de salariés, soient associés à l’étude en cours. À cette fin, nous vous demandons de bien vouloir nous communiquer l’intitulé du bureau d’études chargé de cette mission. L’argent public consacré à ce travail doit en effet permettre de recueillir, en amont, l’ensemble des avis et propositions.

Nous vous remercions de votre attention et vous confirmons que notre association est prête à contribuer à cette réflexion et à formuler des propositions. Elle est pleinement engagée à faire réellement progresser la lutte contre les injustices, environnementale et sociale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de notre haute considération.

Jean-André Magdalou
Maire d’Alénya
Président de la Coopérative des Elus communistes, républicains et citoyens

Cabestany. Le tribunal administratif rejette le recours déposé par l’opposition (L’Indep)

Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté, jeudi 8 octobre, le recours déposé par Olivier Mas et six colistiers du groupe « Cabestany nouvelle vague », visant à faire annuler les élections municipales des 15 et 22 mars à Cabestany. Selon la maire, Édith Pugnet, aucun des griefs soulevés n’a été retenu par la juridiction. Édith Pugnet, dont la liste a obtenu plus de 56 % des voix, estime que cette décision « confirme le respect des règles démocratiques » et indique vouloir poursuivre son action au service des habitants.

L’Indépendant, le 10 octobre 2026

Cabestany. Conseil municipal : une séance marquée par des échanges tendus (L’Indep)

Le conseil municipal du mardi 30 septembre s’est déroulé dans une ambiance parfois houleuse. Outre les douze affaires inscrites à l’ordre du jour, plusieurs questions orales de l’opposition ont suscité des échanges animés avec la maire, Édith Pugnet.

Avant l’ouverture de la séance, Édith Pugnet a évoqué plusieurs sujets d’actualité. Concernant le recours en annulation de l’élection municipale, appelé à l’audience le 24 septembre à Montpellier, le rapporteur public a conclu « au rejet au fond » de la protestation électorale déposée par les sept élus d’opposition. Cette conclusion ne préjuge toutefois pas de la décision du tribunal, attendue dans une dizaine de jours.

Édith Pugnet a également dressé le bilan des animations estivales, saluant « la mobilisation des services municipaux et des élus pour une programmation destinée à favoriser loisirs, découvertes, rencontres et lien social ».

Parmi les délibérations, l’institution de la taxe sur les logements vacants a suscité des questions de l’opposition sur la situation du parc communal. Hervé Blanchard, adjoint aux finances, a précisé : « Nous avons 120 logements vacants, dont 60 éligibles. La taxe se monte à 470 euros en moyenne par logement vacant pour chaque propriétaire ». La délibération a été adoptée à la majorité.

1500 € pour les communes sinistrées des incendies

Les élus ont par ailleurs voté à l’unanimité un don de 1 500 euros à l’Association des maires de France en faveur des communes sinistrées par les incendies dans le Confient et les Aspres. « L’intercommunalité a également contribué de son côté », a précisé Olivier Mas.

L’acquisition par la commune d’une parcelle située au mas Camparaud a donné lieu à un échange plus tendu, l’opposition questionnant son intérêt général. Édith Pugnet a défendu la nécessité de « garder la maîtrise foncière de ce terrain pour servir la commune de toute opération future de spéculation ». La décision a été adoptée à la majorité.

Le renouvellement du partenariat avec le Département pour le Pass découverte en Pays catalan, donnant accès à 61 sites majeurs des Pyrénées-Orientales, a également été approuvé à l’unanimité. Interrogée sur la fréquentation du centre de sculpture romane, Édith Pugnet a indiqué que le bilan était en cours d’établissement. « Le principal, ajoute la maire, est que l’on nous ait proposé d’être intégrés dans ce label ».

En fin de séance, Édith Pugnet a répondu aux sept questions orales déposées par l’opposition. Elle a rappelé néanmoins que son bureau restait ouvert pour toute question portant sur des sujets précis intéressant la commune, tout en soulignant que les questions orales nécessitent « beaucoup de temps et de recherches dépassant le temps imparti de 30 minutes pour y répondre en conseil ». Elle a appelé à des demandes « précises, justifiées, non issues de lA et de supputations, ragots ou supposés. il faut en apporter des preuves ».

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 5 octobre 2026)

Conseil départemental : de Saint-Estève à Port-Vendres en passant par Perpignan, l’avenir des collèges des Pyrénées-Orientales suscite le débat (L’Indep)

La session du conseil départemental qui s’est tenue ce jeudi 1er octobre à Perpignan a notamment été marquée par un débat autour de l’avenir des collèges du département. La situation du collège Albert-Camus de Perpignan, dont le projet de reconstruction tarde à aboutir, et celle de son homologue de Saint-Estève, qui attend d’être rénové « depuis 2005 », ont notamment été évoquées.

L’avenir des collèges du département a suscité d’intéressants échanges lors de la session du conseil départemental de ce jeudi 1er octobre. Pas moins de trois points de l’ordre du jour étaient consacrés au sujet. A priori, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’agissait de voter les dotations attribuées à chacun des 32 collèges publics du département (4,13 millions d’euros en tout pour 2027) et d’acter les évolutions, déjà rendues publiques, qu’a connues le projet de nouvel établissement en cours de construction à Claira. En clair : l’augmentation de son coût prévisionnel qui est passé de 26,5 millions d’euros en 2019 à 36,5 millions d’euros aujourd’hui, ainsi que le fait qu’il n’ouvrira qu’à la rentrée prochaine et non en 2024 comme initialement annoncé.

Saint-Estève : le maire annonce un blocage du collège

Cependant, le débat a vite dévié sur les collèges en attente de chantiers. La réaction la plus musclée est venue du conseiller départemental d’opposition et maire de Saint-Estève, Robert Vila. « Pour le collège de Saint-Estève, la première délibération date de 2005 », a-t-il rappelé. « À l’époque, la rénovation aurait coûté 12 millions d’euros, mais aujourd’hui, ce serait le double. Le carrelage se décolle dans la cuisine, les personnels ne peuvent plus y loger car il y a de l’amiante partout… Les travaux devaient débuter en 2027 et maintenant, on nous annonce 2028. La durée prévisionnelle du chantier est de quatre ans, ce qui nous mène à 2032. Lundi, je vous annonce un blocage de la part des collégiens. Cela fait 25 ans qu’ils attendent d’avoir un collège conforme aux normes actuelles. Vous n’avez pas été bons sur le planning. »

La présidente socialiste de l’assemblée, Hermeline Malherbe, a esquissé un début de réponse : « Nous avons rencontré des difficultés par rapport au recrutement de personnes qualifiées pour le suivi des travaux. » Puis, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, s’est chargée de compléter : « Le maître d’ouvrage et les services techniques du conseil départemental présenteront l’avant-projet sommaire (APS) le 9 octobre prochain. Il s’agira d’une restructuration en site occupé, ce qui rajoute de la complexité. Nous n’avons pas priorisé d’autres établissements. »

Albert-Camus : la reconstruction « en stand-by »

L’élue communiste Françoise Fiter s’est pour sa part interrogée sur le projet de reconstruction du collège Camus de Perpignan, dont l’un des objectifs est de recréer de la mixité sociale au sein de cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons voté en faveur de cette reconstruction il y a plusieurs années, mais le projet est resté en stand-by car la mairie de Perpignan ne nous met pas de terrain à disposition », a-t-elle déploré. « On y travaille, on vous tiendra au courant », lui a rétorqué la conseillère départementale d’opposition Isabelle de Noëll-Marchesan, par ailleurs adjointe au maire de Perpignan, en l’absence de Louis Aliot qui siège également dans l’opposition.

Pour finir sur une note positive, Robert Garrabé a pour sa part rappelé lors de la discussion que les problèmes qui s’étaient posés concernant le projet de collège du Boulou étaient « résolus ». Aux dernières nouvelles, son ouverture était prévue pour septembre 2029.

« Menace » sur le collège de Port-Vendres ?

Également élu départemental, le maire de Port-Vendres, Grégory Marty, a quant à lui fait part lors du débat de ses inquiétudes concernant l’avenir du collège implanté sur sa commune. « Le collège de Port-Vendres n’affiche plus que 285 élèves, alors que quand j’y étais (autour de l’année 1990, NDLR), on était pratiquement 700, a resitué l’édile. Il faudrait peut-être réfléchir sur la carte scolaire. Si on perd 50 élèves l’an prochain et encore 50 l’année d’après, on va se retrouver sous les 200. Il y a une menace. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Elne. Le changement de nom du ciné René-Vautier fait réagir (L’Indep)

La municipalité a décidé, lors du conseil municipal du 22 septembre, de reprendre l’établissement en régie municipale et de le renommer La bobine illibérienne. Ce changement de nom fait doublement réagir, même.

Le PCF dénonce cette décision municipale et explique que ce changement de dénomination ne constitue pas un simple choix administratif. « René Vautier était un résistant et un cinéaste engagé dont l’œuvre a notamment abordé les questions du colonialisme, du racisme, des guerres et des injustices sociales ». Dans son communiqué le PCF d’Elne précise que « cette question dépasse le seul nom d’un équipement culturel. Elle concerne la manière dont une commune choisit de transmettre son histoire et de faire vivre sa mémoire collective ».

Même son de cloche pour les élus d’opposition d’Elne(*) qui dénoncent la décision et qui reprochent à la municipalité de Steve Fortel de vouloir « exercer un droit de regard sur la programmation avec notamment l’annonce d’une volonté d’écarter certains films considérés comme engagés ». De rajouter : « Ces décisions posent la question de l’indépendance de la programmation et de la place accordée à la création cinématographique, au débat d’idées et à la diversité culturelle dans un équipement public ».

Ils donnent rendez-vous ce vendredi 2 octobre à 18h30 devant le cinéma Vautier, parvis de l’espace Gavroche, « à tous ceux et celles qui souhaitent défendre un cinéma ouvert, indépendant, accessible à tous et respectueux de la liberté de programmation ».

L’Indépendant, le 1er octobre 2026

(*) II s’agit là d’Annabelle Aranda, Roland Castanier, Abdoul Diop, François Fernandez, Virginie Gosa, Andre Trives.

L’éditorial du Travailleur Catalan par Évelyne Bordet. Le RN entre au Sénat par la grande porte… Cherchez l’erreur !

Les élections sénatoriales du 27 septembre ont renouvelé 178 sièges au Palais du Luxembourg.

Pour le groupe Communiste Républicain Citoyen Écologiste – Kanaky (CRCE-K), le scrutin permet de conserver les quatre sièges remis en jeu. Marie-Claude Varaillas, Céline Brulin, Gérard Lahellec et Jérémy Bacchi sont réélus. Le groupe maintient ainsi ses dix-huit élus, et c’est heureux…

Mais derrière cette stabilité se dessine une réalité politique qui interroge : l’irruption du Rassemblement national au Sénat.

Pour la première fois de son histoire, le RN y constitue son propre groupe. De quoi lui donner les moyens d’avancer ses pions au Sénat, en multipliant les passerelles avec la droite et en tentant de rebattre les cartes du paysage politique à son avantage. Vive préoccupation au sein du groupe CRCE-K. « Tout le monde sous-estime ce que représente l’arrivée de l’extrême droite au Sénat », s’inquiète Cécile Cukierman présidente du groupe. « Nous les combattrons, pied à pied, sur le fond, comme nous le faisons dans l’ensemble des collectivités où nous sommes élus. »

Cet événement ne saurait être considéré comme un simple épisode électoral. À sept mois de l’élection présidentielle, il traduit de manière inquiétante une progression de l’implantation territoriale du RN. Dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et le Vaucluse, ses résultats en témoignent.

Cette intrusion du RN au Sénat questionne notre société et salit notre Histoire. Le parti d’extrême droite ne se contente pas de progresser dans les urnes : il s’installe durablement dans les institutions de la République. À quel moment la légitimité devient-elle immorale ?

Une autre question se pose désormais avec acuité : jusqu’où ira la porosité entre l’extrême droite et une partie de la droite sénatoriale ? Chaque rapprochement, chaque convergence, chaque compromis sera scruté avec la plus grande vigilance. Pas de complaisance. Pas de d’arrangement. La bataille parlementaire qui s’annonce devra être celle du refus de la banalisation. Le refus de nous laisser anesthésier par cette imposture…