Elne. Cinéma débaptisé : 200 personnes se mobilisent lors de l’inauguration (L’Indep)

200 personnes se sont réunies, vendredi 2 octobre, pour contester la décision du maire d’extrême droite. Steve Fortel de débaptiser le cinéma Rene Vautier.

À Elne, la décision du maire d’extrême droite, Steve Fortel, de débaptiser le cinéma René Vautier ne passe pas. Vendredi 2 octobre, lors de l’inauguration du lieu, désormais rebaptisé La bobine illibérienne, environ 200 personnes se sont mobilisées contre cette décision, annoncée le 22 septembre dernier en conseil municipal.

Après la rédaction d’une pétition qui a recueilli, en quelques jours, près de 13 000 signatures, le retrait du distributeur qui devait contractualiser avec la mairie et la réprobation de toute la profession cinématographique, notamment l’ensemble des distributeurs, ce sont les habitants de la commune qui se sont donnés rendez-vous pour manifester sur le parvis de la mairie, en face du cinéma. Parmi eux, Moira Vautier, fille du cinéaste.

René Vautier était un réalisateur, documentariste et scénariste français, figure majeure du cinéma politique français et ancien résistant. Après guerre, il a revendiqué ses positions anticolonialistes, soutien du FLN, le Front de libération nationale, mouvement politique et militaire pour l’indépendance de l’Algérie. Il a notamment réalisé le court-métrage, Afrique 50 (1950), considéré aujourd’hui encore comme le premier film anticolonialiste français, interdit de projection pendant plus de 40 ans.

C’est cet engagement qui a provoqué la décision de Steve Fortel, élu en mars dernier, qui a assuré, en conseil municipal, ne pas « vouloir de connotation politique ».

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

Le billet d’Yvon Huet. Cher René Vautier, bienvenue au Panthéon des retours de mémoire

Il aura fallu que le maire RN d’Elne, néofasciste notoire, efface le nom de ce grand cinéaste, résistant communiste et anticolonialiste de premier ordre, qui nous a laissé une œuvre à la fois artistique et remarquable, pour qu’un coup de tonnerre de réprobation monte de tout le pays. Dans la foulée, à Douarnenez, le ciné-club a pris le nom de René Vautier.

J’ai ses films à la maison et notamment un reportage qu’il fit lors de la révolution algérienne avant l’arrivée des militaires au pouvoir. René Vautier mériterait comme tant d’autres le Panthéon, parce qu’il a associé le courage et la force de conviction en les enveloppant d’une créativité et d’une sensibilité. Elle ne doit pas se perdre dans la fosse commune de la censure historique chère aux fascistes, certes, mais aussi à tous ces conservateurs de la droite et au-delà qui n’aiment l’histoire de France qu’en image d’Épinal.

J’aimerais que la mémoire de René Vautier ne soit récupérée par personne au nom de je ne sais quelle cause autre que celle pour laquelle il s’est battu. Il doit aussi être reconnu comme artiste, au-delà de son engagement, donc considéré comme les autres, communistes ou non, quelle que soit l’orientation politique de ceux qui voudraient avoir accès à ses films et ses écrits scénaristes.

Je suis fier d’appartenir à cette école de la vie, avec René Vautier et tant d’autres connus ou anonymes, qu’est le communisme de terrain, pas celui de la représentation politique qui forge des chemins de travers bourrés de peaux de bananes mais celui, tout simplement, de l’exercice de son art et de son métier. Le communisme de terrain sauvera certainement une grande idée qui a besoin d’élus certes, à conditions qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent et à quoi ils doivent servir… Aujourd’hui je pourrais me dire « Je suis René Vautier », comme « je suis Madeleine Riffaud », sachant que je n’arrive qu’au pied de leur taille. Ils sont ma raison d’aller au bout du chemin de mes convictions.

Yvon Huet

2026 / 2027 : 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du début de la guerre d’Espagne et de l’aide internationale à la République espagnole

Depuis une vingtaine d’années, le Comité départemental des Pyrénées-Orientales de l’ANACR et de nombreuses associations d’Histoire et de Mémoire (l’ARAC, l’AAGEF-FFI, la FNDIRP …) développent des activités variées sur le thème : Les Pyrénées-Orientales, plaque tournante du soutien aux démocrates espagnols, de 1934 à la mort de Franco. A l’occasion du 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du coup d’état militaire et du début de l’aide internationale à la République espagnole, nous avons décidé de relancer nos activités sur les thèmes suivants :

  • L’Olimpiada popular de Barcelona,
  • Les débuts du soutien militaire, humanitaire et politique aux Républicains espagnols.

I) L’Olimpiada popularde Barcelona

Conçue comme une alternative aux Jeux Olympiques de Berlin, instrumentalisés par Hitler, les organisations antifascistes d’Europe et d’Amérique décidèrent de tenir une initiative sportive et culturelle, à Barcelone, en juillet 1936. Décision soutenue en France par la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) et financée partiellement par le gouvernement de Front Populaire.

Concrètement 

  • nous avons lancé la campagne de projection du film 1936, Barcelone, l’olympiade oubliée au Centro Espagnol (16 juin). Au cours de l’automne, nous continuerons de le faire dans un maximum de localités du département et de la région.
  • le 30 juin, nous avons participé au voyage organisé à Barcelone par nos amis de l’AAGEF-FFI pour découvrir le stade de Montjuich où devait se dérouler l’Olimpiada popular et pour rendre hommage, à travers Lluis Companys, à toutes les victimes du franquisme.
  • • nous avons réalisé, le 4 juillet, une manifestation mémorielle à la fête du journal Le Travailleur Catalan (projection du film 1936, Barcelone l’Olympiade oubliée, présentation de l’exposition nationale de l’ARAC L’été 1936, déambulation de stand en stand pour commenter les biographies de Roussillonnaises et de Roussillonnais investis dans l’aide à l’Espagne républicaine qui y étaient présentées.
  • • le 24 octobre, à Barcelone, nous participerons aux initiatives sportives organisées par l’Association Neus Catala en hommage à Lluis Companys, président de la Generalitat de Catalunya, assassiné par les franquistes.

II) Le soutien aux républicains espagnols

L’Olimpiada popular ne put se dérouler car, dans la nuit qui précéda la manifestation d’ouverture, eut lieu le coup d’état militaire. Immédiatement se développa, en France et dans le monde, un mouvement de soutien multiforme aux Républicains espagnols. Ce soutien prit trois formes essentielles : militaire d’abord, avec l’envoi de combattants et de matériel militaire, humanitaire ensuite avec l’accueil d’enfants espagnols ainsi qu’avec l’acheminement de colis de nourriture, de médicaments … politique de la part des partis du Front populaire, de la CGT, des associations progressistes et de leurs journaux.

Dès qu’ils eurent connaissance du coup d’état militaire, des habitants des Pyrénées-Orientales, Espagnols mais aussi Français, franchirent clandestinement la frontière pour aller s’engager, à Barcelone, dans les milices populaires. C’est ainsi qu’un des premiers Français tombés en terre d’Espagne fut Joseph Darné, un Cérétan tué le 1er septembre 1936 à Majorque. A ce propos, nous espérons pouvoir, avec l’appui de la municipalité de Céret, apposer une plaque à sa mémoire. De même, André Tourné qui représentait la Jeunesse Communiste à une rencontre à Madrid, s’engagea pour défendre la ville avant de rejoindre, dès leur création, les Brigades Internationales.

Très vite, tant les libertaires que les communistes impulsèrent le recrutement et l’envoi en Espagne de combattants. C’est ainsi que le Comité d’aide à l’Espagne républicaine, installé dans les locaux de l’ancien hôpital militaire de Perpignan, vit affluer, de tout le Sud, de la France des volontaires pour les Brigades internationales et se chargea de les amener au fort de Figueras, première étape en Espagne avant le camp d’instruction d’Albacete. Une plaque rappelant le passage en ces lieux d’hommes dont beaucoup périrent pour la démocratie et la liberté, sera inaugurée en préambule aux Journées d’Etudes, coorganisées par le Mémorial du camp de Rivesaltes et les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), les 15 et 16 octobre sur l’action des Brigades internationales en Espagne. Ce sera l’occasion d’inviter, après cette cérémonie, les associations d’Histoire et de Mémoire de Catalogne Nord et Sud, au Centro Espagnol pour un apéritif dinatoire, puis à la Maison de la Catalanité pour un échange d’expériences.

Après l’application de la politique de non-intervention, début 1937, le Comité d’Aide à l’Espagne républicaine devint le Comité de Front Populaire Franco-Espagnol et se spécialisa dans l’envoi de colis de nourriture, de médicaments … en Catalogne. C’est au volant d’un de ses camions, que Julien Panchot, de Canohès, fut arrêté par des soldats italiens et interné au camp de Miranda del Ebro.

Nous venons de publier, avec un appareil critique, le compte-rendu d’activités rédigé par son responsable, Antoine Espigoulet en avril 1939.

Devant le bombardement aérien des villes et les combats dans Tolède et Madrid, le gouvernement espagnol décida d’envoyer les enfants à la campagne dans des colonias infantiles. Mais celles-ci ayant été vite saturées, il dut se résoudre à accepter la proposition d’accueillir dans des familles françaises des enfants espagnols faite par le Comité d’Aide aux Enfants d’Espagne (CAEE) fondé par la CGT et la Ligue des Droits de l’Homme. Ainsi, des centaines d’enfants transitèrent dans les colonies de La Mauresque à Port-Vendres et de La Bernède à Prats-de-Mollo, avant d’être placés dans des familles à travers toute la France par le comité départemental du CAEE basé, à la Bourse du Travail de Perpignan. Il serait bon qu’une plaque dans cet édifice rappelle le travail humanitaire accompli par cet organisme et le Syndicat National des Instituteurs de 1936 à 1940.

Surtout, au cours du premier semestre 2027, nous organiserons une journée d’études pour évoquer les actions menées pour protéger les enfants lors des guerres, et plus particulièrement la guerre d’Espagne, et des grands conflits sociaux de 1936 à nos jours.

III) L’engagement des Espagnols dans la Résistance dans les Pyrénées-Orientales (1940-1944)

L’engagement de l’importante communauté espagnole vivant dans notre département, dans le soutien au combat mené Républicains espagnols contre le franquisme et ses alliés fascistes et nazis, se poursuivit, après la disparition de la République, tant en Espagne qu’en France. Renforcés par l’apport des réfugiés politiques entrés lors de La Retirada, les Espagnols jouèrent un rôle de premier plan tant dans les passages de « colis » (personnes) et de courrier que dans la lutte armée.

Cette page d’Histoire étant le thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2026-2027, nos associations ont demandé à Georges Sentis, docteur de l’Université de Montpellier, de rédiger un livre sur ce sujet. Ouvrage qui sera envoyé à la rentrée aux CDI des collèges et des lycés et qui sera présenté aux enseignants et au grand public

  • le vendredi 30 octobre à 18 h. au Centro Espagnol,
  • le mercredi 4 novembre à 14h.30 au Centre départemental de Mémoire.

Les rendez-vous de l’été au Mémorial du camp de Rivesaltes (L’indep)

Entre scénographie modernisée centrée sur le destin des internes et deux expositions temporaires sur l’exil et le maquis, l’institution des Pyrénées-Orientales réinvente sa transmission de l’Histoire.

Au Mémorial du camp de Rivesaltes, l’espace permanent vient d’être modernisé. Entre parcours scénographique et expositions inédites, la mémoire se transmet ici au présent. « La refonte de l’espace met en lumière les trajectoires individuelles, les visages et les destins des personnes qui ont été internées dans ce camp des Pyrénées-Orientales », est-il écrit. « Le nouveau parcours permanent intègre des documents d’archives, des témoignages poignants et des œuvres d’art pour retracer au plus près le quotidien et la mémoire des internés ».

Deux expositions en cours

Deux expositions temporaires explorent les déchirures du XX siècle et les chemins de la liberté. L’exposition temporaire « Routes du maquis » est proposée jusqu’au samedi 22 août. Cette exposition temporaire retrace les itinéraires clandestins empruntés par les guérilleros anti-franquistes entre la France et l’Espagne, de 1945 jusqu’aux années 1950.

À travers des photographies, des témoignages poignants et des archives locales, l’exposition rend hommage au courage de celles et ceux qui ont poursuivi la lutte contre la dictature au péril de leur vie.

Avec l’exposition « Les jours clairs sont rares », il s’agit du second volet de la programmation liée à la sensibilité et à la création artistique.

Jusqu’au 3 février 2027, on peut admirer cette exposition temporaire. S’inscrivant dans le cadre du projet transfrontalier L’art en exil, mené conjointement avec les musées d’art moderne de Collioure et de Céret, cette installation rassemble des peintures, des sculptures, ainsi que des mosaïques. Toutes ces œuvres ont été réalisées par des artistes ayant personnellement vécu l’exil entre 1920 et 1945.

R. J. (L’Indépendant, le 10 août 2026)

La visite se déroule en autonomie complète sur le site (parcours extérieur et expositions). Durée approximative: deux heures. Tarif plein: 9,50 €; réduit (demandeurs d’emploi, étudiants, groupes à partir de 10 personnes, pass patrimoine), 6,50 €. Le visio guide « Les voix du Mémorial » est inclus dans le prix du billet d’entrée.

Valmanya. « Notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité » (L’Indep)

La commémoration de l’incendie de la commune en août 1944 par les Nazis, a réuni la population et de nombreuses personnalités.

11 h : les drapeaux des associations patriotiques et d’Anciens combattants se sont alignés. Le cortège s’avançait solennellement, le maire de Valmanya Serge Boyer et le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de la Mothe ouvraient la marche, suivis des autorités civiles et militaires, les officiels, élus de la Région, du Département, des communes, des représentants des associations suivis de la population nombreuse et recueillie. L’assemblée s’est réunie alors face à la crypte du souvenir; résonnaient alors La sonnerie aux morts, Le chant des partisans puis le dépôt des gerbes lors d’un hommage aux victimes de la barbarie perpétuée par l’armée allemande nazie des 1° et 2 août 1944. Tous se dirigeaient ensuite vers le monument aux Morts avec une Marseillaise patriotique et le salut aux drapeaux.

Sur la place du village, le premier magistrat Serge Boyer, J. Castillo, représentant de l’Anacr (Association nationale des Anciens combattants de la résistance) et Pierre Regnault de la Mothe sont montés à leur tour au pupitre pour trois allocutions mais un même élan. Pour le maire de Valmanya, « face aux conflits armés qui menacent de destruction planétaire, notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité ».

Le représentant de l’Anacr, quant à lui, évoquant le passage du pacifisme convaincu à la nécessité du combat contre le fascisme, le nazisme et leur totalitarisme, exhorte à « perpétuer les vraies valeurs humanistes de la résistance ». En conclusion, le préfet invitait la population à « ne pas laisser se reproduire un autre Valmanya |…). Notre démocratie est précieuse et fragile, c’est un engagement et un combat permanent. C’est pour elle qu’est tombé, tout près de nous, le capitaine Panchot, les armes à la main, il y a 82 ans, et c’est pour elle que nous devons prolonger ce combat aujourd’hui et demain pour que jamais plus ne se reproduisent les horreurs du passé ».

À l’issue des discours, le public a été invité à contempler les œuvres des enfants et des jeunes de la Ligue de l’enseignement venus en séjour à Valmanya comprendre l’histoire et les valeurs de la Résistance « leurs poésies et leurs travaux enrichissent chaque année notre décor » et notre espoir.

B. L. (L’Indépendant, le 7 août 2026)

Escaro-Aytua. Musée de la mine : de l’ultra-local au planétaire (L’Indep)

Le seul lieu de valorisation du patrimoine minier des P.-O. vient d’enrichir ses collections d’une exposition photo originale et inédite. Présentation.

Il y a d’abord ce visage cuivré d’un indien quechua au regard un peu absent. Cadré serré. Casque vissé sur la tête orné d’une lampe torche. Joue gauche gonflée par une boule de feuilles de coca distillant son effet euphorisant et anesthésiant pour combattre la douleur et la fatigue. Nous sommes dans les mines d’argent du Cerro Rico de Potosi. Situées à plus de 4 700 m d’altitude au cœur de la Bolivie. Puis, il y a aussi cet autre mineur. Photographié en plan américain dans le bassin houiller de Gardanne, fleuron des Bouches-du-Rhône. Peu de temps avant la fermeture de site. L’homme, grosse moustache en bandoulière, serre sur son épaule gauche une gamelle. Son frugal repas de midi. Mine éreintée, lourdes cernes sous les yeux, il dévisage l’objectif ; las, exténué par d’épuisantes journées de piquets de grève. Il y a encore cette image d’occupation du fond par les mineurs audois de Salsigne, la plus importante mine d’or d’Europe occidentale. Ou, la frêle silhouette de cet homme brandissant à bout de bras un immense marteau perforateur attaquant la voûte sombre d’une galerie de Batère, juste à la veille de l’abandon de la dernière mine de fer du massif du Canigó. Et enfin, comment ne pas évoquer ces autres visages de mineurs arc-boutés derrière un wagonnet dans les entrailles d’une mine d’émeraudes de Colombie ou, saisis sur le vif, devant l’entrée d’une concession artisanale convoitée par l’avidité des narco-trafiquants ?

Portée universelle du rapport au risque

Six portraits coups de poing. Que l’on reçoit pleine face et qui nous laissent chancelant. KO. debout. Six portraits certes différents. Mais dont la portée reste étonnamment universelle. Car tous ces mineurs partagent un même point commun. Fort. Inaltérable. Celui du rapport qu’ils entretiennent au risque. Quelles que soient leur culture, leur langue ou nationalité. Ces six portraits ont été offerts au Musée de la mine d’Escaro par Georges Bartoli, reporter photographe catalan, ayant longtemps travaillé sur les luttes sociales et les mouvements ouvriers. Numérotés et signés, tirés en nombre limité sur papier de qualité, ces six clichés originaux qui répondent aux critères légaux d’authenticité viennent enrichir les collections du seul et unique lieu de préservation et de valorisation du patrimoine industriel du bassin minier du Canigó. Récompensé par un VISA d’or en 1995, lors du Festival international de photojournalisme de Perpignan, Georges Bartoli a collaboré avec de nombreux titres de la presse quotidienne ou magazine avant de devenir totalement indépendant dans le choix et la production de ses sujets dont les thèmes de prédilection restent centrés autour de l’Altermondialisation, le monde du travail. l’économie sociale et solidaire. le monde paysan, la Palestine ou le Venezuela.

L’Indépendant, le 4 août 2026

Exposition à voir au Musée de la mine d’Escaro, tous les jours, sauf le jeudi, de 15h à 18 h jusqu’au 15 septembre.

Valmanya. Les enfants, la Résistance et les vœux de paix (L’Indep)

En prévision de la commémoration célébrant le 82 anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya (ce dimanche 2 août, à 11 h), 28 enfants des accueils de loisirs d’Alénya, de Corneilla-de-la-Rivière et de Villelongue-de-la-Salanque sont venus s’instruire sur les lieux de mémoire de Valmanya.

Au programme, le groupe, sous la houlette de l’historien, Georges Sentis, a visité le Mas Cabanats, quartier général de 1941 à 1944 du réseau de passage Sainte-Jeanne, animé, notamment, par l’instituteur Louis Horte et le lieutenant Casso. Le réseau Sainte-Jeanne se spécialisa dans l’exfiltration de résistants belges vers Espagne, ainsi que dans la collecte et la transmission de renseignements. À travers cette approche, c’est toute l’histoire de la résistance au nazisme et au fascisme qui est abordée et, notamment, le combat, le sacrifice et la fin tragique de Julien Panchot. « C’est un résistant qui s’est fait tuer-un acte héroïque pour sauver les villageois – pour protéger la retraite de ses combattants », dirent les jeunes. Sa mémoire restera au cœur de chaque enfant. Mais comment les Allemands ont-ils pu en arriver là, se demandent certains, « parce qu’ils sont commandés par un chef immonde -Hitler c’est le pire- un chef du côté noir de la force obscure ».

Avec leurs mots, leurs sensibilités, ils apprennent et sauront, peu à peu, se questionner et vo-ter, en toute conscience, pour ne pas suivre le mauvais chef.

L’après-midi, les animateurs ont creusé la terre, derrière la mairie et les enfants, avec l’encadrement du séjour de la Ligue de l’enseignement 66 et le maire de Valmanya, ont planté un olivier de la paix. Pour le 2 août, les enfants, les jeunes et les adultes enfouiront, au pied de l’arbre, une capsule qui renfermera tous leurs vœux pour la paix, pour un monde meilleur et plus juste, à l’image de ce pourquoi les combattants de la résistance se sont sacrifiés.

L’Indépendant, le 1er août 2026

Valmanya. Commémoration des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya, ce dimanche 2 août (L’Indep)

Voici 82 ans que Julien Panchot, des résistants, des habitants, furent assassinés et le village de Valmanya incendié pour la défense de la liberté et de la République. Les 1er et 2 août 1944, l’armée allemande nazie et les francs gardes de la milice pillent et incendient le village de Valmanya, avant d’attaquer le maquis et les guérilleros espagnols, aux mines de La Pinosa. Dès le 1″ août, dans une action combinée, les forces allemandes et la milice convergent vers les maquis, par la route de Vinca, la crête de la Cirera et du Barbet, et par le col de Palomère, après être passées à La Bastide et y avoir exécuté trois personnes, guérilleros et civils. La colonne venant de Vinça, d’abord retardée par des groupes de maquisards, en aval de Valmanya, atteint le village. La population, grâce à l’intervention des maquisards, aura le temps de s’enfuir, dans la montagne, pour échapper à un massacre inévitable, en représailles à son engagement. En effet, Valmanya, par le réseau Sainte-Jeanne, par la mobilisation du groupe Franc de René Horte, par les actions du maquis Henri Barbusse, sous le commandement, à l’époque, de Julien Panchot, a montré, avec le soutien effectif d’habitants, que le village avait fait le difficile choix du combat, pour résister au fascisme et à l’infamie. Le pillage de Valmanya commence alors, destruction des maisons, à la dynamite, incendies… Les forces de la milice et allemandes s’en prennent à la rare population restée sur place. Deux anciens du village, Pierre Baux et Jacques Romeux, deux ouvriers agricoles espagnols, Emitério Barrena et José Gimeno, sont exécutés, sur place. Une habitante est également violée, dans des conditions insoutenables. En même temps, l’action militaire se poursuit. La majorité des maquis peut s’échapper par les cols, aidée en cela par l’action de quelques maquisards FTP, sous le commandement de Julien Panchot, restés à La Pinosa pour assurer les arrières. Blessé, Julien Panchot est atrocement torturé, avant d’être exécuté, contre le mur de la cantine des mines de La Pinosa.

En souvenir, le maire de Valmanya, Serge Boyer et le conseil municipal, invitent tous les citoyens à venir se recueillir et rendre hommage aux combattants et aux victimes, ce dimanche 2 août à 11 h, à Valmanya. Cette cérémonie du 82° anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie du village sera présidée par le préfet des P.-O. Pierre Régnault de la Mothe.

L’Indépendant, le 31 juillet 2026

Numéro spécial du Travailleur Catalan. Il y a 90 ans, le Front populaire

Sommaire

Éditorial

  • 90 ans du Front populaire, 90 ans du Travailleur Catalan

P-3/4 Le prélude

  • 6 février 1934 : le jour où tout a basculé
  • L’affaire Stavisky : le déclencheur
  • Les ligues fascistes
  • La journée du 6 février
  • Vers l’union des gauches

P-5 La France en 1936

  • Un pays aux fortes inégalités sociales
  • Une société traditionnelle et patriarcale
  • La France, puissance coloniale

P-6 Les Pyrénées-Orientales en 1936

  • Le poids de la terre
  • Une population vieillie et catalane
  • Un département agricole
  • 1936-1986

P-7/8 Les forces du Front populaire

  • La SFIO
  • Le Parti communiste français (PCF)
  • Le Parti radical-socialiste
  • Les élections législatives de mai 1936

P-9/10 Dans les Pyrénées-Orientales

  • Un parti socialiste dominant
  • La progression des communistes
  • Les élections de 1936 dans le département
  • Un nouveau rapport de forces

P-11/12 Les grandes grèves de 1936

  • Les occupations d’usines
  • L’union syndicale
  • Des grèves d’un genre nouveau

P-13/14 Le Front populaire dans les P.-O.

  • Le Comité départemental du Front populaire
  • La grande manifestation du 14 juin
  • L’Indépendant contre le Front populaire
  • Les grandes grèves de 1936
  • Lucette Pla-Justafré, femme engagée et résistante communiste

P-15/16 Les Accords de Matignon

  • L’augmentation des salaires
  • Les oubliés de 1936 : le monde agricole
  • La reconnaissance du droit syndical
  • Les conventions collectives
  • L’instauration des congés payés
  • La semaine de 40 heures

P-17/18 La question coloniale

  • Une vision divisée sur l’Empire colonial
  • La commission d’enquête coloniale
  • Projet Blum-Violette

P-19/20 Les femmes du Front populaire

  • Les grandes oubliées
  • Les femmes en grève
  • Les graines d’une nouvelle génération
  • Une première dans l’histoire de la République

P-21/24 La guerre d’Espagne

  • Les origines du conflit
  • Une guerre espagnole aux dimensions internationales
  • La France, entre solidarité politique et prudence diplomatique
  • De la guerre civile à la dictature franquiste

P-25/26/27 La fin du Front populaire

  • Les premières lézardes
  • La Cagoule, une organisation secrète d’extrême droite
  • La chute des gouvernements
  • La question du réarmement
  • 1938, fin du Front populaire et de la démocratie

Marquixanes/ Retour : sur l’hommage solennel à Roger Roquefort, héros de la Résistance (Ouillade)

Une cinquantaine de personnes se sont réunies samedi 25 juillet à Marquixanes pour rendre hommage à Roger Roquefort. Élus, porte-drapeaux, représentants du monde combattant, familles et habitants ont perpétué le devoir de mémoire en souvenir de ce résistant qui donna sa vie pour la liberté et la démocratie

Comme chaque dernier samedi de juillet, la commune de Marquixanes a rendu hommage à Roger Roquefort lors d’une cérémonie organisée devant la stèle de la RD 116, avant de se poursuivre dans le jardin de l’ancienne gare, lieu emblématique de cette page d’histoire locale.

Autour des élus s’étaient rassemblés les porte-drapeaux, les représentants du monde combattant, des familles ainsi qu’une nombreuse assistance venue témoigner de son attachement au devoir de mémoire. Les gerbes ont été déposées par Valérie Pauco, maire de Marquixanes, Joseph Olive, maire de Millas, Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains et représentant de la Communauté de communes Conflent Canigó, ainsi que Jean-Pierre Castillo, président de l’ANACR Conflent-Cerdagne . Une minute de silence a ensuite été observée dans un profond recueillement.

Les allocutions officielles se sont déroulées sur la terrasse de l’ancienne gare. Au nom des élus, Joseph Olive est revenu sur les événements tragiques du 27 juillet 1944, rappelant les circonstances qui conduisirent à l’arrestation puis à l’exécution de Roger Roquefort. Il a salué le courage et l’engagement d’un homme qui choisit de résister jusqu’au sacrifice suprême pour défendre les valeurs de liberté.

Dans un discours particulièrement documenté, Jean-Pierre Castillo a retracé le parcours de Roger Roquefort et rappelé les valeurs fondamentales qui guidaient son combat : la liberté, la solidarité, la justice et la démocratie. Il a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage, rappelant que ces principes demeurent aujourd’hui d’une grande fragilité et doivent continuer à être défendus.

En clôture de la cérémonie, Valérie Pauco a remercié l’ensemble des personnalités présentes, les porte-drapeaux, les participants et le public pour leur fidèle présence à ce rendez-vous du souvenir.

Elle a également présenté un projet porté par l’association Les Chemins oubliés du Conflent, visant à installer sur le site de l’ancienne gare un panneau d’information équipé d’un QR code. Ce dispositif permettra aux visiteurs d’accéder à un contenu historique retraçant le parcours de Roger Roquefort et les événements du 27 juillet 1944, afin de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

La commémoration s’est poursuivie de 18 heures à 19 heures par un défilé depuis la mairie de Millas jusqu’au cimetière communal, où un dernier hommage a été rendu à Roger Roquefort, dont le sacrifice demeure un symbole fort de l’engagement des résistants pour la liberté, la paix et la démocratie.

À travers cette cérémonie annuelle, Marquixanes et Millas réaffirment leur attachement au devoir de mémoire. Plus de huit décennies après les faits, le souvenir de Roger Roquefort demeure intact et rappelle que la liberté et la démocratie restent des valeurs précieuses qu’il appartient à chacun de préserver.

Serge Fabre (Ouillade, le 29 juillet 2026)